Leo Kryssen était un héros intemporel, connu à toutes les époques pour ses exploits, mais oublié au fil des générations chaque fois qu’il disparaissait. Aucun livre d’histoire ne le mentionnait, seulement le décrivait comme un étranger doté de capacités et d’une technologie plus avancée que ce que l’époque dans laquelle il était ne pouvait lui fournir. Il était pour certains un sauveur, pour d’autres un danger pour le monde. Il revenait toujours pour combattre le même ennemi, s’alliant avec les plus grands assassins et génies que le monde ait connus.
Cela faisait environ un demi-siècle que l’on ne l’avait pas revu. Beaucoup prétendaient l’avoir vu mourir, ou apprirent sa mort lors de son dernier combat, raison pour laquelle il aurait disparu si longtemps. Les autres disent que ceux qui agissent pour la paix et le bonheur du monde seraient une réincarnation de cet être exceptionnel.
D’après ce que l’on dit sur lui, il aurait été vu sous plusieurs apparences, en armure ou dans des habits qui n’étaient pas des époques où il vécut, plutôt venant de la nôtre voire plus futuriste. Il était blond, les yeux bleus, de taille moyenne, avec une veste en cuir rouge et blanc et un jean bleu. Il portait un médaillon en métal, qui l’illuminait dès qu’il faisait appel à ses pouvoirs. À son physique, il paraissait avoir une vingtaine d’années. Comment quelqu’un d’aussi jeune pouvait-il être aussi connu ? Et surtout comment pouvait-il passer d’un temps à l’autre sans vieillir ? Son existence et sa vie avaient fait de lui le plus grand mystère de notre monde.
On le disait toujours très arrogant et il détestait par-dessus tout que l’on puisse lui manquer de respect. De nature très colérique, tout le monde voulait bien s’entendre avec lui. Ce n’était pas toujours possible, malheureusement.
Mais pouvait-on réellement croire en un être surréaliste qui voyageait dans le temps pour régler les plus gros problèmes mondiaux et disparaissait une fois fini, ou tout ceci n’était finalement que l’imagination de quelques personnes ?
La rentrée des classes, jour le plus détesté de tout enfant normal et adoré par tous leurs parents. (C’est le meilleur moyen pour se débarrasser d’eux) C’était mon cas aussi. Mercredi 5 septembre 2012, je rentrais dans mon nouveau lycée avec une envie, indescriptible je pense, mais je n’étais pas le seul, que ce soit Justine, ou Loïc qui était rentré la veille, ce jour, personne ne voulait le voir venir…
STOP ! Quel impoli je suis, je commence mon récit sans même me présenter ! Je m’appelle Tanguy, j’ai 17 ans et rente cette année en 1re STL. Je suis du genre fou et j’aime être différent des autres, même si ça ne leur plait pas, ça m’est totalement égal. Ça fait de moi quelqu’un que l’on a souvent du mal à accepter, seulement, j’ai des amis et je ne les abandonnerai jamais.
Loïc, c’est mon meilleur ami, je le connais depuis la maternelle, soit environ quinze ans. Lui aussi est dingue, mais il est passionné par le parkour et le free-run. Il rentre en Bac pro dans le lycée Sacré-Cœur. Il est aussi passionné par sa petite amie, Justine.
Justine donc, petite amie de Loïc, elle est devenue elle aussi ma meilleure amie. Elle est aussi la petite cousine de mon second meilleur ami, Julien. Sa plus grande passion restera son copain, dès qu’elle peut le voir elle arrange toujours tout pour. Sinon quand elle ne peut pas, elle me remercie de ma bonté et de bien vouloir lui tenir compagnie.
Julien partit loin de nous lorsque nous avons quitté le collège, on le voit de moins en moins, mais on essaie de se retrouver le plus souvent possible.
Mais revenons à moi. Depuis un peu plus d’un an et demi, je travaille avec un outil appelé Photoshop. Passionné par l’informatique et ayant une imagination débordante, je l’exerce en me créant des fonds d’écrans. En général, on me dit que je gère, que ce que je fais est magnifique, mais trop modeste pour les croire, je n’ose pas penser que je suis aussi bon que ce que l’on me dit.
Je suis souvent arrogant et invivable, ma personnalité d’anarchiste fait de moi quelqu’un d’asocial. Mis à l’écart par les autres. Heureusement, je peux toujours compter sur mes amis, parce que même si l’on ne m’aime pas au premier abord, tous ceux qui s’habituent à ce que je suis m’apprécient à la fin.
Revenons-en donc… Ah non, je n’ai pas tout à fait fini. Nous vivons dans une petite ville de Lozère, Saint Chély D’Apcher, « Loin de toute civilisation » comme disent les étrangers qui viennent en internat dans nos établissements scolaires, qualifiant notre ville de pays avec son microclimat approprié. Loin de l’agitation des grandes villes, de leurs pollutions, même si moins garnie que ces dernières, au moins on a la paix !
On en revient donc à ma rentrée des classes, dans le lycée Théophile Roussel, avec ma chère et tendre petite tata (je l’appelle comme ça parce qu’elle m’appelle son tonton lorsqu’elle a besoin de moi), je m’attendais à vivre l’une des pires journées de ma vie, je me suis trompé, pas qu’elle était merveilleuse non, mais pas aussi mauvaise que je ne l’imaginais. Nous sommes finalement neufs (juste un de moins que lors de mon CAP), mais enfin, je me retrouve avec des femmes, pas que j’ai quelque chose contre les hommes, mais déjà être dans un lycée avec presque que des de ça n’est pas super. (Deux femmes et encore si l’on peut parler de femmes) De plus, je ne suis pas le genre à plaire à toutes les filles qui me passent devant, ou qui croisent mon regard, alors ça me redonne du courage quant au fait d’arriver à trouver quelqu’un que j’aimerai. Un prof principal, qui m’a l’air assez sympa, je pense que je vais bien m’entendre avec lui. Ayant que le matin de cours puisqu’étant un mercredi, je rentrais chez moi pour manger à midi. Seulement, quelque chose était anormal, je me sentais différent, comme si j’avais quelque chose en plus, ou qui avait changé. Est-ce possible que l’on puisse changer en l’espace de quelques heures ? J’en restais hanté tout mon après-midi à réfléchir sur ce que cette impression de différence pouvait avoir changé en moi. Est-ce le lycée en lui-même qui me transformerait, ou simplement qu’il ne m’aime pas ? Mais pourquoi s’attaquer à moi, pourquoi me changer moi alors que l’on doit être plus de cinq-cents dans l’établissement ?
Durant les deux jours qui ont suivis, mes amis me firent remarquer que mon comportement avait quelque peu changé, non pas mon calme légendaire, qui est l’une de mes grandes qualités, mon calme presque parfait et incassable. Seulement, j’étais plus discret, plus distant que d’habitude, comme si j’avais envie de me faire oublier. Pour moi, rien n’avait changé, à part cette nouvelle impression, mais je n’en avais parlé à personne encore. Pourtant tout se passait tout à fait normalement, pas plus perturbateur, ni moins d’ailleurs. Je me semblais totalement inchangé, seulement l’avis des autres n’était pas le même. J’ai gardé cette idée de nouveauté tout le weekend, mais en plus j’avais l’impression que quelque chose bougeait en moi. Non ce n’est pas possible, à moins que je sois possédé par un fantôme ! J’avais du mal à y croire.
La semaine suivante m’a paru plus calme, mon comportement était redevenu normal, mais pour moi, il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas. J’étais fatigué à longueur de journée, tous les muscles endoloris et j’avais un problème de vision. Il arrivait que certaines fois, mes yeux fibrilles (enfin, c’est l’impression que ça me donnait). Ma vue se troublait et les couleurs devenaient plus vives, plus saturées et plus lumineuses. Ça ne restait pas, juste quelques secondes, mais avec ça je pouvais être sûr que quelque chose n’allait pas. Mais quoi ? À la fin de cette semaine, j’avais l’impression d’être un peu plus fort, plus rapide, pas de beaucoup, mais je n’avais pas l’impression que ce changement était insignifiant.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! (il faut que j’arrête ce genre de réflexion moi.) Je venais de passer une semaine superbe, sans aucun souci ni physique, ni mental ni autre. Je me sens de nouveau normal. Mercredi (oui j’aime bien ce jour, très même) 19 septembre 2012 cette fois-ci, je m’étais pris un café (grand amateur de café que je suis) et quelqu’un a eu le malheur de me le renverser, pas sur moi, je n’aurais encore moins apprécié le fait que l’on me brule avec. Seulement à cet instant, j’ai eu l’impression que quelque chose voulait sortir de moi, que l’on voulait me pousser à jeter le reste de mon café sur la personne fautive. Mais pourquoi ? Ce n’est pas mon genre, je n’oserais jamais faire preuve d’un irrespect à ce point. Y aurait-il un rapport avec ce changement ? Ou, est-ce totalement indépendant et plutôt lié à mon humeur, pourtant bonne aujourd’hui ? Depuis la semaine dernière, j’entendais des voix, qui disaient « I Watch You ». J’avais l’impression d’être espionné, d’être suivi, comme si partout où je passais il y avait des caméras qui m’observaient. Quelque chose n’allait pas, cette fois-ci j’étais sûr que j’étais différent. Mais en quoi, qu’est-ce qui me rendait comme ça ? J’appelais alors Lloyd en début d’après-midi.
Lloyd que j’ai connu en 6e, et que j’ai retrouvé quand on était en 3e, était lui aussi mon meilleur ami. Partit loin de chez nous, ça ne m’empêchait pas de lui parler le plus souvent possible. Il adore les mangas et a un œil sur le monde un peu comme le mien, à quelques détails près. Il pourra me donner son avis sur cette étrange nouveauté.
« Salut, Lloyd, ça va ?
– Salut Tanguy, ça va et toi ?
– Ça va. Alors je t’explique pourquoi je t’appelle. Depuis le jour de la rentrée, j’ai l’impression d’être différent, d’avoir quelque chose en plus, comme si j’étais deux ! Mes amis m’ont fait remarquer que mon comportement était anormal. La semaine dernière j’étais mort en tout point et j’avais des problèmes de vue. Les couleurs changeaient et elles se troublaient. Ce matin aussi, on a renversé mon café et j’avais envie de jeter mon café à la gueule de celui qui me m’avait bousculé. Tu as une idée du pourquoi du comment de tout ça ?
– Toi et ton café, tu ne changeras donc jamais. Mais anormal, totalement l’opposé ? Ou non ?
– Plus énervé, plus distant. Un peu comme si quelqu’un me faisait changer ou que je m’y obligeais pour plaire à quelqu’un. Seulement je m’éloigne de ce que je suis et ça m’effraie un peu. Le pire est que pour moi rien n’a changé dans mon comportement, comme si je n’étais pas capable de voir ces différences, ou que quelqu’un contrôle la façon dont je vis et pense. Une sorte de force me pousse à faire certaines choses que je ne ferai jamais en temps normal.
– Tu pourrais me décrire comment tu ressens cette force.
– En fait, comme une ombre, un mystique. Tu sais comme quand tu t’opposes à un vent fort, ou que tu le prends de dos. Un élément qui n’a pas une grande densité, voir même aucune, mais qui est capable d’agir sur toi.
– C’est tout ce qui a changé ?
– Non je me sens espionné par quelqu’un, j’ai l’impression que des caméras me suivent partout où je vais, comme si elles voulaient tout connaitre de moi.
– Je vois, je vois…
– Tu as une idée ?
– Et bien, y’a quelque temps j’ai lu un article sur un guerrier voyageait dans le temps, c’est un ami qui m’en avait parlé. Son arrière-grand-père lui avait dit qu’il l’avait vu mourir lors de son dernier combat. Il s’appellerait Leo Kryssen, d’après ce que l’on dit il se réveillerait tous les 60 ans, plutôt il réapparaitrait sur Terre, 60 ans plus tard, le même jour que sa mort ou sa disparition. En l’occurrence le 6 janvier et il existe un grand nombre de personnes nées ce jour-là. De plus on l’assignait à une Tour en marbre, qui apparaitrait avec lui apparemment, mais personne ne la verrais, sauf quelques dérangés du bocal.
– Mais pourquoi moi ? Et pourquoi ne se manifesterait-il que maintenant ?
– Alors là je n’en ai aucune idée. Il faudra le lui demander quand il arrivera.
– C’est bizarre, mais j’ai l’étrange impression que c’est le lycée qui m’a changé. Tu n’aurais pas une nouvelle fracassante sur un fantôme dans cet établissement ou quelque chose du genre ?
– Oula non, je crois bien au fantôme, mais ton lycée n’est pas renommé pour changer ces élèves ni pour habiter des formes de vies différentes des nôtres.
– Mouais, merci quand même.
– De rien, j’espère avoir pu t’aider. Il faut que je bosse moi. À plus.
– OK, à plus. »
Un guerrier qui voyage dans le temps, mais pour quoi m’avoir choisi moi ? Je ne suis quand même pas le seul à être né à cette date ! J’ai voulu faire des recherches sur cet étrange personnage, mais elles ne m’ont rien apporté de plus que ce que Lloyd m’avait dit. À part le fait qu’il avait toujours avec lui un bijou autour du cou qui dont sa symbolisation était inconnue à l’époque, mais qui est maintenant considérée comme le signe « Biohazard ». Un peu comme le mien en fait. Il brillait quand il faisait appel à ses pouvoirs. Surement la source de ses capacités. Tout ceci me faisait douter, une sorte de peur qui m’obligeait à réfléchir sur ce que cet homme pouvait faire de moi et surtout ce que je pourrai faire avec. Est-ce que j’en parle à mes amis ? Vaut-il mieux les laisser dans l’ombre ? Non, il vaut mieux que je le leur dise, qu’ils soient un minimum prêt à n’importe quelle surprise.
Jeudi 20 septembre 2012, rien d’anormal à priori, seulement je me décidais à en parler à Justine et Loïc. Je finissais les cours à 17 h (j’adore ça, pouvoir finir plus tôt certain jour, après deux ans à finir tous les jours à 18 h, ça me fait du bien). Je commençais alors par la seule qui ne finissait pas à 18 h comme Loïc.
« Justine, il faut que je te dise quelque chose, depuis la rentrée et tu me l’as fait remarquer, j’ai un comportement étrange, du moins changé comparé à ce que je suis d’habitude.
– Oui, vas-y je t’écoute.
– En fait depuis le début, j’avais l’impression que quelque chose avait changée, mais je ne savais pas du tout ce que ça pouvait être, alors j’ai décidé de ne pas en parler, ensuite mercredi quand on m’a bousculé et versé mon café, y’avais comme quelque chose qui voulait me pousser à jeter le reste sur celui qui m’avait bousculé. J’en ai alors parlé à Lloyd hier et il m’a donné une explication que j’ai un peu de mal à croire m’enfin. Pour lui, cette chose qui me change serait un guerrier, qui serait mort et son âme aurait pris possession de mon corps lors de ma naissance. Et il voudrait se réveiller, voilà la raison de ce changement.
– C’est un peu improbable ton histoire, c’est même carrément dingue, comment tu-veux qu’une âme, si encore ça existe, prenne possession d’un corps ?
– Je savais bien que tu ne me croirais pas, de toute façon ce n’est pas ce que je te demande, je veux juste te mettre au courant si quelque chose de vraiment bizarre arrive tu ne sois pas totalement choquée.
– Oui si tu veux, mais tu veux en parler à Loïc aussi ?
– Ben oui vaudrait mieux. Mais je n’irais pas le déranger pour ça, je préfère vous laisser votre temps pour vous voir.
– Oh, c’est trop gentil. Bon je te laisse je vais le voir. À demain.
– D’accord à demain. »
Je suis un gros feignant, j’en arrive à ne pas vouloir aller voir Loïc, d’une part pour ce que j’ai dit à Justine, d’autre part aussi, parce que je n’ai pas envie (moins je peux en faire, mieux je me porte). Alors j’y dis par message, j’y raconte toute mon histoire et lui au moins, il me croit. Enfin bref. Ils sont au courant, ils pourront anticiper, presque toutes les situations, j’espère qu’ils sauront quoi faire.
Vendredi, la fin de la semaine, je l’attendais, mais pas tant que ça, je ne suis pas sportif non plus et j’ai sport de huit heures à dix heures, je n’ai pas envie d’aller courir, mais bon tant pis.
J’étais déjà assez énervé, pas très bien réveillé et assez fatigué ce matin-là tout pour que je sois dans un des pires moments pour me faire chier. J’en étais à me dire que j’en collais une au premier qui se foutait de ma gueule, ou qui faisait quelque chose qui ne me plaisait pas. J’avais mal au dos aussi, une sorte de brulure, mais comme si un signe ou, un symbole se traçait dans mon dos ou, si j’avais fait un tatouage la veille. Je me rappelais ce que j’avais lu sur Leo, il avait une marque dans le dos, qui donnait son rang, sa classe dans un groupe de guerriers, comme un assassin, ou un chevalier. Il signifiait qu’il était un « Gardien de L’Ordre ». Je n’étais pas parvenu à trouver ce à quoi cela correspondait, seulement j’en saurais plus s’il apparait.
Il y a bien une chose que je déteste c’est les injustices, oser traiter une personne uniquement par rapport au premier aspect qu’elle donne. En l’occurrence certaines personnes de la classe de Justine se permettaient de le faire avec ses deux amies. Cindy et Marina. En particulier un certain dénommé Loïc, pas comme mon ami, loin de là, lui je ne l’aimais pas trop, même au premier abord, seulement je ne sais pas comment, mais j’arrive à décrypter une personnalité uniquement en observant la personne, sa démarche, ses paroles, ses gestes, ou ses relations avec les autres. Et lui, il ne me plaisait pas.
Revenant de sport, ce dernier c’est donc permis ce se foutre de leurs gueules, sans se gêner. Au début j’ai voulu lui en coller une, puis je suis arrivé à me retenir. Plus il continuait, plus cette force qui voulait me pousser à jeter mon café mercredi revenait, de moins en moins facile à retenir, jusqu’au point où, j’en perdis conscience, je ne me contrôlais plus, pourtant je voyais tout ce que je faisais, et je constatais bien que quelque chose me faisait me déplacer malgré cette absence.
Je me suis retourné, et je commençai à marcher vers lui, je sentais tout comme si rien n’avait changé, pourtant, une fois devant lui je l’attrapais et le lançais par terre (mais ce n’est pas possible, il est beaucoup plus grand que moi et surtout plus costaud, je ne fais pas le poids face à lui, ça n’a aucun sens). Il se releva et commença à s’avancer vers moi, bizarrement, mon sac à dos disparut et moi je marchais, toujours vers lui. Il me disait : « tu ne me fais pas peur, je t’écrase comme je veux ! » Toujours insensible à ces menaces, je me déplaçais déterminé dans sa direction, tout le monde voulait m’arrêter, même mes professeurs, ils me trouvaient inconscient, mais je n’écoutais rien, je n’avais qu’un but, lui faire payer tout ce qu’il avait pu dire. Il s’imposa alors devant moi, massif et enragé, il commença à me frapper, mais moi, esquivant tous ses coups, restait de marbre face à cet individu que j’avais rendu fou dès que je l’avais lancé au sol. Agacé par la répétition de ses actions je finis par le frapper dans l’estomac et l’arrêta net avec un coup de pied dans le cou. Affalé sur le trottoir, il se recula le plus possible quand il aperçut mon regard se tourner vers lui. J’avais envie de parler, seulement j’étais encore incapable de faire quoi que ce soit. C’est alors que ce mystique, qui avait le total contrôle de mon corps, se mit à parler.
« S’il existe une chose que j’exècre dans le comportement humain, c’est bien son niveau d’idiotie. Et oser maltraiter de pauvres innocentes comme elles, cela me rend malade. Tu es l’exemple même de la bêtise de votre race. Si tu reproduis cette erreur, tu le paieras de ta vie, sois-en certain ! »
Il s’était enfin manifesté, Leo, en prenant possession de moi. Tout le monde me regardait comme si j’étais devenu un étranger, un être différent d’eux. (Ce n’est pas totalement faux) Je ne pouvais pas rester ici, pas parmi eux, ils m’ont vu agir et vont vouloir savoir pourquoi ou comment j’ai fait ça, Leo était de mon avis et me fit partir en volant (c’est une étrange sensation que de voler par soi-même, sachant que l’humain n’en est pas capable, cependant, j’adore !) C’est comme si pour tous les autres je devenais un exemple même de contradiction, j’adopte un comportement totalement opposé à ce que je suis et comme si c’était naturel chez moi, je m’envole, pour éviter leurs questions ou remarques sur ce que je venais de faire. Je laissais alors un énorme mystère sur ma personnalité, à part pour la seule que j’avais mise au courant auparavant. Bien entendu je n’allais pas retourner en cours, je n’avais pas envie d’affronter leurs regards curieux et effrayés. Leo l’avait bien compris et m’emmena loin du lycée, toujours dans la ville, mais à l’écart. Perdu au milieu de la campagne de Saint Chély d’Apcher, j’ai voulu, après avoir repris le contrôle, communiquer avec lui, seulement j’en étais toujours incapable. Je me suis aperçu que ma brulure dans le dos, avait changé, elle creusait ma peau et symbolisait un anneau avec des ailles et une épée au centre. Je me mis alors en tête de passer chez moi et voir avec plus de précision ce changement physique. J’avais envie de voler, puisque j’en étais capable, seulement je ne pouvais pas, je ne savais pas comment faire. Alors je suis rentré à pieds, fatigué par le sport que je venais de faire, mais anormalement en pleine forme, comme si Leo m’avait régénéré. Enfin à la maison après 5 bonnes minutes de marche, je me suis dirigé vers ma chambre pour observer ce tatouage étrange. Il m’avait en effet créé une tranchée dans le dos, pour pouvoir s’y nicher. Il brillait, comme un petit néon, malgré sa faible luminosité, il scintillait même. Un étrange élément qui ne pouvait être naturel, aucun autre être ne possédait une telle chose. Seulement j’aimais l’aspect qu’il avait et même ça forme. Un anneau, portant deux petites ailes sur le haut, traversé par une épée dentelée, comme si elle appartenait à un ange, ces pics ressemblaient à des plumes, collées sur la lame.
Durant environ deux heures, je me suis entrainé à essayer de voler. Au début je ne savais pas puis, au fil du temps, j’ai compris qu’en m’imaginant volant, j’arrivais à décoller du sol. Petit à petit je montais et montais de plus en plus haut jusqu’à arriver à rester en suspension dans les airs. Dès lors j’ai expérimenté le déplacement, laborieux au départ, je suis parvenu à parcourir toute la ville, de long en large sans tomber une seule fois. En à peine une heure, j’arrivais à reproduire ce que Leo faisait naturellement. (Ce n’est pas si compliqué en soi, il faut juste de la patience et de la rigueur) Je partis vers le lycée, où, à leur habitude, Justine et Loïc se rejoignaient entre midi et midi et demi, pour se voir. Je l’avais prévenue un peu plus tôt que je viendrais, je ne pouvais pas me permettre de partir et laisser mes amis dans l’ombre. Tous les deux m’attendaient, Loïc étonné par ce que venait de lui raconter Justine se demandait bien comment j’avais pu faire ça. (Lui étant un grand casse-cou, presque cascadeur, le fait de voler pour lui est un rêve ! Pour moi c’est devenu quelque chose de naturel). Alors, j’arrivais, tout à fait normalement, en volant, arrivant en accélération (chose que je venais d’appréhender quelques instants plus tôt) et descendais, tranquillement vers eux, me posant avec la plus grande des douceurs. Sur la fin de la descente, de petites vagues d’énergies tournoyaient autour de moi, comme si elle me servait de frein. Sous les yeux ébahis de mon meilleur ami et ceux amusés de sa charmante copine, qui m’avaient déjà vu auparavant. C’est alors qu’un bégaiement sortit de la bouche de Loïc.
« Mais, mais, comment ?
– Leo, du moins c’est la seule explication possible, de moi-même je ne peux pas voler, il n’y a que lui qui le peut.
– Mais c’est génial, quoi de plus merveilleux que de voler ! Tu dois être content !
– Ne te réjouis pas si vite. Déjà, ma classe et celle de Justine sont au courant. J’aurais voulu qu’ils l’apprennent d’une autre manière, mais je n’ai pas eu le choix. Ensuite, je ne veux pas que ça se sache, ça doit rester un secret entre nous et pas un sujet de discussion pour tout le monde, même si c’est déjà le cas.
– Et comment tu vas faire pour ta classe, il faudra bien que tu l’affrontes pour retourner en cours, me rétorqua Justine.
– Oui, je sais. Je n’ai pas le choix, il faut que je le fasse. J’imagine la tête qu’ils vont faire quand je vais entrer en cours.
– Mais dis-moi, comment il est ce Leo, il est mignon au moins ?
– Justine ! Comment veux-tu que je le sache il n’est pas apparu, je ne sais même pas quand et comment il va arriver, si encore il revient. Je pense que, comme d’habitude, il va arriver au mauvais moment, avec ma chance. Mais bon tant pis. Il faut bien que je fasse avec.
– Bon, désolé Loïc, mais il faut qu’on aille manger. À tout à l’heure.
– À toute, les gens.
– Dit moi Tanguy, il est parti où ton sac, tu l’avais quand tu sortais de cours et il a disparu d’un coup.
– Je ne sais pas, il a peut-être été téléporté, dans mon casier qui sait ?
– Moui, vaudrait mieux aller voir, que sinon il faudra que tu le cherches.
– Oui, mais je pense qu’il doit y être. Je ne vois pas où il pourrait être d’autres puisqu’il n’est pas chez moi. »
Arrivé à mon casier, comme par magie, il était bel et bien ici. Leo était surement capable de téléporter les objets, peut-être lui-même aussi. À vérifier ! Tout le trajet de dehors jusqu’au self s’était fait sans aucun souci. Aucune question ou aucun regard intrigué sur moi. Dans la cantine non plus, tant mieux d’ailleurs, je n’ai pas envie que l’on me harcèle à cause de ça. C’est qu’une fois que nous sommes partis en cours, en premier Français. Dernier arrivé, dernier entré, j’ai préféré une place au fond, même si elle ne m’a pas empêché d’avoir eu droit à tous les regards rivés sur moi. Je m’étais assis, les coudes sur la table, les mains serrées, rapprochées de mon visage. Comme en train de prier, mais les yeux ouverts, rivés sur le professeur. Toujours sous les feux des projecteurs quand ma prof m’interrogea :
« Dites-moi Tanguy, pourquoi avez-vous pris une telle distance avec moi et que vous valent les regards de la classe ?
– Ils savent pourquoi je suis si loin, d’autant qu’il y a une explication simple à cette attirance des attentions des élèves de cette classe. Je n’ai en aucun cas à justifier mes actes ni à vous donner les détails sur ceux-ci. De plus je souhaiterais que les témoins de cette scène ferment leurs gueules, étant au courant de ce dont je suis capable, je doute qu’ils aient envie d’en subir les conséquences de leur trahison. Sur ce je vous prierais de me laisser. Merci d’avance.
– D’accord, tout ce que vous voulez… »
Je venais tout de même de clouer le bec de ma prof ! C’est un exploit ! (Je m’étonne parfois !) Cependant je soupçonne Leo de contrôler un minimum mes paroles, quand il est en question, il doit se montrer plus présent que d’habitude. Finalement le cours se passa sans problèmes et sans moi aussi, comme si je n’existais pas. (Au moins ça me fait des vacances) La sortie de cours se fit aussi calmement, avec une sorte de tension ou, plus une distance envers moi. Une sorte de peur de ma personne. Second et dernier cours, Histoire. Encore une fois mon prof me demanda pourquoi je m’éloignais, mais cette fois-ci je restais sans dire un seul mot, comme insensible à ces propos. Il me harcelait de questions, obstiné à vouloir tout savoir seulement je ne bougeais pas, un roc impénétrable. (Quelle étrange sensation que de sentir repoussé, détesté et admiré à la fois par huit personnes et assailli par les pensées du prof qui s’interroge sur le pourquoi de tout ceci) Encore une fois, je sortis le dernier, sans aucune remarque, aucun commentaire. Je suis alors parti avec Justine, pour attendre Loïc avec elle. Chaque endroit que je traversais me semblait étrange, j’avais l’impression que ressentir toute la peine du monde (du moins celle de ceux qui étaient proches) je voyais tout légèrement différent, dans des tons bleus et orangés. Des sensations à la fois glaciales et brulantes, passant du chaud au froid à chaque nouvel individu. Qu’est-ce que ça pouvait être ? Encore une chose que me faisait subir Leo ? J’ai alors demandé à la demoiselle qui m’accompagnait que l’on s’éloigne un peu des autres, que l’on s’isole. Intriguée, elle me demanda :
« Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
– J’ai l’impression de vivre dans un autre monde. Comme si je pouvais sentir la bonté qu’il y a en chacun d’eux. Si encore elle existe.
– Ça doit être bizarre de ressentir tout ça rien qu’en passant à côté de quelqu’un. Je n’aimerais pas être à ta place.
– Je te comprends, mais j’imagine qu’il faudra que je m’y habitue et que je vive avec. »
On avait alors pris le temps d’aller chercher quelque chose à manger, malgré cette nouveauté, ça me laissait donc le temps de m’adapter et de mieux comprendre comment ça fonctionnait. J’arrivais à contrôler ma vue, normale ou avec cet aspect colorimétrique. Il variait suivant leur bonté. Les personnes neutres se décrivaient blanches, ou grisées. Celles au cœur pur se voyaient teintées d’un Bleu pâle pour les plus simples, au Magenta pour celles qui seraient prêtent à donner leurs vies pour aider les autres. Les envoyés des enfers brulaient d’un ton orangé pâle pour les plus classiques, au Rouge sombre pour les plus sanguinaires. Je maitrisais un peu moins les sensations que cela me procurait, mais j’y arrivais quand même. Dix minutes avant que Loïc ne sorte, lorsque l’on s’était arrêté pour manger, j’ai senti un énorme souffle me parcourir. J’avais l’impression que le monde allait s’arrêter à ce moment. Une seule chose sortit de ma bouche.
« Tout s’enchaine, on approche du moment de vérité, j’en suis certain.
– Tu en es sûr, je veux dire. Qu’est-ce qui te prouve qu’il va bien arriver ?
– Je n’en sais rien, mais je le sens. C’est tout. J’en suis convaincu.
– Salut ! me fit Loïc arrivant en sautant au-dessus de nous. Alors, tu fais quoi de plus maintenant ? Tu te téléportes ?
– Non, pas encore, mais qui sait si je n’en suis pas capable ? »
On s’était mis au Péchaud, grand parking en face du lycée Sacré-Cœur. Seulement Loïc ne voulait pas y rester, pour des raisons personnelles, alors on est partis plus loin. Il a préféré le petit mur où on a l’habitude d’être à midi.
Saint Chély d’Apcher, ancienne ville qui habitait un château à une époque, dont son seul vestige est le donjon, était une ville calme, puisque presque considérée comme une commune. Situé dans la montagne, la plus basse de France. Elle était nivelée, où le plus haut point était cette tour, qui dominait tout le reste. Jusqu’au jour un grand bâtiment appartenant à l’usine, s’est dressé. Je ne savais pas pourquoi il avait été construit. Je ne le sais toujours pas d’ailleurs. Il est un peu plus haut, pas de beaucoup, seulement il est construit sur la plus basse partie de la ville et dépasse de quelques mètres le clocher. Mais pourquoi faire un aussi grand bâtiment ? Aussi grand et qui, de plus par sa façade entièrement en métal, dénature totalement l’aspect rustique de la commune. Même si elle a subi une modernisation au fil du temps. Ceci m’a toujours paru assez louche.
Nous étions tranquilles tous les trois, parlant toujours des changements que Leo apportera à ma vie (je pense qu’ils ne seront pas petits) quand tout à coup, le sol se mit à trembler, de plus en plus fort. (Mais comment est-ce possible ? On n’est pas dans une zone à risque pour les tremblements de Terre pourtant) On s’était alors dirigé vers la source de ces secousses. Bizarrement, la vie autour de nous n’avait pas changé, comme si eux ne ressentaient pas ces vibrations, étrange tout de même. (Sommes-nous les seuls à remarquer les tremblements ?) Proche de la sortie de la ville, un immense cratère s’était formé au milieu d’un champ. Lentement en sortait une tour. Blanche et brillante, faite de granite blanc. Elle s’élevait, comme poussée des entrailles de la planète. Et le monde ne changeait pas, comme si pour eux rien ne se passait. J’ai eu le réflexe d’attraper le médaillon que je porte autour du cou. (Je joue toujours avec mes bijoux quand je stresse) J’ai remarqué que pour la première fois, une lueur en sortait, qui augmentait au fur et à mesure que la tour grandissait. Il finit par s’éteindre quand cette immensité s’arrêta. J’ai alors compris que cette apparition était due à moi, pour être précis à l’arrivée progressive de Leo. J’avais donc raison. Ce n’était qu’une question de temps maintenant. On décida alors de rentrer chacun chez nous.
J’étais retourné plus d’une fois voir cette tour, j’admirais la façon dont elle était faite, une immensité de marbre aux formes impressionnantes, et une porte, en or, avec des inscriptions que le temps avait dû effacer. Son apparition avait été causée par Leo c’était la seule explication possible. Dès lors, je savais que plus rien ne pouvait être comme avant. Et que nos vies seraient différentes.
« Le monde n’est que la création de l’imagination d’une population contrôlée et observée. Tout aspect n’est qu’une illusion pour cacher la triste vérité à ces êtres si fragiles, et pourtant si attachants. Vies insignifiantes dans cette immensité. Un monde façonné par ces éléments qui ne sont faits que pour naitre, vivre comme bon leur semble et finir par disparaitre à leur tour.
Les plus belles choses sont celles que l’on ne peut retenir, mais dont il est de notre devoir de protéger pour l’éternité. »Leur vérité est un mensonge. Leurs villes sont une illusion. N’acceptez pas le monde tel qu’il est.
Leo Kryssen — Guardian of the Order
Voici la seule chose que j’avais pu lire, sur ce monument à qui je devais porter une attention particulière du seul fait que son apparition avait été causée par moi. Étrange idée que de m’envoyer une tour ! En quoi pouvait-elle bien m’être utile ? Il fallait que je le découvre, mais pour ça je devais y consacrer du temps et pour l’instant je n’en avais pas tellement. Depuis son arrivée, il m’arrivait certaines fois d’apercevoir une sorte de fantôme, une lueur qui me surveillait. Dans tous les cas quelqu’un ou quelque chose me suivait, ou suivait Leo. J’admets être ingérable, mais pas au point d’avoir besoin d’une nourrice ! Encore moins si je ne peux même pas la voir ! Enfin, je passerais sur ce détail et me concentrerais sur cette apparition et ce mystérieux être qui a pris possession de mon corps. Le weekend qui suivait était resté calme. Rien de nouveau. J’avais essayé à plusieurs reprises que parler avec Leo, sachant que lui peut m’utiliser pour parler. Je me disais que si je lui pose des questions il me répondrait en me bloquant comme la fois dernière et sachant que j’entends ce qu’il me fait dire, on pourrait continuer la conversation. Seulement il ne me répondait jamais, je me demandais même s’il prêtait attention à moi. J’avais remarqué par la même occasion que mon tatouage dans le dos était devenu plus brillant et plus lumineux. Pas au point que la lueur puisse se voir à travers mes vêtements, mais elle était tout de même plus importante. Encore une fois ça devait être lié à cette tour. Ce n’est que le lundi où je commençais à entendre une voix que je connaissais. Toujours le même bien sûr. Il paraissait comme mes pensées, me parlait, ou presque. Je dirai plus qu’il parle tout seul. Sans trop se préoccuper de ce que je disais. Mais lorsqu’il finit de marmonner, il se décida à me parler :
« J’ai conscience que tu te poses énormément de questions, mais je ne peux te répondre seul, soit patient, et les réponses arriveront en temps voulus.
– D’accord mon Capi-Chef ! »
Certains se demandent quel langage je parle parfois et bien, c’est pourtant bien du français ! Bien qu’un peu changé au fil de ma folie ! J’avais tout de même un problème à résoudre. Pourquoi Justine et Loïc ont-ils aussi subi ces secousses ? Est-ce que j’influe sur ceux qui m’entourent ? (Bien sûr que non, eux aussi sont différents, comme toi.) Mais quelles différences ? Cette histoire devenait de plus en plus énigmatique au fil du temps. Seulement Leo m’avait demandé d’attendre les réponses. Alors, j’ai attendu sans chercher de solutions moi-même.
Quels moyens pouvait-il mettre en œuvre pour répondre à ses questions ? Se détacher de moi ? Ou créer une projection de son apparence en hologramme ? Non, quand même, pas… Quoi que. On ne sait jamais, il vole bien à vrai dire. J’avais remarqué que lorsque je me mettais à parler un certain temps avec Leo, je perdais la possession de mon corps, je devenais absent comme entrant dans son monde en parlant avec. Et tout redevenait normal une fois fini. Lundi 1er octobre 2012, quand je sortais de cours, Leo m’interpela. (Je souhaiterais que tu te rendes à La Tour de Verre dès que tu le pourras. J’ai quelqu’un à te présenter.) C’est donc comme ça qu’elle s’appelle. La Tour de Verre. Encore une fois, pourquoi ce nom ? (Je le lui demanderai tout à l’heure) Possédé par mes pensées, je n’avais pas vu le dernier cours de la journée passer, encore moins remarqué que mon prof de mauvaise humeur ce jour-là s’étonnait de mon état au point de me gueuler dessus dès que je lâchais un seul mot de ses lèvres.
J’ai toujours rêvé d’avoir un petit compagnon, qui me suivrait partout, mais que je serai le seul à voir. Je discuterai tout le temps avec lui, comme un meilleur ami portable en fait. Il me permettrait d’oublier ma solitude. Parce que oui, je suis un solitaire quelqu’un qu’on laisse de côté. Aimé par celle que je n’aime pas et non aimé par celle que j’aime. C’est vrai que c’est surtout sur mon succès auprès des femmes que ça s’applique.
Enfin sorti de cours. (Quel chiant celui-là) je suivais donc les consignes du mystique m’ayant donné rendez-vous à la Tour après les cours. J’allais en découvrir plus sur cet étrange personnage qui m’intriguait tant. Tout en me demandant sur le trajet quel moyen j’utiliserais pour ouvrir la porte, à moins qu’elle ne soit déjà ouverte. Arrivé devant cette enceinte, je ne m’étais pas trompé. Elle se trouvait grande ouverte, prête à m’accueillir. (J’ai l’impression que Leo guide mes pensées, presque omniprésent dans ce que je fais ou pense…) J’entrais alors dans ce bâtiment, qui me paraissait vide au premier coup d’œil, mais une petite voix claire me pria de monter par l’escalier. Un escalier, où ça ? Ah, juste en face de moi. (Étrange, il n’était pas là quand je suis entré) Bref, j’arrivais en haut de l’escalier qui donnait sur une immense pièce. Mais qu’est-ce que ? Comment salle si grande, pouvait-elle rentrer dans une tour pas plus large que quatre mètres ? Au moins dix mètres carrés se présentaient devant mes yeux. En face de l’escalier se trouvait une petite pièce, avec deux portes coulissantes. Un ascenseur à première vue. À gauche tout le mur était caché par une série de placards. Je ne suis pourtant pas parvenu à ouvrir un seul d’entre eux. De l’autre côté s’entassait une série d’écrans accompagnés par de grandes plaques en verre au-dessous, une sorte de grandes dalles brillantes, tactiles peut-être. Aucune ouverture vers l’extérieur. Normal puisque la tour était fait d’un seul et même bloc, comparé à un bâtiment ordinaire qui se compose de plusieurs briques ou parpaings. Au centre, j’avais aperçu cette différence sur le sol lorsque j’étais entré. Un disque, gravé dans le sol, encerclait une suite de symboles, semblables à ceux qui se présentaient sur la porte, s’illuminait quand je m’en approchais. L’envie de passer dessus me poussait, cependant retenue par l’appréhension de ce qui pourrait m’arriver. (Tant pis je me lance) J’ai ressenti un souffle me pousser lorsque j’ai posé les deux pieds par-dessus. Pas quelque chose de mécanique qui me monterait, mais plutôt quelque chose de magique. La même sensation que lorsque je m’envolais. Elle me transporta un étage au-dessus. Je me trouvais alors dans le noir, éclairé uniquement par ce que projetait mon collier. Essayant de trouver ce qui pouvait bien se trouver ici, je tournais sur moi-même quand la perception d’un étrange socle attira mon attention. Je décidais alors de m’en rapprocher. Puis arrêté brusquement par l’allumage de la lumière de la pièce, je restais figé devant ce que j’avais devant les yeux. Le même socle que celui du sol se tenait, pendu au plafond. La même forme, les mêmes motifs. Mais ce qui m’avait le plus choqué, c’est que ces deux blocs de pierre retenaient un étrange personnage. Flottant en suspension, retenu par deux sortes de bracelets autour des poignets. Individu à apparence humaine. Les cheveux mi-longs, ébouriffés vers l’arrière. D’un teint rouge-rose, presque saumon. Un t-shirt moulant, un pantalon en cuir noir. Avec des chaussures de ville. Portant un grand manteau blanc sans manches et déchiré. C’est qu’une fois que j’avais fini mon décryptage que Leo se décida à se manifester.
« Je te présente Sieg Wahrheit. Il me suit depuis le début. Connaissant tout sur moi. Mes secrets les mieux gardés aux plus grandes diffamations dont on a pu m’affubler. C’est un grand guerrier appartenant à une ère gothique de votre monde. Il est le fruit de la séparation des deux mondes.
– Deux mondes ? Mais lesquels ?
– Ta vie, ton existence sur la Terre appartiennent à la fois au seul monde qu’un humain peut contrôler, Le Présent. Mais il appartient aussi au monde passé qu’aucun homme ne peut maitriser. Lorsque je suis arrivé sur ta planète, ces deux mondes n’existant pas, n’étant ni différenciés, ni différenciables. Mon apparition a créé un trou temporel dans lequel je suis le seul à pouvoir accéder. La création de cette faille a généré un personnage responsable de l’équilibre des mondes. S’assurant à chaque fois que les actions que j’opère ne mettent pas en péril la stabilité du temps et de l’espace tout entier. Garant de ces choses qui m’oblige à adapter mon comportement pour ne pas risquer ma vie future, celle de Sieg, ou bien celle de l’existence elle-même.
– Mais pourquoi moi ? Pourquoi n’as tu pas choisi quelqu’un d’autre ?
– J’ai cherché quelqu’un qui me ressemble. Autant sur ton caractère, qu’il soit mauvais et arrogant, volontaire et ambitieux. Ou ta sensibilité. Ou bien encore ton aspect colérique que tu maitrises à un point exceptionnel. Je cherchais une personne digne de confiance à qui on s’attache. Quelqu’un qui au final reflèterait ma personnalité le plus possible.
– Mais comment as-tu su que je serais comme tu le décris ? Je veux dire, quand je suis né, tu ne pouvais pas savoir quelle personnalité je prendrais.
– Je voyage dans le temps. Aussi bien dans le passé que dans le futur. Avant de te choisir, je suis parti environ 15 ans après ta naissance, explorant et observant ta façon d’être, de te comporter. T’ayant choisi au début pour tes origines. Pendant des années j’ai collaboré avec des personnes de ta famille. Je les ai suivies et protégées tant que j’ai pu. Ma mort m’a donc obligé à trouver un moyen pour reprendre une forme humaine. J’ai continué à errer des années jusqu’à trouver le descendant de ta lignée le plus proche possible de ce que je suis. Mon choix s’est finalement porté sur toi.
– Et pourquoi n’apparais-tu que maintenant ?
– Premièrement parce que l’accès à ton corps m’a obligé à me mettre dans un état de stase. Ensuite ayant suivi toute ta vie, je sais quelle était la meilleure période pour intervenir.
– Personnellement je pense que tu t’es trompé, ce n’est pas la meilleure du tout. Loin de la même. Tu serais arrivé un ou deux ans avant ça aurai été beaucoup mieux.
– Je sais et je te comprends, seulement je sais ce qui va t’arriver dans quelque temps et soit en certains, c’est bien maintenant qu’il faut que j’agisse.
– D’accord. Enfin que dois-je faire maintenant ? Je suis flatté que tu m’aies choisi, mais que est-ce que ça va changer ? Faut-il que je change quelque chose à ma façon de me comporter ? Ou quoi que ce soit d’autre ?
– Non. Continue à vivre comme si je n’existais pas…
– C’est vite dit ça !
– Je te promets de ne pas intervenir dans ta vie tant que je ne serais pas prêt à m’afficher. Tout ce que je te demande c’est de me laisser un peu de temps. En échange tu auras le temps de t’habituer à la présence de Sieg qui te suivra partout. Il te protègera s’il le faut. Il répondra à toutes les questions que tu peux te poser. Quelles qu’elles soient.
– Et il faut que je le réveille moi-même ou est-ce que je te laisse cet honneur ?
– C’est plutôt un honneur pour moi que te laisser le faire. Il te suffit de débloquer la clé qui se trouve dans la colonne à gauche du stabilisateur. Retire-la et garde-la toujours avec toi. Une fois qu’il aura repris ses esprits, il te retrouvera grâce à moi. Pour ma part je te laisse. Au revoir mon cher ami. »
Encore un peu étourdi par tout ce qu’il venait de me dire. Je me dirigeais vers la clé, désactiva le stabilisateur et partis avec la clé sur moi. Laissant mon futur compagnon seul dans ce monument. J’avais pourtant tant de questions encore à lui poser. Il contrôle le temps, mais jusqu’à quel point ? Il connait aussi bien mon passé que mon futur. Mais quel incident aura-t-il dans cette continuité ? Et est-ce que mon futur peut réellement changer ? Est-il guidé par la destinée ? Autant de questions sans réponses qui n’attendaient que Sieg pour les éclairer. De plus cette clé, qui n’avait pas l’apparence d’une clé d’ailleurs. Pourquoi devais-je la garder ? Pourquoi cette forme ? Et à quoi pouvait-elle bien servir à part la seule utilité que je connaissais ?
Encore une fois je m’apercevais que le monde me laisse seul. Au final je n’avais personne à qui raconter cette histoire. Personne qui serait assez patiente pour m’écouter. Depuis des années c’était exactement la même chose. J’avais des amis certes et pour rien au monde je ne les aurai abandonnés ou oubliés. Seulement, il y avait toujours quelque chose qui m’empêchait de leur parler. Soit moi qui n’avais aucun moyen de les contacter. À une époque, lorsque je ne pouvais pas me tourner vers mes amis, j’aimais me retourner vers mon frère. C’était la seule personne avec qui je pouvais passer du temps. Seulement depuis son départ, si je me suis bien aperçu d’une chose c’est bien qu’au final je n’avais plus personne avec moi. Je me retrouvais tous les weekends seul sans personne à qui parler. Parce qu’au début je devais faire sans internet et sans portable. Par la suite je suis arrivé à obtenir ces choses-là, seulement cette solitude m’avait déjà envahi depuis un certain temps. J’ai su m’en séparer un certain temps, mais dès que je l’avais presque oubliée, le monde finit par briser le cœur. De jour en jour, une certaine souffrance morale me rongeait, m’affligeant et m’obligeant à réfléchir sur tous les sujets qui me traversaient l’esprit. M’offrant un esprit critique différent. Distinct de ceux des autres, conditionnés par la société moderne. Approchant mes idées de l’anarchie. Je devenais comme une sorte d’idéaliste aux idées pures et simples. Recherché par beaucoup voulant des conseils de cet esprit si pointu sur l’aspect de ce monde rongé et replié sur des stéréotypes mal fondés et souvent non réels. J’étais devenu un allié presque supérieur par mes idées et mes astuces offrant à chaque fois une réponse plus exacte que ce que n’importe qui pouvait s’imaginer. Je paraissais comme un être différent, changé et à qui on peut offrir une confiance supérieure qu’à quiconque, je m’affichais comme la clé d’un monde devant parfait. Une clé pourtant défaillante qui, malgré toutes ces nouvelles choses faites pour améliorer la vue que les autres ont sur le monde, ne pouvait utiliser ses conseils sur moi-même et échouait à chaque nouvelle quête que je m’offrais. Poussé toujours par cette chaleur apportée par les cœurs de ceux que j’avais aidés. Je continuais, aveuglé par cette réussite que je donnais, je ne lâchais rien, regardant le monde de haut. De cette position de supériorité que j’avais acquise au fil de mes sagesses dites. J’ai fini par tombé de mon pied d’installe, chutant de si haut et retombant si bas que j’en ai presque vu mon monde s’écrouler devant mes yeux. Ce monde que j’avais bâti des années durant, voulant me prouver que je valais mieux que ce que prétendaient ou ce qu’étaient ceux qui me critiquaient. J’avais une seule peur. Chuter dans la solitude en perdant tous ces proches que j’avais amenés à moi. Mon esprit s’en sortit presque inchangé, mais l’image que je me faisais du monde avait été totalement chamboulée. Je m’étais aperçu de la fragilité du monde, de ces liens que l’on crée et qui peuvent se casser à tout moment. Je me voyais soutenu par tous ceux qui m’avaient offert leur pleine confiance. Ils m’aidèrent à me relever plus vite que je n’aurais pu le faire par moi-même. Cependant, j’en gardais des séquelles. Je devenais plus sombre, plus grave, plus mystérieux, mais moins réservé, plus avant-gardiste qu’avant. Détruit après avoir vu à quelle vitesse tout pouvait s’écrouler autour de nous, j’avais envie de vivre ma vie le mieux possible, envoyant balader tous ceux qui s’opposeraient devant moi. C’était sans compter sur le fait que j’ai toujours était mal aimé par les femmes. Ce manque d’amour, se sentir aimé par la personne que l’on aime. Ressentir cette chaleur quand on la serre dans nos bras. C’était une chose que j’avais vécue que très peu souvent. Ma personnalité avait légèrement changé avec tout ça et je me suis retrouvé avec ce manque malgré mes idées arrogantes. En présence de mes amis ou de qui que ce soit, ma forte personnalité surpassait tout. Mais de nouveau seul, je replongeais dans les abimes du monde oublié ou je vivais.
« Très beau discours, très poignant récit. Mais soit patient, tout ceci changera. Tu détiens entre tes mains un pouvoir plus puissant que la vie elle-même. Celui de maitriser le temps ! Même si, et je te l’accorderais, tant que Leo n’est pas apparu, ce n’est qu’une chose dite par deux mystiques qui ont vécus dans des temps passés et qui sont encore vivants ! Enfin presque… C’est dur à croire, mais c’est bel et bien la vérité. Mon ami, Bienvenu dans ta nouvelle vie ! »
Sieg venait de faire irruption dans ma chambre, ayant écouté toutes les pensées qui m’avaient traversé l’esprit sur l’aspect de mon passé. Je restais encore étourdi par son apparition spontanée. Environ une heure s’était écoulée depuis mon départ de la chambre où il reposait. Sa façon d’être était intrigante, il était très actif. Il n’était presque jamais plus de dix secondes à la même place. Explorant tous les coins et recoins de ma chambre. J’avais remarqué qu’il ne touchait pas le sol, ses pieds flottaient. Lévitant, mais pourquoi ? Peut-être pour éviter de se faire remarquer par les autres habitants de la maison. Quand il eut fini sa promenade, il vint s’assoir à mes côtés. Il me paraissait irréel, humain, mais d’un aspect assez peu commun. Au début on aurait pu croire qu’il était un personnage de manga modélisé en trois dimensions. Par la suite, je voyais bien qu’il était comme moi. Pour le moins étrange, mais comme nous. Drôle de personnage tout de même. Je me décidais alors à engager la conversation avec lui :
« Puisqu’il faut que tu sois constamment avec moi, autant commencer par le début. Parle-moi un peu de toi.
– Je suis Sieg Wahrheit, gardien protecteur des deux temps. Je n’ai aucune famille si ce n’est Leo et toi désormais. Je ne suis qu’une image représentative de la fissure qui sépare ton temps au passé. J’ai pris vie lors de la première apparition de mon ami sur Terre soit au XIIe siècle. Nous étions deux assassins de renommée. Leo ayant des quêtes, suivant toujours les ordres qui venaient de plus haut éliminait les sujets qui protégeaient ces cibles. Et tuant les plus grands hommes du monde, mais seulement ceux qui constituaient un réel danger pour l’humanité. Nos noms grandissaient pour une atteindre une importance trop grande. Leo décida alors de repartir sur sa planète natale. Aldor. C’est à la suite de ce voyage que Leo apprit qu’il possédait ces pouvoirs sur votre temps. Nous repartions alors pour ta planète avec la connaissance de cette maitrise. À tous les temps résonne le nom de Leo Kryssen et de son allié Sieg Wahrheit. Chevalier, assassin, cavalier, maitre des arts martiaux, Leo est devenu un combattant hors pair. Le monde s’étonnait de ce qu’il pouvait accomplir malgré le manque d’évolution de l’époque. Jusqu’à ce jour où tout changea. Cet étrange ennemi venu d’ailleurs s’était mêlé à votre monde depuis sa création, il se trouva un jour face à Leo. Il était ici parce qu’il savait qu’il devait le tuer. Et à mon grand désespoir, il y parvint au moment où il savait que Leo avait signé son arrêt de mort. J’ai d’abord pensé que je disparaitrais avec lui, mais ayant lui aussi accomplis son objectif, je me suis mis dans un état de stase. Avant cela, un certain Izidro me confia que cet état ne durerait que soixante ans. Je serai réveillé par un jeune homme digne de l’âme de Leo. Sa dernière bataille s’est faite en 1952, c’était après la Seconde Guerre mondiale, le père de Leo voulait apporter leurs technologies à votre monde. Il ne l’a pas fait à ce que je vois. D’autre part, lors de sa mort, j’ai hérité de tous ces souvenirs, en plus de ceux que je possédais déjà, alors si tu veux savoir quelque chose sur lui, n’hésite pas.
– Je me doutais bien que vous n’étiez pas humains. Sinon, j’aurais aimé connaitre la signification du tatouage que j’ai dans le dos.
– Le Rang. La Classe et l’Énergie !
– Euh, excuse-moi, mais tu ne m’avances pas là.
– Chaque guerrier de notre peuple possède un symbole donnant son Rang. Leo est un gardien tel que moi. Ce sont les plus valeureux combattants et guerriers, ils sont envoyés sur les planètes qu’ils choisissent s’ils le veulent, ou deviennent soldats de l’armée. Ils sont de puissants adversaires aux capacités souvent insoupçonnées. Sa Classe. Je suis gardien tu temps, une classe crée pour moi, je suis le seul à l’avoir. Leo est…
– Gardien de L’Ordre.
– Exact. Tu pourras l’entendre appeler “L’Ordre” ou “The Order”.
– Mais pourquoi ? En quoi consiste cette classe ? Et c’est quoi cet Ordre ?
– L’Ordre n’est pas une guilde ni un groupe, c’est un lien qu’ont créé les Élites. Mais aussi un honneur que de faire partie des plus grands guerriers Aldoriens. Ils ont pour devoir en plus que de se battre pour eux et pour leurs proches, de protéger tout un peuple face aux plus grandes menaces que ce dernier ne peut pas battre. Ils sont puissants, possèdent les plus inimaginables capacités et tous ensemble font un ennemi presque indestructible, invincible même !
– Tu veux dire que Leo est un guerrier surpuissant ?
– Non, pas autant, juste que c’est un guerrier qui a une grande valeur, qui est très puissante et qui peut le devenir encore plus. Pour finir, l’Énergie. Ton tatouage n’est pas qu’une simple marque, elle désigne aussi la quantité d’énergie qu’il te reste à utiliser tes pouvoirs les plus grands. Par définition, le contrôle du temps n’affecte pas cette jauge, enfin presque. Je dirais plutôt que son utilisation est négligeable. À part pour les grands voyages.
– Et comment puis-je la recharger ?
– Tout simplement, de la même manière que tu récupères tes forces, en mangeant.
– Mon Dieu ! Je n’ai pas fini de manger alors.
– Oui, seulement ne néglige pas son utilisation non plus. Si tes pouvoirs tirent dessus, une fois vide ils se tournent vers ton énergie vitale, jusqu’à t’en être fatal !
– D’accord j’y prêterai attention. Autre chose, pourquoi la Tour de Verre ?
– La Tour de Verre, parce qu’en fait et comme tu le sais, elle n’est visible que par toi, Leo et quelques autres personnes. Pour tous les autres, elle est invisible, mais pas inexistante, s’ils arrivent en face, ils ne passent pas à travers. À ce point, pour eux, elle peut être confondue à un objet en verre.
– D’accord, c’est tout bête en fait.
– Excuse-moi, mais je dois te laisser, il faut que je prépare certaines choses pour t’éviter des soucis lors de l’apparition de Leo.
– Avant juste une chose, il faut encore que j’attende longtemps avant de le voir ?
– Je ne sais pas, c’est lui qui décidera. À bientôt l’ami ! »
Il était épatant, il avait une façon d’être très noble et retenu. Même qu’il paraissait très aimable et très souriant. Je sentais que j’allais bien m’entendre avec lui, à vrai dire je n’avais pas trop le choix s’il fallait que je le supporte tout le temps.
J’ai passé par la suite une semaine sans rien d’anormal. Tous les jours Sieg me demandait à la tour pour me faire passer des sortes de tests (enfin je pense que c’est des tests). Pour m’adapter qu’il me disait. Mouais, en attendant moi c’était Leo que je voulais voir. Enfin au moins je n’avais pas d’ennuis pendant que je me faisais ausculter par ces machines bizarres. Une question m’était passée par la tête.
« – Dit moi Sieg, toutes ces machines, elles sont de chez vous ?
– Oui, toute cette tour a été faite avec la technologie et les matériaux de notre planète. Je sais c’est futuriste pour toi, seulement c’est bien réel sois en sûr ! »
C’en était un rêve, tous ces engins je les connaissais tous, mais pas de cette manière-là. Chez nous les écrans étaient plats certes, mais pas juste des plaques de verre qui en plus sont tactiles. Le tout piloté par une puce microscopique. C’était incroyable, mais j’adorais ça. Les jours suivants il m’apprit que, comme je le pensais, Leo pouvait interagir avec ce que je fais, principalement pour me protéger. Question pratique, il m’a dit que mes facultés seront prises sur celles de Leo, plus le temps avancera, plus je lui ressemblerais, du moins en termes de possibilités. Que c’était lui qui décidait de me donner telle ou telle chose à un certain moment, mais que moi je ne pouvais pas le lui demander. J’avais, toujours cette même semaine, commencé à développer certaines choses, comme l’instinct, les réflexes (on laisse souvent tomber beaucoup de choses, mais j’arrivais à les attraper sans jamais en rater une seule.) Un peu ma force aussi, j’avais cassé pas mal de choses cette semaine, ma sportivité aussi, j’arrivais presque à égaler les meilleurs de ma classe. Je devenais un peu un extraterrestre aux yeux de ceux de mon groupe, mais je me fichais de ce que les autres pensaient, tant que j’étais bien dans ma peau.
Quel pire défaut que d’être extracolérique ! Le temps avait fait de moi quelqu’un de très facilement énervé et très envieux. Je m’emporte vite, trop vite, voilà un de mes grands points faibles, avec ma sensibilité, car oui, même quelqu’un de puissant par sa présence face aux autres peut et a le droit d’être sensible. J’en suis une preuve humaine. Ma colère me perdra ! Mon grand cœur aussi ! Petite anecdote, sortant d’un CAP, j’ai fait des stages et je m’y suis fait pas mal d’amis. Dans l’un des plus récents, j’y ai connu un plombier qui se déplaçait toujours avec sa nacelle. « ArnoKart » que l’appelait une de mes collègues. Quand le chef du chantier avait besoin d’aide, j’y allais toujours avec Arnaud. Un jour j’ai eu droit à une réflexion de sa part « Nos grands cœurs nous perdront mon petit ! » Il avait bien raison, je ne sais pas dire non, j’aide quand je peux. À la limite du possible bien sûr !
Lundi 8 octobre 2012 (plus que trois semaines avant les vacances !) Le monde avance vite, trop vite à mon gout. On fait certaines choses tellement sans y réfléchir qu’après on regrette tout pendant longtemps. Quel meilleur moyen que de se venger d’une relation que l’on a foirée, que de la faire payer à la personne que l’on a aimée et qui nous aimait ! Choix pris par un ancien copain à Justine. Déjà que je n’aimais pas ce genre de comportement, envers une personne à qui je tiens ça m’était insupportable. Je me souvenais que Sieg m’avait dit de garder mon calme, que ça accélèrerait l’arrivée de Leo. Mais aussi que Leo choisirait le moment parfait pour apparaitre réellement. Et à ce moment j’avais réellement du mal à gérer ma colère, je montais sans pouvoir me poser et souffler pour redescendre. Plus il continuait à la rabaisser, plus il me montait cette force, la même que celle qui m’avait poussé à affronter Loïc. Ses injures incessantes me montaient comme une rage grandissante. Quand soudain je reconnus sa voix. (« Je t’ai offert ma force et ma valeur, ce pouvoir est le tien désormais. Seulement j’ai besoin que tu l’acceptes totalement pour prendre vie. Laisse ton cœur battre et affirme-toi face à ce monstre. C’est alors que je pourrais te montrer toute ma grandeur. ») Je m’en allais alors, comme si de rien n’était, mon cœur battait, ma vue se troublait au même rythme que ses battements. Incapable de savoir si je serai à la hauteur de toutes ces offrandes. Je passais à côté de Romain en imaginant ce que je voulais lui faire subir. Dès que je me retrouvais alors dos à dos, je me retournais et le pris par le cou. Finissant par le faire traverser tout le préau de notre lycée. Sous les grands yeux ébahis de tous les autres, je me tenais face à ce traitre, ce salaud qui ne pense qu’à faire souffrir les autres. Ma rage me rongeait, mais me donnait confiance en moi, confiance en ce que je possédais et ce dont j’étais capable. Quand mon adversaire eu repris ses esprits, se relevant il me provoqua.
« Alors maintenant tu la protèges ? Pourquoi ? Elle ne le mérite même pas ! »
Je me déplaçais lourdement, comme blessé, plus je me rapprochais de lui, plus mon corps l’illuminait, commençant par de toutes petites particules autour de moi. Ensuite en faisant briller ma peau. J’allais, répondant à ces paroles :
« Je ne fais que mon Devoir ! Je n’ai aucun ordre à recevoir d’un minable comme toi !
– Elle m’a trahie, elle m’a traité comme un salaud !
– Salaud que tu es ! Fioriture des enfers je vais te renvoyer d’où tu viens ! »
Plus je m’approchais plus Leo grandissait, prenant place dans ce monde que je venais de déranger par mes actes.
« Tu n’es pas son copain Tanguy ! Tu n’as pas à la protéger !
– Je ne suis pas Tanguy… »
À ce moment je me sentais grandir, changer de part en part, mon corps brillait, j’étais une étoile dans une populace de ténèbres. Un seul flash et je n’étais plus le même. Leo avait pris ma place. J’avais ébloui tout le monde autour de moi puis réapparaissant petit à petit, les spectateurs pointèrent leurs yeux vers ce nouveau et étrange être qui m’avait remplacé. Ayant atteint mon ennemi il lui répondit.
« Je m’appelle Leo Kryssen. Et je ne suis là que pour t’éliminer !
– Que est-ce que ? »
J’étais devenu un étranger. Étrange être blond aux yeux bleus, guère plus grands que moi, un blouson de cuir rouge et blanc. Un jean bleu et des petites bottes marron. Un halo d’énergie autour de moi, lumineux tel un ange. J’avais attrapé Romain par le col, il se débattait, mais toutes actions qu’il pouvait effectuer restaient inefficaces. Il voulait s’échapper, mais il ne le pouvait pas. J’ai fini par le reposer à terre. Il s’était un peu éloigné de moi et me regardant d’un air amusé.
« Tu viens de commettre une grosse erreur, tu n’aurais jamais dû me lâcher !
– S’il y a une erreur ici c’est toi. Toi et toi seul ! Toutes les menaces que tu peux me jeter me font rire, crois-tu vraiment que tu es de taille à m’anéantir ?
– Heureusement ! Tu ne me fais pas peur ! Approche un peu pour voir ! »
S’étant muni d’un couteau il esquissait des gestes comme s’il voulut les reproduire quand je serais devant lui. J’allais à lui à petits pas, laissant une certaine peur dans les regards de cette masse concentrée sur moi et mon adversaire. Mais lui aussi vivait cette peur, il reculait même si j’allais plus vite que lui. Arrivant devant ce traitre, il commença à essayer de m’attaquer, voulant m’attraper pour me faire subir ses coups de couteau. Cependant ses actions restaient vaines, j’évitais chacune d’elles. Je m’étonnais de la vitesse à laquelle j’agissais. Lorsque sa rage prit une ampleur si grande qu’il ne pouvait la contenir, il s’essaya à un ultime coup destiné à me toucher le cœur. « Je ne laisserai personne mettre en cause la vie de mon hôte ! » J’écartais l’attaque en effectuant un salto arrière sur moi-même. Lançant l’arme en l’air. Je me stoppais net, l’attendant qui retombait sur moi. Romain se tenait toujours devant moi. Je m’effarais du courage dont faisait preuve ce monstre face à moi. J’attrapais alors ce couteau et le plantais dans l’épaule de mon ennemi.
« Mais tu es dingue ?!
– Que préfères-tu ? Ceci, ou je te laisse le couteau dans le cœur ?
– Je crois que ça, c’est mieux. »
Je n’avais qu’une envie, le faire souffrir. Alors j’ai voulu le narguer et je commençais à partir, sortir du lycée. Seulement ça ne lui plaisait pas bien sûr. Alors meurtri par la douleur, il me lança.
« Alors tu t’en vas ! Je n’ai pas fini avec toi, reviens ! Tu n’es qu’un lâche ! Un trouillard ! Une lopette ! »
Ma colère avait baissé, laissant place à une sorte d’amusement face à cet idiot qu’il me plaisait de faire souffrir. Mais lorsque ces paroles m’arrivèrent, elle remonta d’un coup. Me retournant vers lui sans attendre et m’élançant vers cette menace que je devais éradiquer. Il prit peur lorsqu’il me vit partir, mais n’eut pas le temps de s’échapper que j’étais déjà à un mètre de lui. Je laissais derrière moi une trainée créée par cette aura de lumière qui tournait autour de moi. Une fois sur lui je plaçais mon poing sur son ventre et le projetais sur le mur en face. Un être agonisant et en sang se trouvait devant moi. Presque inconscient il me regardait voulant que j’abrège ses souffrances. « Je vais t’achever comme je le faisais avec des ordures comme toi ! »
Je l’ai donc attrapé, lui prenant la tête et la lui arrachant à vif.
« Vous avez eu la démonstration de mes capacités. Vous savez ce qui vous attend si vous manquez de respect à moi ou à mes proches. »
J’ai relancé sa tête à côté de son corps. Reculant doucement et partant en m’envolant. Je laissais ces spectateurs aberrés par cette nouvelle apparition.
La vie est si fragile, si facile à briser et à éteindre. Nous sommes ici, dans ce monde en ayant un objectif que l’on ne connait pas et que l’on doit trouver par soi-même. Les plus courageux y parviennent, les plus faibles abandonnent. Entre les deux se trouvent ceux qui n’ont pas trouvé, ou n’ont plus aucune raison de vivre, mais ils subsistent tout de même, s’imposant comme des personnes fortes, agissant pour les autres sachant que leur vie est inutile et sans but. Et je venais de rentrer dans cette partie-là du monde.
Leo m’emmena à la tour, je réfléchissais sur ce que je venais de faire, même si ce n’était pas directement moi, cette fois-ci, c’est moi qui agissais, j’avais le contrôle total de mon corps et de mes actions. Cependant je venais de tuer un homme. Et je laissais mon esprit divaguer le temps que le mystique me déplace. Lorsque je suis arrivé, il m’a laissé devant la porte. J’ai de nouveau entendu la voix claire me demandant de monter à l’étage. Il était sur les ordinateurs, en train de bidouiller je ne sais quoi quand il m’interpela.
« Leo est apparu, comme je l’avais prévu…
– Tu avais prévu son arrivée ! Et tu n’aurais pas pu me prévenir !
– Excuse-moi, mais je pensais que tu te l’imaginerais…
– Tu as vu ce qu’il m’a fait faire ? Il m’a poussé à tuer Romain !
– Non, il ne t’a pas poussé, Leo ne fait rien par lui-même. Tu possédais une certaine haine contre cette personne. Une puissante envie de lui faire payer ce qu’il faisait, seulement tu étais conscient que tu n’avais aucun moyen de le faire. Leo n’a fait que t’offrir la force de vaincre la colère qui te consumait. Tu sais ce n’est pas bon de tasser cette colère sans la laisser sortir.
– Tu veux dire que tout, tout ce que j’ai accompli, au fond de moi je le voulais réellement ?
– Exact, cependant, je vais te dire une chose. Leo t’a poussé et t’as aidé à vaincre cette menace, mais ce n’est pas sans raison, tu n’as pas le droit de tuer n’importe qui, à moins que ce n’importe qui mette en danger ta vie, ou celle de tes alliés. Tes victimes sont et seront définies. Parce qu’elles sont, ou ont un attachement à notre ennemi commun. À différentes époques, ils se faisaient connaitre par leur rattachement aux idées des templiers. De nos jours, les templiers n’existent plus vraiment, plutôt certaines personnes qui gardent ces idéaux à conquérir le monde.
– Et comment saurais-je qui est quoi ?
– Leo t’empêchera d’éliminer n’importe qui, tout simplement.
– D’accord. Parle-moi un peu de L’Ordre, qu’est-ce qui a fait que vous y êtes entrés et comment il a été créé.
– L’Ordre original a été mis en place bien avant l’arrivée de Leo sur Terre. On dit que ses créateurs étaient des élèves des grands Dieux grecs. D’après la légende, ils étaient au nombre de dix, cinq hommes et leurs femmes. Ils avaient tous un artéfact leur permettant de jouer avec leurs pouvoirs. À leurs morts, si elle a bien existé comme les divinités dont ils étaient les élèves, leurs armes ont libéré une partie des pouvoirs, errant jusqu’à trouver un maitre digne de confiance. Notre civilisation étant bien plus ancienne que la vôtre, ces personnes étaient elles aussi de notre galaxie. Les pouvoirs ont choisi leurs descendances ou juste de grands guerriers, je ne sais pas. Kilik, maitre du temps, serait le septième fils caché de Cronos. Le chronosceptre était son arme favorite. Il voyageait dans l’espace est le temps. Ayant acquis la capacité des portails voyageurs avec Hypérion, son pouvoir a pris parti de Leo. Zasalamel, maitre des ombres et du feu. Fils d’Erèbe, dieu des ténèbres, il est l’allié d’Hadès, dieu des enfers. Il utilise les lames de la destinée, elles sont attachées à ses bras par des chaines magiques. Il est mort d’une chute dans le Styx, damné par Hadès. Ses lames ont offert leur pouvoir à Izidro. Axion, maitre de la puissance, de la force, chef des armées et de la guerre. Il est le fils d’Arès, ses atouts sont ces armes, il se bat avec de grandes épées qui pèsent des tonnes. Sa force a été offerte à Feng Wan. Mitsurugi, maitre de la tempête et de la terre. Fils de Poséidon, son arme est le trident, celui de son père. Raven est l’héritier de ses capacités. Raphaël, il est un peu comme moi, création de la mort de Thanatos et d’Hypnos, Dieu de la mort et dieu du sommeil. Il se bat avec une faux et ses pouvoirs d’hypnose qu’elle lui confère. L’héritier est Hwoarang. Pour finir, Leo a eu une femme, morte avant lui hélas ! Elle se nommait Nikki, elle bénéficiait des pouvoirs d’Eiseos, unique fille d’Hermès, dieu du vent et messager des dieux. Sa fille a eu ses bottes ailées, elle avait deux couteaux pour se battre et un arc. Elle est le maitre de la vitesse. Nikki était une femme superbe, Leo l’aimait beaucoup. Je me suis toujours dit qu’elle avait dû faire comme lui et trouver un hôte capable de la recueillir, du moins je l’espère. J’ai toujours passé du temps à la chercher sans jamais la retrouver. Et je continue toujours à la chercher, sans jamais y parvenir.
– Oh, merde… Je…
– Non ce n’est rien ne t’en fait pas pour ça. J’arriverais à vivre sans elle.
– D’accord, si tu le dis… Sieg, tu pourrais me décrire un peu chaque personnage ?
– Si tu veux. Izidro, il possède un style assez peu commun, c’est une tenue de capoeira, haut moulant, un pantalon attaché avec une corde. Feng, en costume de ville, la veste rouge sombre, le bas blanc, sans cravate. Raven c’est plus une tenue de ninja avec une veste longue et des lunettes de soleil. Hwoarang, il fait cowboy, un haut sans manche en cuir, pantalon de western et santiags.
– Je m’en souviendrai.
– Tanguy, j’aimerais que tu t’entraines un peu, pour que je voie à quel point en est l’intégration des capacités de Leo sur toi.
– Comme tu veux, mais que faut-il que je fasse ?
– Dans le placard derrière toi, le plus petit, tu y trouveras une épée, tu la prends et tu te places sur le cercle dimensionnel, je t’enverrai dans le dojo. »
Le cercle dimensionnel, c’est alors à ça que cet anneau gravé dans le sol servait. Je suis alors parti prendre cette épée. Étrange arme, elle était elle aussi gravée sur le manche. Une épée à deux mains à première vue. Une fois avec moi, je me dirigeais vers le cercle de lumière au sol, et réapparu dans une salle tout en bois. À ce moment, la voix de Sieg résonna dans la pièce :
« Ce que tu tiens entre tes mains s’appelle Rebellion. C’est une arme mystique, elle possède trois formes différentes, épée, faucille et hache. Chacune des versions correspondant à un aspect du monde. La hache est le symbole des enfers face à la faucille qui est le signe des cieux. L’apparence changera à ton grès ou plutôt à celui de Leo pour le moment. Je ne suis pas capable de te prouver que tu peux maitriser tous les aspects dès le début. Je vais t’envoyer des ennemis, un par un, puis en armée. Ton but est de les détruire sans avoir à faire appel à Leo pour te guider. Si tu arrives à contrôler toute cette puissance, tu ne feras qu’augmenter celle de Leo et donc la tienne par conséquent. Ton style de combat n’est pas celui de Leo, mais peut s’en inspirer. Tu veux un peu de musique en fond ? Ça peut t’aider.
– Red — Who We Are.
– OK l’ami »
Extracolérique certes, mais j’ai appris à trouver des méthodes pour me calmer, pour gérer cette puissance. La musique, je plane avec, je me lâche au rêve avec des morceaux comme Secret Crowds d’Angels & Airwaves. De plus, j’ai mes jeux vidéos. Je passe le plus de temps possible avec généralement les deux en même temps, pour vider une partie de ce que je peux accumuler dans une journée. C’est efficace, mais ce n’est pas parfait. Ça a eu l’avantage de me rendre plus résistant et plus puissant face à ma colère.
J’avais envie de baser mes attaques sur celle que j’avais pu retenir de mes jeux, créant un style unique propre à mes préférences et à ma personnalité. Je commençais par effectuer des coups dans le vide, pour voir de quoi j’étais capable, j’imaginais une attaque et j’arrivais à la reproduire presque à la perfection. J’enchainais coup après coup, un combo classique qui me permettrait de me défendre face à un ennemi simple. À ce moment, Sieg commença à m’envoyer un adversaire.
« Démon de classe un, juste une quantité de vie, défense faible, attaque faible. Spécialité, ben y’en a pas. Facile à battre seul, un peu plus chiant en groupe. Je te laisse t’y opposer, tu ne crains rien s’il t’attaque, tu prendras des dégâts, s’ils te tuent tu reviendras à la tour. En avant l’ami. »
J’avais commencé à créer des combos, classiques, mais qui me permettraient de me défendre. Sieg avait commencé avec un démon, puis deux, puis trois, aucun ne m’avait touché jusqu’ici. Puis il me largua une grande vague, dix, vingt, cent même peut-être. J’ai alors décidé de changer mes attaques, de faire plus puissant et plus rapide. Attaque à une main maintenant. Tous arrivaient sur moi, un par un. Des ennemis de niveau un jusqu’à huit. Aucun ne m’avait résisté. Je finissais fatigué et épuisé par ces combats. Pas assez endurant pour supporter tout ça. (Ce n’est qu’une question de temps. Plus tu t’entraineras, plus tu tiendras) Quand, une fois de plus Sieg refit surface.
« J’ai remarqué qu’à certains moments tu pouvais changer d’aspect. Tu maitrises la vision d’aigle ?
– Le truc qui me fait voir de toutes les couleurs ?
– Oui, elle te permet de voir le monde des limbes sans y entrer. Lorsque ton aspect bénéfique augmente, Rebellion pourra changer en Osiris. Et quand ton aspect maléfique surpasse, Arbiter apparaitra. Je te laisse dans le dojo, j’aimerais que tu essaies de gérer ces changements. Et si tu y arrives, adapte tes combos dessus. Je vois que tu as un grand potentiel alors exploite-le. »
Sieg avait raison, j’étais plus puissant que ce que je ne pouvais l’imaginer. Trois armes, Le Paradis, L’Enfer et la représentation de l’humanité. J’ai légèrement revu ma façon de me battre avec ces deux nouveautés et rappelé Sieg une fois fini.
« Sieg, monte-moi sur le toit de la tour s’il te plait.
– D’accord l’ami. »
J’avais entre les mains un pouvoir exceptionnel, inhumain presque. Il me permettait presque tout, il me rendait plus fort, plus rapide, plus réactif. Il m’offrait même le droit de donner la mort. Mais est-ce à moi de décider du destin de n’importe qui, de toute l’humanité ? Non, je suis peut-être puissant, mais le monde doit vivre sans moi, comme il l’a fait toutes ses années sans Leo. Je suis alors reparti en volant, effrayé, affolé, mais aussi ravi et enchanté ce qu’il m’arrivait.
Un nouvel instinct, capable de voir ou de ressentir ce que les autres ignorent, ça serait génial non ? On pourrait savoir ce que les autres pensent de nous et les faire chier s’ils ne nous aiment pas ! Cependant c’est hors des capacités d’un humain classique. Pas pour moi, j’arrivais même à percevoir les pensées de certaines personnes, à l’esprit un peu simplet. Je suis un grand marcheur. Depuis mon plus jeune âge, depuis que je sais marcher donc, j’ai l’habitude de faire des mètres par jour. On avait un point de rendez-vous, Loïc, Justine et moi. L’endroit où arrivaient les cars. Proche du lycée et de chez Loïc, il me fallait faire quinze minutes de marche pour y arriver tous les matins, mais bon ça ne me dérangeait pas. Mardi 9 octobre 2012, je partais comme tous les matins vers ce parking, la musique (déjà) sur les oreilles. Je m’étais posé en les attendant dos contre la grille, les yeux fermés, quand un souffle me fit vibrer de part en part. Mon cœur s’était mis à battre un peu plus vite, mais ça n’a pas duré très longtemps. Sieg m’éclaira un peu sur ce sujet.
« Tu viens de subir une interaction avec une des personnes qui vient de te passer devant. Seulement il y a quelque chose d’étrange, elle n’était pas liée qu’à toi ou à Leo, mais à vous deux en même temps. Qu’est-ce que ça peut bien être ?
– On va essayer de le découvrir, déjà de trouver la personne en particulier, si possible, ou du moins de s’en rapprocher le plus possible. Mais tu sais quelles significations ont chaque sensation.
– Oui à peu près. Le sifflement c’est un ennemi, la chaleur une rancœur personnelle, le souffle une énergie capacitive puissante, comme toi en fait.
– Et les battements du cœur ?
– C’est assez drôle, par définition, ce n’est pas quelque chose que ton instinct peut voir. Mais s’il le peut, ça voudrait dire que l’un de vous deux, ou les deux possèdent un lien sentimental avec cette personne.
– Oh, tu veux dire que je serais capable de connaitre les potentielles prétendantes ?
– En quelque sorte oui.
– Salut, Tanguy, tu parles tout seul maintenant ? me fit Loïc que je n’avais même pas vu arriver avec Justine.
– Euh… »
(Tu ne dois pas leur dire que Sieg te suit, du moins pas pour l’instant, même s’ils connaissent ma présence, ils ne doivent pas connaitre la sienne)
« Oui, enfin presque, je vous expliquerais ça plus en détail.
– OK. Il faudra que tu me présentes Leo, je ne l’ai pas vu encore.
– Oui pas de soucis, mais soit patient, j’aimerais régler une petite chose avant. »
Quelqu’un pour qui je pourrais éprouver des sentiments, Leo aussi et qui de plus aurais de grandes capacités. Qui ça pouvait bien être ? Et surtout quelle influence aura-t-elle sur nous ? Cette histoire m’avait intrigué, je n’arrivais plus à me concentrer sur autre chose tellement ça me préoccupait. (Déjà que je ne suis pas super concentré en cours, là j’étais dans mes pires moments) Enfin la pause, j’allais pouvoir souffler un peu et commencer mes recherches. Logiquement, si cette personne est dans ce lycée, quasi sûr de ça, je devrais la trouver facilement, j’aurais la même interaction que ce matin avec elle. Normalement. Alors suivant les filles avec qui j’étais, qui voulaient voir les profs absents, je suis parti traversant tout le préau. Sous les regards de certains, je me sentais comme un monstre puissant et une vanité détestée à la fois. Vers la fin de mon trajet, ce souffle refit surface. De plus en plus fort, voulant m’empêcher d’avancer. J’étais le seul à ressentir ça cependant ça ne se voyait pas sur ma façon de marcher. Tout à coup un souffle encore plus puissant m’obligea à tourner sur moi-même, versant vers l’arrière, à deux doigts de tomber par terre, par chance il y avait une chaise derrière moi. J’ai atterri dessus et mon élan me lança jusqu’au mur qui m’arrêta. Au moment où je me suis retourné m’a vision d’aigle s’est amorcée, une fois assis, elle ne se stoppa pas de suite, partant de moi, la décoloration s’en alla vers le fond du préau. Seule persistait une petite tache blanche qui s’estompa rapidement. J’avais réussi, j’avais trouvé qui était cette mystérieuse personne. Sieg, capable de transmettre ses pensées et de les lire, commença une discussion.
« C’est impressionnant !
– À ce point ?
– L’énergie qu’elle dégage, cette puissance, au point de te contrecarrer à ce niveau. Au moins deux fois plus grandes que toi je dirai.
– Quoi ?
– Leo est loin de t’avoir offert tous ses pouvoirs, tu ne maitrises pas ses pouvoirs du temps, si tu ne les as pas c’est qu’il ne te juge pas assez puissant pour. C’est pour ça qu’il faut que tu t’entraines. Tu as un énorme potentiel et tu peux être plus puissant qu’elle, il te faut du temps. Du moins elle m’épate. Mais sais-tu qui c’est précisément ?
– Pour que son impact soit aussi important, il faut que tu lui sois passé près. Pour être précis, tu lui es passé juste à côté. Elle arrive tout de même à mettre en péril le lien que je crée avec toi.
– Waouh ! Et c’est plutôt bien ou…
– Eh bien, normalement non, mais je ne reconnais pas ça comme une énergie menaçante. Donc tu n’as pas à en avoir peur, moi non plus. Mais il faudrait pouvoir en découvrir un peu plus, question de sécurité.
– Je vais essayer. Mais je ne promets rien d’avance ! »
Et mon entourage inquiété par cette action quelque peu imprévisible.
« Ça va Tanguy ?
– Oui, oui, ne t’en fais pas.
– Qu’est-ce qui t’est arrivé ?
– Je ne sais pas, je n’ai pas tout compris. »
Nouveau mystère, qui est cette personne ? Et que est-ce qu’elle peut changer pour moi ou chez moi ? Je devais le découvrir, même si ça ne pressait pas. Sieg m’avait conseillé de m’entrainer encore plus, pour mieux maitriser les capacités de Leo et pour m’améliorer. Alors, depuis ce jour-là, je passais au moins une heure par jour dans le dojo, il m’avait expliqué comment y accéder et utiliser Kat, une intelligence artificielle qui gère l’ensemble de la tour quand personne n’y est. En une semaine j’arrivais à utiliser mes armes avec une facilité déconcertante, fluide et rapide, aucun ennemi du dojo ne me battait ni même ne me touchais. Chose qui n’était pas le cas au début de mon entrainement. Sieg m’avait offert deux pistolets, les deux armes supplémentaires de Leo, deux M1911, un noir et un gris, appelé Ébène et Ivoire, incrustés « Ebony & Ivory ». Tir rapide et munitions illimitées, armes modifiées avec la technologie de leur peuple.
Vendredi 12 octobre 2012, je finissais les cours à trois heures, je suis parti au dojo m’entrainer seul, personne ne savait où j’allais, de plus, personne ne pouvait me contacter, mon téléphone était relié à l’ordinateur pour que Kat me prévienne des messages que je recevrais. Je partais alors m’isoler, face à une armée d’ennemis, en mode enregistrement, de manière à ce que mes actions et capacités soient recensées pour qu’il puisse suivre mon évolution, je me battais bientôt depuis deux heures, quand Kat m’envoya. « Sieg est rentré Monsieur » (Monsieur, j’aime avec quel prestige elle me traite) « Évite le monsieur s’il est plait » il avait stoppé les vagues d’ennemis pour me parler.
« J’ai regardé les derniers résultats, tu t’es beaucoup amélioré !
– J’ai presque tout mon temps libre ici aussi.
– Je sais bien, et ça se voit. J’ai quelque chose à t’apprendre, tu dois pouvoir utiliser maintenant l’apparence de Leo, premièrement je vais te montrer comment, ensuite je vais te demander de choisir ton apparence, basée sur celle de Leo, tu l’utiliseras pour rester anonyme, ou juste pour frimer si ça peut t’amuser. Tu peux te transformer lorsque tu demandes à Leo de le faire, ou en te concentrant sur l’apparence que tu souhaites prendre, donc soit celle de Leo, soit celle que tu créeras au fil du temps. Je te laisse t’entrainer là-dessus, je veux que tu puisses te transformer en moins de deux secondes, alors au boulot ! »
Nouvelle chose pas si simple, la transformation, je savais que je pouvais faire appel à Leo, mais je ne voulais pas, il fallait que je me concentre sur mon apparence, celle de Leo donc. Son aura commença à bruler autour de moi, me rendant de plus en plus brillant et comme la première fois, mon changement d’aspect se fit dans un immense éclat de lumière. En quelques instants j’avais pris son image. « Kat, envoie-moi des vagues de niveau un, je veux pouvoir me transformer en me battant. » Chose plus compliquée que ce que je ne l’imaginais, se concentrer sur mes attaques et sur la transformation. Au bout de deux heures d’entrainement, j’arrivais à me battre et changer d’aspect en moins d’une seconde. Sans faire appel à Leo. À ce moment Sieg me ramena dans la tour.
« Bien, tu apprends vite, demain je t’apprends à contrôler les pouvoirs temporels et tu devrais être à peu près prêt pour te battre tranquillement.
– D’accord. Mais dis-moi, tout à l’heure tu m’as parlé d’une apparence dédiée à moi-même, à quoi est-ce qu’elle correspond en fait ?
– Tu possèdes un second aspect, parce que tu es jeune, cet aspect est en fait le reflet de toi dans le futur, il change par rapport à ce que tu fais et ce que tu deviens, le futur est lié au passé, donc tu as le contrôle total de cette image temporelle de ta personnalité.
– Et il a un nom différent du mien ?
– Il s’appelle Adam. Mais normalement il ne devrait pas avoir un nom différent, j’ai l’impression de cette fille est loin d’être insignifiante dans tout ça, quand je l’ai regardé la première fois il ne portait pas ce nom.
– Mais quel lien ai-je avec elle ?
– Je n’en ai strictement aucune idée, comme je te l’ai déjà dit, toi et Leo portez un certain attachement à cette personne, mais je n’arrive pas à savoir ce que c’est. Comme si une partie du temps me restait inconnue. Ce n’est pas normal, seulement je ne peux rien y faire. »
Quand je suis parti, je n’avais pas remarqué au début que j’avais gardé mes armes sur moi, mais je ne les voyais pas, personne d’autre d’ailleurs. Sieg m’a dit plus tard que mes armes ne se voient pas directement, mon tatouage les masques et elles n’apparaissent que quand je le veux, quand j’entre dans la tour, ou dans les limbes. Seulement j’avais une question qui me trottait dans la tête, que est-ce que c’est ces limbes ? Il fallait que je trouve des réponses. Le lendemain, je me rendais à la tour, comme il me l’avait demandé, tout était déjà prêt, j’entrais alors dans le dojo, quand Sieg prit la parole.
« Aujourd’hui je vais changer ta vie. Tu possèdes un énorme pouvoir, celui de maitriser le temps et il est dans mon devoir de t’apprendre à l’utiliser. Je vais commencer par simple, les portails d’Hypérion. D’abord tu dois savoir qu’ils ne fonctionnent que minimum deux par deux. Un seul ne sert à rien, à partir de trois les choses se compliquent un peu, tu peux choisir de dédier le troisième comme une sortie du second et le second comme la sortie du premier. Ce n’est qu’une question de création et de couleur. Enfin, tu portes une bague en xarh noir, elle lie les portails, la partie grise est l’anneau principal, les secondaires sont les deux bords, les chaines sont des tertiaires, ou Infiniteum. Ceux-ci te permettent de te téléporter sur des distances supérieures à une année-lumière. Je te laisse te perfectionner, pour poser un portail tu n’as qu’à penser à la zone que veut, comme pour la transformation, d’après ce que tu as fait hier, ça devrait être simple pour toi. Après, je t’apprends la gestion du temps.
– OK chef ! »
Il n’avait pas tort, c’est un jeu d’enfant, facile, rapide, c’est juste une question de précision, je partais d’un endroit, arrivais de l’autre côté, mais j’étais perfectionniste, alors j’ai appelé Kat « Kat, envoie-moi des vagues en catégorie deux » et je travaillais mon esquive, de nouveaux coups en utilisant les armes à ma disposition et ces portails dimensionnels. Et une fois encore, j’étais maitre dans une nouvelle discipline que je venais d’aborder que quelques minutes auparavant. Et Sieg me rappela une fois de plus.
« Bravo, tu es bien plus doué que ce que je pouvais l’imaginer, tu m’impressionnes de plus en plus. Maintenant on passe au plus dur, je vais venir avec toi dans le dojo et je vais t’expliquer comment fonctionne le voyage temporel.
– Je t’attends. »
Et quelques secondes plus tard.
« Alors, une fois de plus, un de tes bijoux va servir, ta bague antistress tournera lorsque tu avanceras ou reculeras le temps. De nouveau, tu n’as qu’à te concentrer sur l’époque dans laquelle tu veux aller, mais cette fois-ci, tu ne feras rien sans moi, que si on se perd je puisse nous ramener. Tu peux aussi utiliser cette technique pour restaurer ton corps à un état antérieur, comme si tu es blessé, tu n’as qu’à te restaurer à un moment où tu étais intact.
– Tu n’as pas confiance en moi ?
– Si, mais on ne sait jamais, au cas où.
– OK, alors ou on va ?
– Je ne sais pas, c’est comme tu veux.
– 15 mars 1612, le dernier jour où j’ai vu Nikki, je veux savoir ce qu’il lui est arrivé.
– C’est toi le chef l’ami, je vais essayer de partir là-bas. »
Cette fois-ci, des éclairs tournaient autour de moi, je me concentrais sur cette date et en moins de dix secondes nous avions disparu. Nous nous sommes retrouvés dans une petite maison en pierre, sombre avec une petite fenêtre, c’était l’aube, on pouvait voir au loin la tête de la Tour de Verre, à une centaine de kilomètres environ. Je n’avais pas changé, Sieg était à côté de moi, les yeux rivés sur la légère ouverture de la porte. Il m’interpela en chuchotant.
« Ils sont derrière cette porte, je me souviens de cette époque, nous étions partis tuer le mystique Argosax, lorsque nous sommes revenus, nous avions retrouvé le corps de Nikki. Leo n’a jamais voulu savoir qui l’avait tuée, ni comment, je pensais qu’il me cachait quelque chose à cette époque, qu’il se faisait son idée sur qui avait pu la tuer, maintenant qu’il veut savoir ça ne doit pas être sans raison.
– Je sais qui l’a tuée, je veux en être certain. De plus l’interaction que tu as eue avec cette fille, je connais cette signature énergétique, je veux confirmer mon idée rien de plus. J’aimerais que tu la suives, sans te faire voir bien sûr. Je veux tout savoir.
– OK Leo, je m’en occupe.
– Si tu as besoin d’aide, n’hésite pas, je suis toujours avec toi.
– Ne t’inquiète pas, j’y penserais. »
Je m’étais alors déplacé à côté de la porte, regardant par l’ouverture. Leo était déjà parti. Et elle était là, elle se tenait devant la table, en train de cuisiner. C’était une femme magnifique aux formes sublimes. Un visage radieux, avec un petit sourire au bout des lèvres. (Je comprends pourquoi Leo l’aime autant) Elle portait une tenue assez hors du commun pour cette époque, comme Leo. Une tunique moulante au teint rose proche de celui de la peau. Des épaulières en métal, gantelets et jambières assortis bleus. Et un bandeau autour de la tête dont le bout lui pendait derrière la tête. En la regardant plus longuement, j’avais remarqué qu’elle avait une petite ressemblance avec cette fille. Je pensais avoir compris ce que Leo avait en tête. Je devais la suivre, pour comprendre qui l’avait attaquée, mais Leo voulait quelque chose en plus. Je suis sorti de la maison un peu après elle, l’observant avec un peu plus de vingt mètres de distance. J’utilisais la vision d’aigle pour ne pas la perdre, elle m’apparaissait comme cette fille, une aura blanche, écarlate presque. Une âme pure et puissante. J’avais dû mal à croire que j’étais dans le passé, tout était si différent, rien de notre monde moderne et développé n’existait. Toutes les bâtisses étaient en pierre, pas de route, que des chemins de terre. L’apparence des passants m’était très peu familière, tous dans les mêmes tons de couleur, marron, vert sombre, jaune sombre, ocre, peu ou pas de noir et blanc, encore moins de couleurs très tape-à-l’œil que l’on peut voir de nos jours. Un style plus rustique, pourtant plus sobre, quand on regarde les horribilités que l’on peut voir aujourd’hui. J’avais pris soin de changer d’aspect pour mieux me fondre dans la foule. La filature m’avait conduit sur une grande place pavée, des maisons autour, et une église en face de moi. Vers le centre une estrade, ou plutôt une série de planches posées sur des tréteaux. Un homme habillé en noir s’y tenait dessus, face au prêtre, deux érudits à ses côtés et quatre gardes au coin de cette estrade. Une autre série de gardes se tenait à l’avant, pour empêcher les villageois d’y monter. (Quel genre de cérémonie pouvait se tenir ici ?) L’homme en noir était assez grand, trapu et un peu enrobé. Un noble à première vue, sa tunique était parée de fils d’or. Quand il se tourna vers la foule, j’ai commencé à observer son visage. Quelques rides, une barbe, un visage rond. Peu après, le prêtre s’avança vers l’avant de l’estrade et commença à parler.
« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je demande votre attention. Le baron Antonio Barbarigo à une annonce de la plus haute importance à faire. »
Barbarigo, ce nom me disait quelque chose, mais je n’arrivais pas à m’en souvenir. Je n’avais pas oublié mon objectif, je m’étais appuyé contre un pilier d’une zone couverte, Nikki se trouvait à l’autre bout. J’entendais le discours du baron sans l’écouter attentivement, j’étais comme aimanté à la beauté de la femme de Leo. Quand je fus interpelé par une voix résonante dans ma tête. « Souviens-toi Tanguy, elle aussi est un assassin, si elle est ici, c’est parce qu’elle doit avoir une idée en tête. Alors, surveille-la d’un œil et essaie d’écouter le discours de Barbarigo » Puis, pointant mon regard vers cet étranger.
« Si je suis ici, c’est parce que je recherche en particulier deux étrangers et je fais appel à vous, pour les dénoncer. Ce sont tous deux des assassins qui nous veulent du mal. Retrouvez-les et livrez-les aux autorités. Ils ne doivent pas se sortir d’affaire si facilement. »
Joli discours, mais je doutais qu’il soit porté pas la vérité des choses. Certes c’étaient des assassins, mais qui voulaient du mal au peuple, ça jamais. À lui peut-être. Quand Antonio commença à descendre de l’estrade, Nikki s’y dirigea. Elle s’était couverte d’une capuche, pour ne pas se faire remarquer. Doucement je commençais à en faire de même, me déplaçant dans la foule, me rapprochant des planches. Quand d’un coup, elle s’élança sur le prêtre, rapide et imperceptible. En l’espace d’une seconde, il était au sol. Elle était repartie aussi tôt, il n’était pas sa seule cible apparemment. Leo me stoppa dans mon élan. (N’agit pas, ne change rien à ce qui a pu se passer. C’est beaucoup trop risqué) Logique j’avais envie de dire. Je suis alors monté sur l’estrade, recherchant la signature de Nikki. Je l’ai aperçue quelques secondes après, elle se dirigeait vers la voiture de Barbarigo. S’accrochant à l’arrière pour ne pas la perdre. Je les avais suivis en volant, m’assurant que personne ne me voie partir. Au bout d’une dizaine de minutes, ils s’arrêtèrent au milieu d’un chemin, sortirent de la voiture et se dirigèrent vers une grande maison isolée. Je les observais de haut, quand ma cible descendit à son tour et se dirigea lentement vers Antonio. Elle se précipita sur lui, mais il eut le temps d’anticiper son attaque, si bien qu’il l’avait attaqué à son tour en lui plantant un poignard dans l’estomac. Le choc que cela m’avait procuré a failli supprimer la vigilance de mon vol et me laisser tomber. J’avais attendu qu’ils s’éloignent un peu, et je m’étais approché d’elle. Je n’ai rien voulu faire, je ne pouvais rien faire, dans un dernier geste, elle arracha un pendentif de son cou, me le tendit et me dit « Tu donneras ceci à Leo, dis-lui de ne jamais le quitter, de toujours le garder avec lui » ceci aura été ses dernières paroles, puis elle perdit la vie à côté de moi. Ma rage m’envahissait et une envie irréprochable d’aller arracher les membres de ses saletés. Mais je me suis souvenu de ce que m’a dit Leo, alors j’ai passé le pendentif de Nikki autour de mon cou et je suis revenu dans mon temps. Je suis ensuite monté sur le toit, il était dix-neuf heures, je me suis appuyé sur la rambarde et j’ai commencé à regarder la ville.
La vie est une chose si fragile, elle peut basculer d’un moment à l’autre, en une fraction de seconde, mais pourquoi est-ce toujours les meilleurs qui partent les premiers ? Que font-ils de plus ou de moins pour mériter ce terrible sort ?
« Monsieur, je crois que quelqu’un a trouvé la tour, je la laisse entrer ?
– Qui est-ce ?
– La fille avec qui vous avez eu cette interaction énergétique.
– Elle est ici, mais comment ? Tu peux savoir si elle peut voir la tour.
– Oui, sinon elle ne serait pas là, répliqua Sieg qui fit son apparition.
– Pas forcément, elle peut très bien ne pas la voir et avoir été guidée par cette interaction. J’opterai pour cette solution, je pense qu’elle est venue chercher quelqu’un, ou quelque chose, mais elle ne peut pas voir la tour, j’en suis certaine.
– Mais que est-ce qu’elle veut alors ?
– Je crois savoir…
– Le pendentif que t’a donné Nikki, quitte-le et laisse-le tomber en bas. »
J’ai donc pris le collier et je l’ai lâché. Il est tombé dans une sorte de spirale, amortissant sa chute, puis il disparut. La fille passa alors à côté, le ramassa et repartit. Mais une question me trottait dans la tête.
« Leo, tu peux m’expliquer un peu tout ceci ?
– Rien n’est anodin, rien ne se fait par hasard et sans raison, puisque le hasard n’existe pas, toute chose à sa raison d’exister. Et en l’occurrence, ma théorie s’est avérée exacte. Sa signature énergétique, je crois que je la connais. Pour commencer, je t’ai envoyé dans le passé, je n’étais pas convaincu du fait que l’âme de Nikki ait été préservée malgré mon grand espoir. J’ai voulu assister à sa mort et comme je l’avais pensé, elle n’avait pas disparu. Au moment où tu la tenais dans tes bras, son âme est repartie. Ceci pourrait expliquer pourquoi cette fille possède une signature semblable, j’imagine qu’elle la choisit pour être son hôte.
– C’est pour ça que tu m’as demandé de jeter le collier ?
– Oui, elle ne connait pas son existence, comparée à toi qui savais depuis ton enfance que tu étais différent des autres.
– Et il lui permettra quoi ?
– Rien dans l’absolu, à part compléter son médaillon et animer Nikki par la suite. Si je veux m’assurer que c’est elle, ça sera à toi de la réveiller.
– Mais…
– Ne te presse pas, on a tout le temps du monde ! Je te demande d’en savoir un peu plus. La façon que tu utiliseras pour le faire c’est toi qui en décideras. Mais avant j’ai d’autres choses à faire.
– Et ça ne te pose pas de problèmes de savoir quelle est là, sous tes yeux, mais que tu ne peux pas l’avoir ?
– Déjà, après toutes ces années sans elle, savoir qu’elle est en vie me réconforte, ensuite, je suis lié à toi, donc j’utilise en ce que tu ressens pour elle.
– Quoi ? Comment tu sais ça ?
– Je sais beaucoup de choses sur toi, je sais tout ce que tu ressens, je suis lié à toi, je meurs, tu meurs avec moi et inversement.
– Et quelles sont ces choses que tu voulais faire, qui ont l’air plus pressantes ?
– Je t’ai dit une fois que tes amis n’étaient pas comme tout le monde, qu’eux aussi étaient différents. J’ai l’intention de reformer L’Ordre et j’ai besoin d’eux.
– Et tu sais qui est qui ?
– Non, il te faudra le découvrir, trouver le moyen de les réveiller, ensuite de leur attribuer leurs armes. J’ai besoin d’eux pour ouvrir le Tombeau des Anges.
– Le Tombeau des Anges ?
– Images emblématiques de notre présence. C’est, d’après la légende, les corps élevés qu’on prit nos ancêtres, du moins ceux qui nous ont offert nos pouvoirs. Notre véritable force réside en eux. Et nous avons besoin d’eux.
– Et pourquoi il nous les faut ?
– Rassure-toi, je te l’expliquerai en temps voulu. »
Je suis reparti chez moi grâce à mes nouveaux pouvoirs fraichement acquis. J’avais encore en tête ce que je venais de voir, horrifié et anéanti par la mort de cette femme.
« Ce monde me dégoute !
– Pourquoi ça ?
– Tu le sais très bien, pourquoi il faut toujours que les personnes à qui on tient le plus s’en aillent ?
– Parce que depuis la nuit des temps et dans toutes civilisations, on s’attache aux êtres les plus valeureux, les plus braves, c’est parce qu’ils se battent pour nous qu’ils risquent leurs vies pour les nôtres qu’ils partent les premiers. On ne peut pas sauver tout le monde, tu sais.
– Je sais, mais on devrait sauver les personnes que l’on aime ! On s’attache à eux et, à chaque fois, c’est au moment où l’on se dit que l’on peut plus vivre sans elles, qu’on nous l’enlève. Nous laissant un vide immense, une douleur insurmontable et une rage que personne ne contrôle.
– Je sais, mais pour l’instant ce n’est pas toi que ça concerne.
– Oui, mais de toutes les façons, je sais que ça m’arrivera, c’est toujours comme ça…
– J’ai une petite anecdote pour toi. Lors de la guerre d’indépendance des États-Unis, j’ai aidé Lincoln à s’en sortir, je le suivais depuis sa naissance. Sa légende est fondée, mais pas comme elle le devrait. On ne retient de son histoire que ses actions comme Président, mais on ignore sa véritable identité. Même si ça parait dur à croire, Abraham Lincoln était bel et bien un chasseur de vampire. Je n’en ai pas connu de meilleur, j’avais même du mal à croire qu’un humain pouvait être capable de ce qu’il faisait. C’est l’un de ceux qui m’ont donné cette confiance en la nature humaine. Notre mentor à cette époque nous a dit une fois : “Ne vous attachez jamais à une personne, sa potentielle mort pourrait vous toucher et vous rendre vulnérable.”
– C’est bien ça le problème, l’homme en lui-même, est par définition, fait pour vivre en communauté et vivre accompagné. De plus je me vois mal faire ma vie, seul.
– Je te l’accorde, je ne te demande en aucun cas ceci. Je vais changer son idée. Je vais te dire, ne t’attache pas à quelqu’un que tu ne pourras pas protéger ou qui ne pourra pas se protéger elle-même. Si aucun de ses deux cas n’est possible, offre-lui les moyens de se défendre.
– C’est un choix oui. Ah au fait, tu m’as parlé des anges, tu peux m’en dire un peu plus ?
– Dix anges, ils ont changé de nom à la suite de leur élévation. Toshiie pour Kilik, Keiji pour Zasalamel, Arcanthos pour Axion, Sakon pour Mitsurugi et Losara pour Raphaël. On dit que Sieg aurait aussi un ange appelé Elidian.
– Et tu es ?
– Toshiie, le guerrier aux mille faces. On le nomme ainsi, car au départ, ils ne lui ont pas accordé l’élévation. Il s’est alors retrouvé dans les enfers. Son courage et sa force lui permirent de remonter le Styx, c’est ici qu’il acquerra des âmes damnées envoyées ici au même titre que lui, mais qui n’avaient pas gardé leurs corps comme lui. Les principaux sont Matthew Gaul et ses pouvoirs des ténèbres, Drake qui lui offrit son armure multiforme, Damian et sa foudre, Kyler et sa maitrise du vent, Vayl, le tueur de Chronos. Il finit par acquérir sa forme élevée grâce à un Onyx, qu’il sauva en fusionnant avec. Son nom était The Pretorian.
– Tu parlais bien de dix anges ?
– Par définition, ce sont leurs femmes respectives, mais rien ne prouve que c’est elles. Ce n’est qu’une légende après tout.
– Tu as l’air de vraiment y croire pourtant.
– Je sais, seulement leurs pouvoirs sont le seul moyen de l’anéantir définitivement.
– Qui ?
– Akziel, le seul qui ait réussi à me tuer, je ne sais pas d’où ça me vient, mais j’ai une certaine haine contre lui, qui ne vient pas que de mon passé, si seulement je pouvais le retrouver.
– Et tu penses qu’avec ce que je peux t’offrir en plus on y arrivera ?
– Je l’espère, toi et tous tes amis.
– Mes amis, ah oui, mais il faut que je sache qui je dois réveiller.
– C’est là que je vais faire appel à toi, plus précisément en ce que tu vas devenir, j’ai besoin d’Adam pour accomplir cette tâche.
– Adam, mais je ne sais même pas à quoi il ressemble.
– Pour l’instant, à moi, mais il me faut l’apparence qu’il aura dans quelques années. C’est pour ça que je te demande de partir au moins une semaine, pour passer un an, cinquante ans plus tard.
– Mais je…
– Je sais que ça peut te faire peur, mais j’ai confiance en toi, je sais que tu en es capable. Débrouille-toi juste pour pouvoir t’absenter une semaine dans ce monde. Le reste je m’en charge. »
Durant tout le weekend, Leo m’avait fait voyager à travers les époques, me montrant la façon dont le monde avait changé, depuis le jour de son arrivée, grâce aux actions qu’il avait effectuées, ou simplement par rapport aux évolutions qu’il avait subies. Il m’avait fait refaire toutes ses batailles, pour me tester qu’il disait. Il m’avait expliqué comment fonctionnait la jauge d’énergie de mon tatouage, chaque voyage temporel, ou chaque portail consommait de l’énergie. Et qu’une fois la jauge vide, mes pouvoirs utilisaient mes capacités vitales. Il m’a appris à éviter d’atteindre cette limite, entrainé mon endurance, ma force, ma vitesse, ma réactivité. Tout pour me rendre plus puissant. Au final aucun ennemi ne me battait. Même pas un niveau dix. J’avais atteint son niveau et accru le sien.
J’avais maintenant, une force et un élément de persuasion non négligeable. Je pouvais changer la façon dont les autres me voyaient, me rendre plus invivable. Augmenter ma notoriété et jouer avec le monde. Montrer aux autres ma vraie valeur et remettre en place celle d’un guerrier tellement connu que le temps l’a oublié. Leo m’avait dit que mes pouvoirs avaient des risques, que leur utilisation me détériorait la santé. C’est pour cela qu’il voulait faire appel à Adam, il m’apporterait une solution à ces soucis. Soucis qui d’ailleurs ont commencé bien avant que Leo n’apparaisse. Son implantation aurait causé déjà des dommages à mon système. Et que si je continuais à ce rythme, dans un an je serais mort. Alors j’ai essayé de limiter leur utilisation durant les deux semaines qu’il me restait avant de partir dans le futur. Lundi 15 octobre 2012, depuis le début de la journée, j’avais l’impression que quelqu’un m’observait, je n’arrivais pas à trouver qui, mais cette présence de plus me dérangeait quelque peu. De plus, j’étais très malade. J’avais la tête qui tournait à longueur de temps, une migraine atroce, accompagnée par des maux d’estomac terrible. « Tient bon jusqu’à midi, je vais demander à Kat de te préparer quelque chose pour te soigner. » Me dit Sieg terrifié par mon état de santé. J’avais pour coutume d’arriver avant tout le monde en cours, pas parce que j’aimais les cours, non loin de là, c’était en fait un moyen de narguer les autres. J’étais aussi généralement le dernier à sortir, là c’était une volonté personnelle qui n’avait aucun sens propre. Ce jour-là, j’étais resté dans un coin du couloir, trop faible pour remonter dans le préau, on ne me voyait presque pas, du moins sans savoir que j’y étais. (Excuse-moi, j’ai abusé des pouvoirs sans imaginer que je t’avais déjà affaibli. Je n’aurais pas dû t’en demander autant. Une fois que l’on aura récupéré Adam, tout ceci s’arrêtera.) J’étais parvenu à me remettre sur mes jambes, mais j’ai commencé à vomir du sang quand quelqu’un vint me déranger.
« Eh Ben, c’est du joli tout ça, à vouloir faire le malin regarde comment ça fini.
– Qu’est-ce que ça peut te faire ?
– Rien, tu me faire rire. Tu fais n’importe quoi et tu te ruines la santé. Mais après c’est ton problème.
– Parce que tu crois que n’en fait pas autant en fumant ?
– Euh… Si. Mais moi au moins, je ne crache pas mes tripes.
– As-tu la moindre idée de ce qui peut me causer ceci ?
– L’alcool !
– Laisse-moi rire, lui répondis-je dans un éclatement de rire. Tu es loin du compte ma petite Émeline. Mon monde est tellement différent du tien, toi qui refuses de grandir. Pour toi tout est beau et on peut faire ce que l’on veut, quand on veut. Déjà le monde n’est pas comme tu le vois, tout n’est qu’illusion. Dans le vrai monde, tout est sombre, détruit, chaque élément essaie de te tuer, une petite gamine comme toi, n’a aucune chance d’y survivre. Voilà pourquoi ils vous cachent tout, pour éviter de vous faire peur.
– Pff tu racontes que des conneries.
– Tu sais comment est Leo, tu l’as vu comme tout le monde ce jour-là. Non il n’y avait pas d’effets spéciaux, non, je n’avais pas de corde pour me faire partir. Et oui, je sais voler, je voyage dans le temps, dans l’espace, manie une épée et deux pistolets à tir rapide. ET pour finir, NON tu ne rêves pas. Si mes paroles ne te suffisent pas alors, va voir ailleurs si j’y suis.
– Non, je ne te laisserai pas partir tant que tu te foutras de moi !
– Tais-toi ! Je n’ai aucun ordre à recevoir de toi. Si tu penses m’intimider, tu te trompes, ton caractère est minable. Hors de ma vue ! »
Et elle s’en alla, vexée et brisée par les paroles de cet être arrogant et puissant. Il avait affronté des adversaires plus méchants qu’elle, rien ne lui faisait peur désormais. J’admirai son franc parlé et sa voix puissante. (Profite de la notoriété que je t’offre, de cette présence sure dimensionnée que je te souffle pour imposer ta façon de voir les choses. Tu as la chance d’avoir l’esprit très ouvert. Fais profiter les autres de cette expérience supplémentaire.) J’avais toutes les clés en main, ou presque. J’avais toujours ces soucis de santé que je réglais à l’heure du repas. Sieg m’avait ramené une potion verte au gout de menthe dans une fiole en forme d’étoile. Au moins c’était efficace, j’étais sur pied en moins de deux. L’après-midi, je m’étais mis en tête d’appliquer le conseil de Leo, j’ai voulu jouer avec le monde. J’avais le choix entre trois matières différentes, Maths, Espagnol, Physique et Image. J’avais éliminé l’espagnol dès le début, c’était déjà le bordel alors je n’avais pas envie de jouer dans le vide. Maths, j’aurais pu, mon prof est assez bien, mais je n’avais pas envie de l’enterrer. Physique, jamais, ce prof m’aurait tué. Donc il me restait Image. Là aussi mon prof ne me le pardonnerait pas, seulement j’avais déjà une petite et violente rage envers lui, sa façon d’être et son comportement m’exécraient. Et puis qu’est-ce que j’en avais à foutre ? Je le surnommais l’Ours, à sa carrure imposante et large, à sa grande gueule qu’il ne peut s’empêcher d’ouvrir et à sa voix puissante et lourde à écouter. Il avait la manie de finir presque toutes ses phrases par « oui, ou non ? » La façon qu’il avait de le dire, l’intimidation qu’il posait dans son ton de voix obligeait à lui répondre oui dans tous les cas. Mais j’avais envie de changer la donne. Jouer avec le monde comme le voulait Leo. Mais j’avais besoin d’un moment, d’un argument à poser sur une parole pour lui barrer la route, m’imposer sur son chemin en trouvant le moyen d’y répondre non et bien sûr, de poser des arguments à ce non. Mais quoi ? Quand ? Lorsque dans un moment d’inattention de ma part, il m’interrogea.
« Tanguy.
– Euh, oui c’est moi oui, que me veut-on ?
– Réponds.
– À quoi ?
– Tu n’as pas entendu ma question ?
– Clairement et pour être franc, je dirais plus que je ne l’ai pas du tout écouté.
– Tu te fous de moi !
– Euh, non, bien sûr que non, je n’oserais jamais !
– Tu te fous de ma gueule ! Tu ne m’écoutais pas ?
– Non pas du tout non, j’ai autre chose à penser qu’écouter les conneries que votre “gueule” peut débiter en une minute.
– OH, soit tu te calmes, soit tu dégages ! m’envoya-t-il en m’agressant.
– C’est une bonne question, je n’ai pas envie de dégager, mais ce n’est pas vous qui me calmerez.
– Tu vas voir si je ne vais pas te calmer moi, je vais t’en coller une !
– Oser me frapper voudrait dire que vous prendriez le risque de vous faire virer et donc de ne plus pouvoir emmerder des prétentieux comme moi !
– Ce n’est pas grave je prends le risque.
– À vous alors d’essayer de m’atteindre, je vous le dis d’avance, ce ne sera pas une chose facile.
– C’est ce que tu crois ça ! »
Depuis le début de ce débat, je me déplaçais dans toute la salle, avec une gestuelle arrogante et provocatrice. Face à cet ogre, dont sa prestance seule pose une imposition assez grande. C’était presque si au final, je ne me foutais pas de sa gueule, mais attendez. C’est ce que je faisais ! Je le faisais rager, chaque fois qu’il essayait de me toucher, il me ratait. Et moi je m’amusais de cet être qui avait un espoir et une envie indestructible de me virer. Lorsque j’étais arrivé à l’épuiser, je repris.
« Vous avez un caractère fort et imposant, mais insuffisant face à moi. Je sais, je fais mon chieur et je vous oblige à vous fatiguer et vous laisse une haine pour ma personne que rien ne pourra effacer. Et bien vous savez quoi ? Tant mieux ! Mais j’ai envie de vous faire plaisir, je vais m’en aller, pas parce que vous me l’avez demandé, mais parce que vous m’emmerdez. Seulement si vous osez vous en prendre à une personne de cette classe pour ce que je viens de faire, je reviens et vous égorge sur le champ ! OUI OU NON !
– Oui… me répondit-il d’une voix faible et apeurée. »
Et, prenant mon sac, je me dirigeai vers la porte et partis. Laissent toute la classe aberrée par ma réaction, sans même m’occuper de ce qu’il pourrait s’y passer sans moi, je savais juste qu’à partir de ce point, beaucoup de choses changeront. En m’en allant, j’ai croisé mon prof principal qui m’interpela.
« Tanguy, tu t’es fait virer de cours ?
– Oui, enfin non, je me suis viré de cours.
– Quoi, mais enfin !
– Les choses changent monsieur, vous ne savez rien de moi, vous avez beaucoup à apprendre d’un mystère vivant tel que moi.
– Mais… »
Et j’avais disparu avant qu’il ne puisse finir sa phrase.
Les choses changent, le monde évolue, en laissant certains à la traine, soit parce qu’ils n’ont pas la capacité de suivre, soit parce qu’ils veulent vivre à leur rythme. Et à chaque fois, il y a quelques exceptions qui imposent leur monde. Des personnes comme moi. Qu’ils veuillent ou pas se faire à l’existence de Leo, c’est leur problème. De toute manière, il faudra bien qu’ils l’acceptent, je n’allais pas le cacher juste pour leur faire plaisir. Le monde avançait et j’imposais désormais une présence plutôt importante, voire envahissante. Personne n’avait revu Leo, parce que je ne m’étais pas retransformé. Je n’avais pas trop l’utilité de le faire d’ailleurs. Mardi 16 octobre 2012, Hubert m’avait demandé de passer le voir au lycée.
Hubert est un très bon ami à moi, c’est aussi un des surveillants de mon ancien lycée. C’est une personne en qui je pose une grande confiance et qui en fait de même avec moi. C’est le genre de personne dont je n’ai pas envie de me séparer, je crois que c’est aussi l’une des seules personnes à qui je peux parler quand j’en ai vraiment besoin.
Je sortais du lycée, quatre heures, j’avais une demi-heure pour descendre et remonter chercher la petite chieuse qui servait de copine à mon meilleur ami. Descendu au lycée, je suis monté en étude, car c’est ici qu’était Hubert, j’ai appris en arrivant devant la porte, que la classe qu’il surveillait était celle de Loïc. Beaucoup ne me connaissaient pas d’ailleurs et je ne les connaissais pas guère plus. J’ai alors pris une chaise et me suis mis sur l’estrade, derrière le bureau comme lui. Et j’ai commencé à scruter la salle pour examiner les nouvelles têtes qui s’y trouvaient. J’ai ensuite commencé à discuter un peu avec mon ami :
« Tu n’imagines même pas à quel point ça m’est bizarre de me retrouver ici. Que ce soit dans le lycée ou rien que dans cette salle d’étude.
– C’est sûr, maintenant tu travailles quand tu es au lycée comparé à ici.
– Tu sais j’ai jamais rien foutu dans cette salle. Mais oui, mais c’est surtout que maintenant quand j’ai une heure de libre je sors.
– Oui forcément.
– Et puis là, sur l’estrade comme un surveillant.
– Tu sais, si tu veux faire ton surveillant, tu vas voir ton ami là et lui confisques le portable.
– OK, si tu veux. »
Je le suis levé de la chaise, debout sur l’estrade, et j’observais tous ces nouveaux qui ignoraient ma présence et ne me connaissais pas du tout. J’avais encore cette idée en tête, m’imposer. Malgré la faible hauteur de l’estrade, ma chute lourde et bruyante alerta et retourna tous les regards sur moi. J’avais ressenti une sorte de léger souffle durant la descente, qui je pensais, à du augmenter sa force, semblable à celui qui me freine quand je vole. Je commençais à faire le tour de la salle, observant tous ses occupants un par un en leur passant à côté. Chacun devait penser que j’étais un pion, un nouveau qui remplacerait Hubert. Pourtant je n’étais qu’un simple ancien élève de ce lycée, qui avait changé de part en part certes, mais dont personne ici ne connaissait son existence. Je m’étais placé au fond de la salle, appuyé contre le mur, activais la vision d’aigle pour voir l’aspect de ses jeunes. Presque aucune nuance, à part Loïc qui était totalement blanc, tout le reste virait à l’orange.
(« Étrange. Ils ont tous le même caractère, tu penses qu’ils sont influencés ?
– Plutôt influençables, ils sont jeunes, insouciants et inconscients, ils sont tous attirés lorsqu’on leur parle de choses qui leur plaisent, ils ne réfléchissent pas à ce qui peut se cacher derrière.
– Tu n’as pas tords, seulement ce ne sont pas des menaces c’est déjà bien »)
Je me suis ensuite dirigé vers mon ami, pour jouer comme Hubert m’avait demandé.
« Ce n’est pas bien ça, tu vas m’arrêter ça tout de suite parce qu’elle est en cours.
– Oui je sais bien, mais tant qu’Hubert ne me dit rien.
– Ben justement il m’a demandé de te le confisquer. Même si tu sais bien que je ne le ferai pas et qu’il m’a dit ça en plaisantant.
– Oui merci l’ami.
– Enfin bon ce n’est pas tout ça, mais j’en connais une qui va me gueuler dessus. Tu sais aussi bien que moi qu’elle est très chiante. D’ailleurs il faut que je vous parle d’une chose tout à l’heure, je le lui dirais surement avant à elle, mais il faut que je vous en parle.
– OK à toute alors. »
Et encore une fois, pour abuser de mon arrogance, j’ai commencé à partir en marche arrière, puis je me suis laissé tomber, sans jamais toucher le sol, car j’avais prévu ce coup, j’avais placé un portail en dessous et une sortie au-dessus de la cour, puis je suis reparti en volant. Vers quatre heures et demie, je suis arrivé à mon lycée, pas juste devant, je me suis un peu éloigné pour éviter que l’on me voie et je me suis mis devant l’entrée. Après avoir récupéré Justine, j’avais l’impression qu’une menace s’approchait, j’avais une bonne ouïe et je savais que si une voiture arrivait je l’entendrais. Pourtant, une espèce d’idiot avait bien l’intention de m’écraser, cependant j’étais plus réactif que ce qu’il pouvait l’imaginer. Je suis monté sur son capot et l’ai laissé freiner par lui-même. Pendant ces quelques secondes, Leo avait eu le temps de prendre place. Et l’autre idiot, sortant de son véhicule commença à m’insulter.
« Que est-ce que tu fais au milieu de la route connard !
– Excuse-moi, mais je n’étais pas au milieu de la route, c’est toi qui t’es jeté sur moi.
– Ouais c’est ça, tu cherches des excuses, en attendant t’as bousillé ma bagnole !
– Si tu veux, j’en fais une épave de ta caisse, répliqua-t-il frappant le châssis avec son pied, assez fort pour que la voiture traverse toute la route.
– Salopard, je vais te casser ta gueule !
– J’en doute fortement, lui répondit-il en sortant Rebellion.
– Euh, non je ne veux pas d’emmerdes moi, je te laisse hein. »
Il s’est enfui en courant, apeuré par la vue de mon épée. C’est à ce moment qu’arriva celle que je ne voulais pas voir.
« Tanguy ! Mais t’es dingue !
– Oui, comme tu dis je suis dingue. Mais qu’est-ce que ça peut te faire Émeline ? lui répliquais-je en reprenant ma voix normale.
– Ça fait que… Que tu ne peux pas faire ce que tu veux quand tu veux !
– Et c’est toi qui me dis ça ! Cruche que tu es, tu refuses de grandir et d’accepter que tu doives changer ton comportement. Tu es ignorante, tu manques de maturité. Grandis un peu, regarde le monde en face plutôt que de croire la vie belle et toute rose !
– Mais je…
– Réveille-toi ! Avant que je ne te réveille !
– T’es méchant avec elle Tanguy.
– Justine… En plus c’est toi qui me dis que tu les détestes. Et tu veux la défendre maintenant ?
– Euh, non pas trop…
– Alors je pense que tu seras d’accord avec ce que j’ai fait, même à mon avis ça n’aura servi à rien. Enfin bref, tu viens il faut que je te parle d’une chose assez importante, mais je pense que je vais attendre que Loïc soit avec nous ça sera plus simple.
– Et ça concerne qui ?
– Moi dans un premier temps, vous ensuite. Et quelqu’un d’autre.
– Et qui c’est ce quelqu’un d’autre ?
– Tu ne la connais pas, du moins pas personnellement, moi non plus, mais elle n’est pas innocente dans cette histoire. Je ne sais pas encore en quoi elle est importante pour moi et Leo, mais il faut que je le découvre.
– Mais pourquoi nous ?
– Je vous le dirai, mais je n’ai pas envie de le dire à toi et de le redire à Loïc, je préfère le faire qu’une seule fois. »
Une heure et demie plus tard, avec Loïc, je commençais mon discours.
« Voilà, pour commencer, il s’agit de moi, Leo veut que je parte dans le futur, cinquante ans plus tard exactement.
– Mais pourquoi ? Pendant combien de temps ? me fit Loïc étonné de cette annonce.
– Parce que mes pouvoirs m’affaiblissent, plus je les utilise, plus je me rends malade et le seul moyen d’arranger ça pour Leo c’est que je parte. Et combien de temps ? Un an maximum.
– Quoi, mais tu ne peux pas partir si longtemps. Je n’aurais plus personne moi quand Loïc ne sera pas là !
– Je ne pars pas si longtemps, je pars que deux semaines au final, pendant les vacances, la distorsion temporelle fera que je ne serai pas parti un an, même si c’est bien ce que je fais.
– Tu m’avais dit qu’il y avait quelque chose qui nous concernait ?
– Je ne vais pas vous redire tout ce que Leo m’a appris, mais simplement qu’il n’est pas censé être seul, d’autres êtres comme lui existent sur cette planète et il se pourrait justement que ce soit vous !
– Nous, mais pourquoi ? Tu en es sûr ? me répondit Loïc.
– Non, il me faut Adam pour en être certain et il faut donc que je parte.
– Et pour l’autre ? Me rappela Justine.
– L’autre… Je ne sais pas, je ne sais rien d’elle, à part qu’elle pourrait être la femme de Leo.
– Sa femme…
– Morte, telle que lui. Quand il m’a offert, enfin quand Sieg m’a appris à maitriser les pouvoirs temporels et les portails, Leo m’a demandé de partir dans le passé. Le jour où elle est morte, pour être sure qu’elle reviendrait.
– Et c’est tout ?
– Je crois que oui, le reste je vous l’expliquerais à mon retour. Enfin ce n’est pas tout, mais je vais aller m’entrainer moi. À plus !
– Eh, je n’ai toujours pas vu Leo moi ! Me dit Loïc en m’agressant.
– Ne t’inquiète pas, ça viendra ! »
Le lendemain, notre prof principal nous fait une annonce. Une de plus, mais qui cette fois-ci ne serait pas si innocente que les autres
« J’ai oublié de vous le dire plus tôt, mais la nouvelle arrive lundi.
– Et elle vient d’où ? lui demandais-je.
– Elle nous vient d’un lycée à Mende. »
Mende, préfecture de la Lozère et surement sa plus grande ville. C’est une belle ville, personnellement je l’aime bien, mais ce n’est pas pour autant que j’irai y habiter.
(« Une nouvelle, de Mende, si seulement…
– Qu’y a-t-il Leo ?
– Je crois qu’il s’attend à voir quelqu’un, quelqu’un que moi aussi j’aimerais voir, me répondit Sieg.
– Mais qui ?
– Sia, elle est la maitresse des limbes, elle a vaincu l’enfer pour nous protéger et c’est elle qui m’a appris à quoi sert la vision d’aigle.
– Les limbes ?
– Ce monde est une apparence, qui sert à cacher la vérité aux habitants de la planète.
– C’est ce qui est inscrit sur la tour.
– Exacte. Les limbes ont été créés par les démons pour nous tuer. Je ne sais pas comment t’expliquer ça, mais tu le sauras quand tu y entreras.
– D’accord. »)
Lundi 22 octobre 2012, c’était l’anniversaire de Loïc et aussi la dernière semaine de cours avant mon départ. Arrivé encore une fois premier en cours, j’ai attendu les autres puis j’ai vu arriver cette fille, lorsque qu’elle m’est passée devant j’ai eu le droit à un petit bonjour de sa part. Et en premier réflexe.
(« Elle me connait ?
– C’est elle !
– Tu en es sûr ?
– Aucun doute, elle m’a reconnu, sans même me voir réellement.
– Enfin dans tous les cas, elle est pas mal !
– Ne t’approche pas d’elle ! Elle est à moi !
– Sieg, j’ai dit ça comme ça, ce n’est pas pour autant que je vais m’amuser à la draguer. En plus avec le succès que j’ai auprès des femmes ! »)
Avec une petite présentation demandée par la prof :
« Comment t’appelles-tu ?
– Sia, Sia Williams. »
Et lorsqu’elle est repartie, elle m’a lancé un petit regard, rien que pour moi. (Elle me veut quelque chose celle-là décidément !) Tout autour de moi devenait différent, je commençais à reconnaitre de moins en moins le monde dans lequel je vivais. Une personne de plus à qui je devais prêter une certaine attention. (Mais pas trop quand même) Vers midi, j’attendais Justine pour manger avec elle, quand Sia me passa à côté, et me dit :
« Je sais ce que tu cherches…
– Quoi, mais comment ça ?
– Ne fait pas l’innocent, je sais qu’il t’a tout dit sur moi, je sais tout sur toi, je connais tout de toi…
– Mais…
– Suis-moi… reprit-elle en partant en courant.
– Ah, fais chier ! »
Je me suis lancé à sa poursuite, je suis alors sorti du lycée, j’ai regardé aux alentours et je l’ai aperçu. Tout commença à changer, les couleurs devinrent celle de la vision d’aigle, tous les bâtiments se déchirèrent, détruit, toutes les choses autour de moi avaient changé ! (Bienvenu dans les limbes.) Dès lors je me suis mis à la suivre, à essayer de la rattraper.
« Elle court aussi vite que moi ! Si ce n’est même pas plus !
– Oui je sais oui. »
J’avançais tranquillement quand la route devant moi se découpa et s’envola pour ne laisser qu’un trou.
« Wôw, je ne suis pas le bienvenu ici.
– C’est les limbes, elles essaient de te tuer.
– Mais pourquoi voudrait-elle me tuer ?
– Pas elle, les démons, Sia ne fait que te tester.
– Je vais lui monter de quoi, je suis capable alors ! »
J’ai pris un détour, pour rejoindre la rue principale de la ville. Tout avait totalement changé, des plateaux sur certains murs, des trous, les poteaux avaient été envahis par une sorte de plante noire ressemblant à du pétrole.
« Ah oui, mais non là c’est abusé quoi !
– Je sais, tu ne reconnais rien de ce que tu connais.
– Mouais, bon, elle est ou avec tout ça ?
– Regarde bien.
– Oh, ça y est, je la vois. Et t’es bien marrant, mais comment je l’atteins ?
– Rebellion t’offre un moyen de déplacement, Ophion, ce sont deux grappins, une angélique, qui t’attire vers ta cible, l’autre démoniaque, qui attire ta cible. Maintenant à toi de jouer avec l’environnement pour l’atteindre.
– OK, je sens que je vais bien m’amuser ! Mais attend, je peux voler, pourquoi je m’emmerde ?
– Non, tu ne peux pas voler dans les limbes, je ne sais pas à quoi c’est dû, mais le voyage temporel, la téléportation et le vol n’existent pas ici. Je ne sais pas pourquoi, mais je sais que tous mes pouvoirs y sont bloqués. Peut-être parce que je ne peux pas accéder seul à ce monde.
– D’accord.
– Tanguy attend !
– Que est-ce qu’il y a Sieg ?
– J’ai une dernière arme à te donner, Lucifer, elle te permet de lancer des lames volantes, que tu peux faire exploser comme bon te semble. Fais-toi plaisir, c’est une arme superbe, par contre, les lames que tu fais exploser dans un second temps ne font presque aucun dégât, les lames lancées sont par contre un peu plus efficaces.
– OK L’ami j’y penserai ! Bon où est-ce qu’il faut que j’aille moi ? »
Je me suis alors mis à la recherche de Sia, puis ai commencé à explorer les environs, malgré que je connaisse la ville par cœur, tout avait changé, tout autour de moi semblait détruit, des débris, des objets flottants dans les airs. C’était à la fois magnifique à voir et à la fois très effrayant. Certains objets portaient une tache de couleur, rouge ou bleu.
« À quoi peut bien servir cette peinture ?
– Sia te marque ce que tu peux utiliser avec chaque objet. Peins en bleu, ça sera l’envol D’Ophion, son côté angélique, peint en rouge, ça sera l’attraction démoniaque.
– Compris »
J’avançais à mon rythme, éliminant ceux qui voulaient s’opposer à moi, toujours avec une facilité assez importante. Je montais en étages, de plus en plus haut.
« Mais où est-elle ?
– Je suis derrière toi.
– AH ! sortis-je en sursautant. Tu m’as fait peur, t’es folle.
– Je sais oui. On me le dit souvent, me répondit-elle avec un petit sourire timide.
– Alors, pourquoi m’as-tu amené ici ?
– Pourquoi Leo n’apparait-il pas ?
– Ses pouvoirs sont bloqués ici, autant dire que je ne peux pas me transformer en lui.
– Oh, je ne savais pas.
– Il me faudrait sortir d’ici pour le faire apparaitre.
– Oui, mais je ne suis pas là pour lui, mais pour t’aider.
– Moi ? Mais, pourquoi ?
– Pour plein de choses, tu es différent de tous les autres, mais je n’ai pas envie que tu te fasses tuer dans les limbes.
– Je ne crains pas, je m’en suis sorti facilement. Puis tu n’as pas à t’occuper autant de moi, tu sais.
– Les démons sont très cruels, ils sont capables de tout pour t’éliminer. Et, tu sais, il y a beaucoup de monde qui tient à toi, en plus de moi et tes amis, certains que tu ne connais même pas…
– Ça me touche ce que tu me dis.
– C’est normal, je sais que tu aimes les personnes qui te disent ce qu’elle pense directement. Je sais beaucoup de choses sur toi.
– Mais comment, comment as-tu fait ?
– Je suis immortelle, je t’ai suivi durant toute ta vie, je t’ai cherché depuis le jour de ta naissance, mais tu ne m’as jamais vu.
– Et pour quelle raison ?
– C’est cette différence, qui a fait que Leo t’a choisi, qui fait qu’il faut que je t’aide pour éviter que tu meures.
– Mais quelle différence ? De quoi vous parlez ?
– Tu es un élu des anges, les Anges Saory, ce sont de puissants guerriers antiques qui ont vécu à l’époque de la mythologie grecque.
– Voilà pourquoi Leo a protégé ma famille.
– C’est exact, je savais pertinemment que vous en faisiez partie, mais ce n’est pas la seule raison tu le sais bien.
– En effet. »
J’avais atterri sur le toit de la Mairie, enfin presque, sur le bâtiment juste avant. Après avoir fini notre petite discussion, je me suis déplacé vers les bords du toit, observant une énième fois le monde détruit qu’offraient les limbes. Des ronces grimpantes rouge et noir détruisant tous les lampadaires, poubelles lorsque j’essayais de les approcher.
« Je sais qui tu cherches Tanguy.
– Quoi ? Comment ça ? Qui ? »
Elle s’approcha et posa ses mains sur mon cœur.
« Il y a quelqu’un ici à qui tu portes une attention particulière, elle s’appelle… »
Je m’étais remis à vomir, apparemment, il n’y avait pas uniquement l’utilisation des pouvoirs, je m’affaiblissais tout le temps. J’étais penché vers l’avant, lorsque j’ai senti mon médaillon se plaquer contre moi, s’illuminant, comme lors de l’apparition de la tour. Une force extrêmement puissante me traversait de part en part, emplissant mes poumons, m’offrant un souffle d’une puissance inconsidérable. Et lorsqu’il me lâcha.
« Tu t’affaiblis vite, Leo a trouvé un moyen de t’éviter cette souffrance ? Même si je peux te soigner, jusqu’à une certaine limite.
– Oui, il veut que je parte dans le futur, cinquante ans plus tard, pour que je prenne l’apparence d’Adam.
– Oui, Adam…
– Ouais… Enfin comment on sort d’ici ? lui répondis-je en l’observant d’un œil amusé.
– Tu vois la caméra en face de toi.
– Je me souviens, “Une population contrôlée et observée ». Que dois-je en faire ?
– C’est un démon. Tu l’arraches et tu la détruis.
– Rien que ça ?
– Oui, la difficulté sera de la trouver et de l’atteindre.
– D’accord. »
Une fois ce dernier démon anéanti, et le monde remis à sa place dans l’état dans lequel je l’avais laissée, je suis rentré chez moi, écoutant ce que me rappelait Leo. (On part vendredi, quand tu auras fini les cours.) J’avais écrit un mot pour mes parents, leur disant que je partais, ne sachant pas où, mais qu’ils ne devaient pas s’inquiéter parce que je revenais après les vacances. C’est un peu dingue je trouve, d’oser les laisser et de ne pas leur dire ou je partais. Mais il le fallait. Alors vendredi, je me suis rendu à la tour, pour voir Sieg.
« Tu es prêt ?
– Si j’avais le choix…
– Je sais si tu veux garder un bon état de santé c’est le seul moyen.
– Tu verras, le futur n’est pas si mal non plus.
– Ouais, il faut que je prenne quelque chose de spécial avant de partir ?
– Non, s’il te faut quelque chose la tour sera là de toute manière.
– On y va alors ?
– 1er novembre 2062
– C’est parti ! »
La date mise en tête, je me suis concentré dessus et ai commencé le voyage temporel. Cette fois-ci dans un flux d’énergie plus grand, j’avais l’impression que j’allais exploser. Puis tout ce qui m’entourait disparut dans un grand flash blanc. Quelques instants plus tard, j’entendais « Adam… Adam… » Sans avoir conscience de savoir qui était celui qui m’appelait. Jusqu’à que je reprenne mes esprits et surtout ma vue.
« Adam, ça va ?
– Oui je crois… Mais attends… »
D’un coup, je me suis dirigé vers la console de commande de la tour, pour l’utiliser comme miroir et effectivement j’avais changé. J’étais resté brun aux yeux marron, mais avec le bouc et habillé d’une longue veste noire, d’un pantalon noir aussi et de chaussures de villes. (C’est à ça qu’il ressemble alors !) J’aimais bien son style, sombre et soft à la fois. Je me suis alors retourné vers Sieg qui lui n’avait pas changé d’un pouce.
« Alors comment te sens-tu ?
– Pas mal, ça me change un peu, mais je m’y ferai.
– Rassure-toi, quand on reviendra dans ton temps tu reprendras ton apparence, avec celle-ci en plus. Donc pour la petite histoire, Adam Pearce, ancien agent du FBI, ayant été viré après sa dernière mission. Tu as été réengagé par une entreprise appelée Libiothech, spécialiste en augmentation.
– En augmentation ?
– Depuis quelque temps, cette entreprise, du moins son fondateur ont développé des technologies capables de s’adapter à l’homme, presque quelque chose de bionique, mais plus puissant et plus “humain”.
– Et pourquoi le FBI ? Oh, si, je crois que je sais… repris-je avec un petit sourire. Bref, tu me montes sur le toit ou est-ce que mes pouvoirs marchent toujours ici ?
– Tu as toujours tes pouvoirs, mais je te demanderai de ne pas les utiliser, ou de les utiliser uniquement lorsque personne ne te voit.
– OK chef. »
Je suis monté sur le toit de la tour. Tout était différent, les bâtiments étaient tous en métal, immenses statues de fer surplombant toute la ville. Un seul ton se dégageait, un aspect jaune orange, plus tiré au jaune. Monotone et pourtant si magnifique, preuve que même malgré la technologie, le monde pouvait garder sa beauté. Des vaisseaux volants partout. Le monde avait totalement changé en seulement cinquante ans. L’époque offrait en plus la neige, de quoi rendre de paysage encore plus merveilleux. J’avais du mal à accepter que j’étais dans le futur et que j’avais changé d’apparence. Mais il fallait bien que je l’accepte. Vivre dans un monde nouveau, où l’on ne connait personne et où l’on est pourtant déjà connu. C’était une nouvelle vie qui commençait !
Nouvelle apparence, nouveau visage, nouvelle époque. Bref, une nouvelle vie et une chance d’en apprendre plus sur ce que mon monde deviendra. S’il faut que je change, ou s’il faut que je reste tel quel. Une question qui ne restait pas longtemps sans réponses.
« Sieg, raconte-moi, dis-moi tout ce que tu sais sur Adam.
– Ancien agent et l’un des meilleurs du FBI, il a été viré à la suite de sa dernière intervention qui a couté la vie à dix des agents qu’il avait sous son commandement, de plus, il a échoué cette mission qui était extrêmement importante aux yeux de son poste. Le patron de sa femme…
– Sa femme ?
– Ouais presque, vous n’êtes pas mariés, justes fiancés, enfin son patron l’a engagé, car elle l’a poussé et parce qu’il avait besoin d’un chef de la sécurité.
– Et quoi de mieux pour la place de chef de la sécurité qu’un ancien commando du FBI
– Exact, tu possèdes tous ses souvenirs, comme celui qui t’a fait dire que tu es un commando. Tu es un expert en arme, quelle qu’elle soit, principalement les armes à feu.
– Logique.
– Oui. Pour finir, il doit être huit heures du matin, c’est ton premier jour, tu as rendez-vous avec ton nouveau patron à neuf heures.
– OK, mais juste une dernière chose, comment tu sais tout ça ?
– Tu crois que mes écrans ne sont là que pour la décoration, ils me disent tout, tout ce que tu dois savoir et tout ce que je veux savoir.
– Petit cachotier va, je suis sûr qu’il y a beaucoup de choses que tu ne me dis pas.
– Mais, euh, non je te dis tout je te le jure !
– Mouais… Et comment j’y vais moi à Libio… truc ?
– Taxi ! Il t’attend en bas, bon voyage ! »
J’appréciais le caractère d’Adam, il est plus puissant que le mien et surtout plus avant-gardiste. J’ai pris le taxi, qui devait me mener à mon nouveau lieu de travail. (C’est bizarre de dire ça quand en fait, ben on n’a jamais travaillé de sa vie) J’admirais le paysage, toutes ses rues, les bâtiments, tout était si futuriste. Ce n’était pas quelque chose que j’aurai cru voir un jour, ou que j’aurai vécu assez longtemps pour l’admirer et pourtant, c’était sous mes yeux. Je pensais rêver, j’avais du mal à y croire, qu’un monde pouvait changer du tout au tout en seulement cinquante ans. C’était incroyable. Environ dix minutes plus tard, la voix du chauffeur m’interpela.
« Nous sommes arrivés, monsieur, je mets la note sur votre compte ?
– Euh, oui bien sûr. »
Il m’arrêta devant une immense tour. Un building d’environ cent mètres de haut (on dirait la tour de Stark dans le film The Avengers) estampillé « Libiothech, World of Evolution ». Ils se la pètent pas un peu ceux-là ! Je me suis alors décidé à entrer et à rencontrer la première personne que je trouverais. L’assistante de l’accueil, encore l’administration.
« Bonjour.
– Bonjour, que puis-je faire pour vous, Monsieur Pearce ?
– Euh, j’ai rendez-vous avec le patron à neuf heures.
– Ah oui ! C’est vrai. Il a demandé à ce que votre petite amie soit avec vous, voulez-vous que je l’appelle ?
– Non merci, j’irai la chercher moi-même. Merci. »
Une première, un personnel de l’administration qui ne fait pas la gueule et qui n’est pas chiante ! Wôw, finalement ils ont fait des progrès en tant d’années. J’ai ensuite pris l’ascenseur, encore une fois, un ascenseur bien différent de ceux que je pouvais connaitre. Seulement je devais rejoindre ma copine sans même savoir à quel étage elle travaille…
« 31.
– Sieg !
– Quoi ?
– Rien, tu m’exaspères.
– Mais pourquoi ? T’es bien content de m’avoir quand même ?
– Oui, enfin t’es un peu chiant quelques fois. T’imagines si tu m’avais fait peur, je fais une crise cardiaque, je meurs et pouf ! Y’a plus de monde.
– Ça, ce n’est pas possible !
– Pourquoi ?
– Parce que tu n’es pas cardiaque, je connais tes limites.
– Ce n’est pas une raison pour jouer avec.
– Pourquoi pas ?
– Je ne sais pas, déjà que l’on me prend pour un fou parce que je te parle et que personne ne te voit.
– D’accord, j’essaierai d’être moins sauvage à l’avenir.
– Bonne résolution l’ami. »
Étage 31, l’étage des recherches en technologies innovatrices. Tout ça raconté par une petite voix qui sonnait dans l’ascenseur. J’en suis alors sorti, j’ai traversé la salle de travail pour atteindre le bureau de ma petite amie, en écoutant les autres me disant « Salut, Adam », ou « Bonjour, monsieur Pearce » (je suis populaire moi ici ! J’aime ça) J’arrivais dans un somptueux bureau. Les sièges en cuir noir, les meubles aussi et une tapisserie en velours rouge sang. Cet aspect sombre qui pourrait mettre mal à l’aise beaucoup, me plaisait bien, je me sentais apaisé par cette atmosphère oppressante. J’avais pris un journal, qui maintenant n’était qu’une plaque en verre tactile, un peu comme les consoles de Sieg et je m’étais assis dans un siège quand une jolie voix précédée de l’ouverture d’une porte coulissante m’appela.
« Tient, que est-ce que tu fais là Adam ? Tu es en avance.
– Je sais, mais j’avais envie de passer un peu de temps avec toi avant, ça te dérange ?
– Non bien sûr. Je suis ravie que tu l’aies fait, je n’ai pas osé te le demander.
– Pourquoi, tu avais peur que je te mange ?
– Adam ! Ce que tu peux être bête parfois !
– L’amour rend aveugle, bête et sourd. Que veux-tu y faire ?
– Non, c’est…
– T’arrête un peu ? Tu me dis bête, mais toi tu n’es pas mieux ! lui répondis-je en l’attrapant et la prenant dans mes bras.
– Ce n’est pas une preuve d’amour, sachant qu’il rend bête ?
– Je ne sais pas, je pense que je n’ai pas besoin de ça pour que tu saches que je t’aime.
– Oh ! T’es trop mignon. Moi aussi je t’aime, tu sais… »
Puis une voix résonante vint nous déranger.
« Nikki, Adam est arrivé ?
– Oui, on arrive, monsieur.
– Je connais cette voix moi.
– Comment ça ?
– Il me semble avoir connu cette voix quand j’étais au lycée.
– C’est possible. »
Nous sommes repartis, reprenant l’ascenseur, cette fois-ci pour l’étage 100. La direction.
« Tu es stressé ?
– Moi, mais pourquoi ça ?
– Je ne sais pas, en général on stresse toujours un peu quand on rencontre pour la première fois le patron.
– J’ai appris à gérer mon stress, quoi de pire que ça quand on se trouve dans une situation de crise, sans munition et que l’on doit éliminer une dizaine d’ennemis sans aucun autre soutien que ses propres poings ?
– Je sais que ton ancien travail n’a pas toujours été facile, mais tu verras celui-ci sera plus calme.
– Je ne veux pas, j’étais bien comme commando moi. Au moins je m’y plaisais.
– Oui, seulement je n’ai jamais été sure de ce que tu pouvais faire avec ton assistante…
– Quoi, que est-ce que…
– Nikki, content de vous voir.
– De même monsieur.
– Vous devez être Adam ?
– Exact, répondis-je.
– Elle m’a beaucoup parlé de vous. Je me présente, Kévin Buffier. Propriétaire, patron, PDG et chercheur de Libiothech.
– J’ai aussi beaucoup entendu parler de vous, lui répondis-je en éclatant de rire.
– Qu’est-ce qui peut vous faire autant rire ?
– Rien. C’est juste que j’ai connu un dénommé Kévin Buffier quand j’étais au lycée. Enfin, en quoi consiste mon travail ?
– Pour l’instant pas grand-chose, une fois que les agents de sécurité seront arrivés, je vous demanderai de les entrainer à votre niveau.
– Sans vouloir vous vexer, je vais plutôt les tuer.
– Mais non voyons, ce sont des soldats entrainés, mais pas assez à mon gout c’est tout.
– Pensez-vous que vous avez besoin de soldat pour vous protéger ?
– Vous n’imaginez même pas ce qui peut se faire dans ce bâtiment. Nous avons révolutionné la façon dont l’homme vit Adam », me répliqua-t-il en se dirigeant vers sa grande baie vitrée. « Quand j’avais dix-huit ans, lorsque quelqu’un perdait un membre, son bras, sa jambe, il le perdait à jamais. Maintenant on lui pose une jambe bionique, capable de répondre aux attentes de son utilisateur. Ces augmentations ont amélioré notre vie. Elles nous rendent plus puissants, plus rapides, plus… Plus comme l’homme a toujours rêvé d’être. Nous sommes plus que des hommes. Nous sommes des surhommes !
– Des surhommes, vous ne pensez pas que vous faites de ces gens des machines, en les rendant moins humains que ce qu’ils étaient ?
– Puis-je vous laisser messieurs ?
– Bien sûr Nikki. Excusez-moi.
– Crois-tu vraiment que tous ceux que tu as augmentés l’on voulut Kévin ?
– Oui, enfin je crois et de quel droit tu me tutoies sans mon autorisation ?
– Arrête Kévin, je sais que tu ne m’as pas pris juste pour faire plaisir à Nikki.
– Quoi, mais que veux-tu dire ?
– Tu te souviens, on était en première, au lycée à Saint Chély D’Apcher. Et maintenant on se retrouve tous les deux à Paris. Toi, patron d’une multinationale qui vaut des milliards et moi, ancien agent du FBI, viré depuis et embauché par toi.
– Que est-ce que ? Tanguy ? C’est toi ?
– Précisément, j’ai changé de nom entretemps.
– Mais pourquoi ?
– Pour Leo, je devais disparaitre alors j’ai changé de nom et pris celui d’Adam Pearce.
– C’est… Incroyable…
– Moins que ce que tu l’imagines. En attendant, maintenant que tu sais tout ceci, je doute que tu aies réellement besoin de mes services.
– En fait, si. Maintenant que tu es ici, je vais surement avoir besoin de tes talents pour m’aider dans mes recherches.
– Tu sais, je ne suis qu’un piètre scientifique.
– Oui, certes, mais tu es un commando de renommée. Déjà, tu protègeras la clé de nos recherches, ta petite amie. Ensuite, tu me serviras de détective. La semaine dernière, un petit labo de Lille a été attaqué, j’aimerais que tu enquêtes sur cette attaque. Que tu en apprennes plus sur ceux qui ont perpétué cette action.
– D’accord, mais je ne suis plus flic.
– Si, un flic à mon nom, le poste de “chef de la sécurité” n’est qu’une couverture. En réalité, tu restes un policier, mais sous mon commandement.
– Intéressant.
– Ça te va ?
– Largement. Je peux ?
– Oui. Tu commences demain, viens me voir et je donnerais les ordres.
– D’accord. À demain patron !
– Oh, Adam.
– Oui ?
– Tu as fait le bon choix.
– Quel choix ?
– En trouvant Nikki et en la demandant en mariage.
– Ah, oh. Celui-là, rétorquais-je en éclatant de rire, naturellement, je ne pouvais laisser partir une femme telle qu’elle !
– Bien sûr. Tu passeras chez ma secrétaire, elle te donnera deux, trois trucs.
– OK Chef ! »
Je suis sorti de son immense bureau et ai rejoint celui de sa secrétaire comme il me l’avait demandé.
« Monsieur Pearce.
– Lui-même. Appelait-moi Adam.
– Enchanté Adam, je suis Sophia, la secrétaire de Monsieur Buffier. J’ai quelque chose pour vous.
– Je n’ai besoin de rien, vous non plus d’ailleurs.
– Adam, vous êtes un charmeur, je doute que ce genre de comportement plaise à mademoiselle Monteiro.
– Charmeur, mais pas trompeur. Si, ça la dérangeait vraiment, je pense que je ne serais plus avec elle depuis un bon bout de temps. Enfin, qu’avez-vous pour moi ?
– Un badge de détective, vous assurant la protection de l’entreprise et une arme de service.
– Je n’ai pas besoin d’armes, j’ai les miennes.
– Oui, mais le patron veille à ce que vous ayez celle-ci.
– Une arme augmentée ?
– Exact, je ne sais pas en quoi, mais s’il veut que vous l’ayez, il doit bien y avoir une raison. De plus, il vous laisse les clés de votre nouvel appartement dans lequel vous avez déménagé.
– Oh, quelle gentille attention de sa part.
– Vous êtes drôle monsieur.
– C’est une de mes grandes qualités, vous avez encore beaucoup à apprendre de moi ! À demain ! lui répondis-je en repartant une nouvelle fois vers l’ascenseur. »
Détective ! Au nom d’un très bon ami de lycée. Qui en plus est un génie en technologie bionique. Ça serait plus calme que le terrain, mais toujours mieux que Chef de la sécurité. Je décidais de passer voir Nikki, mais n’étant pas arrivé à la trouver, j’ai préféré lui laisser un petit mot, lui disant où je partais. J’ai redescendu tout l’immeuble pour en sortir et ai eu le droit à une interpellation de la part de l’assistante de l’accueil.
« Vous partez monsieur ?
– Non, je ne sais pas quoi faire alors je fais le tour du bâtiment, dis-je sur un ton sarcastique.
– Vous voulez que je vous appelle un taxi ?
– Non merci je pars à pied ! »
(Elle n’est pas un peu cruche celle-là ?) Je voulais aller chez moi à pied, de manière à observer un peu plus le Nouveau Monde dans lequel j’étais. J’avais une étrange impression, mais tout ce que je voyais me plaisait. Des hommes avec des membres bioniques, beaucoup me saluaient d’ailleurs. J’avais l’impression que me sentir chez moi, de me sentir bien. Que vouloir de mieux, mon patron était un très bon ami, j’avais une femme superbe, mais un léger souci, je devais rentrer chez moi sans trop savoir où est-ce que c’était.
(« Sieg ?
– Tu veux aller à ton nouvel appart ?
– Toi qui sais tout, tu dois savoir où il est, non ?
– Et tu veux que je t’y mène ?
– J’aimerais bien oui.
– Pas de soucis. »)
Je me suis alors laissé guider par mon allié invisible, du moins pour les autres, qui m’amena devant une luxueuse résidence, au style classique de mon époque, rustique, mais qui paraissait tout de même riche. Encore une fois je fus salué par le gardien. (Décidément je suis vraiment populaire moi !) J’ai ensuite pris les escaliers pour accéder à mon appartement. Arrivée devant, la porte s’est ouverte d’elle-même et une petite voix m’envoya.
« Bonjour, Monsieur Pearce, une note de taxi a été ajoutée à votre compte, voulez-vous la payer tout de suite ?
– Oui, merci de me le rappeler service vocal répondant au nom de ?
– Kat.
– Kat ! Mais qu’est-ce que tu fais ici ?
– Je me suis introduite dans le système, pour te tenir compagnie.
– Et bien, au moins je ne me sentirais pas dépaysé.
– Celui-ci vous changera surement de la Tour.
– Et en plus j’ai une merveilleuse vue sur la ville. Que vouloir de plus ?
– Une jolie petite amie ?
– Ah oui bien sûr, mais elle n’est pas là, elle travaille. Qu’est-ce que je deviendrais si je ne l’avais pas ?
– Tu as bien su t’en passer pourtant Leo, me rappela Sieg en faisant irruption.
– Exact, seulement, il y a un temps ou les choses deviennent trop dures pour rester comme elles sont. Tu le sais bien… lui répondit-il en continuant d’admirer la ville.
– Bienvenue, Mademoiselle Monteiro ou préférez-vous Madame Pearce ?
– Comme vous voudrez, j’accepterai les deux avec joie.
– Ça me fait plaisir d’entendre ça, tu sais.
– Tu aurais dû t’en douter et moi aussi ça me fait plaisir. De même que de réentendre Leo.
– Tu sais que je dois me cacher, pour leur sécurité.
– Je le sais oui. »
J’avais fini par me perdre dans mes pensées, m’oublier dans cette ville qui m’attrayait et dont toutes ces nouveautés me dépassaient. À la fois ce que je suis devenu, cette nouvelle vie bien plus attrayante que l’ancienne ou encore ces augmentations qui me paraissaient trop étranges. Il y avait quelque chose d’anormal dans cette histoire, tout était trop parfait et je n’ai jamais été habitué à une vie si calme. Ça ne pouvait pas durer longtemps. Le lendemain je me rendais chez mon patron pour les instructions.
« Kévin ? Tu es là ?
– Dans mon labo, regarde à gauche.
– Oh et que fais-tu dans cet endroit ?
– J’ai une faille dans le système des implants HSS, mais je n’arrive pas à trouver la source de ce problème.
– Ton algorithme est incorrect, règle ton sécuritaire sur vingt-trois et change dans ta ligne de code, ton “call_security” par une fonction d’appel interphase.
– Mais, mais oui bien sûr, tu es un génie, j’aurai dû y penser.
– On ne peut pas penser à tout, on n’est pas parfait.
– Mais on peut le devenir, avec toutes mes recherches.
– Ne cherche pas à rendre quelque chose parfait si elle n’y est pas destinée. Crois-moi. Bon, que dois-je faire pour toi ?
– Je te demanderai d’aller sur les lieux de l’attaque et de relever le maximum d’indices possible. Tout ce qui pourrait te paraitre suspect.
– Comme ?
– Je ne sais pas, un objet, une trace qui nous dirait qui a perpétué cette action.
– Et tu ne penses quand même pas qu’ils ont pu être assez bêtes pour laisser une trace comme tu dis.
– Oh, tu sais, le monde est toujours aussi idiot après tant d’années.
– Je n’en doute pas et comment je m’y rends ?
– En hélicoptère, Maya t’y attend et t’emmènera.
– OK Chef.
– Oh Adam fait attention, je n’ai pas envie que tu te fasses tuer.
– Ne t’en fais pas. Je gère l’ami. »
J’avais enquêté pendant environ une semaine, sans jamais trouver un seul indice. À part le nom de « Agentek », une compagnie chargée d’étudier les effets des augmentations sur l’homme. Rien de méchant donc. La semaine suivante, Kévin nous a donné rendez-vous, Nikki et moi à son labo de montage, le dernier perdu dans ma bonne vieille ville de Saint Saint Chély d’Apcher qui n’a pas changé d’un pouce. Kévin nous prit dans son bureau.
« Vient avec moi Adam, j’ai quelque chose à te montrer.
– Comme tu veux, je te suis.
– Tu sais, malgré toutes ces nouveautés, les augmentations ont un problème. On est arrivé à changer un bras, deux, une jambe ou les deux, mais ceux à qui on a essayé d’implanter le tout ne l’ont jamais accepté et nous ne sommes pas capable de remplacer un organe, un cœur, ou quoi que ce soit d’autre.
– Tu ne peux pas dénaturer ce que le monde a créé, sinon tu en fais un monstre. Robotique pour le coup.
– Si seulement… Si seulement j’avais entre les mains une énergie infinie, quelque chose qui pousserait tous les organes légèrement augmentés à tourner sans arrêt. Tu sais, quand on remplace un cœur, le plus dur est de refaire partir le sang, mais avec une pompe on y arrive. Avec un cœur augmenté, cette méthode ne marche pas, il faudrait une énergie qui le lance et qui le fait tourner tout le temps et qui alimenterait le filtre, car des organes augmentés rejettent des saloperies dans le sang, et le filtre les rejette dans les selles.
– Si je t’apporte cette énergie, un moyen de la traiter et de la canaliser, tu crois pouvoir en faire quoi ?
– Ressusciter les morts !
– Oh, Kévin non !
– Non, écoute-moi, je ne veux pas ressusciter tout le monde, juste sauver une personne qui ne pourrait pas l’être. Imagine, tu as un grave accident, rien ne peut te sauver, tout ton corps est meurtri et détruit. Seuls ta tête et tes organes vitaux sont encore en état correct, avec ça, je pourrai te tenir en vie et te remettre en état.
– T’en es vraiment sûr ?
– Oui, j’ai assez fait de recherche là-dessus, il ne me manque que l’énergie. Adam, réfléchis ça pourrai sauver des milliers de vies !
– Ah, d’accord, attends-moi une seconde. »
Je me suis alors téléporté dans la tour pour aller voir mon ami.
« Sieg ?
– Oui l’ami que te faut-il ?
– Tu m’avais bien dit que tu faisais des recherches sur une énergie perpétuelle ?
– Euh, oui, à partir d’une roche, le Técéros, mais pourquoi ?
– Ça te dérangerait de déroger à la règle pour te montrer pour une fois, du moins pour une personne, pour Kévin. J’aimerais que tu lui expliques un peu tout ce que tu as fait dessus.
– D’accord.
– On y va alors. »
Et je suis reparti chez mon patron.
« Kévin, je te présente Sieg Wahrheit, c’est un ami qui est arrivé avec Leo, je le laisse te présenter ce qu’il a fait.
– Euh, oui avec plaisir.
– Je ne vais pas entrer dans les détails, le Técéros est une roche qui libère une énergie puissante, en continu, mais qui est très instable et difficilement utilisable. J’ai fait des recherches sur des moyens pour canaliser l’énergie et en faire un générateur de courant alternatif ou continu. Mon seul problème est que le canalisateur a besoin d’oxygène pour fonctionner sans aucun souci.
– Ce n’est qu’un détail, mais vous pensez vraiment qu’il peut fournir de l’énergie indéfiniment ?
– Le Técéros est une roche qui fournit de l’énergie comme je vous l’ai dit, indéfiniment à l’échelle humaine oui, j’ai cette roche depuis plus de mille ans, elle n’a toujours pas bougé et fournie toujours autant d’énergie.
– Mais c’est génial !
– Ne te réjouit pas si vite, c’est le seul prototype qui existe et Sieg est le seul à posséder un fragment de Técéros sur cette planète.
– S’il en faut plus, j’irai en chercher, notre planète en est recouverte Leo.
– Oui, quand je t’écoute je croirais entendre mon père nous disant qu’il voulait apporter notre technologie à cette planète grâce à tes recherches. Finalement la leur a avancé bien assez vite.
– C’est bien vrai. Dites-moi Kévin, vous seriez capable de recréer le canalisateur à partir de ses plans ?
– Bien sûr, vous m’apportez la roche et je fais le mécanisme.
– Et bien, je m’en vais alors vous chercher le nécessaire.
– Adam, comment puis-je te remercier ?
– Ne me remercie pas, j’aurais peut-être besoin de ce que tu vas faire un jour… » lui répondis-je coupé par une alarme.
« Alerte, une intrusion a été détectée dans le secteur sept.
– Merde, c’est le labo où est Nikki !
– Toi tu t’enfuis avec ce que je t’ai donné, moi je m’occupe de ses salauds.
– OK, fais attention à toi ! »
Je m’engouffrai alors dans les multiples couloirs de cet édifice, plus tortueux les uns que les autres, fusil en main, espérant retrouver la femme qui partageait ma vie. J’avançais prudemment en éliminant tous ceux qui avaient le malheur de croiser mon chemin, avec un seul but, le secteur sept, le labo de Nikki en particulier. Mes différentes interventions au nom du FBI avaient fait de moi un agent tout terrain, capable de s’adapter à n’importe quelle situation, un soldat que plus rien n’effrayait si ce n’est de perdre la femme que j’aimais. Aucun de mes adversaires n’était parvenu à me toucher, ni même m’effleurer. J’avais traversé ce monstre de fer en moins de 5 minutes. J’étais arrivé à l’étage assez précipité, sans me préoccuper de ce qui pouvait s’y passer, seulement voulant la sauver. Arrivé au labo, j’ai fait face à une armoire à glace. Deux mètres sur deux mètres, avec un corps tout en métal et des bras et des jambes qui s’allument et s’éteignent au rythme de son cœur.
« Qu’est-ce que tu as fait de ma femme ?
– Ne t’en fais pas, elle va bien.
– Adam ! Ah !
– Nikki !
– Tient va la rejoindre sale ordure ! »
Et il me projeta d’un coup de pied dans la vitre qui me séparait de ma petite amie, j’ai traversé toute la pièce pour finir dans un écran accroché au mur.
« Qu’est-ce que…
– Ne t’en fais pas. Je prendrais soin d’elle.
– Non… Je…
– Tu ne peux rien faire Adam. Adieu, mon cher, heureux de t’avoir rencontré. »
Je me retrouvais allongé sur la table au-dessous de la télévision, le corps couvert de débris de verre et de sang, agonisant et regardant cet homme et ces deux acolytes emmener la femme que j’aimais. Sans ne rien pouvoir faire.
J’ai dû passer des heures, des jours, des semaines voire des mois dans la douleur, à agoniser je ne sais où, en ne savant même pas ce que l’on pouvait me faire. J’étais dans un coma, j’ai rêvé pendant des heures, des cauchemars qui ont duré des jours entiers. Pour la première fois de ma vie d’avais peur de mourir. J’avais peur de perdre la seule femme que je n’avais jamais aimée sans avoir pu la protéger, peur de ne pas pouvoir la retrouver et l’abandonner lâchement. Un nombre inconnu de jours, c’était écoulé quand je finis par enfin retrouver connaissance. Je me trouvais dans une grande salle blanche, une chambre d’hôpital surement. J’avais une migraine atroce. Ma vue commençait doucement à s’éclaircir quand une série de lettres bleues s’afficha devant mes yeux. Je commençais à m’affoler quand Kévin et Sieg qui s’aperçurent de mon réveil vinrent me calmer.
« Qu’est-ce qui m’arrive ?
– On t’a retrouvé presque mort et on a tout fait pour te maintenir en vie. Me répondit Kévin.
– Et où est-ce que vous m’avez emmené ?
– On est à Paris, dans une chambre de la tour Libiothech.
– Et pourquoi j’ai des lettres bleues dans les yeux ?
– En fait, pour te maintenir en vie, on a dû remplacer soixante-dix pour cent de ton corps par des augmentations.
– Oh, génial… et à combien de temps remonte le massacre qu’a fait de salaud sur moi ?
– Environ six mois…
– Six mois !
– Calme-toi, je n’ai pas envie que tu détraques ton système, me rappela Sieg.
– J’imagine que j’ai eu droit au cœur de Técéros ?
– Oui, on a travaillé des heures durant Sieg et moi pour te mettre en place ce système.
– Au final, qu’est-ce que vous m’as changé ?
– À peu près tout. Les bras, les jambes, le cœur, les yeux, avec un implant HSS en plus.
– Oh non, je n’avais vraiment pas besoin de tout ça.
– En fait si, c’est moi qui ai forcé Kévin à tout faire pour te ramener.
– Et Nikki…
– On ne l’a pas retrouvé, ils l’ont emmené. Je suis désolé.
– Oh… Vous pouvez me laisser seul quelques instants.
– Pas de problème. Dès que tu as fini, tu pourras te rhabiller et sortir, on t’attendra.
– D’accord. Bon sang, mais qu’est-ce qu’ils m’ont fait ? »
J’étais sorti de mon lit et m’observais dans le miroir en face de moi. Je n’avais plus que le torse qui avait une apparence humaine, le reste était noir, en métal et s’illuminait comme le corps de l’ordure que j’avais rencontré. J’avais un bloc sous les yeux, une petite bande avec deux vis aux deux extrémités. Et une dizaine de trous sur le torse. Malgré cette apparence plus robotique, les améliorations n’étaient pas dérangeantes. J’aurais presque pu les oublier, à part, chaque fois que je voyais mes mains robotique. Je décidais alors de reprendre mes habits et de rejoindre les deux personnes à qui je devais ma survie. Mais juste avant de sortir.
(« Leo, tu l’avais prévu ça ?
– Rien ne m’avait échappé, s’il y avait le moindre souci, je t’aurais changé de temps, ou téléporté, c’était exactement ce que j’avais prévu. Tu comprendras un peu plus tard »)
« Où est-ce qu’on va ? leur dis-je en sortant.
– Dans mon bureau, enfin dans le labo de mon bureau.
– Tu peux rester avec moi quelques minutes Adam ?
– Bien sûr Sieg, je reviendrai te voir Kévin, ne m’attend pas.
– OK.
– Qui y a-t-il Sieg ?
– J’ai peur que l’accident ait endommagé des capacités et pouvoirs.
– J’en doute, Leo m’a dit que tout ce qui m’est arrivé était ce qu’il avait prévu.
– Tu en es sur ?
– Je pense que s’il y avait un souci, il m’aurait prévenu, tu n’as pas à t’en faire pour moi.
– Je l’espère, passe à la Tour quand t’auras une minute d’accord.
– D’accord. »
Je suis parti voir Kévin et traversant les étages par les escaliers pour me tester, une fois en haut je n’étais même pas essoufflé, ni même fatigué. Pas mal tout de même ces augmentations. J’arrivais enfin dans le labo de mon patron.
« Adam vient, j’ai pas mal de choses à te montrer.
– Je t’écoute. Dévoile-moi tout sur le nouveau moi !
– Et bien, pour commencer, les bases. Ton cerveau est un microordinateur.
– D’où les lignes de commandes que je voie dans mes yeux.
– Voilà, ton système interprète et traite tes pensées pour activer ce que tu lui demandes.
– Comme ?
– Ces données sont assez désagréables et puis je ne sais pas si tu t’es regardé dans une glace, mais plus tu as de données dans les yeux, plus tes yeux changent d’aspect, des cercles y apparaissent, et ce n’est pas forcément très agréable à regarder. Le bloc que tu as sous les yeux est un emplacement où se rangent deux verres souples en hexanium, ils filtrent ces données et te permettent de voir normalement. Si tu veux les déployer, tu n’as qu’à y penser, ça se fera tout seul.
– Facile.
– Les choses arriveront avec le temps, pour l’instant, tu as une amélioration de ta force, de ta solidité, tu cours plus vite et tu crains moins les sauts de grande hauteur. Je crois que j’ai fait le tour, les autres fonctions arriveront avec le temps. Alors, heureux ?
– Euh, ouais, on va dire ça comme ça…
– Tu es encore en vie, même si tu ne voulais pas tout ça, c’était le seul moyen.
– Oui, mais rien de tout ça ne me ramènera Nikki…
– Oh, mais tu t’en passeras.
– C’est ça oui ! Tu crois que je suis resté sur cette planète, ayant risqué des milliers de fois ma vie juste pour le plaisir ? NON ! Juste pour elle, pour être avec elle et la protéger…
– Rien ne prouve qu’ils l’ont tué, tu sais.
– Si seulement je pouvais en être sûr…
– Mène ton enquête, cherche qui est à l’origine de l’attaque, retrouve là et ramène là. S’il te faut de l’aide, je le ferai avec grand plaisir.
– Je te remercie, je vais penser à un moyen de la retrouver.
– Tu n’as pas des contacts dans le FBI qui pourrait t’aider sur ce genre de choses ?
– Oh, mais si ! Bien sûr ! Merci, Kévin, tu es un génie !
– Je le savais ça merci.
– Arrête ! Tu es trop modeste. Aller à plus !
– Attend, j’ai oublié, je t’ai posé un communicateur comme celui que tu avais au FBI, si j’ai besoin de toi je l’utiliserai.
– OK l’ami. »
J’avais une idée en tête. Aller voir la seule personne qui m’aurait poussé à entrer dans le FBI.
J’avais le souvenir que Justine voulait devenir policière, mais personnellement je ne l’aurais pas fait, je sais que j’aime l’action, mais au point de devenir flic, pire, agent du FBI. Je la retrouvais dans un café proche de chez elle.
« Oula, tu as mauvaise mine toi.
– Ouais, comme toi, sinon pourquoi tu porterais ces lunettes ?
– Et bien…
– Et puis où est-ce que tu étais passé pendant six mois ? Où est-ce que tu étais quand Loïc s’est fait tuer ?
– Oh, je suis désolé…
– Tu peux l’être ! J’avais besoin de toi moi, tu peux me le dire où est-ce que tu t’étais perdu ?
– Je… J’étais mort…
– Quoi ?
– Le 7 novembre 2062, le labo de Libiothech de Saint Saint Chély d’Apcher a été attaqué, ciblant justement Nikki, j’ai tout fait pour essayer de la protéger, lorsque je l’ai retrouvé, un homme baraqué m’a envoyé dans le décor me faisant traverser une vitre en verre et finir dans un écran. Résultat, j’ai fini dans le coma, quand ils m’ont retrouvé j’étais mort. Si je suis encore en vie, c’est grâce à leurs équipes qui m’ont refait entièrement. Je n’ai plus que le torse d’apparence humaine et Dieu seul sait si l’intérieur l’est encore. Si quand il s’est fait tuer je n’étais pas là, c’est parce que j’étais dans le coma, dans le temps où ils m’ont réparés, mais que je ne répondais pas encore.
– Merde, je ne savais pas. Et Nikki ?
– Enlevé…
– Oh…
– Et j’aimerais que tu m’aides à la retrouver.
– Oui, mais, tu ne veux pas qu’on sorte on sera plus tranquille.
– Oui.
– Monsieur, vous…
– Tenez et gardez la monnaie, répliquais-je en posant un billet de cinquante sur la table.
– Et comment veux-tu que je t’aide ?
– Tu m’as dit que Loïc s’est fait tuer, mais tu sais si c’est un accident, un meurtre ?
– Un assassinat, j’en suis sure.
– Tu sais qui aurait pu faire ça ?
– Je sais que le type qui a fait ça travaillait pour le compte d’une boite au nom d’Agentek.
– Agentek ? Pourquoi ai-je l’impression que cette entreprise n’est pas nette du tout ?
– C’est un centre de test, pour qualifier les méfaits des augmentations sur l’homme.
– Alors pourquoi ce type bossait-il pour eux ? Et qu’est-ce qu’il voulait à Loïc ?
– En fait, il s’était fait poser une augmentation pour son dos et au lieu de la prendre chez Libiothech, on l’a prise dans une petite boite de distribution appelée Liantek.
– Une seconde. Kévin, tu es là ?
– Toujours mon cher. Que te faut-il ?
– Tout ce que tu sais sur Liantek.
– Liantek est une entreprise de distribution d’augmentation, ils étaient sous notre boite jusqu’à ce qu’ils fassent assez de bénéfices pour se séparer de nous, par contre, personne ne sait comment ils font ces bénéfices. Tout ce que je peux te dire, c’est que sans nous, c’est devenu un ramassis de merdeux qui font des augmentations bas prix, pas stables et dont beaucoup de bénéficiaires se sont retrouvés morts, pour on se sait quelle raison. De plus, cette boite est associée à la ligue antiaugmentation, je ne sais pas pourquoi non plus. Ça n’a pas de sens. Ça te va comme info ?
– Ça me suffit merci.
– Au plaisir de t’avoir aidé.
– Alors ?
– Cette saloperie ne m’a pas l’air très claire, je vais aller foutre mon nez dans leurs paperasses.
– Oui, mais ça ne me ramènera pas mon chéri…
– Écoute, tu te souviens de te que je t’ai dit sur Leo ?
– Oui, vaguement.
– Il voyage dans le temps. Je suis parti il y a cinquante ans pour régler mon problème de santé dû à mes pouvoirs.
– Oui je m’en souviens.
– En fait le futur dans lequel je t’ai envoyé est celui où je serai resté seul. Où je n’aurais pas découvert que d’autres personnes comme moi existaient sur Terre, je n’aurais pas retrouvé L’Ordre.
– Mais qu’est-ce que tu veux dire ?
– Je veux dire que d’après ce que m’a dit Leo, toi et Loïc seriez comme moi, d’où le fait que vous avez pu voir la Tour et sentir le tremblement, dans ce futur, je ne vous aurais pas réveillé. Je vais le sauver Loïc, mais dans le passé, fait-moi confiance.
– D’accord.
– Tu acceptes de m’aider alors ?
– Oui, à une seule condition.
– Laquelle ?
– Que tant que tu es là, je sois avec toi. Tu habites où ?
– Dix-sept rues du Palais.
– Dis donc, c’est que tu es riche toi !
– C’est Nikki qui avait choisi cette zone, c’est riche, certes, mais c’est tranquille, tu verras.
– D’accord, merci. Je te laisse, il faut que je passe chez moi, à tout à l’heure. »
Je suis ensuite parti à la tour suite à la demande de Sieg de me faire passer encore des tests.
« Ah, tu es là, j’ai une petite série de tests à te faire.
– Pas besoin Sieg, je vais très bien. Tout ce que tu réussiras à voir c’est que rien n’a changé.
– Mais… Tu as quand même…
– Pas moi, Adam, je te rappelle que mes pouvoirs s’attachent à mon âme, pas au corps.
– Et Tanguy alors ?
– Pareil, il va très bien.
– T’es sûr ?
– Certain. D’ailleurs, Adam, j’aimerais que tu évites d’utiliser tes pouvoirs.
– Si tu veux, mais tu m’expliques pourquoi ?
– Ce que ces augmentations vont t’apporter te permettra de t’en séparer.
– Mais alors, pourquoi les vouloir ?
– Pour te faciliter la vie dans les limbes.
– Ah, ouais, c’est vrai que ça peut être utile.
– Sauf bien sûr si tu es en danger.
– Par contre Adam, tu ferais bien d’aller au coiffeur, ça ne te va pas les cheveux longs attachés.
– Ouais je sais, je vais y passer, tu n’as plus besoin de moi ?
– Non, tu peux y aller.
– À plus alors. »
J’ai opté pour quelque chose de plus long qu’avant, mais moins que ce que j’avais, une coiffure mi-longue méchée sur le côté droit. Elle cachait une partie de mon visage, pour masquer les traits de fatigues que le temps m’avait sculptées. Ce n’était pas superbe à voir, pas autant que mes yeux en mode invite de commande, mais bon je n’avais pas une bonne mine quand même. Je suis ensuite reparti chez moi, pour me reposer un peu.
« Bonjour monsieur Pearce.
– T’es marrante Kat, lui fis-je avec un petit sourire amusé.
– Pourquoi ?
– Je n’aime pas le Monsieur ni le Monsieur Pearce.
– Je sais, mais le système m’oblige à vous parler ainsi.
– Et bien, s’il le faut, tu peux me servir un Scotch je vais me prendre une douche moi.
– Tout de suite monsieur. »
Je suis finalement resté un long moment sous la douche, pensant et repensant à ce que j’étais devenu. Est-ce que j’étais encore un humain ? Ou est-ce que j’étais devenu plus qu’humain comme disait Kévin, ou moins humain ? J’avais totalement changé ou presque. Pourtant j’avais toutes les sensations, je sentais l’eau me couler sur les bras ou sur les jambes malgré leurs aspects métalliques. Peut-être qu’il avait raison, qu’ils rendaient les hommes encore plus humains et amélioraient leurs vies. Leur permettant de reprendre une vie normale après avoir tout perdu. Ils ne changent pas la nature humaine comme je le pensais, il l’adapte et l’améliore.
« Salut Tanguy t’est passé où ? Je euh…
– J’aurais dû mettre quelque chose en sortant de la douche je suis d’accord.
– Non, non. Tu fais ce que tu veux, tu es chez toi à vrai dire.
– Je te sens un petit peu gênée.
– Ben oui un peu quand même. Je ne t’ai jamais vu avec si peu d’habits puis comme ça, c’est bizarre.
– Je sais, même si je m’y suis fait, j’ai plus l’impression d’être humain, tout ça me laisse le léger sentiment d’être un robot. Une machine. Enfin, si tu veux poser tes affaires, c’est la première à gauche, tu as une salle de bain avec.
– D’accord, merci. »
On avait pris un appartement dont les pièces étaient plus somptueuses les unes que les autres, un si grand appartement qui me paraissait terriblement vide sans Nikki. Je m’étais aussi habitué à dormir avec quelqu’un à mes côtés, mais maintenant j’avais une immense et puissante impression de solitude qui m’accompagnait, malgré la présence de Justine, je savais que j’avais perdu quelque chose, quelqu’un et que dans un élan de compassion j’avais accepté qu’elle reste avec moi puisqu’elle aussi avait perdu tous ceux qu’elle aimait. Nous étions deux soldats que la perte de nos amours avait conditionnés à la vengeance et l’amertume de la solitude. Le cœur noirci et endurci nous avait rendus presque plus insensibles encore que les horreurs que l’on avait pu voir par le passé. Des robots programmés pour achever une haine attisée par des monstres aux cœurs encore plus sombres que le nôtre. Qui nous avait tout enlevé. J’avais du mal à dormir, je ne sentais même pas l’envie de dormir ni une quelconque fatigue. Peut-être que Kévin pourrait m’éclairer sur ce sujet. J’étais donc levé depuis quelque temps, révisant mes méthodes de combats et m’apercevant que la vitesse à laquelle j’opérais était bien plus importante qu’auparavant, quand une jolie demoiselle à peine réveillée vint m’interrompre dans mes enchainements.
« Bonjour madame, un café peut-être ?
– Oui, avec plaisir.
– Tu sais comment marche le service vocal ?
– Euh, non pas trop.
– Tu lui demandes quelque chose et elle te le fera.
– Elle ?
– Kat, un café pour mon invité.
– Tout de suite monsieur.
– Voilà, tu le lui laisses dans le salon, moi il faut que je parte.
– Et, tu veux que je te rejoigne après ?
– Non, repose-toi, je viendrais te chercher quand j’aurais besoin de toi.
– D’accord, mais, Tanguy. Promets-moi que tu feras tout pour le sauver.
– Je te le promets, je ne le laisserai pas partir, mais avant je dois leur faire payer ce qu’ils ont fait à ma copine et à Loïc.
– D’accord, à tout à l’heure. »
Il ne me restait plus qu’une idée en tête, opérer une vengeance sans conséquence sur le temps puisque j’agirais différemment dans le passé, grâce à tout ce que va m’apporter ce voyage dans ce futur. Voilà le grand avantage du contrôle temporel, pouvoir changer son destin. J’étais parti au boulot voir Kévin.
« Ah, Adam, je t’attendais.
– Tant mieux, parce qu’il faut que je te parle d’une chose.
– Vas-y, dis-moi.
– C’est normal que je ne me fatigue pas, je ne suis même pas arrivé à dormir, je n’étais pas épuisé.
– Oui c’est normal, certaines fonctions se sont déjà activées d’elle-même et tu n’as que celle-là ?
– L’endurance, la vitesse, la force. J’ai aussi l’impression de ressentir la présence des personnes à côté de moi.
– Bien, ça va plus vite que je ne pensais, la présence est le début du système de vision à travers les murs.
– Ah, j’aime ça.
– Tu vas aimer le reste aussi, il faut que j’active ton système d’autodéfense, tes réducteurs de chocs, ton ralentisseur et tes accélérateurs aériens. Aussi ton camouflage total, limité à trente secondes et tes amortisseurs sonores aux pieds
– Tout ça, eh ben dit donc tu m’as gâté !
– Tient tu as changé d’avis sur ces augmentations finalement.
– À vrai dire, j’ai eu le temps de penser et repenser, même avec ça j’ai toutes les sensations, c’est impressionnant !
– C’est ça l’innovation mon cher. Viens avec moi, j’en ai pour une minute. »
Puis quelques instants plus tard. Après quelques bidouillages.
« Voilà, ça devrait être bon. Tout ne viendra pas de suite, il faut le temps que les augmentations s’adaptent à ton corps. Par contre, tes accessoires de combats sont disponibles, tu as deux lames déployables sur les poignets, deux matraques ou tonfas aux coudes, et deux lames aux talons.
– Ah ouais quand même.
– Oui je sais je t’ai gâté, mais c’est fait exprès, pour que tout te soit bien plus facile. Parce que, toi seule face à une armée d’augmentés, tu vas souffrir.
– Non, ce n’est pas un tas de ferraille qui va me faire peur tout de même.
– Oui, c’est vrai, par contre, tu n’as pas ressenti une quelconque gêne au niveau du cœur, ou quelque chose du genre.
– Rien qui sort du naturel humain pourquoi ?
– Parce qu’il peut y avoir quelques soucis avec la partie qui sort et la chaire qui l’entoure.
– D’accord, s’il m’arrive quoi que ce soit, je te préviens.
– Dit tu as trouvé quelqu’un pour t’aider dans tes recherches ?
– Oui, pourquoi ?
– Parce que j’ai quelqu’un à te présenter, il a accès à toutes les bases de données de l’entreprise.
– Et, son nom ?
– Travis, Travis TouchDown, grand admirateur de votre réputation d’agent.
– Enchanté de te plaire l’ami. Parce qu’il va falloir que tu me supportes.
– En fait non, pas tant que ça, parce que je ne suis pas sur le terrain, toujours ici.
– Encore un qui a peur de faire face à la mort.
– Je ne te permets pas !
– Bienvenu dans la jungle mon ami, tu comprendras pourquoi je bosse seul.
– Je l’imagine déjà.
– Bref, je vous laisse, j’ai du boulot. Moi !
– Hey !
– Ne commencez pas vous deux. Vas-y Adam, je t’appelle si j’ai besoin de toi. »
TouchDown, ça ne fait pas un peu Otaku comme nom ? Le style glitch manga des années 1970, c’est, enfin voilà quoi, vous m’avez compris c’est le principe.
Je voulais expérimenter mon nouvel équipement, alors je suis retourné à la Tour pour m’entrainer.
« Kat, peux-tu me refaire ma dernière mission, qui m’a couté mon poste, en ajoutant quelques démons où ça te chante ?
– Tout ce que tu voudras. »
J’étais devenu un soldat d’élite, que rien ne faisait peur, rapide puissant, imprévisible, surpuissant. Seul hic, les armes équipées aux augmentations ne suffisent pas pour la mêlée. Il faudra que j’en trouve une à garder sur moi. Un katana ou quelque chose du genre.
(« Alors que penses-tu de toutes ces nouveautés ?
– C’est pas mal, ça m’aide bien, mais qu’est-ce que tu veux exactement pour me faciliter les choses dans les limbes ?
– Quelque chose que tu n’as pas encore d’activé, mais qui va arriver, la vision entre les murs te sera pratique, ton instinct encore plus développé t’évitera beaucoup de dangers.
– Et c’est tout ?
– Je cherchais aussi l’esprit solitaire d’Adam, puis sa façon de se débrouiller avec n’importe quoi n’importe quand.
– De quoi jouer plus facilement quoi ?
– Voilà ! Et quelque chose en plus pour les anges.
– Comment ça ?
– Je ne pouvais pas t’utiliser pour prendre l’âme de Toshiie, sinon tu aurais disparu pour toujours. J’avais besoin d’une force libre, poussée par un pouvoir mystique. Le pouvoir de créer un ange ! Le plus puissant de tous.
– J’imagine que c’est à moi de le trouver ?
– Exact.
– D’accord, je m’en charge. »)
Presque tout avait changé, mon apparence, ma personnalité, mon corps, mes capacités. Mais Leo cherchait quelque chose de plus, quelque chose de différent, de puissant. Mais quoi ? Le Pouvoir de créer un ange. Rien que le nom commence à faire peur. J’avais tout perdu, ma vie, ma femme, d’autant que ma meilleure amie et j’avais besoin d’elle pour achever ma vengeance, notre vengeance. Retrouver des salauds qui nous ont tout enlevé. Je n’avais plus qu’un objectif, et rien en m’empêcherai de l’achever.
En quête de vérité, des réponses à toutes ces questions, qui sont-ils ? Pourquoi nous ? Qu’est-ce qu’ils nous veulent ? Et aucune idée sur tout ceci même si quelques pistes me venaient à l’esprit, comme cette boite louche qui a vendu ses améliorations à Loïc, qui lui ont couté la vie malheureusement. Je devais remonter tout ceci et en trouver la source. Je savais que toutes mes actions ne me servaient à presque rien, sauf augmenter encore ma détermination, mon audace et surtout mon niveau, rien de ce que je ferai n’agirait sur le temps, enfin si, seulement je savais que ce futur était issu d’un temps où je serai resté le seul et j’étais dans ce futur pour acquérir tous les moyens de ramener tous mes amis, quels qu’ils soient. Je n’avais plus qu’un but, assouvir ma vengeance !
12 juin 2063, c’était la date d’anniversaire d’un très bon ami à moi que je n’avais pas vu depuis très longtemps. Anthony, je me demandais bien ce qu’il avait pu devenir. Enfin, j’avais passé quelques semaines à roder dans la ville, à chercher quelques informations par-ci par-là, par mes amis policiers, ou de simples passants, des informations sur toutes les entreprises d’augmentation, ou autres choses dans ce genre, de manière à me faire mon idée de la chose.
Comment les choses pouvaient-elles changer ainsi ? Mon meilleur ami, pourtant pas incapable de se battre, avait été assassiné, mais par qui ? Les recherches que j’avais menées sur cette boite, Liantek, me paraissaient suspectes. Une entreprises qui ne fait normalement pas crédit, enfin presque, les crédits qu’ils font ont étés remboursés à peine deux mois plus tard. Louche non ? Son gérant, Bob Barabas ne me semblait pas très clair non plus. Il n’est jamais ici et ses comptes finissent un peu partout, ou disparaissaient. Des employés payés on ne sait comment et aucun ne payaient d’impôts, de plus ils avaient tous droit à des augmentations, devinez comment. Gratuitement ! Je me décidais alors à aller mettre mon nez dans leurs paperasses et mon poing dans la gueule de cette enflure.
Tout le monde possédait des augmentations, sauf les antiaugmentations, quoique rien ne me le prouvait. On trouvait un peu partout en villes des cliniques AmpLib, ils vendaient des kits de dynamisation pour améliorer les augmentations ou effectuer des mises à jour des implants HSS de classe I. Le mien, de classe II, étant relié au réseau, il se mettait à jour dès que Travis m’en faisait une. Il m’exaspérait parfois, il était coincé à un point, concentré sur ses ordis et rien d’autre, qu’il vienne sur le terrain avec moi avec le risque de se faire tuer à tout moment, on verra s’il rigole toujours autant. Heureusement que je ne l’avais pas avec moi. J’étais habitué à travailler seul, ou avec Justine. Une fois mes petites investigations terminées, je me rendais au bureau de Kévin.
« Salut Kévin.
– Tiens, salut, Adam, assieds-toi, je vais t’expliquer ta mission.
– OK, je t’écoute.
– Voilà, j’ai recherché quelques petites choses moi aussi sur cette boite, après qu’ils nous aient quittés. On m’a dit que ce Barabas était souvent au centre de stockage du quartier de Vierra. J’ai demandé à Travis de me sortit un plan du site, que je t’ai envoyé, tu y trouveras des indications pour éviter de t’y perdre, ce bâtiment est immense.
– D’accord.
– De plus, j’ai une petite chose à rajouter à tes bras, des capteurs de sensibilités supérieurs, ils t’aideront à reconnaitre par exemple un mur creux, ou plus mince, que tu pourras exploser à main nue.
– Rien que ça ?
– Rien que ça, c’est tout con, mais c’est largement suffisant.
– Bonjour messieurs.
– Salut, Justine, je laisse finir Kévin et on y va.
– Voilà c’est bon, mais dit moi, comment tu es entrée ? demanda Kévin.
– J’y ai donné mon passe, moi j’arrive autrement.
– D’accord, je vous lâche alors, revenez entier.
– Compte sur moi !
– Tu ne trouves pas qu’il a changé ?
– Si un peu, un peu beaucoup, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai cette impression aussi. Il parait plus, libre.
– Par contre, comment on s’y rend ?
– J’ai un hélicoptère privé !
– Chouette !
– Salut, Maya, tu pourrais nous emmener au centre de stockage de Liantek dans le quartier de Vierra.
– Pas de soucis.
– Tu penses y trouver quoi ?
– Le gros !
– Qui ?
– Barabas, que je puisse y fracasser sa grande gueule de sale rat après avoir obtenu ce que je veux.
– Je veux bien, mais tu penses vraiment pouvoir le retrouver ?
– Ne t’en fais pas pour ça. Je m’en occupe. Je t’explique un peu, ce bâtiment est immense, on va se le partager OK ?
– Pas de soucis, à tes ordres, chef ! »
Il m’avait envoyé dans un des centres de stockage de la boite. Mais quelque chose clochait, pourquoi protéger un entrepôt ? À quoi bon voler des augmentations si on ne peut pas se les équiper ? Bref, arrivé sur les lieux avec ma chère ancienne collègue, qui avais tenu à m’accompagner. (je la comprends, elle aussi veut en savoir plus) On s’était partagé l’édifice en deux, elle à gauche et moi à droite. Mes nouvelles capacités me donnaient des avantages, inutiles même je n’avais rien perdu de mes talents d’officier. Discrétion et efficacité. J’avais pris le temps d’appréhender toutes mes nouveautés, sauf la dernière, pour être plus efficace. On avait investi cet immense édifice, plus grand encore que la Maison-Blanche aux États-Unis, peuplé de milliers de couloirs tous plus longs les uns que les autres. Interminable labyrinthe dont la sortie m’avait échappé depuis quelque temps. Travis m’avait transmis le plan histoire que me guider un minimum. J’avais laissé Justine seule, espérant qu’elle puisse se débrouiller sans problèmes. En apparence oui, car je n’ai jamais entendu ma radio s’allumer. Et j’avançais, sans trop savoir quoi chercher. Piratant les terminaux de sécurité et les ordinateurs à ma disposition, cherchant des infos, des codes, des dates, des endroits. Justine m’appela pour me dire qu’elle avait trouvé où étaient stockées les augmentations de contrefaçon et m’annonça se charger d’aller chercher des échantillons. J’avais pris quelques minutes auparavant un homme en filature, mais perdu de vue, je m’étais posé dans une salle dans les environs. Je n’avais pas remarqué qu’il revenait, mais lorsqu’il passa la porte, quelque chose dans les bras me poussa sur lui, sa gorge sous ma lame, sans autres issues que la mort ou le répit.
« Ah ! Non ! Ne me tue pas. S’il te plait !
– T’as quelque chose à m’apprendre pour que je te laisse en vie ?
– Qu’est-ce que tu veux ?
– Savoir où se trouve le con qui t’emploie.
– Secteur sept, il y est en ce moment. Mais pitié, ne me tue pas, j’ai une famille.
– Je ne veux pas te tuer. Pas toi. Va-t’en. »
(« Tu n’es tout de même pas sans cœur, tu n’as pas tant changé que ça.
– Je suis d’accord avec toi, j’aurais pensé que tout ceci m’aurait dénaturé, déshumanisé même.
– Tu n’as pas à t’en faire, rien n’a changé. »
J’avais pris la direction du secteur sept, j’avançais tranquillement, mais quelque chose n’allait pas, mes membres commençaient à s’endolorir un à un. Mais cette sensation était étrange, c’était comme si je vivais la douleur de quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui était en danger. Je n’arrivais pas à trouver la source de ces douleurs, quand tout à coup, j’ai repensé à Justine, l’ai entendu crier. Je me suis téléporté près d’elle, juste derrière celui qui l’attaquait et une fois sur place, je lui ai tranché le corps avec mes deux lames.
« Tu aurais dû me prévenir, je ne veux pas d’un mort de plus.
– Merci Tanguy, pourtant lui tu l’as bien tué.
– Sauf que lui c’était un tas de ferraille sur patte. Et ce n’est pas mon ami. Tu as récupéré des échantillons ?
– Oui, on va où maintenant ?
– Secteur sept, j’ai croisé une bonne âme qui m’a avoué l’emplacement de cette pourriture.
– Et tu veux le tuer ?
– Non, je vais juste lui taper la causette histoire de faire connaissance !
– T’es toujours aussi chiant !
– Le temps ne m’arrange pas, surtout à force de me faire détruire et que l’on détruise le monde que j’ai mis des années à faire. Mon arrogance et ma colère envers ces connards n’arrangent rien. Tu le sais bien que de toute manière, personne ne m’a jamais aimé, autant toi que Loïc ou que n’importe lequel de mes amis.
– Arrête, tu sais très bien que c’est faux !
– Prouve-le-moi ! Trouve-moi un seul détail qui me prouve que je me voile la face sur ce sujet !
– Euh…
– Tu vois, si je pense toutes ces choses, c’est parce qu’encore une fois, le monde ne m’a jamais fait de cadeaux et que tout ce que je pense se vérifie. À chaque fois !
– Excuse-moi. Je…
– Ce n’est rien, j’ai appris à faire avec, à mes dépens et à celui de mon cœur. La chance n’a jamais été avec moi, pourquoi elle devrait changer maintenant.
– Parce que tu es quelqu’un de bien, quelqu’un en qui beaucoup de personnes ont confiance, moi y compris…
– Personnellement j’en doute.
– Et pourquoi ?
– Tu te souviens de l’époque où on était encore au lycée ? Des tas de fois j’ai eu l’impression que tu n’en avais rien à faire de moi. Quand, au final je n’étais que le seul fautif.
– Oh, tu ne vas pas remettre ça !
– Si tient, tu vois, pendant des mois je te disais que personne ne m’aimait, que tout le monde me détestait, qu’au final toi tu ferais pareil, que tu m’abandonnerais quand tu en aurais marre de moi. Mais tu t’obstinais à me prouver le contraire. À plusieurs reprises tu t’es foutu de moi en voulant me remonter le moral, mais ensuite tu m’as abandonné comme je te le disais, j’en suis arrivé à vouloir terminer mes jours plusieurs fois, mais toi tu n’en avais rien à foutre, puisque tu ne m’aimais pas. Je dirais même que tu me détestais !
– Tu me fais chier, si tu veux être comme ça, moi je m’en vais ! »
J’avais bien raison, le temps passait, mais tout mon monde restait à jamais le même, sauf moi. C’était déprimant à voir. Ce n’était pas pour autant que j’en arrêtais mon voyage. J’avais toujours mon objectif en tête rien d’autre. Mais quand même une petite, culpabilité pour ce que j’avais fait, je me sentais coupable de m’être emporté comme ça, je m’étais arrêté dans une pièce, un peu cachée pour éviter les ennuis. Je commençais à fatiguer, mais c’était étrange, une douleur partant du cœur, me prenant tout le corps. Je tenais plus debout, ma vue se troublait, tous mes membres s’endolorissaient un à un. Puis une voix résonante vola autour de moi, je connaissais cette voix. Justine. Merde je savais que je n’aurais pas dû la laisser partir. Je suis sorti, à moitié affalé sur moi-même. Et le sol se mit à trembler et une fois de plus, je fis mon retour dans les limbes.
« Barabas !
– À toi de jouer l’ami !
– Mais je n’ai pas mes armes, je les ai laissés dans ma chambre.
– Tu n’en as pas besoin. Utilise tout ce que tu as acquis avec Adam. Ça te ferra un entrainement pour après. »
J’avançais, suivant les cris, sentant sa peur au fond de moi. M’offrant un courage inébranlable. Mais l’environnement m’empêchait d’avancer et je faisais face à une crevasse infranchissable.
« Souviens-toi ce que t’a dit Kévin. “Tes réducteurs de chocs, ton ralentisseur et tes accélérateurs aériens.” Tes jambes sont puissantes et je suis sûr que tu peux voler sur une courte distance.
– Je vais essayer. Au pire, je meurs non ?
– Ne t’en fait pas, fais-moi confiance »
Il avait raison, je vole dans les limbes, sur de courtes distances avec de légers propulseurs dans les bras.
« Efficace. Mais ce n’est pas tout, mais j’ai quelqu’un à sauver. »
Je suis reparti, comme une flèche, plus rapide que jamais. Plus j’avançais, plus les choses autour de moi disparaissaient, laissant apparaitre uniquement mes cibles, Barabas et Justine. J’avais une dernière crevasse à traverser et je me jetais sur cette ordure.
« Tanguy ?
– Leo, je savais que tu viendrais la chercher.
– Ta gueule Barabas, si tu veux t’en prendre à quelqu’un, prends-t’en à celui qui t’offre une résistance.
– C’est ce qu’on va voir ! »
Il se jeta sur moi, voulant m’attraper, mais j’étais plus rapide, l’ayant pris par le cou, j’y présentais ma lame sous la gorge.
« Je vais te faire parler saloperie. Pourquoi tu fais tuer ceux à qui tu vends des améliorations !
– Pour les sous et pour éviter des pourritures comme toi !
– Qui tu emploies pour les tuer ?
– Je ne te le dirai pas enfoiré. Tu n’es qu’un échec de plus des enchainés. Je n’ai pas peur de la mort.
– Je vais te faire peur moi gros sac à merde ! »
Je l’avais défiguré, arraché tous ses membres augmentés et j’avais commencé à aller chercher son cœur.
« Ah ! Arrête, Agentek !
– Quoi Agentek ?
– C’est eux que j’emploie pour tuer ceux que j’augmente. Mais par pitié, ne me tue pas !
– Je le savais. Allé, dégage je veux plus te voir ! lui répondis-je en le lançant à travers la fenêtre.
– AH ! NON !
– Tanguy je…
– Non rien c’est moi, je n’aurais pas dû m’énerver.
– J’avais peur qu’il s’attaque à moi. Je crois qu’il vaut mieux que je te laisse faire tes recherches seul.
– Ce serait aussi bien. Je n’ai pas envie de perdre une personne de plus.
– Mais ça ne changerait rien ?
– Je le sais, pourtant je n’ai pas envie quand même.
– Comment tu as fait pour m’entendre et me trouver ?
– Te trouver, je vois à travers les murs et t’entendre, je ne sais pas… Je me pose à la maison, faut que j’aille faire mon rapport au patron.
– Avec plaisir. »
Quelques minutes plus tard, j’arrivais au bureau de Kévin.
« Bonjour, Adam, comment allez-vous ?
– Ça va très bien merci. Où puis-je trouver le chef ?
– Dans le bureau de Travis
– Je te remercie.
– Tiens, regardez qui voilà !
– T’es chiant Travis. Kévin, je pourrai te voir seul un moment.
– Bien sûr.
– Et moi alors ? Vous n’en avez rien à foutre de ce sur quoi je travaille ?
– Bien déduit !
– Adam ! Je reviens Travis. Que te faut-il ?
– J’ai fait mes recherches. Déjà, Liantek n’était pas totalement innocente, j’ai pour ainsi dire, discuté avec le patron et il faisait bien tuer une grande partie des personnes qu’il augmentait. Des augmentations de contrefaçon en plus, j’ai des échantillons qu’il faut que je te laisse pour l’analyse. Et il payait Agentek pour assassiner ses cibles.
– Quoi ? Mais non, c’est une grande entreprise de distribution, même si elle était une de nos concurrentes, pourquoi nous voudrait-elle du mal ?
– Peut-être pour pouvoir profiter des augmentations par le fait que tout le monde en porte, sans vous, ils sont les seuls producteurs et peuvent en faire ce qu’ils veulent.
– Ça n’a pas de sens !
– Justement si. Contrôler la population, l’endoctriner et la mettre à leurs services sans aucun effort, simplement en leur prouvant que les augmentations les aides et ensuite, une neurotoxine ou quelque chose du genre.
– Mais c’est horrible !
– Je sais.
– Mais pourquoi avoir pris Nikki alors ?
– Parce qu’elle possède une connaissance inimaginable, parce qu’elle a traversé le temps comme moi et qu’elle représente un danger pour eux.
– Et pourquoi pas toi ?
– Parce que je ne suis qu’un flic, rien de plus.
– Pas faux. Au fait, tu pourrais me suivre au labo, j’aimerais te faire passer une petite analyse.
– À propos, j’ai un léger souci, tous mes systèmes se brouillent j’ai l’impression d’avoir été détraqué.
– Je le pensais, seulement je n’ai rien pour te garder éveillé le temps que je fasse les modifications de ton cœur.
– Et ton générateur magnétique ?
– Inutilisable. Je ne sais pas comment lui faire suivre le magnétisme correctement.
– Avec un script.
– Comment ça ?
– Tu crées un script en boucle, qui alimente uniquement deux aimants, ceux qui doivent tirer la barre, ils doivent être alignés et alimentent les autres pour les pousser, ainsi de suite, tu tournes les uns à la suite des autres.
– Pas bête et ça marche en plus. Je te branche dessus, te laisse en stase et fais les réparations, à tout de suite. »
Je n’étais pourtant pas resté longtemps en stase, mais pour moi, ce temps m’avait paru une éternité. J’avais rêvé, d’une ville à deux étages, d’un port et d’un paquebot, transportant je ne sais quoi, mais je savais que c’était là-bas que je devais me rendre. Puis quelque chose me sortit de mon rêve brusquement.
« Tokyo !
– Quoi ?
– C’est là-bas qu’il faut que j’aille.
– Et pourquoi ?
– Je ne sais pas, mais il faut que je m’y rende, j’ai fait un rêve étrange, j’étais dans une immense ville sur deux étages, j’embarquais dans un bateau et j’y ai vu celui qui m’a presque tué.
– Alors je vais t’y envoyer. Je t’explique un peu, les modifications t’apportent une régénération continue, plus rapide que le corps lui-même, ciblée sur tes organes, un autre système de régénération, plus puissant, s’occupera de tes améliorations et du reste, il lui faut trois heures pour agir totalement. Par contre il n’a aucun effet sur ton tatouage énergétique.
– Si j’ai bien compris, tu m’as juste rajouté quelque chose pour éviter que je me consume moi-même.
– Exact, quand j’ai vu l’aspect qu’à ta peau autour du cœur, j’ai préféré te l’inclure. En fait l’énergie est tirée plus vite que je le pensais et tes cellules humaines ne le supportent pas. »
J’ai interchangé le générateur avec mon cœur et une fois en place, son énergie me traversa le corps, comme le jour où Sia m’avait soigné en utilisant mon collier et ses pouvoirs.
« Voilà, t’es comme neuf, donc, il faut que je t’envoie au Japon ?
– Oui, il faut que je la retrouve, il faut que leur fasse payer ce qu’ils ont fait.
– Oui, une minute, me dit-il en décrochant le téléphone. Oui, salut, ça va oui, quoi ? Oui je me souviens et vous l’avez trouvé ? Donc j’imagine que tu n’es pas prête de revenir de suite ? D’accord, salut.
– Qui est-ce ?
– Ma femme, elle a retrouvé le tombeau d’un dieu.
– Un dieu ? Ta femme est archéologue ?
– Oui, archéologue des civilisations que ça s’appelle. Elle a découvert qu’avant nous il y avait une civilisation bien plus évoluée que la nôtre. Avec des fragments, encore un truc biblique, d’Eden, je crois. Le Dieu du temps qu’elle m’a dit, Tosh… truc.
– Toshiie.
– Oui exact, tu en as entendu parler ?
– Pas tout à fait, il est à l’origine des pouvoirs de Leo, il cherchait son tombeau justement, tu pourrais m’indiquer où est ta femme ?
– Bien sûr, c’est dans les environs de Pékin, une petite montagne pas loin. Je ne connais pas le nom.
– Merci, je le retrouverais. Je te laisse, j’ai quelque chose à faire, à demain. »
Qu’est-ce qui m’avait poussé à le retrouver et comment avais-je fait pour être aussi sur que c’était là-bas qu’il fallait que j’aille ? J’ai pensais que Sieg pourrait m’éclairer.
« L’amour !
– Quoi ?
– C’est l’amour qui t’a permis de la retrouver indirectement en trouvant ton agresseur.
– Perspicace, mais comment expliques-tu, le fait que je l’ai vu, que je me suis vu monter sur le bateau ?
– Une, vision… Ça voudrait dire que tu peux maitriser la vision temporelle !
– Grâce à sa faculté à avoir des rêves prémonitoires.
– Et tu n’aurais pas pu le dire plus tôt !
– Je n’étais pas sûr que tu en serais capable.
– Dans tous les cas, il faut que j’y aille. Tu viens avec moi Sieg ?
– Oui pourquoi pas, ça peut être drôle. Mais reprends tes armes, on sait jamais.
– Exact, on se retrouve à Tokyo demain ? J’aimerais retourner chez moi avant.
– Pas de soucis, à demain l’ami. »
Mon plan était en place, j’avais toutes les armes en main pour achever ma vengeance. Seulement quelque chose me tracassait. Qu’est-ce qui me poussait à continuer, je pense que Leo m’a fait obtenir ce qu’il voulait pour mon bien, mais pour quoi me laisser continuer ? Il restait malgré tout, une question dont la réponse me restait inconnue et que Leo ne me donnerait pas, je devais la découvrir par moi-même.
J’étais retourné chez moi, je voulais aller voir quelqu’un. Lorsque j’étais arrivé, Kat ne signala pas mon entrée, comme si elle ne voulait pas la déranger. Elle se tenait à la même place que le premier jour que j’avais passé dans cet appartement. Devant la baie vitrée à contempler la vue d’une ville si immense et belle. Qui avait su rester authentique malgré les avancées technologiques.
« Je ne pensais pas te retrouver là.
– Je n’ai pas envie de retourner chez moi, j’y ai trop de souvenirs.
– Je te comprends…
– Tu sais, je me dis que celui qui l’a tué se trouve surement dans cette ville, mais que je ne sais pas où il peut se cacher.
– Non, il n’est plus ici. Il est à Tokyo et je pars demain pour le retrouver.
– Je veux venir avec toi.
– Non, je n’ai pas envie que tu te fasses tuer toi aussi. Je préfère y aller seul.
– Alors je veux que tu fasses quelque chose pour moi. Un grand aux cheveux gris lui a pris le collier que je lui avais offert. Ramène-moi-le s’il te plait.
– Tout ce que tu voudras.
– Merci ! me répondit-elle en me serrant dans ses bras. Je vais te laisser, bonne chance. »
Pendant un laps de temps, j’avais un frissonnement dans les bras et une lueur verte qui s’en dégageait.
(« Je le savais.
– Quoi ? Tu sais ce que ça veut dire ?
– Oui, elle aussi possède cette force en elle, j’imagine donc que ton ami Loïc doit aussi en faire partie.
– Il faut donc que je les réveille c’est ça ? Tu m’expliques comment ?
– Pas de suite, dans ton temps. Tu verras ça sera plus simple que ce que tu le penses.
– Je l’espère. Et comment je saurais qui ils sont ?
– Je ne sais pas, ton imagination et tes idées te donneront peut-être la solution.
– Merci de ton aide l’ami.
– C’est un plaisir ! me fit-il suivi d’un petit rire narquois. »)
Une fois de plus je n’avais pas dormi, j’ai passé la nuit à m’entrainer et à jouer de la musique. Je savais jouer du piano, même si je ne savais pas qui m’avaient appris. Peut-être Loïc ?
Mercredi 13 juin 2063, j’étais reparti tôt le matin, avant que Justine ne se lève. J’avais donné rendez-vous à Maya sur le toit de mon immeuble pour partir. Le voyage pris une heure à peine. Elle me laissa à trois kilomètres du port, sur un bâtiment d’Agentek. J’en avais fait un peu le tour, récoltant quelques informations par-ci par-là. Le bateau était censé partir vers midi. J’avais donc cinq heures pour m’y rendre et trouver quelques infos de plus. Sieg me rejoignit lorsque j’étais sorti de l’édifice.
« Content de voir.
– Si tu savais, je ne sais pas pourquoi, mais je la sens mal cette mission.
– Pourquoi ça ? Tu as tes pouvoirs, tu ne crains presque rien !
– Presque comme tu dis. Tu veux que je te dise. J’ai peur.
– Peur de quoi ?
– D’avoir fait tout ça pour rien, peur d’en arriver à échouer ou même pire, mourir sans avoir pu la sauver.
– Rassure-toi, on va gérer ! »
On s’était dirigé vers le port, avançant tranquillement quand un allumé nous arrêta. « Eh ! L’augmenté ! » Je n’avais pas prêté attention à lui dans un premier temps, mais je n’avais pas trop le choix.
« Oui c’est à toi que je cause tas de ferraille !
– Qu’est-ce que tu me veux ?
– On sait pourquoi t’es là. Je vais te casser ta gueule, tu n’auras pas le temps d’aller les voir ! »
Je lui avais tout juste laissé le temps de finir sa phrase que je lui avais déjà transpercé la gorge avec la lame que j’avais dans le coude.
« Ouh ! Il a pris cher !
– Je les éliminerais un par un s’il le faut pour la retrouver.
– Tant mieux. On y retourne ?
– Avec joie ! »
On avait continué à marcher, arrivant à onze heures devant notre cible. On avait fouillé le paquebot de part en part, sans rien trouver d’intéressant. Ou presque. Arrivé dans la cale, on était tombé sur une grande salle vide, noire. Quand d’un seul coup, la salle s’alluma, dévoilant un mastodonte de deux mètres de haut.
« Pearce !
– Steven !
– Vous, vous connaissez ?
– Un vieil ami.
– Tu sais que ton mystique ne te sert à rien ici !
– Je sais, je n’ai pas besoin de lui pour te démonter une fois de plus.
– Tu crois vraiment que tu peux me terrasser ! Tu t’es regardé ! Tu ne fais même pas la moitié de ma carrure !
– Et ? Tu crois que c’est que qui va m’empêcher de te tuer ? Tu sais, se battre comme une brute ne sert à rien, apparemment tu n’as pas retenu ce détail de ta dernière défaite !
– C’est ce que tu crois, tu ne me vaincras pas cette fois-ci ! »
Cette brute se jeta sur moi, inconscient. Il arrivait à m’infliger quelques dégâts, tandis que moi j’utilisais les lames de Lucifer pour l’attaquer. Après dix minutes de combat, j’étais tout de même parvenu à l’épuiser.
« T’es idiot ou tu le fais exprès ? Depuis le début tu ne te défends même pas ! À part à me planter ces lames fantômes !
– C’est toi qui es con, elles ne sont pas fantômes, je vais te montrer. J’ai qu’à claquer des mains et… »
D’un coup, toutes les lames explorèrent en même temps. Le réduisant à un tas de chaires saignant et agonisant.
« Alors, je suis toujours aussi inutile, lui fis-je avec un léger sourire sarcastique.
– Achève-moi ! Pitié !
– Laisse-moi réfléchir… Non ! Ça te ferait trop plaisir que je le fasse ! » lui répondis-je en passant à côté de ce qu’il restait de lui. « La meilleure mort pour toi reste la souffrance ! Et, ton collier, je le récupère, tu n’en as plus besoin maintenant, puisque toi aussi tu es mort, comme la cible à qui tu l’as récupéré !
– Et à quoi il va te servir ? Je doute que ce soit Leo qui te l’ait demandé.
– Sieg, pourquoi faudrait-il que tout ce que je fais ne concerne que Leo ? C’est Justine qui a voulu que je le récupère.
– Ah. Et maintenant ?
– On se laisse guider !
– Comment ça ?
– Le bateau nous mènera là où on doit aller.
– Oui, mais comment on se cache ?
– Oh, j’ai omis ce détail. En fait là je ne sais pas trop.
– Moi personne ne me voit, mais toi. Si je crois qu’il y a des cellules de stase dans la salle d’après, tu pourrais t’y mettre.
– Et finir on ne sait où n’importe quand ?
– Exact.
– Bon, si je n’ai pas le choix. À plus l’ami, en espérant que je ne me ferai pas tuer. »
Je m’étais donc confiné dans ce tube, endormi, une fois de plus. N’attendant qu’un con pour venir m’en sortir. Seulement j’espérais trop. On m’en avait bien sorti, je ne sais combien de temps après. Je savais juste que l’on m’avait installé sur un siège, attaché aux mains et aux pieds. J’y avais passé des jours et à chaque fois une femme me demandait qui m’envoyait et comment j’étais arrivé à m’infiltrer. On me frappait à chaque fois que je ne répondais pas ou mal. Je ne sais pas combien de temps j’avais passé assis sur cette chaise. Mais le temps commençait à se faire long, très long…
(« Adam ! Adam !
– Quoi, qu’est-ce que…
– Je vais te sortir de là.
– Alors fait vite.
– Presque, il faut que la femme revienne, sans elle je ne peux rien faire.
– Quoi, mais pourquoi ?
– Fais-moi confiance, je veux juste que tu l’obliges à te regarder dans les yeux, et qu’à ce moment-là tu replies tes lunettes.
– Et quoi ça pourra bien nous servir ?
– Fais-moi confiance. Je te laisse elle arrive. »)
« Il est enfin réveillé. Alors M. Pearce, vous êtes décidé à parler aujourd’hui ?
– Venir me voir tous les jours, ça en deviendrait presque du harcèlement sexuel !
– Allez-y ! Jouez avec moi. Riez, mais moi, vous ne me ferez pas rire.
– Non, mais je suis sûr que je peux vous faire votre petit cul !
– Mais c’est qu’il perdrait la tête l’agent du FBI. Vous êtes tombé amoureux de moi et avez oublié l’autre ?
– Non, juste que j’admire votre corps de salle chienne. Combien de fois vous faites-vous sauter pas jour. Deux ? Trois ? C’est que l’on doit se faire chier ici quand même !
– Il va se calmer l’autre là, vous n’avez aucun moyen de me faire plier, mais moi si !
– Et moi j’ai un moyen de vous rendre encore plus heureuse que le con avec qui vous êtes !
– Et comment ? J’aimerais bien voir ça !
– Approchez, c’est un secret. »
Et elle m’écoutait, s’approchait de moi, me fixant droit dans les yeux, oubliée dans mon regard caché par mes lunettes et j’appliquais le conseil de Leo, j’enlevais mes lunettes et laissais mon ami jouer. « Regarde et admire le contrôle de l’âme. » La femme en face de moi se mit à crier, perdant la tête. Puis d’un coup elle s’arrêta et se tourna vers moi. J’observais ses yeux et ils étaient devenus blancs.
« Qu’est-ce que tu lui as fait ?
– Un soldat à ton service, tu n’auras qu’à l’assommer et quand elle reprendra ses esprits elle redeviendra normale.
– Détache-moi !
– À vos ordres !
– Ah ! je me sens mieux. Mais que vais-je bien pouvoir faire de toi ? »
La vitesse à laquelle ces quelques évènements arrivèrent m’avait fait oublier le fait que je n’étais pas seul et qu’il y avait surement du monde dans les parages.
« Ton esclave sexuelle !
– Quoi ?
– Ben oui, ça fait trois mois que tu es attaché ici, tu dois être en manque ?
– Trois mois ?
– Ouaip. Je me présente, je m’appelle Ilan Anderson, enchanté de faire la connaissance du grand Adam Pearce.
– Euh…
– T’inquiète, je suis avec toi, je suis du FBI J’ai été envoyé pour les traquer, mais à mon avis tu feras à meilleur boulot que moi !
– Et je te la laisse ?
– Avec plaisir, va, tes fringues sont dans mon bureau, je t’y retrouverais. »
Un allié dans ce labyrinthe de fer. Super, finalement ce n’était pas si compliqué que ça ! Nous étions donc repartis, sans trop savoir quoi chercher, surtout moi.
« Il est censé arriver où ce rafiot ?
– Quelque part en Arctique, dans une base de recherche biologique de Liantek, pourquoi ?
– Et il est arrivé ?
– Depuis trois jours oui. Mais pourquoi tout ça ?
– Ma femme est ici et je suis ici pour la retrouver.
– Et comment tu veux t’y prendre, ce n’est pas que ce bâtiment est immense, mais un peu quand même. Regarde par toi-même.
– OH ! répliquais-je en jetant un œil dehors. Pas grave, je la trouverai tout de même !
– Bon, à être là, je cherche un moyen de repartir et toi tu fais ton affaire ?
– Pas de soucis. »
Je m’étais dirigé vers l’édifice glacé, entrant de force, n’ayant que pour cible ma femme, que je voulais retrouver. À ce moment, un imbécile vint m’importuner.
« Adam ! Enfin je vous joins. Où êtes-vous ?
– En Arctique !
– Quoi ? Mais vous faites quoi là-bas !
– Ce pour quoi j’ai été engagé, je vais éradiquer la source de vos problèmes !
– Mais non ! Vous ne pouvez pas éliminer nos alliés.
– J’écoute mon patron, vous feriez mieux de faire comme moi plutôt que d’écouter votre grande gueule ! »
J’avais raccroché avant qu’il puisse me répondre. Je devais achever mon plan et rien ne m’en empêchait ! J’étais seul, pas pour longtemps, Sieg m’avait rejoint quelques minutes après que je sois entré.
« Alors, où va-t-on ?
– À toi de me le dire ! J’ai deux objectifs, Nikki et ses salauds.
– Ils sont au sous-sol vingt-trois.
– Y’a pas quelque chose qu’il faudrait que je récupère en plus ?
– Pas que je sache.
– C’est parti alors ! »
Et le voyage commençait, on visitait tous les étages, succinctement, regardant si on ne trouvait pas un idiot voulant nous tuer. Et on avançait, tranquillement, en se racontant des conneries, pour ne pas penser à ce qui nous arriverait en bas. Et on ne l’imaginait pas du tout.
Une demi-heure plus tard, on arrivait à cet étage. Rien ne s’offrait à nous, mais rien du tout. Sauf, un immense robot, enfin un robot, un drôle de truc en ferraille qui apparemment n’appréciait pas notre entrée.
« Adam, tu vois ce qu’il a sur le torse ?
– Non, quoi ?
– La clé !
– La clé des anges ! Voyage stellaire !
– Quoi ?
– C’est la clé du tombeau de Toshiie.
– Tiens, mais qui voilà ? Tu viens chercher ta belle !
– Et t’arracher la pompe qui te sert de cœur, si encore t’en as une.
– Adam, je m’occupe du robot et tu le fais ?
– Je tiens à préciser que cette machine est la prison de ta jolie femme. Tu le détruis, tu la tues. Je suis le seul à pouvoir l’ouvrir.
– T’inquiète, je ne vais pas la tuer. Tu oublies que je suis comme toi. Ne t’en fais pas. Et fais-moi confiance !
– Alors je vais pouvoir me défouler !
– Le grand agent du FBI. Le retour fracassant ! Dans un écran de sa boite. Quelle fin tragique !
– Dommage, ce n’est pas ma fin et rassure-toi, je te réserve plus glorieux encore.
– J’ai hâte de voir ça ! »
Le combat se lançait, mais un grand problème survenait, il était toujours plus puissant que moi. Je ne lui faisais rien, ou presque rien, il m’esquivait et je prenais tous ses coups.
« Malgré tout ce qu’on t’a posé, tu restes toujours aussi minable. Un petit homme comme les autres.
– Mais au moins moi je suis encore un homme et pas un tas de ferraille sans cœur comme toi.
– Oh ! Le pauvre petit, il lui reste une part d’humanité. Ah oui ! C’est vrai, elle t’a mené jusqu’à ta copine. Mais à quoi bon si tu ne peux pas la sauver ?
– Qui te dit que je ne la sauverais pas ? Je ne suis pas comme toi. Épisode 1 : Le tas de ferraille contre l’aliéné augmenté !
– Quoi ?
– Leo, la clé ! »
Sieg me lança la clé du robot, le mettant hors service. La construction que Sieg avait donnée au cœur de Técéros avait été étudiée pour y accueillir cette clé. Je l’ai inséré et d’un coup tout autour de moi se figeât, plus personne ne bougeait, même pas Sieg. Je sentais mes bras bruler et une force surpuissante m’emporter. À ce moment, Leo avait pris le dessus et c’était déplacé devant notre ennemi effaré et perdu par ce qui lui arrivait.
« Mi-ange, mi-démon. Ce n’est pas un tas de ferraille qui fera plier le grand Leo Kryssen ! »
Une fois de plus quelque chose avait changé, ma force et ma puissance avaient doublé ou triplé. Je me sentais capable de tout, même de terrasser le plus puissant des monstres. Mais mon adversaire n’était pas d’accord avec moi et n’avait pas dit son dernier mot.
« Bon et maintenant, tu penses pouvoir m’avoir ? Avec ta nouvelle jolie voix ?
– Je ne pense pas, j’agis ! »
Instantanément Leo se jeta sur lui, l’attaquant à une vitesse fulgurante, chaque mouvement, chaque attaque, chaque coup lui étaient destinés et tous l’atteignaient. Seulement cette fois-ci, ce n’était pas son combat et me rendis ma place.
« J’ai quelque chose à te rappeler, je ne suis pas de ton monde, je ne suis pas comme toi. Je ne suis comme personne. Seulement moi, j’ai la capacité de t’anéantir !
– J’en doute fortement… me répondit-il en agonisant.
– Sauf si tu ne l’as pas remarqué, tu m’avais presque mis dans ton état, mais moi je me régénère, toi non.
– Adam, ses armes. »
Sieg me jetait deux épées courtes, assez larges, que j’attrapais. Je jouais un peu avec, narguant celui qui se trouvait en face de moi.
« Eh, mais elles sont à moi ces armes !
– Exact Leo, je les ai récupérées sur ta dépouille quand je t’ai tué en 1952. Eh oui, c’est encore moi et non tu ne m’avais pas tué. Je suis un voyageur, ce n’est pas un misérable Gardien de L’Ordre qui va me tuer.
– Tu crois. Rafraichis-moi la mémoire. Un voyageur comme toi, meurs bien dans tous les temps, puisqu’il est intemporel !
– Tel que toi !
– Certes, sauf que cette fois-ci je ne me ferai pas tuer, mais je risque de te faire souffrir.
– Et bien, je t’attends ! »
Sieg suivait toujours tout ce que je disais, ou faisais. Il écoutait et lisait dans mes pensées pour anticiper mes actions. Je m’étais dirigé sur mon ennemi, l’attrapant et le lançant en arrière. Sieg me suivant avait pris soin de placer le robot en face de ma zone de lancer. Enfoncé dans le métal, je m’étais dirigé vers lui.
« Je te fais un cadeau. Je t’offre un robot en guise de nouveau corps ».
J’ai découpé sa carcasse en morceau en accrochant celle du tas de ferraille en dessous. Ses composants fusionnaient avec le robot, libérant ainsi Nikki et le laissant prendre sa place. Je l’ai récupérée dans mes bras. J’ai ensuite poussé cette ordure du pied dans la colonne principale de la salle.
« Qu’est-ce que… où est-ce qu’on est ?
– En antarctique, je t’expliquerai, pour l’instant il nous faudrait sortit d’ici.
– ALERTE ! AUTODESTRUCTION ENCLENCHÉE À CINQ MINUTES.
– Et comment tu comptes t’y prendre ? reprit Sieg d’un air agacé.
– Adam, l’héliport se trouve juste sur le toit. Je t’y attends ! me fit Ilan par téléphone.
– Qui est-ce ? Me demanda Nikki à peine réveillée.
– Notre billet de sortie. Il te reste assez de force pour y monter ?
– J’en doute. Je suis désolé.
– Pas grave je vais voler. Sieg, tu nous ouvres le chemin ?
– Avec plaisir très cher ! »
Nous nous étions dirigés vers le toit, en veillant à ne pas passer à travers l’héliport. Arrivés nous sommes montés en vitesse. À une vingtaine de mètres de l’édifice, je regardais l’explosion et l’achèvement d’une nouvelle bataille, la première à mon nom, en tant que guerrier et porteur de l’âme de Leo Kryssen.
« Eh bien, voilà une bonne chose de faite. La clé du tombeau, ton plus vieil ennemi. Et ta femme. Ce n’est pas une belle affaire ça ?
– Bien vu Sieg. C’est exact, j’ai tout ce que je voulais, surtout ce pour quoi j’ai fait tout ça.
– Tu as risqué ta vie pour moi. Je t’en remercie.
– Je n’ai pas fait que ça ! J’ai déchiré un homme d’affaires trop gros pour sa grande gueule, j’ai tué le plus vieux de mes ennemis, Stevenson trente-sixième du nom, un Stevenson de plus au compteur, j’ai achevé ma plus vielle vengeance. J’ai été martyrisé et transformé en robot en prime !
– Oui, mais un robot qui a un cœur !
– Un cœur de Técéros bleu, dont l’énergie…
– Sieg ! lui répondit-on Nikki et moi en chœur.
– Désolé.
– Mais dit moi Adam, pourquoi l’arctique ?
– À ce que je sais et ce que j’ai trouvé, c’est l’endroit le plus dépeuplé du monde. L’avantage c’est surtout que personne ne se serait douté que quelqu’un viendrait se cacher dans un désert de glace. Et Dieu seul sait ce qu’ils faisaient là-dedans.
– Des tas de choses, comme le robot dans lequel ils m’avaient enfermé, des armes, des véhicules de combat. Tout ça grâce à la technologie des augmentations, que Kévin a soigneusement créée.
– D’où le pourquoi qu’il m’a engagé. Pour protéger tout ce qu’il fait.
– Où je vous laisse les amis ? Nous fit Ilan en nous coupant.
– Toi qui es un fervent admirateur de ma personne, chez moi, sur le toit t’as un héliport.
– Alors j’y suis chef.
– Descendait, j’arrive dans une minute. Ilan, je te remercie.
– De quoi ?
– Pour tout ce que tu as fait.
– Je n’ai presque rien fait. Mais tu as une dette envers moi !
– Je m’en souviendrais. Faudra qu’on se revoie un de ses quatre, tu me plais bien.
– Ne t’en fais pas, on se reverra bien plus vite que tu l’imagines ! Aller à plus !
– Ton premier fan ! Enfin, après moi bien sûr !
– Nikki. Je l’aime bien ce mec, je ne sais pas pourquoi, mais il y a quelque chose chez lui qui m’intrigue.
– On va le trouver.
– Oh, au fait, j’ai hébergé Justine le temps qu’ils t’avaient enlevé.
– J’espère que tu en as bien profité.
– Nikki !
– Je rigole, je sais bien que tu n’aimes que moi. Elle t’a aidé à me retrouver.
– Oui, surtout qu’elle a perdu Loïc, il est mort quand moi on me transformait, tué par Stevenson.
– Tanguy, comme je suis heureuse de te voir ! Tu l’as eu et t’as pensé à moi ?
– Tiens et oui, pour l’avoir eu je l’ai eu. Un de plus qui ne fera plus chier le monde
– Je te remercie, t’es génial !
– Je sais oui. Mais ce n’est pas tout, je vais aller faire un tour. À plus les filles. »
Un tour, sur ma Tour. Une fois de plus je viens méditer sur ce haut point dominant tout le reste.
« Tu es prêt à rentrer ?
– J’ai le choix ? J’ai une belle vie pourtant ici.
– Et tu en auras une encore meilleure chez toi. Dis-toi que si tu as réussi à la séduire, et vu comme elle est accro à toi, tu n’auras pas de mal à le refaire.
– Tu en es sûr ? J’aimerais tellement.
– C’est une fille superbe en plus. Ne la laisse pas passer. Ne laisse plus rien passer. Tu as la chance d’être différent des autres, d’avoir un destin hors du commun. Et une vie ou tu peux te permettre bien plus de choses qu’avant ou que quiconque dans ce monde. Alors, profites-en.
– T’as raison. Il ne faut pas que je laisse passer cette chance. Eh Sieg.
– Oui.
– Merci pour tout ce que tu fais pour moi.
– Mais de rien, je te le dois et je le dois à Leo. »
Je savais que j’allais quitter ce monde pour retourner dans le mien, que plus jamais ma vie ne serait comme avant. Rien qu’à voir tout ce qu’il m’était arrivé. Les temps ont changé, moi aussi. D’apparence, de personnalité, de vie. J’étais un nouvel homme. Prêt à défendre une cause plus noble que n’importe quelle autre. Celle de défendre l’humanité de pourritures comme j’ai pu en rencontrer ces derniers temps. Seulement j’étais bien ici. Et savais que si j’ai eu droit à un destin si merveilleux, il ne tient qu’à moi de le retrouver dans mon temps.
Je suis alors retourné chez moi, en 2012. La sensation de différence des deux temps était tellement surprenante. Ici, en deux semaines rien n’avait changé, sauf ma disparition. Quelques petites histoires par-ci par-là, mais rien de plus. Rien d’aussi important que ce que je venais de vivre. Un changement si inattendu. J’avais vu mon futur, ce qui m’attendait. Et je me disais que je ne devais rien laisser passer. Toutes les choses que j’avais dans le futur, je devais les retrouver ici. Par quels moyens ? Je ne sais pas. Mais mon imagination me permettrait de le savoir. Je devais trouver mes alliés. Mes amis qui m’accompagneraient. Pour achever la quête de Leo.
Tout ceci concluait un nouveau chapitre de l’histoire du grand Leo Kryssen. Mais signait le début de la mienne. Le début d’une très longue histoire, menant à la plus Grande Guerre que le monde ait connue. Une guerre des anges contre les démons.
La nature, source de la vie de toute espèce. C’est ici que l’homme vient échapper aux multiples problèmes que lui cause notre civilisation. Pureté, sagesse, repos, on y voyait une rédemption parfaite, loin de tout, loin des autres, loin d’un monde qui a oublié sa véritable nature, ses origines, loin de ces technologies. Technologies qui ont fini par changer le mode de vie de l’homme.
Le ciel rouge, présage qui, s’il est vu le matin pour la journée, ou le soir pour le lendemain, annonce une belle journée. Seulement les récents évènements m’ont appris que mon Nouveau Monde était très différent de l’original. Je n’interprétais pas cette chose comme je le devrais et m’imaginais à tout voir. Même le pire. Je ne savais pas trop quoi faire, je redébarquais dans ce monde, qui m’était presque devenu inconnu à avoir passé tant de temps dans le futur. Deux semaines pour un an. Est-ce vraiment imaginable, même possible en soi ? Pour quelqu’un de normal non, mais pour moi, désormais oui. Tout le monde change, mais pas tel que moi. J’étais totalement différent. Enfin presque, j’avais toujours mon apparence, mais celle d’Adam en plus. Pourtant je devais imaginer que je n’avais rien vaincu de plus. Me refondre dans la masse et passer le plus inaperçu possible. Avant mon départ, j’avais commencé à me faire quelques amis. Kévin en l’occurrence, qui m’avait ensuite offert la nouvelle vie d’Adam. Et Ludovic. Deux personnes à qui je commençais à m’attacher. Espérant que je puisse m’attacher à quelqu’un évitant qu’elle devienne la cible de ceux qui veulent me tuer. Pourtant je savais tout de même une chose, Justine avait quelque chose à voir dans cette histoire et je devais trouver le moyen de la réveiller. Là arrivait le problème. Comment ?
Qui disaient changement, incluait un changement d’habitude. Déjà, je n’allais pas tous les matins avec Justine et Loïc. Je faisais souvent un tour de la ville en courant, pour me tenir en forme. Donc je n’allais pas au lycée avec eux. Et arrivais avant eux. Premier jour, 12 novembre 2012, je suis arrivé au lycée. Sia m’y attendait.
« Mademoiselle !
– Salut Tanguy. Comment était ton voyage dans le futur ? Bien j’espère.
– Tranquille, je m’attendais à un peu moins, mais ça reste correct. Il faudra que tu m’envoies dans les limbes, je veux savoir si j’ai bien toutes mes améliorations.
– Tu sais que lorsque tu en sortiras vous fusionnerez une partie de votre personnalité.
– Oui, comme Leo l’a fait avec Adam avec la clé de Toshiie.
– Tu, tu as la clé ?
– Oui, je sais même où se trouve son tombeau.
– Chouette. Il reste dix minutes avant d’aller en cours, tu veux aller casser du démon.
– Avec plaisir, ça me réveillera un peu plus.
– Allons-y. Je te laisse dans le lycée.
– Et que dois-je faire mademoiselle ?
– Je ne sais pas, trouve une caméra, tout ce que tu peux. T’as dix minutes pile. »
J’ai voyagé, fait la visite de tout l’établissement. Détruisant tous ceux qui se trouvaient sur mon passage. Je n’ai rien trouvé à part des ennemis. Sauf au bout de huit minutes, où presque toutes les nouveautés d’Adam avaient pris part de moi, une étrange silhouette s’opposa à moi. Je ne pouvais pas l’approcher, elle s’éloignait à chaque fois que je faisais un pas. Jusqu’à ce moment.
« I Watch You!
– Quoi ? Non attend ! »
Et elle est repartie, me trainant dans tous les couloirs, c’était pourtant un bon exercice de vitesse. J’entendais l’horloge de Sia sur ses dernières secondes. Elle m’amena alors dans le préau où elle s’y arrêta pour de bon. Je me suis alors rapproché d’elle et au moment précis où j’étais face à elle, le temps était écoulé et je suis sorti des limbes. Dans le monde réel, je faisais face à quelqu’un aussi et c’était Justine.
« Tanguy, tu as vu un fantôme ?
– Euh… je…
– Oui c’est bien ça.
– Non. Comment est-ce que ?
– Comment quoi ?
– Je suivais quelqu’un dans les limbes, elle s’était arrêtée juste au même endroit où toi tu étais.
– Une coïncidence.
– Je refuse de te croire. Il y a quelque chose d’autre.
– En effet, tes bras sont tous les deux tatoués. Me fit Sia qui était derrière moi.
– Oh. J’aime.
– C’est vrai que c’est pas mal. Me fit Justine.
– Mais tu as vu quoi dans les limbes ?
– Une femme. Une superbe femme. Aux… non je vais m’arrêter là. Mais tu ne sais rien sur elle ?
– Je ne sais pas. C’est peut-être quelqu’un qui te cherche. Leo ne t’a rien dit ?
– Si je me souviens, juste avant de partir pour Tokyo : “Ton imagination et tes idées te donneront peut-être la solution.”
– Vous parliez de quoi ?
– De nos alliés. Un moyen pour les retrouver.
– Je vais m’y pencher dessus. En attendant, il faut qu’on aille en cours. »
Nouveau mystère. Qui est cette femme ? Nikki peut-être ? Personnellement j’optais pour cette solution. Mais rien ne me prouvait que c’était bien ça. Ça m’avait torturé la tête toute la journée. J’avais un peu de mal à me concentrer. À quoi bon puisque je suivais déjà qu’à moitié. Bref. Je devais éclaircir ce mystère alors j’étais allé voir Sieg, mon grand sage qui connait tout sur tout.
« Tanguy, te voilà. J’aimerais activer ta fusion avec Ada… Oh, tu es allé dans les limbes ?
– Oui, Sia m’y a envoyé. C’est d’ailleurs pour ça que je suis ici.
– Vas-y je suis tout ouïe.
– J’ai croisé une femme dans les limbes. Tu sais qui ça pourrait être ?
– Une femme dans les limbes, aucune idée.
– Aucun être n’est normalement censé pouvoir se trouver dans les limbes, à part quelqu’un comme toi. Ou un démon.
– Une âme perdue. Nous dit Sia en faisant irruption.
– Quoi ?
– Une âme perdue. J’ai recherché un lien entre ce que t’avait dit Leo et le fait que dans les limbes elle se soit arrêtée à l’emplacement où était Justine dans le monde normal.
– Ça impliquerait donc que tous les membres de L’Ordre sont bloqués dans les limbes ! Intéressant ! Mais bien sûr pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ! répliqua Sieg.
– Tu n’es pas parfait Sieg, tu sais. Personne ne l’est. Tanguy, qu’est-ce qu’il y a ?
– Je ne sais pas. Où sont alors ceux qui sont morts ?
– Comme moi Tanguy, tu n’as rien à craindre pour eux. Occupe-toi d’abord des autres. Dans les limbes, ils courent un danger.
– Une âme ne peut pas mourir. Pourquoi courrait-elle un danger ?
– Parce qu’il y a ici quelqu’un qui n’est pas comme les autres et qui nous veut du mal et à eux aussi, repris-je.
– Qui ?
– Akziel.
– Akziel, mais il est mort !
– Non, Adam l’a tué dans le futur, mais pas ici. Mais ne t’en fait pas je suis là pour te protéger Sia.
– Merci Sieg.
– Et moi pour les protéger. Je sens qu’il va falloir que j’en casse du démon moi.
– Je te cherche un moyen de la sortir, Sia tu t’occuperas des voyages dans les limbes.
– Et moi je casse tout ce qui bouge ?
– Euh, oui presque. Il faut trouver ce qui la bloque dans ce monde et je vais le faire. En attendant, fait ce que tu as à faire.
– Pas de soucis. »
Bloqués dans les limbes, au final tous ceux que je dois récupérer doivent s’y trouver. Sous différentes formes et différents endroits. Mais qui les avaient laissé errer dans ce monde de démons assoiffés de sang ? Je devais éclaircir ce mystère de plus. J’avais passé environ une heure à expliquer l’existence de Leo à Kévin et Ludovic ce jour-là. Et le lendemain, la première heure de cours, je l’ai passé à discuter de cette histoire avec eux.
« Des âmes coincées dans les limbes…
– J’ai l’impression que tu en sais plus que ce que je pense Ludo.
– Non, mais d’après ce que tu nous as dit, c’est louche. Je vous laisse je vais au babyfoot.
– Il me parait louche, tu ne trouves pas Kévin ?
– Si un peu, tu penses à quoi ?
– Aucune idée. Mais je ne vais pas le laisser s’en tirer comme ça s’il sait quelque chose.
– Et pour l’autre ?
– Je dois attendre que Sieg ait trouvé une solution. Je ne peux pas faire grand-chose pour l’instant. Sauf patienter.
– Et tu ne peux pas chercher un moyen de la libérer ? En fouillant dans les limbes ?
– Si, mais imagine que je pense avoir trouvé le moyen de la libérer et en fait je n’ai fait qu’ouvrir un portail entre le monde des démons et le nôtre.
– Ah oui, vu comme ça. »
Depuis le début, j’avais un léger frisson dans le dos, j’ai ensuite remarqué lorsqu’elle m’est passée à côté que c’était cette jeune fille, avec laquelle j’avais un certain lien.
« C’était qui ? M’interrogea Kévin.
– Nikki !
– T’es sûr de ta connerie Leo ?
– Sûr. Regarde tes bras. »
Ils avaient pris une lueur blanche. Et les tatouages dégageaient des particules de lumière. Plus elle s’éloignait, plus l’effet s’estompait.
« C’est grâce à Adam tout ça ?
– Exact.
– Ça va Tanguy, j’ai eu peur que tu sois attaqué. Me fit Sia en faisant irruption.
– Très bien, j’ai juste eu la confirmation de ce que j’attendais.
– D’accord, je te laisse alors.
– Bon, que doit-on faire alors ?
– Eh bien, on a deux heures de libres ?
– Exact.
– Alors on va voyager. Je sais où est à peu près le tombeau de Toshiie grâce à ta future femme. On va y voir ?
– Ma future femme… Euh oui, mais c’est où ?
– En Chine, Pékin pour être précis, répliquais-je en ricanant.
– Ouh, dur, tu m’amènes ?
– Bien sûr, le temps de sortir, de prendre l’apparence d’Adam et on y va. »
On s’était alors dirigé vers la sortie du lycée. Puis on s’est éloignés un peu pour éviter que l’on soit vus, je nous ai téléportés de l’autre côté de la planète.
« Bienvenu en Chine l’ami !
– Ouais, il a la classe Adam.
– Je sais, mais juste une chose. Ne me regarde jamais dans les yeux quand je n’ai pas mes lunettes.
– OK si tu veux. Et où on va ?
– Tanguy tient, on a eu la même idée. Le tombeau est dans cette montagne. Tu y trouveras une caverne dans les environs. Essaie de trouver la porte et je signerai l’emplacement. À toute à l’heure.
– Comment ça se fait que je le voie ? Il n’est pas censé être invisible ?
– Si, mais il s’est rendu visible pour toi dans le futur. Voilà pourquoi tu le vois.
– Et on cherche quoi au juste ?
– Le tombeau des Anges. Il nous faut les clés ce chacun des habitants pour l’ouvrir.
– Mais personne ne l’ouvrira !
– Oh, des fanatiques qui veulent protéger leur bien. Je suis un descendant d’un de ces anges, j’ai la clé.
– Personne ne profanera ce tombeau !
– Oh, quelle bande de cons ! Kévin, garde-moi ma veste. »
Je me suis attaqué à ces allumés avec mes deux lames, les uns après les autres. J’ai récupéré le sabre de mon dernier ennemi pour éradiquer d’un coup lancé les derniers arrivants. Je me suis stoppé au pied de Sieg qui venait d’arriver.
« Un peu plus et tu me tuais aussi.
– Tu sais bien que je n’oserai jamais, lui répondis-je en rangeant le sabre dans le fourreau.
– Bien, je marque la zone et on pourra partir.
– Non, pas tout de suite. Il faut les cinq clés, dont la tienne Sieg, reprit Leo m’ayant amené devant la porte.
– Quoi ?
– Viens voir. Je te lis. “Cinq hommes, cinq anges, cinq pouvoirs, cinq talents. Le temps dispose de l’entrée. Et la force de l’accès. La prêtresse donnera les pouvoirs des Nephilims Saorys aux élus.” Qu’est-ce que ça peut insinuer d’après toi ?
– Le temps dispose de l’entrée. Nous sommes les seuls à ouvrir une partie de l’entrée. La force de l’accès. Un ennemi capable d’être battu que par Feng, je pense. La prêtresse, je ne sais pas, la femme d’Izidro peut-être.
– En clair, il me faut bien tout le monde.
– Oui et ma clé !
– Ta clé… T’as une idée de l’image qu’elle a ?
– C’est une clé en ivoire. Une aile d’ange et une queue de démon. Seulement il te manquera encore quelque chose.
– Quoi ? Qui ?
– La clé du guerrier perdu et beauté illusoire.
– Soit ?
– Je ne sais pas et celle de Nikki.
– Alors on est partis pour une chasse aux clés ! »
Rentré chez nous, j’avais laissé passer les heures de cours. Restant normal. Sans plus. J’ai décidé qu’à partir d’aujourd’hui j’irai voir Loïc tous les mardis de seize à dix-sept heures. Lui étant en étude je pourrai discuter en peu avec. Et c’est ce que j’ai fait ces jours-là. On était le 13 novembre 2012, je suis entré naturellement dans la salle d’étude, ou presque. J’avais pris l’apparence d’Adam.
« Ne t’en fait pas Hubert, c’est Tanguy et je t’expliquerai après, mais il faut que je voie Loïc.
– D’accord, fait.
– Euh…
– Loïc ? Enchanté. Je me présente, Adam Pearce, je viens du futur. Tu peux m’appeler Tanguy aussi, ou comme tu veux.
– Tanguy, c’est vraiment toi ?
– Non, c’est l’apparition du pape devant toi.
– C’est bien toi. Alors ce voyage dans le futur.
– Comme tu peux le voir. Tout bénéfique. J’ai appris que j’avais une jolie petite femme.
– Tant mieux pour toi, moi je l’ai déjà. Alors pourquoi t’es venu me voir ?
– Pour te parler de ta jolie femme.
– Oui, qu’est-ce qu’elle t’a fait encore ?
– Rien. Elle est l’un des guerriers de L’Ordre, elle est comme moi, comme Leo.
– Pourquoi elle et pas moi ?
– Rien ne me dit que tu n’y es pas non plus. Il faut que je le découvre. Je veux juste te prévenir que si elle change d’un jour à l’autre ça sera normal.
– OK, je vais essayer de m’y faire.
– Tu n’aurais pas trop le choix à vrai dire, lui répondis-je en riant, le seul problème est qu’elle comme les autres est, bloquée dans les limbes. Donc j’attends que Sieg trouve le moyen de la libérer.
– Donc en attendant…
– J’ai le temps de passer ici, sous forme futuriste. Soixante-dix pour cent augmentés bioniquement.
– Chouette. T’es immortel.
– Toujours pas, mais bien plus solide. Par contre je te mets en garde toi aussi, lorsque je n’ai pas mes lunettes, ne me regarde jamais dans les yeux. Sinon tu seras un peu dans la merde.
– J’y penserai. Et qu’est-ce qu’il en a pensé Hubert de ton changement ?
– Je ne sais pas il faut que je lui explique. Je vais m’en occuper d’ailleurs à plus. »
Je n’avais rien fait d’autre de la journée ce jour-là, une fois parti du Sacré-Cœur je suis parti m’entrainer comme tous les jours. Mercredi 14 novembre 2012, voilà un jour non sans surprises. Ce matin-là, en anglais, notre professeur nous a présenté le correspondant anglais du lycée. Ryan Scott. Il devait passer six semaines avec nous, jusqu’aux prochaines vacances donc.
« Je lui ai demandé ce choisir quelqu’un avec qui il restera. En attendant que je remplisse quelques papiers, je vous laisse y poser quelques questions.
– Tanguy, qu’est-ce qu’il t’arrive ? Me dit Kévin en me détachant de mon rêve.
– Ce type, sa tête, je l’ai déjà vu. Mais où ?
– Je ne sais pas, ce n’est pas normal il est anglais quand même.
– Tanguy, il aura une question à te poser.
– J’écoute.
– I’m not sure but I think I know you.
– I think this too. I don’t know where but I have already seen you.
– Vous vous connaissez ?
– Non, j’en doute, mais sa tête me dit quelque chose.
– Ryan, je te laisse te mettre où tu veux.
– Je te le dis à toi, mais je parle français et le comprends donc. Garde-le pour toi, me fit-il après s’être assis à côté de moi.
– Pas de soucis. Mais ta tête me dit toujours quelque chose. »
Le cours était passé et on était partis au self avec Kévin quand d’un coup :
« Ilan !
– Quoi ?
– L’anglais, Ryan, je sais à qui il ressemble. Ilan Anderson. Je l’ai rencontré dans le futur, il était agent du FBI comme moi. Mais ce n’est pas possible. “Ne t’en fais pas, on se reverra bien plus vite que tu l’imagines !” Alors il serait quoi ?
– Un voyageur. Oui je me suis renseigné sur toute ton histoire.
– Un voyageur. Ça expliquerait des tas de choses.
– À voir. Tu n’as rien de nouveau à propos de l’âme dans les limbes ?
– Non, Sieg ne m’a rien dit.
– Pas normal.
– Un peu si, il cherche quand même quelque chose dans un monde dans lequel il n’est jamais allé et qu’il ne connait pas. Je suis le seul à pouvoir y aller.
– Autant pour moi, on va le laisser faire. »
À la fin de la semaine, rien n’avait bougé. Sieg n’avait rien de plus pour l’instant. Et moi encore et toujours à perfectionner mon style de combat. Rien ne vaut la maitrise des armes que l’on possède. Pourtant ce n’est pas la qualité de mes mouvements, plutôt une quête du rapprochement de la perfection. Je voulais être prêt à tout et n’importe qui. Alors je continuais, encore et encore sans jamais arrêter.
D’un autre côté je passais mon temps à rêver. J’avais quelqu’un qui me hantait la tête. Une fille, mais pas n’importe laquelle. Est-ce que ce que je ressentais pour elle était une réalité ou quelque chose poussé par Leo ? Maintenant que j’étais sûr qu’elle portait sa femme. Comment je pouvais différencier les sentiments de Leo des miens ?
(« Peut-être en sachant que tu ne peux pas ressentir les miens.
– Tout serait donc vrai. Et tout viendrait bien de moi.
– J’ai l’impression que ça t’étonne.
– Un peu oui. Ce n’est pas que j’ai plus trop l’habitude de ressentir quelque chose pour une fille, mais presque.
– Alors il faudra t’y faire. Elle va te suivre longtemps. Même cinquante ans plus tard.
– Alors j’ai intérêt à assurer.
– Je suis toujours là si tu as besoin de moi. Tu le sais.
– Ne t’en fais pas. J’y penserais. »)
Mardi 20 novembre 2012, toujours aucune nouvelle de Sieg. Mais ce jour-là, lorsque je me suis levé j’ai ressenti quelque chose d’anormal. Mais je ne m’étais pas torturé la tête pour en déterminer la cause non plus. Ce matin-là, j’étais arrivé comme les autres jours, Sia m’attendait. Mais une fois à l’intérieur Ryan arriva brusquement devant moi.
« Ryan, qu’y a-t-il ? »
Il ne répondait pas.
« Ça va ? lui fis-je en agitant ma main devant lui. »
Ile ne me répondait toujours pas. À ce moment il releva la tête et me fixa avec des yeux totalement noirs. Le seul mot qu’il prononça était : « DIE ! » Il m’avait fait passer dans les limbes, mais pourquoi ?
« Oh, c’est pas vrai !
– Quoi ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
– Il m’a pris dans les limbes.
– Mais non, je vais dire quoi aux profs moi ?
– Soit tu leur racontes des conneries, soit tu leur dis la vérité, au risque qu’ils ne te croient pas. Et je m’arrangerai avec eux après.
– Bon, d’accord.
– Alors, il me veut quoi lui ?
– C’est une bonne question. Essaie de le retrouver.
– Et comment ?
– De la même manière que tu as trouvé Justine et Barabas dans le futur.
– Intéressant, je l’avais oublié celle-là. »
Je m’étais mis en chasse. Pas pressé. À y être autant faire sauter une journée de cours. Alors j’ai cherché pendant bien une heure sans succès. Je ne voulais pas utiliser la vision intramurale, mais je n’ai pas trop eu le choix. J’avais un problème, je le voyais, mais il était bien trop rapide pour moi. Comment je pouvais l’avoir ? J’ai cherché quelque temps, une demi-heure environ. Mais sans succès j’ai voulu abandonner. Lorsque quelqu’un refit surface.
« I Watch You.
– Mais où es-tu ?
– Je suis dans ce monde, différent du tien, emprisonné à jamais. Je suis où elle est, je vais là où elle va.
– Mais qui es-tu ?
– Je m’appelle Amy Chang. Prêtresse de la Nature. Je suis heureuse que tu m’aies retrouvé Leo.
– Oui, mais j’aimerais savoir comment te libérer de ce cauchemar.
– Fear Me! Me lança Ryan en m’attaquant.
– Mais il est fou ce type !
– Tu devrais avoir peur de lui, c’est un guerrier très puissant !
– Pff, ce n’est pas parce qu’il est rapide qu’il me fait peur.
– Pourtant…
– Pourtant quoi ?
– C’est un voyageur.
– Et ? J’en ai déjà terrassé un, ce n’est pas un de plus qui me fera changer d’avis. Bon, au final comment puis-je te sortir d’ici ?
– Je ne sais pas. Je ne connais pas même les raisons de mon incarcération.
– C’est un problème oui. Mais ne t’en fait pas je vais trouver. En attendant moi il faut vraiment que je sorte et que je retrouve ce salaud. Il m’y a fait entrer, il m’aidera bien à m’échapper.
– Bonne chance. Il est derrière toi.
– Tant mieux. »
Il s’attaquait enfin à moi, il était rapide certes, vraiment rapide. Mais il avait un moment de faiblesse. Lui aussi se téléportait et au moment où il sortait et que j’arrivais à esquiver son attaque, il ne pouvait pas se défendre pendant quelques secondes. J’ai exploité cette faille pour pouvoir l’attaquer et lui infliger des dégâts. Mais il partit avant que je puisse l’achever.
« I haven’t finished yet.
– Comme tu veux l’ami.
– Chester.
– Quoi, t’as dit quoi ?
– Son nom est Chester.
– Oh, merci de l’info, mais il faut que j’y aille. On se retrouvera. À plus !
– Au revoir Leo. »
J’avais enfin obtenu quelque chose, son nom, pas à Ryan, mais au fantôme des limbes. Je n’avais qu’une seule chose à faire, aller voir Sieg pour le faire avancer.
« Sieg ! T’es là ?
– Toujours l’ami, que veux-tu ?
– J’ai son nom, elle s’appelle Amy Chang, c’est la Prêtresse de la Nature.
– Amy… Oh, oui, Amy…
– Qu’y a-t-il ?
– Rien, je me souviens d’elle, c’est une femme sublime.
– Et ? Comment je la fais sortir ?
– Ah ! Ça, je sais. J’ai cherché et ils ont été emprisonnés sous des sceaux démoniaques. Il te faudra la clé avec laquelle tu m’as libéré pour la délivrer. Mais il me faut encore du temps pour trouver l’emplacement du sceau. Mais j’ai remarqué, tu fusionnes de plus en plus avec Adam.
– Oui à force de rester dans les limbes. Pourquoi ce n’est pas normal ?
– Si justement. Et tant mieux d’ailleurs. Cette fusion, ces liens que tu crées avec les autres apparences, personnalités et personnes ne feront que t’aider lorsque Toshiie sera à toi. Du moins normalement.
– Normalement… J’adore t’entendre prononcer ce mot.
– Oui je sais, souvent rien n’est comme on le voudrait.
– Trop souvent. Dis-moi, tu aurais quelque chose sur un certain Chester. Un voyageur.
– Chester. Voyageur. Je ne sais pas ça me dit rien. C’est pourtant étrange, il n’en reste pas beaucoup.
– Le Survivant ! Non je déconne. Par contre je ne l’aime pas même s’il ressemble à Ilan.
– Quoi ? Il ressemble à Ilan ?
– Oui, pourquoi ça te choque ? Enfin c’est Ryan, son image du monde réel qui y ressemble.
– Moui, intéressant. Ce type m’intriguait déjà, mais là, il y a quelque chose de louche. Et je veux savoir quoi !
– J’imagine que je dois le faire.
– Ben…
– Oui, pas de soucis je m’en occupe.
– Au fait, j’ai quelque chose pour toi. Je l’ai retrouvé dans un trou, mais je pense que tu peux encore t’en servir.
– Qu’est-ce ? Encore un truc pour casser du mini Satan ?
– Exact ! Une extension de Rebellion qui t’offre une transformation en lance de combat. De plus j’ai apporté quelques modifications au katana que tu as récupéré en Chine, de quoi le faire disparaitre avec les autres, un peu l’aspect et deux trois trucs utiles.
– Tu ne penses pas que je vais être un peu lourd avec tout ça à force ?
– Tu t’en fiches tu ne portes pas les armes directement, sauf Ebony et Ivory.
– Je te remercie, ça me donnera encore plus de moyens pour tout casser ! Tu as encore besoin de moi ?
– Non tu peux partir si tu le souhaites.
– OK, à plus l’ami. »
De plus en plus lourd, surtout pour mes ennemis, j’avais encore plus choix d’armes pour les tuer, leur faire ce que je voulais. Et j’aimais ça ! J’avais l’impression que le nombre d’armes augmentait ma puissance, mais au final non pas ma puissance, mais les types de combos que je pouvais exécuter en changeant d’armes.
Mercredi 21 novembre 2012, une semaine et demie de passée et rien de plus. À part une légère différence momentanée.
(« Tanguy, j’aimerais que tu passes la journée avec l’apparence d’Adam.
– Comme tu veux, mais pourquoi ?
– Pourquoi pas ? Je pense qu’il ne te manque pas grand-chose pour avoir ses lunettes sur toi et je sais qu’une fois que Toshiie sera là, il te les faudra impérativement.
– Dans ce cas-là, je le ferai, ça sera un peu bizarre, mais c’est vrai pourquoi pas.
– De plus j’ai envie de tester quelque chose. Si ça marche, ça peut être amusant.
– Oh, là tu me plais. Qu’as-tu en tête mon cher ami ?
– Je veux voir si ça dérange tes professeurs et s’ils veulent s’habituer à Adam. Puis y’en a un qui m’intrigue, je veux en savoir plus sur lui.
– Je te suis, je le ferai. »)
Je n’y ai pas manqué, je suis arrivé sous le préau avec la tête d’Adam, tous les regards sur moi. (J’adore qu’on m’adule comme ça !) J’ai traversé la salle et me suis posé sur une table. Personne ne m’avait reconnu. Normal, sauf une personne. Sia. Par la suite Kévin en a déduit que c’était bien moi. Ce jour-là j’étais vraiment distrait. Je ne pensais à rien. Enfin, plutôt à rien d’autre qu’à cette fille. Ce qui ne plaisait pas autant à mes amis qu’à moi.
« Tanguy. Tanguy !
– Hein, euh oui. Qu’y a-t-il Kévin ?
– Tu rêves encore, j’imagine.
– Oui, lui répondis-je dans un soupir.
– Faut que tu t’en débarrasses.
– Mais elle me hante, elle est là dans ma tête. Et plus je la vois plus elle s’incruste. Plus je pense à elle moins j’arrive à m’en séparer !
– Trouve-toi une autre fille, me fit Sia.
– Tu veux que j’abandonne la femme de Leo ?
– Ah oui, c’est vrai. Mince j’y pensais plus à ça.
– Oui je vois bien.
– Et tu vas rester comme ça. Parce que je ne suis pas sûr que ça plaise à Bruno ça !
– Ouais je sais. Bruno… C’est fait exprès rassure toi. Je n’ai pas pris cette apparence pour le plaisir, mais parce que Leo veut tester une chose. Et je me suis prêté à son jeu.
– Bon courage alors ! »
Et j’en avais effectivement besoin. Kévin avait bien raison, ça n’a pas plu, mais vraiment pas à notre prof. Il a voulu que je le suive à la Vie scolaire. Autant dire que ça ne sentait pas bon du tout. Les pions, les CPE et la proviseure étaient là. Et là je ne le sentais pas du tout.
« Tanguy, pourrais-tu nous expliquer ça ?
– Adam, je vous prie. Ensuite…
– Je ne suis pas là pour te blâmer Tanguy, mais juste pour vous prévenir que si vous avez quelque chose contre lui, il faudra vous en prendre à moi ! »
Après cette longue discussion finalement raccourcie à quelques minutes, une chose me tracassait.
« Monsieur, mais pourquoi ?
– Tu m’as dit que je ne te connaissais pas et que j’avais encore beaucoup à apprendre de toi. Et bien toi aussi, c’est parce que moi aussi je suis différent que je veux que tu te sentes bien ici. Je te laisse.
– Mais ?
– Il est étrange ton prof. Mais je l’imaginais déjà.
– Ah bon ! Tu trouves.
– Oui et j’ai bien l’impression qu’il n’est pas le seul. Je vais les observeraient un peu plus quand tu les auras.
– Comme tu veux. »
Bruno s’était ligué avec moi, il m’avait protégé. Pourquoi ? Est-ce qu’il serait différent lui aussi ? Au final, ce monde ne serait pas si commun, mais plutôt rempli de tas de personnes qui cache leurs véritables identités. Pour rester dans l’ombre. Pour se faire oublier. Ils ont eu une vie différente des autres et ont voulu l’oublier par la suite, devenir comme tout le monde avec une vie normale sans un immense intérêt. À par celui de pouvoir être tranquille, simple, se fondre dans la masse. C’est ce que j’avais fait dans le futur, mais ce que je devais éviter pour l’instant. Je devais prouver ma valeur au monde. Montrer ma puissance. Et trouver pourquoi j’étais dans ce monde.
Jeudi 22 novembre 2012, toujours aucune nouvelle de Sieg. Rien ne bougeait et je commençais à m’ennuyer méchamment moi. J’aurais voulu partir dans les Limbes, mais Sia n’était pas là et Ryan invisible. Donc, une journée comme si j’étais redevenu normal. En fait non. Je n’arrivais pas à passer une journée sans rien de nouveau, une journée plate sans but et sans rien. (C’est chiant quand même) Quelque chose cette fois-ci qui me changerait à jamais. J’ai commencé ma journée normalement. Jusqu’au moment où j’ai appris que je n’avais pas Maths ce jour-là. Deux heures de cours en moins. Ma joie et mon engouement à ne rien faire me poussaient à être d’un coup plus énergique et à moins me soucier de ce et ceux qui m’entouraient. Mais cette petite pique d’humeur m’avait presque couté quelque chose. J’en étais arrivé à bousculer quelqu’un, mais pas n’importe qui. À ce moment j’avais l’impression que tous les autres avaient été éjectés par ce souffle. Je suis passé si près d’elle, comme la première fois, sauf que cette fois-ci, je ne suis pas juste passé à côté. Je l’avais fait tomber, mais mes réflexes m’avaient lancé pour l’attraper par la main. Je l’ai relevée, mais personne ne se souciait de ce qu’il pouvait se passer, trop pressé d’aller en cours.
« Excuse-moi, je suis passé trop vite, je n’ai pas fait attention.
– Mais non, c’est moi, j’étais trop pressé.
– Sauf que toi tu as cours et moi pas. Je suis le fautif d’accord ?
– Comme tu voudras.
– Allé, je vais finir par te mettre en retard.
– Merci, me répondit-elle avec un petit sourire.
– Ah, attend, ton portable.
– Oh, merci. »
Quelques secondes plus tard, je rejoignais mes amis après l’avoir regardé s’en aller.
« Tanguy. Je ne connaissais pas cette méthode de drague.
– Sia, voyons ! C’est connu portant !
– Seulement ça ne t’a pas servi à grand-chose.
– Que tu crois ! Je n’ai pas son nom certes, mais j’ai son numéro.
– Ouh, t’as fait fort là Tanguy. Me fit Kévin.
– Je sais oui, je ne suis pas trop mal ! Maintenant j’ai du boulot et pas mal même d’ailleurs.
– Alors fait, peut-être qu’elle sera moins dans ta tête après et que tu arrêteras de rêver.
– Faux. Ça sera pire encore ! Et c’est justement pour ça que je veux le faire.
– Ah, Tanguy. Me fit Sieg en apparaissant. J’ai quelque chose pour toi. Je sais où est le sceau d’Amy. Dans ce lycée, dans le bureau de la proviseure.
– Ah, ben t’as plus qu’à faire une connerie qui t’y envoie et aller dans les limbes.
– Non Kévin, ce n’est pas si simple que ça. La seule faille avec les limbes se trouve ici sous le préau. Lui répondit Sia.
– Alors, allons-y. J’aimerais continuer mes recherches sur ton Chester.
– Euh… sortis-je en me tournant vers Sia. Tu sais ce que je pense ?
– Oui.
– On est d’accord.
– Alors ? demanda Sieg.
– Demain, va finir tes recherches.
– OK, à plus.
– Chester.
– Oui, Amy, l’âme des limbes m’a dit qu’il s’appelait Chester. C’est en fait Ryan, d’où le fait que l’on ne le voie plus.
– C’est un voyageur non ? Je crois que je le connais.
– Exact. Et il n’est pas commode. Si tu pouvais m’en dire un peu plus sur lui.
– Deux sabres jumeaux, pouvoir de glace et de l’espace. Rapide, invisible. Un peu comme Nikki en fait. Mais pas tout à fait. Il ne parle jamais. On ne sait pas pourquoi. Il porte un masque blanc souriant, les yeux en croix.
– Eh bien, je sens que je ne l’aime déjà pas lui.
– Pourtant…
– Pourtant quoi ?
– C’est quelqu’un de gentil. Lui aussi est coincé dans les limbes. Sous les ordres de son maitre.
– Ouais. Mais je ne l’aime toujours pas. »
Maintenant que Sieg m’avait apporté ces informations, je me devais d’aller la libérer. Mais pas tout de suite, je n’en avais pas trop envie. De plus, il fallait que je prévienne Justine. J’aurais été odieux de ne pas le lui dire. Jusque-là je n’ai pas souhaité le faire. Mais il fallait que je m’y attaque. Le lendemain je suis arrivé au lycée sous la forme d’Adam et je le me suis dirigé vers la salle des professeurs pour laisser un petit message.
« J’aimerais que vous préveniez les professeurs qui ont la classe de STMG de ne pas s’affoler s’il se passe quoi que ce soit d’anormal.
– Et de la part de qui ?
– Adam Pearce. Je vous demanderai de le faire, sans chercher pourquoi ni comment. Je vous remercie d’avance. »
Il ne me restait plus qu’une chose. L’avertir. Chose qui fut finalement plus simple que je ne le pensais.
« Tanguy, pourquoi tu ne m’as pas prévenu ? C’est Loïc qui me l’a dit.
– Dit quoi ? Et comment t’as su que c’était moi ?
– Ben que j’étais comme toi ? Et Loïc m’a dit aussi pour ton aspect du futur.
– Ah, oui. J’ai quelque chose en plus. Je vais te réveiller aujourd’hui.
– Quoi, mais. Mais non !
– Y’a quelque chose qui te dérange ?
– Oui, je vais être en cours moi.
– Et ?
– Les profs ?
– Prévenus par mes soins. Enfin ceux d’Adam, mais c’est pareil.
– Euh…
– Ne t’en fais pas. Tu me fais confiance ?
– Oui, mais oui bien sûr.
– Alors, ne t’en fais surtout pas. Je m’occupe de tout.
– D’accord. Si tu le dis.
– Bonjour, Tanguy, me fit une charmante demoiselle en passant à côté de moi.
– Tanguy.
– Oui Justine.
– Elle…
– Quoi elle ?
– Ouais, petit coquin va.
– Mais quoi je n’y ai rien fait encore.
– Mouais, allé je te laisse je vais en cours moi. À tout à l’heure.
– J’y compte bien.
– Alors Tanguy, prêt à aller t’enfoncer dans les limbes ? me fit Sia.
– Ai-je vraiment le choix ?
– Je ne pense pas.
– Je te laisse le choix, tu le sais, tu te l’imposes après avoir vu ton futur.
– Exact. Bon, on commence quand ?
– Dès que le chef d’opération est là pour te guider. Enfin je ne suis pas là, je reste à la Tour, mais je te guide grâce au communicateur d’Adam.
– Et bien Sia, on s’y jette ?
– Partis. »
Déjà arrivé dans les limbes, tout l’édifice avait fini détruit en parts un peu partout.
« Et comment je retrouve son bureau maintenant ?
– Pourquoi ne pas passer dans la cour ? me fit Sia.
– C’est qu’en fait elle n’existe plus.
– T’as le choix d’aller faire le tour par l’escalier des professeurs. Me rappela Sieg par téléphone.
– Pourquoi pas ? Je n’ai pas trop le choix. Espérons juste que mon lycée ne veuille pas trop me tuer. »
J’ai traversé mon établissement totalement déchiré par les limbes, par différents chemins. Arriver à passer au sous-sol numéro deux pour retourner au rez-de-chaussée. C’est un peu inutile, mais aléatoire et je devais faire avec. Pourtant quelque chose était bizarre, il n’y avait personne. Mais vraiment personne. Je n’aimais pas ça, je m’attendais à voir n’importe quoi arriver n’importe quand. Seulement je suis arrivé dans son bureau sans aucun souci. Je n’appréciais guère le fait que ce soit si facile, mais après tout.
« Et maintenant j’en fais quoi du sceau ?
– Utilise la clé qui me gardait en stase Tanguy.
– Comme tu veux Sieg. »
Je l’ai écouté, j’ai inséré la clé et désactivé le sceau. La colonne c’est transformé en statue avec une aura faite d’yeux rouges lui tournant autour. Rien de spécial ne s’était produit à part ça. Mais j’étais surement allé trop vite dans ma réflexion. D’un coup la salle s’allongea d’une dizaine de mètres. Son aspect changeât et pris des allures de cathédrale. Une voix sombre et résonante se fit entendre. « Come Closer! » J’ai commencé à avancer vers le fond, mais quelqu’un arrivait derrière moi.
« Je vais t’aider, à deux on peut le tuer.
– Quoi, mais… Ryan ?
– Oui c’est bien moi. Je ne suis toujours pas sorti.
– La dernière fois, tu m’as emmené dans les limbes et tu as voulu me tuer.
– Ouais, tu m’aides et je t’explique ça plus tard. Parce que je ne voudrais pas t’affoler, mais le tyran est juste en face de toi près à te fracasser.
– Oh… »
Dans un élan de précipitation, je me suis jeté sur Rebellion, transformée en lance. J’ai planté la pique dans son ventre, je l’ai soulevé par-dessus moi, frappé au sol derrière moi puis éjecter en faisant un demi-tour sur moi-même.
« Alors, un problème ? répondis-je à Ryan en me tournant vers lui avec un sourire au coin des lèvres.
– Effectivement non. Bon on se le fait ?
– Avec grand plaisir l’ami. »
On s’est tous les deux précipités sur notre ennemi, lui avec ses deux sabres. J’avais opté pour mes deux épées. Rapides et puissantes. On faisait face à un mastodonte lourd et puissant. Je me suis glissé sous ses petites jambes pour les couper et Ryan lui fendit le dos, découpant sa colonne vertébrale.
« Et un gros cul en moins.
– J’aime bien ton arrogance, bon, on sort comment ?
– Tanguy regarde au fond, je t’ai marqué le portail sur le vitrail. Me fit Sia.
– Chouette, mais je ne vole pas moi ! lui répondit Ryan.
– Non, mais tu peux te téléporter et moi je peux te faire sortir.
– Non, Tanguy, tu sais qu’il y a un risque à utiliser Adam ici.
– Je sais et le prends. Ryan, je veux que tu te téléportes juste après le dernier bloc qui dépasse. Face à moi et en garde.
– Comme tu veux.
– Quant à moi, je vais te foncer dessus et te jeter sur le portail.
– T’es sûr qu’il n’y a aucun danger ?
– Convaincu.
– Alors c’est parti. »
Je me suis donc jeté sur ce parcours, détruit tout du long, volant et m’accrochant ou je pouvais. J’avançais sachant que je devais m’attendre à l’arrivée de Ryan en face de moi. Une fois le dernier bloc passé, il apparut devant moi, ses deux sabres croisés devant lui. J’ai mis toute ma force dans un coup pour le projeter à travers la vitre et me suis accroché à lui pour en faire de même. Le portail menait dans le préau du lycée. On en est sorti, Ryan projeté à l’autre bout et moi simplement à quelques mètres. Sia s’est ensuite approchée de moi.
« J’ai bien cru que ça ne finirait jamais. L’église ! lui fis-je en passant à ses côtés. »
Des tonnes de gravats sortirent après moi du portail juste avant qu’il ne se referme. Je suis ensuite parti chercher Ryan.
« Ça va l’ami ?
– Ouais t’inquiètes. Je ne m’attendais pas à une telle force.
– Je sais je m’épate parfois.
– Soit pas si modeste. Tient c’est normal ces traces noires autour de tes yeux ?
– Ah ça, oui, j’imagine que ça doit être les lunettes d’Adam.
– Et maintenant ?
– Tanguy ! En cours ! me fit le CPE derrière moi.
– Et bien… »
J’ai eu le malheur de le regarder dans les yeux, il commençait à perdre la tête comme la femme du paquebot. Je ne savais pas trop quoi faire jusqu’à que Leo éclaircisse cette partie. (Replie tes lunettes !) C’est ce que j’ai fait. Il reprit ces esprits et réengagea le dialogue.
« Euh, je crois que je vais vous laisser.
– Ça y est, ma fusion avec Adam est finie.
– Exact. Occupe-toi de Justine maintenant.
– Et tu vas garder tes lunettes ?
– Je n’ai pas trop le choix Ryan. T’as vu ce qu’il arrive à ceux qui me regardent dans les yeux.
– Ouais, autant s’y habituer alors. »
On était partis dans les couloirs, il était environ onze heures. Je voulais retrouver Justine et Ryan m’avait suivi. Sauf que je n’avais pas pris en compte le fait qu’elle puisse se transformer d’elle-même. Jusqu’à ce qu’on soit arrivé au second étage, lorsque l’on a aperçu une porte voler à travers le couloir et un individu en sortir.
« Et merde ! Suis-moi Ryan. »
Elle avait traversé le sol pour descendre dans le préau. J’en avais fait de même, j’avais posé mes deux portails et j’ai descendu l’étage. Ryan m’avait suivi. J’avais repris l’apparence de Leo, espérant qu’elle le reconnaisse.
« Amy!
– Qui es-tu ? »
J’étais en face d’une prêtresse, une prêtresse de la nature. Elle était sublime. Aussi grande que moi, les cheveux longs et bruns aux reflets verts attachés par des nattes, couronnés d’un diadème en argent. Elle avait les yeux marron noisette avec un reflet doré qui la mettait en valeur. Vêtue d’une robe longue et blanche avec un dégradé vert brodé de plantes. La pureté régnait autour d’elle, des oiseaux tournaient autour. J’étais en face d’Amy Chang et j’avais du mal à admettre qu’elles pouvaient nous transformer autant. Pourtant c’était bien vrai. (Est-ce qu’elle ou les autres ont eu le même choc quand je suis apparu ?)
« Leo Kryssen, guerrier temporel. C’est moi qui t’ai délivré de l’emprise des limbes.
– Je ne t’ai rien demandé.
– Certes, mais j’ai besoin de toi. Et tu le sais aussi bien que moi.
– Il ne représente pas une menace, nous sommes déjà parvenus à l’éliminer.
– Ça, c’est que l’on pensait. Il est bel et bien là, il nous regarde, nous traque. Il sait tout ce que l’on fait.
– Alors pourquoi ne le tue pas toi-même ?
– Parce que pour le tuer j’ai besoin des pouvoirs des anges. Je sais où sont leurs tombeaux, il ne me faut que les clés des membres de L’Ordre.
– L’Ordre, tu ne penses tout de même pas réunir tous ces membres !
– Et pourquoi pas ! lui répondit-il en s’avançant vers elle. Ensemble on peut battre un ennemi plus puissant que tous les autres, un adversaire que je n’ai pas pu éradiquer moi-même par le passé. Nous avons toutes les cartes en main, il nous faut juste les jouer au bon moment.
– Très bien, seulement je ne m’imaginais pas revivre ça.
– Tu comptais faire quelque chose d’autre de ta vie ? Ils ne demandent que nous Amy. Réfléchis. Je t’offre les pouvoirs des Anges qui nous ont portés jusqu’ici !
– Tu as une idée de l’endroit où peuvent se situer les autres ?
– Pas totalement. Toi non plus et pourtant je t’ai bien retrouvé.
– Et bien. Je te suis. On ne sera pas trop de deux pour les retrouver.
– Sauf qu’on ne sera pas deux. Tu oublies Sieg et Sia.
– Effectivement. Au revoir mon ami. »
Sa transformation était plus souple que la mienne. Son corps s’illuminait emporté par un flot de particules tournant autour et toute la lumière s’évanouissait en fumée.
« Qu’est-ce que… Leo ? fit Justine en reprenant ses esprits.
– Bienvenue parmi nous, lui répondit-il en me rendant ma place.
– Ça y est c’est fini ?
– Exact. Enfin presque. Maintenant tu auras droit à la petite voix de ton âme secondaire. Elle t’enseignera tout ce qu’il te faut savoir. Tes pouvoirs, tes méthodes pour te transformer.
– Et on doit faire quoi maintenant ?
– Rien. Je viendrais te chercher quand j’aurais besoin de toi.
– Rebonjour. Alors où est-elle ? fit Sieg arrivant à nos côtés.
– Et bien là… Ah non ! T’arrives trop tard.
– Quoi qui est-ce ? répliqua Justine.
– Je te présente Sieg Wahrheit. La raison pour laquelle je parlais tout seul. Ou presque.
– D’accord. Je peux ?
– Je ne te retiens pas. Par contre s’il te faut quelque chose. Pense à moi.
– J’essaierai. À plus.
– Pourquoi est-ce que je suis toujours en retard ?
– Peut-être parce que tu bosses trop Sieg ? Qui sait !
– Exact. Mais ! J’ai la position d’une âme perdue. Izidro. Au lycée Sacré-Cœur. Il me faut trouver le sceau encore.
– Le Sacré-Cœur ? C’est bien ça, le suivant est Loïc.
– T’es sûr de ta connerie ?
– Convaincu. Au boulot l’ami. On n’a pas fini encore ! »
Nouvel arrivant, nouvelles requêtes. J’avais récupéré Justine et il me fallait trouver Loïc. Dans mon ancien lycée. Sauf que j’imaginais que ce nouveau guerrier serait bien mieux gardé qu’Amy. J’avais recruté la prêtresse de la nature et donc sa clé. Pourtant un mystère restait incomplet. Ryan. Pourquoi m’avait-il attaqué et aidé ensuite ? Ce n’était pas logique. Il y avait surement une réponse à ça, mais je ne la connaissais pas. Je devais donc m’attaquer à un guerrier puissant. Destructeur. Dieu des ténèbres. Cette idée m’effrayait un tant soit peu. Mais à vrai dire je n’avais pas trop le choix. Leur survie était en jeu. Je ne devais pas laisser passer mes sentiments et frayeurs avant leurs vies.
Chevalier des ténèbres, envoyé des enfers. Un guerrier possédant une valeur morale dépassant l’entendement. Puissant, incorruptible, courageux, déterminé. Un guerrier que rien ni personne n’a jamais fait changer. Pourtant lui comme les autres avait fini par se retrouver bloqué dans mes limbes. Qui était à l’origine de ça ? Bonne question. J’imaginais bien que ce n’était en aucun cas volontaire, mais qui était l’acteur de cet emprisonnement ? Peut-être que l’un d’eux finirait par me le dire.
Deux semaines s’étaient écoulées depuis mon retour et déjà une liste de choses m’était arrivée. Amy, Ryan et mon changement d’apparence en étaient les principaux. Je poursuivais mon chemin sachant éperdument que je devais sauver un bon nombre de personnes, des âmes bloquées dans les limbes. Je devais les trouver aussi, parce qu’ils pouvaient se trouver n’importe où. Et n’importe quand d’ailleurs. Rien ne me prouvait que certains n’aient pas péril par les attaques incessantes des démons. Je me concentrais sur Izidro, le prétendant pour mon meilleur ami Loïc.
Lundi 26 novembre 2012, à cette date, un nombre assez conséquent d’heures de français avait sauté parce que notre prof était malade. Pas que l’on s’en plaignait, loin de nous cette idée. Seulement elles nous donnaient des heures de repos en plus bien mérités. Surtout pour moi ! Ce jour-là c’était mon prof de SVT qui était absent. Deux heures en plus au conteur du glandeur fini. Eh oui, je n’étais qu’un feignant ne pensant qu’à en faire le moins possible. C’est ça aussi l’adolescence. Ryan devait m’expliquer le pourquoi du comment de son attaque. Il a donc profité de ce temps pour me donner sa version des choses.
« Alors Ryan explique moi tout.
– Et bien en fait, je suis comme toi.
– Euh, quoi ?
– Oui, tu voyages dans les limbes. Je suis un voyageur et toi un maitre du temps.
– Un maitre du temps ?
– Oui, j’ai regardé ton style, ta personnalité, ta façon d’être. C’est en partie pour ça que Leo t’a choisi. Ce qui fait que je t’ai attaqué c’est que moi aussi je possède une âme comme Leo. Mais maléfique. Je ne la contrôle pas. Je sais juste qu’il s’appelle Chester et porte un masque pour cacher son visage.
– Et il me veut quoi au juste ?
– Ça, c’est une bonne question. Il faudrait arriver à le réveiller, le stopper et le tuer.
– On le tue je te tue avec. Et je doute que tu le veuilles.
– Et bien…
– On est d’accord. En attendant, je vais voir ce que Sieg a pu me trouver sur ton autre toi.
– OK. On va en cours, ou tu préfères aller jouer dans les limbes ?
– On va aller en cours, ça me changera un peu les idées. »
Je n’aurais jamais cru m’entendre dire ça un jour. Moi, vouloir aller en cours ! Inimaginable. D’un autre côté j’avais bien envie de me vider la tête. Enfin, me la vider pour laisser place à une chose. Parce qu’un final. À quoi servent les cours si ce n’est pour que tous les élèves pensent à autre chose que ce que le prof leur dit ? Personnellement j’envahissais ma tête de souvenirs, des meilleurs, ou d’une personne. Une seule personne. Je n’avais pas son nom et pourtant je savais éperdument que j’étais accro à elle. Comment une personne peut-elle nous hanter autant, arriver à transformer nos rêves, envahir nos pensées, que son visage apparaisse partout ? Que l’envie de la sentir près de nous nous rende si dingues, au point de faire n’importe quoi, de vouloir n’importe quoi pour lui plaire, pour la conquérir. Pour son cœur, pour son âme. Briser des rêves pour en faire de nouveau. Comment une machine si simple que notre cœur pouvait nous pousser à faire tant de choses pour une seule personne ? Pour celle que l’on aime ? J’en perdais la tête à vouloir répondre à cette question restée incomprise de tous. Mais comme toujours je n’écoutais pas en cours, c’était habituel à force. La journée passait et je n’écoutais toujours pas, elle était la seule que je voyais. Un seul avait apparemment un problème avec ça, mon prof de physique qui m’avait pris à part.
« Tanguy…
– Oui je sais je ne suis pas les cours, j’ai trop de choses dans la tête pour penser à ça. Ça vous va.
– Je m’en fiche un peu. Ce qui m’étonne c’est ça, me répondit-il en me montrant une revue à scandale. Pourquoi ?
– Vous croyez vraiment que j’ai détruit une église… Quoi que…
– Ce qui m’étonne c’est que ce n’est même pas dans cette ville. Je sais que tu n’es pas comme les autres.
– Vous savez, la presse veut toujours nous mettre tout sur le dos, quoi qu’on fasse. C’était comme ça dans le passé et ça l’est toujours à ce que je vois.
– Tu sais que ce torchon est écrit pas l’équipe de Barabas.
– Euh… Barabas !
– Oui.
– Décidément celui-là m’en veut.
– Pourquoi ?
– C’est une longue histoire. Trop longue d’ailleurs. Il ne m’aime pas et je ne l’aime pas non plus. Au moins c’est un amour réciproque.
– Fais-y attention tout de même.
– Ne vous en faites pas ! Il est bizarre comme prof.
– Qui ça Grey ? me répondit Sia.
– Qui ? Comment tu l’as appelé ?
– Aurais-je eu le malheur de dire Grey ?
– Ouaip.
– Bon. C’est un sage Saory, il te connait, mais tu ne le connais pas. Il est un peu comme Sieg pour toi.
– OK, je n’ai pas à m’en méfier alors ?
– Non. Pas que je sache.
– Monsieur Tanguy, voulez-vous vous joindre à nous ? me fit mon prof d’image en arrivant dans sa salle.
– Je ne sais pas. Déjà évitez, le Monsieur Tanguy, soit c’est Tanguy, sois Monsieur Rolland. Au mieux vous m’appelez Leo ou vous ne m’appelez pas. Ça marche aussi. Et pour finir, je vais tout de même répondre à votre question je ne suis pas un impoli. Je vais vous dire non, je préfère aller faire un tour. Et ne me tenez une fois de plus pas responsable de ce qui peut suivre dans cette classe. Merci.
– Attends-moi Tanguy, me fit Ryan se pressant.
– Tu ne veux pas subir le supplice de l’ours ! lui répondis-je avec un petit sourire.
– À vrai dire non, une après-midi de 3 heures c’est mieux quand même.
– Pas faux…
– Dégage Tanguy, Chester est de retour.
– Avec plaisir l’ami. Bon courage à plus ! »
Je m’étais laissé tomber, un portail en dessous et l’autre dehors. Je suis ensuite parti à la Tour voir Sieg. Ça faisait longtemps que je n’avais pas volé, je n’avais pas remarqué que je volais bien plus vite.
« Salutations à toi grand Sia Wahrheit.
– Quand même pas. En plus tu tombes vraiment bien. J’ai cherché un Chester. Et effectivement on n’a pas grand-chose sur lui. C’est un grand mystère. On le surnomme souvent le guerrier inconnu ou l’invité mystère. Il se range de n’importe quel côté…
– Il est maléfique, son hôte Ryan le contrôle et lui est bon.
– Ça expliquerait ce côté bipolaire. Bref ce mec nous intéresse parce qu’il possède une clé des anges.
– Quoi ? Ça serait pour ça qu’il m’aurait attaqué.
– Parce qu’en plus il t’attaque. Eh bien ! On n’est pas dans la merde. Au final on doit le rendre gentil ?
– Déjà le faire parler ça serait une bonne chose.
– Une petite aide ? me fit Ryan apparaissant derrière moi. Je pense qu’on peut l’isoler. Mais je ne sais pas trop comment.
– Une cellule de stase. Répliqua Sieg.
– Sieg, faudrait le faire sortir avant tu ne crois pas.
– Très juste.
– Je vous laisse penser, je vais au dojo moi à toute à l’heure, reprit Ryan.
– Il ne se gêne pas lui, ce n’est pas comme si c’était chez lui.
– S’il a une clé, il est bien avec nous non ? Continue tes recherches. Je vais aller jouer avec lui.
– OK. À plus.
– Tient, comment t’actives l’entrainement ?
– Kat, vague niveau un, deux et trois.
– À vos ordres. »
J’y avais envoyé quelque chose de simple, facile à battre. Je m’étais mis torse nu pour laisser respirer mon cœur de Técéros qui avait fini par apparaitre sur moi aussi. Ryan en avait fait de même. Seulement quelque chose chez lui était bizarre. Il avait un trou dans le dos, à la cime de sa colonne vertébrale.
« Toi aussi tu t’aères différemment.
– Ah ça, non, en fait il ne me sert à rien, mais je sais que lorsque Chester prend le dessus, il est plein, une barre ou une clé y reste. À lui ça lui sert. Mais pas à moi.
– Tanguy, j’ai peut-être quelque chose là-dessus.
– Je t’écoute Kat.
– C’est un connecteur, comme celui que l’on posait aux personnes lors des transferts d’âmes. Le porteur garde le connecteur. Le porteur détient une barre de Lithium. C’est ce qui sépare les deux personnalités et les âmes sauf les pouvoirs.
– Donc Chester est bien maléfique.
– Pas exactement. Tu es un soldat des Lignées. Un type de combattant qu’utilisait Akziel il y a environ trois ou quatre siècles.
– Et tu penses que je peux le rendre bon ? Sans le tuer.
– Si tu laisses Leo le faire. Ça pourrait te tuer. Tu aurais 5 minutes pour revenir dans ce monde et le lui mettre dans le dos.
– Pourquoi pas ? Ça doit pouvoir se faire.
– Sauf que tu devrais faire passer Virginie avant moi, reprit Ryan achevant son dernier assaillant.
– Que, qui ?
– La fille dont t’es amoureux.
– Ah, oh. Comment tu sais ça toi ?
– Je te rappelle que je suis voyageur.
– Oui c’est vrai. Mais pourquoi la faire passer avant toi ?
– Parce que c’est ta femme et que moi je ne suis rien.
– Tu es mon ami et je n’ai pas envie que tu fasses bouffer par ce truc. Je te rappelle que j’ai tout le temps du monde avec moi.
– Pas faux. Alors, fais ce que tu as à faire. Si tu as besoin de moi, on se voit demain au lycée.
– OK l’ami. À demain. Un guerrier des lignées…
– Courage, Leo en a tué des tas.
– Sauf que lui, je ne veux pas le tuer. Je veux le sauver. Enfin je m’en retourne chez moi. Je suis crevé. À plus Sieg. »
Décidément mon travail ne s’arrêtait jamais. J’entassais les quêtes, après Justine et Loïc qui m’attendait encore. Voilà Ryan qui avait besoin de moi. Pourtant je ne savais pas pourquoi, mais je portais une certaine attention à lui. Comme si un lien m’attachait à lui. Un lien de sang.
Un mois avant les vacances. Mardi 27 novembre 2012, je voulais aller voir Loïc, essayer de trouver son âme. N’ayant aucune indication de la part de Sieg, cette partie devait se faire par moi-même. Ryan avait tenu à m’accompagner. Quatre heures de l’après-midi, on se rendait à mon ancien lycée, pas pressé du tout. On avait pris notre temps. Lorsque l’on est arrivé, j’ai vu l’un de mes anciens professeurs sortir de l’étage où il faisait cours. À deux mètres de la zone principale de la cour, il se mit à me regarder et il me fit entrer dans les limbes. Ryan qui était à mes côtés s’enragea.
« Oh, c’est pas vrai !
– Attends ! »
Je l’ai laissé passer. Le regardant droit dans les yeux, comme lui. Une fois sorti de la cour, tout redevint normal. À ce moment-là je m’étais tourné vers Ryan.
« Désolé je ne peux pas te dire pourquoi il fait ça.
– Rassure-toi. Moi non plus, mais je sais comment est ce prof, il ne m’a jamais paru clair, encore moins maintenant.
– Bon où il est notre nouveau prétendant ?
– En étude, parce que lui il bosse ! En fait non, pas plus que nous. On y va ?
– Avec plaisir. »
J’avais laissé Ryan avec Hubert et m’étais mis au fond de la salle, comme la fois dernière. J’avais des affinités plus importantes qu’avant et la vision d’aigle m’a permis de voir quelque chose en plus. Une silhouette blanche tournant dans toute la salle. Elle se déplaçait à une vitesse affolante, on aurait dit qu’elle devenait dingue. Puis au bout d’un temps elle se posa, regardant Ryan me rejoindre puis elle s’approcha de nous. Elle fit raisonner cette parole dans nos têtes « I Watch You! »
« Je crois qu’elle ne t’aime pas Ryan.
– Exactement comme Amy. Mais cette phrase, je crois que je la connais.
– Hein ?
– Oui, j’étais derrière toi quand Amy a prononcé la même chose. J’en arrive à me demander si ces âmes ne sont pas les lignés de la Rebellion contre Akziel, que j’aurais tué…
– Ça expliquerait beaucoup de choses.
– Comme le fait qu’ils soient dans les limbes, bloqués par moi, à cause d’Akziel.
– De quoi vous parlez ? nous fit Loïc qui nous avait aussi rejoints.
– Regarde, lui répondis-je en posant ma main sur son épaule, tu vois cette tache blanche qui vole dans la pièce ?
– Oui.
– Je te présente Izidro, prétendant pour ton corps.
– Comme Justine…
– Voilà, mais il me faut trouver son sceau pour le libérer.
– Izidro, tu dis, reprit Ryan.
– Oui, pourquoi ? Tu as une idée de l’endroit où peut se situer son sceau ?
– Izidro, c’est Keiji. Le Tigre légendaire. Je crois que je sais où il peut être.
– Alors, éclaire-nous de ta grande sagesse.
– Si j’ai bonne mémoire, il y a deux grandes parties dans ce lycée. Ce bâtiment et celui de l’hôtellerie.
– Très perspicace dit donc !
– Arrête. Adam ne t’arrange pas toi. Un tombeau de guerrier lui avait été construit tout comme toi. Vous résidez dans les mêmes lieux à la différence c’est que le tien s’est brisé quand tu t’es réveillé. Et que ton âme n’était pas coincée dans les limbes.
– Et donc ?
– Ton prof, je pense qu’il en est le gardien. Le stade n’en est pas un, c’est une apparence qu’il a dans le monde réel, c’est un sanctuaire dans les limbes.
– Qu’est-ce qu’on attend pour y aller ?
– Que je puisse sortir tu ne crois pas. Me répondit Loïc dépité par notre récit. Mon prof de français m’attend pour aller en cours.
– Oh, euh… Si ! Je sais. Venez avec moi. Leo, j’ai besoin de toi.
– À ton écoute mon cher.
– Comment tu fais pour activer ce que tu as fait à la femme du paquebot ?
– Rien, tu as les lunettes d’Adam parce que ce pouvoir surpasse tes capacités. Plie-les et oblige-le à te regarder dans les yeux. Rien de plus.
– OK l’ami. Merci.
– Mais de rien.
– Tiens Monsieur Peyrelier, vous me reconnaissez ?
– J’en doute.
– Regardez-moi dans les yeux, je suis sûr que vous pouvez. »
Et une fois de plus cette puissance mystique agissait sur cette personne la rendant à mon service total.
« Que puis-je pour vous ?
– Je te prends Loïc, en attendant toi tu fais cours.
– Oh NON ! fit toute la classe dans un immense cri de joie.
– Désolé les mecs ! À plus ! Allez venez. On a du boulot.
– Attend Tanguy, comment je le remets normal ? me fit Hubert.
– T’y mets une bonne tarte et ça devrait aller. Merci l’ami je te revaudrais ça !
– Mais j’y compte bien. »
Le temps ne nous pressait pas une fois de plus. Cinq minutes pour faire le trajet. On s’était placé devant le terrain, essayant de retrouver un moyen d’entrer dans les limbes. Mais en vain ce n’était pas notre spécialité. À ce moment le CPE du lycée vint nous rendre une visite, intrigué par ce que l’on pouvait faire.
« Ça y est Tanguy, vous êtes décidé à revenir.
– En fait pas totalement non. C’est autre chose que l’on cherche.
– C’est ça que tu veux Tanguy ! me cria Sia à l’autre bout du terrain.
– Voilà, merci d’être venu nous voir, lui répondis-je après avoir traversé le stade avec mes pouvoirs.
– Je t’explique, vous sautez et je tourne.
– Mais t’es folle je me jette pas ce trou moi ! » me fit Ryan effrayé.
Je me suis penché sur le vide qui se présentait devant nous. Un tombeau construit à la verticale, couché. En voilà une idée. Une fois ma courte exploration finie, je me retournais face à Sia.
« On saute, tu tournes. Allez en avant l’ami !
– Non, mais NON ! Je te rappelle que je ne vole pas moi ! »
On s’était jeté en piqué, du moins moi attendant l’intervention de Sia qui nous permis de nous stopper au sol.
« Voilà les amis.
– Ben tu vois ce n’était pas si dur !
– C’est ça, fous-toi de moi. En attendant si elle s’était plantée on aurait été foutu.
– C’est ça. Bon, il est où ce sceau ?
– Un guide peut-être !
– Tiens Sieg. Comme je suis content de te voir. Va, je te suivrai où que tu ailles !
– Et bien, Adam ne t’arrange pas là-haut.
– Mais laisse-moi tranquille. Je suis bien comme je suis, même s’il faut que je sois fou pour ça !
– On n’est pas tout seul ici.
– Oui il y a un gardien, que Tanguy connait d’ailleurs. Fit Remarquer Ryan.
– J’aimerais ne pas le connaitre, encore mieux s’il faut que je le tue.
– Alors le sceau devrait se trouver dans la stèle principale. Et elle devrait être là où on est…
– Au-dessus. Ici c’est celle de Leo.
– Allez-y, je vous rejoindrai plus tard.
– OK l’ami. »
Ma stèle, mon repos éternel. J’aurais dû résider ici. Mais je n’ai pas eu cette chance. Ou ce malheur.
« Ça ne va pas Tanguy.
– Sia ? Je ne sais pas, j’ai l’impression de connaitre cet endroit.
– C’est ta tombe, il doit y avoir quelques objets qui t’appartiennent.
– Possible, mais quoi ? Attend c’est mon collier ça !
– Fais voir.
– C’est ma mère qui me l’avait offert. Je me souviens, elle m’avait dit : “Reste exceptionnel, tu es différent et c’est ce qui fait ta force.” Je n’ai que ce souvenir d’elle…
– Qu’est-ce qui est arrivé à ta famille ?
– Je ne sais pas, j’ai été adopté, je le savais. Je ne connais rien de mes origines.
– Et ton père ?
– Je ne le connais pas, je ne me souviens pas de lui.
– Tu n’as jamais essayé de le retrouver ?
– Je n’ai jamais eu le temps…
– Tanguy, on a besoin de toi ! fit une voix résonante ressemblante à celle de Ryan.
– J’arrive…
– Tanguy…
– Il faut que j’en sache plus. Aller, alors y, ils m’attendent.
– Et bien, comment t’as fait pour arriver si vite ? reprit Ryan.
– J’ai pris un raccourci. À au fait, fait gaffe y’a un trou derrière toi.
– Oh ! Merde, je ne l’avais pas vu, celui-là.
– Allez. »
Une fois de plus j’ai enclenché le mécanisme, cette fois-ci le sceau prit la forme d’une statue, entourée de bandelettes, laissant échapper un tigre de lumière.
« Je t’ai suivi pendant deux ans et je te retrouve enfin !
– Flageol !
– Tu ne sortiras pas d’ici. Tu en es conscient !
– Conscient que tu es un vieux débris défoncé, oui ça oui !
– Je vais te faire payer ce que tu as fait à mon fils.
– Oh, je croyais que tu en avais après Leo, mais en fait c’est moi que tu n’aimes pas. Encore mieux !
– Sauf que moi je suis deux ! me dit-il en se découpant en deux. Élémentaire Dimensionnel.
– Tanguy, tu l’occupes cinq minutes le temps que je déploie mon armure ?
– Cinq minutes, mais je l’aurais tué avant voyons !
– Mais non crois-moi. Ah ! Ben en fait c’est bon, merci pour la distraction !
– Je me fais le vieux ?
– Mais fais-toi plaisir, c’est toi qu’il n’aime pas ! »
On s’est jeté suer eux, déterminés, pourtant même si je le savais je l’avais sous-estimé. On n’arrivait pas à lui faire subir un seul dégât. (Coriace le vieux !) Mais j’avais une idée qui pourrait marcher.
« Ryan, tient prend ça, lui dis-je en lui tendant Ivory.
– Si tu veux, mais j’en fais quoi ?
– On les met face à face, on croise les balles et on leur coupe leur tête de shootés !
– Oh, croiser les sangs, j’aime. Go l’ami !
– Allez les deux cons, venez, c’est moi que vous voulez non ?
– Quand tu veux Leo !
– Maintenant ! »
Précipités sur nos cibles, on s’est lancés sur eux, tiré chacun notre coup et frappé chacun avec nos armes leurs têtes. Leurs morts se firent dans un grand souffle de vent qui faillit me faire tomber, encore en position accroupie de mon attaque.
« Pas si coriace finalement. Tient, ton pistolet est gravé Adam Pearce.
– Ah bon, je n’ai jamais regardé. Ça expliquerait pourquoi j’ai pris ce nom dans le futur. Regarde-moi ça, pendant qu’on risque notre peau, les deux autres se roulent une pelle !
– Ben voyons, ne vous dérangez pas pour nous surtout !
– Hey, on fait ce que l’on veut ! répliqua Sieg.
– Vous faites ce que vous voulez à condition de nous sortir d’ici ! leur répondis-je.
– En fait… Fit Sia.
– Quoi ? On ne peut pas sortir c’est ça ?
– Presque, Flageol aurait pu vous faire sortir.
– Magnifique, et tu n’aurais pas pu me le dire avant au lieu de t’occuper de Sieg ?
– En fait…
– Ouais c’est ça !
– Attend Tanguy, je crois qu’Izidro est dans le coin. Il pourra peut-être nous sortir ? me fit Ryan.
– Oh, lui répondis-je en activant la vision intramurale. Oui je le vois, au fond de la salle, il a ouvert un portail.
– Je doute qu’il puisse…
– Oh la ferme, vous deux ! »
Je me suis jeté sur le portail avant qu’il ne se ferme, Ryan m’a suivi quelques secondes plus tard. Cette fois-ci le portail menait dans la cour du lycée hôtelier. J’étais sorti plus loin, mais Izidro avait attendu celle de Ryan.
« Je vais t’arracher ta tête salopard ! »
Lorsque j’ai entendu ça, je me suis téléporté entre les deux ayant pris soin d’avoir l’apparence de Leo.
« Ne le touche pas !
– Mais c’est un ligné, un sale rat !
– Peut-être, mais si tu veux le toucher il faudra me tuer avant ! lui répondit-il en dégainant le katana.
– Je n’aurais jamais cru ça de toi Leo. Ôte-toi de mon chemin !
– Jamais ! »
Je lui avais lancé un coup de sabre dans le torse, il avait reculé de deux mètres, mais il n’avait rien. Il ne saignait pas, même ses vêtements n’avaient rien.
« On se retrouvera ! » nous fit-il avant de s’envoler en laissant une immense trainée de flamme dans les airs.
« Dur, Ryan je crois qu’il ne t’aime vraiment pas !
– Que veux-tu y faire ?
– Bonne question, il faut que je réveille Chester.
– Et comment tu comptes t’y prendre ?
– Je ne sais pas, je vais voir avec Sieg si je ne peux pas les réveiller. Ou au moins, me retrouver face à lui.
– Comme tu veux. Je te laisse je retourne au lycée. À demain. »
Qu’est-ce qu’Izidro voulait à Ryan ? Avait-il fait quelque chose de mal, ou quoi que ce soit qui engage la rage de cet étrange personnage. Juste le fait que ce soit un ligné ? Ou plus encore ? Il se liguait contre moi parce que je m’étais rangé du côté de Ryan. Et ça ne lui plaisait pas. Je devais découvrir d’où venait ce problème et trouver une solution. Deux jours plus tard, deux jours sans aucun souci, presque deux jours d’exil. Un étrange personnage fit son apparition dans le lycée, il rôdait, partout, collant tous ceux qui se trouvaient dans les couloirs, ou pas en cours. Mais pourquoi ? Au début on aurait pensé à un pion, engagé par le CPE parce qu’un idiot avait déclenché l’alarme incendie deux fois dans la même semaine. Il nous avait interdit de trainer dans les couloirs hors des cours. Sauf que lui il nous dégageait même si on était en cours. Trop étrange pour que ce mystère reste incompris et irrésolu. J’ai voulu mener mon enquête, mais deux fois je me suis retrouvé devant le CPE, sorti par Bruno. La seconde fois mes actions commençaient à l’intriguer.
« Tanguy, qui t’envoie dans son bureau ?
– L’idiot qui traine dans les couloirs, si j’étais le seul je lui aurais cassé sa gueule, mais coller parce que l’on est dans les couloirs, même quand un prof nous y envoie.
– Tu as une idée de cette chose ?
– Pourquoi chose ?
– Je ne sais pas, j’imagine qu’il n’est pas humain, du moins il ne le parait pas.
– Vous pensez, personnellement j’aurais dit un joli démon, il me faudrait aller dans les limbes pour m’en assurer.
– Si tu te décides, viens me voir.
– C’est gentil, mais j’ai Sia aussi.
– Ah oui, je l’oubliais. Bien, retourne en cours et tâche de ne pas te faire voir.
– J’y penserai. Merci. »
Cette fois-ci j’étais sûr que ce prof n’était pas comme les autres. Tant mieux, enfin j’espérais. J’étais retourné en cours avec la téléportation et avais récupéré Sia et Kévin. On s’était installé tranquillement sous le préau, sur une table comme à notre habitude.
« J’ai besoin de vous.
– Forcément tu ne nous aurais pas pris sinon.
– Arrête Kévin. Le con qui rôde dans les couloirs n’est pas normal. Je pense que c’est un démon et Bruno pense comme moi.
– Et comment tu le sais ça ?
– C’est lui qui est venu me chercher chez le CPE
– Forcément. Tu penses l’avoir comment ? me fit Sia.
– Je ne sais pas, je vais attendre onze heures et essayer de le trouver.
– Et au fait, où est Ryan ?
– Dans les limbes. Envoyé par Chester, j’imagine. »
J’avais attendu la sonnerie de onze heures. Puis le temps que tout le monde retourne en cours. J’avais toujours cette habitude, de mettre ma musique sur les oreilles dès que personne ne parlait plus, pour rêver, penser, réfléchir. J’avais pris quelque chose de calme, reposant. Puis d’un coup, ma musique changea pour quelque chose de plus puissant, au même moment où j’ai entendu une fille crier. Je la voyais dans les mains de ce bourreau sanguinaire. Il était là pour elle.
« Et merde !
– Tanguy où tu vas ?
– La sauver ! »
Téléporté à l’étage où il se trouvait, je voyais exactement la même chose que tout à l’heure, cette saloperie qui tenait Virginie.
« Lâche là enfoiré !
– Crush Him! »
Deux mots et une fois de plus je me retrouvais dans le monde des démons. Mais cette fois-ci accompagné d’une personne que je devais protéger. Je m’étais jeté sur lui pour la rattraper.
« Ça va ?
– Je crois oui. Où on est ?
– Dans le lycée, enfin presque. Dans le monde des démons.
– Tanguy ! Qu’est-ce que tu fais ici ?
– Ryan ? Je te retourne la question.
– Le Chasseur est de retour.
– Le Chasseur ? Celui qui m’a pris ? me fit la jolie fille que je tenais dans les bras.
– Exactement. Ryan, tu sais comment le battre ?
– Malheureusement non. La preuve je n’y suis jamais arrivé.
– Et ça veut dire ? me demanda Virginie en se relevant.
– Que l’on est un peu dans la merde !
– Mouais et pas qu’un peu, me fit Ryan »
Désespéré ou presque, une fois de plus les limbes on voulut nous tuer. Détruisant le couloir, Ryan nous téléporta sous le préau. Ce monstre s’y trouvait.
« C’est l’heure du duel Leo.
– Ah ! Te voilà !
– I’ve Found You!
– Et merde. Chester s’y met. Cache-toi. Je m’en occupe.
– D’accord, me répondit-elle. »
J’avais comme objectif Chester et sa clé en lithium, c’est ce que j’ai fait, je me suis jeté sur lui, dans son dos, j’ai tiré la clé et me suis éloigné de lui. J’avais remarqué que Sia m’avait marqué un portail, alors je l’ai pris, mais de l’autre côté j’ai dû faire face à un problème.
« Oh…
– Qu’est-ce qu’il y a Tanguy ? me fit Sia qui arrivait en trombe.
– Ils sont tous morts…
– Le chasseur.
– Tu penses que j’aurais dû le tuer avant ?
– Je pense bien non ? Tu n’as pas trop le choix. Demi-tour l’ami ! »
Pour la première fois, j’utilisais le voyage temporel pour une cause, pour sauver quelqu’un. Je suis retourné quelques minutes avant, juste au moment où j’étais face à mes deux ennemis.
« Et maintenant ?
– Attends.
– Tanguy, dépêche le portail va fermer ! me fit Sia.
– Attends. Fais-moi confiance. »
Leo avait aperçu quelque chose, ou plutôt quelqu’un. Deux secondes plus tard, arrivait, dans une immense explosion, Izidro, qui avait atterri en créant un immense cratère.
« Alors on ne m’attend même pas pour la fête ?
– Izidro. Content de te voir.
– Content de pouvoir enfin arracher la tête du Chasseur.
– Parce que tu penses pouvoir le tuer ?
– Non, je vais le tuer !
– Ne soit pas si modeste voyons !
– Je me le fais. Occupe-toi de l’autre.
– Avec joie ! »
Je me suis lancé sur Chester. Plus coriace cette fois-ci que la fois dernière. Il repoussait chacune de mes attaques et m’infligeait presque toutes les siennes. À chaque fois que je m’attaquais à lui, je ressentais un vent froid, gelé même. Mais je n’étais pas le seul en position de faiblesse.
« Leo, RainStorm ! »
C’était une attaque qui consistait à lui tirer le plus de balle possible dessus. Il les entrainait dans une tornade créée par ces deux lames.
« Leo protège là !
– Merde Virginie !
– Tanguy ! »
Je me suis rapproché d’elle. Me mettant devant elle pour la protéger.
« Je suis là. Surtout, ne bouge pas. Tu ne crains rien avec moi. »
Izidro, encore en train de créer sa tornade commençait à rougir, chargeant tout son corps de feu. Puis il se lança en l’air et lâcha un torrent de flamme emportant tout autour de lui. Cette vague portait sur toute la salle et arrivait même à m’atteindre sans pouvoir me faire de dégât. Puis il lança un immense cri déchirant propulsant tout le plus loin possible. À ce moment j’ai entendu une voix dans mon oreillette qui me disait : « Dispositif antithermique activé » j’étais immunisé contre les hautes températures grâce à Adam. Une fois ce chaos terminé. Je me suis dirigé vers Izidro.
« Ça va ?
– Parfait. J’imagine qu’ils sont morts.
– Tanguy ! Aide-moi !
– Oh non ! »
Le Chasseur n’était pas mort et s’avançait pour s’attaquer à elle. Au moment où il allait l’attraper, un objet arrivant du couloir vint frapper la tête du Chasseur et le pendre sur le mur le plus proche. Je suis d’abord allé rassurer la jeune fille. Je me suis ensuite approché du cadavre. Un mot était attaché au manche de l’arme.
« Leo, je te lègue cette arme. C’est un “Trou noir”. Une faucille montée sur une chaine capable de rouvrir les portails entre les limbes et le monde réel. Son nom est Shadow Runner. C’est un cadeau, prend en soin. »
Grey
« Une de plus. »
J’ai arraché l’arme du torse du monstre, attaché le manche à mon tatouage et l’ai laissé reprendre sa forme normale.
« Toutes tes armes prennent la forme de Rebellion ?
– Toutes, question pratique.
– Tanguy ! me fit Virginie en se jetant dans mes bras.
– Elle sait dire autre chose que ton nom ? me fit Izidro.
– Tu t’arrêtes ! T’es toujours aussi con !
– Mouais, je sais ! Ça ne serait pas marrant sinon.
– Mon dieu. Ça va ?
– Oui. Mais comment on sort de là ?
– Là-bas. Izidro, je vais t’ouvrir le portail, j’ai quelque chose à finir.
– D’accord l’ami ! »
J’ai rouvert le portail puis suis reparti voir Ryan, ou Chester. Je suis arrivé devant lui, il agonisait. La dernière chose qu’il m’avait dite était « Save Me ! » J’ai enlevé la clé de son dos, l’ai reposé au sol puis je suis reparti dans notre monde. Ils m’attendaient tous.
« Ryan, ton dos.
– Tiens. »
J’ai remis la clé dans son dos. Un immense souffle froid sortit de son dos. Virginie s’était rapprochée de moi. Il lui fallut un peu de temps pour reprendre des esprits. Une fois qu’il avait fini, il s’adressa à moi.
« Leo c’est bien toi ?
– Oui c’est moi oui.
– Tu ne me reconnais pas ?
– Non…
– Tu as des souvenirs de ton enfance ?
– Non, j’ai eu une méningite à six ans. Ça m’a effacé la mémoire.
– Moi on m’a dit que mon amnésie venait d’un accident de voiture. À l’âge de six ans.
– Et alors ?
– La méningite est une pathologie humaine. Mais tu n’es pas humain Leo. Les guerres se gagnent en trompant l’ennemi et tu as été trompé. Ton passé t’a été caché délibérément.
– Attends un peu, t’es qui au juste ?
– Je m’appelle Chester. C’est ma famille qui est à l’origine du culte des anges. Nous avons créé leurs tombeaux, leurs mythes. Nous avons tout fait pour mettre en valeur leurs actes. Exactement comme on a fait pour éviter que tu passes pour un terroriste aux yeux du monde.
– Tu me veux quoi finalement ?
– T’ouvrir les yeux, te faire voir tout ce qu’ils t’ont caché. Tout ce qu’ils nous ont caché. Si tu acceptes de me suivre.
– Je ne sais pas.
– Tanguy souviens toi quand tu étais dans ta stèle, me fit Sia en me montrant mon collier.
– Ne t’en fait pas Leo, on est là pour les protéger. Va, reviens-nous plus fort que jamais.
– D’accord je te suis. »
J’avais accepté de partir avec lui. C’était un homme pas guère plus grand que moi, les cheveux gris plaqués en arrière. Une longue veste noire brodée de motifs. Il tenait un de ses sabres à la main et le second dans son dos. Sia nous avait suivis, il nous avait transportés dans la cour d’une grande maison au style gothique, mais délabré par le temps. On était entré dans le hall et il avait demandé à Sia d’ouvrir un portail vers les limbes.
« Où est-ce qu’on est ?
– Chez toi, c’est ici que tu as grandi.
– Je ne m’en souviens pas.
– Va faire un tour dans les limbes. Peut-être y trouveras-tu des indices.
– Si tu le dis. »
Je l’ai écouté, je suis passé dans les limbes puis ai commencé à avancer dans le couloir. J’arrivais dans une grande partie où se présentait un escalier face à moi.
« C’est ici que j’habitais. Bon, montre-moi tes secrets. »
J’ai pris l’escalier qui menait au premier étage, suivi le premier couloir qui se présentait à moi. Je me suis retrouvé dans une sorte de salle de réception.
« Je me souviens de cette pièce. »
Je revoyais l’aspect qu’elle avait à l’époque. Encore en état. Tout était si beau, les meubles en bois plaqués de dorures. Les rideaux rouge sombre. J’avais l’impression d’y être encore. Mais des cris d’enfants me sortirent de mon rêve.
« Hey attendez ! »
J’ai essayé de les suivre, leurs cris de joie m’amenèrent de nouveau au niveau de l’escalier. Mais cette fois-ci je n’étais plus seul. Une horde de démons voulant s’attaquer à moi apparut. Je savais bien qu’ils n’étaient qu’un détail et ils n’ont pas tenu plus de deux minutes. Une fois ce petit échauffement fini, je me suis reconcentré sur mon exploration.
« Par ici Leo.
– Tu ne m’auras pas !
– Quoi ? J’ai bien entendu ? »
Les enfants étaient de retour et cette fois-ci l’un d’eux avait prononcé mon nom. Qu’est-ce que ça cachait ? J’ai de nouveau suivi leurs voix pour me guider. Traversant les multiples couloirs de l’habitation. Ils m’avaient amené dans une petite pièce fermée. À mon arrivée un peu rapide, je n’avais pas prêté attention à ce qu’il y avait dans la pièce. Mais quelque chose m’avait interpelé. « Maman ? » Un portrait de ma mère était accroché au mur. Une jolie femme aux cheveux bruns s’y présentait, tenant une rose bleue à la main.
« Qu’est-ce qu’il leur est arrivé ? »
Au bas du tableau, il y avait une partie ronde d’où une lumière bleue se dégageait. Je m’en suis approché et posé la main sur cet anneau. Un éclair me traversa le bras, parcourant tout mon corps. Il me laissa un tatouage dans le cou qui rejoignait celui que j’avais dans le dos. Une voix douce résonna dans ma tête.
« Je t’offre mon cadeau Leo. Sers-t’en pour protéger ceux que tu aimes. »
La porte venait de se rouvrir. Je suis ressorti et je suis retourné sur mes pas. Sur le chemin j’ai trouvé une femme affolée.
« Non ! Pourquoi ? Comment nous ont-ils trouvés ?
– Qu’est-ce qui s’est passé ici ? »
Je l’ai suivi, elle m’a emmené dans une nouvelle pièce en appelant quelqu’un répondant au nom d’Eddy. Son mari peut-être. En face de moi se présentait un second tableau. Un homme à l’allure noble et riche. Vêtu d’un manteau rouge. Les cheveux gris attachés comme Chester. Celui-ci se présentait comme celui de ma mère, mais était signé Eddy. Comme pour le premier j’ai laissé mon bras sur l’anneau. Mais cette fois-ci la force était bien plus puissante. Elle m’emporta dans un rêve. J’y étais seul face à lui.
« Leo, mon fils. Ton pouvoir est grand, mais tu as encore beaucoup à découvrir. Je t’offre la force et la puissance de notre famille. Je t’offre le pouvoir ! »
Un immense flot rouge m’emporta, me brulant tout le corps de part en part. Cette puissance me rongeait, elle prenait part de mon âme et m’enflammait le cœur.
« Protège-les mon fils. Tu es le seul à pouvoir le vaincre. »
Une fois revenu à moi, j’ai remarqué qu’à côté du tableau il y avait un miroir. Il m’avait changé. Toujours la même taille, mais les cheveux blancs, une veste rouge attachée par une ceinture en cuir. Deux épaulières dorées, celle de droite retenait l’écharpe bleu ciel qui partait de la seconde à gauche et qui me pendait dans le dos. Deux gantelets annelés en or. Un haut moulant noir à sangles, jean noir et bottes hautes rouges. Une vouge double en métal avait remplacé Rebellion.
« Mortel !
– Leo, tu m’entends ? Il te reste cinq minutes avant que le portail ne se ferme, me fit Chester.
– J’arrive. Attendez la star ! »
Je me suis précipité vers la sortie, mais me suis arrêté au niveau de la porte interpelée par un cadre. Sur la photo on y voyait mon père, ma mère, et deux enfants. Moi et Chester.
« Je me souviens, ma mère s’appelait Éva. J’avais un frère aussi. On formait une famille. Je ne pensais pas qu’on était en danger…
– Leo ! Vite ! me fit Sia pressée. »
J’ai pris la photo et l’ai mise dans la poche intérieure de mon manteau. Je suis reparti, passant les couloirs un à un s’effondrant. Tranchant tous ceux qui voulaient m’arrêter, expérimentant ma nouvelle arme, qui d’ailleurs ne me permettaient pas d’accéder à ma hache ou ma faucille ou n’importe quelle autre arme. Je suis arrivé à leur niveau, devant la porte d’entrée et je suis retourné dans le monde réel.
« Tu, t’es mon frère.
– Ton frère jumeau. Ça fait longtemps que je te cherchais, tu sais.
– Je veux tout savoir, ce qui nous est arrivé, d’où on vient. Qui on est ? Et surtout qui est responsable de tout ça !
– Viens. J’ai quelque chose à te montrer. »
Il nous a retéléportés dans un autre endroit, une cour d’enfant.
« Tu te souviens de cet endroit ?
– Oui, je suis déjà venu là.
– Notre mère nous amenait souvent ici.
– Explique-moi tout.
– Certaines choses sont là depuis toujours. Les anges ont toujours existé, les démons toujours existé, ainsi que la guerre qui les oppose. Il y a des milliers d’années, un démon est arrivé sur Terre pour prendre le contrôle des humains. Le plus fort, le plus cruel, Akziel. Mais il n’était pas seul, il avait avec lui son frère de sang…
– Eddy.
– Mais il l’a trahi, il est tombé amoureux d’un ange. Éva. Leur liaison était inconcevable, elle fut suivie d’une naissance, celle de deux jumeaux. Nous deux, des hybrides portant le sang d’un ange humain et d’un démon venant de la planète Aldor. Eddy nous a séparés, moi dans une famille aisée et toi dans un orphelinat. Il nous effaça la mémoire après l’attaque de notre maison. Lorsque Akziel prit connaissance de cette liaison, il s’en prit aux deux amants, tua Éva de ses propres mains et exigea pour Eddy un destin plus cruel encore. Châtiment et souffrance éternelle. Mais une fois ces sorts appliqués, tout le monde savait déjà que leurs progénitures étaient en vie. D’après la légende, une seule race peut tuer un roi démon. Les nephilims. Une mère ange, un père démoniaque. Nous sommes des nephilims. Après ceci, d’autres défenseurs des mondes se mirent en tête d’éradiquer la menace et donnèrent naissance à d’autres enfants de notre race, plus puissants encore. Rêvant pour eux le meilleur des destins.
– Les Anges Saory.
– Exact. Des hommes élevés au rang d’anges, immortels, dans un repos éternel. Leurs pouvoirs sont purs et surpuissants. Ils sont là quelque part, endormis attendant leurs prétendants.
– En chine.
– Quoi ?
– Je sais où sont leurs tombeaux. À Pékin. Il me faut les clés des membres de L’Ordre. Le seul dont je n’ai pas idée de qui il peut-être est le guerrier perdu.
– C’est moi. Le monde savait que les armes contre Akziel étaient en place. Mais ils n’avaient pas connaissance de ma présence. Pourtant ils savaient qu’il manquait une clé. La mienne.
– Je comprends mieux.
– C’est ma famille, celle dans laquelle notre père m’a laissé.
– Parce qu’ils savaient que l’on avait besoin d’eux pour les anéantir.
– Mais maintenant plus rien ne nous barre la route. Retrouvons les derniers membres et allons libérer ces dieux !
– Avec joie. Tu nous ramènes chez nous ?
– Pas de soucis. »
Il nous téléporta une nouvelle fois, cette fois-ci dans la Tour. Et comme à mon habitude, je suis parti m’isoler sur le toit. Ryan m’a rejoint quelques minutes plus tard.
« Tu savais déjà tout de ton passé ?
– Non, avant que l’on m’implante sur Ryan, j’ai voulu en savoir plus, j’ai voulu répondre à ses rêves. Sauf qu’à cette époque, Izidro travaillait pour Akziel, comme les autres membres de l’ordre et a fini par me tuer. Je pense que c’est pour ça qu’il ne m’aime pas, ou alors parce que Chester en version maléfique s’est attaqué à lui pour le tuer le premier. Je n’ai aucun souvenir de ce qu’il faisait. Sauf lors de notre dernier combat.
– Et c’est pour ça qu’il s’attaquait à moi. Akziel savait que sans moi il ne risquait plus rien.
– C’était sans compter sur l’aide de Sieg et Sia. Sans eux tu serais déjà mort.
– Sans Adam je serais mort…
– Adam Pearce, c’est le nom que notre père t’avait donné lorsqu’il t’a laissé à l’orphelinat. Pour ma part j’ai eu le droit à Ilan Watson, voilà pourquoi j’ai pris ce nom dans le futur pour venir te voir.
– Je le savais. Mais j’ai encore une question. Pourquoi les seuls souvenirs de mon enfance sont ceux que j’ai avec mon père et ma mère adoptive ?
– Parce que l’orphelinat où tu étais était rempli de démons, l’orphelinat lui-même était un démon. Ils ont essayaient de te tuer, mais ont échoués. Eddy pensait que tu y serais en sécurité, mais Akziel s’aperçut que tu y résidais et leur donna l’ordre de te tuer.
– Et pourtant je suis toujours en vie.
– Grâce à ta force. Nous sommes hors du commun et c’est ce qui fait notre différence. Bien, je te laisse, il se fait tard. À demain. »
Grâce à lui j’en avais appris plus sur les origines de Leo, qui il était, d’où il venait. J’avais changé d’apparence, mais pas de personnalité. J’ai récupéré et sauvé son frère, sa clé aussi. Il ne me restait plus que quatre clés, dont une était celle que détenait Nikki, donc Virginie. Plus le temps passait, plus je me sentais proche d’elle. Et je devais m’en rapprocher. J’étais amoureux d’elle et j’espérais ces sentiments réciproques.
Certains rêves sont tellement grands, nous paraissent si vrais que lorsque ce qui constitue ces rêves nous apparait devant les yeux, la seule chose que l’on veuille faire est de transformer ces rêves en réalité, tout faire pour que nos rêves se réalisent. Mais que ce passe-t-il lorsque l’on voit que l’on n’a pas les moyens, le courage, la force ou la détermination de mes mettre en œuvre ? Disparaissent-ils ? Ou est-ce que c’est le rêve qui vient à nous ? Souvent on se trouve dans l’impasse parce qu’on se convainc de notre incapacité et du fait que ces rêves sont toujours surréalistes pour notre petite vie. Mais existe-t-il un destin, qui fait que tout ce que l’on veut, tout ce dont on rêve nous revient un jour dans les mains ou sommes-nous assez influents pour diriger et ériger notre propre monde parfait ?
Le cœur nous offre ce qu’il y a de plus beau, l’amour d’une personne, quelle qu’elle soit, les sentiments que l’on peut éprouver pour elle. Le cœur a ses raisons que la raison ignore dit on. Elle nous pousse à faire des choses dingues, elle nous rend dingues, accros, dépendants à son amour. Dépendant à sa présence, dépendant à son âme. Nous lions notre vie future à une personne qui nous comprend et nous aime.
J’étais sujet à ce penchant du cœur, cette faiblesse qui poussait en moi à chaque fois que je la voyais. Sensible et fragile, c’était facile de me faire pencher pour une personne, après avoir passé du temps sans personne à mes côtés. Seulement depuis quelque temps une personne me hantait, me suivait dans mes rêves. Partout, je la voyais à chaque endroit où je passais. Je ne m’en plaignais pas, seulement je n’en avais pas l’habitude. Je savais que j’avais quelque chose avec elle. Mais est-ce que ce quelque chose justement était réciproque ? C’était une chose que je voulais prouver et que je voulais me prouver. Un cœur fragile sous une armure de plus en plus puissante.
Une fois de plus j’avais changé, moi, non. Leo, qui avait changé d’aspect et avait retrouvé ses origines. Nouvelle image, nouvelle arme, que je ne pouvais utiliser que sous sa forme, soit toutes les autres ne sont qu’à moi et Adam. Plus soft, plus classieux, plus noble. Plus respectueux de ses racines. Mais tout ceci cachait quelque chose. Avec ça devaient apparaitre des pouvoirs qui lui étaient spécifiques. Mais comment les découvrir ? FF6060 on change enfin de mois et on arrive à la fin de l’année. (La fin du monde le 21, quelle connerie !) Personne ou presque n’avait vu Leo sous sa nouvelle image, que j’appréciais particulièrement d’ailleurs. Mais un petit malin arrivait à tout voir partout, tout le temps. Barabas. Ce nom me collait, partout, et il m’en voulait ! Ce jour-là je découvrais une jolie nouvelle de sa part.
« Tient Sia, comment vas-tu ?
– Toi comment vas-tu ?
– Bien, mais pourquoi ?
– Tu n’as pas lu le nouveau Raptor News ?
– Non. Excuse-moi de ne pas croire un mot de ce ramassis de connerie.
– Barabas t’annonce comme un terroriste, délinquant sexuel en plus.
– Et ? C’est censé me faire quoi ? répliquais-je atteignant mon casier.
– Je ne sais pas. Ça devrait te révolter.
– Devrait ! C’est un détail, j’y arracherai la tête à lui aussi, ça sera que la deuxième fois.
– Salut Tanguy ! me fit une jolie demoiselle m’arrivant par-derrière. Tu lis ce genre de connerie toi ?
– Pour me faire traiter d’obsédé du cul, non merci. C’est Sia.
– Oui, je m’en fais pour toi.
– Mais non il ne faut pas. Je suis solide.
– Vous préférez peut-être que je vous laisse ? me fit Virginie.
– Comme tu veux.
– Je crois que c’est mieux oui. À toute à l’heure.
– Accroche-toi ! me fit Sia quelques minutes plus tard pour briser le silence.
– Pourquoi ?
– Parce qu’elle a craqué sur toi !
– T’es sure de ta connerie ?
– Sure. Ne la lâche pas !
– Oula non, sur ça fais-moi confiance. Bon, t’as une idée de l’endroit où mademoiselle pourrait reposer ?
– Elle ne repose pas, elle est déjà en elle.
– À oui c’est vrai et que puis-je faire alors ?
– Bonne question. Lui prouver ton amour et celui de Leo. Peut-être ?
– Pourquoi pas ? Attends. »
Il y avait quelque chose d’anormal, j’entendais des voix, je n’arrivais pas à savoir qui, mais je les entendais. J’ai essayé de me concentrer dessus. C’était elle, c’était la voix de Virginie. Elle parlait de moi à ses copines.
« Tanguy ?
– Sia, t’avais raison.
– Pour ?
– Virginie. Je l’entends, je sais ce qu’elle dit à ces copines.
– Ça y’est en plus tu deviens fou !
– Mais non. Je te le jure. Je pense que ça fait partie des nouveaux pouvoirs que doit avoir Leo.
– Ah vu comme ça. Ce n’est pas que je veuille te pousser à aller en cours, mais bon on va être en retard après.
– Oui on y va. »
J’étais incapable de la sortir de ma tête, elle restait, je la voyais, constamment. Tout me rappelait son visage, sa pureté, une aussi jolie fille qu’elle. Ça ne dérangeait pourtant personne. Même pas les profs. Ce n’était pas normal ça. Alors j’ai continué ma journée, tranquillement, en pensant qu’à elle. Je ne pouvais pas m’en passer. Si seulement je pouvais être sûr que c’était la même chose pour elle. Je n’ai pas eu ma réponse quand je suis allé la voir à la pause, mais j’ai appris autre chose. Elle était avec ses amies, en larmes, au début j’ai pensé qu’il valait mieux que je la laisse, mais l’une d’entre elles est venue me chercher.
« Virginie qu’est-ce qu’il t’arrive ?
– Je me suis fait insulter par un prof. me répondit-elle en sanglotant.
– Quoi ? Mais qui ? lui dis-je en m’agenouillant devant elle.
– Barbarigo… »
Ce nom éveilla en moi une certaine haine, une rage contre sa personne dont son ancêtre avait assassiné la femme de Leo.
« Tanguy ?
– Je vais finir par y démonter sa tronche à ce con !
– Tu le connais ?
– Malheureusement oui. Mais je ne vais pas le faire. Je vais te laisser ce plaisir.
– Quoi ? Mais comment ? Tu veux le faire virer ?
– Pire, lui répondis-je en me levant, toi qui connais l’existence de Leo, certains ont dû déjà l’oublier. Tu sais que je ne suis pas comme tout le monde. Fais-moi confiance, je ne trahis jamais ma parole. Sois patiente c’est tout.
– D’accord. Tu pourras m’attendre à six heures, j’aimerais que tu me raccompagnes chez moi.
– Pas de soucis. »
Pourquoi les noms revenaient toujours nous hanter et surtout nous faire chier ! Fils, ou le même lui-même, voyageur ou autre démon du genre, pourquoi en voulait-il à Virginie ? Est-ce qu’il aurait vu que c’était Nikki ? J’en doutais, mais je ne pouvais pas être sûr. Après la pause, j’avais une heure avec Bruno, j’ai décidé de rester avec lui après.
« Tu as vu les nouvelles de Barabas ?
– Si je les ai vus, que je le retrouve ce gros je vais me le refaire. Dites-moi, vous connaissez le dénommé prof Barbarigo ?
– Tu peux me tutoyer quand on n’est pas en cours, tu sais. Et oui un peu, il est là depuis le début de l’année et il commence à retrouver la mauvaise réputation qu’il a dans les autres lycées ici. Pourquoi tu veux savoir ça ?
– Parce ce con s’amuse à insulter les élèves. Les filles pour être précis.
– Ah oui, mais à ce qu’on dit il serait assez sexiste.
– Assez oui. Trop.
– Tu penses à quoi ?
– Une vengeance. Propre, nette et saignante !
– Rien ne t’effraie. Tu n’as pas peur que Barabas joue avec ce que tu fais ? Et que le monde ne te prenne plus au sérieux. Voir même ait peur de toi ?
– Je ne crains pas. Qu’ils pensent ce qu’ils veulent. Tant que j’ai des personnes comme toi qui me font confiance.
– Tiens, on m’a dit que Leo avait changé d’apparence. Tu pourrais me le montrer ?
– Voilà. Je te plais ?
– Beaucoup ! Non franchement t’es pas mal.
– Dis-moi, tu sais à quoi sert cette tour à l’usine ?
– Poste D’Observation et de Recherches. En fait cette tour est celle de Barabas.
– Quoi ? Ce con réside là-haut ?
– Et nous traque sans relâche. Caméras, journaux, banque. Ils nous endoctrinent, nous entraves. Nous bouffent de l’intérieur.
– Alors je vais me permettre d’en faire de même !
– Là tu me plais. Je crois que j’ai quelque chose à toi. Un arc.
– Un arc. »
J’ai pris son arme et mes souvenirs me revinrent. Je n’avais pas d’armes à distance. C’était celui de Nikki.
« Tanguy ?
– Ce n’est pas à moi.
– À qui alors ?
– Ma femme. Je, je te laisse. Il faut que j’aille faire un tour… »
Je suis parti, volant jusqu’à la Tour. Je m’étais posé sur le toit comme à chaque fois que je voulais réfléchir.
« Tanguy ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ? me fit Sieg en arrivant sur le toit.
– J’ai peur.
– Peur de quoi ?
– Peur de ne pas pouvoir changer. J’ai passé tellement de temps sans avoir une copine. J’ai peur de ne pas être à la hauteur. Je n’ai pas confiance en moi…
– Pourtant quand il s’agit de te battre tu n’as aucun souci.
– Je sais, mais là, il ne s’agit pas de ma force ou de ma capacité à me battre, mais de ce que peut faire mon cœur…
– Pourtant tu sais bien que tu n’as pas de soucis à te faire. Tu fais partie des grands de ce monde. Laisse ton cœur te porter, te souffler ce que tu dois faire.
– Elle veut que la raccompagne chez elle à six heures.
– Alors fait. Si tu en as envie, fais-le, ne gâche pas ton bonheur et le sien pour une petite frayeur.
– Sieg », lui répondis-je en montant sur le rebord de la Tour et en prenant l’apparence de Leo. « Merci. Je ne sais pas ce que je ferai sans toi l’ami. À plus tard. »
Je me suis laissé tomber, une chute de trente mètres, mais je me suis envolé juste avant le sol. J’ai parcouru quelques mètres et me suis posé à l’entrée du lycée, devant deux jolies filles qui m’attendaient.
« Mesdemoiselles. Si en plus on me gâte, je ne peux plus dire non.
– Le… Leo ?
– Leo Kryssen. Enchanté très chère, lui fit-il en lui prenant la main.
– Et en plus tu te permets de draguer ? me fit Virginie.
– Je n’oserai pas voyons. Je n’ai d’yeux que pour une seule.
– Et j’aurais le droit de savoir qui c’est ?
– Je ne sais pas. Un jour peut-être.
– Vous ne savez pas je vais vous laisser moi. À demain Virginie.
– Bon, où dois-je raccompagner mademoiselle ?
– Chez ma grand-mère. Tu me suis ?
– Avec joie. »
On était partis à six heures, on est arrivé à sept heures et demie. Je devais juste la raccompagner. Seulement on avait juste un peu trainé. C’était une fille superbe, drôle charmante. Je n’en avais pas connu beaucoup des filles comme elle. Mais elle était différente, elle me plaisait plus que toutes les autres. Sa personnalité, son caractère. Tout chez elle me rendait plus mystérieux, plus doux. Et toute l’arrogance de Leo, sa personnalité imposante et destructrice s’envolait pour laisser place à un aspect plus simple, plus soft. Plus amoureux en fait. J’étais devenu un gentil petit nounours qui ne pensait et voyait qu’elle, négligeant tout ce qui pouvait se trouver autour de nous. Après tant de temps, on est enfin arrivé chez elle. J’ai alors repris mon apparence normale.
« Pourquoi tu te changes ?
– Parce que je n’ai pas envie que tes grands-parents me voient sous la forme de Leo. Même si je pense que ça ne les dérangera pas de voir une jolie fille comme toi se faire raccompagner.
– Arrête je ne suis pas si jolie.
– Bien sûr que si, il te faut juste quelqu’un pour te le faire remarquer », lui répondis-je en fixant mon regard sur le petit sourire timide qui venait de se dessiner sur ses lèvres.
« Merci, me fit-elle en se jetant mes bras »
Cette énergie repoussait en moi et mes bras dégageaient un flot de particules assez impressionnant. J’étais le seul à l’avoir vu parce qu’elle ne s’occupait pas de moi, enfin si, mais pas en me regardant directement. Lorsqu’elle fut lassée de moi, elle me laissa un baiser sur la joue et s’en alla. J’étais aux anges, parce que j’étais amoureux. À ce moment je pensais que plus rien ne pouvait me déranger. Je suis rentré chez moi. Ce jour-là je m’étais endormi presque de suite. Je n’ai rêvé que d’elle. Et personne d’autre. Le lendemain, journée que j’annonçais toute calme, ben en fait non. Les ennuis commencèrent. Je suis entré dans le lycée et un immense homme se mit face à moi. C’était sa copie parfaite.
« Monsieur Rolland ?
– Barbarigo, je présume.
– Je dois vous parler, je vous prierais de me suivre.
– Oh, dur. Faudra m’attraper avant.
– Et comment ça ? » me répondit-il en essayant de m’attraper l’épaule au moment où je me téléporte.
« Parce que je suis rapide. Et ta carcasse de gros t’empêche de te déplacer correctement !
– Ouh, comme il t’a défoncé ! fit un mec qui passait à côté de nous.
– Il parait que tu connais Leo Kryssen.
– Je suis Leo. Mais que lui veux-tu ?
– Sa tête !
– C’est ça, tu ne veux pas non plus que je te l’offre sur un plateau d’argent non ? Non ? Bon, je te prierai de dégager de mon chemin avant que je finisse par t’arracher la tête comme je l’ai fait avec Romain.
– On se reverra Kryssen !
– Avec plaisir l’ami. En attendant perd un peu de poids, tu augmenteras tes chances !
– Tu lui en veux ? fit Sia en m’approchant.
– Oui, c’est ce con qui a tué Nikki. Ou au moins un de ces ancêtres.
– Nikki ? C’est qui celle-là ? me fit Virginie qui arrivait.
– La défunte femme de Leo.
– Ah, excuse-moi je ne savais pas.
– Ne t’en fais pas. Je sais que Leo arrive à faire sans elle. Même si ça commence à être dur pour lui.
– Et tu sais où elle est ? Enfin si elle est dans ce lycée ?
– Oui elle est ici. Il me manque juste le moyen de la réveiller.
– Attention… »
Elle eut à peine le temps de finir sa phrase pour me mettre en garde que j’avais déjà remarquée le con qui me fonçait dessus. Je l’ai achevé, une balle dans la tête.
« Trop lent !
– Tu vas le laisser là ?
– Oui, mais ils disparaissent, lorsqu’ils sont morts. Un démon de plus dans ma collection.
– Dis-moi Tanguy.
– Oui très chère.
– Ça te dérange de rester avec moi après cinq heures ? Je n’ai pas envie de rester seule, puis je me sens bien avec toi.
– Mais avec plaisir. J’arriverai à cinq heures par contre j’ai un petit tour à faire avant. »
Tout avançait à merveille, sans aucun souci, sans aucun accro. J’arrivais à la rapprocher de moi, tout en faisant la même chose avec elle. Je n’avais plus qu’à attendre le moment opportun et patient comme j’étais, je ne voulais pas attendre. Donc à quatre heures et comme tous les mardis, je partais à mon ancien lycée. Rendre une petite visite à mes amis. Leo m’avait demandé d’essayer une nouvelle chose. Prendre son apparence et courir. Parce qu’en effet, la vitesse à laquelle il se déplaçait était bien plus importante qu’avant. J’ai mis moins de dix secondes un trajet que je fais normalement en dix minutes. (Je devrai essayer de battre des records moi !) Je suis monté en étude et suis allé dire bonjour à mon ami Hubert. D’habitude seule la classe de Loïc est présente, mais là il y en avait une autre. Troisième préparation professionnelle, ou 3PrepaPro. Composé pour changer, de quelques femmes. Et des plus grands idiots de ce monde. J’avais gardé l’apparence de Leo et m’étais renseigné sur leur rire intempestif à mon arrivée.
« Qu’est-ce qu’il leur arrive ?
– Regarde. »
Il m’avait montré une vidéo sur internet. Qui me mettait en scène, me faisant humilier par un sixième.
« Tu ne crois pas un tel ramassis de connerie ?
– Non, Leo a les cheveux blancs et des lunettes noires et pas lui. Seulement eux le croient.
– Faut forcément qu’ils croient ce qu’on leur dit. Quelle bande de cons !
– Qui eux ou la bande à Barabas ?
– Les deux ! »
Depuis mon arrivée je sentais un rire, plus méchant, plus sadique, plus moqueur que les autres sortir du lot. Après les infos que m’avait donné le surveillant, je m’étais avancé dans la salle, avec moi aussi ce rire moqueur, sachant quel sort j’allais réserver à cette idiote qui ne pouvait s’empêcher de se foutre de ma gueule. Alors j’avançais, jusqu’à arriver à son niveau et l’entendre prononcer ses dernières paroles.
« Ah ! Tu t’es fait battre par un mioche ! »
Ces mots me percèrent le cœur, guidé par ma rage j’ai attrapé Ivory et plaqué son canon contre sa poitrine. La levant de son siège et l’avançant avec moi. Mon bras dégageait une énergie augmentant chaque seconde, mais au fond de moi quelque chose me retenait d’appuyer sur la détente.
« Tu ne vas tout de même pas tuer une fille ! me fit son ami à côté.
– Je vais me gêner ! »
Toute cette puissance accumulée se lâcha à l’appui de la gâchette. Transperçant son cœur et la propulsant au fond de la salle. Tous autour de moi étaient effrayés de la cruauté de laquelle je venais de faire preuve. Sauf Loïc et Hubert. Son médaillon s’était détaché de sa chaine et avait atterri devant moi. Laissant sortir ses quelques mots.
« C’était Bob Barabas. Au service du Seigneur !
– Je t’en foutrai du Seigneur ! dit-il en tirant sur le collier.
– T’as vu ce que t’as fait ! me fit son copain.
– Oui j’ai vu. Pourquoi, tu veux que je fasse pareil avec toi ?
– Non, pitié non !
– Alors, ferme ta grande gueule et dégage de là. Merci.
– Attends-moi ! me fit Loïc se levant. »
On s’était mis sur le toit du lycée, pour pouvoir être tranquille.
« Ils sont partout, il n’est pas loin. Mais où ?
– Il faudrait déjà s’occuper de celui qui nous pourrit la vie. Parce qu’il n’a pas fini.
– Dans la tour de l’usine. Mais je ne peux rien faire. Pas tant qu’elle pourra être en danger. Tant qu’elle ne pourra pas se protéger.
– S’il te faut quelqu’un.
– Je sais, mais c’est à moi de le faire. Je suis le seul à pouvoir la réveiller. D’ailleurs faudrait que j’aille la voir », lui répondit-il en se laissant tomber du toit et laissant un cratère dans le sol de la cour.
« Alors fait. Et ne lâche rien, elle est faite pour toi ! »
Comme je le lui avais promis, je suis retourné la voir à cinq heures. Je ne pouvais plus me passer d’elle et j’imaginais qu’elle non plus, sinon pourquoi voudrait-elle que je reste avec. Mais là les choses avançaient différemment. J’avais l’habitude de me faire des amis, mais il me fallait du temps. En général ils étaient comme moi, aussi chiants et cons, mais là. Pas que l’on n’avait pas de points communs, mais je me rapprochais d’elle bien plus vite et plus facilement que normalement. Elle me poussait à faire des choses que je n’aurais certainement jamais faites. Du moins pas avec n’importe qui. Mes amis surement. Mais pas les autres. Je sentais qu’elle me rendait différent, autant moi que Leo, que sa personnalité même nous transformait. Je passais le plus clair de mon temps à l’admirer. Je la trouvais magnifique. Et je voulais être cette personne qui le lui ferait remarquer. Toute la semaine, à chaque petite heure ou demi-heure de libre je la passais avec elle. Soit l’invitation venait de moi, mais elle était le plus souvent d’elle. La semaine qui a suivi était la même. Rien n’avait changé, ou presque rien. Du moins rien qui pouvait me poser quelconques soucis ou ennuis.
Jeudi 13 décembre 2012, on arrivait à la fin des cours et la fatigue commençait à se sentir aussi bien chez nous que chez les profs. Sauf, chez moi. Rien ne me poussait à bout et à quoi bon puisque mon bonheur se construisait de jour en jour. J’en étonnais plus d’un d’ailleurs, même moi. Mais je laissais faire. Parce que je savais que tout ce fait en un temps et que quoiqu’il arrive je pouvais retourner en arrière pour réparer mes erreurs. Ce jour-là je l’imaginais comme les autres, les cours et le reste du temps avec Virginie. Mais je ne m’attendais pas quelque chose comme ça. Elle m’avait demandé de l’attendre parce que je finissais à quatre heures, puisque la prof de français n’était pas là et elle une demi-heure plus tard. C’est ce que j’ai fait. Puis on est partis se mettre dans un coin plus tranquille. Près de chez moi, à côté du clocher de la ville. Dans un petit parc qui n’était pas là depuis très longtemps. Je m’étais appuyé contre le mur et elle s’était assise sur un banc en face de moi.
« J’adorerais être comme toi.
– Quoi ?
– Oui, pouvoir voler, avoir des tas de pouvoirs comme toi.
– Et s’attirer des ennuis, se faire pourrir par les journaux à scandales. Ce n’est pas si bien que ça, tu sais. J’aimerais pouvoir éviter au moins ces problèmes-là.
– Tu n’as jamais cherché à te trouver une copine ?
– Si, mais si elle ne peut pas se défendre, elle risquera sa vie, parce qu’elle constituera une cible facile pour mes ennemis.
– Mais si quelqu’un se proposait, une personne qui serait vraiment amoureuse de toi. Tu lui dirais non ? me dit-elle en se rapprochant de moi.
– Je ne pense pas, parce que s’il le fallait je risquerais ma vie pour la protéger. Seulement pour pouvoir y penser, il faudrait déjà une prétendante. Et là ce n’est pas si facile.
– Et si c’était moi la prétendante ? me fit-elle en continuant de se rapprocher.
– Ça pourrait changer beaucoup de choses.
– Déjà si t’enlevais tes lunettes, qu’est-ce que tu y caches dessous ?
– Euh, j’éviterais à ta place.
– Pourquoi ? J’ai juste envie de voir tes yeux, me répondit-elle en débloquant les verres.
– Elle ne craint pas, ne t’en fait pas.
– Je devrai m’y faire à tes jolis yeux jaunes. Tu ne devrais pas les cacher, je suis sure que tu plairais beaucoup plus sans.
– Sans je transforme tous ceux qui me regardent dans les yeux en marionnettes à mon service, répondis-je d’une traite, le regard perdu nulle part, d’où l’idée de les garder.
– Et pourquoi ça ne marche pas sur moi ?
– Peut-être parce que tu n’es pas comme les autres, que tu as ce petit quelque chose en plus. Cette petite chose qui ferait que je pourrai choisir une aussi charmante fille que toi. »
Je ne pensais pas toucher quelque chose avec ces paroles et pourtant. À la suite de ses quelques mots elle se jeta sur moi pour m’embrasser. À ce moment plus rien n’existait, j’avais l’impression de vivre dans les souvenirs de Leo, quelque chose me poussait à me mettre à sa place, à devenir lui. À fusionner encore plus avec lui. Même après son élan de joie terminé je restais un peu étourdi.
« Excuse-moi je n’aurais pas dû faire ça.
– Non au contraire. Tu n’as pas à t’en vouloir pour ça, tu ne l’aurais pas fait je l’aurais fait de toute manière.
– Mais, tu tiens tant que ça à moi ?
– Non, pourquoi est-ce que j’aurais accepté de rester avec toi tout le temps alors ? Tu ne t’en es jamais douté ?
– Si un peu, mais je pensais que tu ne faisais ça juste pour me faire plaisir.
– Eh bien non, y’avait une vraie motivation personnelle derrière. Enfin plus d’une, mais bon. Tout ce que je voulais c’était pouvoir passer mon temps avec toi. Et pouvoir être avec toi.
– T’es trop chou. Mais on fait quoi maintenant, j’ai raté mon bus moi.
– Je te ramène chez toi ?
– Mais je n’habite pas à Saint Saint Chély d’Apcher. Comment veux-tu faire ?
– Sois je te porte jusque-là bas en volant, ou si t’as le vertige je te téléporte devant chez toi. Au choix.
– Téléportation. Mais tu ne sais pas où j’habite.
– Ne t’en fais pas pour ça, je trouverais. »
Je savais qu’il y avait quelque chose entre nous deux et j’en ai profité pour trouver l’emplacement de sa maison. Quelques secondes plus tard, on se retrouvait devant chez elle.
« Jolie baraque !
– Comment t’as trouvé ?
– Ça, je le garde pour moi. Aller va, tes parents doivent déjà se demander comment t’es rentrée sans le car.
– Merci, me fit-elle en se rejetant sur moi pour m’embrasser, à demain joli brun. »
Je l’ai regardé partir, rentrer chez elle, captivé par sa beauté. Mais quelqu’un me fit sortir de mon rêve éveillé.
« Tiens Tanguy.
– Sieg, mais comment fais-tu pour arriver toujours au moment où il faut ?
– Parce que je suis Sieg Wahrheit.
– Bon argument. Que veux-tu ?
– J’ai apporté quelques modifications à la Tour. J’ai besoin de toi pour me dire si tout marche correctement.
– Au fait, tu pourrais t’occuper d’une arme pour moi. Y apporter quelques améliorations ?
– Quoi comme arme ?
– Un arc. Celui de Nikki.
– Viens, je vais m’en occuper, me répondit-il pendant que je nous téléportais.
– Alors dit moi ? lui dis-je en sortant l’arc, qu’y a-t-il de neuf… »
Au même moment, la salle se transforma en dojo, sans même avoir besoin de s’y téléporter.
« Oh, pas mal.
– Voilà, tout se fait automatiquement, tu sors une arme, tu passes dans le dojo, en fait pour être précis, une seule salle existe dans la tour et elle prend différentes formes. Par contre si t’arrives à toucher la cible que t’a donnée Kat, je te félicite. »
Elle m’avait mis une flèche dans la main, je l’ai placée sur la corde, j’ai visé ma cible et tiré la flèche.
« Bien, en plein dans l’estomac !
– Je visais le cœur pour signaler. Mais bon, lui répondis-je en abaissant mon arc et laissant la pièce reprendre son apparence, je te le laisse, joue un peu avec, mais fais moi quelque chose de bien.
– Ne t’en fait pas, reviens demain je devrai avoir fini. Oh au fait. Bien joué, deux semaines pour la mettre dans la poche. Chapeau.
– Sieg ! Je ne l’ai pas mise dans ma poche. L’attirance était mutuelle, c’est tout. Puis tu sais très bien ce que je pensais d’elle.
– Oui, m’enfin chapeau quand même.
– Merci l’ami. Je te laisse je vais me reposer. À plus. »
J’avais achevé une partie, la plus dure à mon avis. Maintenant il me fallait la réveiller. Et lui donner les moyens de se venger de Barbarigo. J’attendais que Sieg me rende son arme et je laissais les choses aller comme elles le devaient. Le lendemain j’ai eu le droit au retour d’une personne que je n’avais pas vue depuis longtemps. Ryan était revenu pour me parler de l’italien.
« Il a déjà commencé à foutre le bordel, je présume.
– Tu présumes bien dit donc.
– Il faut que tu l’arrêtes avant qu’il ne s’attaque à d’autres personnes.
– Non, ce n’est pas à moi de l’arrêter.
– Pourquoi ?
– C’est lui qui a tué ma femme, qui a commencé à harceler Virginie. Je lui offre une vengeance, qu’elle exécutera comme elle le souhaitera.
– Mais tu mets en danger un demi-millier de personnes !
– Parce que tu as une meilleure idée pour réveiller Nikki ?
– Ah, non.
– Bon. S’il vient du Satan, je gère, ou tu t’en charges, ça nous permettra de nous occuper et de nous entrainer un peu plus. Qu’en dis-tu ?
– Je suis d’accord. Sauf que tu as tellement parlé vite que tu ne t’es même pas aperçu qu’ils étaient déjà là !
– Chouette ! Je vais pouvoir jouer. » J’ai dégainé mon katana et ai foncé sur une partie de la troupe. Les démons s’entassaient, cent, deux-cents, trois-cents… Tous passaient sous ma lame et tous trépassaient un à un.
« Un peu d’aide les garçons ? Nous fit Amy qui arrivait.
– Ça devrait aller. Lui répondit Ryan.
– Leo Attention ! »
Une nouvelle horde d’ennemis se jetaient sur moi, presque un millier se posait les uns sur les autres pour m’attaquer. Une seule solution s’offrait à moi. Leo. Une transformation qui se fit dans un immense éclair, couplé par une tornade créée avec la nouvelle arme de Leo.
« Tu disais ?
– Non, rien. Tu t’en sors très bien sans nous.
– Moi oui. Mais elle n’aura surement pas autant de facilité que moi.
– Tu t’en fais pour elle. Pourtant tu sais que c’est une grande guerrière, c’est ta femme tout de même.
– Je sais, mais ce n’est pas elle qui m’inquiète, je me souviens très bien de la façon dont Tanguy a vécu mon arrivée et même s’il est solide, il a eu du mal à s’y faire. Elle est beaucoup plus fragile et je n’ai pas envie de la mettre en danger juste pour mon bonheur.
– Sauf que là, comparés à toi et Tanguy, elle possède plusieurs personnes qui l’aideront, aussi bien nous que toi, Tanguy ou Sieg. Me répondit Ryan.
– Oui, c’est bien vrai.
– Puis n’oublie pas, je suis ton frère, je suis là pour t’aider.
– Oui, j’ai encore un peu de mal à m’y faire à ça, c’est arrivé tellement vite.
– Je sais, mais tu t’y feras, laisse-toi du temps.
– Oui », lui répondit-il en dégainant un pistolet pour tuer le dernier démon.
« Tu ressembles bien à notre père, aussi rapide et réactif que lui. Même ton costume semble être le même, comme si tu étais plus son fils que moi.
– J’ai plus de ressemblance de son côté et toi de notre mère c’est tout.
– Belle vision des choses. Je n’y aurais pas pensé.
– Alors pense plus l’ami !
– Ça par contre c’est bien à toi. Ton sarcasme et ton arrogance dépassent l’entendement.
– Bien sûr, sinon comment veux-tu, tout le monde me prendrait au sérieux et je ne veux pas !
– Déjanté, on n’a pas fait pire que toi. Je me demande quelques fois comment on fait pour être frère. Seulement j’admire le niveau d’excellence auquel tu as su monter ces défauts pour en faire, tes plus grandes qualités.
– Et ça fait qu’il en est l’un de mes pires ennemis. Nous fit Barbarigo avec sa voix sombre et rauque.
– Tiens, tu refais surface. Que nous vaut cet honneur très cher ?
– Ta tête !
– J’en doute, je t’avais dit de faire du sport. Ce n’est pas avec ta carcasse de gros tas que tu m’attraperas.
– Et toi ce n’est pas en te cachant derrière tes paroles que tu te sauveras la vie.
– Ah bon, je croyais moi ! » lui répondit-il en fonçant à toute vitesse vers lui et en lui tranchant la main.
« Ah ! Tu me le paieras ! me répondit-il en repartant.
– J’y compte bien !
– Tu es dingue Leo. Impayable je te jure.
– Je sais, je sais. Aller bonne journée, je vais m’entrainer un peu. »
Je me suis rendu à la Tour, une fois de plus pour perfectionner mon style de combat, surtout pour apprendre à gérer la dernière arme de Leo. Et ce pouvoir électrique qui lui venait de son père, qui d’ailleurs m’avait laissé le même tatouage en forme d’éclair que lui. Encore une fois je comptais sur Sieg pour m’aider.
« Tient regardez qui voilà, tu ne devrais pas être en cours toi ?
– Si, mais je n’avais pas envie d’y rester. J’ai besoin de toi, mon père m’a légué un pouvoir électrique, mais je ne sais pas m’en servir, tu ne me filerais pas un coup de main par hasard ?
– Je crois que ce pouvoir est lié à ta lance, Raging Dragon. Sans tu n’as pas ce pouvoir.
– Dur, tu m’apprends à le maitriser. Je suis sûr que je peux faire des merveilles avec !
– Ou des étincelles !
– Attention du prend du niveau. Allez, reste pas là à te foutre de ma gueule et explique-moi comme tu sais si bien le faire.
– Comme tu voudras, me répondit-il en transformant la pièce en dojo. Il semblerait que ce soit tout bête, tu penses, tu lances… me fit-il coupé par le fracassant bruit d’un éclair.
– Chouette !
– T’apprends vite. Je pense que tu peux charger ce pouvoir dans ta lance et l’utiliser pour te battre.
– Comme ça ? » lui demanda-t-il en reproduisant la tornade qui l’avait sorti des ennuis tout à l’heure.
« Ouais, ça doit être ça. Continue l’ami.
– Dis, cette pièce ne se transforme qu’en dojo, ou en ce que je veux ?
– Tout et n’importe quoi.
– Alors, emmène-moi dans un jardin chinois, avec des cerisiers en fleurs. Au printemps.
– Nostalgique notre ami. Allé, bon voyage ! »
Quoi de plus beau qu’un jardin de cerisiers ? Ces fleurs roses, leurs pétales volants au grès du vent. J’avais découvert que la lance pouvait se plier, pour ne faire qu’un bâton, plus simple à maitriser pour un entrainement. J’étais tranquille, seul dans ce merveilleux paysage. Chaque fois que je fermais les yeux, de vieux souvenirs de Leo me revenaient, des moments passés dans ce type de paysages, des moments de paix, loin de la guerre, loin de toute oppression. Dans un calme si royal que les seuls bruits remontants sont les oiseaux frôlant mes mouvements, le vent traversant le jardin, le ruisseau qui longeait la plateforme en pierre sur laquelle j’étais. C’était un paradis sur Terre, l’endroit du repos éternel. Personne ne voulait me déranger apparemment, même Kat ne me prévenait pas des messages que je recevais. Un seul vint changer ceci. Chester, même s’il voulait se cacher, je savais qu’il était là, mais je l’ignorais, tant qu’il ne venait pas me stopper. Seulement il n’était pas seul, quelqu’un l’avait accompagné. Il restait dans l’entrée du jardin, à la sortie du château.
« Vous ne pensez tout de même pas que je ne vous ai pas remarqués.
– Tu n’es pas drôle, rien ne t’échappe, me répondit-il en me rejoignant avec Virginie. »
Je me suis tourné vers lui, l’attaquant d’un coup, attendant de sa part une défense posée au millimètre. Il me répondit en contrant mon attaque avec un de ses sabres, celui qu’il tient toujours à la main
« Tu te souviens de cet endroit ? demandais-je en rengainant ma lance dans le dos. C’était la maison de vacances de nos parents, eux restaient tranquillement sur la terrasse à nous regarder pendant que l’on se battait ici.
– C’est tellement loin…
– Vous ne savez pas, je crois, que je vais vous laisser tous les deux.
– Non, reste, j’aimerais te parler, lui répondis-je en reprenant ma forme normale.
– C’est moi qui vous laisse alors, à plus tard, les amoureux.
– C’est ça ! Et empêche qui conque voudrais rentrer de passer la porte OK ?
– J’y penserai !
– Vous habitiez vraiment ici ? C’est magnifique !
– Non, c’est juste une image ressemblant à la maison de nos parents. Ce n’est pas réel, enfin presque. Le jardin n’est pas réel, mais la tour dans laquelle on est existe bel et bien.
– Mais comment ça se fait que je la voie, mais mes copines non ?
– La Tour de Verre, invisible du monde réel, dominante du monde des démons, elle est l’incarnation des pouvoirs des anges, symbolisant leurs suprématies. Seuls les élus peuvent la voir.
– Alors…
– Certaines fois on ne choisit pas ce que l’on est, on est édifié sur les bases d’un idéal parfait. Les autres fois on est ces idéaux. Je fais partie de ces personnes qu’ils ont choisies pour éliminer les menaces et toi aussi. Leo Kryssen, gardien de L’Ordre et maitre du temps.
– Et moi ?
– Sa femme t’a choisi pour être son hôte. Je sais tu dois te dire que j’ai tout fait pour être avec toi parce que sa femme dort en toi, pourtant moi et Leo avons deux personnalités bien distinctes et tout ce que je peux ressentir c’est pour toi, mais pas ce que Leo ressent pour celle que tu portes.
– C’est un peu dur à croire.
– Je sais et crois-moi que je te comprends tout à fait. Seulement j’ai besoin de toi, je veux juste que tu me fasses confiance et que tu me croies.
– Tu me disais que tu voulais m’offrir la capacité de me venger, tu pensais à ça ?
– Oui, j’espère que te venger de celui qui te harcèle et qui en plus a tué la femme de Leo l’aidera à se réveiller.
– Parle-moi un peu d’elle. Elle est plus belle que moi ?
– Virginie !
– Quoi ?
– T’es bien une fille, tu as peur de quoi, que je la préfère à toi ? lui répondis-je en éclatant de rire.
– Ce n’est pas drôle !
– Non t’à raison excuses-moi. Elle s’appelle Nikki Monteiro et oui c’est une fille superbe.
– Tu l’as déjà vu ?
– Oui, c’est une longue histoire expliquée par ma capacité à voyager dans le temps. Mais si ça peut te rassurer, tu es au moins aussi belle qu’elle.
– Oh, c’est gentil.
– J’ai quelque chose à t’offrir. Sieg ! Ramène-nous.
– Tout de suite. Tiens, c’est à toi.
– Merci, mais ce n’est pas à moi. Virginie, je sais que ça peut paraitre un peu étrange comme cadeau, mais, c’est une des armes de Nikki, tu en auras besoin. Je veux que tu la gardes avec toi.
– Mais je la garde comment ? » me répondit-elle en le prenant et le laissant disparaitre dans sa main.
« Apparemment elle est plus présente que ce que je pensais.
– Et maintenant ?
– Attend le moment opportun, tu sauras quand il faudra que tu agisses crois-moi. Je te ramène chez toi ?
– Non ma mère vient me chercher. Merci, me répondit-elle en me resserrant dans ses bras, à lundi.
– J’ai l’impression que ça lui fait peur, fis-je à Sieg quelques minutes plus tard.
– Comme toi au tout début.
– Exact.
– Comment vas-tu provoquer le duel ?
– Je ne sais pas, déjà qu’il ne m’aime pas, mais bon j’ai rien à craindre de lui, sauf si tu m’offres une nouvelle alarmante sur sa personnalité.
– Ah ! Non, je n’ai rien sur lui, ce n’est pas très normal d’ailleurs, tu n’étais pas censé l’avoir tué, toi ou ton frère lié ?
– Si normalement, seulement rien n’est sûr. J’essaierai de faire attention tout de même. Bon weekend, mon ami, moi je vais me reposer. À plus ! »
Deux jours de repos, deux jours à dormir surtout, mais bon, j’en avais besoin. J’avais un mauvais pressentiment à propos de Barbarigo, comme s’il était plus que ce qu’il ne paraissait. Celui que mon frère assassin avait tué ne se serait jamais laissé insulter comme je le faisais. Tout ceci cachait quelque chose que je comptais bien découvrir. Lundi 17 décembre 2012, j’annonçais à cette date l’arrivée la plus grandiose du monde terrestre. Non tout de même pas, mais je savais que c’était aujourd’hui ou jamais. J’avais décidé de ne pas aller en cours cette fois-ci. À vrai dire, il fallait que je choisisse entre rester en cours et sauver le monde. Ma décision avait été vite prise. Alors je me prenais pour le Chasseur, voyageant dans les couloirs, traversant le lycée de part en part, le connaissant presque par cœur après mes traversées dans les limbes. Personne ne savait que j’étais là, personne ne venait me déranger. Alors je continuais ma promenade. Attendant qu’il daigne bien vouloir montrer le bout de son ventre trop gras. Mais apparemment il était trop occupé. Ou juste pas pressé. J’ai fait deux fois le tour de l’établissement en deux heures. Il était presque midi et je savais que les élèves finiraient par sortir de cours. Alors j’ai commencé à redescendre les étages, mais arrivant au rez-de-chaussée, j’ai remarqué quelque chose d’étrange, comme si quelqu’un me suivait, quelqu’un d’invisible. J’avais traversé la moitié du couloir, seulement mon poursuivant ne voulait pas me laisser continuer, il me planta une épée dans le dos me traversant le corps. Et sa voix sombre me fit comprendre qui il était.
« Leo, tu n’avais pas pris en compte les guerriers de l’ombre n’est-ce pas ? Qui va bien pouvoir te sauver maintenant ? » me fit-il en me trimbalant sur son épée à travers le couloir laissant une longue trainée de sang. « Tu n’as personne pour t’aider, mon père, ma famille a tué ta femme et maintenant toi. Un guerrier de l’ombre dans le sang, les décennies passent et la capacité reste chez les nouvelles générations.
– Lâche-moi enfoiré ! lui répondis-je en me débâtant, agonisant.
– La seule capable de te sauver serait Nikki. Oh, mais que je suis bête. Elle est morte. Je crois bien que cette fois-ci je n’ai pas raté mon coup, qu’en penses-tu ?
– Je n’ai pas joué toutes mes cartes le gros. J’en ai battu des plus coriaces que toi de gros tas.
– Et bien, puisque tu es déterminé à résister. Voyons si ton lycée adoré est aussi courageux que toi, ou même s’il tient à toi, ou s’il préfère acclamer mon exploit ! » me répondit-il au même moment où la sonnerie indiquait midi.
On avait fini sous le préau, lui posé sur une table me tenait au bout de son arme agonisante. Prêt à lâcher ce monde pour rejoindre celui des morts. Et tout le monde nous passait devant, effrayé par ce spectacle sanglant. Personne ne disait rien, comparé aux autres jours où lorsque tout le monde parle on ne s’entend presque pas. J’imaginais la tête de ce salaud avec un sourire sadique au coin des lèvres. Pour ma part j’avais abandonné l’idée de m’échapper par moi-même. Plus je m’agitais plus je me déchirais le corps. J’avais perdu presque tout mon sang, même Justine ne s’était pas attaquée à lui sachant éperdument que personne d’entre nous ne pouvait l’abattre. Elle et ses amies regardaient ce spectacle d’horreur, sanglant, alors que je me voyais déjà partir. J’avais l’impression de voir des fantômes. C’est au moment où je commençais à perdre espoir que j’ai vu arriver Virginie. J’avais l’impression qu’elle était accompagnée par un de ces fantômes, un homme en costume, la veste blanche et le pantalon noir. Un chapeau blanc aussi. Il se tenait posé sur sa canne. Lorsqu’elle m’aperçut, elle laissa tomber au sol tout ce qu’elle tenait, laissant place à ces larmes.
« Tanguy !
– Tu es la seule à pouvoir le battre. Souviens-toi. J’ai besoin de toi, j’ai besoin de vous. Nous avons besoin de vous ! lui répondit-on en échangeant nos rôles.
– Je… »
Sa rage montait en même temps que ses larmes. Son arc était apparu dans sa main et l’aura de Nikki apparaissait. Elle le leva, le pointant vers nous, visant son cœur. Elle tremblait, mais semblait ne pas vouloir lancer sa flèche.
« Ne t’en fais pas pour moi, je m’en sortirais. Tire !
– Je suis désolé ! »
Pendant ces quelques mots, Nikki pris place, une dernière larme tomba sur sa flèche et tira. Mon épaule était juste en face de son cœur, je regardais cette flèche illuminée traçant son chemin dans un flot d’étincelles et de particules blanches. Elle vint me frapper de plein fouet, me coupant le bras et propulsant mon agresseur au bout de la salle. Elle s’était rapprochée de moi, m’ayant pris la seule main qu’il me restait.
« Leo, ça va ?
– Oui à peu près. »
Je me suis souvenu de ce que m’avait dit Sieg. « Tu peux utiliser cette technique pour restaurer ton corps à un état antérieur. » Je me suis rappelé le moment où il ne m’avait pas encore attaqué. Tout mon corps s’illuminait et des anneaux bleus tournaient autour de mon thorax et au bout de mon épaule pour recréer mon bras. En moins d’une minute, j’avais repris mon état normal, mais avais consommé presque toute mon énergie. Mais quelqu’un ne voulait pas me laisser de répit.
« Elle a peut-être tué le gros, mais elle ne peut pas tuer un Tyran avec juste une flèche.
– Excuse-moi, mais je trouve que le nom de gros cul colle mieux à ta sale race ! lui répondit-il en se levant.
– Non Leo attend tu ne t’es pas totalement régénéré ! »
Moi aussi je devais accomplir une vengeance et c’est avec l’arme de Grey, Shadow Runner que j’allais l’exécuter. Je m’étais jeté sur lui, avais téléporté une chaise près de lui pour pouvoir lui monter dessus. J’ai enroulé la chaine de mon arme autour de son cou, la tête de la faucille du côté de son visage. Je le suis jeté au-dessus de son épaule et ai tiré un grand coup sur la chaine pour lui sectionner la tête. Il en restait que son corps lourd duquel j’ai arraché le cœur à travers le dos, que j’ai ensuite écrasé sous mes doigts. Une partie me rentra dans le bras pour me tracer quelques cicatrices tout le long, déployant Lucifer et la transformant, rajoutant deux longs bras à cette tête de démon qui me tenait sur l’épaule. Mais notre ennemi n’était pas encore mort.
« Non, Leo NON !
– Oh ta gueule ! lui répondit-il en écrasant sa tête sous son pied.
– Leo ! Leo, ça va ?
– À merveille. Ce n’est pas un gros de plus qui va me faire peur.
– Leo, tu n’as pas changé d’un poil.
– Pourquoi voudrais-je changer, je prendrais le risque de ne plus te plaire ? Et tu sais très bien que je ne veux pas, lui répondit-il en la prenant dans ses bras.
– Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
– J’aimerais aller voir Sieg, mon bras a pris une tête assez pas trop comme je le voulais. Il saura ce que c’est et si c’est bien ou si ça va me tuer.
– Moi je vais essayer de retrouver mes armes, elles ne sont pas loin, mais je ne sais pas où Barbarigo les a cachées. Je te retrouve là-bas.
– D’accord à tout à l’heure, lui répondit-il en se téléportant à la Tour, mon ami, j’ai besoin de toi.
– Ce n’est pas grave.
– Quoi ? De quoi parles-tu ?
– De ton bras, ce n’est pas grave, c’est ton côté démon qui réagit pour t’aider, parce que ton équilibre humain ne tient que si les deux côtés sont stables, l’aspect ange revenu un peu au-dessus avec tes nouveaux pouvoirs il fallait que le côté démon remonte. Et à mon avis il continuera pour adapter ton corps à l’arrivée de Toshiie. De plus c’est une sorte de régulateur, parce qu’il te manque encore quelque chose. Mais ça ne devrait pas tarder.
– Donc ça ne me tuera pas ?
– Non, ça t’a même régénéré ton tatouage, j’ai vu qu’il atteint ton cœur de Técéros et l’a laissé apparaitre derrière aussi.
– Et mon costume, il ne se répare pas ?
– Si, mais uniquement quand il n’est plus visible. En bref il faut que tu changes d’apparence et une fois que tu reprendras celle-là il sera tout neuf.
– Tant mieux. Je ne vais pas rester comme ça alors. Si tu me cherches, je suis sur le toit.
– OK l’ami. »
Je me suis dirigé vers le toit, comme à mon habitude, mais j’ai eu une bonne surprise en y arrivant.
« Tient Virginie, tu es là.
– La vue est superbe d’ici.
– Voilà pourquoi je me retrouve toujours ici pour réfléchir, on voit tout et on y est tranquille.
– Je te comprends, j’en ferai de même si tu m’y autorises, me répondit-elle en se tournant vers moi.
– Pourquoi je te l’interdirais, elle n’est pas à moi cette tour, tu fais ce que tu veux. Si tu veux venir seule ici. Ou même accompagnée d’un jeune inconnu aux cheveux bruns, lui dis-je en la prenant dans mes bras.
– Oh, si en plus je peux être accompagnée. C’est le bonheur parfait, me répondit-elle avant de m’embrasser, et maintenant, comment comptes-tu retrouver les autres ?
– En mettant une annonce dans le journal tient !
– Arrête tes bêtises. Tu sais où ils sont au moins ?
– J’ai une idée, mais Sieg ou Leo m’aiderons je leurs faits confiance.
– Moi aussi je te fais confiance. Par contre s’il faut que tu partes je ne sais où pour les trouver je veux venir avec toi !
– Comme tu voudras princesse.
– Princesse des chieuses oui.
– Arrête ! Tu es chiante oui, mais si je ne l’étais pas je ne serais pas avec toi et je ne serais pas amoureux de toi non plus.
– Tu sais toujours quoi dire.
– Ça sert d’avoir un dictionnaire dans la tête.
– Ce que t’es bête ! Je te laisse je retourne en cours.
– À quoi bon ? Autant profiter de notre stature de héros ! lui répondis-je en prenant une posture victorieuse.
– Oui, mais moi je ne suis pas apparu en arrachant la tête d’un idiot.
– À oui c’est vrai, excuse-moi, ça me paraissait tellement naturelle comme entrée en scène que je pensais que tout le monde ferrait pareil.
– Tanguy !
– Quoi, qu’est-ce que j’ai dit encore ?
– Tes âneries. Aller, j’y vais, me répondit-elle, à plus tard. »
Elle repartit en s’envolant. Parce qu’elle savait déjà voler et n’avait pas besoin de tout apprendre.
(« Pourquoi c’est toujours plus simple pour les autres que pour moi ?
– Parce que seuls les plus grands héros doivent endurer les pires horreurs.
– Ah, oh. Je suis un grand héros. Chouette !
– Tu ne changeras jamais toi non plus, arrogant et invivable. Continue, tu me plais bien comme ça !
– Je le sais sinon tu ne m’aurais pas choisi !
– Un bon conseil, ne la laisse pas comme je l’ai laissé, ne fait pas les mêmes erreurs que moi.
– Je suis ta seconde chance et ne t’en fais pas j’en prendrai soin.
– C’est une personne exceptionnelle au grand cœur, elle s’attache facilement aux autres, et ça, ça peut être un défaut. Alors, garde-la. C’est une femme certes, mais elle n’est pas comme les autres, comme toutes les autres.
– Je m’en souviendrai l’ami. Merci. »)
Une de plus. J’avais gagné une copine et une femme. Deux personnes en une seule. Il ne me restait plus que les trois derniers. Les trois inséparables. Trois guerriers qui ensemble formaient la plus puissante des alliances. Redoutables, craints par tous, ils étaient l’une des clés de la suprématie de L’Ordre. Sans eux sa renommée ne serait pas si grande. J’avais besoin de leurs clés et de leurs forces. De leurs puissances et de leurs courages. Avec eux plus personne ne pourrait nous vaincre. Mais je savais que Sieg m’avait parlé d’une chose, quelque chose qui ne tarderait pas à arriver et cette idée m’inquiétait quelque peu.
Quelle est la pire chose que le monde n’ait jamais endurée ? Les guerres ? Ou les hommes aux idées tellement frappées qu’elles dépassent l’entendement. Pour ma part c’est d’avoir fait partie des guerriers noirs. Un groupe de guerrier composé de moi forcément et de trois autres allumés. Un trio d’enfer invivable et ingérable. La preuve je n’en ai même pas été capable. Et il me fallait les trouver. Mais je ne voulais pas ! Même s’ils sont les plus puissants guerriers sur Terre, ils sont incontrôlables ! Mais bon, il me les fallait pour ouvrir le tombeau.
Je ne savais pas trop où les chercher. Je n’en avais même aucune idée. Encore une fois je m’étais posé sur le toit de la Tour, réfléchissant à l’endroit où je pouvais trouver ces trois amochés de la tête. On était vendredi, vendredi 21 décembre 2012 et la fin du monde tant prévue et redoutée par le monde n’était pas arrivée. Au pire j’étais là pour la stopper. (Je suis devenu vantard moi tient.) J’étais tranquille posé à penser quand Leo vint m’apporter son aide.
(« Souviens-toi de ça. Tous les temps sont importants, le passé, ton présent et le futur qui en suivra. Les choses les plus belles sont parties, mais tu peux les retrouver, il te faut rattraper ceux qui te manquent le plus.
– Ceux qui me manquent le plus. Le passé… Mais oui ! Nabil !
– Je ne pensais pas à lui, mais oui pourquoi pas ?
– Tu aurais préféré Anthony et Christophe ?
– Voilà. Ton trio est complet. À toi de jouer.
– Avec plaisir. »)
Trois inséparables, pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Maintenant, comment les trouver, comment les voir ? Parce qu’ils sont plus loin les uns que les autres. Seulement tout me venait comme si tout voulait me faciliter la vie. Kat me rappelait parce que quelqu’un m’appelait.
« Tanguy ? C’est Nabil. Je t’appelle parce qu’avec Anthony et Christophe on a prévu de passer les vacances chez moi à Alès et je voulais savoir si tu voulais venir.
– Si je veux venir ! Tu me laisses dix ou quinze minutes et j’arrive chez toi ?
– Quoi ?
– Oui le temps d’aller chercher un ami et ma copine.
– Quoi ? Mais.
– Tu comprendras quand j’arriverai jeune. À dans dix minutes ! lui répondis-je en raccrochant.
– Tient Tanguy, je peux te parler une minute ? me fit Sieg en arrivant sue le toit
– Bien sûr qu’y a-t-il ?
– Je ne te l’ai jamais dit et Leo non plus, mais tu dois de l’imaginer je ne suis pas éternel. Je commence à m’épuiser moi aussi et je ne sais pas encore combien de temps il me reste dans ce monde.
– Sauf que sans toi je ne peux rien faire, je n’ai plus tes pouvoirs. Tu ne sais pas, je pars deux semaines, repose-toi, mets-toi en stase s’il le faut. Je suis sûr que je peux trouver un moyen de garder en bonne santé, même s’il faut que je te modifie comme vous l’avez fait avec moi et Adam. Je te suis reconnaissant de m’avoir emmené jusqu’ici. Leo aussi. Laisse-moi t’aider pour une fois. J’ai besoin de toi et je ne te laisserai pas partir.
– Tu es sûr de pouvoir t’en sortir sans moi ? me fit-il en nous ramenant dans la salle principale. Je veux dire, il te reste trois âmes à retrouver. J’ai les positions des sceaux…
– Je les prendrais, mais ne t’en fait pas, je pars avec Ryan et Virginie. Prend soin de toi Sieg pendant ce temps.
– D’accord, mais je doute que quoi que ce soit puisse me tenir en vie à part une stase. Me dit-il en se plaçant dans la cellule.
– Ne t’en fais pas. Je ne te laisserai pas comme ça, lui dis-je en réactivant sa cellule. Je ne te laisserai pas comme ça l’ami… »
J’étais anéanti, j’étais à deux doigts de perdre mon grand allié et l’un de mes plus grands amis. Quels moyens pouvaient s’offrir à moi pour le garder en vie ? Lui donner son ange, mais sans son corps original c’est inutile. J’y pensais et repensais en partant vers mon lycée. Lorsque arrivé je suis descendu au laboratoire pensant y trouver Ryan, mais je n’y ai vu personne à part une sorte de robot assez hors du commun.
« Alors Tanguy, comment trouves-tu ma création ? me fit Grey débarquant.
– Quoi ? C’est toi qui as fait ce truc ?
– Ouais, c’est le troisième que je fais et le premier qui pourrait réellement fonctionner. Toi qui viens d’une autre planète, c’est de la technologie Saory, il est capable de tout faire comme un humain, mais il ne lui manque qu’une âme pour tenir debout lui-même.
– Une âme… Si je te dis que je peux t’offrir quelqu’un qui prendra place dans ce corps, tu penses être capable de le mettre en place pour le faire fonctionner ?
– Bien sûr, il me faudrait quelques semaines pour lui adapter le conteneur de vie à la place du système informatique, mais oui.
– Je t’en donne deux. Les vacances, mais pas plus. Je le veux quand je serais revenu OK ?
– Tout ce que tu voudras. Je te le ferrai.
– Tient Tanguy, on te cherchait.
– Fait attention Ryan, je n’ai pas envie que tu me voles ma copine !
– Je n’oserai pas voyons, puis je doute qu’elle veuille t’abandonner.
– Non, ça non ! me fit Virginie en venant vers moi, bon, où on va ?
– À l’autre bout du monde ! Non je rigole, Alès, on a du boulot là-bas.
– Alors en route ! »
J’en avais presque oublié que j’avais dit à Nabil que j’y serais en dix minutes. Pourtant une fois chez lui.
« Cinquante-six, cinquante-sept…
– Ne te tracasse pas Nabil, je suis toujours à l’heure !
– Quoi ? Mais comment ?
– Oui je sais je t’avais dix minutes et j’ai un peu d’avance. Tu ne m’en veux pas au moins ? Je me suis téléporté un peu vite.
– Mais comment ?
– Tu n’as jamais lu le Raptor News ?
– Si, en ce moment ils parlent beaucoup d’un certain Leo Kryssen.
– Et bien tu l’as devant toi. Et je suis là parce que j’ai besoin de toi. Et d’Anthony et Christophe aussi. Vous êtes comme moi.
– Bien, prouve-moi que tu es bien Leo.
– Ça te va comme preuve ? lui répondit-il en se transformant.
– Euh… Oui, sauf que là t’es dans mon lycée.
– Et bien j’en sors, on se retrouve dehors quand tu auras fini. »
J’avais demandé à Ryan d’explorer les zones où Sieg avant trouvé les sceaux puisqu’il est le seul à pouvoir aller dans les limbes sans l’aide de quelqu’un. Pendant ce temps j’étais resté avec ma copine dans le parc en face du lycée.
« Tu as vraiment besoin de toutes ces bagues ? Moi j’en ai qu’une et encore j’ai du mal à la supporter, me fit-elle en me prenant les mains.
– Besoin non, mais j’en ai toujours porté, je m’y suis habitué à force. Et elle me donne des informations sur mes pouvoirs…
– Tanguy, ça va ? Je te sens attristé.
– C’est Sieg, il est malade et je ne suis pas sûr de pouvoir le maintenir en vie. J’aurais bien un moyen, mais je ne suis pas convaincu que ça marche. Si je le perds, je perds tous mes pouvoirs et je perds Leo…
– Tu penses faire quoi ?
– Je n’en sais rien. Je l’ai laissé en stase à la Tour, en attendant il faut que l’on s’occupe des sceaux. On en a trois à trouver.
– Trouvés ! me fit Ryan derrière nous.
– Ben on a plus qu’à les déverrouiller. Je vous laisse cinq minutes les garçons je vais aux toilettes.
– D’accord, Nabil ne devrait pas tarder. »
Les toilettes étaient sur la seconde partie du parc, coupé par un morceau de route. Au moment où elle traversait une voiture, une Peugeot 207 blanche arriva à toute allure.
« Virginie ! »
Quatre portails, deux pour téléporter Virginie en lieux sur et les deux autres pour arriver devant le véhicule. Je me suis appuyé sur l’avant de la carrosserie, forçant de toutes mes forces pour stopper le véhicule. Son conducteur sorti une fois arrêté.
« Mais tu es dingue !
– Aussi dingue que toi dans cette voiture Antho !
– Tanguy ! Excuse-nous, mais avec Chris on avait vu un cul là et…
– Ouais sauf que c’était ma copine que t’as failli écraser en lui matant le cul.
– Merde ! Mais comment tu as ? Enfin elle était là et ?
– C’est pour ça que je suis là. Pour vous deux et Nabil.
– On parle de la star ?
– Non Nabil tu n’es pas encore une star. Laisse-moi le temps et ça ne devrait pas trop tarder.
– Et on fait quoi exactement ? me fit Christophe.
– Pour l’instant, faites votre vie. Ne vous occupez pas de nous et dans quelque temps je reviendrai vous chercher.
– OK et tu vas faire quoi au juste ?
– Vous délivrer des enfers ! lui répondis-je en éclatant de rire. Vous me prenez pour un fou, mais rassurez-vous, laissez-moi faire et vous verrez par vous-même. Allez, ramassez Nabil et je vous tiens au courant OK ?
– OK chef !
– Toujours aussi précis ! me fit Virginie arrivant derrière moi une minute plus tard. J’aurais pu l’éviter moi-même, tu sais.
– Ouais, mais je suis trop possessif et sécuritaire pour ça. Puis les nouveaux pouvoirs de Leo m’alertent quand tu ou certaines personnes courent un danger.
– Et moi alors ? On s’en fout de ce que je fais ? nous fit Ryan.
– Non, dis-moi tout. Où sont ces sceaux ?
– Il y en a un dans une boucherie, Djoudi pour être précis. Les deux autres sont dans un stade pas loin gardé par un équarrisseur.
– Un équarrisseur ?
– Oui tu sais, c’est comme un tyran, mais ils sont plus petits, c’est un mini démon dans une carcasse et qui se bat avec des scies à la place des mains.
– Oh ! Un trou du cul, tu me l’aurais dit, de suite j’aurais compris.
– Tanguy, toi et ta façon d’appeler les démons que tu croises, me fit Virginie.
– Excuse-moi, mais leurs noms ne leur vont jamais. Je préfère les miens. Ryan, tu nous y mènes ?
– On est partis. »
Avec mes connaissances et tout ce que m’avait apporté Ryan, je savais que les sceaux se trouvaient chez Nabil, au final pas si loin d’où ils seraient. Ça m’arrangeait au final. On était trois, donc chacun en aurait un. Je ne voulais pas m’y attaquer aujourd’hui, l’annonce de Sieg m’avait quelque peu dépité et déprimé. J’avais peur de le perdre et de perdre Leo. Je ne m’imaginais pas capable de sauver le monde seul sans eux. J’avais donc choisi de passer la nuit dans un hôtel. J’avais cette habitude, m’isoler sur le toit de la tour pour réfléchir et donc là sur la terrasse de la chambre. On avait pris une chambre dans les derniers étages, pour pouvoir surplomber la ville.
« Je savais que je pourrais te trouver ici.
– Ça ne fait pas si longtemps que l’on est ensemble et pourtant j’ai l’impression que tu me connais comme si ça faisait des années.
– C’est grâce à Nikki. Tu agis comme Leo. Tu es presque comme lui.
– Et c’est pour ça qu’il m’a choisi. Et là j’en viens à me dire que je vais peut-être le perdre. Si je ne trouve pas un moyen de sauver Sieg…
– Mais je sais que tu trouveras. Tu t’en es toujours sorti, pourquoi ça changerait aujourd’hui ?
– Parce que la peur me ronge et me paralyse, lui répondis-je en me tournant vers elle.
– Tu m’as bien dit que Grey avait quelque chose ?
– Oui, c’est un androïde Saory, mais ce n’est pas sûr que ça marche.
– Avec une technologie Saory, je t’assure que si.
– T’es sure ? Le problème est qu’il va perdre son apparence.
– Ça se change ça, c’est un détail Tanguy. Ne t’en fait pas on va le sauver. Fais-moi confiance.
– Tu trouves toujours le moyen de me remonter le moral. T’es géniale !
– Et c’est bien pour ça que je suis ta copine. Tu viendras te coucher ?
– J’arrive.
– Leo… L’équarrisseur… me fit Ryan arrivant essoufflé.
– Quoi l’équarrisseur ?
– Il a une clé ! Il a une clé de montée dans le dos.
– Et quelle tête elle a ?
– C’est bizarre, mais elle à une aile d’un côté et une queue de démon de l’autre.
– C’est la clé de Sieg… C’est une clé en ivoire, elle appartient à Sieg, mais qu’est-ce qu’elle fait là ?
– Tu le lui demanderas. Il garde le sceau de Feng et en plus il veut te voir.
– Pourquoi est-ce que je ne le sens pas ?
– Parce qu’il ne craint même pas mes pouvoirs de glace ?
– Tu maitrises la glace ?
– Comme toi l’électricité.
– Eh bien, je sens que je vais m’amuser.
– Alors à demain. Moi je vais m’occuper un peu. »
Je me demandais, comment est-ce que ce démon pouvait se trainer avec la clé de Sieg ? Comment l’avait-il obtenu ? Je n’arrivais pas à dormir, j’étais tracassé par ce qu’il arrivait à Sieg et ce qui nous attendait s’il disparaissait que je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser, je ne voulais pas. J’avais trop peur de le perdre. J’ai passé la nuit à marcher dans la ville, parcourir les rues de long en large. Je m’imaginais être à Paris, lors de mon voyage dans le futur. Il n’y avait pas d’énormes différences si ce n’est le thème plus futuriste de la première.
(« Leo, tu penses que j’ai changé ?
– Pourquoi dis-tu ça ?
– Parce que j’ai peur de voir Sieg partir et te devoir, te laisser partir aussi.
– Non tu n’as pas changé, tu t’es juste attaché à nous comme à tes autres amis.
– Même peut-être plus.
– Je sais que tu le sauveras, j’en suis convaincu. De plus j’ai presque fini notre fusion alors si on le perd maintenant, tu disparaitras avec moi.
– Hors de question !
– Alors je sais que tu trouveras le moyen de l’aider. Je te fais confiance. »)
Je savais que je pouvais le sauver et avec ce que m’avait appris Leo, je devais le sauver. J’avais marché pendant des heures, je suis retourné à l’hôtel, il était dix heures. Samedi 22 décembre 2012, je signais ce jour comme le dernier à la quête des clés des anges. J’avais laissé les trois autres vivre leurs vies comme bon leur semblait. Pendant que nous on pensait à la façon dont on allait s’attaquer à cette chasse. Ryan avait déjà pensé un plan un repérant les lieux, il m’avait donné le sceau de Feng, avait pris celui de Raven et avait donné celui de Hwoarang à Virginie.
« Tu te penses capable de faire celui de Feng Tanguy ?
– Bien sûr, mais il vous faudra la clé pour les déverrouiller.
– Ne t’en fais pas, j’ai déjà fait faire des doubles, me répondit-il en me la montrant.
– Et bien, tu nous montres le chemin et on s’y attaque.
– C’est parti. »
Notre hôtel se trouvait à, à peine cent mètres de l’endroit où on devait se rendre. Ils m’avaient laissé devant la boucherie.
« Bonjour.
– Bonjour. Que vous faut-il ?
– Le portail des limbes.
– Oh, Leo. Votre frère m’a prévenu de votre arrivée. Suivez-moi il se trouve dans la chambre froide. Mais dites-moi, qu’est-ce qu’il va arriver à mon fils avec tout ça ?
– Votre fils deviendra un grand ce monde, lié à cette planète pour la protéger. Un être tel que moi ou mon frère. Nous sommes des élus, nommés par de grands hommes. J’ai besoin de lui pour supprimer la menace qui pèse sur cette planète.
– Et bien, si c’est pour le monde entier. Bon voyage, me fit-il en ouvrant le portail. »
Une petite pièce devenue immense en quelques secondes. Le monde des limbes est vraiment différent du nôtre tout de même.
« Bon je le trouve où moi ce sceau.
– Derrière toi. Enchanté de te connaitre Tanguy.
– Quoi, qu’est-ce que tu veux ?
– T’ouvrir les yeux. Abandonne ces idiots qui te pourrissent et reviens à tes origines.
– Décidément ça ne vous arrange pas de rester des années, tout seuls coincés dans ce monde.
– Il ne t’a rien dit à ce que je vois. Ce n’est pas grave je vais m’en charger.
– Qu’est-ce que tu racontes ?
– Il y a des années de cela, le monde vivait guidé par les Templiers. Et des ligues d’assassins telles que celle dont a fait partie Leo nous chassait, nous traquait et finissait toujours par nous tuer. Mais certains avaient découvert les pouvoirs des reliques ancestrales. Leurs offrants des pouvoirs inhumains, surnaturels. Ces quelques hommes arrivaient à éliminer ces minables assassins. Alors ils ont donné naissance à des progénitures qui portaient en eux ces reliques. Des êtres puissants par nature. Ta famille en a fait partie. Le premier s’appelait Connor. Mais ce traitre se rendit compte de ces capacités et abandonna sa famille, ses origines pour rejoindre ces tueurs en série. Il était plus intelligent que tous les autres et c’est lui qui a forgé et monté les armes que tu portes. Il savait que dans quelques siècles un autre être comme lui ressurgirait. Un enchainé tel qu’on les appelait. On ne t’a pas tout dit, ton véritable nom est Adam Pearce et il savait que tu porterais ce nom. Tes parents t’ont offert un autre nom pour te cacher seulement avec le temps le nom d’Adam Pearce a été oublié et personne ne sait plus qui il est. À part moi. Et c’est pour ça que je voulais te rencontrer. Pour te remettre dans le droit chemin.
– Dans le droit chemin… fis-je en prenant le pendentif dans la main. »
Pour la seconde fois, mon collier « Biohazard » s’est allumé. Mais cette fois si avec une lueur dorée.
« Et tu penses qu’en me rappelant mes véritables origines je vais te suivre, lui fis-je en m’approchant de lui, tu te fous de moi ?
– Pas du tout. Ensemble nous pouvons conquérir le monde !
– Ensemble ! Moi et une petite merde comme toi ! Qui n’est même pas capable de se battre sans une grosse armure ?
– Tu oses m’insulter alors que j’ai tué presque toute ta famille depuis Connor !
– Justement… »
J’ai dégainé mon arme, attaquant le bulbe qui protégeait le démon, mais ce coup était assez spécial. Je n’ai pas frappé une fois, mais cinq en me dédoublant et passant à travers lui.
(« Prends la clé et écarte-toi ! »)
J’ai pris appui sur le mur derrière moi, attrapé la clé de Sieg et me suis lancé d’un coup le plus loin possible. La carcasse de l’équarrisseur explosa tuant son contrôleur avec.
(« Excuse-moi, j’aurais dû te le dire plus tôt.
– En effet oui. Je n’aurais jamais imaginé porter le même nom que toi.
– Je voulais te protéger, en garder pour moi pour te garder en vie. Ce nom n’est qu’un hommage pour ce que j’ai fait quand je le portais encore. C’est ça qui m’a fait te choisir toi.
– Et comment, personne ne l’aurait su !
– Si, Barabas.
– Oh oui, merde je l’avais presque oublié lui. Mais comment la clé de Sieg est-elle arrivée dans ces mains ?
– Connor a dû la trouver. Et il l’a récupéré quand il l’a tué.
– Et au final, qu’est-ce que ça m’apporte de savoir ça ?
– Le fait que tu ne puisses pas aller dans les limbes seul. Savoir pourquoi le nom d’Adam dans le futur et pourquoi il a survécu à son accident. Ton collier te tiendra en stase tant que rien ne te régénèrera.
– Je ne peux pas mourir ?
– Non, sauf si on attaque une partie de ton cerveau. Cette partie qui t’offre mes pouvoirs. Ton collier et tes pouvoirs d’enchainés te donneront toujours le temps et les moyens de te régénérer lorsqu’il le faudra. Mais uniquement dans les limbes, pas dans le monde réel.
– Chouette. Bon j’ouvre ce truc et je rejoins les autres. »
J’ai déverrouillé le sceau. Il en apparut un homme portant une immense épée sur l’épaule. Il libéra l’âme dans un flot de lames volantes autour de la statue.
« Leo !
– Merde Nikki ! »
Je me suis précipité dans les couloirs, avec la vision intramurale pour me repérer. Leo avait été surpris par ma rapidité à entendre son appel de détresse.
(« Comment fais-tu ça ?
– C’est tes nouveaux pouvoirs, j’ai une sorte d’instinct me prévenant lorsque quelqu’un est en danger, qu’il parle de moi ou que l’on m’attaque. Environ une à deux secondes avant que ça se passe.
– Ah bon, je ne savais pas.
– Tu vois, moi aussi je peux t’apprendre des choses que tu ne connais pas. »)
Mon voyage m’emmena sur une petite plateforme surplombant le stade.
« Ryan, tu ne peux pas… Oh…
– Tu ne vois pas que je suis occupé là !
– Tu t’en sortiras ?
– Ne t’en fais pas pour moi.
– Virginie. Ça va ?
– Oui, mais tu ne pourras pas m’aider, mes flèches n’y font rien.
– Et tes couteaux ?
– C’est lui qui les a.
– Je vois. Allé gros tas, viens, viens te faire dégommer la gueule comme ton chef.
– Pourriture ! » me répondit-il en se lançant sur moi.
Je l’ai laissé s’approcher, me suis glissé sous ses lames pour attraper les couteaux et ai planté Rebellion dans le carreau bombé qui protégeait le démon. J’en suis ressorti en faisait un tour sur moi-même avec ma lame et en passant à travers lui. Une fois de plus sa mort se fit dans une grande explosion.
« Tâche de ne pas les perdre ! lui dis-je en lui lançant les couteaux. Bon, Ryan… »
Lui se battait contre quatre équarrisseurs. Un devant et les trois autres derrière. Il se lança vers celui qui était seul, jeta une lame bleue vers les trois autres qui les congelèrent et frappa un grand coup avec son katana dans le bulbe du dernier démon. Son explosion détruisit les trois autres.
« On n’a pas besoin de moi à ce que je vois.
– Tu sais bien que je sais me battre.
– Oserais-tu dire que je ne sais pas me battre ? lui fit Virginie.
– Presque.
– C’est bon vous deux, tout le monde ne fusionne pas de la même manière. Il faut juste que tu passes un peu de temps à t’entrainer. Mais j’imagine qu’avec ça vous n’avez pas ouvert les sceaux.
– Si, mais les trous du cul comme tu les nommes sont arrivé juste après. On fait quoi ensuite ? Ils ne sont pas censés arriver ? répliqua Ryan.
– Non pas de suite. Sort si tu veux, à être seul ici je vais en profiter pour entrainer ma petite chérie.
– OK, à toute à l’heure les tourtereaux, on se retrouve à l’hôtel.
– Tu sais ce que t’offre Nikki ?
– Les bottes ailées, le vol qui va avec, l’arc et les deux couteaux.
– Bien. Je vais en profiter pour maitriser mes doubles.
– Tes doubles ?
– Oui tu n’as pas remarqué, lui dis-je en prenant ton médaillon, tient il est éteint.
– Il s’active quand tu en as besoin, quand tu es en danger, ou quand tu le lui demandes.
– Bon t’es prête ?
– S’il le faut.
– Tu donnes tout ce que tu peux. N’aie pas peur de me faire mal. Je me régénèrerai s’il le faut. »
Je n’avais aucune idée de son potentiel, elle était extrêmement rapide et puissante. Bien plus que moi et que je ne pouvais l’imaginer. J’avais beau m’être entrainé des heures durant elle me battait à chaque fois. Même à me blesser plus d’une fois.
« Je suis désolé, ça va ?
– Ne le sois pas. Je vais bien.
– Continue comme ça. Encore quelque coups et avec ma fusion je t’ouvre les portes des enchainés. »
Et je continuais à me battre, le mieux possible sans pouvoir la toucher, sans pouvoir la vaincre. Mes yeux dégageaient une étrange énergie dorée et mon corps des flots de particules et de bandes d’énergies de la même couleur.
« Tanguy… Tu es sûr que tu vas bien ?
– Parfaitement bien. Tu te bats bien pourtant je n’arrive même pas à t’atteindre.
– Tu restes gentil pour ne pas me faire mal.
– Non, parce que je veux t’entrainer. Seulement tu es bien plus rapide que moi.
– Alors, tiens-toi prêt ! »
Sieg m’avait dit qu’elle était rapide, moins que Chester certes, mais rapide quand même. Toujours trop pour moi. Elle se lança sur moi, mais je n’ai pas réussi à esquiver. Elle me propulsa en arrière, environ dix mètres. Tout autour de moi commençait à s’envoler en même temps que je me relevais. Puis une force mystique me poussa à m’envoler, entrainant tout ce qui était proche de moi. Tout me tournait autour, tenu par cette force qui générait ces particules qui m’entouraient.
« Elemental In Chained.
– Tanguy ? Qu’est-ce qui se passe ?
– Ne reste pas là ! lui répondis-je avec une voix vibrante »
J’ai téléporté tout ce que ce flux d’énergie portait et ai réapparu là où elle était, écrasant tout ce que je portais sur le démon qui avait réussi à traverser le portail. Il en sortit en me sautant par-dessus.
« Personne ne touche à ma copine ! »
J’ai pris ma lance, lui ai planté dans le torse dans son saut et continué mon jeté pour le trancher en deux.
« C’est moi qui ne t’entraine pas eux. »
Cette fois-ci c’était moi qui m’étais jeté sur elle, ayant changé ma lance pour mon katana et c’est moi qui menais, pas plus rapide qu’elle, mais plus réactif, aucun de ses coups de m’atteignaient, mais pour la première fois tous les miens touchaient sa garde. Jusqu’à que j’arrive à lui placer mon katana sous la gorge.
« Tu veux me tuer ?
– Non, je préfèrerais t’embrasser, lui répondis-je en m’exécutant ?
– Je crois que je t’ai détraqué.
– Non, je suis juste amoureux. Lui répondis-je en coupant le flux d’énergie ?
– Tu penses que ça suffit comme entrainement ?
– Largement. Mais je me demande pourquoi on n’a pas encore vu les trois autres. Normalement ils devraient déjà être là.
– Tu trouves ça anormal ?
– Non pas forcément, juste que les autres sont venus de suite, mais eux non. Il doit y avoir une raison, mais je ne pense pas que ce soit grave. S’il y avait réellement un problème, Leo me l’aurait dit.
– Tu veux faire quoi maintenant ?
– Retourner à l’hôtel pour me reposer. En attendant qu’ils se réveillent. »
Tout arrive toujours trop vite et on n’a jamais le temps de l’assimiler. La preuve, je venais d’apprendre une nouvelle sur mes origines personnelles et je n’arrivais pas à m’y faire. En plus d’avoir Leo, je n’étais pas normal moi-même. Un homme lié aux fragments d’Eden. Un enchainé comme il disait, élémentaire en plus. Je ne savais pas ce que ça voulait dire, ni ce que ça me permettait, mais je savais que je pouvais me dédoubler avec et contrôler les objets qui m’entouraient. Pourquoi pas élémentaire dans le sens contrôle des éléments ? Ça pourrait être intéressant. Très même. Rien qu’un contrôle des objets ça serait déjà très bien. Il fallait que je m’exerce, mais sans Sieg, c’était plus dur de penser pouvoir apprendre un pouvoir sans même savoir ce qu’il nous offre. J’en revenais toujours à lui, parce que tout me faisait penser à ça. Je voulais le sauver sans être certain que je le pouvais. Alors ça me torturait la tête, sans jamais pouvoir en sortir pour me laisser souffler. Heureusement j’avais Virginie pour penser à autre chose. Me vider un peu l’esprit.
Période de fêtes, Noël et ses décorations partout dans les villes. C’était un merveilleux moyen pour rendre une ville encore plus magnifique. Il y avait toujours un petit quelque chose qui envahissait les villes à ces périodes. Qui rendait « la magie de Noël » encore plus resplendissante. C’est pour cette raison que j’avais choisi d’attendre pour m’occuper des autres. Pour qu’ils puissent passer les fêtes tranquilles.
Je me retrouvais donc, quelques jours plus tard à devoir m’occuper de trois allumés qui par définition, auraient déjà du apparaitre. Jeudi 27 décembre 2012, oui j’avais pris une marge, pour les laisser décuver. Fêtards comme on n’en fait pas, je m’attendais à les trouver encore à moitié noyés dans l’alcool. Mais je n’avais pas pris en compte tous les facteurs. Ils l’étaient encore plus que prévu. Et moi je débarquais, une fois de plus pour faire chier mon monde, ou plutôt le leur.
« Allé messieurs on se réveille, on a du boulot !
– Oh ! Tu nous fais chier ! me fit Nabil en me lançant une chaussure à la gueule, que j’esquivais pourtant.
– Ça ne marche pas avec moi ça. J’ai rempli ma part, à vous de la faire. Je veux vous voir dans une heure maximum dans le stade en bas. À toute à l’heure ! »
Il me fallait les réveiller. Je trouvais ça assez anormal après avoir vu Izidro, Chester ou encore Amy prendre leur place sans que je n’aie rien à faire. Qu’est-ce qui les bloqués endormis. Un sceau de plus, un gardien non tué, ou simplement la non-volonté de ces idiots à vouloir changer leur train de vie. Je leur en offre une encore mieux ! Pourquoi ils gueulent ? Passant ma réflexion sur le trajet entre chez eux et le stade, je suis retourné voir Ryan et Nikki à qui j’avais donné rendez-vous là-bas. Mais une fois sur place je devais faire face à un problème.
« Police nationale ! Personne n’entre ici sans autorisation.
– Mais, qu’est-ce qui s’est passé, pourquoi vous êtes là ? lui demandais-je en avançant vers lui.
– Vous faites un pas de plus et je vous fais arrêter monsieur.
– Bon… Venez. On s’en va.
– Tanguy. Tu crois que… me fit Ryan étonné.
– Non… lui répondis-je lorsque je ressentis un frissonnement dans le dos, ce n’est pas possible, pas eux !
– Voilà on est là Tanguy. On y va ? me fit Nabil arrivant derrière moi.
– Non, la police stationne devant le stade de ton père.
– Mais qu’est-ce qu’il est ? Pourquoi le crains-tu autant ? me demanda Ryan.
– Un vaporeux, antimatérialiste. Il ne craint rien sauf les objets inexistants, ou fantômes.
– Un vaporeux…
– Oui vous vous souvenez, le grand nom des guerriers noirs anéanti par un ennemi que l’on ne peut pas toucher. Voilà comment on s’est séparés d’ailleurs.
– Les vaporeux !
– Et voilà. »
Le rappel de ce nom et de la chute du nôtre qui suivait les rappela à l’ordre. Provoquant un vent noir et tournant autour d’eux. J’étais le seul de nous trois à ne pas subir l’effet de ce souffle noir provoqué par les trois autres. Jusqu’à que cette tempête s’arrête et laissa apparaitre les trois derniers gardiens de L’Ordre.
« Bon et on fait quoi maintenant ?
– Vous savez les mecs, comme au bon vieux temps, on va casser du démon ! leur répondit-il en se transformant.
– Alors c’est parti ! me dit Nabil en me passant devant accompagné par les deux autres et son épée presque plus grande que lui.
– Non, non pas eux non ! nous fit le policier apeuré rentrant dans le stade
– Je crois que ça va faire mal ! fit Christophe en sortant son trident.
– Oh chouette en plus il en envoie en masse ! sorti Anthony dégainant sa faux.
– Je vous offre le plus bel entrainement. Lorsque vous serez prêts, je vous donnerai votre vengeance. »
Une troupe d’une centaine de démons se jeta sur Feng, mais rien ne résistait à son immense arme. En trois coups seulement il élimina la troupe entière.
« C’est censé être des troupes d’élite ça ?
– Non Feng. Regarde. »
C’était au tour de Raven de se faire attaquer. Il rangea son trident dans son dos, en fit apparaitre un en cristal, le chargea d’un flot d’eau et le lança sur ces ennemis qui s’étaient placés en file. Les éliminant tous un à un dans un torrent d’eau provoqué par la fuite du trident.
« Minable. Même pas solide.
– Tu crois, laisse-moi essayer pour voir. Sino-Ha! »
Et enfin Hwoarang, comme les autres un tas de démons se jeta sur lui. Ses deux mots figèrent ses ennemis dans les airs, dans une fumée violette. Puis il se lança dans une immense tornade avec sa faux pour éliminer ces adversaires dont les cadavres découpés tombèrent un à un derrière lui.
« Vous avez raison, c’est vraiment des pauvres merdes. »
Les trois avaient éliminé les plus courageux d’entre eux. Les autres dont le vaporeux se cachait dans le fond espérant qu’on les oublierait. Personnellement j’en avais presque oublié leur présence avec cette démonstration de force faite par mes amis. Je crois qu’ils avaient peur d’eux, a par l’autre truc qu’on ne peut même pas toucher. Lui essayait de les remettre dans le droit chemin, surtout celui de notre gueule. J’étais surtout occupé par les trois autres et avais commencé à discuter avec eux. On avait repris nos formes humaines et totalement oublié le reste. Tellement que je n’avais même pas vu que Sieg était arrivé.
« Sieg, mais qu’est-ce que tu fais là, tu aurais dû rester à la Tour.
– Je sais mon ami, je ne pouvais pas rester là-bas seul. Je voulais revenir avec toi.
– Je te comprends, mais tu ne peux pas te défendre.
– Tu me défendras s’il le faut… »
Mais il y en avait un qui avait remarqué que Sieg était faible et qui en avait profité pour l’attaquer en lui tranchant le torse avec ses griffes.
« SIEG !
– Ne t’en fais pas pour moi Tanguy. Tu t’en sortiras très bien sans moi.
– Jamais, sans Leo je ne suis plus rien.
– Mais si. Tient prend ça. Leo en aura besoin », me dit-il en attrapant mon pendentif et lui donnant une forme de deux L et d’un K croisés.
J’écoutais la voix de Leo qui me disait (« Let’s play! ») J’ai eu l’impression qu’il me plantait un glaive dans la main droite, une sorte de cristal noir envahissait mes cicatrices sur le bras droit, leur donnant un aspect métallique brillant avec des reflets dorés. Il avait aussi allumé mon collier.
« Fusion terminée ! »
Sous ces mots, ma main droite se mit à vibrer, forgeant un glaive en forme d’hélice en métal, le même que celui des augmentations d’Adam. Les seuls gros détails étaient qu’il avait un trou au centre et des petits points lumineux dorés. En même temps il m’avait déployé Lucifer, qu’il avait changé d’aspect par la même occasion, noir avec les lames toujours dorées.
« Style trois — Corps à corps rapide.
– Tu as cinq minutes, ah non, quatre !
– C’est bien assez pour te casser ta grande gueule. Les mecs, fermez-moi les portes, j’y fais sa sale gueule au fantôme ! »
D’un élan rapide, je me jetais sur son armée. Lançant mon glaive dans un mouvement circulaire pour toucher le plus de monde possible. Je passais à travers toute la troupe, plantant mes lames magiques dans tous ceux que je croisais, mais je n’en tuais pas un seul, je passais juste dans le tas pour atteindre le vaporeux.
« C’est bien ce que je pensais, tu es inutile, tu n’arrives même pas à la cheville d’un de tes collègues
– Fermé ! me répondirent les trois autres en même temps.
– C’est ce qu’on va voir, lui dis-je en rattrapant le glaive à la main, à ce moment toutes mes lames explosèrent d’un coup.
– Mais ce n’est pas possible !
– Si je suis moi aussi un guerrier noir, ce n’est pas pour rien. Ryan, lance-moi une de tes lames.
– De suite chef ! »
Je me suis retourné, lancé mon arme sur sa lame, pris sa capacité dématérialisée et fini mon tour en tranchant en cinq fois le vaporeux qui commençait à trembler de peur. Il se rematérialisa et subit les quatre derniers coups qui lui furent fatals.
« Les mecs, ça, c’est ce que j’appelle une boucherie à l’ancienne ! » dis-je en me tournant vers le carnage de démon que l’on avait créé. « Merde Sieg ! »
Je me suis précipité sur lui, le prenant dans mes bras.
« Je vous ramène, dépêchez-vous ! »
J’ai tout de suite eu envie de l’emmener à mon lycée pour trouver Grey, espérant qu’il s’y trouverait. Et j’ai eu de la chance d’être tombé dessus.
« Grey, ton robot est prêt ? lui fis-je en posant Sieg sur une table.
– Oh, euh, je ne m’attendais pas à ce que tu viennes si vite !
– Moi non plus. Est-ce ton robot fonctionne, je ne garderai pas Sieg longtemps, dans deux minutes il ne sera plus là et Leo aussi.
– Il suffit de le confiner, laisse-moi une seconde. Me dit-il en appuyant sur le second bouton d’arrêt d’urgence du labo, qui le transforma en un nouveau labo, mais qui n’abritait que des machines de technologies Saory. Je le laisse là, il ne craint rien, par contre, tes pouvoirs vont être réduits et leur consommation va tripler.
– C’est un détail, mais tu es sûr de pouvoir le sauver ?
– Si tu me laisses quelques heures. Ça doit pouvoir se faire.
– Pas de soucis, venez, je te laisse travailler tranquillement. »
Le temps parait toujours trop long dans ces moments-là, où un membre de la famille, un ami, est aux portes de la mort, mais que l’on espère, encore et toujours pour le voir nous revenir, quel que soit le prix à payer. Et moi j’étais dans ce cas-là, je voulais voir Sieg revenir, pour notre amitié, pour lui, pour Leo, pour nous…
« Tiens, tu es là. Me fit Virginie en sortant.
– Mon cœur s’emballe quand je m’approche du labo et même s’il n’est pas “humain”, je préfère être ici, à l’air libre.
– Et pourquoi tu te mets sur la barrière, en face du vide ? me dit-elle en prenant la même position que moi.
– Il y a quelques années, pas tant, lorsque l’on était en troisième, avec Loïc, Julien, Lloyd et Justine, on avait l’habitude de passer le plus de temps possible au parking du Péchaud, lorsque Julien et Loïc faisaient encore du parkour. Moi, je restais à distance, je n’ai jamais été un grand sportif, puis j’étais caméraman aussi. Je restais avec Lloyd, face au côté où il y avait le plus grand vide, en face des deux autres sportifs. Les seules fois où j’étais de l’autre côté, c’était généralement parce que Justine voulait que je lui tienne compagnie, puisqu’elle n’aimait pas notre façon de se poser sur ces barrières. Alors oui, je me rappelle toujours des souvenirs, les plus beaux, avec des petites choses comme celle-là et là principalement pour échapper à la peur de perdre l’un de mes plus grands amis. À l’époque je me disais que j’adorerais pouvoir passer des moments comme ça avec celle que j’aime, mais à cette époque je me préoccupais pas trop de ça, j’étais surtout attaché à mes amis. Mais maintenant, alors que je suis rongé par la peur de perdre Sieg, j’ai envie de repasser des moments comme ceux-là avec toi. Et je te promets qu’une fois que tout ça sera fini je passerai le plus clair de mon temps avec toi », lui répondis-je en descendant de mon assise et en me positionnant devant elle en volant.
« T’es trop chou, me répondit-elle avec un petit sourire timide.
– Seulement, sans Sieg, je ne pourrai et je n’aurais jamais pu faire ce que je fais., lui dis-je en lui prenant les mains, et je n’aurais surement pas la chance d’être avec toi.
– Bien sûr que si, même sans Leo je t’aurais choisi. On a tous des secrets cachés, ta lignée sanguinaire qui t’offre un destin différent, Sieg qui n’est pas un humain, ton prof qui est un Saory oublié et masqué dans la population. Sia qui est une sorcière. Ryan qui est un ligné que l’on a remis dans le droit chemin. Et moi qui suis une descendante directe des anges. S’ils nous ont choisis, c’est parce que chacun de nous est différent et que l’on est tous des êtres exceptionnels. Et ces exceptions qui font de nous les élus et non pas juste leur bon plaisir à vouloir choisir n’importe qui.
– T’arrives toujours à trouver le moyen de me remonter le moral, lui répondis-je en la regardant dans les yeux.
– Tanguy, vite j’ai besoin de toi, s’écria Grey.
– Oui qu’y a-t-il ? lui répondis-je après m’être téléporté dans le labo.
– J’ai besoin de l’énergie de Leo, seul son pouvoir pourra l’animer.
– D’accord. »
J’ai posé ma main sur le torse de la machine, transférant toute l’énergie que j’avais dans son corps. Mon tatouage je projetais dans mon dos et je le voyais se vider dans le reflet sur le métal. Le transfert apparaissait comme une restauration dans le temps avec des anneaux autour de mon bras et du corps du robot.
« Ne vide pas tout, ne te sacrifie pas pour lui.
– Je trouve déjà très honorable que tu aies tout fait pour me sauver Tanguy.
– Sieg ?
– Oui, en, dans un corps de soldat Saory. Merci à toi Grey pour ce que tu as fait.
– Le monde a besoin de vous les mecs, c’est normal.
– Mais pas pour l’instant. Excuse-moi Tanguy, mais je ne peux pas rester. On se reverra.
– Sieg attend ! »
Il était parti en volant. Détruisant tout ce qui se trouvait sur le chemin. J’ai ensuite tout remis en place avec mes pouvoirs.
« Tanguy, tu sais ce qu’il veut ?
– Oui, je sais ce qu’il veut », dis-je en sortant sa clé qui disparut et partie en suivant le même chemin que lui ; « Et j’attendrais son retour. Depuis des années il recherche ça et il est temps pour lui de le faire. Il n’a jamais voulu parce qu’il avait peur que je craigne quelque chose, peur pour lui et surtout pour moi. Mais maintenant qu’il a vu que je peux me débrouiller sans son aide, il veut accomplir ce rêve. Lui aussi il veut connaitre ses origines et je ne peux pas l’en empêcher. Si vous me cherchez, vous savez où me trouver », sortis-je en sortant du labo.
Je gardais encore mes habitudes une fois que j’avais accompli quelque chose je retournais à la Tour. Mais cette fois-ci je voulais m’assurer que je n’avais oublié personne.
« On avait “Cinq hommes, cinq anges, cinq pouvoirs, cinq talents. Le temps dispose de l’entrée. Et la force de l’accès. La prêtresse donnera les pouvoirs des Nephilims Saorys aux élus.” Soit les gardiens de L’Ordre. Donc, Izidro, Feng, Raven, Zasalamel et moi-même. Le temps, la clé de Sieg, c’est bon et la Force, un ennemi à battre pour accéder aux tombeaux. La prêtresse Amy, ça me parait bon tout ça.
– Il nous faudra trouver le tombeau de Nikki, enfin celui de Kristen. À moins qu’il ne soit entreposé par couple. Je ne le sais pas, Sieg le saurait, mais…
– Laisse-le, tout le monde à droit de connaitre ses origines pas vrai.
– Je suis d’accord avec toi. Qu’il le fasse il en a toujours rêvé. Finalement tu t’en accommodes bien des tiennes toi.
– Comme si j’avais le choix ! Mais j’aime bien les pouvoirs que ça m’offre.
– Prend en soin, c’est tes pouvoirs, ils n’utilisent pas l’énergie du tatouage, tu peux les utiliser quand tu veux, mais moi je n’y ai pas accès.
– Si je prends ta forme, je n’y ai pas accès ?
– Si, mais si moi je prends possession de ton corps, je ne peux pas les utiliser. Par contre tu peux les coupler avec les miens, ceux d’Adam. Ils sont là pour ça. Seule ta forme a accès à presque tout sauf ma lance et mon pouvoir électrique.
– Chouette, par contre j’ai juste une question.
– Je t’écoute.
– Toute à l’heure, tu as prononcé “Style trois, corps à corps rapide” ça correspond à quoi ?
– Après la fusion j’ai réfléchi à trouver quelles armes vont le mieux avec lesquelles, là pour glaive c’était forcément Lucifer. Chacun possède un nom et apparaitra à l’aide de ces sorts. Le trois, le corps à corps s’appelle “Fasuto Konsen”, c’est leurs noms japonais. Le style deux, la mêlée de force, sera “Konsen Fosu”, Rebellion, Trou noir et les pistolets principalement. C’est le seul style que tu peux moduler et appeler les armes que tu veux. C’est le style équipé de base. Le premier, le style inconnu encore, “Saiko Kenryoku”. Mais là je ne sais pas quelles armes y seront, je ne connais pas toutes les armes que l’on pourra récupérer plus tard.
– Pour changer, je n’ai qu’à prononcer les noms, mais comment je sais que j’ai changé ?
– Tu le sentiras, j’ai apporté cette modification parce qu’elle est permise par ton cœur. Je ne sais pas si tu l’as ressenti, mais chaque changement fait tourner ton cœur, changer de couleur et faire une projection de l’énergie de concentration.
– Si, mais je ne pensais pas que ça venait de là.
– C’est minime, juste pour t’informer.
– Et Toshiie dans tout ça, comment je vais pouvoir interagir avec lui, ou lui avec moi ?
– Et bien, pas différemment que nous, Toshiie sera surtout une autre apparence de moi, l’ajout de ses pouvoirs. Rien de bien différent que ce que tu connais déjà. Pourquoi appréhendes-tu son arrivée ?
– Un petit peu, je ne sais même pas ce qu’il va m’apporter, comment il va apparaitre, à quoi il ressemble.
– Pourtant c’était la même chose avec moi.
– Je sais et j’appréhendais aussi la tienne. Encore plus lorsque tu prenais place dans mon corps sans que je ne puisse rien faire. Et même si je suis honoré que tu m’aies choisi, j’ai mis du temps à me faire à ta présence, à ma différence, à notre monde, bien différent de celui que j’ai connu jusqu’ici. Bientôt dix-huit ans que je suis ici et rien n’était comme ça. Ma vie a toujours été calme, plate et sans souci. Et te voilà, toi et tous ceux qui te suivent, qui te soutiennent. C’est quelque chose de tellement brutal que c’est normal que j’ai du mal à m’y faire. Pourtant je suis enchanté d’avoir vécu tout ce que tu m’as fait vivre jusqu’ici, le voyage dans le futur, le monde des limbes, tous les alliés que j’ai récupéré. J’ai une nouvelle vie, une nouvelle chance, la chance de tout changer et crois-moi que je suis prêt à tout faire pour aider ce monde.
– Beaucoup de choses, tu ne les as pas uniquement grâce à moi, tes amis sont des personnes merveilleuses et tu n’as pas eu besoin de moi pour les avoir.
– Je le sais et encore une fois je les remercie d’avoir toujours été là pour moi, quoi qu’il se passe. Mais j’ai une dernière question. Pourquoi ne m’avoir pas tout dit dès le début ?
– Parce que si tu avais tout su au début tu ne l’aurais jamais accepté. J’ai vu la peur qui te montait la première fois que j’ai interagi avec toi. Je n’ai pas voulu t’effrayer encore plus avec des tonnes d’histoires, ni celle d’Adam, ni tout le reste. Je sais j’aurais dû te dire qu’Adam était ton vrai nom, que tu étais issu d’une famille d’assassins, qui avaient des pouvoirs issus des fragments d’Eden. Mais je pense que j’ai mieux fait de ne pas te le dire du tout.
– Tu savais que quelqu’un le ferrait ça ta place ?
– Si ce n’était pas lui, ça aurait été Barabas qui l’aurait découvert. Il sait tout sur tout, je ne sais pas comment, mais il faut que tu l’élimines, c’est une menace.
– Mais comment il sait tout ça ? J’ai arraché toutes les caméras du lycée ?
– Je pense que quelqu’un l’informe et crois savoir qui.
– Ludo ? C’est à lui que tu penses ?
– Exact, il me parait louche, trop même. J’aimerais le surveiller, mais je ne sais pas comment le faire. J’aurais pensé à Kévin peut-être ?
– Pourquoi pas ? De toute façon à part moi et Kévin, les autres sont innocents, ils ne savent rien de mon histoire. Je verrai avec lui.
– Sauf qu’à cette époque devait normalement venir quelqu’un qui pourrait te mettre en danger. Quelqu’un qui m’en veut. Mais il nous faut Toshiie, sinon on ne le battra jamais.
– Une indication sur ce qu’il peut être, ou un nom ?
– Il est moche, les cheveux gras en vrac, il te rappellera un que tu connais, Julien Flageol…
– Oh…
– Il s’appelle Alaoui et quand tu le verras, tu sauras que c’est lui, tu ne peux pas le manquer, sa tête n’est pas très commune ?
– OK, je m’en souviendrais. Merci L’ami.
– Mais de rien. »
Il est vrai que tout ceci faisait beaucoup de nouvelles, mais à vrai dire c’était ma nouvelle vie qui commençait vraiment et qui s’approchait de plus en plus chaque jour, à l’approche de l’ouverture des tombeaux des Anges. Seulement il y avait un dernier petit détail à corriger.
« Si tu cherches Sieg, il est parti… fis-je à Sia qui arrivait.
– Quoi ? Mais pourquoi ? Comment ?
– Il était malade, proche de la mort, Grey m’a offert un moyen de le sauver, un soldat de l’armée Saory. Et une fois remis sur pied dans cette machine, il est parti, je pense qu’il veut connaitre ces origines, c’est tout à fait dans son droit, il a toujours voulu le faire, mais est toujours resté pour aider Leo. Et aussi parce que le robot ne lui donne pas son apparence, je doute que tu apprécies réellement l’aspect métallique.
– Mais toi tu t’y es bien fait avec Adam.
– Je n’avais pas le choix, toi non plus, mais en fait si parce qu’il ne lui manque pas grand-chose pour avoir son image originale. Mais ne t’en fait pas il va revenir. S’il ne le fait pas pour moi, il le fera pour toi. Sois-en certaine. Je suis sûr que tu lui manques déjà.
– T’es sûr ?
– Convaincu. Fais-moi confiance.
– Qu’est-ce que vous allez faire maintenant, récupérer les anges ? Du moins leurs âmes et pouvoirs.
– Non, pas sans Sieg, il a le sien et je ne partirai jamais sans lui. Déjà parce que j’ai besoin de lui, ensuite parce que je veux lui offrir ça. Sans lui je ne serais pas là, alors je lui dois bien ça.
– T’as bien raison, je te laisse tranquille alors, à plus tard. »
Depuis le début, ma vie avait bien changé, voilà presque six mois que tout mon monde tournait différemment, j’arrivais presque à mon anniversaire et j’avais eu tout ce que je devais avoir dans le futur, mes amis, ma famille et ma copine. Tout allait merveilleusement bien, trop bien même. J’avais un ennemi, mais je ne savais où le trouver. Certes Leo avait déjà une idée, il soupçonnait Ludo, moi aussi, mais je n’en étais pas convaincu. Mais je savais qu’il était dans mon lycée et que pour l’éliminer il me fallait Toshiie. Il me fallait donc attendre Sieg. Mon grand et précieux ami Sieg. J’appréhendais l’idée de ne plus le sentir avec moi, qui me suivais partout où j’allais, mais j’avais mes amis, Ryan et surtout Virginie. Alors je m’étais mis en tête de l’attendre, attendre son retour de son voyage je ne sais où pour trouver je ne sais quoi. Mais je savais qu’il reviendrait, alors je tenais, encore et toujours, pas un jour ne se passait sans que je me demande où il pouvait bien être. Mais à quoi bon, j’avais confiance en lui.
« Bon voyage, mon ami, j’attends ton retour. Et je sais que lorsque tu reviendras, tu seras exactement comme tu as toujours voulu être. À bientôt l’ami. »
Notre univers est vaste, tellement qu’un seul être ne peut pas en connaitre la totalité. Rien ni personne n’avait les capacités ou la puissance de tout connaitre sur tout, sans rien oublier. Un être rêvé aux connaissances infinies, semblable au créateur de ces mondes. Je ne pensais pas pouvoir voir un jour une telle personne, mais encore une fois, ma nouvelle vie m’offre bien des surprises.
Le temps avait avancé, tranquillement, moi je passais le plus clair de mon temps à la Tour, à m’entrainer. La nouvelle année était arrivée et à ce jour je venais de fêter mes dix-huit ans il y a quelques heures de cela. Ça ne changeait pas grand-chose, mais c’était tout de même quelque chose, par lequel tout le monde passe et que tout le monde a hâte de passer.
On reprenait les cours le lendemain, lundi 7 janvier 2013, encore une fois je gardais les mêmes habitudes, l’arrivée un peu en avance, le tour de la ville pour me chauffer. J’avais, depuis l’arrivée de Leo, éliminé un bon nombre de démons, dont une partie avait aussi une apparence humaine dans ce monde. En fait, il y avait une petite liste de personnes qui avait disparu mystérieusement du lycée. Et personne ne savait pourquoi. Sauf moi. Ce jour-là je savais que tous les lycéens devaient être présents, puisque les périodes de stages étaient terminées. Pourtant le nombre de personnes présente au total égalait celle du début de l’année. Certains étaient revenus ?
« Qu’est-ce que c’est ce bordel !
– Oui, toi aussi tu trouves qu’il y a beaucoup de monde, me fit Sia alertée par mon intervention.
– Trop de monde. Non… Pas lui !
– Romain n’est pas mort !
– Si, soit certain que je me souviens bien lui avoir arraché ta tête de gros con. Qu’est-ce qui peut ramener quelqu’un à la vie ?
– Un voyageur temporel, ou un Anima.
– Un Anima ? Ici ! répondit Sia.
– Pour que ce connard soit de retour, y’a pas trop le choix.
– Bon retour parmi nous… me fit-il en me frôlant.
– Quoi, mais comment ça se fait qu’il soit là lui ?
– À toi de me le dire Justine, toi tu peux savoir s’il y a un démon dans les parages, Leo soupçonne un Anima. Il aurait ramené tous ceux que j’ai tués. Ça voudrait dire qu’il m’en veut aussi.
– Pas ici, mais il va venir, il est proche et c’est Ryan qu’il cherche, me dit-elle concentrée sur sa vision.
– Pourquoi toujours moi ? nous fit Ryan.
– Parce qu’on ne nous aime pas ! Ni moi ni toi, lui répondis-je en l’amenant à l’autre bout du préau.
– Je crois que tu as oublié quelque chose Tanguy ! me fit Romain, qui m’avait suivi, tu n’as pas perdu ton sac ?
– Ne joue pas avec moi. Tu sais très bien que si tu continues je te démonte comme la dernière fois.
– Que ce passe-t-il ? me fit Kévin.
– Ce con m’a pris mon sac et l’a foutu je ne sais où.
– Et tu peux toujours rêver pour que je te le rende. Pauvre merde !
– Ah ! Tu veux jouer ! Ah d’accord ! lui répondis-je en prenant une force grâce au sol, Ante Massia ! »
Sur ces mots, une immense vague d’énergie partie de mon bras parcourut toute la salle en ouvrant tous les casiers et dégageant tout ce qui se trouvait en travers au fond de la pièce. J’ai alors retrouvé mon sac, ramené à moi et téléporté dans mon casier. Le seul qui était resté fermé.
« Ben tu vois, quand tu veux tu peux être gentil ! À la prochaine ! lui dis-je en partant.
– Tanguy ! C’était quoi ça ! me fit Kévin en voulant me rattraper.
– Pouvoirs élémentaires. C’est une longue histoire. Comme le départ de Sieg… Enfin, y’a un Anima, un démon qui ramènent des morts à la vie qui ne devrait pas tarder à arriver. Faut qu’on s’en méfie et que l’on regarde s’il n’arrive pas quelqu’un de louche.
– Tient Tanguy, dans la journée le chef de travaux passera vous voir pour vous donner les changements d’emploi du temps. Vous avez un prof remplaçant de français, nous fit Grey.
– Pourquoi je ne le sens pas lui ?
– Surement parce que lui doit avoir quelque chose à voir avec l’Anima ? rétorqua Kévin.
– Pas con. Par contre, j’aurais une requête à te proposer.
– Vas-y j’écoute.
– J’aimerais que tu me surveilles Ludo, je le trouve super louche et je crains qu’il ne fasse des conneries.
– Mais il ne sait faire que ça !
– Je sais, mais des conneries pires encore. Comme se ranger du mauvais côté, sauf si c’est déjà fait.
– OK je m’en charge, je lui collerai au cul comme la peste.
– Non Kévin, la peste ne colle pas au cul. Enfin, non. Déjà j’aimerais m’occuper de Romain, je n’aime pas sa gueule et encore moins le fait qu’il soit encore vivant. Faudrait l’emprisonner dans un vide stellaire, ou l’envoyer au fond du Styx. À voir.
– Mais il te veut quoi au juste ?
– Ben en fait, une sorte de revanche de l’arrivée de Leo qui lui a couté un arrachage de tête à vif. Et une sorte de défouloir de tous les râteaux qu’il s’est pris depuis le début de sa vie ! Je suis le seul qui n’a pas peur de sa salle tronche de con, alors j’en “paie le prix” et au final ça m’amuse bien.
– Tanguy, je crois qu’il y a quelqu’un qui se fait passer pour toi, regarde. Me fit Grey en me tendant le nouveau torchon de Barabas.
– “Bien connu pour son passé violent, Leo Kryssen est un drogué, un voleur et par-dessus tout un délinquant sexuel. Il en arrive même à atteindre les pires crimes comme la pédophilie.” Mais il en pas marre ce con-là ?
– Pas tant qu’il ne t’aura pas eu. À ce qu’il dit, il a envoyé un espion pour te coller au cul. J’ai hâte de voir sa gueule.
– Tu veux te le faire à ma place ?
– J’en doute, il a fini par m’oublier et je ne veux pas qu’il me reprenne dans ces conneries. Je t’aiderai bien à le tuer, mais je ne sais pas où il se trouve.
– T’inquiètes je gère comme d’hab. Allé, on se revoit cet aprèm. »
J’avais trois grands ennemis à ce jour. Romain, même s’il n’est pas si grand, l’Anima dont j’ignorais le nom, la tête et la position et Barabas, qui n’en finissait pas de m’enfoncer et de me pourrir. Tout ceci commençait gentiment à m’énerver. Et Romain n’aidait pas à la chose. Lorsque je suis remonté lors de la récré je l’ai vu draguant Virginie.
« Dégage de là !
– Oh, le pauvre chou tient à sa salope.
– Si tu continues, c’est toi que je vais traiter comme une salope.
– Essaie ! me dit-il en dégainant son petit couteau.
– Pitoyable ! lui répondis-je en le récupérant à distance et le lui plantant dans le cœur.
– Bravo, plus que quatre-vingt-dix-neuf autres !
– Quoi ? »
Un second se jeta sur moi et frappa d’un grand coup de pied dans la tête, me propulsant à environ trois mètres. Il continua à s’avancer jusqu’à un homme métallique blanc ne lui arrive dessus.
« Personne ne touche à Leo ! lui fit-il en le soulevant sous son canon blanc et en réduisant en poussière avec. Ça va ?
– Qui, que…
– Sieg Wahrheit, chevalier suprême de l’armée Saory, me répondit-il en levant sa visière.
– Ouais la classe, t’es mieux comme ça que dans ton tas de ferraille.
– Je suis toujours dans mon tas de ferraille, je l’ai juste amélioré c’est tout.
– Quatre-vingt-dix-huit !
– Deimos, classe deux. Faut trouver l’original et le détruire. T’es avec moi ?
– Et pas qu’un peu ! lui répondis-je en prenant l’apparence d’Adam. »
On les éliminait un à un, les balles de mes pistolets fusaient, autant que les rayons d’énergies du canon de Sieg. Ils s’avançaient les uns après les autres, mais aucun ne résistait à mes attaques, celle de Sieg ou encore celle que l’on perpétrait ensemble.
« Il n’en reste plus qu’un. Il faut le tuer en un coup pour éviter qu’il ne se redécoupe.
– La frappe de l’aigle.
– T’es sûr de ton coup, la dernière fois que tu l’as utilisé il t’a couté la vie !
– Tu as une meilleure idée à me proposer ?
– Ah non, fait, je te fais confiance.
– Et tu crois vraiment que tu vas le réussir cette fois-ci !
– Non, fit-il en chargeant sa lance d’électricité.
– Tu as peur de moi maintenant ?
– Non, pourquoi avancerais-je vers toi si j’avais peur ? C’est plutôt toi qui es effrayé que je puisse t’éradiquer en un coup.
– Pff ! Avec une attaque que tu n’as jamais réussie.
– Souviens-toi Leo, le cadeau des anges, la force interdite, me fit Sieg voulant me soutenir.
– Dis adieu à ta misérable vie ! » sortit Romain me fonçant dessus.
J’étais concentré sur lui, prêt à me lancer, attendant le moment parfait. Lorsqu’il était à un peu plus d’un mètre de moi, j’ai accroché ma lance du pied, me lançant en l’air, faisant un tour sur moi-même, portant ma lance au-dessus de ma tête. À ce moment j’avais l’impression que tout autour de moi s’était arrêté, que le monde ne tournait plus le temps que je restais en l’air. L’énergie qui tenait sur ma lance avait pris une couleur orangée et des plumes de la même couleur me volaient autour. La chute s’était faite plus vite que la montée, dans cette lancée j’ai frappé Romain qui était juste au-dessous de moi. Lorsque mon arme frappa le sol, une immense onde orange se forma de sa base et parcourut toute la pièce. Les plumes continuaient à virevolter à mes alentours. Lentement tout reprenait son aspect normal, sa vitesse normale. J’avais repris une posture classique et les plumes continuaient toujours à voler autour de moi.
« Ça, c’était beau Leo ! Chapeau.
– Mais tu vois Sieg, j’aurais préféré que ce soit Akziel à sa place ! lui répondit-il en repartant vers la sortie.
– Non Leo attend ! »
Lors de mon attaque, je me revoyais, face à Akziel, si seulement j’avais pu le vaincre et m’éviter tout ce qu’il m’arrive aujourd’hui. Je n’avais que ces images en tête et rien d’autre, je m’étais mis sur le toit de la Tour pour réfléchir comme toujours.
« Pourquoi est-ce que tout me rappelle mes défaites ?
– Parce c’est ces défaites qui t’ont rendu plus fort et plus courageux, me répondit Sieg.
– Jusqu’à ce qu’elles me tuent !
– Qu’est-ce que tu aurais pu y faire ?
– Lui casser sa grande gueule et ne pas avoir à l’affronter maintenant !
– Tu l’aurais vaincu tu n’aurais pas une vie comme celle-là. Tu ne connaitrais pas Chester et tu n’aurais pas retrouvé Nikki.
– Comment peux-tu le savoir ?
– Tu sais, je ne suis pas parti sans raison », me répondit-il en reprenant une apparence normale à travers un rayon de soleil qui était venu le frapper ; « Et je sais que tu en as conscience. Je suis un Onyx, entités perpétuelles de la création. Lié au temps et à ta vie je sais tout ce qu’il peut t’arriver, tout ce qu’il t’arrivera, je sais la façon dont ta vie serait si tu avais fait un autre choix sur n’importe quel sujet. Quoi que tu fasses je saurais toujours tout. Mais pas seulement sur toi, j’ai le contrôle du temps parce que je suis lié à toi, mais comme beaucoup de ma race j’ai un nombre de connaissances très important et le fait que je sois lié à un élu des anges fait que je sais tout sur tout, rien ne m’échappe et rien ne m’est inconnu. Et tout ceci est possible grâce à la puissance que m’offre le corps du soldat Saory. J’ai la connaissance de tout l’univers et je te certifie que ta vie ne serait pas celle que tu as maintenant.
– Oh, je…
– Tu ne pouvais pas savoir, je sais. C’est normal. L’avantage est que maintenant tous tes ennemis je les connaitrais, je saurais comment les battre et je serais là pour t’aider s’il le faut.
– Tu as toujours ta clé ?
– Bien sûr, tu ne pensais tout de même pas que j’allais la perdre, ou la laisser et te faire perdre l’espoir de retrouver les anges.
– Non, je savais que tu reviendrais. Je n’en ai jamais douté. Je te fais confiance. Maintenant que tu possèdes la connaissance ultime, est-ce que ça serait possible de récupérer l’ancienne apparence de Leo ?
– Certainement, pour lui ou ?
– Pour moi. Si c’est possible.
– Je dois pouvoir faire ça. Viens. Me dit-il en descendant dans la salle principale. Je vais utiliser une création directe, pose-toi sur le cercle. Tient ça te va ?
– Oh, je peux y faire quelque modification ?
– À ton grand plaisir.
– Un jean noir, je préfèrerai des gants plus classiques, du genre mitaine avec le pouce et l’index de découvert. La veste un plus longue et avec les manches complètes de préférence. Le même haut à sangle qu’a le dernier costume de Leo et bien sûr garde-moi ma vraie couleur de cheveux, mais avec la coiffure originale d’Adam. Et change-moi la couleur des verres d’Adam en blanc.
– Comme ceci mon cher ?
– Parfait, Sieg, t’es génial !
– Je sais oui. Alors, que comptais-tu faire sans moi ?
– Je ne sais pas, tu me conseilles quoi ?
– J’ai entendu parler d’un Anima qui aurait rappelé Romain et d’autres que tu avais tués dans les limbes.
– Ouais, mais à ce que m’a dit Justine, il n’est pas encore là et je crois qu’il est prof, le remplaçant justement. Sinon j’aurais pensé m’attaquer à Barabas, mais puisque tu es ici, autant que l’on ouvre le tombeau.
– Non, pas tout de suite, je sais ça peut-être étrange, mais je pense que l’Anima peut avoir quelque chose que je recherchais.
– Comme ?
– Un fragment d’Eden.
– Quoi ?
– Enfin pas directement, mais j’ai l’impression que ce type cache le sceptre des mondes. Je vois sa sale gueule et je suis sûr qu’il cache quelque chose, une relique d’assassin, je pense, voire un tombeau. J’espère pouvoir retrouver un équipement, ça me manque sur mon costume.
– Sieg, t’es incorrigible.
– Mais quoi, qu’est-ce que j’ai fait encore ?
– Rien. Et tu penses vraiment qu’il peut cacher tout ça ?
– Oui, et…
– Et merde !
– Quoi que se passe-t-il ?
– Virginie, je suis parti sans même faire attention à elle !
– Et tu penses qu’elle va t’en vouloir ?
– Non, j’en suis sûr, je te laisse. »
Je suis arrivé sous le préau, en trombe, sachant pourtant pertinemment qu’il n’y aurait personne à cette heure puisqu’ils sont en cours. Quelque chose n’était pas normal, j’étais seul, pas dans les limbes et j’entendais quand même quelqu’un qui m’appelait. Une voix d’homme, cloitrée dans un bout de métal. Seulement je n’arrivais pas à en trouver la source, même la vision d’aigle et la vision intramurale ne me servaient à rien. J’ai alors eu l’idée de passer tout le lycée, de part en part, m’approchant des salles, jetant un furtif coup d’œil à l’intérieur en me dédoublant quelques secondes. Toujours rien. Arrivés en bas, mes allers et retours incessants altérèrent les professeurs.
« Tanguy, est-ce que ça va ?
– Oui, mais y’a quelque chose d’anormal ici.
– Bruno, viens voir.
– Je m’en occupe, vas-y. Leo, que t’arrive-t-il ?
– Tu n’entends rien ?
– Rien de plus que d’habitude.
– Alors c’est moi qui finis par décidément devenir dingue. J’entends une voix, quelqu’un qui m’appelle à l’aide et sa voix raisonne dans une caisse métallique.
– C’est ça tu dois devenir fou.
– Arrête Grey, depuis que j’ai commencé à réunir les membres de L’Ordre, de plus en plus de choses étranges se passent dans ce monde. Les démons arrivent de plus en plus et sont presque partout.
– À qui tu penses, l’Anima ? Barabas ?
– Akziel !
– Quoi ? Mais il est mort ce n’est pas…
– Il n’est pas mort. Je… je n’ai jamais été capable de le battre, lui répondis-je en m’asseyant sur le banc à côté des casiers, il a enfermé tous mes alliés dans les limbes sous des sceaux, quand j’ai commencé à les ouvrir il s’en est aperçu et maintenant il va tout faire pour me pourrir. Et Barabas doit bosser pour lui, j’imagine.
– Et tu comptes faire quoi ?
– Je ne sais pas, Sieg pense que l’Anima protège un tombeau d’assassin, j’attends son arrivée.
– Bonne chance petite, moi faut que j’aille en cours. Au fait, sympa le nouveau style !
– Merci.
– Hey, Tanguy !
– Kévin, pas de nouvelles du nouveau prof ?
– Toujours pas.
– Leo, dégage c’est mon casier ! me fit Ludo prêt à m’en coller une dans la tronche.
– Oh, calme-toi, puis en quoi tu te permets de m’appeler Leo ?
– Parce que j’ai envie !
– Bon… répondis-je en repartant avec Kévin, il est vraiment étrange parfois.
– Il y est constamment à son casier, je ne sais pas pourquoi, mais depuis ce matin il y est passé au moins quatre fois, de plus que nous.
– Donc y’a quelque chose qui ne va pas, qu’il ramène sa gueule ce démon qui j’y fasse sa race ! Et qu’on puisse s’amuser un petit peu. »
Certaines personnes pensent que rien ne peut changer et que tout reste toujours comme il est, personne ne change et c’est grâce à ça que l’on arrive à les connaitre. Je n’ai jamais été d’accord avec cette idée, j’avais énormément changé, mais Ludo aussi me paraissait trop changé. Et ça commençait à m’inquiéter. Je m’étais dit qu’après le dernier cours de la matinée il fallait que je retrouve Virginie, au cas où elle m’en voudrait d’être partie en vitesse sans m’occuper d’elle.
« Tanguy !
– Oui c’est moi oui.
– J’ai eu le prof de français. Et je n’aime pas sa tête.
– Il ressemble à quoi ?
– À ça ! » me fit-elle en me le montrant du doigt.
Au premier coup d’œil j’aurais dit un clochard, grosse veste, sac de montagne, une touffe de cheveux frisée, de grosses lunettes noires, le teint halé et une tête à faire peur. La trentaine à première vue même si son visage voulait lui en donner plus.
« Oh !
– T’as vu ça ! Je n’ai pas envie de le revoir lui.
– Je vais m’en occuper. Dis-moi, tu ne m’en veux pas d’être parti sans avoir fait attention à toi tout à l’heure ?
– Bien sûr que non, surtout avec ce nouveau style, d’ailleurs c’est qui qui te l’a fait ?
– Sieg. Il est revenu, c’est lui qui m’a aidé contre Romain.
– On va pouvoir récupérer les anges, on y va quand ?
– Dès que j’aurais fini une dernière petite chose que Sieg veut. Y’en a pas pour longtemps. »
Le lundi en première heure de l’après-midi j’étais en maths avec l’un de nos meilleurs profs, il est du genre à se foutre un peu de la gueule des élèves et c’en est assez drôle parfois. Ce jour-là le chef de travaux était venu nous voir pour nous dire que l’emploi du temps changeait, à cause du prof et que l’on écopait de trois heures de français dans la même journée, le mardi. Je m’étais mis exactement en face de notre prof, assis sur une chaise et les pieds posés sur une autre.
« Et tu laisses faire toi ! Tu restes là, sans rien dire, sans rien faire alors que l’on va se faire pourrir avec autant de cours d’un coup !
– Émeline… Je n’ai pas les pouvoirs de faire changer ça, je suis un élève, certes un peu particulier, mais pas un directeur. Alors je ne dis rien, j’encaisse et j’ignore, comme vous, sauf toi.
– Arrête je sais très bien que tu peux faire changer ça, tu ne fais rien juste pour m’ignorer.
– Tu sais Émeline, il fait ça parce que lui il a compris que ton cas était désespéré ! lui dit-il suivi d’un rire collectif.
– Et ça te fait rire bien sûr !
– C’est normal, il a raison ! Allé, bonne fin de journée les glandeurs, moi je fais une sieste », lui répondis-je en faisant apparaitre un feutre que j’ai posé sur la tête pour cacher mon visage.
« T’es toujours aussi chiant ? me dit-il une heure plus tard.
– Non, quoi que si en fait. Surtout avec elle. Tu en fais bien de même !
– Je sais, mais moi je suis prof.
– Et moi je suis un guerrier qui a sauvé le monde plus d’une fois. Bon courage, lui fis-je en passant à travers la porte.
– Voilà le second !
– Quoi ? Qui, Joffrey ?
– Oui, comme Grey, vous avez une sorte d’affinité qui n’est pas, commune à l’être humain, ou pas entre un prof et son élève.
– Et ? Je dois m’en méfier ou est-ce juste un truc comme ça qui pour l’instant ne me sert à rien ?
– Il se pourrait qu’il nous soit utile, alors évite juste de le retourner contre toi.
– Compris chef ! »
Je n’aurais jamais soupçonné mon prof de maths, à l’instar du fait que je n’aurais jamais soupçonné mon prof de physique d’être un Saory. C’était assez étrange, je découvrais encore de nouvelles choses sur ce monde que je pensais connaitre pourtant. Mardi 8 janvier 2013, je savais qu’aujourd’hui je devais voir arriver quelqu’un dont la tête ne me plaisait pas. Je ne m’imaginais pas le voir arriver si tôt pourtant c’était bel et bien le cas. Les deux premières heures de la matinée, on les avait passées avec ce con, qui prend son temps pour parler et qui se met à gueuler pour rien. J’en avais vraiment marre et je pense que je n’étais pas le seul.
« Je vais y faire sa sale gueule de saloperie de sale race de…
– Oh, calme-toi. Qu’est-ce qui te prend ? me fit Virginie que je venais de rejoindre.
– Ce sale con d’Alaoui. Il va me faire rager.
– Calme-toi, c’est à moi qu’il en veut, je m’en changerai je saurais trouver le bon moment pour intervenir cet après-midi. Mais pour le moment souffle, tu en as bien besoin.
– Excuse-moi, mais il faut que je parte, je n’arriverais pas à me calmer ici.
– Vas-y. »
J’étais reparti à la Tour, c’était le seul endroit où je pouvais m’isoler pour me calmer.
« Sieg, qu’est-ce que tu nous fais encore ?
– Je m’installe une nouvelle série de processeurs, je manque de puissance.
– Ah ouais, quand même, t’en as une dizaine et t’en montes encore ? lui dis-je en regardant dans sa carcasse.
– Ouais, plus j’en ai, plus j’améliore mes capacités.
– Et tu n’as pas peur que ça chauffe tout ça ?
– Non, j’ai un système de refroidissement à eau. D’ailleurs, toi qui maitrises ce style, tu voudrais ne pas m’apprendre le combat du tigre ?
– Si, mais ça va être long et il me faudrait mon Kimono… lui dis-je en le voyant sortir du placard à côté de moi, j’ai rien dit, au boulot mon petit ! »
Deux heures dans le dojo, seulement deux petites heures pour apprendre quelque chose que Leo avait mis deux ans. Comment est-ce possible ? Je savais bien que c’était une machine pas à ce point.
« Sieg, tu m’épates !
– Tu vois, ça, c’est grâce à mes processeurs !
– Il est où Tanguy ?
– Excuse Sieg, mais il faut que j’y aille. Elle va vraiment finir par me massacrer à force.
– Ne t’inquiète pas, vas-y !
– Mesdemoiselles, fis-je en me téléportant à ses côtés.
– Tu n’en as pas marre d’être aussi prétentieux, me fit une de ses copines
– Euh, non. Je suis bien comme je suis moi ! Je perdrais toute ma classe si j’arrêtais !
– Ne sois pas si modeste voyons Tanguy, me rétorqua Virginie.
– Vas-y dégage, laisse-moi passer ! Je suis prof ! me fit Alaoui pressé de nous passer devant.
– Non, mais il se croit tout permis lui !
– Apparemment, il a déjà insulté deux profs depuis hier et gueulé à la vie scolaire parce qu’il ne connaissait pas ses heures de cours, me rétorqua Joffrey qui le suivait, si tu veux mon avis, fais-y gaffe, ou flanque lui une bonne correction. Qu’il se calme une bonne fois pour toutes.
– Je vais y penser. Je le laisserai ne pas s’en sortir comme ça ! »
Et en plus il se vantait encore plus que moi et se croyait le roi, non, mais il se fout de la gueule du monde ! Plus le temps passait plus j’avais envie de lui écraser sa tronche de junkie comme Joffrey me le conseillait. Il nous restait encore une heure avec cet abruti. Une heure pour devenir dingue, ça doit pouvoir se faire non ? Bon certes ceux de ma classe n’ont pas toujours la lumière à tous les étages, mais pas à ce point je ne pensais pas que lui dépasserait cette moyenne. On avait une habitude, c’est de partager les éléments du cours, livres ou photocopies. Chose que monsieur n’aimait guère. Il avait demandé à Ophélie de sortir ses affaires et je la comprends, agacé par ce con elle les jeta sur la table d’une manière pas très silencieuse. Il la vira de cours parce que pour lui cet acte constituait un aspect non respectueux. Et après il faut qu’il soit parfait ! Lorsqu’elle revint récupérer ses affaires, Émeline lui demanda à voix basse :
« Tu t’en vas ?
– OH ! On est en cours vous n’avez pas à parler ! si tu veux parler tu t’en va avec elle ! lui dit-il, énervé en à peine une seconde.
– Avec plaisir, lui répondit-elle »
Elle commença à ranger ses affaires et un ami vint me donner son feu vert. (Laisse-moi faire, j’ai une bonne idée) Il prit possession de mon corps et commença à ranger mes affaires lui aussi. Alaoui s’étonnait de ce que je faisais et en arrêta la dictée de son cours. Une fois toutes mes affaires récupérées, Leo s’en alla avec les autres.
« Oh, qu’est-ce que tu fais là ? Tu t’es cru dans une taverne ou quoi ?
– Je n’ai rien à faire de ce que tu peux me dire…
– Si tu sors de cette salle, je te fais virer du lycée ! »
À ces mots Leo me téléporta à côté de lui, le prenant par la gorge et le plaquant contre le tableau.
« Qu’est-ce que… qui es-tu ?
– I’ll Take Your Soul! » lui dit-il, pliant les lunettes.
Mon corps s’entourait d’un souffle sombre et noir, vibrant et tremblant. Il se projetait en partie derrière moi et remontait le long de mon bras.
« Non ! Non, pitié arrête !
– Mon nom… lui dit-il avec un sourire narquois, Leo », repris-je quelques secondes plus tard, échangeant le bras avec lequel je le tenais et le jetant sur le bureau. Au même moment l’objet qu’il avait au coup se détacha. Je l’ai attrapé juste avant de commencer à partir. « Dis-leur que j’arrive ! lui dis-je en me décidant à partir et reprenant mon corps.
– Tanguy.
– Sieg, tu sais que ce n’est pas bien de mâter ! Même si c’est ta copine.
– Comment ?
– Je doute que tu aies envie d’observer ce con. Ou qui que ce soit d’autre. À vrai dire, j’en ferais de même à ta place. Bon, tu viens ou tu restes là à boguer sur elle ?
– Oh, euh oui j’arrive. T’en as tiré quoi ?
– Un insigne d’assassin, lui répondis-je en le lui jetant, tu peux en faire quelque chose ?
– Hey les garçons attendez moi ! nous fit Sia arrivant une trombe.
– C’est une carte. Un tombeau d’assassin j’avais raison. Tu peux nous y mener Tanguy ?
– Avec joie ! lui répondis-je en nous téléportant.
– La cathédrale de Lyon ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?
– Merveille de l’architecture de la renaissance. Le temps a beaucoup changé, mais elle est toujours intacte.
– Tu es déjà venu ?
– Moi non, mais quelqu’un dont j’ai les souvenirs oui. Connor. Je pense que je peux te retrouver le tombeau et te l’ouvrir, si tu m’envoies dans les limbes.
– Ne bouge pas, je n’en ai pas pour longtemps, me fit Sia se mettant à dessiner un sceau au sol avec une bombe de peinture.
– Ça me fera un bon entrainement, je verrai si je suis toujours aussi agile.
– On te suivra d’en bas, je pense que les portes tu pourras les ouvrir plus facilement de ton côté, reprit Sieg.
– Tanguy, à la fin du trajet tu as un portail déjà ouvert avec celui que je te fais. Tu le verras facilement, il porte le même sceau. Tu n’auras qu’à l’ouvrir avec ton arme. Vas-y c’est prêt.
– Eh, ne partez pas sans moi hein !
– Arrête Tanguy t’est bête quand tu t’y mets ! »
Lors du transport tout avait changé, l’aspect qu’elle avait de nos jours avait disparu pour laisser paraitre une image plus ancienne, avec des échafaudages en bois, lorsqu’elle était encore en construction.
« Et maintenant…
– Suis-moi, me fit un fantôme aux couleurs jaune orangé.
– Avec joie.
– Tu parles tout seul maintenant !
– Oui, depuis que t’es là et que personne ne te voit ! Mais là c’est une autre histoire. Je vois un fantôme qui m’indique un chemin.
– Vision temporelle. Vas-y Tanguy, on te suit. »
Je me sentais comme dans la peau d’un autre, celle de Leo, assassin reconnu et renommé. Je suivais l’entité en même temps que toutes les facultés d’assassin de Leo me prenaient. Les sauts, l’escalade, l’équilibre sur les poutres, la rapidité de mouvement qu’il avait m’avait été transmise avec. Et ça devenait un jeu d’enfant pour moi.
« Tanguy, tu nous ouvres ?
– Une minute. Alors, où est le mécanisme ? Ah ! fis-je en voyant la poignée à mes côtés.
– Allons-y.
– Vous me voyez toujours ?
– Toujours, tâche de ne pas te casser la gueule.
– Viens, c’est par là, reprit le fantôme.
– “Rien n’est vrai dans notre monde, aucune loi ne nous restreint. La seule vérité est écrite par le Sang !” Le crédo de L’Ordre, à toi de jouer Tanguy, ouvre-nous ça ! me sortit Sieg.
– Allez, montrez-vous !
– Personne ne profanera ce tombeau !
– Attendez-moi alors ! »
Je continuais à avancer, suivant le fantôme et tuant ceux qui se jetaient sur moi à coup de balles. Jusqu’au moment où je me suis trouvé face à une crevasse sur le trajet que je ne pouvais pas traverser. J’ai récupéré des débris au sol pour me faire un pont de fortune et pouvoir traverser.
« Allé, venez, on y est presque.
– À toi de jouer Adam, je laisse notre destin entre tes mains. Me lança le fantôme avant de disparaitre.
– Mais, comment tu tiens sur une poutre aussi petite toi ?
– Mes talents d’assassin, merci Leo. Allé, si dans cinq minutes je ne vous ai pas ouvert la porte, Sieg tu la détruis en miette !
– Et détruire les reliques des Aigles !
– Sieg !
– D’accord, bouge-toi alors ! »
J’apercevais une sorte de caveau, avec une entrée à l’avant. Je m’y suis avancé et j’ai vu un panneau à ma gauche. Il y avait quelque chose d’écrit dessus en vieux français. « Les aigles lèguent, aux trois guerriers du temps, au nom du crédo leurs âmes, par leurs amures, les plus poussées existantes. » Il y avait une figure avec, d’une personne debout les bras écartés. La suite du chemin se présentait en fait un peu comme ça, un chemin sur tapis roulant et deux espaces sur les bords. Je m’y suis avancé, placé comme indiqué les yeux fermés. Je sentais que l’on me posait plusieurs choses sur les bras et le corps. À ce moment je voyais Leo, assassin, et sa posture les bras croisés devant lui, les lames sorties. Une fois sortit, j’ai repris, cette même position jusqu’à entendre le reste des gardiens du sanctuaire.
« La vérité par le sang !
– En priorité le vôtre. »
Je m’offrais deux armes en plus, deux lames courtes cachées dans les gantelets. Et un style de combat qui me semblait poussé par ma ceinture. Derrière la porte, ils l’entendaient que les sons des lames qui se rencontraient, un combat puissant. Mais aucun moyen de savoir qui massacrait qui. Après cinq bonnes minutes le bruit s’estompa, je suis monté sur le caveau au le centre, enclenché le mécanisme de cette immense porte. Et suis resté sur une porte, face à la porte.
« Tanguy !
– Tu ne pensais tout de même pas qu’ils me battraient, lui dis-je en redescendant, à votre tour, moi j’ai quelque chose à régler. On se retrouve dehors. »
(« Qui veux-tu tuer ? Celui aux cheveux gras ? me fit Leo une fois que j’étais sorti de la cathédrale.
– Non, quelqu’un d’autre, tu te souviens de ce que disaient les âmes dans les limbes ?
– I Watch You. Mais elles s’adressaient à Ryan.
– Presque, les sceaux sont ceux d’Akziel, il voulait obliger Ryan à me trahir à travers lui. L’expression “I Watch You”, c’est celle que les guerriers liés entendaient des chefs de la rébellion contre Akziel, Connor en a fait partie.
– Où veux-tu en venir ?
– Que je crois savoir qui est Akziel et je vais lui rendre une petite visite. »)
Je m’étais assis sur un banc en face du l’entrée, entre deux personnes, les mains jointes, mon regard se perdait nulle part, rien de ce qui pouvait se passer ne m’intéressait, ni ne m’inquiétait, ni ne me perturbait. Alors que le reste du monde allait et passait, pressé, moi je ne pensais à rien, sauf, encore et toujours à la même personne, une seule et même qui me hantait.
« Tanguy.
– Sieg.
– Regarde. Le sceptre comme prévu. Je te l’avais dit !
– Et, qu’est-ce que cet artéfact est censé nous apporter ?
– À découvrir, Grey a un portail Saory, on devrait pouvoir s’en servir.
– Alors, allons-y », lui répondis-je en m’envolant.
Quelque minutes de voyage et on arrivait chez nous, je me suis posé sur la même sorte de terrasse que la fois où j’allais perdre Sieg. Je m’avançais suivi par mes deux alliés. Mais une fois que l’on avait atteint les fenêtres du labo, j’ai aperçu Ludo qui s’attaquait à Virginie, j’ai traversé les fenêtres et je lui ai sauté à la gorge, plantant ma lame cachée dans son cœur, plaqué contre un mur.
« C’est inutile ! Tu arrives encore trop tard », me fit-il en se détachant, partant en une flaque de liquide qui se déplaça sur le mur.
« Ce n’est pas comme ça que tu l’auras Leo, me fit Grey entrant.
– Je sais. Ça va ? fis-je à Virginie qui se jetait sur moi.
– Ne me laisse pas, pas avec lui.
– Je n’aurais jamais dû partir sans toi. Excuse-moi.
– Eh les amoureux, ce n’est pas que j’ai envie de vous presser, mais bon.
– Oh, bon Sieg, donne.
– Quoi, oui, mais ? »
J’ai récupéré le sceptre, me suis placé face à la porte. Je sentais mon collier vibrer de plus en plus, j’ai continué à avancer de quelque pas jusqu’à que le sceptre s’illumine. Je l’ai placé dans le sol, il ouvrit la porte et traçait une nouvelle pièce derrière.
« Leo…
– Vas-y Sieg, je te rejoins. Grey.
– Je sais ce que tu te dis, mais à vrai dire je suis aussi étonné que toi. Ce n’est qu’une porte dimensionnelle, dédiée au soldat Saory que j’ai créé.
– Mais qui l’a mis ici ?
– Crimson, Joffrey si tu préfères.
– Quoi ?
– Je sais, je ne suis pas le seul ici à être différent, comme tu n’es pas le seul, c’est un Saory, lui aussi. Un chasseur des ténèbres et moi un chasseur de lumière. Sia t’a raconté que j’étais comme Sieg, Crimson aussi, mais ce n’est pas tout à fait exact. Nous le sommes, mais uniquement pour elle. Alors que Sieg est lié aux Anges, nous non. Par ailleurs, Sia est la gardienne des limbes, mais ne les maitrise pas. Nous sommes les entités de la création du monde de l’au-delà. Respectivement gardien des enfers et du paradis. Sia est celle qui a hérité de notre naissance. Et c’est aussi ma fille. Sauf qu’elle est humaine, Leo non. Lui est un Aldorien, comme ton frère et tous les membres de L’Ordre.
– Alors tu es ici juste pour la protéger.
– Pas seulement moi, mais oui. Sia est comme sa mère, c’est une Wicka, elle n’a pas besoin de moi pour la protéger.
– Leo.
– J’arrive Sieg.
– Et en plus c’est notre tombeau !
– Pourquoi ça te dérange que j’aie osé le mettre ici ? lança Joffrey débarquant.
– Ben voyons, si ce n’était pas une de mes créations tu n’y aurais jamais songé.
– Pas faux, mais à vrai dire c’est tellement rare que tu songes à moi.
– Comme si tu le faisais, plus souvent tiens !
– Hey, calmez-vous ! N’allez pas me déclencher une guerre, leur dis-je
– Leo regarde un peu ça ! me fit Sieg derrière moi.
– Sieg ? Oh !
– Ah ! Ben voilà. Leo, je te présente Gun Méta, Machine de guerre de ma conception », me répondit Joffrey fier de sa création qui ressemblait à l’armure de Saory de Sieg, mais en dix fois plus grande, « Par contre je n’ai jamais réussi à le faire fonctionner, jusqu’à aujourd’hui.
– J’ai envie de le tester. Attaque-moi un peu !
– Tient, ça, c’est à moi. C’est un canon de bras, un peu comme celui que possède Sieg, me répliqua Grey en me tendant son arme, et ceci va avec, dit-il en me tendant un crochet.
– Attendez, je nous sors de là ! sortit Joffrey en fermant le portail.
– Hey Sieg ! fis-je en esquivant un missile qu’il me lançait.
– Je voulais tester ta réactivité !
– Je vais t’en foutre de la réactivité moi ! lui répondis-je en lui retournant la même chose.
– Eh non ! me fit-il en pliant son robot en avion. Toujours pas !
– Ce n’est pas juste. L’avion, c’est abusé là !
– Ouais, d’ailleurs je vais aller faire un petit tour avec. À plus tard !
– Mouais, hey, mais où est passée Virginie ?
– Je l’ai vue monter, me fit Grey rentrant. »
Je suis remonté à mon tour, prenant mon temps, toujours avec le costume d’assassin. Lorsque je suis arrivé sous le préau je l’ai vue qui était derrière le coin de la salle cinéma, à gauche du couloir d’où je venais.
« Plusieurs fois je me suis dit, je n’ai pas le courage de le faire, ni la capacité, je sais que je ne serais jamais à la hauteur et qu’un jour ou l’autre je te décevrai. Pourtant j’ai osé le faire, parce que je savais que j’avais besoin de toi, plus par la nécessité que m’offrait Leo, mais aussi par l’état dans lequel mon cœur bien seul était. Je pouvais enfin trouver quelqu’un que j’aimerais et chaque seconde de mon temps si long je ne cessais de penser à toi, de me demander si mes sentiments seraient réciproques, rien qu’un peu. Je me suis laissé une chance, la chance de t’ouvrir mon cœur noir d’assassin, durci par le temps. J’ai réussi, mais aujourd’hui, je m’aperçois que je t’oublie, que je te laisse de côté. Et c’est quand je te vois partir que je me dis que je n’ai jamais été à la hauteur…
– Tanguy…
– La vérité par le… me fit un dérangé juste avant que je lui plante ma lame dans la gorge.
– Un autre courageux ? Non ? Bien ! fis-je en repliant ma lame.
– Viens, me fit Virginie, m’attrapant par la main et m’emmenant dehors.
– Qu’est-ce qui se passe ?
– C’est plutôt moi qui ne te mérite pas…
– Quoi, mais pourquoi ? demandais-je en enlevant ma capuche.
– Tu l’as bien vu, je suis incapable de me défendre quand tu n’es pas près de moi. Tout ça parce que j’ai été incapable de la défendre ce jour-là…
– Quoi, qui ?
– Ma petite sœur, il voulait s’en prendre à mon père, mais il s’en est sorti. Il a pris Lucy, j’ai voulu la défendre, mais il l’a tué. Elle est morte sous mes yeux, dans mes bras, et… je n’ai rien pu faire pour elle.
– Si je la ramenais, tu te sentirais mieux ?
– Oui, mais tu…
– Vient, lui fis-je en nous téléportant dans la tour, Sieg, j’ai besoin de ton aide.
– À ton écoute !
– Est-ce possible de changer une chose dans le passé sans tout dérégler ?
– Bien sûr, sous une condition. Six minutes. Soit juste dans le temps, soit n’importe quand en y restant juste six minutes.
– Alors je pars, fis-je à Virginie en lui prenant la main, va t’entrainer dans le dojo si tu le souhaites, je ne serais pas long.
– Tu me promets de la ramener ?
– Juré.
– Alors j’y vais, Sieg, envoie-moi dans le dojo.
– Parti. Leo, dit Sieg.
– J’y vais. À dans six minutes !
– Bon voyage. »
Je m’étais envoyé dans une ville bien connue, toujours la même ville. Ce n’était pas si vieux, deux ans auparavant, lorsque la rue principale n’avait pas été refaite. Je voyais la scène du haut d’un bâtiment. Ça se passait au milieu de la route, d’un côté Virginie, de l’autre l’agresseur, qui portait Lucy dans ses bras, son pistolet sur la tête du bébé. Pour ma part, j’avais un peu changé, je portais un ensemble qui m’aurait fait passer pour un ninja, couteaux à la ceinture, katana dans le dos et mes deux lames d’assassin sur les gantelets. Je portais une veste marron, posée sur mon épaule droite. J’avais le bras droit toujours strié de mes cicatrices, mais cette fois-ci elles étaient rouges. Je n’avais pas beaucoup de temps pourtant, je continuais à prendre le temps de me déplacer.
« Dégage de là, t’es qui toi !
– L’incarnation de tes cauchemars ! lui répondis-je, continuant à avancer vers lui.
– Tu fais un pas de plus et je la bute !
– Essaie pour voir. »
J’ai attrapé un de mes couteaux, le lui ai jeté dans la poitrine, j’avais l’impression que tout allait au ralenti, même que rien ne bougeait. J’ai attrapé la petite fille d’une main, fait demi-tour sur moi-même, attrapé son révolver qui flottait encore dans les airs et l’ai achevé, en vol, d’une balle entre les deux yeux.
« Qu’est-ce que…
– Tient, prend en soin, dis-je à Virginie en lui remettant sa petite sœur.
– Merci… Mais qui es-tu ?
– Quelqu’un que tu n’es pas près d’oublier, crois-moi. À bientôt.
– Viens là connard, je vais te faire payer sa… dit le second agresseur, surement celui qui avait le véhicule, juste avant d’être arrêté par un coup de feu lui aussi. C’était Virginie qui l’avait achevé à son tour avec le pistolet que je lui avais laissé.
– Hey ! »
Je n’ai pas répondu, juste un petit signe de la main avant de me retéléporter dans le présent, mon présent.
« Sieg !
– Déformation temporelle.
– Wow, impressionnant dit donc.
– C’est comme si un autre toi d’un autre temps était à la même place au même moment. Enfin, pendant ton absence.
– Si peu de temps.
– Oui, mais pendant si peu de temps, j’ai retouché tes armes, le canon presque pas, sauf que le manche est le manche d’un second crochet. De plus, j’ai sacrifié tes deux lames pour faire de ton premier crochet une lame mécanique qui peut faire rapière, une version longue, ou un crochet qui se déplie au centre. Elles se posent sur le style un. La rapière longue ou lame éclair s’utilise seule, les crochets seuls aussi, ou avec le canon. Il s’attache à ton dos lorsque tu avais les deux et que tu passes aux crochets.
– Sieg, là tu m’épates !
– Je sais oui, mais ne reste pas là, va la voir.
– De suite chef ! »
Elle avait choisi le même endroit que la fois où elle était venue me voir avec Chester, le jardin de mes parents. Elle affrontait tous les ennemis, un à un, n’en laissant aucun la toucher.
« Elle ne nous voit pas, ne sait même pas que tu es revenu. Elle se bat de cette manière depuis le moment où elle a tiré sur le second tueur. Au début, elle ne voulait personne, juste la paix, puis lorsque tu lui as remis sa petite sœur, elle a voulu que Kat lui envoie des ennemis. Et voilà, dit Sieg qui m’avait rejoint.
– Elle est pire que moi, rien ne la perturbe quand elle s’entraine.
– Mais toi tu sens les personnes venir. Elle non. Je te laisse avec elle. Une grande quête nous attend.
– Tu vas devenir plus acharné que moi à force, dis-je en retrouvant mes vêtements, sur lesquels ne restait que la ceinture du costume d’assassin.
– Tu le penses vraiment. Merci pour ce que tu as fait.
– Mais c’est normal, j’ai besoin de toi, vivante de préférence. Alors il fallait bien que je fasse quelque chose pour t’aider.
– Je ne t’en demandais pas tant.
– Peut-être pas, tout ce que je veux c’est que tu sois heureuse et s’il faut que ça passe par user de mes pouvoirs temporels, alors je le ferai avec plaisir.
– Dis-moi, le tombeau, il est où le mystérieux endroit où reposent nos anges ?
– En Chine. Pékin pour être précis. Je sais où exactement, j’y suis allé une fois avec Kévin pour le repérer.
– Et tu as tout pour entrer ?
– “Cinq hommes, cinq anges, cinq pouvoirs, cinq talents. Le temps dispose de l’entrée. Et la force de l’accès. La prêtresse donnera les pouvoirs des Nephilims Saorys aux élus.” Et “La clé du guerrier perdu et beauté illusoire” tu penses que l’on a oublié quelqu’un ?
– Leo, Izidro, Feng, Raven, Hwoarang. Le temps, Sieg. La force ?
– Un ou plusieurs gardiens.
– Possible. La prêtresse.
– Amy. Amy Chang.
– Oh, oui. La beauté illusoire c’est Nikki. Mais le guerrier perdu.
– Mon frère, Chester.
– Alors non tu n’as oublié personne.
– Je l’espère.
– Mais tu n’as pas peur qu’Akziel nous suive ?
– Comment ?
– Je ne sais pas. S’il piste quelqu’un ou s’il nous suit en volant ?
– C’est pour ça que je préfèrerais la téléportation. Non, je doute qu’on le croise. De toute façon, une fois que l’on sera dedans le seul moyen d’en sortir c’est soit de mourir, soit d’utiliser les clés sur la porte, on les aura avec nous dedans. Soit de trouver la seconde sortie.
– Tu sais au moins comment c’est à l’intérieur ?
– Non, à quoi bon, Sieg le sait et il vient avec nous.
– Vu comme ça. On est mardi ?
– Exact, pourquoi ?
– Tu prévois d’y passer combien de temps ? Parce qu’à mon avis ça va être un peu long non ?
– Au moins, un jour, au pire le reste de la semaine quoi.
– Autant ?
– T’imagines si le truc est bourré d’énigmes et de pièges ? C’est une prévision, en aucun cas je n’en suis sûr.
– Pourtant tu as bien voyagé dans le futur, tu devrais savoir combien de temps tu y as passé.
– En fait ce futur, était possible que dans le cas où les anges reposaient encore. D’ailleurs c’est la femme à Kévin qui a découvert l’emplacement. Elle sera archéologue. Normalement.
– J’aime bien le “normalement”.
– C’est dans le cas de la possibilité ou ils ne se rencontrent pas dans ce futur que l’on va mettre en place. C’est comme toi, je savais que dans le futur d’Adam, tu serais ma femme. Je t’aurais récupéré, mais j’avais peur de ne pas pouvoir dans ce temps.
– Tu veux dire que…
– Je ne serais jamais tombé amoureux de toi, ou même je n’aurais rien fait pour faire de toi ma petite amie, on serait vraiment dans la merde. Mais j’avais le fait de savoir que je t’avais déjà conquise et le fait que tu aies Nikki, et que Leo me poussait pour la récupérer pour m’aider. La différence est que dans le futur, je portais le nom d’Adam Pearce et toi Nikki Monteiro. On avait changé de nom pour se faire oublier.
– Il était si bien que ça ce futur…
– Non, j’ai failli te perdre, tu as été enlevé et moi presque tué le même jour. D’où le cœur assez étrange que je me traine, lui dis-je en détachant mon haut, et dire que Leo m’avait fait voyager dans le futur pour ce cœur, un moyen pour te garder en vie qu’il disait. Je n’ai toujours pas compris pourquoi il avait besoin de lui pour les anges.
– L’emplacement du tombeau. Rien de plus, me fit Sieg qui ressortait de l’entrée du jardin.
– C’est un malin !
– Il est aussi malin que moi, tu vas me dire c’est normal c’est moi. Souviens-toi Tanguy, on a beaucoup de boulot.
– Alors au lieu de venir m’emmerder quand je suis avec ma copine, pourquoi tu ne rappellerais pas tous les autres ? Tu dois pouvoir faire ça non ?
– Hey t’es pas con toi, j’y vais, on part quand ils arrivent ?
– On partira demain, soit pas si pressé.
– OK, on se revoit demain alors.
– Bon, tu comptes faire quoi en attendant demain ? répliqua ma princesse.
– J’aimerais pouvoir me coucher, dans un bon lit douillet pour me reposer.
– Tout de suite », m’annonça Kat au même moment où je me laissais tomber en arrière avec Virginie dans les bras.
« Oh pas mal ton truc, mais si ça n’a que pour but de me mettre dans ton lit c’est raté !
– Non, j’ai juste envie de me reposer, si tu veux t’en aller, part, moi je reste là.
– Alors je reste avec toi. Je suis mieux avec toi et je ne veux pas te laisser partir. »
J’avais la belle vie, une copine, des amis, tout allait bien, même si Akziel était ici, je n’avais pas peur, je savais que je le vaincrais un jour ou l’autre. Je m’engageais dans un long voyage, de l’autre côté de la Terre, pour obtenir les plus puissants pouvoirs existants sur cette planète. Mon héritage, notre héritage, tant mérité arrivait enfin. L’heure de la rédemption sonnait.
Est-ce que les rêves ont un sens ? Est-ce que ce dont on rêve, on peut l’obtenir un jour, le mériter un jour, cette chose si futile, si fragile que le rêve de quelque chose, de quelqu’un. D’une vie tant espérée, tant voulue. Nous est-elle promise par le rêve ? Ou est-ce que tous nos rêves sont le fruit de notre imagination, la volonté de quelque chose que l’on ne peut pas avoir ? Inaccessible. Inatteignable. Perdu à jamais dans le monde du rêve.
Mercredi 9 janvier 2013, il me restait deux grands objectifs, les anges et Akziel, sachant que l’un ne pouvait pas mourir sans les autres. J’avais passé la nuit dans la Tour, future Tour dédiée aux anges. Avec ma copine. Rien ne s’était passé, enfin pas que je sache. Alors décidé, je me suis levé, mais intrigué par quelque chose j’appelais Kat.
« Dis-moi, tu le sors d’où cet appartement ?
– C’est celui d’Adam, me répondit-elle.
– Ah, je me disais aussi… » répliquais-je en entrant dans le salon et tournant ma tête vers la véranda, « C’est bien ça. Bien joué. Tu peux me lancer un bon petit déjeuner ? Pour deux ?
– J’y ai pensé avant toi cher ami.
– Bonjour, Tanguy, où nous as-tu emmenés ? Wôw.
– Paris, c’est l’appartement d’Adam.
– Chouette. D’ailleurs, merci pour hier soir, me fit Virginie en partant vers la salle de bain.
– Elle… Elle dit vrai ?
– Tout à fait Adam.
– Elle est pire que moi, je l’adore.
– Bienvenue monsieur Wahrheit.
– Ouais, l’appart d’Adam. Très bon choix. Vous êtes prêt ?
– La vraie question est de savoir si les autres le sont, moi je le suis depuis le début. T’as déjeuné ?
– Oui merci. Alors, elle est où ?
– Dans la salle de bain. Je t’interdis d’aller y voir.
– À la seule condition que tu me racontes tout en détail !
– Sieg !
– Je plaisante, bien sûr. Avant de te rhabiller, j’ai une petite chose à changer sur ton cœur. Pour le rendre un peu plus solide à l’arrivée de Toshiie.
– Tant que ne t’a pas à me poser en stase.
– Non, juste la plaque avant, me fit-il en me la remplaçant par une dorée, en plus j’ai vu que l’autre supportait mal les radiations de ton médaillon. Celle-là sera bien mieux.
– Les autres sont prêts ?
– Ils n’attendent plus que nous, enfin surtout vous.
– C’est bon, j’arrive une minute !
– Les femmes savent se faire attendre Sieg, moi je te le dis. D’ailleurs Sia vient avec nous ?
– S’il faut que tu partes dans les limbes. Normalement non, mais on ne sait jamais.
– Je suis là, on y va ?
– Viens manger quand même.
– Et bien ce n’est pas trop tôt !
– Sieg !
– Il est méchant avec moi Tanguy !
– Je sais, allé Sieg, va, on arrive dès que l’on a finis.
– À vos ordres Chef ! »
On l’avait suivi, sorti de la salle dimensionnelle. Tout le monde nous attendait, alors j’ai rappelé la zone où l’on avait trouvé l’entrée, que Sieg avait marquée pour que je la retrouve et je nous aie téléportés juste devant.
« Ouais, la Chine !
– On visitera après Nabil, si tu veux bien, je voudrais qu’on finisse ça avant. Venez, j’ai besoin de vous. »
Les uns après les autres, nous avons placé les clés sur la porte, Sieg et moi les derniers. Leurs emplacements dessinaient sur la porte le même signe que celui que j’avais dans le dos, l’anneau, avec les quatre guerriers autres que moi. L’épée tracée par ma clé en premier, celle de Ryan, Sieg, Virginie et Justine. L’immense porte s’ouvrit nous laissant passer et se referma aussi tôt.
« Hey, mais on est enfermé !
– Une seule sortie Chris, de l’autre côté.
– Bienvenue Monsieur Kryssen. Nous vous attendions », fit une voix ressemblante à celle de Kat, allumant les coins du couloir pour l’éclairer.
« C’est bien beau tout ça, mais, tu sais où il faut aller pour trouver ce que l’on cherche ?
– Le temple est créé à l’effigie des anges, des membres de L’Ordre. Je sais de quelle manière notre famille l’a monté. Suivez-moi, sortit Ryan qui s’avança vers moi, c’est une sorte de labyrinthe guidé, dont les éléments qui le constitue recréent l’aspect des limbes pour dissuader les démons d’y voyager, bourré d’énigmes plus tordues les unes que les autres, dont les couloirs forment le symbole de procession, ou si vous préférez le tatouage que vous avez dans le dos. Et à l’autre bout, la seule sortit du temple. Chaque partie nous bloque, soit avant même de commencer le trajet du temple profond, il nous faudra passer le premier couloir. L’étape de Force.
– Leo vient voir. Me fit Sieg devant la porte. Regarde. “La Force sera votre guide, première étape de la quête des élus prétendant aux pouvoirs ultimes. L’appel des souvenirs sera nécessaire pour traverser ce chemin.” Tu as une idée ?
– L’appel des souvenirs, Connor, le pouvoir élémentaire. Regarde, lui fis-je en posant ma main sur la porte, au même moment elle se découpa en millier de cubes pour tracer un chemin tout le long des murs.
– Et maintenant ? Il est beau ton truc Tanguy, mais comment tu ouvres la porte ?
– Là-haut ! » sortis-je en montrant du doigt les leviers que j’avais aperçus avec la vision d’aigle. « Virginie…
– Je prends celui de gauche !
– Merci de me laisser le plus dur. Sieg, Sia, y’en a deux autres en bas, je vous les laisse. »
Les quatre assassins, j’avais changé de costume pour être plus à l’aise. Je me suis élancé sur le parcours, plus long et plus tordu que les trois autres. Eux avaient presque déjà fini alors que je n’en avais pas fait la moitié.
« Dépêche toi l’ami, on a déjà fini nous !
– Viens le faire à ma place Sieg, après on verra ! » lui répondis-je en me lançant vers une corniche un peu trop éloignée. « Oh !
– Nouvelle amélioration, le crochet d’assassin, cadeau de la branche ottomane.
– Chouette, c’est bien pratique pour monter, lis-je en me posant sur la poutre.
– Relique une acquise, fit la voix du tombeau.
– Tanguy, ça va ?
– Tranquille princesse, une minute et je te rejoins. »
J’arrivais face à un grand vide, deux poutres et un espace sans rien pour m’accrocher. J’avais aperçu le mécanisme qui se situait sur le mur à droite au niveau de la seconde, alors je me suis lancé, fait demi-tour une fois arrivé sur la seconde en enclenchant le système avec ma lame secrète et me suis lancé dans le vide, attendant le trapèze qui descendait pour l’attraper avec mon crochet et me lancer sur le plateau du levier.
« Allez-y, moi je pose le sol », leur fis-je en enclenchant le levier que je devais tenir tiré et en replaçant les parcours pour créer un sol pour les autres.
« Tanguy, comment tu redescends ?
– J’ai mon idée », répliquais-je à Loïc en tirant le levier avec Shadow Runner, l’utilisant pour me lancer en dessous pour passer la porte. J’ai ensuite retiré sur la chaine pour le décrocher ; « Voyez, ce n’est pas si compliqué », repris-je en reposant mon arme, suivi par la fermeture brutale et bruyante de la porte ; « Allez, en route.
– Séquence une terminée, reprit la voix.
– On atteint la partie circulaire, relança Ryan. Tout d’abord le premier tombeau. Tanguy, j’ai besoin de toi, me fit-il en me montrant les inscriptions sous le plafond.
– Pour… oh, bon ben je n’ai pas trop le choix alors, répondis-je avant de me lancer sur le mur, je parie que c’est partout pareil Ryan ?
– Sur l’anneau oui. Alors ? Tu vois quoi ?
– “Rage et puissance, la flamme vivante offrira le cœur flambant au possesseur du destin enchainé. Le voyage est nécessaire.” À toi de jouer l’intello.
– Très drôle. Le possesseur du destin enchainé ? Le voyage ?
– Le voyage c’est ma clé. Lui répliquais-je en tombant au sol dans un grand bruit sourd, ensuite, Loïc, le destin enchainé. Les lames du destin sont montées sur chaine non ? Regarde, fis-je en plaçant ma clé, Loïc, à toi. »
Il plaça sa main dans une espèce de lecteur d’empreintes, une flamme lui traversa le corps pour lui sortir par la main et la porte s’ouvrit. Elle donnait sur une salle assez étrange, assez petite par rapport à la taille du couloir. En face on avait la sortie, verrouillée, à gauche un socle d’où brulait une flamme dans laquelle flottait un anneau. Le socle portait l’inscription « Cœur Flambant ».
« Enfile-le, fit Ryan à Loïc, on ne sortira pas tant que tu ne le porteras pas. »
Il passa sa main dans le feu, enfilant l’anneau. Lorsqu’il sortit sa main, son haut se consuma, des flammes lui tracèrent des cicatrices sur le torse qui avait le même aspect que la lave. Des bandes noires se placèrent sur son bras gauche, des jambières en métal se posèrent sur ces jambes. Et ses cheveux s’allongèrent pour lui descendre au bas du cou. À chaque fois qu’il expirait, des flammes sortaient de ses cicatrices. Keiji avait pris possession de son corps. Une fois la transformation terminée la porte sur laquelle j’étais appuyé s’ouvrit.
« Aller au suivez… Ryan, je suis censé me les faire ? demandais-je en voyant les ennemis dans le couloir.
– Épreuve des anges numéro un.
– Laisse Leo, je gère. Me fit Loïc avec une voix plus sombre qu’avant, suivie par le flot de chaleur que dégageait son corps. »
Il fit apparaitre une épée courbée avec des anneaux sur le côté non tranchant dans sa main gauche. Il élimina la totalité des ennemis avec cette lame qui tintait à chaque mouvement et qui produisait des vagues d’énergies à chaque coup porté. Puis une seconde vague arrivait, cette fois-ci ils étaient tous en armure et avaient des lances comme arme. « On va sortir l’artillerie lourde », fit-il en faisant apparaitre une immense arme dans sa main droite, une sorte de lance mécanique avec des anneaux tournant dessus. En trois coups il avait éliminé plus de la moitié de la troupe, il détruisit le reste dans une course, la lance en avant et un coup pour éjecter ceux qu’il avait éliminés.
« Tu vois ce n’est pas bien compliqué !
– C’est ça fout toi de moi !
– Épreuve une terminée.
– Bon, qui est le suivant ? Leo ? me fit Ryan quelques mètres plus loin, de nouveau face à une porte.
– Voyons voir. “Derrière sommeil trois êtres au même sang. La puissance seule peut dompter cette épreuve. Votre force vous ouvrira la voie.” Je me fais la porte, sortis-je en dégageant la porte avec mon contrôle des éléments, et le cerbère derrière, je le laisse à mes amis les guerriers noirs. À vous de jouer les mecs.
– C’est parti. Chacun une tête, sortit Nabil enjoué de ce que je lui offrais. »
Nabil s’était jeté sur celle du milieu, plantant son immense épée dans la tête qu’il arracha d’un coup sec, Anthony trancha la sienne dans un mouvement circulaire de sa faux et Christophe finit en lançant son trident sur la troisième tête.
« Et vous le laissez au milieu comme ça ?
– Oh, excuse-moi ! me fit-il en passant sous le monstre et le lançant derrière nous. Content Monsieur ?
– Très ! Allez, restons pas là.
– Séquence Deux terminée.
– Dit Tanguy, combien de temps on a passé là-dedans ? me fit Justine exaspérée.
– Je ne sais pas, trois, quatre heures. Sieg ?
– Trois, on est partis un peu après huit heures et il est onze heures et demie.
– Et tu n’as rien prévu pour manger, je présume.
– Moi non, mais eux si. Tu verras.
– Leo, je te laisse monter le haut.
– Ah, comme si j’avais le choix frérot. Je reviens, fis-je en escaladant le mur.
– Je suis sûr que j’en fais autant ! me fit Anthony.
– Ouais, ben je t’attends toujours moi. Alors “Le pouvoir de la destruction. La force brute triomphera, guidée des bras de la justice ultime. Le voyage est requis” attendez, je vous laisse une minute je crois qu’il y a quelque chose là-dessus », repris-je en me hissant sur le plateau au-dessus.
J’avais aperçu quelque chose, un parchemin ou quelque chose du genre. Je l’ai attrapé, ignorant ce que les autres pouvaient dire en dessous. C’était une lettre du père de Leo. J’avais remarqué que Ryan lisait dans les pensées comme moi, alors je l’ai appelé et me suis mis à lire, dans ma tête. Assis sur le rebord du bloc pendant que le reste de la troupe continuait à réfléchir sur le prochain qui aurait droit à ses pouvoirs d’anges.
Mes chers fils, si vous trouvez cette lettre c’est que vous êtes parvenus à entrer dans le tombeau. J’ai donné ma vie pour le mettre en œuvre et le protéger. Ici, repose les plus puissants êtres ayant vécu sur Terre. Notre rédemption, votre vengeance. Il est temps d’en finir avec ce monstre. À vous de jouer. Tout le long du parcours vous trouverez de quoi survivre, la clé attachée à la lettre ouvre ces portes. Que votre courage vous guide jusqu’à la victoire.
Eddy Kryssen.
Je me suis jeté du haut, Ryan m’attendait juste au-dessous.
« Au moins on ne mourra pas de faim. Bon ils ont trouvé les autres ?
– Tanguy, bouge-toi un peu ! C’est mon tour ! Me lança Nabil pressé.
– J’arrive, une seconde. Tient à toi de faire, lui répondis-je en plaçant ma clé. »
Sans même chercher un second moyen, il défonça la porte à coup d’épée. Une seconde fois on arrivait dans une petite salle. Semblable à l’autre. Mais cette fois-ci, le socle faisait léviter deux gantelets en métal, dont la partie qui se plaçait au niveau du coude portait un cristal avec des particules qui flottaient à l’intérieur. On pouvait lire « Force Ultime » sur celui-ci. Il les enfila, ses vêtements partirent en poussière pour laisser apparaitre un kimono qui lui couvrait la moitié du torse. Le tout attaché par des anneaux avec une chaine qui lui partait de la taille, passant dans son dos pour venir s’attacher à son épaule gauche qui était couverte. Arcanthos avait pris sa place.
« J’imagine que derrière moi y’en a encore qui m’en veulent ?
– Épreuve des anges numéro deux.
– Ne t’en fais pas petit », me fit Nabil, vantard en prenant ses armes, deux glaives en forme de couteaux de bouchers. « Je me les fais. »
Un peu de la même manière que moi, il utilisait ses glaives aussi bien tenus à la main que lancés. De cette manière il éliminait des centaines d’ennemis qui venaient sans cesse. Jusqu’au moment où un second cerbère arriva d’une trappe dans le plafond. « C’est parti » il rangea ses deux glaives à sa taille et fis apparaitre une longue hallebarde au bout de laquelle tournait deux roues dentées. Il se glissa sous l’animal, le tranchant en deux en un coup.
« Tu vois, aucune raison d’avoir peur !
– Épreuve Deux terminée.
– Nabil, arrête de te vanter ça ne te va pas.
– Tu dis ça parce que tu n’as toujours pas eu tes pouvoirs ! Et que nous sommes les premiers donc les plus puissants !
– Les premiers dans l’ordre du tombeau sont les plus faibles ! répliqua Ryan, laissant Nabil passer à l’avant du groupe.
– Il est sérieux ton frère là ? me fit Loïc effrayé.
– Bien sûr que non, c’était juste pour lui faire fermer sa gueule, lui répondit Ryan, dis-moi Tanguy, tu sais où sont ces salles dont parle notre père dans sa lettre ?
– Je pense, regarde, lui dis-je en lui montrant une partie du mur d’un aspect différent, il y a certaines parties qui répondent différemment à la vision d’aigle, plus clair comme celle-là. Sieg tu peux venir voir ça ?
– Oui, que veux-tu ?
– Tu saurais ouvrir ce genre de truc ?
– Oui, t’as encore la clé de ma station de stase ? Plus celle de la lettre de ton père.
– Oui, la voilà.
– Regarde ça. C’est de la technologie Onyx, me fit-il en plaçant la clé dans la serrure. La salle n’est pas derrière, on y est déjà. »
Toute la partie du couloir dans laquelle on était avait changé d’aspect. Une table était apparue au centre, des placards, on aurait dit que l’on avait atterri dans l’appartement d’Adam. Il y avait même une véranda qui donnait sur la ville.
« C’est épatant ! Comment ceux qui ont construit ça on fait ? me fit Virginie qui commençaient à se lasser sans moi.
– On connait deux grands Peuples dans notre galaxie, Les Onyx, entités des éléments existants, le temps, le feu et tout le reste. Ce sont eux que les Grecs appelaient Dieux. Du moins ceux qui ont bénéficié de la maitrise de ses éléments comme Sieg. D’autre part les Saory, c’est un peuple à la technologie avancée. On le dit créateur des autres peuples. Tous sans exception. Répliqua Ryan qui venait nous rejoindre. Le temple est conçu avec la technologie Saory, futuriste, inégalée, incomprise et sublime. Mais cette pièce serait impossible sans les Onyx, dieux des dimensions, nommées Hypérion par les Grecs. On connait très peu de choses des Onyx, on n’est même pas sûr que l’aspect que les Grecs avaient d’eux soit vrai. On dit souvent que ces Onyx, entités de la création des éléments, seraient des fils des Sages du conseil Saory. Mais rien ne nous l’a jamais prouvé. Les Anges Saory pour finir sont ceux qui ont été choisis par des Saory, parce qu’ils possédaient des pouvoirs exceptionnels qu’ils tenaient des Onyx. Prenons un exemple, Toshiie et Hanzo, nos deux Anges Saory respectifs, tiennent leurs pouvoirs de l’Onyx, Hecatondies.
– Qui t’a raconté tout ça ?
– Mon père adoptif, j’ai eu plus de chance que toi Tanguy dont Leo a été abandonné à l’orphelinat.
– C’est vrai, bon, vous avez trouvé de quoi manger, je meurs de faim moi ! »
Sieg était un excellent cuisinier, Leo n’en connaissait pas de meilleurs avant qu’il ne rencontre sa future femme. Il nous avait concocté un superbe repas, avec des aliments conservés dans des placards qui n’étaient pas ceux que l’on connaissait chez nous. Après ce bon repas, on décidait de prendre un peu de repos avant de repartir.
« Il y a quoi au bout du tombeau ? me fit Virginie qui me réveillait de mon léger sommeil.
– Quoi, comment ça ?
– Tu sais bien, tu parlais d’une seconde sortie, reprit-elle en s’asseyant sur mes genoux, c’est juste une porte comme celle de l’entrée ?
– Non, derrière nous attends le paradis sur Terre. Des cerisiers à perte de vue !
– C’est une sorte de voyage romantique au final.
– J’aimerais bien, mais non. Au bout il y a la maison de vacances des parents de Leo. Du moins ce qu’il peut en rester. Le tombeau a été créé après que son père ait été emprisonné.
– Mon père Tanguy, c’est lui qui l’a construit. Son père est un Pearce, comme toi. Chester te parlait de notre famille. C’est de cette manière. Le père adoptif de Chester n’est autre que Connor Pearce.
– Le monde est petit dit donc.
– Pas autant que tu le penses. Notre monde est vaste, mais les choses importantes se ressemblent toutes au fond. On repart, j’aimerais atteindre l’autre côté de l’anneau avant la nuit. Là-bas on pourra dormir dans un lit.
– Allez, tout le monde, on s’en va. Sieg, tu nous remets ça en place.
– De suite, répondit-il en désactivant la salle.
– Séquence Trois terminée.
– Chris, viens là.
– Pourquoi moi ?
– Je ne sais pas, j’imagine que c’est toi le suivant. Je vais m’en assurer, lui fis-je en plaçant la clé dans la serrure puis en grimpant le mur, écoute donc. “Celui qui tient ces pouvoirs de la mer et du ciel se verra élevé à son tour. Le voyage est requis.” Ce n’est pas toi qui possèdes le trident de Poséidon ?
– Si.
– Ben, ne reste pas là alors, lui répondis-je en redescendant, et ouvre-nous cette fichue porte.
– Oui c’est bon ne me presse pas. »
Encore une avec la même tête. À croire que toutes les salles sont pareilles. La seule différente était l’artéfact personnel. Cette fois-ci c’était un pendule. « Le Pendule Céleste. » Christophe l’attrapa par sa chaine. Il s’illumina d’une lueur verte, la projetant sur son corps. Il lui posa un haut sanglé et une immense cape à capuche noire. Il lui traça aussi le tatouage de L’Ordre sur le crâne, descendant jusqu’au nez. Le mage de L’Ordre Sakon était apparu.
« Je te laisse t’amuser, je doute avoir envie de… non.
– Kryssen. Comme on se retrouve !
– Barbarigo, que viens-tu faire ici ?
– C’est bien le palais de la rédemption, la mienne se fera quand tu seras mort.
– Laisse, je m’en charge, fit Chris me passant devant.
– Et tu crois que c’est tes misérables alliés qui vont m’anéantir ? Moi j’ai toute une armée.
– C’est pour ça que ça va être drôle mon cher.
– Épreuve des anges numéro trois. »
Il dégainât un fouet en forme de crinière, attacha son pendule sur son épaule et commença à éliminer les troupes d’ennemis qui arrivait par centaines avec son arme. Plus il en éliminait plus il en venait. Au bout de quelques minutes, le nombre était trop important pour qu’il puisse tous les éliminer avec son arme. « Rugis Dragon D’or » sous ces mots deux tornades vinrent emporter tous les ennemis qui s’opposaient à lui. Il sortit une grande pique en lame croissante et élimina la dizaine qu’il restait.
« Leo, je veux le stopper une bonne fois pour toutes, mais j’ai besoin de toi.
– Que dois-je faire ?
– Arrache-lui son âme avec ton crochet. Je me charge de l’éliminer.
– Avec joie »
Je me suis lancé sur lui, repliant les lunettes d’Adam. Ma course ne se voyait que par le flot de particules noires que je laissais derrière moi. Arrivé devant lui, j’ai effectué une roulade sur son dos, lui ai planté mon crochet dans le dos et commencé à extraire son âme de son corps. « Je me charge du reste, tiens bon. » Il se plaça à ses côtés, lui trancha le dos avec la lame pendant que je continuais à lui extraire son âme. Seulement il n’était pas assez rapide pour la récupérer et elle prit place dans mon corps.
« Non Leo !
– C’est trop tard, j’ai déjà pris possession de son corps. AH !
– Jamais je ne te laisserai prendre cette place salle traitre !
– Non, je refuse que tu prennes possession de son corps. »
Chaque changement de personnalité me faisait souffrir, les particules devenaient du brouillard qui envahissait la pièce. Et une fois de plus je restais impuissant face à ce spectacle, ou presque.
« Virginie, j’ai besoin que tu me tires dessus, une fois de plus.
– Avec joie ! » me répondit-elle en dégainant son arc.
La même flèche, le même combat contre la même personne. Toujours pour mon bien. Son tir me frappa en plein cœur et l’énergie qu’il contenait se divisa en deux pour séparer les deux âmes. À ce moment j’avais retrouvé le contrôle de mon corps. J’ai alors utilisé mes seuls pouvoirs, attrapé le pendule de Sakon, sortis mon crochet pour récupérer l’âme de Leo. Et j’ai récupéré l’âme de ce salaud dans le pendule en me jetant dessus. J’étais accroupi, le pendule dans la main gauche, le crochet à la main droite. Tout le brouillard revint vers moi et une fois tout ceci terminé je remontais mes lunettes.
« Rien n’a changé tu es et restera toujours le meilleur d’entre nous Leo.
– Et moi alors ?
– T’aurais voulu être à ma place Nabil ?
– Euh… non.
– Bon. Allez. Ne restons pas là.
– Épreuve trois terminée.
– Tanguy ! Ça va ?
– Bien sûr que ça va princesse, mais c’est gentil de t’inquiéter pour moi.
– Je t’adore, tu prends tout à la légère, même quand c’est sérieux t’arrives à ne pas t’en faire.
– Dans ce monde, il ne vaut mieux pas. Surtout que c’est que ce n’est que le début.
– Prêt pour la séquence quatre ? me fit Ryan.
– Pourquoi la porte n’est pas ouverte ? D’accord, répondis-je en voyant la porte se fermer derrière nous.
– Séquence quatre. Le rêve des anges ! fit la voix en éteignant les lumières.
– Aucun de nos pouvoirs n’est efficace ici. Ni les nôtres ni ceux des anges. Alors, essayez de trouver le moyen de sortir, reprit Ryan.
– Sieg ? C’est toi que je vois ?
– Oui, suis-moi.
– Tu viens avec moi ? demandais-je à Virginie en lui prenant la main.
– Avec plaisir.
– Sieg, mais comment ça se fait que je te voie ? Et comment tu fais pour te repérer ?
– Je suis lié à toi et je suis un Onyx, rien n’a de secret pour moi. Regarde, il y a quelque chose d’étrange ici. Je te lis. “Dans l’obscurité, les ténèbres surpassent. Dans la lumière, les cieux dominent. Et entre les deux naissent les reliques des êtres supérieurs.” Tu penses pouvoir trouver quelque chose avec la vision d’aigle ?
– Une seconde. Oui, il y a un bouton, dis-je en appuyant dessus, au même moment une porte s’ouvrit. Non…
– La sphère d’Eden. Je te la laisse Tanguy. Elle te revient.
– Bien, si tu le dis, lui répondis-je en la prenant de la main droite, qu’est-ce que je suis censé faire avec ?
– Relique deux acquise. Activation du rappel temporel.
– Quoi, que ? fis-je en apercevant Connor.
– Laisse lui prendre le contrôle, le véritable pouvoir ne s’acquiert que si l’on admet ses origines. C’est cette relique qui m’offrit mes pouvoirs, à toi d’en faire autant. Et attends le jour de la consécration. Vous êtes deux pour offrir la consécration du plus puissant d’entre vous. C’est alors que tes véritables pouvoirs surgiront. Me fit son fantôme. »
Je l’ai écouté, la sphère s’attaqua à mon bras, je sentais quelque chose me rentrer dans le bras, me bruler de l’intérieur en même temps. Au bout d’une minute, j’avais totalement absorbé la sphère, j’avais le bras découvert et les parties que les bras d’Adam n’avaient pas changées prirent l’aspect doré de la sphère. Elle m’avait transformé la cicatrice, la faisant partir de la pomme de la main, remontant au-dessus du bras pour finir dans mon dos, attaché au tatouage. Mais elle n’était plus supérieure, mais incrustée dans mon bras.
« Le pouvoir de contrôler les esprits… fit Sieg en s’approchant.
– Fin du rappel temporel, activation du système d’éclairage.
– Ouais et comment tu pousses ses statues, je ne peux pas les détruire ni les dégager ! Ça fait cinq minutes que j’essaie ! fit Nabil énervé.
– Tanguy, ce ne sont pas que des statues, mais des hommes transformés en pierre. Ton bras te permet de maitriser le pouvoir de contrôle des esprits.
– Alors on va s’amuser, répliquais-je en pliant mes lunettes. »
Me bras se mit à briller, des lignes dorées parcouraient la pièce au moment où je m’avançais vers les statues. Elles-mêmes se mirent à s’illuminer une à une.
« À votre service maitre.
– Je voudrais juste que vous nous laissiez passer.
– Tout de suite, répondirent-elles au même moment en se déplaçant.
– Et en plus il se permet de se vanter.
– Tu n’as rien à dire Nabil, tu en fais bien plus que moi, lui répondis-je en pliant mes lunettes et en remettant ma manche, Antho, viens, c’est ton tour.
– T’en es sûr ?
– Qui veux-tu que ce soit, moi ? lui répondis-je en montant au mur. Écoute. “Quatre éléments, un contrôleur. Leurs maitrises seront offertes au maitre de l’hypnose.” Toujours pas confiance en moi ?
– Alors, redescends, j’ai besoin de ta clé.
– J’arrive oh, ne soyez pas si pressé. »
Et encore une salle qui avait la même tête, je commençais à me lasser moi. Celle-ci nous offrait « L’anneau Élémentaire » de Losara. Il l’enfila à la main gauche, une lueur bleue lui posa un gantelet en or sur le bras, finissant par une épaulière en forme de tête de tigre. Il lui changea les cheveux en blancs et longs et lui posa une veste courte côté gauche, longue côté droit.
« Et encore une…
– Non Leo, tu es peut-être le plus puissant, mais je suis plus efficace que toi. Me firent deux Losara, un en glace, avec deux tonfas et un en feu avec un javelot double lame.
– Épreuve des anges quatre terminée.
– Bon, Sieg, tu pourrais nous trouver la salle secrète ?
– Non, c’est déjà fait.
– Voulez-vous condamner l’entrée du tombeau ?
– Oui, répondit Ryan, sinon ça voudrait dire que l’on n’accède pas aux chambres de repos.
– Je me charge de vous faire un bon repas. À tout à l’heure.
– Ah, j’en peux plus moi, fis-je en me laissant tomber dans un fauteuil.
– Un peu de réconfort peut-être ? me fit Virginie.
– Si c’est toi qui me l’offres, je ne vais pas dire non. Viens.
– La suite sera un peu différente, une fois passé le tombeau de Ranmaru, nos chemins se diviseront, Tanguy, Virginie, Sieg et moi on continuera le parcours des tombeaux, les autres vous auraient un autre parcours. Normalement vous devriez atteindre la sortie avant nous.
– Compris ! répondirent-ils tous en chœur.
– J’aime quand on m’écoute.
– Dis-moi Ryan, il est censé exister dix anges, pourtant on est que neuf et il n’y a que neuf tombeaux ici. Qui est le dernier ?
– Le protecteur de l’équilibre, celui qui est ici depuis bien plus longtemps que nous tous. Zwein. La différence est que l’ange à deux représentations. Il n’existe que s’ils fusionnent.
– Si on me cherche je me serais planqué dans une chambre ! »
Une fois de plus Sieg nous avait préparé un succulent repas et pour la première fois de la journée on pouvait enfin se reposer. La moitié ou presque avait déjà leurs anges, il ne restait qu’Amy avant que nous ne commencions la descente dans la partie basse. Pour une fois depuis l’arrivée de Leo, j’étais arrivé à trouver le sommeil, j’en arrivais à me demander si ce n’était pas ma copine qui me faisait dormir, à savoir qu’elle était en sécurité avec moi. Jeudi 10 janvier 2013, cela faisait un jour que nous n’avions pas vu la lumière de jour. Un jour ce n’est pas grand-chose, face aux trois mois passé dans le paquebot, torturé tous les jours en plus. Sieg était encore une fois debout avant moi.
« Mais tu ne dors jamais ?
– Tu ne t’imagines même pas.
– Je ne préfère pas, non. Je suis le seul levé, avec Virginie ?
– Apparemment, les autres sont des feignasses, ou juste ils ne sont pas solides. Pourquoi ?
– Parce que j’aimerais bien partir, mais sans au moins l’un d’entre eux, on ne peut pas.
– Enchanté de te revoir vieux frère, on repart quand ?
– Je crois que tu perds la tête Ryan.
– Je sais, j’en ai marre d’être dans ce trou. Vivement qu’on en sorte.
– Alors, aide-moi à faire sortir le reste.
– Tanguy, ce n’est pas parce que nous on se lève tôt que…
– Allez, on se bouge là-dedans, faut qu’on parte avant dix heures sinon on ne sera pas arrivé de l’autre côté avant demain.
– Très délicat dit donc Ryan. Heureusement que ton frère n’est pas comme ça avec moi, reprit Virginie.
– Jamais. Je suis toujours tout gentil, pas vrai Sieg ?
– Tant que tu as l’estomac plein, sinon t’es infernal.
– Je te remercie de ta franchise. AH, mais c’est pour ça que tu nous fais des plats aussi bons. C’est pour que je ne sois pas chiant ! Je comprends enfin.
– Arrête tes conneries et mange, on a du chemin encore. »
Il avait raison, on avait encore beaucoup de chemin à faire, alors on a mangé, attendu que les autres arrivent pour ensuite repartir. Le tombeau suivant était juste en dessous, à quelques mètres après. C’était le premier qui ne demandait pas la clé et le premier à ne pas avoir le même aspect. Celle-ci présentait une statue au centre. Une femme, avec une hallebarde en croix et deux gants à lames. Un long manteau rouge, un bustier et des cuissardes. Elle portait le nom « D’Œil empoisonné. » C’était Ranmaru, Justine s’était placée juste devant, elle récupéra tous les objets placés sur la statue et disparus dans le plafond. Ryan avait demandé aux autres de rester derrière la porte, le second chemin étant là-bas.
« Enfin seuls.
– J’en connais un qui est en train de devenir dingue !
– AH ouais non, mais grave là.
– Calme Ryan on va bientôt sortir.
– Qui est le suivant ?
– Ma petite princesse. C’est bien ça ? Si je suis l’ordre dans lequel les clés étaient placées sur la porte. Voyons voir, fis-je en ouvrant la porte.
– Qu’est-ce que je suis censé récupérer ?
– Nous on ne récupère pas d’objets. Les damnées ont été emprisonnées dans des statues comme celle-là. Notre père savait que l’élu serait celui que Connor avait désigné. Très bien pensé, je dois dire.
– J’adore, il est en train de devenir dingue, mais dès qu’il s’agit d’utiliser ses connaissances il est plus calme que je ne pourrais jamais l’être. Tu m’étonneras toujours, repris-je en pliant mes lunettes, je dois pouvoir faire quelque chose. »
Au moment où j’avais pris le contrôle de la statue, un fantôme en sortit pour se diriger vers Virginie. J’étais derrière elle, je suis arrivé à l’attraper, mais cette chose fit illuminer son corps d’une lueur bleue et dans un énorme souffle d’énergie je me retrouvais projeté sur le mur derrière moi.
« Hey, Tanguy, ça va ? me fit Sieg effrayé.
– Ouais je… Je ne m’y attendais pas c’est tout.
– Enchanté de faire votre connaissance. Je m’appelle Kristen. »
Cette chose avait totalement changé l’aspect de Virginie. De longs cheveux gris, une veste courte sur le torse, le dos lui descendant jusqu’aux pieds. Deux gantelets, avec deux lames cachées comme les miennes. Un mini short et deux grandes cuissardes qui lui remontaient presque jusqu’à l’entrejambe. Le tout, noir sur une peau d’un ton rouge sombre.
« Enchanté très chère », lui répondis-je en lui prenant la main, gantée avec le bout des doigts en griffes.
« Arrête tes bêtises Tanguy.
– Excuse-moi, je crois que je deviens dingue comme mon frère moi aussi. Une question, c’est qui ce qui vole derrière toi ? » lui demandais-je en montrant cette chose qui ressemblait à un loup-garou sans les jambes.
« Ah ! Ça, me répondit-elle en le faisant rentrer dans son corps, c’est DeadMoon. C’est mon fantôme gardien. C’est lui qui me donne la plus grande partie de mes pouvoirs.
– Va falloir que je m’habitue à le voir.
– Tu n’as besoin de rien d’autre ici ? On peut passer à Sieg ?
– Ryan !
– Excuse, mais je pète un plomb moi.
– Allez. On y va ?
– Je vous suis.
– Hey, venez voir, nous fit Sieg qui avait déjà avancé, regardez.
– Le livre des vérités. Grand recueil des Saory. La source de toutes connaissances, de toutes choses. Mais, comment on l’obtient ? répliqua Ryan.
– Y’a pas une statue dans le coin ?
– Si, mais écoute. “Le livre est hors de portée, la véritable source verrouillée sous son sceau. Trois êtres invisibles surplombent l’emplacement. L’accès ne s’ouvrira qu’à leurs morts.” Qu’est-ce qu’on fait ?
– Je vais vous dire ce qu’on va faire. Tanguy. Tu peux les trouver avec la vision d’aigle. Moi je m’occupe d’eux. DeadMoon peut les tuer, même si ne sont que des âmes. Me fit Kristen.
– Bien. Le premier derrière moi.
– Ensuite, me répondit-elle après l’avoir fait disparaitre.
– Suis-moi. Ici.
– Et ?
– Entre Sieg et Ryan.
– Non, mais tu n’es pas fou ? Je ne veux pas me faire bouffer par ce truc moi ! M’envoya Ryan.
– Tu n’as rien à craindre, il n’est pas méchant, lui répondit-elle tuant le dernier, voilà.
– Enfin ! Depuis le temps que j’attendais celui-là », fit Sieg en prenant le livre.
Je n’avais pas remis mes lunettes, l’action sur la statue s’était faite sans que je fasse quoi que ce soit. Son apparence avait très peu changé, le flash qu’avait provoqué l’ouverture du livre lui avait teint les cheveux en blonds, rajouté deux épaulières, un haut un peu plus baroque que celui qu’il avait. Sa veste par contre était devenue deux ailes qui lui couvraient tout le corps lorsqu’il les utilisait comme cape. Le livre s’était entouré d’une robe rouge sang, le réduisant à une forme de sphère de cristal et il avait deux épées à la taille, qui lui créé un double fantôme noir lorsqu’il les utilisait. Son nom était Elidian.
« Ah le sale chien ! fit une voix résonante dans les murs.
– Ça, c’est Nabil au-dessus.
– Exact, leur chemin passe au-dessus du tombeau des damnés. Je ne sais pas pourquoi, mais ils n’ont pas le droit d’être ici.
– Peut-être que ça les aidera à mieux s’entendre et à se battre ensemble.
– Ne leur en demande pas trop voyons.
– Hey. Fit Sieg qui était resté un peu en retrait. Avancez sans moi, je vous rejoindrai. J’ai quelque chose à faire avant.
– D’accord l’ami. À tout à l’heure, lui répondis-je.
– Qu’est-ce qu’il est parti faire ?
– Aucune idée. Mais s’il le fait, il doit bien avoir une raison. Tiens, cette partie donne sur la ville. Tu penses qu’ils nous voient dehors ?
– J’en doute, sinon il y en aurait eu beaucoup qui aurait cherché pourquoi il y avait une vitrine qui donne dans un couloir d’un truc qui n’est même pas un magasin, mais juste un bout de la montagne.
– Allez, Ryan, je sais que ça te manque, mais il ne reste plus que nos deux tombeaux et on sera sortis, surement même avant les autres.
– À coup sûr oui. Tu n’imagines même pas tout ce qu’il peut y avoir là-haut.
– Tu les as envoyés au suicide non ? Tellement ils t’énervaient ? lui demanda Kristen.
– Non, juste une épreuve de force qu’ils sont obligés de passer. Ah, enfin mon tour ! Que dois-je faire ?
– “Au cœur de glace revient l’âme la plus glaciale. Le guerrier perdu devra faire face à ses souvenirs pour voir l’anneau givré.”
– Mes souvenirs, mais de quoi il voulait parler ?
– Peut-être des souvenirs de Chester en tant que guerrier des lignées.
– Oh, oui. Je sais. »
Il ferma les yeux, avança sa main au-dessus du socle. Un vent froid parcourait la pièce. Sa main se glaça, puis son bras jusqu’à lui geler le corps entier. Il ouvrit les yeux et un souffle noir se posant sur lui, lui laissa un gilet noir aux motifs baroques et une longue veste noire déchirée aux bordures décolorées en rouge. « L’Âme de glace » lui avait offert Hanzo.
« Ah, tout de suite je me sens mieux.
– Je suis de retour. Oh, doucement Ryan, ce n’est que moi. Fit Sieg en voyant Hanzo le viser avec son arc et son épée mécanique.
– Excuse-moi, faut vraiment que je sorte moi.
– T’as trouvé ce que tu cherchais Sieg ? lui demandais-je.
– Oui, allez, à ton tour maintenant.
– J’ai hâte de voir quelle tête tu vas prendre, me fit Ryan.
– T’as intérêt à être patient, lui répondis-je en éclatant de rire.
– Pourquoi tu dis ça ?
– Tu comprendras. Allez, faut qu’on arrive en haut avant les autres.
– Explique-moi.
– Certaines choses savent se faire désirer, se faire attendre, encore plus que les femmes.
– Hey !
– Arrête, ne me mens pas, tout le monde sait que les femmes savent se faire désirer.
– T’as bien raison.
– Voilà et là c’est la même chose. Écoute. “Le pouvoir du guerrier aux visages damnés. Mille apparences, mille visages. Un pouvoir puissant dédié au plus courageux d’entre eux. Sa patience saura faire preuve de sa valeur.” Toshiie n’arrivera pas tout de suite. Même si ça peut paraitre étrange », dis-je en prenant « L’anneau éclair » qui m’avait comblé le trou que la cicatrice m’avait laissé dans la main ; « J’ai juste besoin de ça en plus », repris-je en prenant le chronosceptre qui avait plus la tête d’une clé à molette et en le mettant dans mon dos ; « Ryan, à toi l’honneur !
– Oh, enfin !
– Tu sais ce qu’il y a derrière au moins.
– Non. Dis-moi.
– Des cerisiers en fleurs à perte de vue ! lui répondit Virginie.
– Non, tu te fous de moi là… Non… répliqua-t-il en ouvrant la porte.
– AH, j’avais bien raison ! » repris-je en m’apercevant que j’avais oublié de remettre mes lunettes ; « Deux jours sans voir la lumière du jour et je suis incapable de la supporter.
– La maison de vacances des parents de Leo. Mais, comment ?
– Tu ne m’as même pas entendu quand je l’ai dit à Virginie. C’est logique, tu ne crois pas.
– Si, mais je n’y croyais pas. Wôw, c’est magnifique.
– Et les autres arrivent où ?
– Là-haut, e répondit-il en me montrant un balcon sous le toit, sauf si on en perdu en chemin.
– J’espère juste que Sia n’a rien. Fit Sieg en fixant le jardin.
– Je suis là. Tu ne pensais tout de même pas que j’allais rester avec cette bande de dégénéré et me faire tuer ?
– Mais comment t’es arrivée ici ?
– Elle passe à travers les murs. Ah oui, mais c’est vrai t’étais pas là le jour ou mademoiselle m’a obligé à la poursuivre au milieu de la ville, répondis-je.
– Ouais en attendant elle nous a abandonnés comme une trouillarde !
– Nabil, elle est humaine, elle n’a pas de pouvoir comme nous. Alors je t’en prie, ce n’est pas parce que les autres t’ont tout fait faire que tu dois t’acharner sur elle, répliquais-je.
– Oh, c’est bon excuse-moi. C’est bon on peut repartir ?
– Allez-y, vous avez une place dans la Tour pour vous.
– La Tour Des Anges. Ça sonne plutôt bien comme nom non ? reprit Sieg.
– Si tu savais, la tête que tu vas faire quand tu verras ce que j’ai fait de ta Tour. Lui répondit Ryan.
– Qu’est-ce qu’il nous a fait encore comme connerie lui ?
– Rien d’important, notre apparition devait changer l’aspect de la Tour. Et c’est fait. Tu verras elle est bien mieux comme ça. Bon allez, ce n’est pas tout, mais je vais faire un petit tour là-dedans, je vais m’assurer que c’est encore habitable.
– Tanguy, tu veux rentrer ? me fit Sia.
– Non, je vais rester là tout le weekend avec Ryan et ma petite princesse si elle est d’accord.
– Bien sûr que je suis d’accord, tu ne crois quand même pas que je vais partir sans toi.
– Alors à lundi l’ami. Bon weekend.
– Par contre je ne garde pas mon apparence.
– D’accord, mais évite de faire ça tant que je n’ai pas Toshiie, lui répliquais-je en me reposant sur mes deux pieds.
– Excuse-moi, me répondit-elle en riant, c’est si puissant que ça ?
– La preuve.
– Hey, les amoureux, montez. J’ai quelque chose à vous montrer.
– Tu me suis ?
– Bien sûr. »
Il avait visité tout le bâtiment en quelques minutes. Il s’était placé sur sa partie la plus haute.
« Toi aussi t’as remarqué ?
– Mais ce n’est pas une maison, c’est un château !
– Super bien conservé en plus. Ce n’est pas croyable. On est juste sortis par le tunnel là-bas regarde.
– Je promets que si on arrive à battre Akziel, je viens habiter ici !
– À la seule condition que tu m’héberges aussi.
– Ça doit bien être assez grand pour deux.
– Venez, je vais vous faire visiter un peu. À passer le weekend ici, autant que vous sachiez où est quoi.
– T’en parles comme si tu y avais passé ta vie.
– Non, j’ai juste visité une fois. Tiens, on commence par le bureau de notre père.
– Ouais, je m’en souviens, c’est toujours aussi classe ici.
– Hey, les garçons, venez voir », nous fit Virginie s’étant arrêtée devant une lettre sur le bureau.
« J’arrive. »
Mes chers fils, ceci est le dernier lège que je vous offre. Je sais que vous devez avoir des souvenirs de la maison que l’on avait ici avec votre mère, même au moment où vous lisez cette lettre. Avant mon emprisonnement j’ai envoyé mon meilleur ami rénover cette maison, en faire le plus beau des palaces pour vous, vos familles et même vos amis si vous le souhaitez. Il s’appelle Zwein et est l’un de mes alliés les plus fidèles. J’ai entreposé quelques reliques sous les fondations, au cas où elles pourraient vous servir. Peut-être quelqu’un reprendra le culte des Anges un jour. C’est la dernière lettre que je vous écris, avant qu’Akziel ne m’emprisonne à jamais. J’espère que vos vies seront meilleures que la mienne.
Eddy Kryssen
« Rassure-toi, on en prendra soin.
– Et on éliminera le salaud qui a assassiné notre mère et t’a emprisonné, reprit Ryan.
– Pas tout de suite, il va nous falloir du temps, il ne se laissera jamais avoir comme ça.
– On ferait bien de commencer par l’Anima et Barabas vous ne croyez pas. Répliqua Virginie.
– Pas bête, sans Barabas, on pourrait attirer la confiance du peuple.
– Plus alléchés par le pouvoir suprême de ce “dieu” plus con que la moyenne, fit Ryan.
– Tu crois vraiment qu’ils vont le préférer ?
– Bien sûr, il va les appâter avec des : “je vous apporterais la rédemption et la paix”, surtout un règne tyrannique oui.
– Sauf que lui va faire de long discours, il prendra les personnes les plus lambdas, mais nous, on trouvera ceux qui veulent se battre. Ceux qui auront le courage de défier ce traitre. Ceux qui nous offriront leur confiance en échange de moyens de défendre leurs vies face à l’armée d’Akziel. Il ne faut pas frapper en masse, mais les attirer doucement, prendre les plus influents qui feront tourner le mot et qui augmenteront nos chances. J’ai déjà retourné ce monde contre lui. Je saurais le faire une seconde fois. Encore plus facilement avec tous ceux que j’ai recrutés.
– Dans ce cas je veux bien croire qu’on a une chance.
– J’ai déjà éradiqué toute son armée souviens toi.
– Oui, mais cette fois-ci elle sera bien plus puissante.
– Et nous ne sommes pas seuls comme je l’étais. C’est ça qui fera la différence Ryan, notre force, parce que nous sommes un groupe et que nous avons les pouvoirs des anges.
– J’adore ton optimisme.
– Ce n’est pas de l’optimisme, mais du réalisme, je sais qu’on peut le faire. Fais-moi confiance.
– Je t’ai toujours fait confiance vieux frère, tu es celui qui a le plus hérité du courage et de la valeur de notre père.
– Bien, j’espère que tu sais cuisiner au moins.
– Bien sûr ! Je suis convaincu que je cuisine même mieux que Sieg !
– AH, ben j’aimerais bien voir ça, tiens !
– Arrêtez, vous deux ! Nous fit Virginie. Vous êtes impossibles.
– Et tout ça me serait impossible sans toi ma petite princesse.
– Mais si, tu y arriverais très bien.
– Non, c’est ton amour pour moi qui me rend si fort, qui me donne cette confiance et cet espoir. Et je t’en remercie.
– Mais de rien. Viens, je vais vous montrer que c’est moi la meilleure cuisinière du monde !
– Mais je n’en doute point très chère. »
Il ne me restait plus qu’à attendre, patienter jusqu’au moment de son réveil pour entamer notre vengeance et ma revanche. J’avais mes alliés, nos pouvoirs. Une copine merveilleuse et un frère qui est encore plus invivable que moi. Pourvu que rien ne vienne déranger ce monde presque parfait.
Quatre mois et neuf jours. C’était le temps qu’il m’avait fallu pour découvrir la plus grande partie de ma vie, de mes racines. En connaitre plus sur celles de Leo, rallier tous ces amis et enfin récupérer les anges. Même si le mien n’était pas apparu, il existait, il fallait juste que j’attende, bien sagement. (Facile à dire quand on a un con qui a régénéré la pire ordure humaine que je n’ai jamais rencontrée en tant que prof) Je ne savais pas quand ni comment il viendrait. J’imaginais quelque chose comme Leo, magistral et sublime. Rien ne me le prouvait cependant.
J’avais passé tout le weekend avec ma copine et mon frère, comme promis. (Je tiens toujours mes promesses) J’avais pris du repos, bien mérité, enfin seul. En famille en plus. Je m’étais dit que je voulais passer le reste de ma vie dans le château, j’y partirais même peut-être bien avant de l’avoir tué. Lundi 14 janvier 2013, on repartait pour Saint Saint Chély d’Apcher, sachant que l’idée de continuer le lycée était à éviter, j’avais d’autres priorités que celle-ci. On était passé par la Tour en arrivant, au milieu même. Parce que ce n’était à vrai dire plus une tour, mais deux, en forme d’ailes dont la pointe montait vers le ciel. Elles ressemblaient étrangement à celles qu’avait Elidian.
« Alors, comment trouves-tu ton nouveau bijou Sieg ?
– Elle est sublime ! Faudrait que le monde la voie !
– Dès que l’on aura éliminé Barabas. Mais avant, je voudrais me charger de l’Anima.
– Tu as conscience qu’après l’affront que tu lui as fait il ne se laissera pas faire ? demanda Ryan.
– C’est tout à fait normal et je le comprends. Je ne vais pas prendre ça à la légère crois-moi. Sieg, j’aimerais que tu me trouves des renseignements sur le gros dans la tour de l’usine. Et un plan pour l’éliminer lui et ses troupes.
– Je m’en charge. J’aurais besoin d’un espion.
– Je t’aiderai. Tanguy n’a pas besoin de moi, lui répondit Ryan.
– Bien, pour ma part je vais aller voir Grey, je veux savoir comment tout ça a changé depuis mon départ. Si mademoiselle veut bien me faire le plaisir de venir avec moi ?
– Avec joie très chère. À plus tard. Comment penses-tu que tout ceci a évolué ? reprit Virginie une fois que l’on était sortis.
– Je n’en sais rien, l’Anima ne contrôle pas son hôte et vice-versa. J’ai juste peur que ce con ait abandonné son corps pour laisser place au démon. Qu’il ait rallié toute une armée et qu’il ait déjà retourné tout le lycée contre nous. Même si j’en doute fortement, je sais qu’Akziel traine dans les parages et il est capable de bien plus que ce que l’on peut imaginer. Au moins il n’a pas piégé ou bouclé les couloirs, repris-je une fois dans le lycée.
– Non, mais tu sens cette pression dans l’air. Je ne le sens pas, je vais aller faire un tour. Enquêter un peu.
– Bien, fais attention tout de même.
– Tient, voilà qui revient ! fit Grey sortant de la salle derrière moi.
– Le lycée a eu peur de mon départ ou n’a simplement pas apprécié mon absence ?
– Un peu des deux, mais ne t’en fait pas, je me suis occupé de tout. Que me vaut cette visite ?
– Des renseignements. Alaoui a-t-il prévu quelque chose pour se venger de ce que je lui ai fait ?
– Ce con, je crois que si je l’avais pu je lui aurais arraché la tête plus d’une fois.
– Bon courage c’est un coriace, enfin l’Anima, pas ce con aux cheveux gras.
– À l’aide ! fit une voix étouffée dans le métal.
– Attends. Tu n’as rien entendu ?
– Rien de plus que d’habitude, c’est toi qui perds la tête Tanguy.
– Moui, possible. Le lycée ne s’est pas ligué contre moi ?
– Non, les profs me soutiennent contre lui, mais certains élèves le suivent. Tu ne devrais pas le laisser comme ça.
– Que veux-tu que je fasse sans Toshiie ?
– Vous n’êtes pas partis pour ça ? Pourtant c’est bien ce que m’avait dit Sia.
– C’est exact, mais il ne s’est pas réveillé. Ça commence à être habituel chez moi.
– Que comptes-tu faire alors ?
– L’espionner, l’observer, le traquer. Tel l’assassin chassant son ennemi.
– Fait, si tu as besoin de moi tu sais où me trouver.
– À plus tard. »
En repartant, j’ai de nouveau entendu cette voix, cette fois-ci elle me semblait venir des placards qui se trouvent dans le couloir, pourtant chacun d’entre eux était vide. Étrange. Je ne me suis pas arrêté sur ce détail et suis remonté au niveau du préau où Virginie m’attendait.
« Qu’en tires-tu ?
– Il devrait être sous le préau dans quelques minutes, avec Ludo.
– Bien, on va voir si je suis toujours aussi bon en espionnage. Tient, viens avec moi on va aller voir tes copines.
– Mais, pourquoi ?
– Je vais t’apprendre un petit truc, le meilleur moyen d’espionner ou de faire une filature c’est de se cacher parmi la foule. Quand on peut, utiliser les connaissances que l’on a autour de soi. Mesdemoiselles bonjour, fis-en prenant une chaise et m’installant à leur table.
– N’en profite pas pour draguer non plus.
– Je n’oserai pas, maintenant il suffit que d’être patient. »
J’attendais, une minute, dix puis vingt. Au bout d’une demi-heure, ce con se pointait et Ludo venait lui parler, ils restaient au milieu du préau, pour ne pas éveiller les soupçons. Le seul détail que j’oubliais est celui que les filles parlaient plus fort qu’eux. « Chut ! » Fis-je espérant un peu de silence, mais j’avais mieux que le silence, tout autour de moi s’était figé, bloqué, sauf Virginie et ceux que je traquais.
« J’ai besoin de ton armée tout de suite !
– Mais Akziel, je ne suis pas prêt voyons !
– Ce n’est pas à toi que je le demande, mais au démon qui dort.
– Bien, que veux-tu ? reprit Alaoui avec une voix bien plus grave.
– Je ne sais pas où se cache Leo, mais je veux être sûr que lorsqu’il se montrera, il n’aura aucune chance.
– J’ai une idée pour vous, j’ai quelque chose en réserve qui pourrait vous plaire, mais pas à lui. Un ravageur. Élite.
– Bien, ramenez-le, je me charge du reste.
– Je ne la sens pas celle-là », repris-je au moment où tout redevenait normal et qu’ils se séparaient.
« Hey, Tanguy, tu as vu ça ? me fit Kévin m’accostant.
– Oui, malheureusement. Je n’ai pas envie de déranger Sieg, il faut que je trouve Joffrey pour savoir qui est ce ravageur.
– Salle quatre-cent-trois.
– Bien, presque dix heures, j’y vais de ce pas. »
J’avais un mauvais pressentiment, comme quelque chose qui allait m’arriver, dans pas longtemps. Mais quoi ? En costume d’assassin, je m’étais posté à côté de la porte, appuyé au mur, les bras croisés attendant qu’il sorte.
« Tiens, un revenant ne fait pas attention à ces gamines, elles sont pires que moi.
– Ça doit vraiment être une catastrophe alors.
– Que veux-tu ?
– Aurais-tu une idée de qui est le Ravageur ?
– Démon de classe six, soldat d’élite du seigneur. Pourquoi ?
– L’Amina prévoit d’en fournir un à Akziel, pour me chasser. J’aimerais savoir à quoi m’attendre.
– C’est un soldat mécanique, avec une tronçonneuse au bras droit. Assez hargneux et très difficile à vaincre. Mais pourquoi Akziel ferait-il appel à lui pour trouver un soldat pour t’attaquer ? Il a bien son armée pour ça.
– Pour gagner du temps et garder son armée pour plus tard. Akziel est assez lâche et fera tout pour éviter de m’affronter en personne. Même s’il sait qu’il peut me tuer en un coup.
– Et tu sais comment tu vas t’y prendre pour l’anéantir ?
– J’ai mon idée. Une dernière question. Tu ne saurais pas si le cheveu gras n’aurait pas un complice ? Au moins un qui m’aiderait sur ce qu’ils préparent.
– Si, va voir ton prof d’image, tu devrais pouvoir lui tirer quelque chose. Par contre si tu veux un avis, tu devrais entrainer Kévin, il ferait un superbe allié.
– Bien, merci. »
Durant notre conversation on était retourné sous le préau. Même si tout le monde avait les yeux rivés sur moi et mon allure quelque peu singulière rien ne me détournait de mon objectif.
« Tanguy, où vas-tu ?
– Tient, Kévin, viens avec moi.
– Mais qu’est-ce que tu veux faire ?
– Jouer. Si t’es sage, je te récompenserais. Non je déconne, tu m’as jusqu’ici été d’une grande utilité, tu pourrais l’être encore plus, mais il va falloir que tu me prouves ta valeur. Je vais aller voir notre prof d’image. Attends-moi. Si tu l’entends gueuler, tu viens me voir d’accord ?
– OK.
– Tiens comme on se retrouve.
– Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?
– Tanguy, vous vous souvenez de moi.
– Non je !
– Vous avancez je vous tranche la gorge, lui répondis-je en lui plaçant ma lame sous la gorge, j’ai besoin de vous, je veux savoir ce que mijote Alaoui et vous allez m’aider.
– Mais comment ? Je ne sais rien moi.
– Peut-être, mais j’ai cru comprendre que vous le connaissiez bien. Il prévoit de m’envoyer un de ses soldats pour me tuer. Je veux savoir quand. Et tu vas aller le lui demander. Suis-moi. »
Je me sentais comme porté par quelqu’un, guidé par une force bien plus puissante que celle de Leo. J’avais le contrôle, mais je savais que j’étais poussé par quelqu’un. Je l’avais remonté dans le couloir du préau, activé le module d’invisibilité d’Adam et s’il me trahissait, j’y avais placé une épée sous la gorge. Il prévoyait de me l’envoyer cet après-midi.
« Tu as ce que tu voulais ?
– Oui, merci », lui répondis-je en lui plantant ma lame dans son ventre et désactivant mon invisibilité ; « Je n’ai plus besoin de toi.
– Tanguy, t’es malade ! me fit Kévin en sortant de sa cachette.
– Il y a certaines personnes en qui on peut, avoir confiance. Lui non. Viens avec moi. Je vais t’apprendre deux trois petites choses. »
Je l’ai entrainé comme Leo avait entrainé des tas de personnes, le maniement de l’épée, la défense qui va avec. L’esprit de combat, tout ce qui faisait de nous les assassins des guerriers redoutables et puissants. Je lui avais offert l’épée avec laquelle je menaçais mon prof tout à l’heure, celle qui était sur le costume d’assassin et un couteau qui allait avec. Je lui laissais toute la ceinture, avec les fourreaux. Au bout de deux heures environ il se battait presque aussi bien que moi.
« Mais, pourquoi tout ça ?
– Je ne sais pas, il y a quelque chose qui me dit de le faire. J’ai l’impression de savoir comment ça va se passer cet après-midi. À l’avance. Et je sais que je ne dois pas déranger la façon dont le monde bouge, sinon je risque de tout changer, quelque chose me demande de suivre cette voie et je le fais.
– Mais si ce n’est pas Leo, qui ça peut-être ?
– Toshiie, il est le seul à être encore endormi, j’attends son arrivée et elle pourrait bien être très proche.
– Tu ne vois pas dans le futur ?
– Non, pas directement, j’ai des visions parfois, qui me disent ce que j’ai à faire, ou où je dois aller, mais je ne sais pas comment les déclencher. Par contre je sais que j’ai besoin de toi, c’est pour ça que je t’ai entrainé et appris tout ça, si tu me prouves que tu peux honorer le crédo, je ferai de toi un assassin.
– Cool, on attend quoi ?
– Que l’autre taré soit arrivé. Tu ne devrais pas t’en aller sans me prévenir Tanguy.
– Je suis désolé Virginie, mais on m’a poussé à venir ici.
– Toshiie. Quatorze heures. Moi aussi je suis bonne en espionnage.
– Je te remercie, mais je n’ai pas envie d’y aller. Même si je sais qu’il le faut, ça me fait peur.
– Tu as peur de quoi ?
– Je n’en sais rien, j’ai l’impression de savoir comment ça va se passer et je ne le sens vraiment pas. Tu ne veux pas rester avec moi jusqu’à cette heure ?
– Bien sûr que si.
– Kévin, je te renvoie au lycée. Reste sous le préau et tient toi près à quoi que ce soit, fis-je en le téléportant, je ne veux pas y aller.
– Oh, pauvre petit chou. Kat, amène-nous dans notre chambre. Je sais comment te détendre.
– Oh, si tu le prends comme ça. »
Et elle pesait ces mots, deux heures, je n’étais pas près de les oublier. Rien ne me faisait oublier ce qui m’attendait, même si je n’avais pas la moindre idée de ce qui allait m’arriver. Je m’étais sorti du lit, assis sur le canapé, mais je n’y étais pas seul, Connor m’y attendait.
« Laisse-le faire Adam, il sait ce qu’il fait.
– Quoi, mais qui ?
– Toshiie », me répondit-il en s’appuyant contre la véranda et se laissant tomber à travers.
« Ça y est, mon petit ami devient dingue. À qui tu parlais ?
– Je le vois toujours, Connor.
– Celui qui t’a donné les pouvoirs des enchainés, il fait ça pour t’aider, me répondit-elle en m’amenant un café.
– Je le sais. Merci, fis-je en le prenant, il pense que c’est Toshiie qui me pousse à faire tout ça.
– Alors, écoute-le.
– T’as raison. Allons-y, répondis-je en nous téléportant devant le lycée.
– Vas-y, je viendrais après. »
J’avais mon apparence normale, j’entrais, le glaive à la main. Je savais qu’ils m’attendaient et ça faisait un long moment que Leo n’avait pas réagi, il était comme endormi, comme Toshiie. Mon cœur me faisait toujours ressentir cette crainte, celle qu’il m’arrive quelque chose, à moi ou à quelqu’un d’autre. Alors j’avançais, toujours mon arme à la main, le regard perdu malgré celui que me lançait l’autre idiot aux cheveux gras. Jusqu’à ce moment où arriva quelqu’un que je ne m’attendais pas à voir.
« C’est inutile », me fit Ludovic en me prenant le glaive de la main et le plantant dans mon dos, me lançant au sol deux mètres plus loin.
« AH ! Saloperie ! Toujours aussi traitre.
– Tu ne m’as pas battu il y a soixante ans, pourquoi me battrais-tu maintenant ?
– Qui te dit que c’est toi que je viens voir.
– Rien, mais dans tous les cas tu ne pourras même pas l’approcher. Tant que ton glaive sera dans ton dos, tu ne pourras pas te régénérer. Et une fois de plus tous tes alliés t’ont abandonné.
– Non pas tous ! » fit Kévin qui avait assisté à la scène.
Il passa à côté de moi, sachant que je pourrai me réparer avec mon glaive dans le dos. Il le prit avec lui, se lança sur Alaoui, le poussa pour le faire tomber de sa chaise et lui trancha la tête. Pendant ce temps j’avais commencé à me relever, me régénérant, jusqu’à ce que Sieg arrive.
« Tanguy ! Ça va ?
– Oui, ne t’en fais pas.
– Ça faisait longtemps que je voulais faire ça. Tanguy, je crois qu’il est à toi, me fit-il en me lançant le glaive.
– Merci Kévin. Je te revaudrais ça. En attendant, j’ai un ravageur à éliminer. »
Le démon mécanique se lança à son tour sur moi, nous projetant à travers les étages du bâtiment. J’avais stoppé notre course en nous arrêtant sur le toit en face du lycée.
« Tu n’es pas près de tenir avec les pattes métalliques avec lesquelles tu te traines.
– Ça ne m’empêchera pas de te tuer !
– Alors, viens. Je t’attends, lui répondis-je en sortant ma lame éclair ».
Sa seule arme était la tronçonneuse qu’il avait au bras, sa puissance, mais pas sa lenteur. Ses coups étaient si prévisibles, si longs à venir. Je m’ennuyais à un point. Je décidais alors de l’achever, le projetant en l’air en me levant avec et lui lançant un coup puissant avec ma lance pour le ramener dans le lycée. Je l’avais mis en pièce, les bras perdus, les jambes dans le couloir qui séparait l’entrée du préau et le corps, au sol avec ma lance en plein cœur. Tellement fier de l’avoir anéanti, je n’avais même pas remarqué que mes pieds baignaient dans le sang. J’avais suivi sa trace et il venait du corps de Virginie.
« Non, non pas ça, fis-je en m’approchant d’elle.
– Désolé, je n’ai rien pu faire… me répondit Sieg.
– Pourquoi ? Pourquoi elle ? repris-je en la prenant dans mes bras.
– Laisse-la, Adam, fit Connor, comme pour Leo, laisse ta rage te consumer une fois de plus. Laisse place à ton destin.
– Qu’est-ce qui se passe Leo, tu abandonnes, tu te rends, fit une voix tremblante qui était celle de l’Anima.
– Non. Je suis mon… destin… »
Lorsque je me relevais, un flot d’éclairs commençait à me tourner autour. Claquants à chaque fois qu’ils se rencontraient. Une première fois ils m’obligèrent à prendre l’apparence de Leo. Puis au fil des passages, toute mon apparence changeait. Les cheveux mi-longs de Leo, prirent une autre place, repliés que le côté droit, comme celle que j’avais prise avec Adam, dont une bonne partie me cachait la moitié du visage. Ils étaient restés noirs, mais ils avaient l’extrémité des mèches teintées en un châtain tirant sur le cuivre. Il avait gardé les lunettes d’Adam, noires comme il les avait, avec des reflets couleurs bronze. Le socle de celle côté gauche était différent. Une barre métallique noire partait du point d’attache proche du nez, descendait jusqu’en bas de l’arcade de l’œil dans le crâne, restant au-dessus et descendait dans le cou en longeant le côté extérieur de la joue. Son costume semblait plus être une armure légère par son poids important. Il revêtait un gilet à sangle ressemblant à celui que je portais. Mais il était blanc, de simples boucles en argent attachaient les deux côtés, les sangles ressortaient sur la partie haute, au niveau du torse. Seulement trois étaient visibles, elles partaient toutes du dos, les deux pointes seulement apparaissaient et s’attachait à des boucles qui se trouvaient sur le côté du corps. L’ensemble était brodé de motifs. Les bordures du vêtement comme le bas, les deux côtés visibles sur le torse et le col étaient cousus avec de l’or. L’aspect des sangles était répété au niveau du ventre, par des coutures au fil gris qui partaient des bandes cousues au même fil qui entourait les coutures sous les bras. À la taille il portait une ceinture en cuir rouge, qui en paraissait deux et qui se croisait au niveau de la boucle portant comme motif le symbole de L’Ordre. Elle tenait un pantalon de couleur brun sombre, en jean moulant. De longues bottes de cuir, marron sombre, portant des lanières elles aussi. Un peu à l’image des pantalons de cowboys, mais au nombre de trois, une à leurs sommets, une sous les genoux et la dernière au niveau des pieds. Elles dépassaient et les pointes sortantes des boucles, toujours en argent partaient vers le dos, du côté externe des bottes. Deux bandes sur les côtés intérieurs et extérieurs des bottes, qui tenaient les boucles. Toute cette décoration était de couleur beige. Les pointes des chaussures étaient arrondies et protégées par une plaque d’argent, comme le creux du pied. Les talons étaient eux aussi renforcés en argent. Par-dessus tout ceci il revêtait une longue veste, semblable à celle de mon costume d’assassin, mais quelque peu différente. Elle était teintée en marron aussi, mais légèrement plus clair que celui des jambières. Elle n’était pas attachée au niveau du torse, les deux côtés étaient recouverts d’un tissu bleu, comme si l’on avait retourné cette partie de la veste, attaché avec une série de boutons jusqu’à la taille. Chaque côté de la partie basse avant de la veste était retourné quant à elle, laissant voir que l’intérieur était de couleur rouge. Ils s’attachaient avec un bouton au niveau de la fente arrière de la veste, environ au milieu. Il y avait une partie renforcée au niveau du dos, de couleur bleue comme à l’avant, cette partie finissait en deux bandes, passant à travers la veste, s’attachant au symbole des assassins juste au-dessus de la taille. Sur ce même renfort partaient deux sangles de couleur beige comme celles des bottes. Une fois attachées, elles retenaient la veste serrée au corps. La partie haute était plus complexe. Elle se découpait comme un gilet sans manches, du moins sur l’aspect. La partie sur les épaules était renforcée, ressemblait à deux épaulières, créait une coupure au niveau des manches. À leurs extrémités pendaient quatre chaines en argent. Chacune tenait un cristal bleu. Celle de gauche était beige aussi, légèrement plus longue pour laisser passer une cape de même couleur que la veste avec l’intérieur rouge aussi, qui s’arrêtait au niveau de la taille, attachée derrière et qui glissait tout le long pour couvrir le bras. Entre les deux, le costume comprenait une capuche qu’il avait baissée. De même couleur que l’épaulière. Elle s’attachait dans le dos et semblait avoir été cousue par-dessus la veste originale. Aux poignets il portait les deux gantelets de mon costume d’assassin, avec les lames cachées. Ils étaient aussi en cuir, du même ton que les bottes. Avec là aussi, trois sangles beiges sur chacun. Les pointes dépassaient des boucles argentées et allaient vers l’arrière lorsqu’il avait les bras le long du corps. Les trois ensembles donnaient une certaine allure d’ailes. La main gauche était couverte d’un gant beige et la droite d’une mitaine de la même couleur. Sur les deux manches, deux lanières de décorations les parcouraient, tournant autour et se croisant deux fois sur la partie extérieure du bras. Elles partaient séparées au niveau des gantelets et s’arrêtaient au niveau de l’épaule de nouveau séparée. Elles étaient rouges. À l’intérieur de la veste, comme les avait Leo, se trouvaient les deux pistolets, Ebony et Ivory. Attaché à la ceinture il portait un tomahawk, comme celui que m’avait donné mon costume d’assassin. Sur le torse, une sangle en faisait le tour, passant à la taille du côté gauche, sur l’épaule droite. Elle était de la même couleur que les gants. Deux fourreaux y étaient attachés sur la partie qui passait dans le dos. Le premier laissait apparaitre le manche de l’épée par-dessus l’épaule, le second, dont la pointe était retenue par celle du premier laissait voir le manche de la seconde épée juste en dessous l’épaule à côté du bras. Les deux épées étaient les mêmes et semblaient même pouvoir s’emboiter. Sur cette même sangle, une seconde en partait, attaché au milieu devant et derrière. Elle passait et s’attachait sur la seconde épaulière. Elle avait une attache, comme celles des deux fourreaux, sur lesquelles tenait son arme principale. Le Chronosceptre. Toshiie avait pris sa place après tant de temps, malgré la perte qui lui avait permis d’apparaitre.
« Je peux savoir qui tu es ?
– Le connard qui va t’écraser la tête.
– Faudra passer sur mon armée avant », lui répondit-il en dédoublant toutes les personnes qu’il y avait sous le préau.
« Tu n’as que ça à me proposer », lui répliqua-t-il en animant les cristaux que son costume portait.
Leur lueur l’entourait d’une fumée blanche et noire. Il replia ses lunettes et toute la fumée se transforma en un flot d’une centaine d’âmes, chacune se dirigeant vers un double, l’attaquant et le consumant comme faisait DeadMoon.
« Quoi ? Que… NON ! C’était quoi ça ?
– Les âmes damnées. Mille âmes au cœur sombre qui n’ont plus rien à perdre et qui ont trouvé la rédemption dans mon élévation. Tu en as d’autre de tes minables soldats doubles ou est-ce que je peux passer aux choses sérieuses ?
– Bien, je vois que tu te fiches de ceux qui t’entourent. Tu négliges même ta femme ! Voyons, si ce n’est pas ton pire cauchemar, qu’est-ce ? Oh, oui. Regarde Leo ! Ta mort, fit L’Anima en changeant l’aspect de la salle, tu te souviens de ça ? Ta défaite contre Akziel. Je te propose que je joue ton pire ennemi. Qu’en penses-tu ?
– Tu n’as rien de mieux. Pauvre idiot. »
À peine plus tard il était déjà sur lui, les deux épées sorties et plantées dans ses épaules qu’il arracha d’un coup. Il les téléporta dans leurs fourreaux et sortit sa lance pour lui bloquer la tête entre les deux mâchoires de la clé.
« À toi de choisir, soit tu nous ramènes, soit je me ramène et de carbonise ta sale gueule à coup d’éclairs.
– C’est bon, calme-toi, répondit-il en nous ramenant et se libérant de sa lance, va t’occuper de l’autre et laisse-moi un peu.
– N’y pense même pas. Tu ne crois pas que je vais te laisser partir comme ça ? Je n’ai pas encore d’âme d’Anima dans ma collection, je vais m’en faire une.
– Non, pitié non !
– Allez. Viens là. Je te promets de ne pas de faire de mal ! » reprit-il en enlevant sa manche droite. Laissant voir qu’il avait le bras comme le mien ; « Je te ferai juste souffrir atrocement », continua-t-il en déployant un gantelet sur tout le bras qui avait un aspect rocheux violet et des décorations en forme de foudre dorées comme l’anneau et une épaulière en tête d’aigle doré ; « Je te présente mes lames volantes, ou lames de foudres », dit-il en jouant avec cinq épées volantes contrôlées par chacun de ses doigts ; « Je vais te montrer ce que c’est un cauchemar quand c’est moi la source. »
Il tenait dans l’autre main la double lance que formaient les deux épées attachées l’une à l’autre, les lames volantes s’alignaient à la suite partant face au côté du bras et tournaient pour que la dernière soit face au dos. Il s’avançait vers lui alors que le démon reculait. J’arrivais à ressentir sa peur dans ses yeux, ce regard que l’on porte lorsque l’on sait que la personne que l’on regarde va nous achever.
« Non Leo ne fait pas ça ! me lança-t-il dans un dernier espoir.
– Je vais me gêner tient. »
Il écarta sa garde avec sa lance et trancha son corps avec ses lames plantées de la tête à l’entrejambe. Il les retira en extrayant l’âme du démon, ne laissant que le corps déchiré. Il restait fixe, en posture de combat pendant que l’âme se débattait pour sortir de son corps. Une fois assimilée il replia ses lunettes et rouvris les yeux.
« Et comment comptes-tu la réanimer maintenant qu’il est mort ! m’envoya Sieg.
– Comme ça », répondit-il en replaçant son anneau.
Il s’approcha d’elle, la prenant par la main, en même temps ses cristaux de son costume avaient remis en place leur fumée qui se dirigeait vers son bras encore découvert. Elle se transmettait de lui à Virginie, la portant et la posant sur ses pieds. Puis la ramena à la vie.
« Mademoiselle, est-ce que ça va ? lui demanda-t-il en remettant sa manche droite.
– Seulement si tu me promets que ce bel homme est Toshiie.
– Qui veux-tu que ce soit d’autre ? reprit-il avant qu’elle se jette dans ses bras.
– Merci. Je ne sais pas comment tu fais pour faire tout ça. Mais, merci.
– Mais de rien, si tu pouvais faire preuve d’autant d’enthousiasme tout le temps ça ne serait pas mal.
– Arrête tes bêtises. T’es encore pire comme ça.
– Chouette. Ça me plait encore plus alors. M’enfin si tu voulais bien me libérer j’ai quelqu’un à aller voir. Kévin.
– À vos ordres, maitre ! me fit-il en s’agenouillant devant moi.
– Je ne t’en demande pas tant. Je te remercie pour ce que tu as fait. Tu m’as prouvé ta valeur et je me dois d’honorer ma promesse.
– Si tu m’offres un costume comme le tien.
– Le jour où tu porteras une tenue telle que la mienne, tu auras une valeur aux yeux du monde plus grande que celle que je n’ai jamais pu avoir. Tu auras droit au costume d’assassin, plus classique comme celui que j’ai. Sans toutes les fioritures que celle-là peut présenter, continua-t-il en plaçant la cape, Sieg. Virginie.
– J’arrive l’ami.
– Attends-moi. Tu ne crois quand même pas que je vais laisser partir un aussi beau mec que toi.
– Je crois qu’il va me plaire celui-là. »
À son origine la Tour de Verre avait été créée à la séparation des mondes et la création de Sieg et ses pouvoirs par les Saory lors de l’arrivée de Leo sur Terre. C’était une sorte de sanctuaire de protection, censé lui permettre de se cacher du monde et de ses ennemis par le simple fait que personne ne peut la voir. Seulement les Saory voyaient ça différemment. C’était un poste qu’ils avaient conçu, parce qu’il savait que Leo était un élu à son arrivée, lié aux anges dont les reliques étaient éparpillées un peu partout sur de la planète. Ils ont porté leurs messages, à travers des personnes, des objets comme les fragments d’Eden présentent bien avant l’arrivée du jeune homme. Certaines personnes ont suivi leurs messages, par l’obligation comme Connor, ou par choix comme le père de Ryan. Elle avait pour vrai but d’être la Tour Des Anges, pour nous, pour notre sureté. Cachée aux yeux du monde. Prit un aspect différent à notre arrivée. Depuis le début de cette histoire, j’avais une impression qui se confirmait au fil du temps. Au tout début j’avais une peur, celle que Leo finisse par m’éliminer totalement pour prendre place en moi. Pourtant ça ne s’est jamais déroulé comme ceci. Pourtant quelque chose changeait, les différences entre nos personnalités s’estompaient, je récupérais son arrogance et sa présence surfaite et il héritait de mon calme devenu légendaire, de ma sérénité. Comme une fusion progressive. Puis est arrivé le moment où nous avons récupéré les anges, les uns après les autres. Huit anges, un qui n’a pas encore rejoint notre groupe et celui qu’ils ont toujours nommé comme chef dont son arrivée s’est faite plus tard. Moi, Toshiie. Dès lors j’avais l’impression que les trois étaient une seule et même personne. Une sorte de schizophrénie dans un corps aux multiples apparences. Qu’il n’y avait plus une seule différence entre nous, ou plutôt, entre moi, l’élu qui m’a accueilli, même si mon apparition n’était possible que si j’acceptais de fusionner totalement avec Leo et notre hôte ! (Enfin, j’arrête mon monologue et rends la place du narrateur au vrai narrateur)
(Merci !) Nous avions pris le chemin de la Tour, désormais officiellement Tour Des Anges. Kévin la voyait enfin et je lui avais demandé d’y aller, pour repérer les chemins possibles jusque-là bas. Moi j’avais pris place sur mon poste d’observation, le premier plateau que mon arrivée avait placé entre les deux pointes des ailes. J’étais posé sur une petite poutre qui dépassait, les pieds alignés en train d’observer la ville et d’imaginer les ravages qu’Akziel pouvait y faire.
« Leo. Leo ! cria Kévin qui arrivait.
– Oui c’est bon je t’entends, pas besoin de crier », lui dit-il avant de sauter sur la seconde plateforme vingt mètres plus bas.
« Faudra que tu m’apprennes à faire ça !
– Laisse-moi une minute. Sieg ?
– Oui l’ami que te faut-il ? répondit-il en se téléportant près de moi.
– Pourrais-tu m’amener la salle du crédo ?
– Ah, oui bien sûr, tout de suite. Voilà.
– Merci. Normalement je devrai convoquer tout le crédo pour ça, mais ça fait bien longtemps que cette confrérie est démantelée et seul persiste quelques personnes prêtes à donner leurs vies pour des causes qui dépassent souvent l’entendement que nos civilisations actuelles. C’est pour ça que je t’ai demandé de venir ici. Tu as su me prouver ta valeur et la confiance que je te portais s’est avérée exacte. Alors j’ai décidé de faire de toi un assassin comme moi. Le costume que tu vois là tu y auras droit une fois ton entrainement terminé. Pour cela je préfère que Kat s’en occupe, avec moi ça durerait des jours. On se revoit une fois que tu seras prêt.
– Avec plaisir. À tout à l’heure, répondit-il puis disparus.
– Leo, ça va ?
– Oui Sieg, ça va. Je commence juste à être fatigué.
– Bien alors si ça va je voudrais que tu viennes avec moi. Leo ? Leo ! fit-il en se retournant vers moi. »
Je m’étais évanoui, une sorte de fluide noir violet sortait de mon corps et se répandait sur le sol. Pendant quelques minutes j’étais encore conscient, puis plus rien. Je ne savais pas ce qu’il avait pu faire de moi, l’endroit où il m’avait amené. Tout ce que je savais c’est que je vivais dans un rêve, ou dans un autre monde.
« Où est-ce que je suis ? Et pourquoi j’ai l’apparence d’Adam ?
– Heureux de te revoir Leo, me fit l’Anima, ceci est un alterstase. C’est un espace de ton esprit qui te permet de survivre lorsque ton âme veut te faire mourir.
– Quoi non ! Mais…
– Calme-toi. Je ne te veux pas de mal, j’ai créé cette chose pour te garder en vie, après que tu te sois évanoui et Vayl m’a purifié comme toutes les âmes qui vivent en toi.
– Mais pourquoi ? Quelle âme a voulu me tuer ?
– Adam. Quelque chose se passe mal entre lui et Toshiie et je vais t’aider à corriger ce problème. Suis-moi. »
L’environnement était vraiment étrange, on avançait pourtant je n’en avais pas l’impression, tout autour n’était que composé de gris et de formes géométriques se déplaçant autour de nous. Rien ne changeait et j’avais l’impression que stagner. Jusqu’au moment ou d’un seul coup un décor se mit en place. On était au milieu d’une ville, mais pas de notre époque. Dix-huitième siècle à l’aspect plus rustique des habitations.
« Je te présente New York, à l’époque de la révolution américaine. N’est-ce pas plus charmant que notre béton actuel ?
– C’est… Pourquoi j’ai le sentiment de connaitre cet endroit ?
– Tu dois te demander pourquoi je t’amène ici et quel est le véritable problème ? Pour commencer, c’est à cause de cet accident. Pour être précis de ceux qui l’ont causé. Mais rassure-toi, Toshiie avait tout prévu avant même qu’il n’apparaisse.
– Mais…
– Les âmes de Leo et d’Adam ne sont pas pures, contrairement à celles que possède Toshiie et il ne peut pas le faire lui-même. Alors c’est à toi de t’en occuper. Par le biais des pouvoirs respectifs de Leo et Toshiie, je vais te faire voyager dans le temps, pour leur permettre d’absoudre leurs péchés. New York, 12 mars 1776, Nikki était déjà morte et Leo commençais à agir différemment et perdre les idées fondamentales du crédo. Je te demande de l’empêcher de tuer le conseiller de Washington qu’il croyait un templier.
– Et je peux savoir que ce ça va changer ? Je veux dire, je sais quels sont les dangers et enjeux de jouer avec le temps. Quelles seront les réelles répercussions ?
– Après la mort du conseiller, le véritable templier, chef des armées fit assassiner tout le reste de son crédo. Par la suite il élimina toute l’armée du président et tous ces alliés juste par vengeance personnelle. Mais rassure-toi, ça ne changera rien au sort que lui réservera Akziel. Normalement tu n’es pas censé être présent. Et ça, ça ne doit pas changer, je compte sur tes talents d’assassin pour y parvenir. Alors, débrouille-toi pour éviter leurs rencontres et soit tuer toi-même le chef des armées, soit le faire faire à Leo. On se retrouve une fois que tu as terminé. »
Il m’avait planté là, sans même savoir où et quand cette action devait se produire. Mais j’avais mon expérience et j’avais repéré un groupe de garde qui discutait du général Washington. J’avais toutes les compétences de tous mes personnages, mais surtout j’avais accès à l’héritage de Connor et ses talents d’assassin. Alors j’optais pour un espionnage. Facile pour une cible statique. Je m’étais caché parmi un groupe de personne assez proche d’eux. Pour pouvoir les écouter attentivement.
« Tu assistes à la réunion de trois heures au palais ?
– Si je pouvais m’en passer. Je suis garde à la porte. J’espère juste ne pas perdre les clés d’ici là.
– S’ils t’ont choisi, c’est bien parce qu’ils te font confiance. »
Les quelques personnes avec qui j’étais discutaient des augmentations des taxes et de leurs mécontentements sur ces choses qu’on leur obligeait sans leur demander leurs avis. Alors moi je décidais de faire diversion, en créant une émeute.
« Mes amis, il nous fait réagir. Et tout de suite !
– Vous avez raison ! Le gouvernement n’a pas à nous imposer tout ça contre notre grès ! » reprirent-ils en cœur, haussant la voix et ensuite rejoints par d’autres de leurs avis. Alors que je restais caché dans la masse.
« Allons ! Vous n’avez pas le droit de vous réunir comme ça dans la rue ! » fit un des gardes qui s’approchait de la minirévolte. Puis dans un élan je me suis lancé sur celui qui portait les clés et les lui vola au passage.
« Ah, c’est toujours aussi simple, repris-je en cachant les clés dans ma veste, bon ce n’est pas tout, mais il me faudrait prendre de la hauteur moi, fis-je en visant l’église en face de moi ; Ah parfait. »
Heureusement il m’avait permis d’avoir des vêtements qui étaient plus d’époques que ceux d’Adam. Je me baladais dans la ville, j’avais environ deux heures devant moi. J’avançais tranquillement pourtant je sentais quelque chose de pas normal, je savais que quelqu’un me suivait. Parce même si j’étais passé maitre dans l’art de la filature, tout le monde n’égalait pas mon niveau et en l’occurrence je savais qu’il y avait quelqu’un derrière moi. Mais à vrai dire ça ne me préoccupait pas tant que ça. Au bout d’un quart d’heure, j’arrivais à ma destination et j’avais semé mon poursuivant, ou presque puisque c’est moi qui le suivais. Je l’ai laissé se perdre dans une petite ruelle et l’ai attrapé, lui présentant mes lames sur la gorge.
« Pourquoi me suis-tu ?
– J’ai, je. Ton allure me paraissait étrange alors je me suis dit. Je ne te veux pas de mal, je t’ai vu voler les clés au garde.
– Elles t’importent tant que ça, au costume je dirais que tu es un assassin. Vrai ? Pour qui travailles-tu ?
– Leo Kryssen.
– Bien, repris-je en enlevant ma lame, dans ce cas tu vas pouvoir m’aider. J’aimerais que tu retiennes Leo pendant quelque temps, dans la cour du palais jusqu’à que je te donne le signal, dès lors tu pourras le laisser. Tu devras le convaincre de ne pas assassiner le second du président.
– Quoi comme signal ?
– J’avais dans l’idée d’attirer les gardes vers lui.
– Mais, pourquoi ? Il va se faire tuer ?
– Non, fais-moi confiance. Garde-le dans la cour jusqu’à que tu me voies ressortir, d’accord ? Je serais habillé comme un garde, mais je garderais mon arc sur moi.
– Mais tu sais où est le palais ? Parce que je n’en ai pas la moindre idée.
– Devant l’église, tu y trouveras un charriot plein de foin, attends-moi là-bas et je t’y amènerais. »
Durant ma poursuite j’avais eu le temps de trouver le meilleur endroit pour grimper le bâtiment. Par-derrière. J’avais mon crochet, il ne me fallait que très peu de temps pour atteindre le point le plus haut. D’ici le palais paraissait être assez loin, à droite du chemin que j’avais emprunté jusqu’ici. Une fois redescendu grâce au charriot au-dessous j’ai pris mon allié et suis partis vers le palais présidentiel. Nous avions pris notre temps et j’avais fait connaissance de l’un des premiers disciples de Leo à cette époque. La façon dont le monde et le temps avaient décimé le crédo, voyant ses membres être plus souvent de simples civiles. Arrivé à destination, lui était reparti rejoindre Leo dans sa cachette et moi j’étais entré sous l’apparence du garde que j’avais volé. Entré avec une aise des plus déconcertantes. J’utilisais la vision d’aigle pour trouver la salle où devait se faire la réunion. Je m’étais posté devant. Comme le garde que j’étais censé être. J’écoutais d’une oreille sans trop prêté attention à ce qui se disait à l’intérieur, jusqu’à que le président en sorte. J’en avais compris que la seconde-personne était le recherché second. J’y suis donc rentré, passant juste la porte.
« Ah, mon ami, tout est prêt pour notre réunion ?
– Non…
– Qu’y a-t-il ? Un problème. Non attendez ne partez pas. Non ! répliqua-t-il une fois que je ressortais, avant que je ne ferme la salle.
– Quelqu’un viendra vous sortir ne vous inquiétez pas. Mais pas tout de suite.
– Ah tient te voilà. Tout se passe bien pour toi ? me fit l’acolyte de Leo arrivant.
– Oui, tiens, je te laisse la clé. Tu viendras rouvrir une fois terminé. Où est Leo ?
– Il ne devrait pas tarder pourquoi ?
– Il ne vaut mieux pas qu’il nous voie ensemble. Va le rejoindre, je vais déclencher l’alerte.
– Mais pourquoi ?
– Le véritable templier c’est le chef de la garde, pas le sous-fifre de Washington. Je veux juste que ce soit lui qui l’assassine, pas moi. Allez, reste pas là. »
Et quelques mètres plus loin, devant le poste de la garde.
« Chef, Leo s’est introduit dans le palais !
– Ah le salaud ! Et où est-il ?
– Dans la cour Chef !
– Allez bande de fainéants, suivez-moi.
– C’est trop simple.
– Comment peux-tu être sûr que Leo le tuera Adam ? me fit L’Anima apparaissant à côté de moi.
– La connaissance, la confiance. Viens voir, lui fis-je en me plaçant, caché derrière un coin de mur, tu vois, le temps que l’on discute et il n’y a déjà presque plus personne.
– Ah…
– Tu vois, je sais de quoi il est capable.
– Si tu lui portes une aussi grande confiance alors, nous n’avons plus rien à faire ici, reprit-il en dématérialisant tout le décor et nous ramenant dans cet espace gris.
– Tu as l’air d’en savoir beaucoup sur moi et tous les autres. Y’aurait-il quelque chose que j’ignorerais ?
– Et bien, si tu me laisses raconter toute l’histoire alors.
– Vas-y je t’écoute.
– Bien, tu connais beaucoup de choses, mais certaines fois, c’est le temps qui manque. Pour commencer, Leo. Arrivé sur Terre à vingt-et-un ans. Sieg a dû te dire que c’est ton arrivée qui a fait son apparition, pas exactement. Toshiie, retourné sur Terre après avoir traversé le Styx, c’était en 1153, le 13 janvier pour être précis. Ce jour-là il rencontra celui qui lui offre sa rédemption, The Pretorian. Cet étrange Onyx est l’entité du temps, mais aussi le père d’Akziel.
– Quoi ? Tu veux, dire que, celui qui m’a permis d’avoir Toshiie est le père de mon pire ennemi ?
– Malheureusement. Mais ce n’est pas tout, sa rédemption lui a été accordée après, avoir été trahis par son fils, qu’il venait voir presque mort, retrouvé ensuite par Toshiie. C’est ce même jour que la guerre entre Leo et Akziel se mit en place. Après que Leo justement ait aidé l’Onyx, faisant fuir son fils qui l’aurait tué. Dans une sorte de remerciement, il légua son rôle d’entité du temps à Sieg et le fit rencontrer avec Leo, lui donnant alors le contrôle de ces pouvoirs.
– Comme ça c’est bien plus simple. Mais en quoi mon âme dérange-t-elle la fusion avec Toshiie ?
– Mais ce n’est pas tout. Une minute j’y viens. Comme tu le sais, ton adoption se fit parce ton orphelinat entier était un démon. Tu y as passé trois ans au total, avant même que ce démon se retourne contre toi. Le problème ne réside pas en Adam même, mais dans son héritage. Dans un temps où Connor n’aurait pas agis, la famille que tu as eue serait venue t’adopter, non pas contrainte de le faire et Leo serait bien plus tranquille à avoir tué ce démon par la suite. Je veux mettre en place ce temps-là.
– Et en quoi ça touche Connor ?
– À cette époque-là, il n’avait pas rejoint le crédo des assassins, il ne l’a fait qu’un peu après. Il était au service d’Akziel. Je veux que tu convainques Connor de prendre part du côté de la confrérie et que tu t’assures que l’adoption se fait sans problème. Bon voyage. »
Londres, 13 janvier 1150, la neige, le froid. L’hiver européen en fait. Cette fois-ci les choses étaient un peu différentes, j’avais de la facilité. Il me laissait avec face à lui, au milieu d’un combat avec les gardes templiers. Je me suis avancé vers lui, traversant les murs de tuniques rouges pour le rejoindre.
« Ah enfin de l’aide, j’espère que tu sais te battre, dit-il avant que je ne tue la dizaine de gardes qui était sur lui à coup de pistolets.
– Cela te suffit-il très cher, ou est-ce qu’il faut que je me fasse tout le groupe pour te le prouver ?
– Amuse-toi bien, on se retrouve à l’autre bout de la place, répondit-il en passant le cercle qu’ils formaient autour de nous et s’enfuyant.
– Bien, je pense avoir mon idée là-dessus. Saiko Kenryoku, repris-je, laissant apparaitre mon canon de bras et son crochet, ça va faire mal. »
Le nombre de tirs que ce dernier me permettait était illimité, presque comme le nombre de gardes qui pouvait s’attaquer à moi. Bientôt ce n’était plus un mur de garde, mais une fortification de cadavres qui s’entassait autour de moi. Jusqu’à avoir éliminé toute la réserve. Je suis alors reparti, trouver Connor qui s’approcha de moi. Il était resté plus près pour admirer la tuerie.
« Eh bien, je te dois la vie mon ami, merci de ton aide. Comment puis-je t’en remercier ?
– Je sais que tu travailles pour Akziel et qu’il t’a envoyé réveiller l’orphelinat d’Aldor. Je voudrais que tu abandonnes cette mission, comme Akziel d’ailleurs. Et que tu rejoignes notre cause.
– Devenir assassin… répliqua-t-il en regardant l’insigne que je portais à la taille, bien, j’y avais réfléchi plus d’une fois sans me décider. C’est d’accord. Je m’en vais les rejoindre de ce pas. Au plaisir de te revoir mon ami.
– Avec joie. Mais maintenant comment suis-je censé changer de planète ?
– Comme lui l’aurait fait Adam. Les pouvoirs des enchainés. Je ne t’explique pas comment Leo le fait, tu dois le savoir.
– Oui, pas besoin de détail. Ce n’est l’affaire que de quelques secondes.
– Bien, maintenant, viens avec moi. Reprit-il ayant pris le corps d’un agent de l’orphelinat, ils nous attendent. »
J’étais arrivé dans un bâtiment sublime, une architecture semblable à celle des Saory, saillante, toujours lumineuse, attractive et possessive. Il m’avait conduit dans un bureau dont la fenêtre du fond donnait sur la cour de l’établissement. La vue était magnifique, des enfants joyeux, souriants. Comment un lieu d’une telle beauté pouvait-il être si maléfique ? Derrière moi, l’Anima expliquait toutes les règles de l’adoption aux deux parents. Puis une petite tête blonde vint me rejoindre.
« Tient, bonjour toi, comment t’appelles-tu ?
– Leo. Leo Kryssen, me répondit-il, souriant aux anges.
– Ah, c’est toi que l’on vient adopter aujourd’hui, tu dois être content.
– Très, même si je ne verrais plus mes amis aussi souvent.
– Tu viendras leur rendre visite.
– Oh oui, je te verrais toi aussi ?
– J’en doute, je m’en vais ce soir. Mais ne t’en fais pas, on se reverra bientôt.
– Leo vient avec moi, ton père doit discuter avec le monsieur, lui fit sa mère adoptive.
– Au revoir !
– Votre ami m’a parlé d’une chose importante sur le petit. De quoi s’agit-il ?
– Cet établissement est un rempli de démons, quelqu’un prévoit de les liguer contre le petit. J’ai conscience de vos aptitudes de combat, je voudrais que vous lui enseigniez vos techniques et lorsqu’il sera prêt, qu’il détruise cet orphelinat.
– Comme vous voudrez. Bonne journée messieurs.
– Bien, je crois que tout s’est bien passé. Mais attends, je ne connais pas ton vrai nom.
– Je m’appelle Taigon Wang. Mais mon nom ne t’importe que peu.
– Ce n’est pas vrai, j’aime connaitre le nom de mes alliés. Mais pourquoi alors t’en prenais-tu à Toshiie ?
– Parce qu’Akziel me l’avait obligé. Je suis un démon, qui n’a malheureusement pas su dépasser sa force de conviction.
– Ça expliquerait pourquoi l’autre con aux cheveux gras m’en voulait à moi, mais n’a rien fait lorsque Leo s’en est pris à lui.
– C’est un peu vrai, aussi parce que les deux personnes, moi et lui étions bien séparés. Mais ce n’est pas tout, il faut que je te ramène.
– Pourquoi, je suis bien ici. Même si j’ai l’impression que mon cœur est en train de geler.
– C’est bien pour ça. Ton travail ici est terminé.
– Il faut que tu reviennes, fit la voix de Sieg venue de nulle part.
– À bientôt, Adam, reprit Taigon. »
De plus en plus régulièrement, presque à la fréquence des battements du cœur, ma vision se troublait, prenait des tons blancs. Jusqu’au moment où je sentis quelque chose se poser sur mon cœur artificiel. Un grand flash me ramena à mon temps, allongé sur une table d’examens de Sieg, avec comme seule chose dans mon champ de vision, la lampe au-dessus et ma petite princesse qui avait sa main posée sur mon cœur. Elle était en train de pleurer, à côté de moi, mais n’avait pas remarqué mon retour. J’ai alors pris sa main, avec la mienne.
« Eh, tu n’as pas besoin de t’en faire pour moi, je ne suis pas près de mourir.
– T… Tanguy, c’est bien toi ?
– Non. Le pauvre idiot que tu as pris comme petit ami.
– Content de te voir de retour l’ami, me fit Sieg s’approchant, comment te sens-tu ?
– Bien mieux qu’avant. Que m’as-tu fait encore comme connerie pour que je ressente mon cœur comme ça ?
– Vois par toi-même. »
Le cœur en lui-même n’avait presque pas changé, si ce n’est qui était maintenant blanc. Une centaine de lignes blanches, un peu comme un circuit imprimé en partait pour parsemer mon torse. Dont les vagues lumineuses approchaient la vitesse des battements du cœur humain.
« J’ai purifié ton cœur, ajouté ces flots d’alimentations pour éviter que ta peau de se re transforme en charbon. Je t’avais congelé pour rajouter le système de refroidissement que tu as dans le dos, rassure-toi, il ne se voit pas. Apparemment Toshiie ne t’aimait pas. Et je nous ai immunisés contre le voleur d’âme.
– Il n’a fait que se défendre.
– Quoi ? De quoi parles-tu ? me demanda Virginie.
– Je ne sais pas combien de temps vous m’avez mal traité, moins que la dernière fois. Mais cette fois encore j’étais dans un rêve, guidé par Taigon, l’Anima que Toshiie avait purifié comme toutes ces âmes perdues. C’était Leo et moi, parce que nos propres âmes n’étaient pas saines. Il m’a fait voyager dans le temps, changé le cours de certaines choses qui avaient perverti ces esprits. Pour que nous soyons pareils et permettre une meilleure fusion.
– Fusion que j’ai faite avec Brio !
– Faudra que tu me le présentes Sieg ce brio.
– Ce que tu peux être con des fois toi ! Bref. Je vous laisse, si vous me voulez, vous saurez où me trouver.
– Et dire qu’il y a un peu plus de six mois, j’avais encore un corps sans aucune trace.
– Ça va, tu n’as qu’un tatouage, un cœur qui dépasse des deux côtés et une cicatrice, ou une rainure au bras droit. Tu n’as même plus les bandes d’Adam sur les bras.
– Exact. Tu peux me passer mes vêtements s’il te plait ?
– Bien sûr. Mais, c’est moi où ils ont changé de couleur ?
– Exact. J’ai l’impression que Sieg a vraiment bien géré sa fusion. »
Ma veste avait pris un aspect plus ressemblant à celle d’Adam, les renforts des épaules en blanc, avec une ressemblance à celle de Toshiie, les deux bandes avant en blanc, replié avec l’intérieur blanc aussi. Les attaches des armes de Toshiie aussi, en cuir marron toujours, mais ça ne servait que de décoration. Jean noir. Bottes semi-hautes noires. Et toujours la ceinture d’assassin. Nous sommes ensuite partis sur le grand plateau, tranquilles pour discuter.
« Comment a-t-il pu devenir comme ça ?
– Quoi, de qui tu parles ? répliqua-t-elle.
– D’Akziel, Taigon m’a dit qu’il était le fils de l’Onyx que Toshiie a sauvé, The Pretorian.
– Ah bon ? Mais cet Onyx est pacifique, comme tous les autres.
– Presque très chère, répliqua Sieg derrière nous.
– Oui, bon sauf toi, mais comment est-il devenu si maléfique ? demandais-je.
– Je ne sais pas. Le changement s’est fait après qu’il soit venu sur Terre avec son père. Mais qu’est-ce qui en est à l’origine ?
– Bourrage de crâne ? Pourquoi pas, tout le monde est influençable.
– Certes, mais par qui ?
– J’ai du mal à le saisir, c’est alors lui qui a voulu le tuer ?
– Le jour où Toshiie l’a retrouvé, exact. Ce même jour, Leo est arrivé et l’a aidé aussi. En fait, les pouvoirs que nous possédons et ta création est un cadeau de l’Onyx pour l’avoir aidé et aussi parce qu’une fois fusionné avec Toshiie il lui fallait bien une entité pour le remplacer.
– Alors c’est lui qu’ils appelaient Sun Yukon.
– Bien, pourquoi ne pas rendre une petite visite à son sous-fifre préféré ? nous fit Virginie en pointant la seconde tour de la ville.
– Mais ça ne sera pas si facile. Il doit déjà se douter que l’on va s’attaquer à lui. Surtout après avoir vu que je suis capable de démonter cette version. Qu’en penses-tu Sieg ?
– Comme si on avait le choix. C’est le seul moyen de s’approcher de lui. Mais pourquoi capable de démonter cette version, tu l’as déjà tué dans le futur.
– Souviens-toi Sieg. “Leur vérité est un mensonge. Leurs villes sont une illusion. N’acceptez pas le monde tel qu’il est.” Ça te fait ne penser à rien ? Que Sia aurait pu te raconter ?
– Un monde contrôlé, endoctriné. Tu penses vraiment que…
– Médias, banques, alimentation. Ce type est un gros tas aux bottes d’Akziel. Quoi de mieux qu’un pion pour posséder tout un pays ? Dans une petite ville en plus.
– C’est insensé ! Ça voudrait dire qu’Akziel a déjà mis en place son enfer terrestre.
– Déjà non, mais prêt une fois que l’on s’attaquera à Barabas oui. Un monde de terreur caché sous une image idyllique. Diabolique au possible.
– Je pense qu’on va pouvoir prendre du repos pendant que tu t’en charges ?
– Toi comme d’habitude tu restes ici, pour me guider. J’aurais besoin de Chester et Sia. Je ferai appel à vous s’il le faut.
– Et comment pensais-tu t’y prendre ? me demanda Virginie.
– L’affront ! Tanguy, que penses-tu si je découvre la Tour ? reprit Sieg.
– Tout de suite ou lorsque j’aurais éliminé ce gros tas ? répondis-je.
– Et bien, je vois que tu le portes dans ton cœur celui-là.
– À vrai dire, oui et après ce qu’il a fait, c’est un peu normal.
– Exact. Bien, alors j’y vais de ce pas. À plus les tourtereaux.
– Il est marrant lui. Mais tu as une idée de comment est faite sa tour ?
– Non, autant en avoir la surprise ça sera plus drôle. Puis, dans un sens ça ne te concerne pas trop puisque tu ne peux pas venir avec moi.
– Malheureusement, je vais m’ennuyer sans toi, déjà que j’ai trouvé ces derniers jours longs.
– Comment ça long, j’ai passé combien de temps en vrac ?
– Compte, on est vendredi.
– Oh, ah ouais, presque quatre jours complets. Ça commence à faire.
– Tu m’épates Tanguy. Tu passes tellement de choses, tellement de dangers et pourtant tu restes toujours calme, serein, rien en te dérange ni te fait descendre de ton piédestal. J’ai le droit de savoir comment tu fais ?
– Je prends sur moi, ce n’est pas bien compliqué et tout ce que j’accumule se ressent dans la rage que je déploie au combat. Et en plus j’ai une magnifique petite copine qui me soutient et m’aide si besoin.
– Ah, alors c’est juste moi, répliqua-t-elle en venant se blottir contre moi.
– Voilà, c’est juste toi. Je puise ma force dans les autres, la confiance qu’ils me portent et celle que je leur ai offerte. Parce que je sais que si j’ai besoin d’eux, ils seront là. Mais le plus important c’est le fait que je t’ai toi. Longtemps resté seul je pensais que je ne serais pas capable de faire voir mes sentiments, ou même d’agir correctement.
– Pourtant tu te débrouilles très bien. La preuve. Un mois et quatorze jours. C’est pas mal non ?
– Toujours mieux que ce que j’ai pu faire. Ça me rassure tout de même quand je me souviens des peurs que j’avais avant, de ne pas être capable de te garder, ou même de faire durer l’histoire un peu de temps.
– Alors viens avoir moi, je vais te monter comment faire durer moi.
– Oh, attends-moi. J’accours ! »
Sieg avait fait apparaitre la Tour, dans un rayon de lumière partant vers le ciel. Elle surplombait la ville, immense et géante, au design futuriste, avant-garde du temps d’Adam. Une construction Saory comme le tombeau. Elle signait l’arrivée définitive des Anges sur Terre.
Le temps avançait, encore et toujours. L’arrivée de Toshiie allait changer pas mal de choses, une sorte de révolution. Ou plutôt, le début de la déchéance du règne beaucoup trop long de mon ennemi. Mais ce n’était que le début, une longue histoire m’attendait encore, contre Barabas et surtout Akziel. Après ce que m’avait appris l’Anima, Taigon, j’avais en ma possession une personne susceptible de tout faire changer, si encore j’étais sûr de pouvoir utiliser Sun Yukon.
Le monde changera, j’en fais la promesse. Grâce à moi, ou sans. Le peuple préfère les légendes aux hommes, les grands discours aux actes silencieux. Il se souvient des batailles, mais a oublié le sang versé. Si le monde se souvient de moi, par un quelconque moyen, il ne retiendra seulement, qu’une infime partie de la vérité.
Abraham Lincoln. 1862
Notre monde a connu des légendes et j’espérais en faire partie. J’aimais bien cette phrase qu’il m’avait dite, elle montrait bien la différence entre nous, lui dont les seuls souvenirs restants sont sa présidence, non pas son côté chasseur de vampire. Et moi, ayant fait plus d’actions visant à sauver le monde, ma légende est presque inexistante. Je voulais la créer, mais pas ma légende. Notre légende.
Le froid, la neige, encore, et toujours l’hiver européen. On y arrivait, à cette fameuse époque que tout le monde attend pour la détester. Alors bon, certes notre civilisation, avec son évolution a su changer pas mal de choses pour contrer tout ça, déblayer les routes, des habits plus chauds. Mais ce n’était pas toujours comme ça et je le sais. On avait passé un peu de temps, deux semaines puisque monsieur le critiqueur de mes actes était parti en voyage. Bref. Lundi 4 février 2013, pas grand-chose n’avait changé de notre côté. Kévin avait fini son entrainement et j’y avais fait cadeau d’une tenue d’assassins coloniaux américains. Je devais commencer à penser mon plan contre le gros, mais je n’avais aucune idée de comment m’y prendre. Alors une fois de plus c’est dans mon lycée que je souhaitais trouver les informations, chez Grey pour être précis, ou son frère. Aucun danger ne nous menaçait, alors je n’y suis pas allé avant dix heures, mais là, quelque chose que j’avais négligé m’attendait. Les chiens et pour être précis les pisteurs de drogue. Pourquoi ? Parce qu’ils reconnaitront mon cœur artificiel comme tel. Parce que ce n’est pas terrien. Alors j’arrivais, lorsqu’ils faisaient le tour des personnes. Mais sans succès, ils changèrent de direction pour prendre la mienne. Et comme par hasard, ils s’arrêtent sur moi. J’avais une impression sur le fait que Sieg m’ait fait trois tatouages sur le visage pour maitriser le pouvoir de contrôle des âmes. Deux descendants des yeux jusqu’au bas du visage et le dernier le long du menton. Je faisais ensuite mon choix, soit les lunettes, soit les tatouages. Et là j’avais tronqué les verres pour la seconde solution.
« Évite-toi des ennuis le tatoué et donne-nous ce que tu as, me fit le premier policier.
– Je n’ai rien, je ne consomme pas ce genre de connerie.
– C’est ça ouais, ne joue pas le malin avec nous, reprit le second avec un accent marseillais.
– Je n’ai rien, vous ne voulez pas que je quitte mes fringues non plus ?
– Non, on va le faire nous-mêmes.
– Ben voyons. »
Ils ne se sont pas gênés pour le faire. Les chaussures, non concluantes, pantalon non plus. La veste toujours pas. Puis le haut sans résultat. Et là, les chiens se fixèrent sur l’étrange objet qui me tenait en vie.
« Alors, pas convaincu ?
– À quoi il te sert se truc là, c’est ton cœur ? reprit le marseillais en riant.
– Allez-y, arrachez-moi-le, et voyez que c’est ça qui attire vos chiens. »
Une fois de plus ma mort ne les inquiétait pas plus que ça. Cinq minutes avant que je n’y reste pour de bon. Ma peau était en train de se nécroser, de devenir bleu, mais ça ne les préoccupaient pas. Ce n’est qu’au bout d’environ quatre minutes, après qu’ils aient vérifié et revérifié je ne sais combien de fois tellement ma vue s’assombrissait qu’une amie de Virginie vint à mon secours.
« Putain, mais vous ne voyez pas qu’il est en train de claquer là ! » leur fit-elle en leur prenant le cœur et le replaçant. Me régénérant dans une lumière blanche et me transformant en Leo, toujours avec autant de vêtements qu’avant.
« Que dois-je faire, j’attends de vous faire virer ou je vous assassine tout de suite.
– Non, non on s’en va hein, bonne journée monsieur.
– Pourquoi faut-il que le monde soit toujours aussi con ? repris-je en récupérant les habits, les téléportant de ma main à mon corps.
– Et tu t’en vas comme ça, sans même dire merci !
– Tu ne veux pas que je t’offre un joli cœur comme le mien non plus ? Quoique je doute qu’il puisse y avoir la place.
– Traite-moi de grosse aussi. Je te sauve la vie est voilà comment tu me récompenses, en te foutant de moi et en t’enfuyant.
– D’abord je ne t’ai pas traitée de grosse, sinon je l’aurais fait sans me gêner. Ensuite je ne m’enfuis pas, j’ai quelque chose d’important à faire. Et pour finir, je sais comment tu es, je te connais bien plus que tu ne peux l’imaginer. Et malheureusement je connais aussi les autres, alors j’ai préféré m’écarter, pour m’éviter des ennuis, mais aussi pour t’en éviter. Alors je t’en prie, n’ose pas dire que je ne pense qu’à moi, s’il le fallait j’éliminerais tous ceux qui me ferrait chier, mais pas si quelqu’un de fragile et à qui ma copine tient est en jeu. Compris ? »
Dans cette discussion on avait eu le temps de descendre tous les escaliers, dans le couloir du laboratoire pour être précis. Devant les casiers.
« Attends, tu n’entends rien ?
– Quoi, comment ça ?
– Là. Dans le casier, j’ai l’impression que quelqu’un crie.
– J’ai l’impression d’avoir déjà connu ça. Tu arrives à l’entendre ?
– Oui, c’est dans ma tête, ça résonne.
– Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu es sure que ça va ? » lui demandais-je en posant mes mains sur ses épaules. Mes bras se mirent à dégager une fumée violette, quelque chose que je n’avais jamais vu auparavant.
« Je crois que non… me répondit-elle me fixant dans les yeux avec un air apeuré, c’est, c’est si grave que ça ? »
Cette fois-ci, j’avais déjà l’impression que connaitre cette sensation. La vue se trouble, pour ne cibler qu’une chose. Je n’entends rien sauf une chose précise. La première fois c’était les cris de Justine avec Adam, cette fois-ci c’est le cœur de celui qu’elle entendait et que j’avais déjà entendu. Il était à côté de moi, dans le casier. Les tatouages que j’avais sur le visage s’étaient illuminés en rouge.
« Pourquoi tu l’entends ?
– Comment ça ?
– À cause de ça. »
J’ai passé mon bras à travers la porte du casier, un liquide visqueux, comme de l’huile s’écoulait de la partie qui traversait, ruisselant sur mon bras et tombant à terre. À l’intérieur j’avais attrapé quelque chose, la main de celui qui nous demandait de l’aide. Je l’ai tiré, pour l’extraire du portail et en est sorti Ludovic, mais pas celui qui possède Akziel.
« Tanguy…
– Content de te revoir Ludo.
– Excuse, mais là je crois qu’il faut que je rentre chez moi. On se revoit plus tard.
– Il utilise des clones en plus, quelle pourriture !
– Quoi, mais c’est quoi ça, comment ? Pourquoi ? reprit-elle.
– Souviens-toi de ça, répliquais-je en partant vers le laboratoire, me tournant vers elle, tout n’est pas ce qu’il semble être. Toi aussi tu es différente. Réfléchi à ça, j’apprécierais beaucoup que tu te battes à nos côtés.
– Je ne me bats pas, je n’aime pas ça.
– Si tu ne te bats pas, tu échoueras pour n’importe quoi. Répondis-je, dos à elle avec un signe de la main.
– J’aime ta façon de voir les choses, je vois que rien ne t’échappe. À qui veux-tu t’attaquer aujourd’hui ? Me demanda Grey lorsque je suis arrivé.
– Le con qui nous traque et qui nous bouffe.
– Ah, tu veux déterrer sa tour ? Pourquoi pas ? Et pour quoi as-tu besoin de moi ?
– Pas toi précisément, je cherchais mon frère et Sia, mais si t’avais un conseil pour ce con je ne serais pas contre.
– Séparez-vous, chacun prend une partie de la tour, son contenu est indiqué à l’entrée.
– Il est si con que ça ?
– Bonne question, tu me donneras la réponse quand tu seras revenu.
– Tiens, vous voilà, je vous cherchai. J’ai besoin de vous pour démonter Barabas.
– Tu veux te séparer du monde des limbes, bien, pourquoi pas.
– Non, pas du monde des limbes, c’est d’un moyen de traque et d’endoctrinement contrôlé par Akziel qu’il veut se séparer Ryan, lui répondit Sia.
– Alors, qu’est-ce que qu’on attend ? Plus vite ça sera fait mieux ça sera !
– Certes, mais j’ai besoin de quelque chose avant. Grey, est-ce que tu sais ce qui pourrait obliger mes bras à dégager des particules de couleur violette ?
– Violette, tu dis ? répondit-il en se levant brusquement de sa chaise. Si, si tu me laisses un peu de temps, pour aller voir Joffrey, je t’en donnerai la réponse.
– Pas de problème, fait. Nous, on part, si vous êtes prêt bien sûr.
– Bien entendu, toujours frérot. Aller, au boulot ! »
Quarante mètres de hauteur et presque autant sinon plus en dessous. Voilà à quoi je m’attaquais. J’avais envie de changer aujourd’hui. Alors je suis parti à pied, de mon lycée jusqu’à la tour. Sur le chemin j’avais croisé Kévin et le vrai Ludovic et j’avais l’impression que c’est moi qu’ils venaient voir.
« Tu crois que je peux lui plaire ?
– Kévin. Peut-être, mais comment veux-tu si tu ne me dis même pas qui est la personne en question.
– De celle qui t’a replacé ton cœur, la copine de la tienne.
– Ta phrase peut-être très mal interprétée, tu sais.
– Réponds-moi franchement, tu penses que j’ai une chance ?
– Eh bien, répliquais-je en m’arrêtant, je ne veux pas te donner de faux espoirs en te disant oui, ni te démoraliser en disant le contraire, mais, j’ai trop souffert de mes erreurs pour ne pas aider ceux à qui je peux offrir ma bonté et mes services. Je ferai mon possible pour rendre ton rêve réalisable. »
La désactivation du masquage de la Tour avait pris quelque temps et ce n’est qu’à ce moment qu’elle apparaissait, dans une grande vague de lumière traversant la ville. On était repartis, presque à la seconde tour, mais ça ne m’avait pas dérangé, mais les autres par contre.
« C’était quoi ce truc ? me fit Ludo.
– La Tour Des Anges regarde derrière toi, tu la verras. D’ailleurs Kévin, ça me fait penser, pourquoi tu ne passerais pas voir Virginie, elle saurait te donner des conseils puisqu’en plus elle la connait.
– Ouais, pourquoi pas, je prends Ludo avec moi ?
– De toute manière aucun de vous ne peut voyager dans les limbes donc oui, mais précise-leur que c’est le vrai et qu’Akziel n’est qu’un clone de Ludo.
– OK, à toute alors.
– Tient vous voilà vous deux, repris-je un peu plus loin en voyant Ryan et Sia, par où dois-je entrer ?
– Juste là où tu es, me répondit-elle.
– Bon, Ryan, qu’est-ce que vous avez pu trouver avec Sieg ?
– Trois parties, une que je laisse à Sia, beaucoup moins dangereuse, parce que je sais ce qu’il me fera endurer s’il la perdait. Ensuite une seconde, au centre, là, seul toi peux le faire, tu comprendras une fois dedans, Sieg te détaillera le tout. Pour ma part je prends le chemin qui arrive derrière, ça me permettra de désactiver les fours et de nous laisser accéder à la salle des mélanges, c’est là-bas que l’on se retrouve. Bonne chance.
– Je n’en aurais pas besoin. Mais merci quand même ! »
Un monde déstructuré, complètement différent, voilà où j’allais, là où son fichu bâtiment faisait toute la hauteur hors de la terre, avec une immense porte dont l’arche portait son effigie. (Et il se prétend non vantard !) Comme me l’avait indiqué Grey, il y avait un joli plan après la porte. Cent étages, la salle des mélanges est au cinquantième et chaque dizaine d’étages portait l’inscription « Ici Leo MEURT ! » Très joyeux dites donc. Alors j’ai passé ce passage et me suis aventuré dans le premier escalier.
« Sieg, rappelle-moi ce à quoi j’ai accès dans ce foutu monde.
– Alors, tes armes, Rebellion, Osiris, Arbiter, Ebony & Ivory. Shadow Runner bien sûr. Ton glaive et Lucifer. Le style trois est réservé au monde réel. Ensuite, certaines choses dont je ne sais pas trop ce que ça peut-être. L’envol de l’Aigle, la cape de Loup, la Rage de L’Ours et l’appel dimensionnel. Le plus étrange est que j’ai l’impression que c’est ce que t’a posé Kévin qui te donne ça, mais c’est comme désactivé.
– Bien, allons les essayer alors.
– Si seulement tu en as le temps Leo. Bienvenue chez moi. Bienvenue dans ta tombe !
– Barabas, juste pour t’emmerder, je ne suis pas Leo, je m’appelle Adam Pearce, souviens-toi, c’est moi qui t’ai démembré dans le futur.
– Adam Pearce, je croyais que c’était un nom pour faire oublier ton misérable échec face à moi.
– Non, c’est le nom de celui qui terminera ta misérable vie.
– C’est ce que l’on va voir. En piste, on se retrouve au niveau cinquante, si tes amis survivent. Bon courage.
– Bien, c’est parti.
– Désolé Adam, mais je ne peux plus rien pour toi, je te laisse te débrouiller seul. Bonne chance, reprit Sieg. »
Seul, face à je ne sais quoi, même le plan n’indiquait pas ce que me réservait chaque étage. Des ennemis, pour certains, ou des parcours pour d’autres. Puis arrivait le dixième. Dont la porte portait cette énigme. « Posséder un pouvoir est une chose, pouvoir le maitriser en est une autre. Derrière t’attends le monstre d’énergie. Ouroboros. » Premier démon de ma quête. Je m’attendais à quelque chose de classe, un beau démon au corps lumineux. J’avais bien tort. Un horrible monstre, excessivement laid par-dessus tout. Sa faculté, les frappes d’énergies. Son seul point faible, son maitre, sur lequel il était connecté, qu’il avait de rentré dans le ventre. Il me fallait l’obliger à sortir pour le tuer. Aucune de mes attaques n’arrivait à l’endommager. Je devais le distraire, mais je ne savais pas trop comment. À part peut-être son gros œil globuleux, brillant et assez laid qu’il avait au milieu du front. J’avais choisi Shadow Runner pour le dérider. Utilisant mes capacités et l’agilité de mes techniques d’assassin pour monter son dos. « Montre-moi ce que tu as dans le ventre mon coco » j’ai planté la pointe de la faucille dans son œil, puis suis descendu par son dos en tirant un grand coup sur la chaine. J’y avais même arraché l’œil, je le laissais s’apitoyer sur sa douleur alors je repliais mon arme pour déployer le glaive pour attraper son contrôleur à distance. Je l’ai lancé sur son corps, tiré pour l’extraire du démon puis dégainé le fusil à pompe qu’Adam portait dans le dos le pointant vers celui que je tenais.
« Il faudra me tuer pour passer.
– Rassure-toi, répondis-je en lui tirant dans le cœur, j’y compte bien ! repris-je en prenant sa lance pour l’empaler dans son démon, et un de fait. Attends une minute… »
Il disparut dans une vague d’énergie, pourtant il restait quand même quelque chose, une sphère lumineuse bleue dont l’apparition faisait briller mon bras droit. Je me suis avancé vers elle, mais elle se déplaçait plus vite que moi, elle prit place sur moi en passant par le cœur, la lumière et les particules qu’elle dégageait me brouillaient la vue. Jusqu’à ce que tout se calme et que Leo intervienne.
(« Le sens-tu ?
– C’est mon cœur, il y a quelque chose de différent.
– C’est le contrôle énergétique, le régénérateur de ton cœur te permet maintenant de recharger l’énergie du tatouage grâce à au même lien que celui qu’il avait avec son démon.
– Chouette, mais pour l’instant ça va me servir à quoi ?
– À mon avis tu le découvriras plus loin. Je te laisse avancer. »)
Dix étages de plus, toujours la même chose, toujours plus de démons, plus d’ennemis, plus de carnage, parce que ce n’est pas les pauvres petits mini Satan que Barabas pouvait m’envoyer qui me feraient peur. Rien jusqu’ici ne m’avait provoqué ce sentiment, à part le fait de perdre ma copine. Mais la rage que sa perte pouvait provoquer était bien plus importante et dangereuse. Vingtième étage et une nouvelle énigme encore. « Sauras-tu le voir, percer sa force à travers tes yeux misérables, seul, face au démon invisible, Lorena » J’entrais dans une salle superbement bien éclairée, la porte de l’escalier montant, fermée, et le sentiment d’être observé par quelque chose, que je n’entendais pas et ne voyais pas. Ce n’est que lorsque j’arrivais au centre de la pièce, cylindrique au passage, que quelque chose me fonça dessus et me projeta à l’autre bout de la salle.
« Merveilleux, je ne le vois même pas. Bien, comment je peux m’y prendre ?
– Pourquoi n’essaierais-tu pas la vision intramurale, avec la vision d’aigle ?
– Hey, mais ce n’est pas con ça ! répondis-je en les activant, tu ne m’auras pas deux fois ! »
J’ai glissé sous son corps, planté rébellion au niveau de l’emplacement de son cœur. Il ne me manquait plus qu’un moyen d’extraire tout ça. Je me suis rappelé lorsque Sieg m’avait dit que mes armes me revenaient toujours dans les mains, alors je l’ai rappelé et elle m’est revenue, avec le cœur que j’ai extrait et absorbé avec mon bras droit. L’espèce de loup auquel j’avais pris cet artéfact n’était pas parfaitement mort, lorsque j’ai absorbé son cœur il s’est jeté sur moi, frappant mon corps dans un grand rugissement, éclairant mon corps et recolorant le tatouage que j’avais sur le visage en noir et rouge.
« La Cape de Loup, elle utilise ton module d’invisibilité, t’offres le déplacement silencieux et la sensibilité aux vibrations.
– Aller, plus que deux. »
Ce truc était infinissable, infaisable, tous les étages se ressemblaient, étaient tous les mêmes. Et une centaine de marches pour passer chacun. Malgré mon endurance pourtant bien développée depuis quelque temps, je commençais à manquer de force, tellement que le régénérateur de mon cœur ne m’offrait plus assez de puissance. Alors j’arrivais au trentième étage, épuisé, vide même. Face à encore une énigme. « Puissant, solide, indestructible. Tu as du courage de te présenter ici, mais tu manqueras de force face à Beowulf » et je crois qu’il avait raison, un monstre immense, au bras lumineux et des ailes en plus. Je manquais de force et chaque coup me visant me touchait. Je ne pouvais pas me défendre, sa vitesse d’attaque était bien trop rapide. Le seul choix que j’avais c’est pouvoir les anticiper.
« Leo, je crois que cette fois-ci c’est la fin ! fis-je exténué, appuyé contre un mur.
– Bien sûr que non, utilise la Cape de Loup et suis les battements de son cœur pour esquiver ses attaques et la furtivité pour lui rendre ses coups. »
Il allait vite, mais ce dont de Lorena me permettait de suivre ses moindres mouvements, d’éviter ses frappes, jusqu’à arriver à l’obliger à perdre ma trace. C’est alors que j’ai bloqué ses deux pieds avec les bras de Lucifer montés sur chaine, en enlevant mon camouflage, frappé son torse, ou du moins la partie que je pouvais toucher avec ma hache et une fois de plus, arraché son cœur avec ma lance, en le plaquant au sol. Son absorption se fit dans un flot de plumes qui volait autour de moi, je sentais que toute ma capacité physique était revenue d’un coup, jusqu’à l’éclair que m’apporta Leo.
« La maitrise physique. Plus puissant, plus solide, plus endurant et presque inépuisable. Je crois que Barabas ne se doutait pas que tes capacités d’enchainés te permettraient tout ça, je me demande même s’il en avait connaissance ?
– Rappelle-toi Leo, c’est à toi qu’il en veut, pas moi, même dans le futur quand je suis arrivé devant lui c’est par ton nom qu’il m’a appelé.
– Pas faux, alors bouge-toi de monter les derniers étages qu’on voit ce que tu peux avoir ensuite. »
Anormalement les étages suivants étaient assez vides, avec beaucoup moins de monde que les autres, je trouvais ça louche, ou alors il s’était décidé à me faciliter la tâche ? Non quand même pas, ça serait aussi bien pour lui s’il arrivait à me tuer avant même que j’atteigne son étage, son trône. Et pour moi c’était l’inverse, mais comme il ne se montrait pas, il me fallait gravir sa fichue tour, étage par étage. Quarantième étage, encore une énigme, ou plutôt, une phrase démontrant son agacement. « Cette fois-ci, il n’y a aucune issue. Soit tu chutes, sois tu mur de faim, soit tu meurs, tué par Échidné » le vide, voilà ce qu’il y avait, rien ! Et des aigles volant au milieu de la salle.
« Peut-être que si tu trouvais Échidné… »
Je n’ai même pas eu besoin de le chercher, il m’est arrivé dessus. Mais ma nouvelle solidité me permettait d’encaisser chacun de ses coups sans bouger. Et lorsque je me suis lassé de ses attaques incessantes, j’ai déployé mon glaive pour accrocher le démon volant, l’attirant vers moi et cette fois-ci l’absorbant entier, comme Lorena, dans un bruyant cri d’aigle et un flash si puissant qu’il en a presque perturbé le vol des autres.
« L’Envol d’aigle, c’est un vol sur une distance limitée, mais pourtant assez grande, à une assez grande vitesse.
– Ouais, ouais, mais ça ne m’aide pas à savoir comment passer !
– Regarde la zone que tu veux atteindre et avance en courant, tu verras t’as rien à faire. »
Ça ressemblait étrangement à ce que les propulseurs d’Adam m’offraient, mais avec une distance plus longue, d’ailleurs ça utilisait bien cette technologie. C’était une sorte de téléportation sur une courte distance, mais sans portails et mon corps prenait la forme d’une vague d’énergie sur le trajet. Et une fois de plus c’est un démon qui était censé me tuer que j’utilisais pour booster mes capacités. Dix étages de plus, une centaine de démons en plus à mon compteur, je n’en voyais plus la fin, jusqu’au moment ou au bout des escaliers j’apercevais une longue colonne en verre. Avec une chose animée dedans. Je me demandais ce que ça pouvait être, en pensant que cette pièce était la salle des mélanges dont me parlait Ryan.
« Qu’est-ce qu’on peut bien faire ici ?
– Une boisson qu’il utilise pour contrôler les humains. Une fois qu’ils ont assez ingurgité de liquide il les récupère et leur incruste un démon en optant pour la fusion parfaite des âmes. Et voilà un parfait petit soldat à son service, tout droit sorti des usines. Quelle saloperie je te jure ! répondit Ryan.
– Tu dis qu’il fusionne les deux âmes, humaine et démoniaque… Tu crois que je pourrai forcer la fusion entre moi et l’âme temporelle d’Adam ? Sans que ça me tue bien sûr.
– Voyons, ton corps à l’air assez solide pour. Ta qualité d’enchainé te permettrait de gérer les conflits possibles pendant la fusion et Adam t’offre de quoi te régénérer en cas de dommages. À mon avis je dois pouvoir faire ça. Si tu veux bien prendre place ? Sans tes fringues de préférence, sinon ils vont fondre.
– Non, Tanguy ne fait pas ça ! me fit Sia effrayé de la discussion que j’avais eue avec mon frère, et si ça te tue ?
– Tu penses vraiment que ça peut me détruire ? répondis-je en prenant place, je doute que Ryan m’autorise à le faire si c’était le cas.
– Il n’y a rien à craindre voyons, c’est le même genre de machine qu’Akziel utilise pour séparer les deux âmes des lignés comme moi. Si je savais qu’il y avait un danger, je ne le lui ferais pas faire. Bien, en cinq minutes ça sera fait, il n’y a plus grand-chose à faire. À tout à l’heure. »
Je m’y tenais debout, attaché par les deux bras et aux pieds pour ne pas bouger. Je ne savais pas comment fonctionnait ce genre de machine avant de m’y aventurer, elle se présentait sous forme d’une grande cuve, où on plongeait le sujet dans un liquide, semblable à de l’eau. Au moment il m’avait noyé entièrement le système de respiration artificielle d’Adam s’enclencha pour soutenir mon apnée. En même temps le liquide prenait un aspect blanc, opaque et me brulait de plus en plus la peau. Je ne voyais pas, mais je sentais que mon corps se transformait, puis je commençais à entendre les sons extérieurs, comme la voix de Sia, plus claire donc plus facile à percevoir puis celle de Ryan. Puis mon corps se mit à chauffer, bouillir le liquide jusqu’à le faire monter assez haut pour atteindre une pression assez haute pour faire exploser la cuve dans laquelle je résidais. Doucement la respiration d’Adam se calmait, laissant place à une plus naturelle et j’entendais cette voix. « Tanguy ! Tanguy réveille toi. Je t’en supplie ! » Toujours aussi douce et claire. Je me suis alors détaché, ouvrant les yeux avec un regard menaçant vers elle, mais elle n’était pas ma cible, mais le démon qui voulait la tuer. J’ai sorti ma lame du bras gauche, embrochant l’assaillant et le rentrant dans l’élément animé qui était au milieu de la pièce avec un coup de poing. Mes deux bras s’étaient mis à fumer, par les points d’énergies qui se trouvaient au niveau des articulations des membres. Adam n’avait que le torse et la tête de physiquement et visiblement humain, le reste était des augmentations aux couleurs noires. Pour moi c’était différent, l’aspect était exactement le même, sans aucune différence, la position et les traces des muscles. Sauf que j’avais gardé l’aspect et la couleur de la peau humaine. Mes mains avaient un renforcement métallique couleur acier à leurs parties supérieures. Rien ne séparait désormais nos deux âmes, qui au final n’en étaient qu’une à des temps différents.
« T… Tanguy ? Ça va ?
– Oui, pourquoi ça n’irait pas ? Je me sens bien, je me sens mieux. Je n’ai jamais été aussi bien, répondis-je en reprenant mes vêtements.
– Tous tes derniers pouvoirs changent ton corps, L’Envol de L’Aigle te rajoute les tatouages que tu as sur le torse. Il en manque encore et je crois savoir ce que c’est.
– Bien, alors ton voyage ?
– Je crois que ce con a essayé de me tuer, mais juste essayé. J’aurais pensé galérer plus que ça. Et vous, pas trop dur ?
– Non tranquille, répondit Ryan en premier.
– Ryan, tu m’avais dit que le mien était le plus facile !
– Oui, c’est le plus facile, je n’ai jamais dit qu’il l’était. Tiens jusqu’au niveau soixante. Tanguy ton parcours rejoint le sien, alors survis jusque-là.
– Oserais-tu me sous-estimer cher frère ?
– Bien sûr que non, mais quand même. Allez, bon courage, je vous attends au dernier couloir, répondit-il en repartant.
– Tu penses vraiment qu’il y a un danger si les deux chemins se croisent ?
– Je ne l’espère pas, courage, si tu as besoin de moi appelle-moi, j’arriverais aussi tôt. À tout à l’heure. »
Et je reprenais ma route, dix étages encore, toujours, j’en avais marre, mais j’adorais ça. Toujours plus solide et toujours plus puissant à chaque niveau, c’était la motivation de découvrir ce qu’il m’attendait au palier suivait qui me boostait. Arrivé au palier soixante, j’entrais dans une salle un peu hors du commun, avec pour énigme sur un présentoir. « La chasse, la proie poursuivant son attaquant. Tu ne peux plus fuir. Tu dois lui faire face. Ceara. L’ours aux yeux bleus. » Elle se découpait en deux parties. Une première salle ronde, un morceau de couloir entre les deux et une seconde où se trouvait la sortie. Seulement ce n’était pas si simple que cela, une fois atteint-le premier couloir, c’était le rugissement du démon qui m’avait fait comprendre que cette salle était sans fin, puisque je l’apercevais dans le couloir d’arrivé, juste après l’escalier que normalement j’avais passé, mais qui était a à peine deux mètres de moi. Il commençait à s’approcher de moi jusqu’à ce que je me mette à courir pour essayer de lui échapper. Mais sans succès, plus j’allais dans ces salles sans fin, plus il me rattrapait. Alors, même si je n’étais toujours pas épuisé au bout de la dizaine de passages que j’avais fait, je me suis retourné d’un coup, tranchant mon poursuivant avec ma lame et fusionné avec lui aussi. Encore une fois c’était son cri qui fit la fusion, qui m’avait changé les yeux, la partie blanche devenue grise et mon iris, marron normalement pour le détail, était désormais bleu, assez lumineux pour le faire ressortir. Par ailleurs j’avais trouvé le moyen de rejoindre la sortie. Qui n’était d’ailleurs pas une sortie, mais la dernière partie de la salle, un peu en contrebas. Là-bas il y avait Sia, qui se battait contre une horde d’ennemis qui avait le dessus sur elle. Dans mon élan, je m’étais jeté au milieu du groupe, près d’elle. Éliminant la dizaine de Satan d’un coup, avec une puissante frappe, créant une vague sphérique, fragmentée par des explosions au contact des ennemis, comme des milliers de grenades.
« La Rage de L’Ours, puissant, consommation quasi nulle en adrénaline. Moitié en normal. Seul défaut, le temps d’attaque qui est long et qui peut créer un moment de faiblesse s’il est mal utilisé.
– Tanguy, je t’en prie, aide-la ! » me fit Sia, apeurée me montrant du doigt les derniers ennemis de la salle.
Je me suis retourné, tranché la gorge des deux les plus proches avec mes lames d’assassin et ai planté les deux lames augmentées dans le dos du dernier, puis le tranchant en les extrayant. Derrière se cachait la meilleure amie de Virginie. Alexia
“Qu’est-ce que tu fais ici ? lui demandais-je en lui tendant la main pour la relever.
– Je suis ton conseil, je me bats.
– Très judicieux dit donc. Mais pourquoi ici ? Et comment surtout, comment t’es arrivée dans les limbes ?
– Grâce à elle, me répondit-elle en me montrant Sia.
– D’accord, encore une histoire tordue au possible. Si on avançait pendant que l’une de vous m’explique ?
– C’est, comment dire…
– Grey, t’as parlé de son histoire ? Pas vrai Tanguy, reprit Sia, ben là c’est un peu pareil, ou presque. Bruno et Joffrey sont deux frères liés par leurs pouvoirs. Je suis la fille de Grey et Alexia celle de Crimson. Nous sommes sœurs puisque nous avons la même mère.
– Chouette, et quelle est sa spécialité ?
– Comme tu le sais, je suis une Wicka pour agir sur le monde des limbes, mon sang est celui de Grey, mais j’utilise les pouvoirs de Crimson. Alexia est une Wicka comme notre mère, mais elle possède le sang de Crimson et les pouvoirs de mon père. Elle agit sur le paradis et les fragments des Saory.
– Alors ! répondis-je en dégageant les deux que j’avais découpés avec mes lames. Tu essaies de me dire que vous deux, permettaient la présence des nephilims comme moi et Ryan, mais aussi celle des Anges Saory ?
– Exact. Je te disais que je savais tout sur toi. Je ne suis pas le changement du temps, j’existe à tous les temps sauf si on me tue. Elle aussi.
– Alors, vous avez les clés…
– Quelles clés ? me demanda Alexia.
– Celles-ci, répondis-je en levant sa clé de sa poitrine, allez, ne restons pas là. Il faut retrouver l’autre gros. »
Durant notre discussion nous avions passé les dix autres étages et atteint le soixante-dixième qui nous offrait cette énigme. « Roche précieuse, si solide qu’elle en brisera ton petit cœur d’alienne. Ose battre Géryon, la bête cristalline. » Un monstre si gros et si lourd que récupérer son cœur en était tellement simple, qu’à sa fusion j’ai cru que le mien se brisait en morceau. Seulement j’avais négligé un détail, je ne l’avais pas tué, mais découpé en millier de morceaux.
« La cristallisation, la vitesse de l’éclair, la solidité du diamant. Je ne te laisse pas plus de dix secondes pour les éliminer.
– C’est déjà trop mon cher. »
J’étais devenu presque aussi rapide que Nikki, mais cette force épuisait l’énergie de mon tatouage. Trois secondes pour sauter de démon en démon, les éliminant un à un, j’utilisais une forme cristallisée pour me déplacer, comme L’Envol de l’aigle qui me passait en vague d’énergie.
« Mesdemoiselles, la voie est dégagée.
– Arrête de te vanter Tanguy. Ce n’est pas parce que toi tu es puisant que tu dois nous rabaisser.
– Je ne vous rabaisse pas. C’est juste une forme d’arrogance. Souvent exagérée, mais je suis comme ça il faut s’y faire. »
De nouveau dix étages, comme les autres, sans changements, à part les deux filles qui m’accompagnaient. Puis une nouvelle énigme. « Son pire ennemi, soi-même. Je t’offre la rédemption, dans la mort ! Tu ne te vaincras jamais, tu succomberas à ta propre force. » Nous sommes entrés dans la salle la plus éclairée de la tour jusqu’ici. Je m’étais avancé jusqu’au milieu quand tous les points de lumière de la salle s’éteignirent pour ne laisser que celui qui était derrière moi. Mon ombre se découpait au sol, puis elle s’élongea pour créer un double de moi, d’une couleur noir-violet. Et je n’avais plus d’ombre. Il effectuait les mêmes mouvements que moi, au détail prêt. J’imaginais que le seul moyen de le tuer c’était la lumière, mais je ne pouvais pas le forcer à allumer un spot en le frappant. C’était la seule chose qu’il ne faisait pas comme moi. Et le fait qu’il faisait toujours tout pour éviter la lumière. Seulement il n’était pas juste une image de ma personne, mais un démon contrôlé par celle que je produisais. Qui ne bougeait donc plus dès que je me rendais invisible à ses yeux. C’est grâce à ça que j’arrivais à lui infliger des dégâts, mais comme moi il se régénérait une fois dans l’ombre. Tous les spots avaient un temps sur lequel ils restaient allumés. (Si j’arrivais à les allumer tous d’un coup.) C’est avec ça que j’ai pensé demander de l’aide à mes deux alliées. Allumant tous les projecteurs sauf un pour qu’il reste dans l’ombre. J’ai ensuite allumé le dernier, étant invisible éclairant totalement la pièce pour bruler cette ombre qui repris ensuite sa place sous mes pieds, me créant deux doubles qui eux aussi agissaient comme moi, dans aucune différence.
« L’appel dimensionnel, il crée une ou plusieurs dimensions de toi, c’est l’aspect évolué des frappes multiples et cette version consomme de l’énergie.
– Génial, en voilà encore deux de plus, me fit Sia voyant mes doubles, non, non, Tanguy excuse-moi, je, ne me fait pas de mal s’il te plait », reprit-elle en me voyant approcher jusqu’à fusionner avec mes clones.
« On y va ou est-ce que mademoiselle a trop peur de moi ? Tu n’as pas confiance en moi ?
– Si, mais, je ne sais pas… Attends. Où est parti Alexia ?
– Abandonne Leo, ta fin est proche. Bonne chance pour retrouver ta petite protégée.
– D’accord tu veux jouer à ça. Bien, Sia donne-moi ta clé. Sieg, tu es toujours là ?
– Toujours. Que veux-tu ?
– Prends le portail que je vais t’ouvrir et viens nous rejoindre.
– Quoi, mais que…
– Laisse, fait ce que je te demande. »
J’ai inséré sa clé dans son bras et ouvert un portail entre ce monde et la Tour dans le monde réel. Sieg en est sorti presque aussi tôt. Je l’ai ensuite refermé et rendu la clé à Sia.
« Sieg, passe en armure, on a du boulot.
– OK, je te suis. »
Les dix étages suivaient avaient été fait au moins deux ou trois fois plus vite que d’habitude. En à peine trois minutes, nous avions parcouru les niveaux pour arriver au quatre-vingt-dixième. Avec comme énigme. « Enfin je te tiens, cette fois-ci tu ne t’échapperas pas. Jamais. JAMAIS ! » La salle était remplie de soldats, tous alignés, et en tête de la troupe, Alexia. Elle est venue me rejoindre, se serrant contre moi en prenant mon bras gauche.
« Il faut que tu trouves le bon, un seul de ces soldats n’est pas un Saory.
– Je m’en occupe, il n’en restera pas un seul ! fit Sieg enragé.
– Non attendu, si tu en tues un autre c’est nous qui sommes condamnés. Prends ça », me fit-elle en me donnant un de ses médaillons qui s’attachait sur le mien, formant le sceptre de Toshiie attaché à mon symbole Biohazard.
« Qu’est-ce que je peux en faire ?
– C’est un catalyseur Saory, il concentre leur énergie pour former la plus puissante source d’énergie à court terme existante. Concentre-toi sur eux et leur puissance te guidera vers le démon. »
J’ai fermé les yeux. Je voyais toute la salle, tous ces occupants. Je sentais quelque chose se poser sur moi, se concentrant autour de mon corps. Au bout d’une minute, j’ai entendu le système d’Adam dire « Surcharge du système » ma cible m’était alors apparue en rouge, puis lorsque j’ai rouvert les yeux, la vision d’aigle activée, j’ai exploité la plupart de mes capacités pour l’atteindre et l’éliminer avec ma lance, chargée avec cette force et cette puissance dont la vague d’énergie qu’elle avait créée réveilla tous les soldats qui prononcèrent tous en cœur.
« Nous sommes à votre service, M. Wahrheit.
– Oh ! Une armée pour moi tout seul. Trop bien. Adam, t’es toujours là ?
– Pendant une seconde, j’avais l’impression d’être invincible, que rien ni personne ne pouvait m’anéantir. Venez, on a un monde à aider.
– Je crois qu’il ne reste plus grand-chose à faire frérot. Son armée a déjà décimé tout ce qu’il restait. Et ils s’attaquent à la tour. Venez, qu’on l’achève avant qu’elle ne s’écroule. Tu te sens prêt Adam ?
– Plus que jamais. Je vais dégommer du gros, je te le dis. Et ça va vraiment faire mal ! »
Dans le dernier couloir, il y avait une fenêtre qui donnait sur la ville. (Qu’est qu’il a bien pu déjà faire subir à cette pauvre ville ?) Je savais qu’Akziel avait déjà commencé son travail de règne suprême. Mais ce qu’il avait déjà fait, je n’en avais aucune idée, par contre j’avais une petite chose pour le contrer.
« Enfin tu te montres. Tu es coriace pour être arrivé jusqu’ici. Toi et ta bande de petits minables. Mais cette fois-ci. Ce sera ton tombeau. Et je serais celui qui a tué Leo Kryssen.
– Il y a erreur sur la personne. Je ne m’appelle pas Leo, mais Adam, Adam Pearce.
– Quoi, mais ce n’est pas possible.
– Explication de mon ascension jusqu’à ta grande gueule. Puis, tu te réjouis de mon arrivée et du fait que je me montre enfin. Mais pourquoi te caches-tu donc aurais-tu peur de celui qui t’a déjà démonté une fois ?
– Non ! Je te déchirerais en morceau Kryssen !
– Faux, je ne suis pas Leo. Et je saurais te le prouver ! »
Mes alliés étaient restés derrière moi. C’était mon combat. Il restait caché, n’utilisant que trois images de lui, matérialisées par des particules de verre volantes. On aurait dit qu’elles étaient reliées entre elles par des flux de données. Il ne se doutait pas que j’avais récupéré tous les pouvoirs de ses démons, à chaque palier et ne s’imaginais pas que ses attaques étaient toutes plus inutiles les unes que les autres.
« NON ! Pourquoi j’aurais dû te tuer, tu aurais dû être mort !
– Alors il en faudra plus, lui répondis-je en créant deux doubles et avançant vers lui, ton heure à sonner sale traitre. »
Je me suis jeté sur lui, brisant ces images et lançant mon glaive dans le projecteur du plafond espérant attraper ma cible. Et j’avais raison, il me suffisait que de tirer sur la chaine pour l’obliger à sortir de sa cachette, le ramenant sur l’étage, vers moi.
« Alors, qu’est-ce que tu attends pour me tuer ? repris-je.
– Que tu daignes te présenter devant moi ! »
Le gros se jeta sur moi. M’attrapant pour faire sortir de son bâtiment et des limbes au passage. Mais il avait négligé un détail, hors des limbes je pouvais utiliser Toshiie.
« Enfin je t’ai Kryssen. Cette heure sonne ta fin ! me fit-il, me tenant plaqué au sol, sa main sur mon cou.
– Attends, j’ai une petite surprise pour toi ! répondis-je, la voix à moitié coupée et prenant l’apparence de Toshiie. C’est moi qui signerai ta fin ! reprit-il en l’éjectant à travers sa tour d’un coup sec avec le bras, va rejoindre ton maitre et n’oublie pas de lui rappeler que c’est l’Ange qui t’a déchiré ! »
Il s’était envolé, fonçant sur lui et une fois assez près il l’acheva en lui lançant son chronosceptre chargé d’électricité. Son corps gisait sur le sol, son sang coulant, dégageant une fumée violette au contact du sol. Le dernier battement de son cœur provoqua une vague qui découvrit le reste de la ville, la citée d’Akziel. Arios. C’était sa ville d’origine, celle que son père avait construite et contrôlée, avant qu’il ne le trahisse pour en prendre la possession et y poser son règne de terreur. C’était une ville typique Aldorienne, avec une architecture mêlant le style baroque et renaissance du peuple terrien. Une ville fortifiée, avec en son centre, le contrôle, le château du Roi. Lui possédait un aspect plus Saory, mais encore avec des aspects baroques. Sous certains angles on aurait dit une église, ou une cathédrale. Elle devait faire au moins dix fois la taille de Saint Saint Chély d’Apcher, mais son reflet dégageait quelque chose de mauvais. Le ciel au-dessus avait un ton rouge sang. Et le ton général de la ville penchait sur le violet. Il y avait déjà pris place et attendait le moment où il pourrait enfin m’affronter, mais d’ici là, il aura rallié les pires monstres existants. J’en avais oublié tout le reste jusqu’à que j’étendre la tour s’effondrer.
« Il me reste encore une chose à faire, reprit-il en récupérant son sceptre.
– Toshiie, tout va bien ? J’ai l’impression qu’on a agis trop tard tu ne crois pas ?
– Alexia, il n’est jamais trop tard. Surtout quand on a le temps entre les mains. Certes Akziel a déjà reconstruit sa cité, mais vaux mieux ça plutôt que la destruction de la ville. Je vais te prouver que l’on peut encore tout changer. Si tu acceptes de nous rejoindre. En échange je t’offrirai les moyens de te battre et de te défendre.
– C’est ma clé qui t’intéresse ? C’est ça ?
– Pas uniquement la tienne, celle de Sia aussi. Alors, tu acceptes ?
– J’accepte. Mais j’ai une condition à poser par la suite.
– Tout ce que tu voudras. Allez, c’est parti, répondit-il en nous téléportant sur le plateau de la Tour.
– Wow, où est-ce qu’on est ?
– La Tour Des Anges. Enchanté, mademoiselle. Djoudi Nabil, tu aurais dû me dire que tu connaissais d’aussi charmantes jeunes filles Tanguy.
– Never and ever de jamais de ta life mon petit ! lui répondit-elle avant de repartir avec Sia et Sieg.
– Mais que, qu’est-ce que j’ai fait encore. Pourquoi avec toi ça marche et pas moi ?
– Il te manque Le Truc, Nabil. C’est tout.
– Mais non, ce n’est pas juste !
– Ah, Nabil, il m’étonnera toujours celui-là. Et toi avec ton “Never and ever de jamais de ta life” dis-je à Alexia en entrant dans le labo de Sieg. D’où tu sors cette connerie ?
– De ma tête. C’est sorti comme ça d’un coup. Tient voilà les clés.
– Je ne comprends pas Adam, qu’est-ce que tu comptes en faire ? me demanda Sieg étonné.
– Les clés parallèles. La rédemption d’un peuple, répondis-je en jouant avec. Tu te souviens du plateau dont tu ne savais pas à quoi il servait.
– Bien sûr. Mais, que veux-tu en faire ?
– Maintenant te souviens-tu de la légende de la Citadelle Saory ? “Dans un monde sans règles, que la souveraineté royale a déchiré, la rédemption d’un peuple en pièces se soulèvera. Un peuple brisé par la destruction d’un traitre. Le symbole des sauveurs, inanimés, perdus, mais supérieurs à nous en est la source et la terminaison. La citadelle inanimée Anathema renaitra de ses cendres dans les mondes parallèles” Voila ce que je veux faire !
– Tu ne crois quand même pas que… »
La citée d’Akziel se situait au sud de la ville, notre Tour surplombait cette ville du nord. Les clés m’avaient permis d’ouvrir un portail, ou plutôt un canon sur la Tour, elle a parcouru une immense zone avec sa lumière, traçant les limites et rues de la citadelle qui sortirent de Terre comme la Tour guidée par un bâtiment, un building qui ressemblait à celui de Libiothech. Elle possédait des tons bien différents. Si la ville principale avait des tons classiques, assez sobres. La citadelle elle se voyait colorée par des tons plus lumineux, bleu, orange, jaune. Plutôt futuriste et imaginaire, jamais notre monde actuel n’aurait imaginé une telle ville, jamais je n’aurais imaginé qu’en cinquante ans la civilisation humaine aurait pu atteindre un développement si important. Au point d’en arriver à ce dont étaient capables les Saory. Je m’étais placé sur mon plateau, admirant cette majestueuse et sublime ville, protégée par le bouclier que formait notre édifice. Alexia m’avait rejoint un peu plus tard, je ne savais pas trop comment d’ailleurs.
« Voilà pourquoi j’avais besoin de ta clé. Pour cette magnifique ville !
– Et elle sert à quoi au juste ?
– Pour l’instant rien, mais ça viendra. Dis-moi, c’était quoi ta fameuse condition ?
– Ça va te faire rire si je te le dis.
– Mais non, même si tu en as honte, personne n’est parfait rassure-toi. Encore moins moi.
– Je, j’ai l’impression de le voir partout. Tient je l’ai même vu ici. Ça m’énerve ! Il me rend folle.
– Qui, Nabil ?
– Quoi, ce gros !
– Oh, il n’est pas gros, il ne sait pas y faire c’est tout.
– Non, Kévin. Il me plait beaucoup et j’ai peur que ça ne soit pas réciproque. Quoi, je t’avais dit que ça te ferait rire !
– Mais non, ce n’est pas pour ça que je ris, c’est, autre chose. Je vais t’avouer quelque chose. Je ne devrai pas te le dire, mais, ce matin, lorsque je suis parti du lycée pour atteindre la tour de Barabas je l’ai croisé avec Ludo. Il venait me demander s’il pouvait plaire à une fille. Et en l’occurrence il parlait de toi.
– Quoi ? Tu te fous de moi ?
– Jamais. Je te jure que c’est vrai. Tu devrais aller le voir. Il doit être dans le coin, avec Virginie surement.
– Mais il est vraiment ici ?
– Oui, je ne sais pas si tu étais là, mais c’est après qu’il m’ait sauvé la vie lui aussi que j’en ai fait un assassin, avec le costume et les techniques et tout et tout. Viens, je te descends de là., repris-je en nous téléportant au second plateau.
– Où est-ce que tu penses qu’il peut-être ?
– Dans son étage. Parce que oui, on vit tous ici. Chacun son appartement modulé comme on le souhaite. C’est ça la magie de la technologie Saory. Dis-moi Virginie, il est passé où mon petit ange ? dis-je en l’appelant.
– Dans l’appart de Kévin, t’as bien fait de me l’envoyer.
– Ben maintenant je viens te récupérer, avec un petit cadeau pour lui. Si bien sûr monsieur me permet de reprendre ma copine, fis-je en entrant dans son appartement.
– Fait Tanguy, elle n’est pas à moi, me répondit-il.
– En échange je te laisse la sœur de Sia. À plus tard les amoureux !
– Très confiant dis donc !
– Je le suis, je lui avais promis de faire mon possible pour l’aider, avec à la fois tes conseils et ce qu’elle m’a dit. Je ne peux pas faire mieux.
– T’es génial ! me répondit-elle en m’embrassant, bon, qu’est-ce qu’on va faire maintenant ?
– Prendre un peu de vacances. J’en peu plus moi je fatigue. Qu’est-ce que tu dirais de partir en voyage ? Rien que nous deux.
– Un petit voyage en amoureux, ça serait bien, mais où ?
– Là où tu voudras, où tu voudras aller. N’importe tant que ça te fait plaisir. On partirait un mois, loin d’ici.
– Et tu n’as pas peur qu’Akziel s’attaque à la ville ? Ou à la Tour ?
– La Tour aucune chance. La ville, déjà il n’a pas de quoi. Ensuite il ne s’attaquera à personne tant qu’il n’aura pas de quoi se protéger. Puis, j’ai envie de lui faire croire qu’il a sa chance. Alors, autant lui faire croire que je suis parti. Et les autres sont là tu l’oubli. J’ai juste envie de passer un peu de temps avec toi.
– Alors, partez. Je pense qu’Akziel n’est pas encore dans sa cité. Je verrai sa signature, mais elle est invisible. N’ayez aucune crainte, je vous rappellerais s’il le faut.
– Super Sieg. Si pendant ce temps tu pouvais entrainer ta copine et sa sœur, ça serait super.
– Avec joie. Allez, bon voyage les amoureux. Moi j’ai du boulot !
– Alors, où aimerais-tu partir mon petit ange ?
– En Chine. On pourrait résider dans le château de tes parents. Qu’en penses-tu ?
– Mouais, pourquoi pas ?
– Tu n’as pas l’air enchanté. Il y a quelque chose qui te gêne ?
– Non, j’aurais préféré un endroit un peu plus ensoleillé. Comme La Californie. Puis j’ai une amie qui habite dans l’Arizona, à Phoenix.
– Alors, on va faire deux semaines aux États-Unis et deux en Chine.
– D’accord. Va pour cette version.
– Dites, j’ai le droit de venir aussi ? Je vous promets que je ne vous dérangerais pas ! demanda Ryan sortant de je ne sais où.
– Je ne sais pas, si mademoiselle est d’accord ?
– Bien sûr que je le suis.
– Bon, alors je te prends. Mais c’est bien parce que t’es tout seul.
– Tu, veux dire que si j’avais une femme tu ne me prendrais pas ? C’est ça ? Ou alors insinues-tu que je n’en aurais jamais, ou que je ne peux pas en avoir ?
– Non, loin de là, juste qu’il n’y ait que toi et pas tout le monde. T’en trouveras bien une, même si certaines fois c’est chiant au possible…
– Hey ! répondit Virginie entendant ce que je disais.
– Je plaisante voyons. Puis tu sais les Américaines ne sont pas si mal. Mais ! Avant que je ne me fasse tuer pour de bon, pour rien au monde je ne quitterai la mienne.
– Oh ! t’es trop chou. Je vais chercher les affaires à l’appart. À tout à l’heure.
– À tout à l’heure, lui répondis-je, me retournant pour la suivre du regard.
– Adam. Ce n’est pas bien ce que tu fais !
– Quoi ?
– Pas bien du tout !
– Mais, non ! J’ai tout à fait le droit c’est ma copine ! Puis, attends, ne me dis pas que tu n’en as pas fait autant. Elle est sublime, puis elle est si sexy dans ses… Euh, je m’égare là.
– Oui un peu. Mais tu as raison j’ai fait comme toi.
– Excuse-moi d’être amoureux d’elle. Elle est merveilleuse. J’ai énormément de chance de l’avoir.
– Je vois ça. Sauf que j’ai une question. Si j’en trouve une, déjà elle ne sera pas l’un des nôtres, elle ne sera pas un Ange comme Nikki. Et elle ne sera pas infinie non plus, alors que nous on ne subit plus les effets du temps. C’est possible de changer ce fait ?
– Bonne question, générateur perpétuel de Técéros peut-être. Je ne sais pas. Il faudrait y réfléchir.
– Tu voudras bien t’en occuper ? Si ça ne te dérange pas ?
– Une fois que l’on sera revenu, Sieg m’aidera. Il doit en savoir bien plus que moi sur ce sujet.
– Merci. J’aurais bien pris la sœur de Sia, mais elle préfère Kévin.
– Comprends là, elle est humaine, non décidée et encore ignorante sur notre véritable existence. Elle préfère s’attacher à quelqu’un qui lui ressemble un peu plus.
– Oui, tu n’as pas tort. J’en avais une copine, lorsque j’étais jeune. J’étais bien avec elle et cette enflure l’a tué. Il pensait que c’était ta copine, il n’avait toujours pas conscience de mon existence. Elle avait quelque chose de spécial, quelque chose que l’on ne trouve pas chez les autres personnes, quelque chose qui n’existe pas normalement chez les humains. Et il me l’a enlevé, avant que je puisse le découvrir, avant que je puisse lui déclarer ce que je ressentais pour elle…
– On la ramènera. Je te la ramènerai. Je te le promets. Et on y fera payer tout ce qu’il a pu nous faire, à nous, notre père, notre mère et à tous ceux qui nous sont chers, repris-je en posant ma main sur son épaule.
– Merci. Bon, je te laisse je vais aller chercher mes affaires pour notre voyage. Dis, on commence bien par les USA ?
– Oui, naturellement !
– Naturellement. Bien sûr. Allez. À toute. »
J’étais remonté à mon appartement, appuyé contre le cadre de la porte, regardant Virginie. J’avais bien raison, elle était magnifique. J’apercevais une sorte de ressemblance avec Nikki, peut-être est-ce ce qui lui avait fait choisir ma copine comme hôte. Elle avait le sourire aux lèvres. Je la trouvais sublime, pour moi il n’avait pas plus belle femme qu’elle. Et je me suis avancé vers elle, avec le sourire moi aussi. Je suis arrivé derrière elle, la serrant dans mes bras.
« Alors, prête princesse ?
– Je ne sais pas, répondit-elle en se tournant vers moi, j’ai comme qui dirait besoin de quelque chose avant de pouvoir partir.
– Comme quoi, je ferai où te donnerais tout ce que tu voudras.
– Tu dis bien tout ?
– Tout, sans exception !
– Bien, alors… reprit-elle en commençant à me déshabiller.
– Oh, c’est de ça que tu parlais.
– Oui, continua-t-elle en faisant de même et se couchant sur le lit.
– Petit monstre va !
– Viens là. Je vais te monter, qui c’est, le petit monstre moi.
– Oh oui, j’arrive tout de suite. Kat, ferme la porte à clé s’il te plait. Et n’ouvre à personne, je n’aimerais pas être dérangé.
– À votre désir Monsieur. »
J’avais une vie de rêve. C’est vrai, hormis Akziel, je n’avais pas à me plaindre. J’avais une copine comme tout le monde en rêverait. Des tas d’amis, de super pouvoirs. Et même une Tour, pour moi tout seul, avec la ville qui allait avec. Que demander de plus ?
J’avais l’impression de n’être pas parti en vacances depuis des dizaines d’années tellement lorsque j’y étais enfin je m’y sentais bien. Un repos bien mérité avant quelque chose de bien pire qui m’attendait après, une fois rentré chez moi. Nous avions visité presque tous les États-Unis, en passant par Springfield pour voir la statue de Lincoln. New York, Boston et j’en passe. De même pour la Chine, tout en restant bien au chaud dans notre palace de campagne. Ce n’était pas un long voyage pourtant, mais il me parut bien plus long que ce que l’on avait fait. Peut-être est-ce parce que j’en avais vraiment besoin ? Dans tous les cas, j’étais heureux de pouvoir passer un peu de temps, loin de tout, avec ma copine et mon frère. Seulement le voyage ne faisait que commencer et je n’avais pas encore vu le pire.
Faire penser, non pas faire croire. Agir pour changer les idées et sensibiliser les personnes à la vérité et pas les mensonges que les puissants portent et prétendent. Les discours puissants, ou les actes efficaces ? La pensée forcée, ou la peur ? Et où réside la simple vérité dans tout ça ? La seule, viable et possible, est celle que les hommes se font eux-mêmes, d’eux même, pour eux même, sans forcer leurs idées aux autres.
Edward Pearce. 1551
Pensez-vous que l’on peut avoir une influence sur les pensées des personnes, simplement par nos actes, puis le bouche-à-oreille ? Que l’on peut changer la face du monde rien qu’en agissant ? Quand alors on pense à cette citation de Lincoln, qui prétend que le peuple préfère l’image physique à l’imaginaire d’une croyance. Pourtant, les religions ne sont que des croyances, rien n’a jamais prouvé qu’elles disent vrai ? Et pourraient-elles dire vrai alors qu’il en existe plusieurs ? Je pense que le monde se façonne, car on agit, sans penser aux conséquences de ceux qui nous voient ou nous entendent. Et chacun se fait sa pensée sur le sujet. Je n’ai jamais cherché à forcer quelqu’un à croire que mes actes étaient pour leur sécurité, pour eux. Certaines fois je me suis même demandé si ce que j’avais fait servirait, puis s’il avait servi. Encore maintenant je me demande, alors que je sais que j’aurais besoin de leurs soutiens, si ma légende, si faible soit-elle, peut permettre au monde de croire à mon but et ma conviction. Et s’il le faut. La créer.
Un mois que j’étais parti, parcourant presque toute la planète pour me reposer. Je m’étais laissé pousser le bouc en passant, un peu comme Adam. Revenu le jour de l’anniversaire de mon frère, le mien pas celui de Leo. Mardi 12 mars 2013, Sieg m’avait demandé d’aller chercher Sia, qui n’avait pas encore emménagé dans la Tour, parce qu’il avait une surprise pour elle. Aussi en passant, le Maire m’avait convoqué la veille pour changer le nom de la ville. Pourquoi ? Parce que tout son aspect avait changé avec la Tour, la citadelle et la citée. J’ai opté pour Amidia, qui veut dire au centre en Aldorien. On avait donc une grande ville, qui se découpait en trois grandes zones. La citadelle Saory, Anathema, Amidia, la ville médiale et Arios, la citée d’Akziel. Enfin, revenons aux choses importantes. Beaucoup de choses peuvent se passer en un mois, mais à ce point.
« Ne te presse pas surtout. Heureusement que je ne le suis pas.
– J’arrive halala, une minute.
– Pourquoi les femmes sont-elles toujours aussi longues ?
– Parce que ce sont des femmes mon cher. Me répondit son père. Elles savent se faire attendre !
– Ça oui. Aller, même Virginie n’est pas aussi longue que toi !
– Ah ! Tiens. Me fit sa mère arrivant dans le salon à son tour. Sieg, je présume ?
– Presque, répondis-je en ricanant, Adam Pearce. Enchanté.
– De même. Bien élevé en plus, c’est vous que ma fille aurait dû choisir !
– Maman ! répliqua Sia passant dans la cuisine.
– Vous savez et croyez en mon expérience que Sieg est aussi bien que moi. Si ce n’est pas mieux. Je suis loin d’être parfait et, ayant conscience de mes défauts, je saurais affirmer qu’il sera bien meilleur prétendant au cœur de votre fille… Que nous vaut ce changement, très chère ? dis-je en apercevant Sia, les cheveux teints en roses.
– Mon envie ! Allez, on va être en retard. Bonne journée !
– Non, là je ne peux pas. Pourquoi ? repris-je une fois sorti de la maison.
– Quoi, Sieg a bien les cheveux orange !
– Sauf que Sieg n’est pas humain. Même si je trouve que ça te va bien, ça me surprend sur le coup c’est tout. Dis-moi, est-ce que le nom d’Ariel te dit quelque chose ? demandais-je en m’envolant avec elle.
– Ariel, c’est une lessive non ?
– Très pertinent. Non, pas là. J’ai ce nom en tête depuis tout à l’heure, mais je ne sais toujours pas pourquoi.
– Ariel… Je me demande si je n’ai pas déjà entendu ce nom, dans les serviteurs d’Akziel. Oui je crois bien que c’est ça. Tu n’as pas demandé à Sieg ?
– Non, tu penses que j’aurais dû ?
– Tiens, vous voilà enfin, nous fit Sieg, venez avec moi. J’ai quelque chose pour toi Sia. C’est un module qui te permet d’avoir une armure Saory comme la mienne, pour te protéger. J’en ai refait deux autres, pour Kévin et Alexia. Tu pourras aller leur porter Adam ?
– Bien sûr, mais attends, c’est ça que tu es allé chercher après avoir passé le tombeau d’Elidian ?
– Oui. Pourquoi ?
– Pour savoir, dis-moi, tu connaitrais une personne au nom d’Ariel ?
– Ariel tu dis, non, ça ne me dit rien, pourtant j’en connais, mais là.
– Ariel ? Tu veux dire, ma sœur Ariel ? demanda Virginie.
– Ta sœur… Mais ta sœur ne s’appelait pas Ariel ?
– Si, mais elle est morte avant que tu ne puisses la connaitre.
– Oh, oui, c’est vrai. Laisse-moi réfléchir, je l’ai connu j’avais seize ans et je t’ai rencontré un peu après mon arrivée sur Terre.
– Et c’est le jour où Akziel l’a assassiné que j’ai appris que tu étais sur Aldor et que tu étais donc encore vivant, fit Ryan arrivant dans la salle.
– Alors… C’est peut-être pour ça que j’ai son nom dans la tête…
– Le remords… De ne pas avoir pu la sauver…
– La haine contre Akziel, maintenant que je sais que c’est lui qui l’a tué. Je… »
J’ai été interrompu. Par une sorte de faille devant moi. Une fissure bleue, brillante et lumineuse. Il y avait quelqu’un derrière, une femme.
« Leo, je fais appel à toi, car je sais que tu es le seul capable de me sauver. Je te demande d’assister au discours d’Akziel ce soir à dix-neuf heures devant la porte de sa cité. Je compte sur toi. »
Puis elle disparut, aussi vite qu’elle était apparue.
« Qu’est-ce que…
– Fissure temporelle, répondis-je en même temps que Sieg.
– C’est une distorsion du temps, un laps dans lequel des miroirs comme ceux-ci peuvent se créer. Tu penses t’y rendre Adam ? demanda Ryan.
– Bien sûr, je vais me prendre une couverture au cas où ? Je te prends les deux modules d’armure et j’embarque ma famille. Tu surveilles d’ici et tu me préviens si y’a un problème ?
– Comme d’habitude l’ami.
– Ça y’est, mon petit ami me considère enfin comme de sa famille !
– Il parlait de moi Virginie ! répliqua Ryan.
– Ah non ! C’est moi !
– Hey, ne vous battez pas ! Aucun des deux n’a tort, sauf dans l’idée qu’il n’y en a qu’un parmi vous deux. Je prends Ryan parce que c’est un très bon guerrier, qu’il m’appuiera dans presque tout ce que je fais. Et aussi parce que je t’ai promis de la ramener. Et bien sûr je prends aussi ma princesse parce qu’il faut que je m’habitue à travailler avec toi. Alors, venez et essayez de vous entendre, parce que je ne vous laisserais pas le choix. »
Le lycée, je l’avais abandonné pourtant il restait un endroit que je n’étais pas prêt de quitter. À la fois pour Grey et Crimson, mais aussi pour Kévin et Alexia. J’y étais parti, avec ma copine et mon frère, rendre visite à mes deux nouveaux assassins. Kévin attendait Alexia qui faisait je ne sais quoi, Virginie s’est gentiment proposée pour l’aider. Bonne initiative, car le surplombement que nous donnait notre position debout, moi et Kévin, nous avait permis d’admirer la vue plus que sublime. J’en avais tellement vu d’un coup qu’il m’a bien fallu trente à quarante secondes pour revenir à moi.
« Tu, t’as vu que ce que j’ai vu ?
– Oui, je n’aurais peut-être pas dû… eh, tu gardes ça pour toi, que si l’une des deux le savent je crois qu’un va se manger une baffe monumentale.
– Qu’est-ce qui vous fait rire vous deux, Kévin a encore raconté une de ses débilités dont il est le spécialiste ? demanda Alexia.
– C’est ça oui… Enfin je ne suis pas là pour ça. C’est vous que je viens voir. De la part de Sieg, fis-je en prenant place sur une table, vous êtes tous les deux devenus des assassins, l’un parce qu’il m’a sauvé, l’autre parce que j’ai su la convaincre. Seulement, vous êtes plus fragile et même si vos techniques sont perfectionnées au maximum rien ne vous protège réellement. C’est pour ça que Sieg a étudié son armure, enfin celle de Sia et les as reproduits pour vous. Elles sont sous forme de modules équipés dans ce que vous voulez, montre, pendentif, contrôlées par la pensée, elles vous permettent comme moi de passer d’un aspect normal à la forme armure ou tenue d’assassin. J’ai deux puces, je vous laisse choisir l’endroit où vous voulez les porter et pensez à les essayer, s’il y a un problème vous passez voir Sieg. Et souvenez-vous, vous êtes des assassins, mais vous n’avez pas pour autant le droit de tuer n’importe qui. »
À ce moment quelqu’un arrivait derrière moi, c’était la cape de loup et la reconnaissance du cœur qui m’avait averti. Assassiné d’un coup de lame dans le ventre et achevé d’un second dans le cœur avec celle du bras droit. J’avais attrapé son collier avant qu’il ne tombe.
« Et c’est pour ça que tu le permets !
– C’était Bob Barabas. Au service du seigneur, fit le collier.
– À qui il appartient ? me demanda Ryan qui venait de nulle part.
– Je n’en sais rien, pourquoi est-ce qu’ils continuent à utiliser son nom ?
– Parce qu’il était leur maitre. Et même après sa mort ils continuent à le vénérer, sachant qu’il n’était qu’un pion de plus d’Akziel.
– Tu penses que c’est pour ça qu’Ariel m’a contacté. Pour me prévenir de son remplaçant ?
– Attendons qu’il fasse son discours, on le saura vite.
– Pas faux. Kévin, Alexia, j’ai une tâche à vous confier. Ce soir à dix-neuf heures, Akziel fait une conférence, je voudrais que vous assistiez en gardant l’œil sur une femme qui devait être avec lui. C’est possible ?
– Bien sûr. Compte sur nous, répondirent-ils en chœur.
– Bien, alors il n’y a plus qu’à attendre.
– Ariel, tu dis, fit Joffrey se téléportant à côté de moi, il y a quelque chose qui ne va pas. Qu’est-ce qu’un maitre dimensionnel fait ici ? Sous les ordres d’Akziel en plus.
– Il l’a tué et ranimé avec l’Anima que j’ai éliminé. C’est un bon moyen pour nous frapper indirectement sachant que c’est la sœur de Nikki.
– Il donne sa conférence ce soir, tu crois que tu pourrais le distraire pendant deux minutes, j’aimerais étudier sa cité pour plus tard.
– Ryan, tu penses pouvoir récupérer Ariel en moins de cinq secondes après mon ordre ?
– Bien sûr, voyons. Tu m’as sous-estimé vieux frère.
– Exact. Bien, lorsque que je le te dirai, tu te prépareras, moi je me téléporterai au-dessus de lui pour faire diversion.
– Avec plaisir. »
Qu’est-ce que Joffrey pouvait bien avoir en tête à vouloir étudier le palace sanglant de ce monstre ? Enfin s’il y parvient ça pourrait être un bon moyen pour trouver comment l’infiltrer. Presque dix-neuf heures, la foule devant son estrade était inimaginable, j’aurais presque cru que toute la ville y était. Et bien sûr il ne jouait pas dans la demi-mesure. Il était sur son trône, assis les jambes croisées et la tête appuyée sur son bras accoudé. Il portait la tenue de cérémonie de son père. (Comment ose-t-il faire ça ?) Il attendait sagement que tout le monde soit là et que le clocher de la ville sonne les dix-neuf heures. Il avait une femme avec lui et je savais très bien qui c’était. Elle nous avez vu et ne nous lâchait plus du regard. Jusqu’à ce qu’il se mette à parler.
« Mes frères. Aujourd’hui est le jour du changement. Le monde en a assez de ce persécuteur qui tue nos alliés et semblables par pur plaisir et déshonneur à notre race. Il faut que ça cesse une bonne fois pour toutes ! Il faut que l’on se batte pour éliminer ce traitre.
– Si seulement tu savais que ce traitre est parmi l’attroupement… Ryan, dès que tu me vois réapparaitre tu fonces. »
Téléporté juste au-dessus de sa scène, j’ai vu Ryan reprendre Ariel et Joffrey m’annoncer qu’il se lançait. J’ai chargé toute ma force pour détruire sa scène et tout ce qui était autour avec la rage de l’Ours, l’éjectant cinq mètres plus loin.
« Kryssen, me fit-il en se relevant, tu oses enfin te monter, tu oses enfin avouer ta défaite. Je serais toujours meilleur que toi !
– Je n’en suis pas si sûr. »
Il s’était avancé juste devant moi, prêt à m’allumer, mais cette fois-ci j’étais meilleur que lui. J’y ai planté ma lance dans l’estomac, relevé et plaqué au sol derrière moi.
« Pourquoi est-ce que tu continues à nier l’évidence ? Personne ne peut me battre, même ton misérable père n’y est pas parvenu.
– Mon père non, moi non plus, mais si je rajoute mon frère, Chester. Celui que tu as changé en soldat de ta saloperie d’armée des liés. Tu te penses toujours meilleur que moi. Et, franchement, penses-tu que tu es de taille à m’affronter ? Toi qui souffres le martyre en ce moment même face à celui que tu as fait tomber soixante ans plus tôt, répliquais-je, l’attrapant par le col, le soulevant, ma lance sous la gorge.
– Alors pourquoi ne m’achèves-tu pas ?
– Ça serait trop simple. J’ai envie que notre combat soit équitable, règlementaire. Et j’ai surtout envie de te faire payer tout ce que tu as pu nous faire. Je saurais te prouver la valeur de ma famille, la valeur de L’Ordre que tu as tant saigné. Dégage avant que je te renvoie rejoindre les misérables de ta race !
– Tu le regretteras Kryssen. Crois-moi ! répondit-il avant de rentrer dans son palace.
– Joffrey ?
– J’ai tout ce qu’il me faut, on se retrouve à la Tour. »
Les spectateurs étaient encore présents, tous effrayés par ma démonstration de force.
« Vous aussi avant que vous me serviez d’entrée !
– Je ne pensais pas que tu viendrais me chercher Leo.
– Toujours, je tiens toujours mes promesses. Comment vas-tu ?
– Bien, je crois. Lequel dois-je remercier ? Toi ou ton frère ?
– Celui que tu voudras.
– Adam, il a activé un bouclier autour de la citée comme celui de ta citadelle, me fit Kévin qui revenait de son poste d’observation.
– Quel trouillard ! Je n’aurais jamais cru qu’il puisse rester aussi faible.
– Alors pourquoi ne l’as-tu pas tué ?
– Parce que je veux le faire souffrir, le rendre dingue, le ronger de l’intérieur, comme il l’a fait avec moi. Et avec quelqu’un qui a travaillé avec lui pendant des années, ça sera encore plus simple.
– Sauf qu’il faudra me délier. Une partie de moi est encore là-dedans. J’ai réussi à y accéder quelque temps pour t’envoyer le message, mais sans je te serais inutile. Reprit Ariel.
– Bien… Je crois que Crimson va nous aider sur ce coup-là. Qui se propose pour m’aider ?
– Moi, répondit Virginie, c’est ma sœur, c’est à moi de le faire.
– Comme tu voudras. Viens alors, autant commencer le plus vite possible. »
C’était une histoire de famille, ma belle-sœur, avec qui j’aurais pu faire ma vie s’il ne l’avait pas assassinée. Nikki était une personne assez fragile, qui réfléchissait toujours plusieurs fois avant de faire quoi que ce soit. Elle était posée, calme, sereine et confiante de la protection que je lui apportais, même si j’avais déjà failli une fois à ma tâche. Elle préférait protéger les autres avant de se battre. Seulement j’en avais conscience, notre monde avait beaucoup changé. Avec les Anges, j’avais changé grâce à Leo et lui aussi grâce à Toshiie. Et pour elle c’était la même chose. Elle était bien plus déterminée, plus courageuse qu’avant, encore plus lorsqu’il s’agissait de sa propre famille. Pour la première fois c’était Crimson à qui j’allais demander de l’aide, non pas son frère comme j’avais l’habitude de le faire.
« Alors, que donnent tes recherches ?
– Explique-moi. Pourquoi protéger une citée dans le monde réel lorsque dans les limbes c’est un vrai foutoir à merde.
– Pour décourager les attaquants ? Non, je ne sais pas. Tu crois que je peux atteindre la zone de confinement en passant par les limbes ?
– En revenant dans le monde réel une fois dans les murs, possibles. De toute manière c’est soit ça, soit je dégomme son bouclier.
– Bon. Alors on va prendre ma méthode.
– Sauf que tu négliges quelque chose Tanguy, c’est plus qu’un foutoir à merde. C’est une centrale de production de démons, me fit Virginie.
– C’est possible ce truc ?
– Malheureusement. Tu te souviens de ce que j’avais découvert avant que Barbarigo ne me tue. Et bien c’était ça.
– Donc, si on entre…
– On ne pourra jamais entrer comme ça, sans se faire remarquer.
– Si. Tu as un avantage comparé à moi. Les limbes ne limitent pas tes pouvoirs. Ta vitesse est un atout non négligeable. Tu pourras facilement passer sans te faire voir.
– Et toi alors ?
– Moi, Barabas m’a offert une flopée de nouveaux pouvoirs comme l’invisibilité. Mes talents d’assassin me permettront de passer sans soucis. Il me faut juste la clé de Sia.
– Pour entrer dans les limbes. Tu n’imagineras jamais comment tu arrives à faire ça Adam, dit Sieg plongé sur son ordinateur.
– Dis-moi tout grand maitre de la connaissance !
– C’est un portail temporel. C’est Toshiie qui possède cette capacité et qui te permet d’y accéder avec tes capacités d’enchainé. Un pont entre le passé et le futur, ou un monde et un autre.
– Mon Dieu, fis-je en ouvrant le portail, c’est une vraie porcherie son truc.
– Alors plus vite on en sera sorti, mieux ça sera, répliqua Virginie passant le portail.
– Tu n’as pas tort, répondis-je en le passant à mon tour.
– Tiens, tu n’as plus tes lunettes ici ?
– Non, parce que je n’ai plus accès au pouvoir des âmes. Même si je peux les mettre elles ne restent pas quand j’entre.
– Bon, je te trouve un endroit pour nous sortir ?
– Avec joie moi je vais faire un tour du proprio, appelle moi dès que tu as trouvé.
– D’accord. À toute ! »
Une usine à gaz ! Voilà ce que c’était. Son royaume était une usine, immense et fumante, crachant les feux des enfers par les cheminées. Le ciel avait pris une couleur rouge orange. Qu’est-ce qu’il pouvait bien faire dans cette saloperie ? J’ai traversé presque tout le contour du bâtiment, cherchant un moyen de m’infiltrer sans utiliser la force. Jusqu’à ce qu’un convoi arrive devant la porte.
« Une livraison pour Daryl Barabas.
– Allez-y. »
Pourquoi ce nom me suivait-il encore ? Qui était-ce, son fils, son frère ? J’avais utilisé cette faille pour passer, entrant sous forme invisible pour ne pas me faire remarquer. Mais à l’intérieur c’était encore pire. Les limbes étaient un monde déchiré, mais là. Tous les bâtiments étaient des ruines, rongés, brulant. Une ronde de garde parcourait la ville entière pour surveiller ce qu’il s’y passait. Ses habitants étaient devenus des zombies, rongés par les démons qu’il leur avait implantés. Je suivais le fourgon, pensant trouver ce Daryl et en connaitre un peu plus sur lui. Mais il ne m’avait mené qu’au hangar. Où un homme qui avait été averti de l’arrivée du véhicule partait prévenir ma cible. J’avais lâché l’invisibilité pour ne pas consumer mon énergie et commencé une filature pour trouver le nouveau Barabas. Certaines fois j’avais l’impression que les limbes étaient faits pour que je me déplace grâce à mon talent d’assassin. (N’est-ce peut-être pas pour ça que les assassins ont ces facultés ?) Je suis arrivé dans son bureau, au niveau du plafond sur lequel il ne restait que les poutres et j’ai écouté leur conversation.
« Monsieur, votre convoi est arrivé.
– Merveilleux. Commencez le plus tôt possible. Combien de temps pensez-vous que ça vous prendra pour le terminer ?
– Je ne sais pas, quelques semaines, peut-être quelques mois…
– QUOI ? Je n’ai pas tant de temps, vous n’imaginez pas l’argent que me coute le retard que vous prenez !
– Je sais Monsieur, mais les sujets de test réagissent beaucoup trop mal, aucun n’a survécu.
– Il n’est pas censé tuer.
– Je le sais Monsieur, c’est pour ça que nous avions besoin du contenu du convoi. Avec ça nous sommes surs de réussir. Seulement nous sommes obligés de tout recommencer à zéro après ces derniers tests.
– Bien. Et comment le maitre réagit-il au BioReign ?
– Assez mal, depuis le début de son traitement il s’affaiblit. Nous savons pourquoi et cela ne nous prendra que quelques jours pour changer ceci avec ce qui est arrivé.
– Alors faites. Nous ne pouvons pas nous permettre de le mettre en danger. Surtout avec Kryssen qui rôde.
– À ce sujet, j’ai entendu dire que c’était lui qui avait assassiné votre père.
– Sortez…
– D’accord monsieur.
– Qu’est-ce que tu nous veux Kryssen, pourquoi nous…
– Tanguy, tu sauras me retrouver ? demanda Virginie en m’appelant.
– Bien sûr, j’arrive, répondis-je à voix basse. »
Qu’est-ce que c’était ce BioReign, un virus, une plante, une arme ? Et de qui ils parlent en disant le maitre, Akziel surement. Je n’avais mis que quelques minutes pour la rejoindre, laissant cet idiot penser et repenser la raison pour laquelle je m’attaquais à sa famille.
« Alors, tu as quelque chose de nouveau ?
– Le gros avait un fils, à mon avis c’est lui qui a dû prendre la place de second d’Akziel. Il travaille sur un truc appelé BioReign. Mais je ne sais pas ce que c’est.
– Dans tous les cas, rien qu’au nom ça ne me plait pas.
– Moi non plus, mais je n’ai pas envie de m’attirer des ennuis. Alors, on est loin du bâtiment de confinement ?
– Non, mais avant, regarde par la fenêtre, ça ne va pas te plaire. »
Accroché au rebord extérieur je regardais dans la rue, voyant arriver une voiture avec le trône d’Akziel. Il passait au milieu d’une foule de personnes, acclamé par tous. J’aurais cru qu’il se prenait pour Kennedy en faisant ça. C’était presque du spectacle, tout ce qu’il voulait c’était l’admiration de son peuple. Rien de plus. Mais par quels moyens ?
« Pourquoi en faire autant ?
– Pour augmenter son pouvoir. Tu ne te souviens pas de ce qu’il disait. Le pouvoir par la gloire !
– Et je t’offrirai la mort dans la souffrance… Allez, ne restons pas là.
– Tanguy… Est-ce moi où à chaque fois que tu penses à sa mort je sens une forme d’espoir ?
– L’espoir de retrouver mon père, l’espoir de pouvoir le revoir, le connaitre, enfin…
– Vous y êtes les amis. C’est juste devant vous. Par contre je ne promets pas que vous puissiez sortir aussi facilement, me fit Sieg par téléphone.
– À vous l’honneur mademoiselle, fis-je en ouvrant la porte.
– Merci bien !
– Arrête tes conneries Adam, reprit Sieg.
– Mais laisse-moi faire ! Je suis quelqu’un de galant moi.
– Trop mon cher. Bien, je crois que vous aurez bien besoin de mon aide.
– Crimson ? Mais que…
– Je t’expliquerai. Déjà il me faut un corps de support, car comme vous le savez une âme peut partir n’importe où sans hôte. Deux, il faut que ce support soit compatible, car un être dimensionnel comme elle n’est pas stable du tout.
– Je me propose, de toute façon je crois que je suis bien la seule qui peut subir ça. Répliqua Nikki.
– Bien.
– Et je présume que moi je m’occupe de vous défendre ?
– Très bonne déduction, je ne crois pas pouvoir démarrer le processus sans… reprit-il coupé par l’alarme, bien sans activer l’alerte.
– Génial. Ça va m’occuper un peu ! », répondis-je en passant à Leo
Je me fichais de ce qu’il se passait derrière, tout ce qu’il m’importait c’est me battre pour les défendre. Ne laisser passer personne, même pas la plus petite goutte de leur sang. Pendant vingt minutes j’éliminais à la chaine les adversaires, soldats de son armée, assez fous ou assez courageux même après avoir vu le massacre que j’avais fait juste avant avec l’autre vague. C’était une véritable boucherie. Plus aucun n’osait s’aventurer dans le bâtiment.
« Bon et comment tu veux que l’on sorte maintenant ?
– Exactement comme je suis entré, parce que bien sûr, tu ne peux ni voler ni te téléporter avec son bouclier.
– Génial, viens avec moi Nikki et surtout ne me lâche pas. »
Presque toute la ville à traverser, sans pouvoir voler. Cette fois-ci c’était Crimson qui nous protégeait. Sa forme Saory était assez étrange, il avait la peau grise, portait une capuche dans laquelle il n’y avait rien, sauf une étrange fumée noire qui en sortait continuellement. Il se battait avec une lance et un long foulard rouge. Son style était à la fois sadique et extrêmement puissant. Pourtant pas assez pour contrer la seule chose qui arrivait à nous bloquer.
« Kryssen, comme on se retrouve !
– Je connais ta voix. Derreck ! Attends voir, Akziel n’a pas trouvé mieux que toi à ressusciter ?
– Haha, très drôle. Je crois que ton humour est pas très utile dans cette situation mon ami, répondit-il avec son air de chochotte, en attendant, je détiens ton copain et j’ai enfin récupéré ma femme.
– Ta femme ! Pff, tu penses vraiment que je vais te laisser partir comme ça ?
– Et tu comptes faire quoi contre moi ? Souviens-toi la dernière fois c’est moi qui ai failli te tuer, tu as gagné grâce à un miracle.
– Je ne crois pas que ce soit un miracle. Plus, un surplus de stupidité dans ta misérable et minuscule tête de borné.
– Bien, bien continue, en attendant, tu n’es pas près de me tuer. Seul un ange de ta stupide légende pourrait.
– Toujours aussi con ! répliqua-t-il en prenant l’apparence de Toshiie et s’envolant pour surplomber la scène.
– Mais NON ! Pourquoi est-ce encore toi qui as tout ?
– Parce que tu resteras un minable coincé dans tes idées de merde. Parce que la vérité se trouve loin de ce que tu imagines et que le pardon n’est accordé qu’au bon.
– Jamais ! répliqua-t-il en me poussant l’épaule, tu… »
Éliminé par une fois de plus, une lance, le chronosceptre de Toshiie guidé par la foudre.
« Un autre veut s’y essayer ?
– Tu ne partiras jamais sans elle ! fit celui qui tenait Nikki voulant se suicider.
– Jamais ! »
Il s’est dirigé vers lui, attrapé Nikki, se retournant vers sa lance pour la ramener et la forcer dans le corps du kamikaze qui semblait être figé en l’air sans pour voir bouger. L’élan de l’envol le projeta vers le sol, tandis que l’autre partit se briser sur le bouclier en le cassant dans un immense fracas au son électrique.
« Pourquoi ai-je toujours besoin de ton aide ?
– Chacun a ses défauts, ses faiblesses. Malheureusement c’était toi qu’il visait, mais… »
Le sien était l’état adimensionnel. Le temps est une dimension, la supprimer le rendait forcément vulnérable. Quelqu’un en avait forcément profité pour l’attaquer et le rendre incapable d’agir, mais il oubliait que Nikki pouvait faire appel à Kristen pour me sauver. Passant à travers moi sous forme fantôme, laissant DeadMoon le dévorer pour éliminer ses alliés avec ces griffes. Pendant ce temps je ne voyais presque plus rien, c’était presque comme si je me désynchronisais du temps, si je me séparais de lui, de tous les pouvoirs qui allaient avec lui et disparaissant avec. Jusqu’à ce qu’elle vienne me relever et enlever le couteau de l’estomac.
« Toi non plus tu n’es pas parfait.
– Je n’ai jamais dit que je l’étais. Merci. Dis-moi, où est Crimson ?
– Parti. Sauf que je ne sais ni où ni comment.
– C’est un détail, j’ai explosé son misérable petit bouclier. On va passer par là, du moins avant qu’il ne se referme. Qu’est-ce que tu en dis ?
– Emmène-moi avant que je ne change d’avis, fit-elle en se serrant contre moi.
– À vos ordres princesse », reprit-il en s’envolant vers sa lance et brisant le bouclier pour le traverser.
Malgré mon cœur de pierre, je sentais quelque chose passer en moi, je savais ce que je ressentais pour elle, mais pas au point que même mon cœur inhumain me fasse ressentir ce type de sensations. Elle était blottie contre moi, les yeux fermés, je ressentais battre son cœur comme le mien. Mais ce que je sentais était autre chose que mes sentiments, quelque chose de plus fort, de plus puissant, une énergie prête à me faire décrocher la lune, braver tous les dangers, frôler la mort, pour elle.
Ramené à la Tour, Crimson a replacé ce qui était à Ariel. Je restais encore dehors, à admirer la ville, mais cette fois-ci c’était la citée qui m’inquiétait.
« Je savais que je te trouverais là, me fit Virginie.
– Où veux-tu que je sois, ailleurs qu’ici, sans toi ?
– À quoi est-ce que tu penses ?
– Akziel, quels moyens crois-tu qu’il est capable de déployer pour ma peau ?
– Les pires choses, te consumer, l’empoisonner, te toucher indirectement. Tout ce qu’il a déjà pu te faire jusqu’à aujourd’hui.
– Et quels sont les moyens que je peux utiliser pour lui faire payer tout ceci avant qu’il n’ait ma tête ?
– Lui donner l’espoir de recréer son Empire et le décimer, bloc par bloc.
– Il y a quand même quelque chose qui me fait peur.
– Son BioReign ? Tu penses ça peut-être dangereux pour nous ?
– J’ai plus peur pour les habitants de cette planète que pour nous. J’ai entendu parler un soldat avec le fils de Barabas. Daryl, apparemment leurs premiers tests du BioReign auraient éliminé les sujets et affaiblie par ailleurs Akziel.
– Adam ! On a besoin de toi. Ariel ne supporte plus son Elemental, il nous faut un hôte ! cria Crimson dans le Labo.
– Vous êtes bien marrant, mais vous voulez que je prenne qui ?
– Moi j’ai peut-être une idée. J’ai une amie qui avait un petit faible pour ton frère, par contre depuis quelque temps je la vois de moins en moins.
– Bon, je m’en occupe.
– Je viens avec toi Adam, tu peux rester avec ta sœur ? répliqua Sieg.
– Bien sûr. À tout à l’heure.
– Bien, repris-je, nous téléportant sous le préau. Qu’est-ce que ? Pourquoi il y a autant de monde ?
– Je ne sais pas, une réunion ?
– Non, il y en a bien plus que d’habitude… C’est louche.
– Tient, regardez qui revient, c’est mes deux amis, fit Bruno s’étant frayé son chemin depuis la salle des profs, vous aussi vous vous demandez ce qui se passe ? Ben à vrai dire je n’en ai pas la moindre idée. C’est comme ça depuis midi.
– Mon Dieu, moi qui venais chercher quelqu’un.
– Rien n’échappe aux distorsions, suis-moi, je sais qui tu recherches, fit Ariel, apparaissant devant moi pour m’indiquer ma cible en l’illuminant. »
Elle essayait d’échapper à la foule, se dirigeant vers la porte. J’en ai fait de même, créant mon chemin pour la poursuivre, poussant toutes les personnes qui étaient devant moi et qui m’empêchaient d’avancer. Elle me fuyait, elle avait remarqué que je la suivais et une fois sortie du bâtiment elle s’est mise à courir pour m’échapper. Je l’ai poursuivi jusqu’à ce qu’elle se retourne vers moi.
« Lâche-moi ! dit-elle avant de s’envoler.
– Oh, non ! répliquais-je en faisant comme elle.
– Elle vole plus vite que toi, j’ai entré les coordonnées de son arrivée dans ton système pour que tu puisses t’y téléporter. Une fois là-bas si tu as besoin de moi, utilise la pensée, je ne pense pas que le communicateur soit assez puissant. »
C’était la première fois que j’utilisais les portails d’Hypérion pour me téléporter sur une autre planète. Si loin, si vite…
Je suis arrivé dans une forêt, assez dense et sombre. J’ai avancé en suivant les pleurs d’une jeune fille qui se trouvait quelques mètres plus loin.
« Pourquoi est-ce que tu es partie, je ne te veux pas de mal.
– C’est ça, vous êtes tous pareils, tu ne vaux pas mieux que l’autre.
– L’autre ? Mais, de qui tu parles ?
– Akziel, vous les Aldoriens vous êtes tous pareils, des pourritures, reprit-elle en commençant à partir.
– Je ne te permets pas de dire ça. Encore moins de me ranger de son côté.
– Ah ouais, regarde ce que vous avez fait ! me fit-elle en me montrant au loin. »
Derrière cette végétation, c’était le chaos, plus rien si ce n’est des cendres, des ruines. Le ciel avait cette couleur rouge qui prônait dans la citée d’Akziel.
« Non…
– Tu vois, tu ne me crois toujours pas ?
– Quand est-ce que ça s’est passé ?
– Le 13 décembre 2012… »
D’un coup, j’ai revu de jour-là, la flotte, les armées, Akziel. Il avait dominé la planète en quelques heures.
« J’avais l’espoir que, dans un de ces soldats il y en ait un qui ait un peu de raison, mais non, pas un seul. Et mon grand-père me disait, il viendra, je le sais. Mais il n’est pas venu…
– Qui ?
– Leo, Leo Kryssen.
– Je, je suis désolé… répondit-il prenant le dessus. »
Elle s’est jetée dans ses bras, comme le sauveur qu’il aurait dû être. Je sentais sa haine contre ce traitre passer dans mon cœur, me brulant de l’intérieur.
« Tu es tout ce qu’il me reste. Je n’ai plus de famille, plus rien. Aide-moi, je t’en prie.
– J’aurais dû vous aider… Je te le promets. Pourquoi est-ce que ton grand-père te parlait de moi ?
– Il m’avait dit qu’il connaissait le tien, qu’il avait confiance en toi, qu’il croyait en toi.
– Et je l’ai trahi… Je ne peux même pas corriger mon erreur. Sur quelle planète sommes-nous ?
– Ovia, je suis la dernière de la tribu Onyx.
– Dis-moi, qu’est-ce que je peux faire pour toi, pour t’aider ?
– Je ne sais pas, pourquoi est-ce que tu me suivais ?
– C’est Virginie qui m’a demandé de venir te voir. Je m’appelle Tanguy, mais appelle moi Adam. Qu’est-ce que je peux t’offrir ?
– Un moyen de me battre, d’affronter ce salaud et de venger mon peuple.
– Alors, je crois qu’elle a bien fait de te conseiller. Si tu le permets, je voudrais que tu retournes avec moi sur Terre. Là-Bas je te donnerais de quoi assouvir ta soif de vengeance.
– Je te suis. »
Une fois à la Tour, Sieg et Crimson s’occupaient du transfert et j’étais sorti avec Virginie qui ne voulait pas rester s’il y arrivait quelque chose. Nous n’étions pas restés sur la Tour, je voulais visiter Anathema, la citadelle Saory. Comparée à la cité, elle était sublime, au style futuriste et peu commun de la population humaine. Les habitants n’étaient d’ailleurs pas des humains, mais de différentes origines, Aldor, Rhihlya et bien sûr Saor, leur planète natale. J’avais l’impression que tout le monde me connaissait, ils nous saluaient, nous disant bonjour alors que l’on se promenait. La légende disait que cette ville avait été faite pour les anges et que chaque quartier possédait ces spécificités liées à l’un d’entre eux. Certaines fois il me semblait reconnaitre certaines choses du Paris du futur, que certains appelaient néo-Paris dans le quartier de Toshiie. Toutes ces parcelles de la ville créaient au centre, un bloc, une place dominée par un emblème du guerrier. Une statue accompagnée de ces armes et de ces capacités. Au bout de cette espace trônaient trois tours. Au centre celle de Libiothech, la plus haute. À droite, légèrement plus avancée, c’était la tour des Dieux. Symbole des suprématies de leur peuple, ce sont ceux qui ont accordé l’élévation des anges. C’est la représentation physique des pouvoirs d’Alexia sur les fragments. Dans les limbes cette tour est celle de Sia, maitresse des Limbes. La dernière était bleue, aux couleurs vibrantes et une impression de flottaison constante, on aurait dit qu’elle volait, presque qu’elle n’existait pas. C’était l’image du seul pouvoir non maitrisé par les Saory, la distorsion. Car c’est le seul qui n’a aucune restriction, qui touche à tout, le temps, les éléments, la force, la puissance, l’espace. C’est l’essai de son contrôle qui a mené ce peuple à sa perte.
On s’était installés sur un banc de la partie verte de la place, admirant la ville et observant les personnes passer.
« Pourquoi tu as voulu l’activer Adam ? Juste pour avoir un endroit tranquille où emmener ta copine ?
– Peut-être oui. Mais Leo avait un objectif plus important. Comme assurer une certaine protection de la population dans une citée impénétrable. Aussi une sorte de combat entre lui et Akziel dont chacun possède sa ville. Cette ville est l’affirmation des Saory et l’implantation visible de leurs pouvoirs sur les planètes. Je suis le protecteur de la Terre et je l’avance avec cette citadelle. C’est une sorte d’affirmation de mon pouvoir face à lui.
– Une mini guéguerre avant la grande quoi.
– Voilà. J’ai une ville sous mon contrôle, presque aussi grande que Paris et le reste à protéger de la dernière partie qui fait la même taille que celle-là. Mais ne me parle pas encore de ça, laisse-moi passer du temps avec ma jolie princesse.
– Ta jolie princesse, elle aimerait bien savoir comment va sa sœur.
– Sieg, comment ça s’est passé ? lui demandais-je en l’appelant.
– Bien, très bien. Bon elle dort, mais tu aurais dû me dire qu’elle n’était pas humaine.
– Pourquoi ça change beaucoup de choses ?
– Ça aurait pris moins longtemps. Mais ce n’est pas grave. Je m’occupe d’elle. À plus tard.
– Alors, comment est-elle ?
– Bien, elle dort. D’ailleurs toi qui te demandais pourquoi elle était devenue étrange, j’ai une réponse à ça. Elle n’est pas humaine.
– Que, quoi ?
– C’est une Ovienne, elle est la dernière de la tribu des Onyx. Akziel a décimé leur peuple et détruit presque toute la planète.
– Oh, je… Tu lui as raconté tout ce qu’on fait, pourquoi nous sommes là ?
– Non, mais les souvenirs d’Ariel le feront. J’ai eu pitié d’elle. Lorsque je l’ai suivi sur sa planète, elle m’accusait d’être un complice d’Akziel parce que j’étais un Aldorien. Elle m’a ouvert les yeux en me montrant le champ de ruine qui y régnait. Elle m’a dit que son grand-père la rassurait en lui disant que je viendrais pour les aider, pour les sauver. Mais je ne suis pourtant pas venu, j’étais mal quand elle m’a dit ça et que j’ai pris l’apparence de Leo. Pourtant elle ne m’en voulait pas, elle s’est jetée dans mes bras sans éprouver de haine, ou quoi que ce soit, je lui ai promis que je vengerai son peuple et que je lui offrirai n’importe quoi pour essayer de rattraper un minimum mon erreur. Elle m’a répondu qu’il ne lui fallait qu’un moyen de se battre, de se venger de ce traitre. Alors je me suis dit que j’avais fait le bon choix à t’écouter.
– Mais, si, tu peux voyager dans le passé pour changer ça et affronter Akziel ?
– Si c’était si simple. Lorsque j’ai vu le chaos sur la planète, qu’elle m’a dit la date de son attaque, j’ai eu une vision, Akziel arrivant avec sa flotte en rasant la planète. Mais il avait déjà tout prévu, toutes ses actions ont été faites sous le pouvoir d’un adimensionnel, si par définition un fait ou une action du monde n’existe pas dans le temps, elle ne peut pas être changée.
– Alors, comment Akziel a pu faire ça ?
– Il est l’un de ces guerriers assez particuliers du monde. Il n’a presque aucun pouvoir, si ce n’est celui de prendre ceux des autres. Avec le temps il a appris à garder ces pouvoirs et changer lorsqu’il le veut, du moins, il lui faut changer d’être possesseur pour changer les capacités, en fait il ne peut pas comme nous, utiliser tous ces pouvoirs d’un coup. Du moins pas pour l’instant. Je sais malheureusement qu’un jour il le pourra.
– Il nous faudra trouver les meilleurs moyens de le détruire mon frère.
– Tiens, Ryan. Tu as bien raison.
– Tu as déjà tes idées ?
– Personnellement, oui. Je sais comment je veux m’y prendre. Cependant, je veux lui laisser le temps de croire qu’il peut encore triompher.
– Pas bête. Mais il ne faut pas trop tarder non plus.
– Pourtant, il sait que tu es ici, mais il n’a pas peur de toi, malgré sa faible armée, il est toujours trop confiant. Reprit Nikki.
– Alors, autant la décimer. Il reste confiant parce qu’il n’a pas conscience des pouvoirs des anges, pour lui ils ont toujours été que de pauvres minables qui ont soudoyé les Dieux pour se cacher.
– Et il se trompe. Que comptes-tu exécuter pour faire changer ça ?
– Décimer sa pauvre et lamentable armée. Tout seul. Qu’il ait confiance en sa force si faible, je vais lui prouver que je peux la détruire.
– Adam, avant que tu ne commences ceci, j’aimerais rendre visite à mes parents adoptifs, ils ont connaissance de ma mort et j’aimerais qu’ils voient que grâce à toi je suis à nouveau dans ce monde.
– Bien, je vous laisse, j’ai quelque chose à régler, vous me prévenez lorsqu’elle se réveille. À plus tard. »
Seconde fois que je changeais de planète, pour retrouver celle de Leo, rencontrer ses parents adoptifs. Elle ressemblait étrangement à la nôtre, prospère, vivante, verte. Il m’avait fait faire le tour pour admirer la beauté naturelle d’une des seules planètes que n’avait pas encore touchées Akziel grâce à lui. C’était une sorte de mini paradis, magique et magnifique. Ses parents adoptifs vivaient, comme ses véritables parents, sur une falaise, face à la mer, avec derrière la forêt. Quelques années avant la mort de Leo, ils avaient réussi à avoir un enfant, chose qu’il n’avait pas été possible avant et avait entrainé son adoption. Ils l’avaient appelé Lars. À ce jour et l’aspect temporel de cette planète, soixante-dix ans après, il n’avait que douze ans. Je suis arrivé, continuant à admirer les environs, jusqu’à entendre cette voix qui disait : « Leo ! Il est revenu ! » J’ai dirigé mon regard vers ces paroles et quelques secondes plus tard il se jetait dans mes bras.
« Leo ! Je savais que tu reviendrais !
– Tu peux toujours compter sur moi, tu le sais. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais t’abandonner petit frère. Tes parents sont encore ici ?
– Leo… Je…
– Moi aussi je suis content de te revoir Mike, repris-je en reposant Lars.
– Va nous attendre dans le salon Lars tu veux bien ?
– D’accord maman.
– Il est plus sage que je ne l’étais à son âge.
– On te croyait mort mon fils, reprit Sarah.
– Moi aussi. Mais, c’est une longue histoire. L’important est que je sois de retour. Vous n’avez pas parlé de ma mort à Lars.
– Non, je, je ne voulais pas lui faire peur, ni le rendre triste. Mais jamais je ne croyais que tu puisses un jour revenir. Fit Mike.
– Mes années passées sur Terre m’ont convaincu de la bonté et de la pureté de ses habitants. J’ai longuement erré sans trouver quelqu’un qui puisse m’accepter. Leur physionomie permet à chaque être d’avoir plusieurs âmes, à la condition de laisser vivre celle de l’hôte. C’est de cette manière que j’ai réussi à retrouver la vie.
– Pourtant Akziel est toujours vivant lui. Reprit Mike en ouvrant la porte d’entrée.
– Je le sais, je n’ai jamais réussi à l’éliminer. Mais je vais changer ça. J’ai réussi à rassembler tous les membres de L’Ordre, tel qu’il était avant. Sieg bien sûr, Izidro, Raven, Hwoarang et Feng, fis-je en prenant place dans un fauteuil, j’ai rallié Amy à ma cause et ai retrouvé ma femme aussi. Le seul qu’il manquait…
– Le guerrier perdu.
– Mon frère de sang, Chester. Lui aussi est avec moi, il m’a tout raconté sur mes origines, mes vrais parents et la manière dont je pouvais anéantir Akziel.
– Et qu’est-ce que tu as trouvé ? me fit Lars venant s’assoir sur mes genoux.
– Il y a une vieille légende qui dit, que sur Terre auraient vécu des êtres surnaturels, des Saory devenus des Anges par la suite. Au départ c’était pour eux que j’avais choisi la Terre. Mais depuis quelque temps, j’ai découvert que ce n’était pas une légende. Ils ont bel et bien existé et chacun d’entre nous a récupéré celui qui lui était promis.
– Je ne te crois pas. Ce n’est qu’une légende. Répliqua Mike.
– Et bien, répliquais-je en posant Lars à côté de moi, je saurais te le prouver ! repris-je, me levant et prenant son apparence, ne suis-je pas assez convainquant à tes yeux, cher père ?
– Oh, euh…
– Rassure-toi, moi aussi j’ai eu du mal à y croire. Pourtant ceci est bien réel, il m’a fallu l’admettre pour trouver le courage de rassembler L’Ordre. Sans eux, je n’aurais jamais eu cette puissance.
– Je veux le même costume que toi !
– Ne t’en fait pas Lars, je t’en offrirai un, mais grandis un peu, sinon lorsque tu seras plus grand tu ne pourras plus rentrer dedans.
– D’accord.
– Leo, je pense que tu n’es pas venu ici juste pour nous dire bonjour n’est-ce pas ?
– Tu as raison. Je ne connais pas mes parents, tu es la seule qui peut me le faire.
– Tu aurais pu le demander à Nikki. C’est ta femme, tu sais.
– Oui je le sais, repris-je en m’asseyant à côté d’elle, sauf qu’elle est trop jeune pour le faire. Et je doute que l’on ait de quoi le faire.
– Qu’est-ce que tu lui fais ? demanda Lars insouciant.
– C’est une sorte de rituel, à un certain âge les hommes se font teindre les cheveux, ou du moins une partie, c’est l’affirmation de l’âge adulte.
– Quelle coiffure je te fais pour le coup ?
– Tu te souviens celle que j’avais à dix-huit ans ? C’est presque celle qu’a Toshiie.
– D’accord, comme tu le voulais quand tu étais jeune, racine noire, cheveux normaux et pointes blanches ?
– Presque, fais-moi les pointes en cuivre.
– Comme tu voudras. »
Ça ne me changeait pas énormément, mais un peut tout de même. Normalement il m’aurait fallu le faire bien plus tôt, si seulement ça avait été possible.
« Comment comptes-tu tuer ce traitre ?
– Je ne sais pas. Je voudrais lui laisser le temps de croire qu’il a une chance, pour qu’en suite je puisse le faire souffrir autant qu’il nous a fait souffrir. Sans bien sûr que ça prenne une tournure en sa faveur.
– Tu penses pouvoir y arriver ?
– Je l’espère. Mais à ce sujet j’ai quelque chose à vous proposer. J’imagine qu’il n’osera pas, mais vous n’êtes pas à l’abri d’une de ses attaques face à sa planète natale. Qui sait de quoi il est réellement capable. Je ne vous demande pas de le faire tout de suite, mais pour votre sécurité. J’ai une citadelle sur Terre, c’est un cadeau des Onyx aux Anges. C’est le lieu le plus sécurisé qu’il existe et je sais qu’il n’y pénètrera jamais. J’aimerais que vous veniez y habiter, vous pourrez revenir ici une fois qu’il ne sera plus, mais tant qu’il représente une menace je veux vous savoir à l’abri.
– On y réfléchira. Tu t’en vas déjà ?
– Oui, j’ai du monde qui m’attend là-bas. Je serais bien resté sinon.
– Leo ! reprit Lars se jetant sur moi.
– Ah, petit monstre va ! Promets-moi de rester toujours sage, de ne jamais devenir un enfant aussi terrible que moi.
– D’accord, mais seulement si tu me promets que je deviendrais comme toi !
– Pour ça il te suffit de croire en tes rêves, regarde-moi, je n’ai jamais abandonné les miens. Allez, bon courage, mon bonhomme, moi je vous laisse. Prenez sois de vous.
– Tu penses revenir, j’espère ? demanda Sarah après que j’ai passé la porte.
– Bien sûr, pensez quand même à ma proposition. Au revoir ! »
Je suis retourné sur ma planète, j’ai pris le temps de l’admirer une dernière fois avant qu’elle ne se fasse détruire par la guerre interminable que lancera Akziel contre nous. J’avais remarqué lors de mon petit voyage que quelque chose me manquait. Je n’étais pas le dernier adopté par mes parents, ils en avaient eu d’autres, pendant quelques mois, je passais mon temps à m’en occuper. Et le fait de ne plus le faire me créait un vide, de ne plus avoir d’enfant à protéger, quelqu’un de plus faible que soi, plus fragile. J’avais la belle vie et j’avais envie d’avoir un fils, ou une fille.
« Encore et toujours, ici à contempler ton œuvre et réfléchir à ton futur.
– C’est toi qui m’as donné cette habitude Sieg.
– Je le sais, alors comment ont-ils pris ton retour du monde des morts ?
– Comme tu vois, aussi bien que moi. Et Lars encore mieux qu’eux.
– Ah, Lars, quel âge ça lui fait à ce petit ?
– Douze ans. À le revoir, ça m’a donné envie d’avoir un fils. Si seulement je pouvais être sûr qu’il naitra en sécurité.
– À toi d’achever ton plan face au traitre.
– Et pour ça, je saurais comment t’aider, fit Ariel arrivant sur le plateau.
– Mademoiselle, répliquais-je m’agenouillant devant elle.
– Je ne t’en demande pas tant.
– Vous êtes l’incarnation de la seule chose qui a surpassé les plus grands. Je ne peux qu’être en admiration devant vous.
– Adam, arrête ton cinéma. Fit Virginie à côté.
– Bon, est-ce qu’elle t’a tout raconté, expliqué comment changer d’aspect ? repris-je me en me levant.
– Oui, d’ailleurs j’ai quelque chose pour toi. Chacun de vous en a un. C’est un anneau de distorsion. Il vous protège de mes pouvoirs. Par ailleurs, le tien est un peu différent. Il te permettra de mieux utiliser ton canon dimensionnel. Si tu arrives à le récupérer des mains d’un sous-fifre d’Akziel.
– Ça ne m’en fait qu’un de plus. Je te remercie. Maintenant que tu es l’une des nôtres, c’est à moi de te demander un service. Toi qui as servi sous les ordres d’Akziel, on aura besoin de toi pour l’anéantir. Si tu as une superbe idée pour t’y prendre, je suis preneur.
– Fait comme lui. Il va se bâtir une armée, puissante, principalement constituée de démons et des pauvres humains qu’il a endoctrinés. Fait la tienne, prouve-lui que ce peuple à plus de valeur qu’il ne le pense en en ralliant le plus possible à ta cause.
– Ce n’est pas bête comme idée.
– Il faut que tu fasses ça exactement comme lui, presque comme si tu voulais le recopier, ton calme légendaire viendra enflammer sa rage incontinente, poussée par tes actions semblables et identiques aux siennes.
– Tu ne chercherais pas à le faire mourir de l’intérieur ?
– Non, non pas du tout.
– Mouais, c’est ça, je sais que lui en veut et je peux te comprendre. Il ne faut pas que tu aies honte de ça. Si au contraire ça peut nous aider. Tu as toujours été un grand stratège, avec toi et Chester on ne craint pas grand-chose.
– D’ailleurs en parlant de lui, tu sais où je pourrai le trouver ?
– Dans son appart. Juste à côté du mien.
– Je te remercie. À plus tard.
– Bon moi je vous laisse entre amoureux, je vais retrouver la mienne. À plus ! répliqua Sieg.
– Qu’est-ce que tu crois qu’ils vont bien faire ? me demanda Virginie.
– Les mêmes choses que celles que nous on peut faire, ou même pire qui sait !
– Oh non, je doute que l’une d’entre elles en arrive à faire tout ce que j’ai pu faire !
– Ouais, c’est vrai que tu as un certain don pour trouver de nouvelles idées souvent très, pas très orthodoxes quand même.
– Tu ne t’en plains jamais pourtant !
– Je sais et je ne suis pas près de m’en plaindre.
– Alors dit-moi, où est-ce tu étais parti sans même me le dire ?
– Chez les parents de Leo, il voulait les voir, leur prouver que malgré sa mort, il était encore présent.
– Ah et comment ça s’est passé ?
– Bien, j’en ai profité pour faire mon rituel. D’ailleurs ça m’a fait penser à quelque chose. Je ne sais pas depuis combien de temps on est ensemble, répliquais-je en la prenant dans mes bras, je ne compte plus même, mais j’y ai pensé plusieurs fois. Lorsque j’ai revu leurs fils, Lars, ça m’a rappelé combien j’aimais m’occuper des autres enfants qu’avaient mes parents.
– Et, qu’est-ce que tu as en tête ?
– Et bien, j’adorerais qu’un joli petit ange comme toi m’offre un enfant. Pas tout de suite, car je sais qu’il ne serait pas en sécurité avec Akziel, mais, plus tard.
– Oh, et tu préfèrerais quoi, un garçon ou une fille ?
– Peu importe, l’un ou l’autre, celui que tu voudras bien m’offrir.
– Comme tu voudras. Tu veux attendre d’avoir battu Akziel ? Pour être sûr qu’il vive dans un monde en paix.
– Voilà, et je pense que tu veux la même chose que moi.
– Exact. En plus, ça nous laisse du temps pour nous entrainer. Tu n’es pas d’accord ? » me répondit-elle, se débarrassant de mon emprise et partant vers notre appartement.
« Tu es pire que moi. Et après les stéréotypes disent que c’est les hommes les plus obsédés.
– Quoi, il peut bien y avoir des exceptions non ?
– Si toutes les exceptions pouvaient être aussi sexy que toi. Attends-moi au moi, ne commence pas sans moi !
– Mais non, ne t’en fait pas ça ne risque pas. J’ai autant besoin de toi que toi de moi.
– Heureusement. Kat ?
– Oui monsieur, personne ne vous dérangera.
– Tant mieux. »
Le monde change c’est un fait, pourtant certaines choses restent intactes, sublimes et toujours aussi attrayantes qu’au début. Je n’aurais jamais eu une vie aussi sublime si tout avait changé, ma femme, mes amis, ma famille. C’est parce que j’ai ce bonheur, ce bonheur humain, que j’arrive à me convaincre de ce que j’ai pu faire et tout ce qu’il me reste à réaliser encore. Rien n’est fini, rien n’est achevé, rien n’est écrit aujourd’hui et inchangeable. Rien ne m’empêchera de changer le destin que veut donner Akziel à cette planète.
La Paix. La paix d’un monde en guerre. Meurtri par la honte, par le regret. Une sérénité effacée par la guerre perpétuelle d’un traitre assoiffé de vengeance et de sang. Une vengeance de lui-même. Abandonné par sa famille. Renié par son père qui m’a donné la rédemption et le pouvoir d’achever à jamais son règne de terreur incontrôlable.
Toshiie Shin Zhao. 1207
Il faut admettre que chaque peuple à son propre mode de vie, mais est-ce qu’au fond ils ne se pas les mêmes ? Certains humains se voient comme destructeurs de ce que Dieu leur a donné. Rien premièrement ne leur prouve que leur monde est un cadeau de Dieu. Et si seulement ils voyaient les autres civilisations des autres planètes, est-ce qu’ils changeraient d’avis ? Ou est-ce que justement ce n’est pas ce Dieu qui les a poussés à agir de la sorte ? Personnellement j’avais quelques réponses sur ce sujet, parce que notre peuple est aussi passé par là, parce que les terriens sont le plus jeune existant. Et que nous, nous avons appris de tout ce que l’on a fait, et que les humains font à leur tour.
On approchait du jour de la confrontation et bientôt un an que la face de mon monde avait commencé son changement radical. Samedi 27 avril 2013, j’annonçais officiellement cette date comme le début de la guerre que lançait Akziel contre nous. Pourquoi samedi ? Bonne question, de notre côté c’était la date d’anniversaire de Justine, pour l’info. Il avait commencé à rassembler une troupe, beaucoup de démons que j’avais déjà éliminés depuis des années. Une guerre interminable et gagnée d’avance d’après lui. Il avait tenu un discours, un de plus.
« Aujourd’hui, j’appelle à votre décence et votre intelligence. Ne voyez-vous pas que depuis tant d’années, son nom se répète à chaque malheur qui vous est arrivé ? Chaque, catastrophe est due à une de ses soi-disant interventions pour votre bien. Mais il n’a fait que semer le chaos parmi vous, vous diviser pour mieux se dissimuler. Et une fois le désordre placé il frappera pour vous anéantir. Il a commencé par le plus grand moyen de communication, la presse. C’est lui qui a détruit la tour de Raptor News, voulant éliminer le seul qui disait vrai sur ses actes. Mes frères, il est temps que vous vous souleviez contre ce traitre qui a assassiné sa famille et qui ne veut que la destruction. Suivez-moi, combattez à mes côtés. Je vous garantirais la victoire et la mort de ce monstre ! »
J’étais resté dans mon canapé, devant ma télévision. Admirant la façon dont il jouait avec les mots et m’amusant des inepties qu’il racontait.
« Vivement que j’y ferme sa grande gueule à ce vantard.
– Tu sais, ce n’est pas en restant affalé dans ton canapé que tu changeras ce qu’il dit. Me fit Virginie qui se préparait à manger.
– J’en ai conscience ne t’en fait pas. Mais tu sais très bien que je n’attaquerai pas tant qu’il ne le fera pas. Je ne ferai que me défendre. Ou alors…
– Ou alors, quelle idée tordue te passe par la tête ? répliqua-t-elle en s’asseyant à côté de moi.
– Ou alors justement je le prends de court. Il sait que j’appliquerai cette méthode, alors que si pour une fois je change, je suis son idée. Frapper pour détruire. J’atteindrais directement son égo.
– Et commencer à attiser sa rage, pas bête.
– Ce que je fais n’est jamais bête. Je vais aller m’amuser, tu viens avec moi ?
– Non, je préfère rester ici, tranquillement. On viendra te voir plus tard, si tu as des problèmes.
– Comme si je pouvais en avoir. À plus tard princesse. »
Une rengaine qui se répète. Encore et toujours. Notre classe, mon ancienne classe était une catastrophe. Cette fois-ci, c’était la directrice et le CPE qui étaient venus. Moi je tournais dans le labo pendant leur speech. M’arrêtant quelquefois pour discuter avec Bruno.
« Et lui alors ! fit Émeline en me pointant du doigt. Pourquoi vous l’autorisez à ne plus venir en cours ?
– C’est vrai ça, je ne vous ai jamais donné l’autorisation de ne plus assister aux cours. M’envoya la proviseure.
– Vous croyez vraiment que je n’ai que ça à faire ? J’ai d’autres préoccupations que de venir en cours alors que votre monde est en danger !
– En danger c’est ça, puis vous pensez vraiment que je vais vous croire.
– Il le faudra. Répliqua Bruno. Si vous ne le croyez pas, il vous faudra faire une croix sur moi.
– Bien…
– Si ça tente quelqu’un de me suivre, faites-moi signe ! repris-je en sortant »
Au final c’était Kévin qui m’avait suivi pour traverser la ville, faire une petite balade à pied avant d’aller m’amuser.
« J’ai peur de mal m’y prendre. Je sais qu’à un moment je ne saurais plus quoi faire et là, ben je risque de la perdre.
– Tout le monde a peur, mais ce n’est pas pour autant que l’on perd ou l’on abandonne. Lorsque tu ne sauras plus quoi faire comme tu dis, c’est elle et son expérience personnelle qui entreront en jeu. Je serais prêt à parier que plus d’une fois tu n’as pas su quoi dire, quoi penser. Mais elle a su changer ça. C’est ça l’idée, à partir du moment où il existe un duo, couple ou non, lorsque l’un arrive dans ses limites, l’autre prend le relai et ainsi de suite. Ce n’est que si personne ne se dit plus rien, que là, il faut penser à changer ou à abandonner.
– Mais quand je te regarde toi, ça parait si simple, si évident. Pourquoi ce n’est pas comme ça avec moi ?
– Maintenant ça parait simple, avant j’avais les mêmes craintes que toi. Se dire qu’à chaque action que tu fais, rien ne te prouve qu’elles soient assez efficaces pour lui monter ce que tu ressens pour elle.
– Arrête ! Tu vas finir par me faire déprimer.
– Mouais, tu sais quoi, je vais te dire une chose. Crois en toi. C’est dur à admettre, c’est dur à faire. Mais si tu y arrives, ça se fait tout seul. Ces craintes disparaissent. Sinon, au lieu de me les opposer, tu les lui opposes. Personnellement je l’ai fait et je ne m’en plains pas.
– Ouais, tu penses que je devrai le faire ?
– Je ne pense pas, j’en suis quasi sur. Fais-moi confiance.
– Bon, tu veux que j’aille appeler les autres ? Pour qu’ils voient ton carnage ?
– Non, demande-leur juste de regarder, au moins, je les appellerai si j’ai besoin d’eux.
– Bonne chance ! »
Après notre petite discussion, je me suis présenté devant la grande porte de sa cité. Deux gardes intrigués m’interpelèrent.
« Arrête-toi ! Qui es-tu pour te présenter ici ?
– Celui qui va vous anéantir un par un, ouvre-moi, je veux voir Akziel.
– C’est ça. Quel est ton nom ? reprit le second.
– Je me présente, Leo Kryssen, fis-je en m’abaissant pour saluer leur cupidité, amenez-moi votre chef !
– Tiens, tiens, voilà qui se représente devant moi. Qu’est-ce que tu veux ? répliqua Akziel débarquant sur le haut de la porte accompagné par deux femmes.
– Ta tête. Descends et montre-moi ce que tu vaux !
– Bien, avancez l’armée, il faudra que tu leur passes dessus avant ! répondit-il avec un rire cynique.
– Je l’attends. »
Déterminé, rien ne pouvait me faire peur. Je savais qu’il ne descendrait pas lui-même et qu’il garderait son armée pour me vaincre plus tard. Il m’avait envoyé quelques humains, déjà démonisés. Éliminés en quelques secondes.
« Tu n’as que ça ?
– D’accord, tu veux jouer les durs !
– Je te rappelle que je suis tout seul, alors envoie-moi plus que ça !
– Garde d’élite ! »
Un millier de soldats en armures, solides, mais pas très futées. J’ai surabusé de Rebellion et ces deux formes démon et ange pour les éradiquer, frappant un coup à gauche, un à droite. Aucun ne me résistait. Pourtant je sentais quelque chose qui n’allait pas. Jusqu’à ce que deux soldats en armures lourdes avec deux immenses lances viennent me pendre par les épaules.
« Ah, tu te sentais malin hein ! Je t’en foutrai moi tu vas voir. J’ai trouvé quelque chose que tu craignais, toi le grand nephilim. C’est des amures créées avec un métal inventé par ceux de la tribu Onyx d’Ovia. Apparemment tu n’as pas l’aire d’aimer ça ! Mais ce n’est pas tout, je te ramène un antidimensionnel ! Je crois que là tu vas apprécier le spectacle. »
Jamais je n’ai perdu espoir, même à ce point où j’étais en mauvaise posture, je savais que je m’en sortirais. Ils avaient planté leurs armes dans mes épaules, me bloquant les bras. Mon sang coulait presque à flots, mais ça ne m’inquiétait pas plus que ça. C’était une voix qui m’avait convaincu de ce que je disais. Cette voix frappante et vibrante qui disait.
« Shadow Flash »
Mené par un flou blanc et noir, c’était une longue vague de lumière jaune qui est venue frapper le démon qui s’avançait vers moi, terminant par une explosion derrière son créateur crachant de la fumée sur toute la longueur qu’il avait parcourue. Un souffle glacial vint geler mes deux bourreaux, me permettant ainsi de me libérer et me régénérer.
« Leo ? Ça va ? me demanda Chester qui venait d’arriver.
– Oui. Je vais bien en t’en fais pas. Me transformant.
– Un peu plus et t’y restais. La prochaine fois, appelle-nous ! fit Grey, habillé comme le fantôme que j’avais vu le jour du retour de Nikki.
– Le vieux se bat avec une canne, magnifique ! répliqua-t-il en riant.
– Ce n’est pas une canne, c’est bien plus.
– J’imagine.
– OH ! Pendant que vous blablatez, vous savez que je m’emmerde moi ! Je t’envoie un nouveau cadeau. Les élémentaliens ! »
Guerriers formés d’éléments, de matière, mais rien de plus. Ça ne vit pas, je ne savais même pas comment ils arrivaient à bouger. Une fois de plus il s’imaginait m’éliminer avec ça, mais il néglige tout, encore et toujours. Mon pouvoir des enchainés me permettait le contrôle des éléments. J’ai puisé ma force dans le sol, pour dématérialiser les soldats en tête de ligne et en prendre le contrôle, le faisant voler autour de moi qui avais pris une position surélevée pour impressionner.
« NON ! Pourquoi est-ce que tu arrives à faire ça ?
– Parce qu’encore une fois, tu ne fais que te regarder, sans t’occuper de la vraie nature de tes ennemis. Répliqua-t-il, ouvrant les yeux, remplaçant les lunettes par les tatouages qui comme mes yeux brillait de cette lueur qui caractérise l’énergie des Saory. »
J’ai repris toute cette force, pour plaquer tout ce que je contrôlais au sol, détruisant tout le reste de l’armée qui s’étendait sur dix mètres carrés. Le seul qui restait était un capitaine de troupe, plus gros et plus solide.
« Jamais tu ne l’élimineras ! J’en fais la promesse !
– Regarde et admire la force des enchainés ! »
J’ai récupéré tous les morceaux des soldats qui gisaient sur le sol, les entassant autour du chef, offrant toute ma force à créer une immense pression sur son corps pour finir par le faire exploser en miettes.
« Pourquoi ! NON ! Pas encore ! Je refuse !
– Ça ne te sert à rien de rager, viens plutôt m’affronter en face.
– Non, non… J’ai mieux, beaucoup mieux.
– Encore un moyen pour te défiler ! Trouillard !
– Que l’on ouvre les portes. Faites sortir l’armée impériale !
– Euh, je ne le sens pas là. T’es sûr de vouloir t’y coller seul ?
– Ne t’en fait pas frérot, je gère. Je vais m’amuser. »
L’armée impériale, l’armée du grand seigneur des ombres. C’était la plus grande armée que ce monde n’ait jamais connue. Elle ne lui appartenait pas, mais il l’avait gagné, obtenu en vainquant le chef de cette planète. Riealis, son peuple nait guerrier et meurt guerrier. Il en possédait la plus grande partie, soit cinq fois la population totale de la Terre. Trente-cinq-milliards de soldats, tous sur moi. J’avais confiance en ma force et ma puissance, aucun ne me résistait, aucun ne repartait vivant. C’était un déshonneur pour eux de s’enfuir. Je ne forçais pas sur mes capacités et mes armes, seulement ma vouge double et son pouvoir électrique. Chester et Grey qui avait pris une position surélevée à cause du nombre d’ennemis ne voyaient qu’un flot dominant de gris et, au centre, un espace dans lequel je me bâtais, n’apercevant que ma lame et ces vagues électriques qui pouvaient en sortir. C’était un vrai carnage et pourtant toujours plus de soldats arrivaient sur moi. Augmentant leurs forces de frappe, leurs vitesses leurs nombres sans pouvoir me surpasser l’utilisation de la totalité de mes pouvoirs. Je sentais Akziel rager, voyant sa plus grande force se faire décimer. « Aller ! Décimez-moi ce traitre. » Et ils arrivèrent plus vite, plus nombreux, plus fort. Petit à petit ils arrivaient à me surpasser, certains m’atteignaient, me touchaient une fois sans pouvoir réessayer une seconde fois. Puis ils continuaient, gagnant doucement du terrain, me devançant, s’approchant encore plus, toujours plus. Jusqu’à une ultime attaque de leur part qui vint me couvrir totalement. J’étais dessous, quelques secondes, laissant le temps à Akziel de croire qu’ils m’avaient vaincu. Mais il me restait une chance. Toshiie. Son appel provoquant à chaque fois un immense éclair venant du ciel pour me frapper, il élimina ceux qui avaient eu le malheur de se trouver au-dessus de moi. J’avais déployé les deux épées, jonglant entre leur aspect détaché et attaché pour éliminer plus ou moins vite les ennemis restants. Changeant quelques fois pour le chronosceptre pour faire plus de dégâts. Dix minutes plus tard, il ne restait plus que moi, au milieu d’un tas de trente-cinq-mille démons. Debout, face à mon ennemi principal, les bras le long du corps, mes épées à la main, les yeux fermés.
« NON ! Encore, pourquoi !
– Il te manque encore quelque chose mon frère.
– Quoi ? Dis-moi, avoue-moi la source de ta puissance !
– La sagesse », répondit-il, entourant son corps d’une fumée blanche et dirigeant son regard vers lui.
« Ah ! Tu veux de la sagesse ! Amenez-lui les mages. Tu ne les vaincras jamais. Ce sont les derniers esclaves de ta pauvre et chère tribu Onyx.
– Pourquoi continues-tu à t’obstiner… »
Des guerriers aux pouvoirs inimaginables. Pourtant aucun n’arrivait à me devancer. J’avais fait appel aux âmes damnées, divisant le groupe en quatre pour les moins puissants. J’avais une âme de plus, celle qui créait mon ombre. C’était la plus puissante de toutes. Je l’ai détaché et envoyé sur le dernier, le meneur. Elles avaient fini par toute se rejoindre derrière moi, me surplombant légèrement. Guidé par mon ombre. J’avais les yeux qui crachaient une fumée blanche et brillante, contrastant avec celle qui soufflait dans mon dos.
« Tu ne changeras donc jamais.
– Ah ! Non, je n’abandonnerais pas face à un minable comme toi.
– Minable. Descends. Je te montrerai qui est minable, lui répondit-il en rappelant ses esprits.
– Laisse-moi une seconde », répliqua-t-il en descendant je ne sais où et réapparaissant quelques secondes plus tard en face de moi, « Viens, je t’attends.
– Pitoyable »
Quelques secondes plus tard, j’étais déjà devant lui, je l’avais bloqué dans la mâchoire de ma lance que j’avais plantée dans la paroi du bouclier de la cité, les lames volantes au-dessus de sa tête.
« La prochaine fois, tu diras à ton propriétaire de venir lui-même, pas d’envoyer ses sbires incapables de se battre, reprit-il avant de lui couper la tête, pourquoi est-ce que tu ne veux pas venir m’affronter. Tu as enfin pris conscience que je suis plus fort que toi, ou est-ce que le grand guerrier Akziel a enfin peur de moi…
– Jamais, tu m’entends jamais je n’aurais peur de toi !
– Alors, viens, je t’ai déjà affronté une fois, j’espère que cette fois-ci tu seras plus solide.
– Comme tu voudras. »
Il fit ouvrir la porte de suite, pour me montrer que c’était bien lui qui descendait. Il se faisait déplacer par des soldats portant son trône. Un siège massif en argent, orné de sculptures de serpents, de têtes de mort et deux démons sur les côtés du trône. Il fit signe à ses serviteurs de le déposer et de repartir.
« Il faut toujours que tu en fasses trop. Tu ne sais pas rester modeste.
– Parce que tu te crois mieux ? Monsieur, j’ai un costume super chargé !
– Pourquoi continues-tu à être borné ? Je ne suis plus Leo. Toi qui n’as jamais cru aux anges, de pauvres fous qui ont tout perdu que tu disais, c’est bien ça ?
– Ce ne sont que des légendes. Tout le monde sait qu’elles ne sont pas vraies.
– Il y a une légende qui dis que Leo à un frère aussi, répliqua Chester, se posant à côté de moi. Et que lui aussi aurait un ange, reprit-il en changeant de forme.
– Non… Ce n’est pas possible !
– Je me présente, Toshiie Shin Zhao, l’Ange aux mille visages. Et voici mon frère, Hanzo, l’Ange de glace.
– Comme c’est mignon, il vient avec toute sa famille. Il ne manquerait plus que l’idiot qui suit toujours Leo.
– Laisse-moi le temps ! fit Sieg s’écrasant de l’autre côté, tu ne pensais quand même pas que j’allais le laisser s’amuser tout seul ! reprit-il en changeant d’apparence à son tour. Elidian, Ange psychique. »
Ils étaient tous venus, les autres étaient restés en retrait, au-dessus de nous, menés par Keiji.
« Tu ne crois toujours pas aux légendes mon pauvre ami ?
– Attends une minute, ça n’a aucun sens, comment veux-tu si…
– S’il manque sa femme. Elle est de retour, rassure-toi Akziel. Moi non plus je ne t’ai pas oubliée.
– Non, je ne me laisserai pas battre comme ça ! Moi aussi j’ai des alliés. Et je vais te prouver que toi et ton père avez fait le mauvais choix à ne pas venir avec moi.
– C’est ce que l’on va voir ! »
Un combat de ce type, on en avait déjà fait des centaines, voire des milliers, mais seulement un ou deux, face à lui. Il avait toujours un avantage numérique sur nous, mais pas cette fois-ci. Nous étions quatre sur Akziel et les autres avaient chacun un ennemi. Chester, Sieg, Nikki et moi. À nous quatre nous avions les pouvoirs nécessaires pour l’anéantir, déjà pour pouvoir lui tenir tête. C’était un guerrier de puissance, qui se battait avec d’immenses armes, presque plus grosses que lui certaines fois. Mais il lui restait un avantage face à moi. La vitesse. « Alors Kryssen, tu ralentis ou est-ce moi qui vais trop vite pour toi ? » Il se vantait de tout ce qui lui donnait un léger avantage. Et malgré tous mes efforts, il arrivait à être plus fort que moi. On s’est battu durant des heures, sans relâche contre lui et ses démons. Chacun avait vaincu le sien pourtant nous quatre n’avions pas encore abattu Akziel.
« Vous n’êtes pas assez fort à quatre pour m’éliminer. Pathétique ! J’ai envie d’en finir avec vous, fit-il en se mettant à nous courir autour, assez vite pour nous empêcher de sortir de son cercle. Attrape-moi si tu en le courage !
– Pourquoi crois-tu que tu peux encore me battre ? Tu n’as donc toujours rien compris.
– À quoi penses-tu Leo ? demanda Chester.
– Éloignez-vous, je me charge de lui.
– Non je refuse que tu te sacrifies pour le tuer ! répliqua Nikki.
– Emmène-la…
– Le pauvre chou, il veut protéger sa femme, comme c’est touchant. Répondit Akziel.
– Je vais te monter ce qu’est le véritable pouvoir d’un ange ! »
D’un coup, tout autour de nous s’est assombri, le ciel s’encombra de nuages, ne laissant qu’un léger espace, créant un rayon de lumière venant m’éclairer. J’avais perdu le contrôle du corps et je devenais spectateur de que ce Toshiie provoquait. Il s’est mis à réciter un sort, ou quelque chose dans le genre, en Aldorien, ressemblant à l’appel de mes styles de combats. Il avait replié les lunettes, les yeux fermés, fixant le sol il continuait sa prière. Il se tenait droit, le chronosceptre à la main droite, un côté posé au sol derrière lui, l’autre main devant son torse. Les lames volantes avaient changé de main de contrôle pour passer à la gauche. Son bras droit commençait à s’illuminer, l’arme qu’il tenait aussi. Puis arrivèrent des anneaux semblables à ceux que j’utilisais pour me régénérer, mais ceux-ci étaient jaunes, tournaient sur eux-mêmes. Certains étaient décorés de plumes qui ressemblaient au style des sangles de mon costume. Mais ce sort visait principalement l’arme. Le chronosceptre ressemblait à une clé à molette double face, qui avait la longueur d’une lance. Cette magie l’avait transformé un peu. Les deux mâchoires n’étaient plus attachées au manche, mais flottaient comme magnétisées, reliées au manche par des éclairs qui claquaient de temps à autre. Elles avaient pris une couleur dorée, striées par des bandes lumineuses bleues. « Empty Promises. Tu as perdu, mon fils » ce sont les dernières paroles qu’il avait prononcées avant de frapper son sceptre au sol, ralentissant tout autour de lui dans une sphère de même couleur que son bras. Il m’a rendu le contrôle en disant : « C’est ton combat, ce n’est plus mon fils. » J’ai rattrapé mon arme, stoppé Akziel dans sa course qui avait perdu toute son utilité à cette vitesse. Le cou bloqué dans les deux mâchoires de la lance. J’ai continué l’élan de mon coup, plaqué le traitre au sol, brisant le changement temporel.
« Une fois de plus, tu te laisses borner par tes idées !
– Je… T’interdis… Papa…
– Ton père a toujours valu mieux que toi. Tu es et resteras la honte de ta famille. Pourquoi continues-tu à te perdre dans les ténèbres ?
– Parce que tu crois que toi, guidé par la lumière tu veux mieux que moi ! répondit-il en essayant éperdument de se libérer.
– Pas forcément, fit Grey s’approchant, mais lui, a su voir le meilleur de ce monde. Toi tu t’entêtes à vouloir la destruction du monde et des populations pour ton bonheur, mais tu ne vois même pas que tout ce que tu réussis c’est ton malheur et ta perte.
– Je t’ai laissé plusieurs fois ta chance, ton père aussi. Je t’en laisse une dernière. Celle de revenir à la raison, d’ouvrir les yeux. Mais si tu ne changes rien, c’est la guerre que tu déclareras à L’Ordre. Et je te promets que tu périras sous ma lance ! répliqua-t-il en le replaçant sur son siège, reviens me voir lorsque tu pourras prétendre me battre, non pas dans tes rêves. En attendant, je te conseille de t’écraser. On saura se passer de toi ! reprit-il en le renvoyant dans sans château avec un éclair lancé par sa lance.
– Non, NON ! Je n’ai pas encore fini ! dit-il, volant sur son trône et s’écrasant dans son manoir.
– Je sais, je sais…
– Est-ce vraiment toi qui ne veux pas le tuer tout de suite Leo ? demanda Grey.
– Non, j’ai l’impression que son père veut le faire souffrir encore plus et lui faire payer sa trahison. Je… Excusez-moi… reprit-il en s’envolant.
– Leo attend ! » fit Nikki essayant de le suivre.
Vous n’avez pas l’impression que les choses vont trop vites certaines fois, que vous ne maitrisez pas ou plus ce que vous faites, mais que même malgré cette impression, le résultat est pourtant bien, voire même meilleur que ce que vous espériez ? Des tonnes de fois cette impression était présente chez moi, à l’arrivée de Leo, sa première apparition quelque peu étrange et brutale. Mon voyage dans le futur et tout ce qui a pu suivre. C’était à la fois quelque chose de nouveau, mais aussi quelque chose que je ne contrôlais pas totalement. Puis, plus ma fusion avec les occupants de mon corps se faisait, plus je sentais que rien ne m’échappait, tout était sous mes doigts, tous mes actes, étaient signés de ma main, non plus de celle des autres. Certaines fois j’en arrivais à me demander si je n’étais pas en train de mourir, pour laisser place à Leo, ou que je prédominais sur lui en profitant de ses pouvoirs. Mais une fois de plus le temps m’avait convaincu et fait voir la vérité. Chaque être, chacun égal, presque si tous n’étaient qu’un, moi.
Pour la première fois, j’étais parti bien plus loin, plus tranquille. En Chine, dans le château de Leo. Je suis entré dans le long jardin dans lequel il se battait avec son frère, qui maintenant ressemblait plus à une immense cour.
« Tu penses que je j’agis sur ce que tu fais ? demanda Yukon que j’entendais pour la première fois.
– Je me demande surtout si je fais les bons choix, si je n’aurais pas mieux fait de l’anéantir lorsque je le pouvais.
– Et lui donner la joie de pouvoir pourrir en enfer tranquille. S’il le fallait, si on n’avait aucun autre choix, je t’aurais aidé à le faire. Je veux lui faire payer tout ce qu’il a fait, comme vous, comme toi.
– Alors, pourquoi ne pas l’avoir tué en le martyrisant ?
– Parce que je ne le peux pas. Je n’ai aucun contrôle, je ne suis qu’une âme. Seuls toi et Leo pouvez agir réellement. Même Toshiie ne vit pas comme vous, il n’est qu’un aspect de la personnalité de Leo, il a offert sa vie pour qu’un élu, pour que vous puissiez mettre fin aux horreurs de ce monde.
– Tu veux dire, je n’ai pas besoin de me soucier que ce que je fais ?
– Tu peux le changer en revenant en arrière. Si tes choix sont mauvais, les autres seront là pour te montrer le véritable chemin. Aucune de tes actions jusqu’ici n’est à refaire différemment. Crois-moi.
– Adam, je savais que je te trouverais ici. Fit Virginie arrivant dans la cour.
– Ne te soucis pas te des actions, aucune ne peut être mauvaise. Même si elles te le paraissent par leurs effets destructeurs, ce que tu obtiendras plus tard sera toujours meilleur. Je te laisse mon ami. Aie confiance en moi, je ne veux que la même chose que toi.
– Pourquoi est-ce que tu es parti si vite ?
– J’avais besoin de réfléchir. Loin de lui… Je suis content que tu sois venu me voir.
– Tu savais très bien que je ne te laisserais pas t’en aller. Qu’est-ce qui te tracasse ?
– La peur, de faire les mauvais choix, de mettre notre planète en danger à ne pas vouloir l’anéantir maintenant.
– Pourtant c’est ce qu’aurait voulu votre père…
– Heureux de voir que vous avez retrouvé vos origines Monsieur.
– Je, vous connais, vous étiez le domestique de mes parents.
– Mais je le suis toujours mon ami, tant que vous serez en vie. Sans moi cette bâtisse ne serait qu’un champ de ruine même après sa rénovation.
– Victor Sanders. Content de voir que vous êtes encore parmi nous, répondis-je en m’agenouillant devant lui.
– Épargne-moi tes bonnes marnières gamin, répliqua-t-il en me prenant les mains et me relevant, moi aussi je suis content de te revoir. Venez, ne restez pas dehors, j’ai préparé quelque chose à manger.
– Si mademoiselle veut bien, repris-je en montrant le chemin de la porte.
– Oh, moi je les aime bien tes bonnes manières Adam.
– Je le sais, c’est bien pour ça que je les garde.
– Tu aurais tout de même pu me donner de tes nouvelles Leo.
– Je n’aurais jamais imaginé que vous étiez encore en vie. Puis j’avais presque tout oublié, je ne savais rien de mes origines, de mon enfance, jusqu’à ce que je retrouve mon frère. Sans lui je ne serais pas là, mais pas que lui, sans tous ceux qui ont crus en moi, même toi, je ne serais pas ici, je ne serais jamais allé si loin », repris-je, m’asseyant dans un fauteuil et prenant ma princesse sur les genoux.
« J’aurais pu savoir que tu avais trouvé une jolie femme, il ne manquerait plus que tu t’installes ici et que tu aie un petit dont il faudrait que je m’occupe.
– Sois patient mon ami, ça viendra, mais j’ai d’autres choses bien plus pressantes que ça à régler.
– Il est toujours parmi nous. Si seulement on avait pu l’arrêter avant. On n’aurait jamais dû le laisser plonger et lui retirer ces pouvoirs lorsqu’il était encore temps.
– Pourquoi ? Attends, je croyais que seuls les Dieux Saory pouvaient nous supprimer nos pouvoirs et nous passer simples soldats de l’armée ?
– Tu as raison Leo… répondit-il en regardant à travers la fenêtre, j’ai fait partie du conseil, avant et après la naissance de ton père. J’ai lâché ce poste lorsque j’ai voulu rejoindre ta famille, pour les protéger d’Akziel, mais je n’ai jamais pu. Mais comme tu le sais si bien, certaines choses ne doivent pas être réécrites.
– J’ai du mal à comprendre, vous saviez que je m’attaquerais ensuite à lui ? Pourquoi avoir abandonné les Saory alors ?
– Je ne les ai jamais abandonnés. Au bout d’un certain temps, les maitres du conseil ont le droit de lâcher leur siège et de choisir une autre vie. Seulement très peu le font, parce que très peu estiment qu’ils ont assez acquis pour partir. Ceux qui comme moi ont changé de vie ont une place d’autant plus importante. Même si officiellement je ne fais plus partie du conseil. Et oui, je savais que certaines choses se passeraient comme ceci. Grâce à son père qui avait vu qu’il irait droit dans le mur. Le conseil a choisi deux personnes pour l’empêcher de nuire, deux enfants prometteurs qui de plus, avaient une personne de confiance comme protecteur. Vous deux.
– Mes parents connaissaient ton origine ?
– Non, je ne leur ai jamais dit. Mais comme tu dis, sans moi tu ne serais pas ici.
– Vous avez presque tout fait pour moi, n’est-ce pas ?
– Beaucoup du moins. Laisse-moi te raconter. Après le choix de vos deux personnes pour détruire Akziel, il me fallait vous protéger et m’assurer de votre sureté. Ton frère était bien plus déterminé et solide que toi, c’est pour ça que je t’ai toujours aidé à avoir confiance en toi. Depuis vous avez chacun des domaines où l’un bat l’autre. J’ai conseillé ton père sur les choix qu’il a faits, lorsqu’il est parti. Seulement je ne m’attendais pas à ce qu’Akziel s’attaque à toi, mais plus à ton frère. Je sais que cette chose a été changée, Taigon t’a aidé pour l’arrivée de Toshiie. Lorsque tu es parti pour la Terre, là encore je suis entré en action. Le conseil a accordé l’élévation à Toshiie, il a demandé mon avis sur la personne à qui donner l’entité de Yukon, ils voulaient nommer mon fils et je les ai laissé faire parce qu’il était le mieux placé et que j’avais confiance en lui.
– Sieg est…
– Mon fils oui, comme tu dis mon ami, le monde est petit. Ensuite c’est moi qui ai choisi les autres membres de L’Ordre. Du moins du tien. Je crois que c’est tout, c’est déjà pas mal pour un vieillard comme moi. Mais ce n’est pas de moi qu’il fait s’occuper, mais de vous, vous deux. J’espère que tu continueras l’honneur que porte ta famille.
– Toujours, j’y tiens et je le garde. S’il le faut, je resterai perdu dans les ténèbres pour le protéger.
– Tu es génial Adam, ce n’est pas la gloire qui t’intéresse, mais tout le reste.
– La seule chose que je souhaite, c’est que l’on connaisse ce que j’ai fait pour ce monde, même s’il ne s’en souvient pas, lui assurer la sécurité, à eux, à nous. À toi et le fils ou la fille que j’aurais un jour grâce à toi. »
Isolé, tranquille. Je ne me suis plus soucié de ce qu’Akziel pouvait faire, penser ou même vouloir. J’étais bien, éloigné de tout, de tout le monde. J’y étais resté quelque temps, malgré les vacances que j’avais prises un peu avant, je crois que j’avais besoin de m’éloigner, surtout de lui. En attendant, j’étais chez moi, avec ma copine et une des seules personnes qui avait eu une relation avec ma famille encore vivante. Il m’avait d’ailleurs appris deux trois petites choses, le contrôle du ralentissement temporel jusqu’à même le figer. La téléportation chronologique entre notre monde et les autres comme les limbes. Et quelques petites choses sur mes pouvoirs personnels.
Tout était bien, rien pour me déranger. Mercredi 12 juin 2013, je ne m’occupais toujours pas de ce qui pouvait se passer chez nous, juste de moi et ma princesse.
« Tu veux passer toute ta journée au fond du lit ? Me demanda Virginie déjà levé.
– Oh ! Tu sais, si tu étais avec moi je le ferais avec plaisir ! répondis-je encore un peu endormi.
– Fainéant va. Ne le lève pas à midi non plus, d’accord.
– Ne t’inquiète pas, je serai levé. Il me faut juste un peu de temps…
– Je te dérange peut-être ? demanda Sieg arrivant dans la chambre.
– Tiens, Sieg, comment vas-tu ?
– Bien. Mais je crois que ça n’importe pas tant que ça pour l’instant. On a un problème plus grave.
– Ah, du genre ? Catastrophe mondialement catastrophique ?
– Arrête tes blagues. Akziel a remarqué que tu étais parti.
– Mais non, il s’est juste décidé à agir. Tu vas me dire ce n’est pas trop tôt.
– Non là non. Je crois qu’il est déterminé à nous anéantir !
– Mais non, juste nous déclarer la guerre. Il a enfin ouvert les yeux, du mauvais côté, mais bon.
– Leo, ton petit déjeuner, au lit ou ?
– J’arrive Vic. J’arrive.
– Vic ? reprit Sieg.
– Victor, c’est le maitre d’hôtel de mes parents, répondis-je en me levant et m’habillant en téléportant mes vêtements sur moi, viens. Explique-moi, raconte-moi tout.
– Mais, tu ne veux pas te presser un peu, il est peut-être déjà en train de détruire la ville.
– N’y croit pas trop Sieg, répliquais-je en m’asseyant, il va juste déposer une partie de son armée, s’implanter et se donner de la valeur face aux humains. Rien de plus.
– Il n’attaquera jamais, pas tant qu’il ne sera pas installé, posé. Prêt à avancer une frappe puissante, fit Victor.
– Et nous, on démantèlera tous ses plans, un à un, chaque poste, chaque avancée, chaque force.
– Et, si ce n’est pas trop indiscret en quoi vous connaissez la manière donc Akziel va agir ?
– J’ai été membre du conseil Saory. Je le connais bien plus que ce que tu ne peux t’imaginer.
– Ouais, en attendant, moi je retourne là-bas. Rejoins-nous quand tu auras fini.
– Il ne se souvient même plus de moi… Certaines fois je me demande si j’ai fait le bon choix pour lui…
– Je suis sûr que oui. Excuse-nous, mais il faut qu’on y aille. J’essaierai de revenir de temps en temps.
– Au moins, envoie-moi des nouvelles.
– J’y penserai. À bientôt. Mademoiselle.
– J’arrive. C’est parti ! dit-elle passant le portail.
– Ne change rien Leo. Reste comme tu es, reste comme ton père.
– Ne t’en fais pas pour ça. Je ne changerai pour rien au monde ! répondis-je passant à mon tour.
– Prends soin de toi… »
Tout le monde était là, à regarder l’autre commencer son carnage, du moins son arrivée des plus spectaculaires. Il avait transporté toute sa flotte, de celle qu’il utilisait pour détruire les autres mondes à celle qu’il avait pris à son père. Elle formait un immense flot dans le ciel, presque cachant toute la partie visible par le champ de vision d’un homme. En tête il y avait les trois vaisseaux mères. Le sien et les deux de son père. Suivis part de tous types de vaisseaux. Chasseurs, bombardiers, flottes de transport, postes de déploiement. Pour certains c’était un spectacle d’horreur, pour moi juste une déclaration de guerre.
« Si c’est la guerre que tu veux, tu l’auras mon cher. Mais je te promets que tu vas le payer très cher.
– Leo vient voir, me fit Sieg.
– Oui, que veux-tu ? demandais-je en me téléportant à côté de lui.
– Regarde ça », me fit-il en affichant une chaine de télévision sur ses écrans, qui diffusaient encore un discours d’Akziel.
« Mes chers compatriotes. Je le sais, cette armada d’armes peut vous faire peur. Mais si je les amène ici, c’est uniquement parce que vous courrez un immense danger. Je ne veux que votre sécurité. Pour cela j’installe un peu partout sur votre planète, des postes de gardes, ils veilleront jour et nuit à votre sécurité. N’en ayez pas peur, ils ne vous feront jamais de mal. Sauf si vous osez vous ranger du côté de Kryssen. Chaque traitre qui osera prendre parti avec lui sera assassiné sur le champ. Personnellement je resterai ici, pour essayer de contrer ses attaques directement, pour votre bien. N’ayez aucune crainte. Je ne le laisserai pas vous anéantir !
– Ça, c’est certain, c’est toi qui le feras à ma place sale menteur. Il va me rendre dingue.
– Tu penses que ton ami, l’ancien maitre du conseil pourrait essayer de nous avoir leurs faveurs.
– À quoi penses-tu dans leurs faveurs ?
– L’armée Saory, avec elle il n’a aucune chance. Même sans il y a des chances qu’il soufre bien.
– On va casser sa maudite armée. Mais s’il le faut, on fera appel à eux.
– Je n’ai plus rien à perdre, n’hésite pas à détruire les plus puissantes armes qu’il a pu me voler, tu ne feras que le faire rager. »
Je m’étais installé devant une des fenêtres du labo de Sieg. Il n’avait presque rien installé chez nous, tout était éparpillé aux quatre coins du globe. Ce n’est que le lendemain que les pays du monde se décidèrent à organiser une de leurs réunions de L’ONU, l’Organisation des Nations Unies, à laquelle j’étais d’ailleurs invité. Parce que bien sûr, j’en étais le sujet principal.
« Tout ceci est de votre faute, Monsieur Kryssen !
– Quoi, ma faute ? Vous pouvez me prouver votre connerie ?
– Si vous n’étiez pas ici, notre planète serait encore sans danger !
– Si je n’étais pas ici comme vous dîtes si bien. Il serait venu et vous aurez déjà éradiqué sans même vous laisser une chance de vous battre.
– Nous avons l’arme nucléaire. Il ne peut pas nous toucher ! fit un second chef d’État.
– C’est ça, votre magique arme nucléaire. Tout ce que vous réussirez avec cette merde c’est de vous éliminer vous-même. Aucun habitant de notre planète ne craint les radiations atomiques.
– Alors que faire ?
– Il y a quelques années encore vous ne vouliez pas admettre qu’il existe des formes de vies extraterrestres. Pourtant ici comme partout ailleurs certaines personnes sont des étrangères. Pour ma part, je suis arrivé chez vous en 1153, mais d’autres sont là depuis bien plus longtemps. Les dieux que vos religions vénèrent ne sont que des habitants d’une autre planète. L’un des peuples les plus puissants certes et la première civilisation de notre galaxie. Encore une fois vous ne m’aidez qu’à penser que vous êtes bornés et pensez qu’à vous-même. Parce que je suis ici, et parce qu’il veut me faire souffrir, il vous laisse une chance de survivre. Dans le cas contraire, vous seriez déjà comme Ovia depuis des milliers d’années. Je ne vous demande pas de vous battre contre lui ou contre ses soldats. J’ai conscience que vous n’auriez aucune chance. Je me chargerai de l’éliminer, moi et tous ceux qui peuvent se battre contre lui et j’essaierai d’assurer la meilleure sécurité possible pour vos populations. En échange je veux vos soutiens.
– Financier ?
– Humain, je me fiche de l’argent, je n’en ai pas besoin. Je veux que vous rassuriez vos populations, je ne suis pas là comme un destructeur, mais juste pour l’éliminer lui. Pas vous.
– Pourquoi ne pas le faire vous-même ? C’est vrai, vous auriez toujours plus de force de parole.
– Certes, mais ils ne me croiront jamais. Après tout ce qu’il a pu dire sur moi, les seuls qui aient encore confiance en moi c’est vous. Et vous êtes les seuls qu’ils écouteront. Je veux que vous leur donniez le choix, ceux qui veulent se battre à mes côtés me rejoignent, ceux qui préfèrent rester neutres qu’ils continuent à vivre normalement et ceux qui le préfère lui, qu’ils le rejoignent aussi.
– En clair vous voulez tous nous tuer.
– Non, jamais. Ceux qui se rangeront de mon côté, je leur offrirai les moyens de se battre avec des armes bien plus puissantes que les vôtres. Je leur assurerais que leurs morts si elle existe ne seront ni vaines ni réelles. J’ai les moyens de leur offrir une vie, loin d’ici. Ils reviendront une fois que nous aurons terminé. Ceux qui choisiront l’ennemi, je leur offrirai un moyen de se faire pardonner.
– Mais vous êtes sûr de pouvoir l’arrêter ?
– Vous pensez vraiment que je m’emmerderai à être là si je savais que j’allais perdre ? Non franchement. Laissez-moi faire et surtout ne vous mêlez pas de ce que je peux entreprendre, encore moins si c’est pour les arrêter. Contentez-vous de faire ce que je vous ai demandé, répondis-je en commençant à partir.
– Et vous pensez vraiment que l’on va rester là, sans rien faire à vous regarder. Je vous ferai remarquer que presque toute son armée est sur Mon Pays ! reprit le président français.
– Oh ! fis-je, soupirant, allez-y, attaquez-le ! Vous serez considérés à ces yeux comme mes alliés et il a promis dans son long et majestueux discours de menteur qu’il tuera tous ceux qui se rangeront de mon côté. Je fais ça pour votre bien, vous savez. Et puis, si vous ne voulez pas me croire, faites, je vous en prie, mais ne venez pas vous plaindre si vous perdez le soutien de mes alliés. Bon courage. »
Ce n’est qu’à ce jour que le monde prenait conscience de ma présence et des effets que cela pouvait avoir sur leurs petites vies tranquilles. Et c’était la première fois qu’une guerre se déclarait, alors que ce n’était même pas eux les déclencheurs. Une guerre d’un autre monde sur leur planète, mais parce que l’assaillant voulait la détruire et que j’étais présent pour l’en empêcher.
Je n’étais pas resté longtemps, juste pour écouter leur petit speech puis j’étais reparti, chez moi de préférence, là où j’avais toujours l’habitude d’aller. En général il n’y avait jamais personne, mais cette fois-ci, Sieg s’y trouvait.
« Tes parents sont arrivés, je leur ai donné un appartement dans ton quartier de la ville.
– Superbe, au moins je n’ai plus à craindre s’il se décide à attaquer sa planète natale.
– Tu sais, je me sens un petit peu comme toi Leo.
– Comment ça ?
– Tu ne sais presque rien de tes parents, à part ce que Chester a pu te raconter. Il te reste quelques souvenirs. Mais rien de plus.
– Où veux-tu en venir ?
– Je me demande même si j’ai des parents moi-même. Oui certes je suis la création de Yukon, l’incarnation de ses pouvoirs légués à Toshiie et principalement à toi. Mais est-ce que j’ai des origines ? Je doute qu’ils m’aient juste créé comme ça, mais je ne sais même pas si j’ai des parents…
– Sieg, tu te souviens de Victor, le maitre d’hôtel de mes parents, repris-je en m’asseyant sur la rambarde, face à Sieg qui était de l’autre côté du plateau, il m’a raconté certaines choses, comme le fait qu’il ait connu Yukon, qu’il suivait mon père et Akziel d’assez prêt sachant la mauvaise influence que l’un aurait pu avoir sur l’autre. Ensuite il s’est intéressé à moi et Chester, du fait que l’ont été les deux qui pouvaient anéantir la plus grande erreur du conseil, celle de ne pas lui avoir coupé ses pouvoirs lorsqu’il devenait dangereux. Il s’est mis au service de notre famille pour nous protéger et nous assurer l’entrainement nécessaire. Il m’a ensuite toujours soutenu, les membres de L’Ordre sont les guerriers les plus prometteurs de notre peuple, il les a aidés à me rejoindre. Mais il n’y a pas que ça. On t’a dit que tes pouvoirs tu les tenais de Yukon, exact ?
– Oui, mais qu’est-ce que tu veux dire ?
– Taigon m’avait raconté pendant que mon léger coma à cause de Toshiie, que c’est Yukon qui t’avait choisis pour récupérer tes pouvoirs et qu’il nous avait fait rencontrer. Sauf que ce n’est pas tout à fait exact. Le conseil a pris la décision pour Yukon, ils ont pensé à toi. Mais ils n’ont pas voulu l’imposer, parce que comme tu le pressens, tous les souvenirs de ta vie avant cette implantation se retrouvent enfouis quelque part, mais tu n’es pas capable de le retrouver. Ils ont demandé l’avis de ton père, qui savait que s’il disait oui, tu deviendrais l’un de mes alliés.
– Attends, j’ai du mal à comprendre, tu voudrais insinuer que mon père est quelqu’un qui… Non…
– Victor Sanders Wahrheit, ton père, ancien membre du conseil Saory…
– Non, je ne veux pas te croire ! répondit-il en retournant sur le plateau principal.
– Sieg attend ! répliquais-je en descendant à mon tour.
– Si tu dis vrai alors pourquoi il ne m’a rien dit, pourquoi il ne m’a jamais demandé mon avis, pourquoi est-ce qu’il m’a toujours laissé croire que j’étais seul sans aucune famille ?
– Je n’en sais rien…
– Je ne t’en veux pas, tu n’y es pour rien, mais, pourquoi a-t-il voulu me le cacher ?
– Peut-être parce qu’il ne cherchait que ta sécurité, mes parents adoptifs ne m’ont jamais dit que j’avais un frère avant que je le découvre moi-même. Parce qu’au final, grâce aux pouvoirs de Yukon, on n’est pas seulement lié, mais presque identique. On a une vie qui se ressemble avec quelques détails.
– Il y a certaines choses dans ce monde que l’on ne maitrise pas, tout nous parait simple, mais quelque chose nous échappe totalement. Répliqua Ariel. Des questions qui resteront peut-être à jamais sans réponses. Pourquoi Akziel est une enflure de la pire espèce alors que son père est l’un des plus grands guerriers aldoriens par exemple ?
– Ne te prends pas la tête pour ça Sieg, on aura le temps d’arranger ça, repris-je.
– Tu as raison. Pendant que tu étais avec tes copains, j’en ai profité pour effectuer un scan de la planète, trouver les points les plus fragiles et les plus stratégiques du système de combat d’Akziel.
– Explique-moi tout.
– Regarde, dit-il en déployant un hologramme de la Terre, tout est sous la forme d’une toile ou le point final est ici, sa cité. Certains sont des leurres, qui ne sont là que pour faire croire aux habitants qu’il est présent. Ceux-ci ne présentent aucun danger réel, il suffira de trouver ce qu’il les produit. C’est un immense réseau ou toutes les tours, poste de commandement, d’armement ou de garde sont reliés au nœud. Le nœud étant intouchable tant que ces derniers sont debout.
– Et tu proposes ?
– Les dégommer ! Sauf que, si on s’y attaque comme ça, on va provoquer une fissure et soit risquer d’endommager la planète à un point critique, soit tuer des milliers d’humains.
– Magnifique !
– Mais il ne parait pas si con que ça le traitre. Une grande partie est vivante aussi dans les limbes, avec des protections restreintes suivant leurs objectifs.
– Du genre ?
– Paris, poste stratégique sept, c’est un dimensionnel, rattaché à un monde de possédés dans les limbes.
– Super, c’est encore pire que sa ville.
– À ce point, parce que j’ai vu l’état de sa ville et c’est bien pire !
– Je sais Virginie, mais là, sa cité au pire c’est lui qui prendra si on n’élimine pas ce qu’il se trouve dans les limbes. Mais sur ces postes, c’est les hommes que l’on va toucher. Je ne peux pas me permettre de prendre ce risque.
– Mais ce n’est pas tout. Reprit Sieg. Tu ne pourras pas détruire toi-même tous les postes. Certains sont adimensionnels et ne subiront que les attaques de type élémentaire ou du genre.
– Donc, au final…
– Tu auras besoin de nous aussi Leo ! répondit fièrement Nabil menant les quatre autres.
– J’avais bien l’intention de vous utiliser ne vous en faites pas. Je me demande si Akziel ne l’a pas fait exprès.
– C’est bien probable frérot, répliqua Chester. Toujours dans le but de t’énerver.
– Alors je lui dis bon courage.
– On commence à le connaitre, à savoir comment il agit, tout ce qu’il voudra faire c’est te massacrer, dehors et dedans.
– Mais si j’arrive à lui faire la même chose avant qu’il ne puisse s’attaquer à moi…
– Tu briseras son égo, le feras rager. Le rendra fou et il ne s’en prendra plus qu’à toi parce qu’en plus d’avoir éliminé ses installations, c’est son cœur lui-même que t’auras rongé de l’intérieur, fit Kévin nous rejoignant avec Sia et Alexia.
– Cette fois-ci Leo, on touche au but, on est arrivé à le faire revenir, l’obliger à t’affronter en déclenchant la guerre contre nous. Nous ne devons pas perdre cette chance de l’anéantir une bonne fois pour toutes. Pour nous, pour eux et pour notre père, reprit Chester.
– Tu as raison, ce n’est même plus une affaire personnelle désormais, c’est tout L’Ordre qui se battra contre ce traitre, pour leur survie. Vous êtes prêt à vous battre. Je ne vous garantis pas une victoire, mais une victoire écrasante. Vous êtes avec moi ?
– Toujours. On t’a toujours soutenu jusqu’ici, on te suivra jusqu’à la mort. Nous sommes prêts à nous battre. Pour notre nation, pour notre honneur et pour celui de L’Ordre ! répondit Christophe se faisant porte-parole du groupe entier. »
Depuis des années, je vois le monde autour de moi et j’ai l’impression de n’être rien, comparé à tous ceux qui m’entourent. Je sais que nous sommes insignifiants dans un si vaste monde que le nôtre, seulement certaines choses nous font dire, ou nous donnent de l’importance, ce que l’on fait, ce que l’on est, ou bien ce que l’on a. De nos jours tout le monde fait son monde autour de ce que l’on possède, et si on ne possède pas ces choses, on est délaissé. On critique ceux qui sont différents, on les rabaisse et on les oublie. Si ces personnes n’arrivent pas à s’imposer, personne ne les respecte. Seulement certaines ne se laissent pas faire. L’homme apprend de ses erreurs. Certains déménagent et changent de vie, d’autres changent leur personnalité, pour montrer leurs valeurs. Personnellement, malgré tous mes amis, j’étais dans ce cas, j’ai utilisé mon aspect arrogant pour m’imposer, j’ai mis en avant mon caractère invivable pour me faire respecter. J’y suis arrivé seulement j’avais toujours cette impression que l’on essayait de m’oublier, que l’on n’en avait rien à faire de moi. Depuis quelque temps j’avais l’impression que l’on me craignait, moi et Leo, j’accorde que j’ai la capacité, surtout la volonté de tuer n’importe qui, leur peur est tout à fait compréhensible. Ce n’est pas pour autant que je me permettrais d’anéantir un peuple dans lequel j’ai posé un si grand espoir, où j’ai consacré la plus grande partie de ma vie à protéger, de toutes menaces qu’ils ne pouvaient pas combattre. Depuis des années je suis sur cette planète, j’ai découvert ce que certains appellent la nature humaine. Cette chaleur dont ils savent faire part, leur côté amical, souriant. J’ai appris à apprécier ce peuple qui est l’un des plus jeunes de la galaxie, car chez eux réside une chose que beaucoup ont perdue à cause des guerres. L’espoir. Cette chose que tout être à étant jeune qui souvent disparait avec le temps. Chez eux, même s’ils perdent espoir en eux-mêmes, ils savent donner leur confiance aux autres, en ceux qui ont encore l’espoir, la détermination, le courage. Beaucoup m’ont offert cette confiance, je ne serais surement jamais arrivé où j’en suis sans ces personnes qui ont su me prouver que j’étais capable, que je pouvais, sans ces personnes qui m’ont toujours aidé, encouragé. Sans celles qui m’ont accompagné. Comme Sieg ou encore Nikki. Ce sont les personnes en qui moi j’avais confiance, en qui je portais de l’espoir et qui en échange, me soutenaient et m’aidaient.
Aujourd’hui les choses ont légèrement changé. Nous ne sommes plus seulement trois comme avant, mais treize prêt à en découdre pour protéger la planète. Chacun avait un rôle précis et chacun jouerait un rôle décisif. J’avais besoin d’eux, car sans eux je ne pourrais surement jamais assurer la sécurité de la Terre.
J’avais retrouvé une vie à peu près normale. Ma femme, mon frère, Sieg, tous mes amis étaient avec moi. J’avais fait la connaissance de deux personnes dont les connaissances me seront fortement utiles comme Grey et Crimson. De nouveaux amis et alliés, Sia, Alexia, Kévin et Ariel. Nous avions en plus, les pouvoirs des anges, de ces guerriers aux pouvoirs dépassant l’imagination. Et la face du monde avait été transformée depuis mon retour grâce à Adam. D’abord la Tour qui avait pris l’aspect dédié aux anges, puis cette petite ville tranquille, la citée d’Akziel qu’il avait implanté, la Citadelle des anges. La maison de mes parents dont le maitre d’hôtel était le père naturel de Sieg. Cette maison qui deviendra la mienne une fois cette bataille terminée. Enfin, bataille, ce sera plutôt une guerre, une guerre interminable entre deux ennemis qui se détestaient depuis des années et qui allait encore durer un bon moment.
Cette guerre, aussi longue soit-elle, sera la dernière, ma dernière. Mais je ne faisais que la commencer. C’est une fin que j’amorçais, la fin d’un traitre et tyran. Sun Kazakov Akziel.