Si j’avais mon propre monde
Je le remplirai d’amour et de désir
Et du passé plein de gloire que tu admires
Et des voix d’enfants marchant dehors, des chiens
Des oiseaux, des avions, des arbres et des voitures
Si j’avais mon propre monde
Je l’aimerai pour tout ce qu’il contient
Il n’y aurait plus de guerres, de mort ou d’émeute
Il n’y aurait plus jamais de parking empli par la police,
Des flingues, des bombes faisant du bruit,
Si j’avais mon propre monde
Je t’y construirai un empire
D’ici jusqu’aux terres lointaines
Pour répandre l’amour comme la violence
Laisse-moi sentir ta présence, t’amener plus haut
Regarde nos mots répandre d’espoir comme le feu
Et les foules secrètes qui s’accroissent et se rassemblent
Écoute tes voix rechanter plus fort
Si j’avais mon propre monde
Je te montrerai la vie qu’il y a à l’intérieur
Le chemin qui rayonne quand tu le trouves
La manière dont il survit avec ses familles,
Ses amis ou ses ennemis
Allons en faire un nouveau monde
Je te jure que tu peux aller là-bas si tu veux
Je sais que tu l’as à l’intérieur de toi
Allons inventer le premier propre et utilisable,
Plus grand miracle de Dieu
Si j’avais mon propre monde
Je te construirai mon empire
D’ici jusqu’aux terres lointaines
Pour répandre l’amour comme la violence
Quelle est la plus grande souffrance de l’homme ? La guerre ? Lui-même ? Aucun de ceux-ci. Son seul souvenir peut détruire un homme de l’intérieur. Cette chose si précieuse pourtant s’ils relatent de bons moments, peut être ravageuse si elle renvoie à la mort, ou n’importe quelle autre souffrance morale. La seule échappatoire serait de pourvoir cacher, modifier ou supprimer ces douleurs mentales.
Ariel Monteiro. 1789
Tout change, plus rien aujourd’hui ne subit pas, ou plus l’avancement de la technologie. Même l’homme se métamorphose. Mais si, souvenez-vous. Moi dans le futur, à l’époque d’Adam Pearce, les augmentations révolutionnent la façon dont l’homme vit, en tout cas ça m’a toujours bien servis. Tout subit l’évolution du temps et des idées des génies créateurs de leur monde. Pourtant même cette civilisation qui est la plus jeune de la galaxie, est l’une des plus évoluées, celle qui a su avancer d’elle-même plus vite que toutes les autres. Beaucoup critiquent leur propre société, même si je suis d’accord dans l’idée que l’État ruine le monde, s’ils comparaient leur mode de vie à ceux des autres civilisations, je doute qu’ils gardent le même avis.
J’en ai vu des choses évoluées dans ma vie, je commence à avoir une certaine connaissance acquise grâce à mon âge important. Mais ces derniers temps, tout est allé bien plus vite que je n’aurais jamais pu l’imaginer. Même les habitants de la Terre ne savent pas comment réagir. Je les comprends, leur planète se fait attaquer par une forme de vie extraterrestre, mais pourtant semblable à la leur. Et le seul qui prétend pouvoir éradiquer cette menace n’est pas humain non plus. Pour dire, ces deux sont originaires de la même planète. Alors qui croire, celui qui pousse les idées au monde, les forçant à penser comme lui le veut, ou celui qui se bat pour sa cause, qui se fiche de ceux qui pense à lui tant qu’il réalise ses objectifs ? J’aimerais seulement savoir lequel ils croient.
Une hibernation ? Non, tout de même pas, juste une bonne pause pour lui laisser du temps. Mercredi 4 septembre 2013. Pas grand-chose n’avait changé, enfin pas trop de choses du moins. Je vais quand même revenir sur ce qui s’est passé jusqu’ici.
Dans un ordre chronologique de mon point de vue. J’ai, l’année dernière, découvert qu’une âme dormait en moi depuis des années. Mais elle ne s’est réveillée qu’à cette époque. Cet étrange individu est Leo Kryssen, un Aldorien de vingt-et-un ans arrivé en 1153 sur Terre. J’ai appris à maitriser ses pouvoirs temporels et dimensionnels avec l’aide de son acolyte Sieg Wahrheit. Il m’a par la suite forcé à partir dans le futur. J’y ai passé un an pour deux semaines dans mon époque. En 2062, je faisais la connaissance de mon futur, Adam Pearce et de sa magnifique femme, Nikki Monteiro. C’est là que j’ai acquis toutes mes augmentations, à la suite d’un accident dans un des labos de Libiothech. J’y ferrai la connaissance d’Ilan Watson qui n’est autre que le frère de Leo, Chester. Il m’apprendra tout ce qu’il me manque sur mon passé et celui de mes parents. Un père démon, une mère angélique. Deux nephilims pour éradiquer la menace qui a emprisonné notre père. Leo m’a poussé à rallier tous les membres de l’Ordre pour ouvrir le tombeau des Anges. D’abord Amy Chang, la prêtresse de la nature. Puis Izidro, la flamme enragée. Sa femme, la beauté illusoire, Nikki Monteiro. Les trois guerriers noirs, Feng, Raven et Hwoarang. Chacun possède son ange. Toshiie pour Leo, Kristen pour Nikki. Elidian pour Sieg. Hanzo pour Chester. Puis dans l’ordre, Ranmaru, Keiji, Arcanthos, Sakon et Losara. J’ai fait de nouvelles connaissances comme Sia et sa sœur Alexia. Elles sont les deux filles de Crimson et Grey, chasseurs des ténèbres et de la lumière. Elles possèdent la même mère qui est une sorcière comme elles. Et enfin Ariel, la sœur de Nikki que l’on a sauvé de l’emprise d’Akziel après avoir éliminé la Raptor News et son leader Bob Barabas. Akziel a dès lors commencé son règne de terreur, continuant ses discours pour rassurer les humains, il leur ment plus encore. Ses installations sont implantées sur Terre et n’attendent que le moment où l’on viendra les faire tomber, une à une.
Nous on attendait, en s’entrainant, encore et toujours, les uns contre les autres. Pour nous rien n’avait changé, j’attendais patiemment qu’il daigne bien vouloir entreprendre son ménage comme il l’avançait.
Nouvelle rentrée des classes, j’y étais parce que certains de mon équipe devaient y être encore, Kévin, Alexia, et les deux chasseurs, Crimson et Grey. J’étais avec eux ce jour-là, le premier jour.
« Alors Adam, ça ne bouge toujours pas ?
– Penses-tu que je serais ici Grey s’il me fallait me battre ? Je pense qu’il n’a pas envie de m’affronter, ou juste peur. Et je voudrais m’assurer que dans ce lycée il n’y en a pas qu’ils se rallient à lui.
– Tu ne nous fais pas confiance ?
– Si, mais après les pourritures que j’ai croisées ici, je m’attends à tout. Il me faudrait un point de force.
– Un point de force ? Un truc qui présente ta bonté et tout ? répliqua Crimson.
– Mon Dieu ! répondis-je en roulant des yeux, on, un groupe de personnes qui soit se battrai pour moi, soit au moins assurerait leur sécurité, et m’aiderait à leur montrer que je ne suis pas là pour les détruire.
– Du genre quelqu’un en qui ils ont confiance ? répondit fièrement Samuel. »
Samuel, c’est surement l’un voire le plus sérieux et travailleur de notre classe, quand il s’y met bien sûr, sinon il ne dépasse pas plus la moyenne que moi. Il est connu de presque tout le lycée et est le président du CVL, conseil de vie lycéenne. C’est une personne de confiance, du moins la plupart du temps.
« Sam, tu te crois capable d’une telle chose ?
– Du moins, ça ne coute rien d’essayer, tu sais. Je serais sous les ordres du grand Leo Kryssen, oui j’ai fait des recherches.
– Oh ! répondis-je en ricanant, je doute que je te mette sous mes ordres, de plus je ne donne aucun ordre, sauf à moi-même. Non, tu seras sous les ordres du crédo, je pense nommer Kévin comme chef.
– Mais pourquoi lui ? Qu’est-ce qu’il a pour mériter cette place ?
– Les valeurs, l’entrainement, le style de combat du crédo. Puis lui il m’a sauvé la vie.
– Vu comme ça. Qu’est-ce que je devrai faire ?
– Mener un groupe, qui bien sûr me fera confiance, empêchant quiconque de se tourner vers Akziel. Kévin et Alexia seront là s’il y en a déjà, ou s’il en vient. Bon, vous ne savez pas, moi je vais me poster sur ma Tour, si vous me cherchez.
– On sait où te trouver. Pas de soucis Adam. Répondit Grey. »
Et j’avais encore les mêmes habitudes, mon poste en hauteur, toujours seul, ou avec une personne. Cette fois-ci j’étais avec Virginie.
« Y’a une chose de j’ai encore du mal à comprendre, à quoi ça te sert de venir toujours ici ?
– Bonne question. Ça fait des années que je fais ça, de chez moi en regardant par la fenêtre, maintenant ici en observant la ville. Est-ce que je ne chercherais pas éperdument quelque chose dont je ne connais ni l’existence, ni ce que ça peut-être. Et si je le trouve, est-ce que je continuerai à venir ici ? J’ai l’impression de rechercher quelque chose. Comme les fois où l’on était dans la maison des parents de Leo. Tu ne t’es jamais demandé pourquoi je m’isolais dans le jardin à chaque fois ?
– Non, parce que tu le faisais ici alors je n’ai jamais cherché à comprendre.
– Je cherche les souvenirs, ceux qu’il me reste de mon passé perdu, de mon frère, mon père, ma mère. Je me vide l’esprit en cherchant à fuir les malheurs qui me suivent au moment où je vis.
– Nostalgique du temps oublié ? Je me demande si ce n’est pas ça qui fait ta plus grande valeur, tous ces malheurs qui t’ont rendu meilleur à chaque fois.
– Et qui continue. J’ai appris beaucoup de choses ici. Est-ce que tu sais quelle est la pire chose de l’homme, sa plus grande douleur et faiblesse ?
– Non Adam, tu ne vas pas commencer à penser comme Akziel.
– Bien sûr que non, c’est aussi sa plus grande force, sa plus incroyable valeur. On dit que l’homme apprend de ses erreurs. Parce qu’il n’oublie rien de sa vie. Ses propres souvenirs en font un être vulnérable et valeureux. Il se rappelle les plus beaux moments pour ne pas oublier, pour être heureux. Il ressasse les plus durs pour se rendre plus fort. Mais l’ensemble, fait que ses souvenirs le rendre facilement fragile.
– Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
– Ariel a dit une chose un jour. Un homme peut se décimer si tout autour de lui, lui rappelle une erreur, ou même la mort d’un être cher parce qu’il n’a pas pu le sauver. Maintenant, imagine si chacun d’entre eux pouvait masquer, oublier ou supprimer ces douleurs morales. À ce point aucun ne connaitrait le malheur et seul le bonheur règnerait, aucun ne pourrait avoir, en soi, peur d’Akziel. Parce qu’encore une fois la peur ne peut exister que si on nous a appris à avoir peur, ou que l’on s’est retrouvé dans une situation qui nous a effrayés. Répliqua Sieg.
– Faut vraiment que tu arrêtes de tout savoir sur tout Sieg. C’est énervant certaines fois, lui répondis-je.
– Merci du compliment mon ami. Quelqu’un te cherche dans ton ancien lycée. Une vieille connaissance.
– Une vieille connaissance ? Oh oui, Léonard Steven ? Le vieux aux cheveux gris que j’ai éliminé dans le paquebot ?
– Exact. On va s’en charger ?
– On y va, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression qu’il est allé voir Akziel l’ami. C’est parti ! fis-je en me jetant de la barrière pour m’envoler. »
Il me fallait dix cinq secondes pour faire le trajet entre les deux. À la fois parce qu’il n’était pas vraiment loin, mais aussi parce que je volais de plus en plus vite.
Un vieux aux cheveux gris, il n’y en avait pas beaucoup, ça ne pouvait être que des profs. Parce que oui, il ne changeait pas d’apparence comme moi, il n’en avait qu’une et c’était plus compliqué d’en changer. Monsieur se présentait inspecteur et venait voir Grey.
« Tient, Adam, tu cherches l’inspecteur, me fit Grey en passant.
– Précisément oui, tu ne sais pas…
– Kryssen. Comme on se retrouve !
– Je préfère les fois où tu m’appelles Pearce, Steven, je trouve que ça me va mieux.
– Pas deux fois, tu as été malin, mais tu n’as aucune chance. Je saurais te faire payer ma mort !
– Moui, mais, comment comptes-tu t’y prendre ? Tu t’es autoproclamé sous-fifre et sujet d’expérience d’Akziel c’est ça ?
– Comment as-tu deviné ! répondit-il étonné.
– Une intuition. Je t’attends l’ami. On va voir si tu te prétends encore plus fort que moi. »
Je n’ai même pas eu le temps de bouger. Il avait déployé d’étranges tentacules de son corps, on aurait dit le même genre de matière que celle qui détruisait les objets dans les limbes. Il m’avait littéralement bloqué, les bras et les jambes bloqués dans ces choses qui étaient attachés au sol et au plafond. Aucun de mes pouvoirs ne fonctionnait puisqu’il avait aspiré toute mon énergie.
« Je ne fais que prétendre, hein, Adam !
– Lâche-le tout de suite ! Lui envoya Sieg.
– Inutile, il n’y a que lui qui peut me tuer. Et il est presque déjà mort ! »
Cette chose était entrée en moi, elle parcourait mes membres pour attaquer mon cœur, jusqu’à ce qu’il s’arrête définitivement. Leo n’avait aucun souvenir de comment la mort se faisait, mais c’était à mon tour d’y passer. J’étais dans une sorte de tunnel, avec une lumière blanche au bout. (Comme l’idée que l’homme s’en fait en fait) Je montais doucement, sentant mon cœur ralentir, il se vider totalement de cette énergie inépuisable. J’entendais résonner les voix des trois autres qui se battaient sur Terre. Ce n’est que lorsque j’avais perdu tout espoir de revenir que quelque chose d’étrange se produisit. Une silhouette sombre se dessina devant moi pour m’empêcher de monter.
« Je ne te laisserai pas partir Leo.
– Mais, qui es-tu ?
– Tu me connais déjà. Fais-moi confiance et je t’aiderai à te sortir d’ici. J’ai certaines personnes à te présenter. »
Il me fit sortir de ce sombre chemin pour le laisser dans une grande salle blanche. Des gradins au style d’opéra derrière moi et deux immenses pupitres à gauche et à droite. En face se tenaient Sieg et Virginie. Je me suis demandé ou cette ombre m’avait emmené jusqu’à que l’un des arrivants aux pupitres dise « Bienvenue au conseil » il m’avait envoyé face au conseil Saory.
« Je peux savoir comment et pourquoi je suis ici, face à vous et surtout pourquoi eux sont là alors qu’ils sont encore en train de se battre ?
– Adam ! fit Virginie en se lançant sur moi. Qu’est-ce qui se passe ?
– Le grand conseil. Je n’y crois pas… Fit Sieg.
– Bonjour Leo. C’est la première fois que tu rejoins le conseil pour ta mort.
– Il doit payer ! sortit un qui se tenait derrière moi.
– Oh la ferme ! répondis-je. Laisse-le parler.
– Bien. Tu n’es pas ici par hasard. Quelqu’un a tenu que tu passes ici avant que l’on décide si nous te laissons entrer dans notre monde.
– Laissez-le crever ! reprit l’autre derrière moi.
– Mais tu n’en as pas marre de toujours nous couper. Ferme un peu ta gueule et attends ton tour.
– Je crois comprendre pourquoi il te préférait. Nous avons conscience des actes que tu as commis pour aider le peuple que tu as pris en charge. La majorité d’entre nous veulent vous laisser retourner sur Terre, mais il n’existe aucun moyen de réanimer un Aldorien sans un hôte.
– Mais…
– Vous êtes en train de tout détruire, vous avez tombé une tour et monté la vôtre sur la planète. Vous êtes un fouteur de merde Kryssen, je n’ai jamais accepté ce que Sanders vous a accordé !
– Kryssen ?
– Oui, arrêtez, ne jouez pas avec moi.
– Les mecs, y’a erreur là. Je ne suis pas Leo, mais Adam Pearce.
– Adam Pearce… Ne seriez-vous pas un enchainé lié à nous ?
– Lui-même ! répliqua Victor qui apparaissait.
– Ça ne change rien ! Vous ne cherchez que leur mort !
– Vous êtes malade ! Je n’ai jamais fait de mal à quelqu’un qui ne le méritait pas. À part Akziel que je massacre depuis des années.
– Foutaises !
– Oh, vous ne vous souvenez pas de ces humains qui voulaient vous anéantir un par un ? Mais attends, ils n’étaient pas humains… repris-je, fixant mon regard dans le vide pour réfléchir.
– Comment vous savez ça, vous ?
– Victor, Toshiie ou Yukon ?
– Et bien, je pencherai pour Toshiie.
– Vous avez retrouvé les anges ? Me demanda celui qui était gentil avec moi depuis le début sur le pupitre blanc.
– Tous, sauf un, mais il n’était pas dans le tombeau.
– Il dit peut-être vrai au final. Fit celui qui se tenait à côté.
– Mais bien sûr que je dis vrai, arrêtez de jacasser et renvoyez-moi chez moi.
– Une minute. As-tu connaissance de tes pouvoirs d’enchainé ?
– Élémentaire, contrôle des esprits et des objets.
– Excellent, je vais t’ouvrir toutes tes capacités d’enchainé. Tu es un cœur d’ombre, avec ton pouvoir de force. Tu seras capable de maitriser tous types de matières, il ne te faut qu’une source. Mais il n’y aura plus que ton glaive qui en sera capable. Il te faudra découvrir ce pouvoir de force. De plus tu possèderas une tenue capacitive qui te donnera accès aux souvenirs, mémoires, tout ce que l’esprit que tu utiliseras possède.
– Mais vous êtes malade ? Il va nous causer plus d’ennuis qu’Akziel.
– Tient donc, ce n’est pas toi qui nous as poussés en disant, mais non Akziel ne fera jamais de mal ? Pas vrai Gregor ? Lui lança Victor.
– Nous allons régler ceci, reprit celui du côté blanc. Je vois renvoie chez vous, vous trouverez votre tenue à la Tour. Le conseil est terminé. »
Et je repartais dans mon tunnel, de nouveau face à cette ombre mystique. « J’ai encore besoin de toi, nous avons besoin de toi. Ils comptent sur toi ! » dit-elle avant de se jeter sur moi pour me faire redescendre. Tout s’est éteint jusqu’à ce que je reprenne possession de mon corps et que je retrouve ma vue. Mon cœur lança un immense rayon lumineux doré, devant moi et dans mon dos, brulant mes vêtements et me dégageant les bras de mon leur emprise. J’ai ensuite libéré mes jambes, me relevant face à Léonard.
« Non ! Pourquoi est-ce que je n’arrive jamais à t’avoir ?
– Bonne question, lui répondis-je en utilisant la cristallisation pour arriver devant lui et l’attraper au cou avec la main gauche, tu refuses toujours d’ouvrir les yeux. Personne n’a le droit de m’éliminer !
– Pitié, laisse-moi en vie, je te jure que j’arrêterai ce que je fais, pitié, ne me tue pas.
– Tu m’as déjà trahi des centaines de fois, tu ne penses pas que je vais t’offrir une chance de plus.
– Bien vu… lança-t-il avant que je ne prenne une flamme d’un briquet près de moi pour le bruler.
– On ne plaisante pas avec un dieu ! repris-je en faisant un tour sur moi-même, attrapant Rebellion pour trancher son cœur. »
Seconde fois que j’abusais de mes capacités dans le lycée, sous les yeux de tous ses élèves avec les nouveaux cette fois-ci. Mon tatouage scintillait, dégageait des particules qui tombaient au sol, éclairées par la lueur de mon cœur devenu doré.
« Bien, je crois qu’il est temps de s’y mettre. Vous venez ?
– Attends un peu toi ! me fit une fille qui se présentait devant moi.
– Qu’est-ce qu’il y a encore ? répliquais-je en posant mon arme sur l’épaule.
– Tu ne crois quand même pas que je vais laisser passer un aussi beau mec que toi.
– D’accord, je vois le genre.
– Mais non, pis même ton truc bizarre là je m’en fiche.
– Je te conseille de dégager, je ne m’occupe pas des gamines et excuse-moi, mais même si t’avais cinq ans de plus je dirai non. Ce truc comme tu dis est déjà pris, répondis-je en repartant.
– Mais non attend !
– Lâche-moi avant que je te fasse comme au vieux. À jamais ! repris-je en m’envolant. »
J’avais un peu de mal à comprendre ce qui m’arrivait et ce qu’il m’était arrivé. Qui m’avait emmené devant le conseil, Toshiie comme le pensait Victor ? J’avais quelque chose de nouveau dans les mains qui m’aiderait pour mon objectif, je ne savais pas quoi en faire ni comment ça fonctionnait, mais comme toujours je ne tarderai pas à le découvrir.
« Tu ne voudrais pas te remettre quelque chose sur le dos Adam, avant que tu ne fasses tomber toutes les filles de la Tour à tes pieds. Me fit Sieg lorsque l’on arrivait dans son labo.
– N’exagère pas non plus. J’ai quelque chose normalement ici. Je vais faire un tour dans mon appart. À toute à l’heure. »
Je devais y trouver un costume qui boosterait mes pouvoirs d’enchainés. Je ne gardais que mon pantalon, un jean noir de notre époque et mes chaussures, des bottes grises montantes avec un renfort de couleur rouge. Sur mon lit j’avais le reste de la tenue. Une chemise à manche courte rouge. Un gilet serré au corps qui se portait sur la chemise. Il était blanc et s’attachait avec des boutons dessinés par un logo assez étrange et deux sangles. Il y avait des gants aussi, ils passaient sous les gantelets d’assassins. Le gauche était entier et du même rouge que la chemise. Le droit était une mitaine blanche. Je gardais ma ceinture d’assassin, une ceinture croisée, classique pour tenir mon jean, deux bandes de tissus serraient le corps et le pantalon en se croisant sur la boucle portant le logo de l’Ordre. Il y avait une veste, semblable à celle que j’avais avant. Plus longue que la taille et noire. Elle se découpait en plusieurs parties. Les épaules renforcées étaient blanches. Une bande blanche traçait les bords extérieurs. On aurait dit qu’elle était double. Elle se coupait au niveau de la taille et une autre partie cousue dessus redescendait jusqu’en bas. Elle tenait serrée au torse par une chaine avec le logo du gilet. Quelque temps avant j’avais aussi changé de coiffure. Un peu dans le même genre que Toshiie, mais plus court, un style qui faisait un peu coiffure manga. Je conservais toujours les lunettes d’Adam.
« Si on m’avait dit avant que je ne sois ta copine que tu étais aussi classe et beau gosse.
– Tu sais, tu aurais dû écouter Alexia plus tôt, répondis-je en me mettant devant une glace.
– Attends, qu’est-ce que tu veux dire par là ?
– Qu’en plus du fait que je sois fier que ma princesse me trouve beau gosse, je lis dans les pensées ! Tu te souviens de ce jour où je te suis rentré dedans. Au sens physique pas figuré bien sûr.
– Oui, qu’elle pensait que tu l’avais pas fait exprès, elle avait raison ?
– Peut-être, qui sait si Leo ne m’y a pas forcé.
– Moi, et oui je t’y ai forcé, j’avais quand même mon rôle à jouer dans cette histoire non ?
– Tu viens, Sieg veut te parler.
– Je te suis. »
Je voulais commencer mon travail, me lancer à l’assaut des tours qu’avait monté Akziel sur ce monde et Sieg serait l’un des piliers de cette destruction. Il avait rallié tout le monde dans sa salle.
« Bien, comment comptes-tu t’y prendre ? me demanda-t-il.
– Une guerre des Mondes.
– Quoi ? Tu n’es pas fou ?
– Si, tu devrais le savoir depuis ces années. Je voudrais savoir quels sont les pays qui ont pris part de son côté, et ceux dont j’ai le soutient. Convoque-moi les présidents et chefs des pays dans la tour de la citadelle.
– Il nous faudrait savoir comment sont reliés les tours d’Akziel, pour savoir dans quel ordre les attaquer, lesquelles sont vulnérables à quoi. Puis commencer à les cerner avec l’un d’entre nous, fit Ariel.
– Je pense que tu es le mieux placé pour ça. Ta capacité peut te permettre de te cacher à leurs yeux. Prends avec toi les guerriers noirs, Izidro et Amy. Sieg, Chester, je voudrais que vous les suiviez d’ici.
– C’est parti, venez.
– Adam, ils arrivent cet après-midi. Me fit Sieg.
– Bien, le centre opérationnel de la citadelle existe toujours ?
– Bien sûr pourquoi ?
– Parce que, tu comprendras. Virginie, tu viens avec moi ?
– Avec joie. Tu comptes voir les chefs d’État comme ça ?
– Non, Kévin, fis-je en l’appelant. Je voudrais que tu rejoignes le centre opérationnel de la citadelle avec Alexia, Sia et Sam. Plus ceux qui voudront bien te suivre après six heures.
– OK Chef.
– Je sais que normalement je ne devrai pas l’avoir et d’ailleurs je ne me permettrai jamais de le porter.
– Laisse-moi bloquer mon costume de combat, je le prendrais. »
J’avais pris un costume du père de Leo dans sa maison, c’était un costume classique. Jean noir, chaussures de ville. Chemise violette, gilet un peu comme le mien marron et veste de costard noir. Un peu avant leurs arrivées j’étais monté dans la salle de réunion de la tour, qui d’ailleurs n’avait pas le logo de Libiothech, mais un complètement différent, le même que celui des boutons de mon gilet.
Il était sur la façade du bâtiment, volant en hologramme au-dessus. Quatorze heures, tout le monde était arrivé. Et certains pas de leurs pleins grés.
« Ça y est, il se prend pour le roi du monde, fit le Premier ministre japonais.
– Presque. Je ne cherche pas à vous contrôler. À votre dernière réunion de l’ONU, je vous avais demandé de choisir votre camp, si c’était le mien, de m’offrir votre soutien, au peuple comme à l’aide de vos armées. Aujourd’hui j’ai déjà une idée de ceux qui me suivent et ceux qui veulent ma peau. Ces derniers je vous prierais de quitter cette réunion. Personne ? Bien. En ce moment nous sommes en train de chercher quels points attaquer en premiers, ceux qui ont besoin de notre soutien et ceux que vous pourrez éliminer vous-même sans rien craindre.
– Messieurs bonjour ! fit Sieg débarquant. Je vous ai transmis la liste complète des tours sur vos ordinateurs. Vous avez les emplacements exacts en coordonnées GPS et celles qui sont prises en charges en ce moment par l’un des membres de l’Ordre.
– Mais qu’est-ce que c’est votre Ordre ? me fit le Premier ministre allemand.
– L’Ordre est l’organisation de défense planétaire. Elle existe depuis des millions d’années et notre monde ne serait pas comme ceci s’il n’était présent, répliqua le président des USA.
– Je vois que les héritages de Washington et de Lincoln se transmettent bien. Pour finir, j’aimerais que vous m’autorisiez l’accès à vos soldats d’élite, qu’ils rejoignent le centre d’opération qui se trouve dans cette citadelle. Je ne vous retiens pas plus.
– Leo, fit le président français en venant me voir, je pense que vous le savez, mais il en a implanté une dernière sur Paris hier.
– Je le sais, elle est sur l’Arc de Triomphe. C’est un observateur. Je ne vais pas tarder à m’en charger, demain elle devrait être tombée.
– D’accord. Qui pensez-vous peut se retourner contre vous ?
– Le Japon, après ce qu’il a osé dire tout à l’heure. La Corée du Nord peut-être. Et surement tous ces pays en proie d’Al-Kahida.
– Que comptes-tu faire contre eux mon cher Leo ? me fit le chef des USA.
– Faire le ménage…
répondis-je observant la bague bleue transparente qui venait d’arriver sur ma main droite. Éliminer tous ceux qui ont osé prendre parti de son côté.
– Alors, au plaisir de te revoir mon ami.
– De même, à bientôt, reprit le chef d’état français.
– Pourquoi est-ce que tu es si étrange Leo ?
– Je ne suis pas étrange, c’est juste que les gens normaux m’ennuient Sieg. Je me demandais, où sont placés les parents de Leo ?
– Dans cette tour, pourquoi ?
– C’est aussi des appartements, j’ai l’impression d’être dans le Baxter Building.
– Si la citadelle est censée être impénétrable, si elle est attaquée ce bâtiment viendra se placer entre les ailes de la Tour des Anges qui elle est indestructible.
– Bon, il me faudrait trouver Victor, tu ne sais pas où il est passé ?
– Sur ton plateau fétiche l’ami.
– Tu veux venir avec moi ?
– Non, je crois qu’il me faut encore un peu de temps.
– À plus tard alors. Ah, tu es là Victor, fis-je en me téléportant sur place.
– Par où veux-tu commencer ?
– La dernière qu’il a posée sur Paris. Puis on verra. Seulement y’a encore quelque chose qui me dérange.
– Comme ?
– J’aimerais revoir le conseil. J’ai promis la survie de ceux qui se dévoueront à ma cause aux chefs d’État.
– Et que voudrais-tu d’eux ?
– Qu’ils épargnent d’une manière ou d’une autre ceux qui périront.
– Laisse-moi cinq minutes, je vais voir si je peux faire ça, répondit-il en partant.
– Pourquoi ça m’arrive toujours ! fit Alexia apparaissant devant moi et se jetant dans mes bras.
– Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
– Pourquoi est-ce qu’à chaque fois que je suis enfin heureuse tout tombe à l’eau ?
– Parce que le bonheur n’est possible que dans la souffrance. Mais pourquoi ?
– Un robot gris et blanc est venu attaquer Kévin et… il m’a suivi…
– Génial, t’en as mis du temps.
– Quoi, mais de quoi tu parles ?
– De moi, fit Kévin en pliant son casque, la classe ton armure l’ami.
– Ce n’est pas mon armure. Si tu dois remercier quelqu’un, c’est Sieg, répondis-je.
– On doit s’occuper des soldats qu’on nous a donnés.
– J’aimerais bien, moi j’ai autre chose à faire avant, on se revoie plus tard.
– Où est-il parti ? demanda Sieg qui me rejoignait.
– M’obtenir une audience face au conseil, une vraie, pas forcée comme la fois dernière. J’ai besoin de ta mémoire et ta connaissance infinie pour les convaincre.
– Mais avec joie mon ami.
– Nous sommes partis, fit Victor en nous téléportant.
– Le conseil accueil, Adam Pearce et Sieg Wahrheit Sanders. Bienvenue au conseil.
– Leo Kryssen, gardien du temps et protecteur de la Terre. Je suis Don Vozan, maitre du conseil.
– Je sais, je me souviens de vous. Je n’aurais jamais cru pouvoir venir ici si facilement.
– Personne n’est censé venir ici, vous avez juste les louanges du maitre.
– Merci de votre sincérité, je sais que vous ne m’aimez pas. Alors, je vous en prie, laissez-moi.
– Qu’est-ce que qui vous amène Leo ?
– Maitre Vozan. Vous m’avez autorisé à retourner sur Terre, dans l’espoir d’arrêter Akziel n’est-ce pas ?
– Exactement, pourquoi alors venez nous nous voir ?
– J’ai conscience que cette guerre ne se passe pas sur la planète natale des guerriers qui la font, mais que certains de ceux qui y habitent sont prêts à se battre pour ma cause et j’aimerais leur garantir que s’ils doivent se sacrifier ce ne sera pas en vain.
– Vous voulez qu’ils restent en vie ? Que proposez-vous ?
– Qu’ils soient soit réanimés dans une zone de sécurité, soit envoyés sur une autre planète, comme la mienne.
– Mais vous êtes fou ? Vous n’en avez pas assez à avoir envahi la Terre, vous voulez en plus déménager des Terriens sur Aldor !
– Tais-toi Gregor, son idée est plus que légitime. Répliqua Vozan. Va pour Aldor, mais il me faudra assurer un poste depuis lequel j’ai l’entière maitrise des va-et-vient possibles. Trouvez une place et je me fierai à votre allié pour l’implanter.
– Avec joie, j’ai mon idée là-dessus. Ensuite c’est personnel, pensez-vous vraiment que votre tenue capacitive peut fonctionner sans quelque chose qui la contrôle ?
– Aurais-je oublié l’anneau ? Comme c’est dommage !
– Gregor, si tu es ici pour t’embrouiller avec lui tu sors d’ici merci. Je m’en chargerai à la sortie du conseil.
– Tout ce que vous allez réussir c’est la révolution des humains contre nous. Une fois de plus il nous faudra leur faire face !
– Ils n’étaient pas humains. Répondit Sieg. C’est pour ça Adam que tu voulais que je vienne. Ces êtres sont terriens, mais pas humains. Ils n’ont rien en commun avec les habitants de la surface. Ils étaient plus étranges et surtout moins cons que les derniers vauriens de Syrha cher Gregor. Parce que oui, je sais qui tu es.
– Bien. Reprit Vozan. Avant que ça en dégénère vraiment en guerre, j’ai une requête à vous faire messieurs.
– Faites, je vous écoute.
– J’ai étudié les installations du traitre. Je doute que la planète sorte indemne d’une chute de tous ces postes avancés. C’est pour ça que je voudrais…
– Une installation des vôtres, oui… Je crois que je devrai aller faire un petit voyage moi…
– Je sais à quoi tu penses Adam. On va monter la première on verra ensuite. Après tout, Victor est là pour faire le lien entre nous pas vrai ?
– Tu as raison, messieurs, une question subsidiaire supplémentaire. Que comptez-vous faire des humains ayant choisi le camp du traitre ?
– Oh, je leur réserve un sort bien particulier. Pouvons-nous, messieurs ?
– Mais bien sûr. Le conseil est terminé. »
Je me demandais où se passait le conseil, c’est vrai. Saor est détruite alors il faut que ça soit sur une autre, ou même nulle part. Puisque personne n’est jamais sorti de la salle du conseil par ses portes sans y être téléporté comme tous les autres, qui pouvaient prouver que cette salle existait vraiment…
Tout était presque prêt, il nous fallait juste l’assaut de la nouvelle tour de Paris. J’avais mon anneau, mais je ne savais pas comment utiliser mes nouveaux pouvoirs.
« Quand est-ce que l’on part Adam ?
– Demain princesse. Ça va être une mission du genre celles que je faisais quand j’étais au F.B.I.
– Tu comptes amener qui alors ?
– Toi, Ryan, Sieg bien sûr et moi peut-être.
– T’est bête Tanguy, mais comment tu comptes aller dans les limbes ?
– Je prendrai la clé de Sia.
– On se divisera en trois, Adam avec Sieg, moi et Virginie séparés jusqu’au point trois. Fit Ryan qui arrivait avec une des tablettes électroniques de Sieg. À partir de là, si j’ai besoin d’elle je te demanderai de me suivre, sinon tu pourras rejoindre Adam ou continuer seule.
– Sieg, ça te parait probable ?
– Jamais je ne trahirai les plans du grand stratège.
– Ne va pas trop loin mon cher. Répondit Ryan. Tu as ce que le conseil te devait ?
– Oui, d’ailleurs c’est pour ça que je voulais être avec Adam. Il nous faudra attaquer la tour sur des points stratégiques, la fragiliser sans la détruire. Ensuite c’est toi qui l’arracheras pour que je puisse placer la suivante.
– T’est sérieux ? Tu veux que je déracine l’Arc de Triomphe ? répliquais-je.
– Bien sûr, ça va être drôle ! Allez, on vous laisse, on a de boulot nous.
– Je le sens mal.
– Qu’est-ce qui t’arrive Adam ?
– J’appréhende ce que les habitants de cette planète vont penser de moi.
– Pourquoi ça, s’ils te disent qu’ils te font confiance c’est bien qu’ils le font non ?
– Tu sais ils sont très bon pour mentir, savoir nous faire croire ce qu’ils veulent. Regarde, si tu me demandes comment je vais et que je te réponds que je vais bien, tu me crois ?
– Bien sûr. Comme tout le monde.
– Mais si je te dis que l’on ne peut pas être bien, on ne peut pas aller bien. On passe notre temps à mentir.
– Où veux-tu en venir ?
– Certains disent qu’ils vont bien parce que sur le moment ils se sentent bien. D’autres disent qu’ils vont bien pour cacher ou se cacher leur tristesse. Pour éviter qu’on leur pose des tas de questions sur leur malheur. Mais si on regarde ça plus profondément. Comment peut-on dire que l’on va bien à partir du moment où l’on a perdu quelqu’un qui nous est proche, ou que l’on a souffert d’une manière ou d’une autre ?
– Je ne sais pas, dis-moi…
– Uniquement parce que lorsque le passé est intouchable, on l’oublie, on néglige tout ce qui nous fait mal et on ne vit que dans le présent, on voit le futur.
– Et toi alors.
– Moi, je prends le temps tel qu’il est dans le présent, et regarde vers l’avant. Je n’ai pourtant pas oublié ce que j’ai fait dans le passé, je sais que le monde m’a oublié dans le passé. Et j’ai peur qu’il ne me retienne pas maintenant et que mes actes se perdent encore une fois.
– Alors on fera tout pour que tu restes. Tu vas sauver le monde, personne ne t’oubliera crois-moi. »
Ce n’était que le début d’un long voyage, autour de la planète. Quête pour la destruction et la gloire ? Non, je ne cherchais pas la gloire, je voulais juste que l’on se souvienne que ce que je ferai pour la planète. Je sais que j’avais demandé aux chefs d’État de rassurer les habitants de leur pays respectif, pour ne pas qu’ils prennent mes actes de destruction comme une menace contre eux, mais contre notre ennemi commun. Pourtant je n’imaginais pas tout le potentiel qu’un seul homme pouvait avoir sur un peuple qui lui fait confiance.
On dit que la solitude rend fou. Que la société, l’aspect communautaire et amical qu’elle renvoie plie l’esprit et nous contient. Que seul le plus oublié à envie de prendre possession d’un monde qui a su le négliger. Que ce dernier veut en prendre le contrôle parce qu’il a souffert de ces liens que les hommes créent entre eux, mais pas avec lui.
Le monde est magnifique, alors pourquoi vouloir le détruire ?
Sieg Sanders Wahrheit. 1789
La grandeur, l’arrogance appliquée sur un monde que l’on veut contrôler. Ce que l’on se met sous les doigts nous donnent de la valeur, ce que l’on possède nous pousse vers les hauteurs. Mais qu’arrive-t-il, lorsque qu’on détruit ces joujoux avec lesquels on adore s’amuser ?
Se vanter ce que qu’il faisait, voilà une grande valeur immorale et l’un de ses plus grands défauts. Son égo n’avait aucun égal. Même pas le mien. Il prouve sa force avec les tours qu’il a posé un partout sur la planète. Et j’y prouverai la mienne en les détruisant. Vendredi 6 septembre 2013, j’étais à Paris ! Pour la seconde fois. Sur la Tour Eiffel.
« Paris…
– Tu savais que normalement dans cinquante ans cette chose de ferraille sera par terre.
– Dans quel genre de futur Sieg ?
– Quoi ? Mais, non, répliqua Virginie.
– Celui où Akziel serait libre de jouer avec son canon dimensionnel qui se trouve sur l’arc de triomphe.
– Sentirais-je une pointe de pessimisme dans ta voix Sieg ? demanda Ryan.
– Pas du pessimisme… Du remords… J’ai, je…
– Tu as peur du risque, tu regrettes de n’avoir toujours pas parlé à ton père ? repris-je.
– Exact. J’aurais dû t’écouter lorsque tu m’as dit la vérité.
– On aura tout le temps de s’occuper de ça au retour. On se retrouve de l’autre côté les amis ! »
On est tous partis attaquer notre partie, moi j’étais avec Sieg sur la plus grande partie. On est entré par la porte, comme si on nous attendait.
« Alors, comment veux-tu t’y prendre ? Demandais-je.
– J’espérais faire confiance à tes talents d’enquêteurs. Et de ton contrôle des esprits.
– Tu n’as pas une salle, un endroit en particulier à obtenir ?
– Ce bâtiment est un vrai labyrinthe, il me faut la salle de conférence, le poste du canon, le bureau du chef et le portail vers les limbes. Mais j’ai peur que ce truc soit complétement vide. Me dit-il une fois arrivé en haut des escaliers.
– Je ne suis pas sûr de ton coup. Enfin tu as raison, mais…
– Tu tiens sur une rampe inclinée toi !
– Ne me sous-estime pas, répliquais-je en le fixant, regarde en bas, repris-je en enclenchant la clé de Sia dans mon bras droit, tu m’attends ici, je reviens dès que j’ai fini de tomber de l’autre côté, fis-je en me jetant dans le vide. »
Il devait bien y avoir cinquante mètres de hauteur rien que sur ce bâtiment et apparemment autant de l’autre côté. J’avais sauté la tête la première, l’édifice s’est retourné après le passage du portail, je me suis retourné en même temps que lui et ai atterris au plafond en force. J’avais raison, les hommes étaient ici, il y en avait trois autour de moi, ils ont dû sauter par le portail eux aussi.
« Mon Dieu, il est devenu fou. Emprisonner les humains dans les limbes…
– N’oublie pas de qui on parle Adam. Tu penses que certains sont encore en vie ? Je l’espère. S’il ne les as pas déjà tous convertis. Viens avec moi, je crois que qu’il y a du monde à l’étage du dessous.
– Je te suis. »
Dans le monde réel je marchais au plafond. Sieg me voyait comme un fantôme et moi je le voyais de la même manière. Même ici les âmes perdues stagnaient, elle marchait sans répit, me regardant passer à côté d’elles. Et moi, je sentais mon cœur se consumer à les regarder sans rien pouvoir faire. Ce n’est qu’une fois arrivé au milieu de l’étage que je sentis quelque chose. Mais c’était dans ma tête. Je savais que je pouvais lire dans les pensées, pas u point d’entendre toutes les souffrances du monde. J’avais l’impression qu’elles envahissaient ma tête, sans pouvoir les faire sortir. Je m’étais agenouillé, la tête entre les mains et personne pour m’aider.
(« Écoute ton cœur, laisse-les entrer.
– T’est devenu dingue ?
– Non. Elles ne te veulent pas de mal, elles veulent justes accéder à ton contrôle des esprits. C’est le cadeau des Dieux. Elles te lancent leur appel. Accepte-les, écoute leurs cris de désespoir. »)
Je croyais devenir fou, que ma tête allait exploser. Mon bras droit me brulait, quelque chose me poussait à me lever, une force magique d’une telle puissance, comme jamais je n’en avais subis.
« Adam, tu vas bien ?
– Oui, merci de te soucier de moi Sieg, répondis-je me levant, je n’étais sans doute pas encore prêt à l’utiliser. On ne devrait…
– Hey ! Qu’est-ce que vous… »
Un homme est sorti du bureau à ma droite. Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que je m’étais déjà attaqué à lui, mais à distance. Des lignes dorées sortais de mes gantelets, se projetant sur l’humain, il avait les yeux de cette même couleur après que je sois entré dans sa tête.
« Je vous en prie, ne me tuez pas !
– Je n’en ai pas l’intention, lui répondis-je, comment êtes-vous entrés dans les limbes ?
– Un homme habillé en noir, les cheveux roses nous y as obligés.
– Le Colonel.
– Vous le connaissez ?
– Non, je suis juste dans votre tête. J’aurais besoin de vos services. Où puis-je trouver la salle de conférence ?
– Au fond à droite.
– Sieg, tu crois que je peux le ramener dans ton monde ?
– Réactive la clé.
– Je vais vous renvoyer chez vous, une fois dans le monde réel, faites sortir tous ceux qui pourraient encore se trouver dans le bâtiment.
– Merci ! Encore merci !
– Ce n’est rien », répondis-je en activant la clé et regardant cette sphère lumineuse dans ma main. Je l’ai ensuite lancé dans le couloir. « Tu penses pouvoir trouver la salle de conférence ? »
Elle traça un ballet de lumière sur tout le reste du couloir jusqu’à l’objectif.
« Vas-y, je vais commencer à descendre pour voir si je trouve encore des humains. Rejoins-moi dès que tu as terminé.
– Pas de soucis Adam. »
Le bâtiment formait une étoile à trois pointes. Chacun avait son côté, Nikki, Chester, puis Sieg et moi. L’escalier était commun à tous et était un colimaçon à étages. Trois escaliers différents car chaque étage de chaque branche de l’édifice était à un niveau différent. J’ai dû monter trois ou quatre étages de plus, j’arrivais dans un étage assez sombre, seul eux bureaux étaient éclairés. Les deux derniers. J’arrivais à voir un tableau de loin, mais pas à deviner ce qu’il représentait. Plus j’y avançais plus j’avais l’impression de reculer. Jusqu’à ce qu’un flash me fit ralentir. J’y ai vu une étrange silhouette. Un homme aux cheveux gris, un kimono gris aux bandes violettes. Une armure dorée dessous. Une épaulière en tête d’aigle sur l’épaule droite.
« Bonjour, me fit un homme venant de ma droite, vous êtes…
– Une minute, lui répondis-je en lui faisant un signe de la main et reprenant mon avance vers le portrait, pourquoi est-ce qu’il y a une effigie de mon père ici ?
– Parce que ce truc appartient à Akziel et qu’il fait tout pour ne pas oublier son pire ennemi ? répliqua Sieg qui arrivait à l’étage. Chez moi c’est lui sur le tableau alors réjouis-toi.
– Mais pourquoi vouloir s’en souvenir alors qu’il l’a emprisonné pour l’empêcher de nuire ?
– Tu périras ici sale traitre !
– N’y pense même pas ! répliquais-je en bloquant son esprit.
– Qu’est-ce que tu m’as fait ! Je ne peux plus bouger !
– Tant mieux. Tu peux m’indiquer le poste du chef ? Demandais-je en m’approchant de lui.
– Va te faire voir !
– Oh, je vois. Tu n’en vas pas coopérer. Pas étonnant. Tu n’as foi qu’en lui. Continuais-je en m’approchant.
– Il est le seul qui peut nous aider, le seul en qui on peut avoir confiance.
– Bien sûr. Répliquais-je en me plaçant à sa gauche. Si tu veux voir ça comme ça.
– Mort au traitre ! Dit-il en se lâchant de mon emprise une seconde. »
Il ne resta pas longtemps libre. Une seconde à peine et je l’avais repris, la main au niveau de sa nuque. Un anneau s’y était créé, il était relié aux bandes d’énergies qui connectaient son cerveau. Je sentais mon bras surcharger, et j’étais en train de presser quelque chose sur ce disque. Des fragments blancs et rouges se détachaient du support et fuyaient le long de mon avant-bras. Jusqu’à ce qu’un flot noir brise l’anneau et file autour de mon bras.
« Qu’est-ce qui se passe, où suis-je ?
– Que lui avez-vous fait ? me demanda l’homme.
– Rien de grave, il lui a juste brisé ses souvenirs. Tu les ramène Adam, demanda Sieg.
– Bien sûr. Je vous renvoie dans le monde réel. Répliquais-je en réactivant la clé.
– Tu as le bureau du chef ?
– À l’étage du dessous. Tu veux que je te fasse l’itinéraire ? répondis-je en jouant avec ma sphère jaune.
– Avec plaisir. Tu continues, moi je m’occupe du bureau. »
J’ai continué ma monté du bâtiment, la tête à l’envers. Il ne restait plus personne. (Peut-être aurais-je dû récupérer cette info sur celui qui m’a attaqué.) Alors j’ai continué à fouiller, papiers, ordinateurs, comme un enquêteur quoi. Mes vieux talents d’agent du F.B.I m’avaient permis d’obtenir des informations. Le Colonel, c’était Reydus Sulivan. Un démon vampirique que l’on avait combattu avec Lincoln. Un ennemi plutôt tenace, le seul qui nous avait échappé lorsque Sieg était encore en France. L’un des seuls que je n’ai jamais arrêté. Plutôt coriace, mais je n’ai jamais su comment le bloquer, tous ces pouvoirs dépassaient toujours les miens. Jusqu’à aujourd’hui. Vingtième étage sur vingt-cinq. Toujours personne ou presque.
« Chester ?
– Leo ! Apparemment ce bâtiment m’a l’air plus tordu que je ne l’imaginais. J’arrive de l’autre côté, certains bureau n’en sont pas finalement. Tout se passe bien de votre côté ?
– Pour l’instant. Tu as eu vent du démon qui surveille les lieux ?
– Le Colonel, ne me dit pas que tu as peur de lui ?
– Bien sûr que non, J’espère juste le battre cette fois-ci.
– Ne t’en fait pas, je sais comment lui faire mordre la poussière. Enfin tu m’excuseras, mais j’ai encore du monde à dérouiller moi ! Me dit-il en passant la porte et jetant un vent froid à travers. »
Ce souffle me gela le bras gauche, mais pas au point que je ne puisse plus le bouger. C’est comme si mon membre était devenu de la glace. Je l’ai supporté puisque que je ne le sentais même pas. J’ai ensuite repris les escaliers, je savais que Sieg me suivait d’assez prêt. C’est lorsque j’ai atteint le dernier que j’ai entendu quelqu’un crier. Le bruit venait de derrière alors je m’y suis précipité. Encore un long couloir à rallonge. Cette fois c’est l’image d’une femme aux cheveux châtains, coiffée comme une amazone qui m’a libéré de cette course infinie. Jusqu’à ce que je remarque que ce cri était dans ma tête et qu’il résonnait depuis tout à l’heure. C’était Nikki qui m’appelait. Il s’en prenait à la seule qui ne connaissait pas ou dont il n’avait pas combattu avec. Je suis arrivé en trombe sur lui, le propulsant lui et ses flammes avec mon bras de glace contre le mur.
« À votre service princesse.
– Tient, voyez qui vient nous rendre visite, dit-il en se relevant, Kryssen.
– Tu ne pourrais pas pour une fois t’attaquer d’abord à ceux que tu connais ?
– Tu sais que je préfère faire souffrir mes cibles avant de m’attaquer à eux Leo.
– Et tu sais que Lincoln était parvenu à te briser, à presque te remettre dans le droit chemin. Pourquoi tu es reparti avec lui ? »
Je crois que j’avais touché un point sensible. Il ne disait plus rien, jusqu’à ce que Sieg arrive et le voit.
« Je veux en finir avec toi Leo. On se retrouvera dans la salle du canon. À tout à l’heure. Reprit-il en repartant.
– Adam, le poste du canon ?
– En face, dans notre bâtiment Sieg. Tout va bien princesse ?
– Oui, je, je ne l’ai pas vu venir. J’ai trouvé quelque chose, je n’arrivais pas à trouver ce que ça peut-être.
– Tu peux m’y amener ?
– C’est juste à côté. Viens.
– Tu as réussis à trouver ce que Chester cherchait ?
– Oui ça ce n’était pas un problème. Mais c’est cette fissure dans le mur.
– Une fissure…
– Leo ? Qu’y a-t-il ?
– Je l’ai déjà vu. Pourquoi elle apparait ici ? reprit-il en passant son doigt sur un des côté.
– Qu’est-ce qui se passe Adam, j’ai l’impression que ça te fait peur.
– Sieg, viens-voir ça.
– Oh ! Répondit-il après s’être téléporté. Je crois que tu avais raison de vouloir leur rendre une visite l’ami.
– Mais pourquoi ici ? Comment se fait-il qu’elle soit dans les limbes ?
– Tu penses que Sulivan y est pour quelque chose ?
– Non, je pense plus-tôt que si il est là c’est parce que la faille a disparu de la Terre.
– Et si elle n’est plus là-haut. Alors…
– On sort d’ici et on retourne les voir. Pourtant quelque chose me dérange encore. Pourquoi elle s’est ouverte quand Nikki est passée ?
– Attends, comment tu sais ça toi ? Me demanda-t-elle.
– J’ai eu plusieurs fois des visions et maintenant je comprends pourquoi je les ai eus. Chaz, tu as fini de ton côté ?
– Ouaip frérot. Tu te souviens tout à l’heure je te disais que je trouvais cet endroit étrange.
– Tu as déniché un truc encore pire ? C’est ça ?
– Y’a deux Limbes.
– T’est sérieux quand tu dis ça Chester ? Demanda Sieg.
– Et je parie que notre ami Sulivan en est le gardien ?
– Perspicace Leo. Exact. Je te prends Sieg. On va aller explorer ce niveau avant d’aller s’attaquer au chef. On vous appellera.
– Tu veux qu’on sorte de là princesse en les attendant ?
– D’accord, mais par où tu veux passer ?
– Choisis où, je te rejoindrai. Répondis-je en me dirigeant vers les escaliers. A tout de suite princesse. »
Le saut de la foi, cinquante mètres de chute à travers un portail sans savoir ce qu’il pouvait se trouver derrière. Cette fois ci je n’avais pas à subir la chute sans pouvoir voler pour remonter au dernier étage.
« Tu m’as fait peur, tu aurais pu prévenir avant de remonter.
– Ce n’est pas drôle si je préviens.
– Tu crois qu’il reste quelqu’un ici ?
– Je n’espère pas. Je te rappelle que je vais le mettre en pièce ce bâtiment. Pourquoi, tu en doute ?
– Ils ne sont pas humains, du moins pas totalement. Je dirais des démons qui ont réussis à passer le portail. Surement des convertis.
– On fouille un peu ? Les limbes m’ont rouillés les jambes. »
Normalement il ne restait plus aucun humain dans l’édifice. J’avais confiance en ces hommes et je savais que celui que j’avais envoyé vider le bâtiment me faisait confiance. (Comment je le sais ? Je suis capable de contrôler les esprits non ?) On avait pris notre temps pour descendre, assez pour que les deux autres examinent leur monde parallèle. Il ne restait personne jusqu’à ce qu’une nouvelle vision vienne me stopper dans ma marche. Cette fois-ci ce n’était plus quelqu’un, mais quelque chose dans un endroit assez étrange. Une sorte de grotte et une immense cage ou coffre-fort en métal. Je ne savais pas ce qu’il y avait dedans, je ne savais même pas où se situait cet emplacement. Et cette voix qui raisonnait qui disait encore et encore « Vous êtes le seul à pouvoir l’ouvrir et le délivrer » J’ai rouvert les yeux face à un mur, et jusque-là bas se tenait une série d’ennemis, qui paraissaient venir sans fin. J’ai dégainé mes deux pistolets, éliminé les deux à mes côtés dès le début, lâché les deux armes, fait demi-tour et rattrapé les révolvers pour éliminer les deux derrières. J’ai répété la même opération en les lançant en l’air, tourné sur moi-même, repris mes armes au-dessus de la tête pour tomber les deux derniers démons devant moi.
« T’en as pas assez d’être arrogant, en plus du fait que tu te la joue quand tu te bats.
– Mais tu crois que je ne t’ai pas vu princesse. Tu n’es pas mieux que moi tu sais.
– Hey ! Les querelles de couple ailleurs d’accord, pas ici !
– Qu’est-ce qu’il à lui ? Il cherche la merde c’est ça ?
– On s’en occupe ?
– Avec joie. Répondis-je. »
Il restait deux hommes devant moi, que j’ai libéré de leurs emprises des démons avant que je ne dégaine Rebellion. C’était l’une des seules armes dont, tenue par le bout du manche, la pointe de la lame touchait le sol. Je me suis élancé sur lui, alors que Nikki s’en était déjà pris à lui, avec un premier coup à revers en tournant sur moi-même puis en continuant ma toupie avec sa forme faucille, Osiris. Mais il n’était pas le dernier. Je me suis téléporté à la fin de mon élan derrière ma compagne pour éliminer le second assaillant qu’elle n’avait pas vu en surchargeant sa mémoire.
« Tu ne veux plus les tuer ?
– Non, je préfère l’overload mémoriel pour supprimer leurs souvenirs. Qu’ils puissent retrouver une vie normale sans nous.
– Tu as peur qu’ils ne retiennent que de mauvais souvenirs de notre passage ?
– Pas spécialement, je ne veux pas qu’ils ne se souviennent de que qu’il a pu leurs faire subir ou ce qu’il peut encore faire. De plus cette chose que nous sommes en train de faire, dont je ne connais pas les moindres détails qui sont restés entre mon frère et Sieg, est pour leurs survie, pour que même si notre bataille détruit cette planète, que ses habitants ne se retrouvent pas sans rien.
– Ton cœur te perdra Adam. Mais je suis heureuse que tu penses de cette manière.
– Tu seras ta seule perte ! fit une voix vibrante et effacée comme celle d’un fantôme. »
J’étais le seul à les entendre, je ne sais toujours pas pourquoi, ni ce qu’ils me voulaient, mais d’étranges présences habitaient les lieux et certains m’en voulaient, d’autres demandaient mon aide. Mais cette fois-ci, j’avais réellement l’impression que cette voix était derrière moi. J’ai dégainé mes pistolets, me retournant aussi vite que possible, mais il n’y avait rien, personne.
« Adam, qu’est-ce qui t’arrive ?
– Je sais qu’ils sont là. Je les entends.
– Qui, les démons ? On les as tous éliminer je te rasure.
– Non, pas eux. Les autres. Ceux qui ont rouvert la fissure dans le monde des limbes, qui m’envoient leurs visions, leurs pensées d’espoir. Leurs paroles me glace le sang à chaque fois que je les entends et mon cœur s’enflamme à chaque parole de désespoir. Ils ont besoin de moi, ils me veulent, mais pourquoi ?
– Parce qu’ils ont un problème et ils voient en toi la seule solution. Tu es le seul qui les a aidés. Mais j’ai besoin de toi ici frérot, alors si tu pouvais passer par le portail que je t’envoie je t’en serais reconnaissant. Me fit Chester m’appelant.
– Bon. Répliquais-je en regardant le portail, on s’y jette ?
– Je me charge de vider cette partie, retourne les voir.
– Appelle-moi si tu as un problème, je rappliquerais. »
Relancé vers une chute dans le vide. Je ne savais ni où ils étaient, ni où j’allais, mais je me suis laissé tomber, la tête en avant. Leo avait trouvé le moyen de désactiver les interphones pour activer ma musique avec mon téléphone. Je n’entendais rien d’autres que mes chansons, concentré sur les obstacles chutant tel que moi dans ce tunnel interminable. Ce n’est qu’au bout de cinq bonnes minutes de chutes et d’esquive d’obstacle que ces derniers disparurent. Tout ce que je voyais au loin c’était une épaisse fumée noire, éclairée par des étincelles orangées qui fuyait à travers dans l’espoir d’enflammer quelque chose. Elles s’attaquèrent à moi à mon passage, m’écartant de mon chemin d’une puissance peu commune. Je sentais ma peau brûler, devenir des cendres parmi toutes celles qui tombaient avec moi. Pourtant je ne subissais aucune douleur, c’était comme si elle prenait possession de moi, rentrait en moi. Je ne m’en suis pas réellement soucié car si cette attaque était dangereuse, Leo m’aurait prévenu. J’ai continué ma descente, toujours plus vite jusqu’à apercevoir une grande salle, j’y voyais Sieg et Chester se battre contre des démons de classe trente, ces démons dont seul Akziel possède le contrôle. Je me suis précipité sur les deux aux dessous de moi avec la cristallisation. Mes deux bras sont passés à travers eux jusqu’à ce qu’ils explosent lorsque mes pieds ont touchés le sol. Je me suis relevé, le regard tourné vers eux, les yeux pleins d’étincelles, qui se libéraient derrière mes verres. J’avais fini par trouver l’élément avec lequel mon corps s’entendait le mieux. La fumée. C’était le seul qui ne s’était pas déchargé en une attaque, tout ce que j’avais accumulé restait là dans mon corps, dont une partie gravitait autour du cristal de mon cœur. Je me suis lancé sur les deux devant, les deux lames de mes bras dans les leurs dos, je les ais détachés et fait exploser par la pensée. Sieg et Chaz me regardaient alors que ces dernières étaient en train de se recréer avec la fumée que les explosions avaient dégagée.
« Leo, tu es juste Epique !
– Je sais, je sais. Rien ne dépasse mon arrogance au combat ! Qu’a-t-on à faire ici ?
– Trouver comment casser et à quoi sert ce fichu monde de fou.
– Un monde fou ? Mais…
– AAAHHH ! Fit un démon courant à toute allure vers une direction inconnue.
– Oh, mon dieu ! répliquais-je en le regardant. C’est quoi ce bordel ? Comment un monde de démons peut les effrayer eux même ?
– C’est une stase pilotée, l’interface qui permet à Akziel de faire ce qu’il veut des démons, les obliger à agir même s’ils ne le veulent pas. Me répondit Sieg. Et qui apparemment n’est pas visitée que par nous. Reprit-il en regardant une tache blanche qui n’avait fait que passer.
– Qu’est-ce que c’était ? Me demanda Chaz.
– The Messenger. »
À l’époque où les moyens de communications tels que les téléphones portables n’existaient pas, pour se transmettre des informations on utilisait les pigeons voyageurs, ou encore les messagers. Leur inconvénient est qu’ils sont stoppables. Les appels quant à eux beaucoup moins. De l’autre côté, existent les messengers, habitants de la défunte planète Zirha. Ce sont des êtres dimensionnels maîtrisant l’espace. Ils voyagent n’importe où, grâce à la téléportation bien plus facilement que je n’ai jamais pu le faire. Mais eux ont une particularité. Lorsque je n’avais encore que dix ans, les dirigeants Aldoriens utilisaient déjà cette population pour transmettre des informations sans que personne ne le sache. Pourquoi ? Parce que personne ne sait qu’ils existent et personne n’est capable de les voir, sauf celui qui donne l’information et celui qui doit la recevoir. Pourtant nous, gardiens de l’Ordre, avons la faculté d’apercevoir leurs signatures temporelles même s’ils n’ont pas pour but de venir nous voir. Mais cette fois-ci, je l’avais aperçue. J’avais l’impression que connaitre cette jeune fille qui était parvenue jusqu’ici, par je ne sais quel moyen. Je m’étais perdu dans mes pensées, ne me préoccupait plus ce que qui pouvait se dire ou se faire à côté.
« Adam, tu vas bien ?
– Qu’est-ce qu’ils me veulent Sieg…
– Je ne le sais pas, sortons d’ici et on pourra le savoir.
– Tu crois que c’est encore Sulivan frérot ?
– Non, j’ai du mal à croire qu’il nous veuille du mal. Il veut protéger quelque chose, où quelqu’un et il pense que c’est le meilleur moyen pour le faire. Faut pas lui en vouloir, il ne fait que ce qu’il lui semble bon.
– Si tu pensais comme ça pour tous tes adversaires Leo…
– Non, bien sûr que non, mais pense-tu qu’un aussi bon que Lincoln aurait pu repentir un détraqué, maladif et endoctriné jusqu’à la moelle ?
– J’en doute, mais qu’est-ce que tu veux voir par-là ?
– Que même s’il a été longtemps un adversaire de taille face à moi, c’est un grand guerrier, je sais comment il est, je sais ce que Lincoln a trouvé au fond de lui. Une valeur inestimable.
– Et que comptes-tu faire alors ?
– Le résonner et en faire un allié.
– Mais t’est malade ! me fit Sieg en m’arrêtant. Tu veux me ranger de ton côté ?
– Pourquoi pas ? C’est un grand guerrier, tu en es témoin autant que moi non ?
– Exact. Si ton cœur te dit de le faire, alors fait.
– Mon cœur, je te ferrai remarquer que tu me l’as remplacé par un caillou Sieg ! répondis-je en rigolant.
– Arrêtez, je crois que j’ai trouvé quelque chose moi, venez voir.
– Un générateur de brume… Fit Sieg en fixant la machine fixée aux trois parties du bâtiment.
– Quoi ? T’est sérieux, qu’est-ce que c’est ce truc ?
– C’est un avaleur d’énergie si tu préfères Chaz. En plus d’être une interface de contrôle c’est une source d’énergie.
– Et comment comptez-vous l’atteindre, aucun de nous peut voler ici.
– Si te saute d’assez haut je pourrais combiner l’envol de l’aigle et la cristallisation pour accéder le poste. Mais…
– On ne te suivra jamais. Aucun de nous ne supporte l’eau ici.
– Ben voyons, ce n’est pas comme si j’avais le choix. À plus tard les amis ! Dis-je en me jetant dans l’eau. »
On n’avait aucun moyen de traverser les deux parties du bâtiment. À part moi, et même si je ne savais pas nager, à quoi bon, je maitrise les éléments, je devais bien avoir quelque chose pour m’aider. Je respirais sous l’eau grâce au respirateur artificiel et j’utilisais l’eau elle-même pour me propulser. Cet édifice se présentait comme celui dont on venait, mais aucun débris qui chutent, juste un long parcours pour l’escalader et aucun répits de chute. Le sol s’était effondré pour laisser un trou vers nulle part.
« Oh, merde.
– Qu’y a-t-il Adam ? me fit Sieg par téléphone.
– Ce truc est une énigme vivante. Comment je suis censé le monter ?
– Je te guiderai, commence par accéder au premier plateau au-dessus de toi, j’étudiais la suite en chemin.
– Dix-mètres plus haut, un bloc peut être retourné de notre côté.
– Bon, alors allons-y. »
J’ai toujours été bon grimpeur, en escalade à l’époque où j’en faisais encore. (Comme si l’époque où j’étais au lycée était loin) Pour m’assurer j’utilisais mon glaive, planté le plus haut possible dans la paroi et comptait sur la chaine avec laquelle il était attaché pour me retenir en cas de chute. En deux minutes j’avais atteint le haut et atterris sur le plateau. En face je voyais un pan du mur qui était coupé, comme si il avait été sectionné volontairement. Il ne restait plus qu’à trouver un moyen de traverser.
« Bon, maintenant que me conseille-tu ?
– Cristallisation contre le mur.
– Jamais. La cristallisation subie la gravité et sa vitesse n’est pas assez importante pour s’en séparer. J’aurais opté pour l’autre côté.
– Avec un maximum de chance de retomber dans le Styx. Ambitieux.
– Et obligé. Fait-moi confiance. Essaie de trouver le moyen de continuer. »
Une fois de plus c’est mes talents d’assassin que je mettais à l’épreuve. Il me fallait de l’agilité et de la vitesse. Presque tout ce que je touchais s’effondrait derrière moi. Le seul qui tenait c’était le barreau métallique sur lequel j’étais posé à environ cinq mètres de ma cible.
« Et maintenant ?
– Je vais m’amuser. J’en ai pour cinq secondes. »
Je me suis jeté de mon point, lancé vers le mur avec l’envol de l’Aigle et ai déployé Arbitrer pour m’agripper a la cloison en la plantant.
« Bien joué, maintenant il te faut trouver un moyen de faire pivoter cette chose sachant que l’envol ne te donne pas assez de force.
– Alors je vais utiliser l’environnement. Répondis-je ne me posant sur le manche de mon arme et commençant à arracher le premier plateau de la tour. Accroche-toi. On ne va pas rester longtemps ici ! »
J’étais comme au paradis, un endroit assez complexe et tordu pour mettre à l’épreuve mes talents et tous mes pouvoirs. En un coup, j’avais envoyé le rocher au fond du pan pivotant et m’était accroché en bas avec mon glaive pour suivre la rotation. Je n’avais plus qu’à escalader un peu pour atteindre un nouveau plateau.
« Bien, quelqu’un pour m’aider à remonter ? Même si je suis vraiment proche c’est toujours trop loin.
– Trois mètres au-dessus de toi, tu trouveras une fenêtre qui donne sur un étage encore présent.
– J’y monte, toujours aucun problèmes chez vous ?
– Non, mais ne t’en fait pas pour nous et sort nous d’ici. »
J’ai escaladé les quelques mètres. Je me suis posé sur le rebord pour anticiper ce qui pouvait arriver.
« C’est trop calme. Dis-je en descendant du bord.
– Tu es trop craintif Adam, tu vois le mal partout.
– Ce n’est pas vrai. Je te l’accorde, je n’ai pas eu ta vie, je n’ai que tes souvenirs, mais n’oublie pas que c’est surtout les miens et que des situations de surprises intégrales j’en ai connu, trop pour prendre n’importe quoi, surtout un mode comme celui-ci à la légère. Attends, pourquoi les étincelles partent vers là-bas ?
– C’est une déformation, c’est un peu comme la reconnaissance des hôtes, mais pour autre chose et dans le cas présent, elles t’indiquent la voie à suivre. Tu vas y faire un tour ?
– Sauf si je me fais tuer avant. Tu me dire où est ma princesse Leo ? répondis-je en m’aventurant dans le couloir indiqué.
– Elle est dans le bâtiment d’en face, le seul que l’on n’a pas visité. Elle n’a pas l’air d’avoir de problèmes. Tu ne l’as pas entendu t’appeler ?
– Non, pas que je sache. Répondis-je, faisant face une porte blindé que je n’arrivais pas à ouvrir.
– Alors tu n’as pas à t’en faire.
– Sauf si je me fais arrêter d’une balle dans la tête ! répondis-je en défonçant la porte avec ma hache. Je continue à me prendre pour un fou à parler tout seul tu sais.
– Tu ne parles pas tout seul, même si fondamentalement, si puisque nous sommes qu’une seule personne et que personne n’entends les pensées de mes paroles pour toi.
– Adam ? Tout va bien, aucun problème ? Demanda Sieg par téléphone.
– Non aucun, préparez-vous à retourner dans l’autre monde, j’ai juste une dernière chose à régler.
– À quoi penses-tu Adam ?
– Ce qui se cache derrière cette vitrine là-bas. Repris-je en retournant dans un flash. »
Celui-ci était plus vieux et je n’y voyais qu’une personne se battre face à des milliers d’autres. Un des guerriers des dynasties chinoises. Je m’en suis approché pour lire ce que le socle du présentoir disait.
« Repos du guerrier d’excellence, son arme fait sa qualité et ses talents sa force. L’arme des cieux, envoyé des dieux guerriers. L’arme du guerrier, sauveur de l’empereur Liu Shan. Dragon Céleste. Dernière arme de Zhao Yun. »
Une longue lance d’environ trois mètres au manche bleu en bambou souple. Trente centimètres étaient dédiés à la partie métallique. Cette dernière était sculptée, les bords jusqu’à la pointe en acier brillant, le milieu en oxyde bleu. Ornée de bandes d’or reliant les différentes parties qui fuyait vers le manche en vrillant autour. La vitrine s’est ouverte lorsque j’ai approché ma main. C’était Toshiie qu’elle reconnaissait, c’est lui que je voyais se battre avec Zhao. Je l’ai attrapé de la main droite puis au commencé à jouer avec, jusqu’à ce qu’une puissante force me pousse à lancer un grand coup qui me fit pivoter sur place. J’avais éliminé un démon invisible qui allait s’en prendre à moi. Au moment où il reprit son apparence je me suis aperçu qu’un second se tenait à la porte.
« Oh, merde ! Fis-je en dégainant Ivory de la main gauche et lui tirant dans la tête.
– Adam ! Qu’est-ce qu’il se passe là-haut ?
– Maintenant on a un problème Sieg. Répliquais-je en voyant la suite de l’armée arriver du couloir dont je venais précédemment. On va essayer de les fuir. Leo ? Demandais-je attachant ma nouvelle lance dans le dos et commençant à partir en courant.
– Il y a un escalier en colimaçon juste après, prend-le il devrait te mener au générateur. »
Je m’y suis lancé, monté quelques étages, mais mes poursuivants étaient plus rapide que moi, ils commencèrent alors à détruire les escaliers dans le but de me faire chuter. Mais mon système était plus rapide qu’eux, le catalyseur du cœur d’Adam s’activa avec une petite voix disant « Catalyse cinétique activée » Une onde bleue s’est chargée devant moi et se propulsa vers l’arrière en me donnant un élan de vitesse. J’ai continué ma lancé, sans me préoccuper des autres. J’ai dû monter une centaine d’étages pour qu’ils me lâchent enfin sans pourtant m’arrêter. Puis une voix résonna dans ma tête, un cri, un désespoir perdu dans la peur. Nikki ! Cette parole seule suffi à changer tout mon plan, j’ai repris ma lance et ai disparu d’un coup. J’avais du mal à comprendre ce qu’il se passait exactement puisque je ne suis pas censé pouvoir me téléporter dans les limbes, mais cette fois-ci, je me suis retrouvé au-dessus du générateur, ma lance pointé devant, j’ai traversé la machiné et ai absorbé toute l’énergie électrique qu’elle possédait pour me lancer dans le troisième bâtiment, traversant ses murs pour atteindre l’assaillant de Virginie. Un dernier éclair traversant ma lance vint pour achever celui qui avait amorti mon jet. Je me suis relevé en extrayant ma lance, regardant celui qui se tenait devant moi qui finit par fuir en croisant mon regard.
« Adam, est-ce que c’est toi ?
– Je n’aurais jamais dû te laisser seul, c’est de ma… Non… Repris-je en me tournant vers elle. Pas ça, pas lui… »
Il n’y avait pas beaucoup de personnes que je redoutais réellement, seulement certaines, dont un en particulier. Kisiran. Pas qu’il me fasse peur, loin de là. Il était la bête noire de Nikki, son pire ennemi et l’un des seuls à être capable de contrer toutes ses capacités. Il stoppait sa vitesse, la rendant aveugle, un flash solaire qui lui brulait les yeux au point de les rendre blancs et les faire saigner.
« Tanguy…
– Je suis là princesse, ne t’en fait pas. Répondis-je en essuyant le sang sur son visage et la serrant dans mes bras.
– Adam, reviens à notre position, on a ouvert un portail de retour. On t’attend derrière.
– D’accord, j’arrive. Tu peux venir avec moi Virginie ?
– Oui, je te suis. Mais comment as-tu fait pour arriver si vite ?
– Clairement, fis-je en activant la clé sur mon bras. Je n’en ai aucune idée. Surtout ne me lâche pas. Repris-je en lui prenant la main. D’accord ?
– Tu penses que c’est lui qui a créé ce monde ? Demanda-t-elle après avoir passé le portail.
– Chaque tour aura son gardien, si ça doit être lui, alors on en sera débarrassé.
– Tient vous voilà. Prêt à affronter… Oh, Kisiran. Bien, et Sulivan ?
– Il n’y est pour rien dans tout ça, je n’ai jamais voulu admettre qu’il était impliqué dans cette histoire, il n’est qu’un pion ou un de plus à nos côtés. Princesse ?
– Au-dessus de l’escalier, il y a une salle cachée et un autre escalier pour y accéder, juste à côté du bureau où était la fissure.
– Dit frérot, c’est normal que tu ais une lance qui te suive derrière ?
– Oh, fis-je en l’attrapant et l’attachant à mon dos. Oui, je l’ai trouvée de l’autre côté. Mais je n’avais pas vu qu’elle me suivait. Tout va bien Virginie ?
– Oui, mais surtout ne me lâche pas, d’accord.
– Aucune chance.
– Hey, il y a quelqu’un là-dedans ?
– Chaz, tu n’es pas sérieux ? Occupe-toi d’elle, j’ai une ordure à rayer de ce monde. »
D’un coup toutes les lumières s’éteignirent, on ne voyait qu’une faible lueur voler de temps en temps. Jusqu’à ce qu’elle s’approche violemment de moi, je l’ai bloqué avec ma lance, puis me suis lancé dans une sorte de toupie verticale. La seule chose que l’on voyait était le flot blanc de fumée que créait ma lance. Je l’ai relâché en le laissant filer vers le plafond avec mon arme. Une goutte de son sang fluorescent tomba du corps pour atteindre le sol, éclairant toute la pièce. Une voix résonna du fond de la salle. C’est moi qu’elle appelait. J’ai rappelé ma lance qui vint se reloger dans ma main droite.
« Kisiran, toujours aussi spectaculaire dans tes arrivées !
– Et tu penses toujours être capable de m’éliminer ? Tu te souviens de tes défaites j’espère ?
– Non, je vois déjà ta pauvre et misérable mort mon frère !
– Bien, à ton grand plaisir ! Et au plaisir de ne jamais te revoir ! »
Le dernier de notre confrérie d’assassin que je n’avais pas éliminé. Von Kisiran. Le plus brutal de mes alliés, c’est le dernier que j’ai eu avant de me décider à rester définitivement seul. Aujourd’hui je prenais ma revanche, après que lui ai pris la sienne alors que j’avais pris Nikki comme alliée.
Il utilisait le feu comme élément principal, il s’attaqua à moi avec un immense lance-flamme qui sortait de ses mains. Il pensait me faire fondre, mais il se trompait, j’ai tout absorbé jusqu’à ce qu’il se décide à arrêter.
« Toujours aussi déterminé à m’éliminer ?
– Qu’est-ce que je suis censé avoir négligé ?
– Le temps ! Répondit Ryan en me lançant une de ces lames gelées sur le bras droit.
– J’ai changé, mais ta façon de te battre est encore et toujours la même depuis des années. Répliquais-je en attirant toutes les flammes de son corps dans son bras gauche et le forçant à s’approcher. Mais aujourd’hui je vais casser ton invulnérabilité si invivable. »
J’approchais de lui, l’attirant vers moi, j’avançais mon bras gelé de son cœur alors que l’énergie que ces interactions brouillaient tellement ma vision que même mes lunettes ne suffisaient pas à corriger ce problème. Alors que les flammes que son corps projetait étaient de plus en plus violentes, son torse devenait noir, refroidit par mon bras que j’approchais jusqu’à le poser sur son torse, traverser sa cage thoracique et en extraire son cœur qui ralentissait, jusqu’à arrêter de battre et se geler à son tour.
« Le jeu s’arrête là mon frère ! repris-je en brisant son cœur glacé dans mes doigts et brulant son corps avec ces flammes. Maintenant il me reste une question à résoudre… »
Je n’ai même pas eu le temps d’y répondre que celui que je recherchais arriva dans la même salle que nous, entre moi et ceux qui étaient derrière moi.
« Où est-il ?
– Tient, Sulivan, qui cherches-tu ?
– Tu le sais très bien Leo ! Où est ton frère d’arme ?
– Loin d’ici. Et il y restera. Répondis-je en me tournant vers lui qui s’était placé à côté de moi.
– Alors sortez d’ici. J’ai un bâtiment à faire sauter.
– En pensant que tu feras exploser la moitié de Paris, élimineras une partie de la population que JE m’efforce de protéger, vas-y. Fais-toi plaisir. Mais il faudra s’opposer à moi avant.
– Oh, je, je n’avais pas pensé à ça. Tu as une meilleure idée ?
– Bien sûr. Répondit fièrement Sieg. On va remplacer cette tour et y poser une qui nous permettra de mettre en lieu sûr toute la population qui pourra se trouver en danger.
– Dans ce cas… Leo ?
– Allez-y, attendez-moi dehors, je vous rejoindrez un peu plus tard. J’ai une dernière chose à régler. Répondis-je en me dirigeant vers Nikki. »
Ils se sont téléportés dans le monde réel, alors que je restais avec la seule qui avait souffert de notre équipe. Je me suis avancé vers elle, prit ces mains dans les miennes et ai commencé à la régénérer en prononçant ces mots. « Je suis là princesse, ne t’en fait pas » Son corps s’illumina progressivement pour reprendre son état normal.
« Tout va bien ? Demandais-je.
– Oh, Adam, comment savais-tu que ça marcherais ?
– Sa force est son cœur. S’il n’existe plus il devient inutile. Puis même si normalement je n’ai jamais réussi à régénérer quelqu’un d’autre, tu n’as jamais été comme toutes les autres. Répondis-je en passant ma main dans ses cheveux. »
Mes visions revinrent. Il me semblait connaitre les personnes qui se trouvaient en face de moi sans pouvoir retrouver qui elle étaient. Ils n’étaient pas humains, du moins ils ne le semblaient pas. Ce qui me perturbait c’était que le plus souvent c’était ma copine qui déclenchait ces fractions de souvenirs. Qu’est-ce qu’ils voulaient me faire comprendre ?
« On va les rejoindre ?
– Je nous ramène. Répondit-elle en nous repassant dans le monde normal.
– Dommage de devoir détruire un si joli édifice.
– Pauvre chou, tu t’y attachais ? Me lança Sulivan.
– C’est ça ! Certain qu’il n’y ait plus personne ?
– Convaincu. Me répondit Chester. T’a plus qu’à t’amuser.
– M’amuser oui, je ne suis pas certain que ce soit le mot exact.
– Je vous laisse, je vais m’occuper de la suite. À vous de jouer !
– Je retourne voir ma sœur, à tout à l’heure Adam.
– Bon. Repris-je en commençant à me faire planer dans le vide. Au boulot, Sieg essaie d’être réactif, le plus possible. Parce que je ne vais pas te le tenir deux heures.
– Ne t’en fait pas, j’irais vite. »
Je me suis concentré sur le bâtiment, pour ne pas enlever l’élément historique sur lequel il était posé. Seulement mes forces seules ne suffisaient pas. Au mieux je faisais trembler l’édifice. J’ai décidé de faire appel à Leo, utiliser toutes ces capacités pour augmenter ma puissance. Je suis arrivé à l’enlever de l’édifice historique, mais son déplacement était encore très difficile. Je n’arriverais toujours pas à réellement faire quelque chose.
« Alors mon ami, tu faiblis ! me fit Sulivan, arrogant.
– Je vais te monter si je faiblis moi ! »
J’ai fait appel au seul qui pouvait m’offrir une puissance et une énergie infinie. Toshiie. Comme à chaque fois c’est la foudre venant me frapper qui le réveil. Cette fois-ci c’était un jeu d’enfant. J’ai soulevé le bâtiment, laissé Sieg placer sa machine sous l’édifice et l’ai replacé là où il était. Je continuais à regarder Sulivan qui était bouche bée devant moi et la puissance que je venais de déployer.
« Je ne faiblis Jamais !
– Oh, Un ange… Je croyais que c’était une légende.
– Et ? Toutes les légendes doivent n’être que des illusions, crées par l’imagination des hommes ?
– Adam, tu restes ici pour t’assurer du fonctionnement, normalement un messager des Dieux devrait passer.
– Pas de problèmes Sieg. Répondis-je en m’asseyant sur le bord du toit.
– Qu’est-ce que j’ai raté ? Me demanda Sulivan en prenant place à côté de moi.
– Tout ce qui s’est passé après mon retour. Un an pendant lequel tellement de choses se sont passées. Dont le retour du traitre. Au début j’ai cru que tu étais avec lui.
– Je ne suis pas avec lui, ce n’est pas pour autant que je suis contre lui. Je reste neutre, je ne me bat que pour moi et mes convictions. Même si certaines fois elles me semblent pas les meilleures…
– Tu n’as finalement pas négligé la leçon de Lincoln.
– Jamais. Comme tu le disais, il est le seul qui a su me faire voir le monde différemment. Je ne pouvais pas. »
On attendait, je ne sais combien de temps, jusqu’à ce que le système ai fini de se mettre en place. Le bâtiment possédait une antenne qui émettait des ondes jaunâtres. Je continuais à les regarder encore et encore. Patientant la venue de celui qui devait s’assurer du bon fonctionnement du système.
« Alors, que comptes-tu faire ? Repartir loin d’ici ?
– Je ne sais pas. J’ai d’autres choses à régler.
– Pourquoi ne pas nous rejoindre ? Pas comme un membre de l’ordre, mais comme un allié.
– Je ne serais pas contre, seulement, je ne sais pas. J’y réfléchirais.
– Tu seras toujours bienvenue.
– Je n’oublierai pas, ne t’en fait pas. Reprit-il en se levant. Au plaisir l’ami ! Dit-il en s’envolant.
– Monsieur Kryssen ? Demanda un homme derrière moi.
– Evite le monsieur, je déteste ça. Tout est en règle ?
– Messager des Dieux, tout m’a l’air correct. Le reste doit se faire entre votre ami Sieg et les responsables, vous le savez ?
– Je m’en doutais. Vous avez encore besoin de mes services ?
– Non. Vous pouvez disposer.
– Au plaisir alors. Répondis-je en me jetant du bord du bâtiment. »
Je me suis élancé pour m’envoler. Je n’ai jamais cherché à savoir la distance exacte entre chez moi et la capitales, la seule chose que je savais c’est qu’il ne me fallait pas plus de cinq minutes pour faire le trajet. Je me suis posé devant la porte de mon lycée. J’avais quelqu’un à aller voir. Depuis ma sortie de cette nouvelle dimension des limbes j’avais remarqué que mon katana ne disparaissait plus, il était toujours visible attaché à ma veste. Je me suis avancé, je n’appréhendais plus les regards, peu importe je n’avais plus rien à faire avec eux. (Enfin presque) Il y avait toujours des personnes ici avec qui et à qui je devais prêter attention. Et à mon arrivée, une de ses personnes attira mes regards.
« Tient, Rosie. Ariel t’a rendu ta place ?
– Comme tu vois, pourquoi, ça te pose un problème ?
– Sérieusement, tu penses vraiment ?
– Je ne sais pas, tu pourrais finir par craquer pour moi et… Hey !
– Excuse-moi de plus prêter attention à ma petite amie qu’à toi ! Et je te rassure, non ça ne me pose aucun problèmes et non, je ne là remplacerais pas, surtout pas pour sa meilleure amie. C’est à mon frère que j’ai pensé en premier, surtout à Ryan. »
Quelque chose me fit réagir. Mes oreilles sifflaient et je n’entendais presque plus rien, sauf une voix brillante et puissante. Je savais qui c’était et me suis excusé de partir si brusquement pour elle. Je me suis avancé, normalement, comme si de rien était. Mais j’avais quelque chose en tête. J’ai écouté ce qui se disait, un blond l’agressait, une espèce d’idiot, le stéréotype du beau gosse. J’ai attrapé mon katana dans la main gauche et poussé l’assaillant avec le fourreau en commençant à tourner sur moi-même. J’ai fini mon tour sur moi et ai dégainé ma lame pour terminer mon élan en tranchant son corps. Je me suis relevé, séchant mon arme du sang qu’elle avait prise. Je savais qu’elle n’était pas restée, elle était partie dans une autre partie du lycée.
« Je n’aurais jamais dû… Fis-je en rangeant mon arme dans son fourreau avant qu’elle ne disparaisse dans mon dos.
– Jamais dû faire quoi Leo ? Me demanda Kévin.
– Si j’avais su que c’était un messager, je ne l’aurais jamais traitée comme ça ! Pourquoi elle ne me l’as pas dit.
– Mais de qui tu parles ?
– D’Emeline. Je… Je reviens. Il faut que je la retrouve. »
Je suis parti voir Bruno, pensant que lui pourrait m’aider à la retrouver. Mais sans succès. J’ai essayé Joffrey, mais il n’avait pas plus d’informations non plus. Je suis remonté sous le préau et ai avancé jusqu’à la porte de la cour extérieure. Son bord surplombait une partie de la ville. Elle était là-bas. Je suis sorti, sans me préoccuper de savoir si elle m’avait entendu.
« C’est moi, ou c’est une coutume de s’isoler en hauteur quand on va mal ?
– Pourquoi cette question ?
– Parce que je fais exactement comme toi. C’est à cause de moi cette fois-ci ?
– Comment tu as trouvé ?
– Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé. J’aurais évité de te massacrer si j’avais su que tu étais ici pour moi. Je ne suis pas censé le savoir.
– Tu aurais pu être plus gentil avec moi quand même…
– J’aurais dû être plus gentil. Tous arrivaient si vite, Leo, ses pouvoirs, tout le reste. Puis ma santé s’en allait avec les secondes qui passaient. Je n’avais pas la confiance que je porte à Leo aujourd’hui, je ne pensais pas qu’il trouverait un moyen de me rendre mon état normal. Tu choisiras ce qu’il te plaira ou que trouvera le plus juste. Je te présente mes excuses, si tu ne veux pas les accepter, libre à toi.
– Je les accepte. Mais j’ai besoin de savoir quelque chose.
– Je t’écoute.
– Une fois que je t’aurais donné le message. Qu’est-ce qu’il m’arrivera ?
– Normalement tu devrais disparaître, mais ça me parait impossible, simplement parce que tout le monde te vois, alors que normalement je devrais être le seul. Pourquoi, tu as peur de quitter ce monde ?
– Un peu…
– Rassure-toi, il y a longtemps que les messagers ont disparus, il en reste quelques-uns, un peu partout. Beaucoup ne sont qu’aujourd’hui des hybrides comme toi, qui sont toujours messager, mais dont leurs pouvoirs sont activables et désactivables à souhait. Mais toi comme beaucoup, tu les découvres et tu ne sais pas t’en servir.
– Attends, tu es en train de me dire que mon père est lui aussi un messager.
– J’ai jamais dit une telle chose, mais forcément. Il se peut même que je l’ai déjà croisé. Attends, tu en es arrivé à te poser cette question parce que je te dis qu’ils disparaissent lorsqu’ils ont délivré leurs messages ?
– Un peu oui, pourquoi ?
– Non, pour rien. Repris-je avec un léger sourire. Avant que tu t’oublies dans les néants des messagers…
– Tanguy !
– Je rigole, si tu as besoin de quoi que ce soit sur toi, ton passé, les tiens ou autre, viens me voir, je me ferais un plaisir de te répondre.
– Je n’ai jamais cherché à savoir de qui il venait, ni qui il était. C’est un message d’un certain Krysto pour l’ange des morts. Un autre pour Leo de Verzhon. L’un dit que son monde a changé et qu’il a besoin de toi pour le remettre en ordre. Le second dit qu’ils détiennent quelque chose qui t’appartient et que tu es la clé pour l’ouvrir. Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qui te fait rire ?
– Le fait que le monde va enfin redevenir ce qu’il devait être depuis des siècles. Qu’il va enfin changer pour de bon ! répondis-je en m’envolant. »
Tout concordait, la fissure, les visions et les messages ! Tout m’indiquait qu’il fallait que je leur rende une visite. C’est ce que j’avais l’intention faire lorsque je me suis envolé pour la Tour. Sieg était sur la plateforme haute avec son père, ils discutaient et je n’avais pas envie de couper leur conversation que tous les deux voulaient avoir depuis pas mal de temps. Je suis arrivé du côté de ma citadelle, navigant entre les buildings qui montaient vers les cieux pour atteindre le bouclier. Je me suis posé sur le plateau ou était la famille Sanders.
« Enfin d’accord les deux ?
– Qui dois-je remercier Leo ? Me demanda Victor.
– Personne. Prend ça comme un rendu pour tout ce que tu as fait pour nous deux jusqu’ici.
– Pas autant non.
– Crois-moi si. Puis vous ne serez pas trop de deux pour m’aider à avancer. J’ai encore beaucoup à faire et sans vous je n’en serais pas là et je n’arriverais jamais à atteindre mon but. Je vous laisse, je crois que les deux autres m’appellent en bas.
Ryan et Ariel étaient en train de regarder par-dessus la barrière. Je suis descendu sur le second plateau. Je me suis avancé vers eux, avec un léger sourire sachant pourquoi ils voulaient me voir. La fissure s’était ouverte devant la Tour, de plus en plus profonde et sombre, elle avançait, comme si elle voulait faire le tour de l’édifice.
« Mon ami, je crois que l’on va s’envoler !
– Pense-tu vraiment mon frère ? J’ai plutôt l’impression que l’on va chuter ! Et bien bas !
– Ils nous attendent l’ami ! fit Sieg qui descendait derrière moi. Tu es prêt ?
– Prêt ? Je ne sais même pas avec qui descendre.
– Je reste ici, tu n’as pas besoin de moi, je te guiderai d’ici, puis je pense qu’ils auront peur de moi.
– Bon, je crois que l’on va faire ça en famille.
– Tu sais au moins ce qu’ils nous veulent ? Me demanda Ryan.
– Apparemment, ils veulent me voir et voir Toshiie. Lui a déjà travaillé avec eux, si je peux appeler ça un travail. Ensuite ils ont quelque chose qui nous appartient et dont je suis le seul à pouvoir ouvrir.
– Qui est-ce que tu as vu dans tes visions ? Me demanda Rosie.
– Un homme, cheveux courts, bruns, avec un kimono gris et violet. Puis une femme, elle avait une apparence d’amazone, avec sa coiffure. Puis un tas d’autre personnes, mais elles n’étaient pas nettes, ce n’était que des silhouettes. Puis cette cage métallique, je crois que c’est ça qui m’intriguait le plus. »
De mon côté, mes visions au pire me mettaient en état de stase temporelles, comme si rien ne pouvait plus bouger autour de moi, mais que j’arrivais quand même à avancer. Mais lorsque l’on prend un Onyx, dont les états visionnaires les transforment en vraies statues vivantes et un être de distorsion dont les leurs dégagent assez d’énergie pour alimenter toute la Terre en électricité pour une année. Elle ne touchait plus le sol, les pieds serrés, les bras le long du corps, légèrement écartés aux mains. Ses yeux libéraient un flot de particules bleues. Tout son corps était enfermé dans une sorte de cristal poli qui tournait autour d’elle en se brisant par endroit pour libérer des flammes bleues elles aussi. Puis il se brisa, libérant toute l’énergie contenu en dessous.
« La prochaine fois, préviens ! fis-je, le corps ayant aspiré toute cette force.
– Excuse-moi, je ne m’y attendais pas.
– Moi j’aurais dû. Repris-je en aspirant les flammes dans mon cœur.
– Attends, mais où est-ce que ça mène ? Demanda Rosie.
– Dans les profondeurs d’un monde inexploré. Moi je sais ce qui existe là-dessous, je les ai déjà croisés. Je vais vous monter que le monde nous cache beaucoup plus de chose que ce l’on imagine.
– Tu n’es pas sérieux ! Vous allez vous faire tuer là-dedans !
– Oh pauvre chou, qu’est-ce que tu as vu dans ta vision magique ?
– Des monstres, d’immenses monstres que l’on ne connait même pas.
– Alors je vais te répondre. Au pire ce que l’on risque de croiser c’est des dinosaures, alors ne t’en fait pas.
– Quoi ? Des dinosaures !
– Vas-y doucement Leo. Me fit Sieg. Ne leur dévoile pas tout maintenant. Gardes-en pour le moment de la rencontre.
– Mais tu es certain de ne pas vouloir venir ?
– Sûr. Ne t’en fait pas, j’ai une bande de tarés avec moi si Akziel attaque.
– Bon. Prêt à faire le grand saut frérot ?
– Rien à prendre ?
– Rien d’autre que moi ! Tu ne pensais quand même pas m’oublier ? fit Virginie qui fonçait sur moi.
– Franchement ? Bien sûr que non, je savais que tu arriverais à temps. Répondis-je en me posant sur la barrière. De toute façon je sais que c’est moi qui arriverai le premier au fond ! fis-je en me jetant en arrière.
– Ne rêve pas trop frérot ! »
Quelle distance il pouvait bien y avoir jusqu’à ce que l’on puisse croiser quelque chose ? Je me le demandais. Seul la gravité nous laissez tomber, utiliser le vol deviendrait dangereux dans l’idée où il y avait de grandes chances pour que l’on rencontre des tas d’obstacles sur le trajet. On se lançait à trois dans une quête et un voyage vers un monde inexploré, mais dont j’étais le seul à connaître.
Pensez-vous réellement connaître le monde ? C’est vrai, il existe tellement de chose dont on connait l’existence, mais ce nombre est largement réduit lorsque l’on essaie de trouver comment elles ont été créées. Puis, si l’on prend d’un côté ce que l’on connait, avec ce dont on connait la source et qu’on essaie de les comparer à la portion que l’on ignore encore. Ça ne représente qu’un dixième tout au plus. Alors si je vous dis que vous comme moi ne connaissons qu’une infime partie du monde qui nous entoure. Pensez-vous encore bien connaitre le monde dans lequel vous vivez ?
Reydus Sulivan. 1237
Parce que tout le monde sait que notre monde n’a pas toujours été tel qu’on le voit de nos jours, on a tout à fait le droit de se demander à la fois, pourquoi il est façonné de cette manière, mais aussi qu’est devenu ce qui existait avant nous ?
Aujourd’hui on sait qu’il existe des fossiles qui nous prouvent l’existence de vie avant nous, avant un changement du monde avec l’ère glaciaire. Seulement quelque chose me trottait toujours dans l’esprit. Si nous on existe grâce à l’évolution pourquoi nous ne sommes pas capables de trouver des formes de vies semblables aux nôtres dans ces vestiges ? N’y en a-t-il jamais eu ou est-ce que le monde dans lequel on vie et cohabite depuis des siècles nous cache encore beaucoup de secrets ?
Samedi 7 septembre 2013, on avait atteint le sol depuis quelques temps et on avait passé la nuit dans le début de grotte dans lequel on avait chuté. Il devait être neuf heures du matin lorsque nous sommes partis. Je n’avais aucune idée de la distance que l’on avait à parcourir pour atteindre un endroit intéressant, mais on avançait, comme on le pouvait, avec comme seul guide notre instinct.
« Tu crois que c’est encore loin ?
– Tu ne pourrais pas nous sortir une de tes visions magiques qui nous guideraient Leo ?
– Si je les contrôlais Chaz, si je les contrôlais. J’aurais dû attendre Sia et lui demander de venir avec nous.
– Je ne suis pas certaine de ça Adam. Me fit Virginie. Je sais bien que c’est la copine de Sieg, mais bon…
– Tu es jalouse d’elle c’est ça ?
– Un peu oui…
– Dans un sens c’est un peu normal, mais tu n’as aucune raison d’être jalouse d’elle. Si encore j’en arrivais à passer plus de temps avec elle qu’avec toi je comprendrais.
– Je…
– Chaz, avance sans nous, on te rejoindra.
– OK, mais ne tardez pas trop, je n’ai pas envie de me paumer ici.
– Dis-moi tout princesse. Qu’est-ce qui te tracasse ?
– Je sais bien que l’on n’est pas beaucoup, mais je me sens la moins belle de toutes…
– Mais non, non princesse. Pourquoi tu penses ça ?
– Tout le monde t’adore, tu es drôle, ingérable et tu es le meilleur d’entre nous. Tu as ce charme physique naturel et ta personnalité qui te rend exceptionnel. Et moi j’ai l’impression que les autres ne m’acceptent uniquement parce que je suis ta copine. Pourtant, même si tu t’efforce à tout faire pour que j’ai plus confiance en moi…
– Tu prends trop pour toi ce que les autres pensent de toi.
– Comment ça, qu’est-ce que tu veux dire ?
– Je veux dire que si tout le monde m’apprécie en apparence, beaucoup me détestent parce que je cache mes faiblesses avec mon arrogance et mon style impressionnant. La différence est que je néglige ce que qu’ils pensent de moi, je suis que ce que je veux être et peu importe ce que penses les autres de mon comportement. Tant que je plais à ceux qui m’importe, tu sais, je ne passerai pas ma vie avec eux alors, si je ne leur plais pas, tant pis.
– Tu veux dire que je devrais les ignorer en quelque sorte ?
– Pas exactement. Je sais comment tu es réellement, il ne faut pas que tu te laisses intimidé par eux, s’ils s’en prennent à toi, ils n’ont strictement aucune chance. Ne te caches pas derrière la petite fille timide que tu peux être, reste-toi-même et oublie ce qu’ils pensent de toi, n’écoute que ceux qui tiennent vraiment à toi. Et même si ça peut paraître très étrange, si tous mes conseils ne t’aident pas, va parler à Sieg, lui il saura t’aider.
– C’est juste que certaines fois, j’ai l’impression de ne servir à rien. »
Ces quelques mots avaient réveillé quelque chose en moi. Je me suis reperdu dans mes visions, les deux personnages que j’avais aperçus dans les précédentes étaient revenus. Ils se tenaient l’un en face de l’autre, entouré par une foule de personnes étranges. L’un d’eux me paraissait plus commun, comme si je le connaissais. Je me suis concentré sur lui. C’était Chester, je l’avais reconnu à ses cheveux blancs. Pendant cette vision, j’entendais une voix puissante résonner dans ma tête. Elle prit le dessus pour arrêter cette scène et se mettre à ma place.
« Pourtant tu ne devrais pas. Tu es l’icône vivante d’un monde déchu et oublié. La dernière de celles qui pourra les guider à la rédemption et au renouveau. Ta valeur est plus grande que celle de n’importe qui, ne te laisse pas affaiblir par ceux qui n’acceptent pas ton destin exceptionnel… »
C’était la première vision qui m’affaiblissait vraiment. Virginie m’avait retenue alors que je m’écroulais lorsque je suis sorti de ma transe.
« Adam, est-ce que ça va ?
– Oui, je, je crois. Ça a l’air en tout cas.
– Mais qui as parlé, parce que ce n’est ni toi ni Leo.
– Yukon. J’ai l’impression qu’il sait beaucoup de choses même si il reste toujours discret. On rejoint Chester ?
– Tu te sens de marcher jusqu’à lui ?
– Tu le piste et je me téléporte devant lui.
– Je crois que l’ai, répondit-elle les yeux brillants.
– Alors c’est parti ! repris-je en nous téléportant à côté de lui.
– Tient, vous voilà tous les deux. J’ai un problème et je sais que vous pourrez m’aider.
– Encore une énigme, c’est ça ?
– Écoute ça. “Mon premier ne se sent plus seul, mon second peut être absolu, mon troisième a tous ces sens, mon quatrième tricote comme une araignée. Mon tout se passe quatre ans avant le début de la révolution humaine.” Une idée ?
– Je dois t’avouer que là, je sèche.
– Deux mille cinquante-huit, répondit Virginie.
– Que, quoi ?
– Mon premier ne se sent plus seul, il faut donc avoir au moins deux. Mon second peut être absolu, le zéro, valeur de l’inactivité moléculaire. Mon troisième a tous ces sens, les cinq sens de l’homme. Mon quatrième tricote comme une araignée, le huit. Mon tout se passe quatre ans avant la révolution humaine. Adam, tu reviens de l’année 2062, l’époque du changement fondamental de l’homme. Sois, quatre ans plus tôt. Deux mille cinquante-huit. »
Sous ces derniers mots, le grand mur sur lequel étaient gravées ces inscriptions se leva pour nous ouvrir la voie. Le tunnel paraissait encore très long, mais pour la première fois on apercevait une lueur au bout, minuscule pourtant. Cela devait faire deux heures que nous avancions dans cette grotte, toujours aussi sombre, humide et ennuyante.
« Adam, tu crois vraiment que ce que m’a dit Yukon tout à l’heure est vrai ? me demanda Virginie.
– Je ne remets jamais en cause ce qu’il peut dire, qu’est-ce qui te fait douter ?
– Il parle d’un destin exceptionnel, pourtant je n’ai rien de si différent des autres. Ça serait plutôt toi ou encore ton frère.
– Mais je ne pense tout de même pas qu’il me soit trompé. Les seuls fois où il est intervenu il n’a fait que m’aider.
– Puis, l’icône d’un monde déchu et oublié. De quoi il parle ?
– Moi je sais, répondis-je avec un léger sourire. Je crois que je commence à faire le lien entre les visions qu’ils m’ont envoyés et ce que Yukon a dit.
– Alors dits-moi !
– Non, je préfère garder ça pour moi !
– Je crois que l’on approche de la sortie les amis, indiqua Ryan.
– Que penses-tu qu’il y a au bout Adam ? demanda Virginie.
– Quelque chose de particulièrement inconcevable. Parce que si on prend les codes du monde dans lequel on vit pour base, ce qui se trouve derrière est totalement improbable.
– N’exagère tout de même pas Leo, dit Chester, ça ne va tout de même pas changer notre conception du monde.
– C’est ce que tu crois Chaz, repris-je, tu pourrais bien être étonné par ce que tu verras là derrière. Je vous laisse la surprise. »
J’étais le seul à avoir une idée de ce qui pouvait exister dans cette partie de la planète, grâce à l’expérience de Toshiie, puis je les avais déjà rencontrés, sans même savoir que c’était eux. Ce n’est que depuis ma visite chez les Dieux que je me souvenais d’eux et apparemment qu’eux ont trouvés le moyen ou se sont décidés à me contacter par mes visions. J’appréhendais pourtant la façon dont mes compagnons allaient réagir face à ce qu’ils verront, mais aussi ce que ces personnes voulaient vraiment de moi.
J’avais pris de l’avance sur les deux autres, avançant devant eux, je ne prêtais pas attention à ce qu’ils pouvaient se dire, seulement à cette voix résonnante du fond de la grotte. J’avais l’impression d’être le seul à l’entendre. Je m’étais laissé porter pas mes pensées, marchant les mains dans les poches, les yeux fermés. J’étais arrivé avant eux, déjà dans la lumière, contemplant le décor que ce monde offrait.
« Qu’est-ce que tu regardes comme ça ? demanda Chester.
– Je savais que viendrais Leo.
– Tu pensais que j’allais ignorer vos appels qui ne cessaient jamais.
– Mais avec qui est-ce qu’il parle ? reprit Chaz.
– Tu es toujours aussi jeune à ce que je vois.
– J’ai la chance de ne pas pouvoir vieillir mon vieil ami.
– Et qui sont ceux qui te suivent ?
– Mon frère et ma femme. Chester, Virginie, je vous présente Zihlon, il est le seul à être venu à la surface de la Terre.
– Enchanté de vous connaître. Je ne te présente pas les lieux, Toshiie a dû le faire à ma place. Mais je ne vous fait pas la visite non plus, je suis désormais trop vieux pour ce genre de bêtises.
– Heureux de t’avoir revu mon ami. Je m’en chargerais. Je reviendrais te vois lorsque je partirais.
– Alors à bientôt.
– Et maintenant qu’est-ce que ? reprit Chaz. Mon Dieu !
– Ce n’est pas vrai ! fit Virginie.
– Les amis, je vous présente la Citée Ancestrale », repris-je en montrant l’immense structure qui se présentait à nous.
Cette construction avant des millénaires derrière elle. Elle se composait d’un château au centre, construit sur la montagne. Il devait faire une cinquantaine de mètres de haut. Du point où l’on se situait, on pouvait apercevoir une seconde partie, qui ressemblait à une lame de hachoir en demi-lune. Ce morceau du bâtiment avec un aspect plus atypique, il avait des ornements, en pierre eux aussi qui lui donnaient une image plus impressionnante. En face de la pointe la plus haute de cette lame, se trouvait une autre décoration du bâtiment, un anneau qui commençait au-dessus du château, descendait plus bas dans la montagne pour remonter à la hauteur de son démarrage. Un dernier traversait la montagne entièrement, faisant penser qu’à une époque, cette structure créait une sorte de coquille d’escargot, mais que l’âge avait détérioré. Au bout du chemin qui menait à la montagne se présentait une ville, ou un village, à l’image étrangement futuriste et antique. Les couleurs qui en ressortaient étaient particulièrement sombres, noir, bleu foncé, vert foncé. Quelque chose me dérangeait quelque peu dans le concept d’une telle chose. Mais la preuve de l’existence d’un peuple et d’une vie sous la surface de la Terre n’est-elle pas plus dérangeante encore ? Nous avions parcourus la moitié du chemin et nous nous dirigions vers le village devant nous.
« Y’a quelque chose qu’il faut que tu m’explique Leo.
– Je t’écoute Chaz, demande-moi n’importe quoi.
– Déjà, pourquoi ? Comment ça se fait qu’ils puissent être ici ?
– Je l’attendais celle-là. Imagine. Des millénaires avant nous, l’époque des dinosaures. Si aujourd’hui on a la preuve de leur existence à cette époque, rien ne nous dit que l’homme tel qu’on le connait aujourd’hui n’existait pas déjà. Maintenant, je te le dis, ce sont nos ancêtres, qui ont vécu l’époque des dinosaures. Ils ont prévus l’arrivée de cette météorite et de l’ère glaciaire alors, ils se sont réfugiés sous la Terre. Mais ce n’est pas tout. Certains se sont cachés dans les mers, mais n’ont pas échappés à la glace, d’autres ont réussis. Ceux-ci se sont adaptés à ce mode de vie. Par la suite ils sont revenus sur la surface et ont enclenché l’évolution de l’humain telle qu’on le voit aujourd’hui. Pendant ce même temps, ceux qui avaient pris place dans cette espace de la planète ont vécu leur vie comme si de rien n’était.
– Ça commence bien. Je n’ai pas encore fini.
– J’imagine. Continue.
– Deux choses, comment ont-ils survécus sans ce qui leur permettait de vivre sur Terre et puis, merde ! Comment un ciel peut exister sous la couche terrestre ?
– D’accord. Pour commencer, il existait un certain nombre d’aliments sur Terre à leur époque. Ils les ont justes cultivés ici. Ensuite, ils avaient déjà prévus l’ère glaciaire, donc avaient de l’avance sur ce qu’ils devaient faire. Et pour finir, c’est un procédé chimique, c’est un jeu de réfraction, le même qui fait que notre soleil de Técéros vit sans être une étoile nucléaire.
– C’est bizarre quand même, rien de ce qui existe ici n’a de rapport avec ce que l’on a à la surface.
– Sulivan a été le premier de nous à penser que le monde nous cachait encore des milliers de choses. Celle-ci est l’une des plus grandes de cette planète. Et oui certaines fois j’admets ne pas comprendre tout de cette histoire ! Pourtant lorsque je prends du recul sur ce qui m’est arrivé depuis l’apparition de Leo, je sais que le monde qui s’ouvre chaque jour devant mes yeux n’est pas celui que j’attendais il y a deux ou trois ans. Il est mystérieux, énigmatique, incroyable, inimaginable. Alors quand il me faut affronter des choses que je n’aurais jamais imaginées, comme le fait qu’un monde existe sous nos pieds, je l’admets sans problèmes »
Nous étions arrivés au bout du parcours face à la cité. Une sensation étrange planait rien qu’en la regardant. Comme si c’était une ville fantôme, sans personne, vide de toutes vies et âmes. Ce n’était par contre pas l’image que donnait le grand portail cloitré entre deux murets qui créaient une sorte de sas. Une immense porte métallique, noire et imposante. Il y avait des inscriptions gravées, dans une langue que je ne connaissais pas. Je me suis approché de quelques mètres et ces gravures s’illuminèrent, enclenchant l’ouverture de la porte. Une si grande structure prenait du temps à s’ouvrir, une minute pour qu’un homme puisse la franchir. Elle donnait sur les habitations, une série de maisons toutes en ligne. Elles étaient toutes faites en marbre blanc, avec une toiture noire qui donnait cette image ténébreuse à la citée lorsqu’on la voyait de loin. Il n’y avait personne dans les rues, il était à la surface dix-neuf heures environ pourtant la lumière de cet endroit nous faisait croire le contraire. Nous avancions dans la ville alors que des voix assoupies résonnaient. Certaines disaient « Il est de retour », d’autres « l’élu est arrivé pour nous sauver », je ne prêtais guère attention à ce qu’ils disaient, j’avançais pour atteindre la fontaine qui était aux pieds des escaliers qui menaient au château. Devant moi apparu une ombre vibrante et blanche. Sa grande voix se mit à retentir dans toute la cité.
« Qui ose pénétrer la cité des anciens ?
– Leo Kryssen. Je viens au nom des gardiens de L’Ordre.
– Il vous attend. »
Je ne me suis intéressé à compter le nombre de marches, plus d’une centaine en tous cas. L’escalier était coupé en deux et se croisait à trois reprises avant d’atteindre le premier niveau du château. Ici encore cette bâtisse surpassait l’imaginaire par sa taille et ses formes peu probables. C’était une autre culture que celle que l’on avait à la surface. Je devais être le seul que l’environnement, même le premier couloir du château, n’attrayait pas. Je marchais, tenant la copine par le bras. Chester était à ma gauche, légèrement derrière. J’avais l’impression que quelque chose le dérangeait.
« J’aurais pensé que tu viendrais seul Leo.
– Ça fait des années que je ne suis plus seul. De plus, je ne me suis jamais battu seul, j’ai toujours eu Sieg à mes côtés. Et toi juste avant que je ne le retrouve sur Terre mon cher Kelaël. »
Sa voix planait derrière nous, il nous suivait depuis que nous étions entrés dans le château. Je l’avais senti entrer et apparemment Chester aussi.
« Tu as donc fini par répondre à nos appels.
– Ce n’est pas comme si vous m’y forciez, vous savez.
– Tu souhaites voir le chef ?
– Je ? C’est toi qui me bourrine la tête depuis je ne sais combien de temps pour que je vienne le voir ! répliquais-je en me tournant vers lui.
– Calme-toi. Je ne fais que suivre les ordres. Venez, il vous attends dans la salle du trône »
Il nous a menés dans une immense salle grise, avec des fenêtres derrière nous. La position du siège était surélevée de deux marches. Deux étaient retournés et Kelaël s’est assis sur le troisième au même moment que celui du centre se mit à tourner.
« Mon vieil ami ! Quel plaisir de te revoir.
– Tout le plaisir est pour moi ! répondit-il en prenant l’apparence de Toshiie.
– Je ne t’en demande pas tant. Je sais que le temps est passé depuis notre dernière rencontre. Je me satisferais de cette apparence. Tu aurais dû me prévenir, pour me dire que tu viendrais accompagné.
– Seulement je n’ai aucun moyen de communiquer avec vous. Je reçois vos messages, mais je suis incapable de transmettre les visions.
– Je vais alors remédier à ce problème »
J’avais remarqué Chester qui, depuis que l’on est entré dans cette salle, commençait à perdre la tête comme lorsqu’on était dans le tombeau.
« Je crois que votre ami…
– Mon frère. Chaz, il y a un problème ?
– Un problème ? Tu ne sens pas cette, chose qui se colle à toi, une sorte d’ombre qui regarde constamment derrière ton épaule.
– Tu sais, à part toi et ta crise d’hystérie, je ne sens rien d’étrange. »
Il posa sa main sur mon dos, me replongeant dans mes visions. Des milliers d’images se bousculaient, aucune n’avait de rapport avec ce que je connaissais. Il y avait une sorte de brouillard noir qui s’approchait de plus en plus. Derrière se tenait un homme étrange, un corps gris avec des inscriptions rouges. Le même genre que celles qui se trouvaient sur le portail la cité. J’allais en m’approchant de cette créature sans pouvoir me préoccuper de ce qui se passait hors de ma tête. Mon cœur avait reconnu la main de mon frère comme une menace et avait chargé pour créer une onde choc et me ramener sur Terre.
« Oh, calme-toi Leo !
– Pourquoi vous m’avez fait venir ?
– Vos visions ne sont pas assez explicites ?
– Je suis censé ouvrir quelque chose et délivrer quelqu’un. Mais qui ?
– Venez avec moi. Nous avons beaucoup à nous dire. »
Il nous téléporta tous les trois dans une grotte obscure, plus proche du centre de la Terre que nous l’étions à présent. Autour de nous coulaient des rivières de lave en fusion. Devant se présentait une caisse métallique, d’environ cinq mètre cube. Je l’avais déjà vu dans mes visions, pourtant j’ignorais tout d’elle.
« Tu as une idée de celui qui se trouve dans cette prison ?
– Parce qu’il y a quelqu’un là-dedans ?
– Tu ne le savais pas ?
– Raconte-moi, tu me fais peur là.
– C’est la prison de ton père. »
J’étais à côté de cette cage quand il a annoncé la nouvelle. Ryan qui continuait à courir dans tous les sens s’est arrêté net, se tournant vers moi, cherchant mon regard.
« Tu plaisante là, tu n’es pas sérieux ?
– J’en ai bien peur.
– Mais, comment, pourquoi ?
– Akziel a ordonné à un de ses sous fifre de cacher cette prison sur la planète dans un endroit ou seul lui saurait où elle se trouverait. Malheureusement tu l’as tué, il y a des années de cela.
– Alors pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt ?
– J’aurais aimé, seulement le seul qui peut t’envoyer des visions c’est mon fils et sans vouloir de vexer, tu n’es revenu que depuis un an. »
Même si il n’était que fait de roche, j’ai senti mon cœur s’emballer de plus en plus. Je commençais à me perdre, je ne savais plus trop quoi faire, ce que je devais penser.
« Adam, est-ce que ça va ? demanda Virginie.
– Je, je ne sais plus…
– Oh, viens là, répondit-elle me serrant dans ses bras.
– Comment je peux le libérer ?
– Même si tu le libère, tu ne pourras pas lui parler. Il n’existe aucun moyen de rentrer là-dedans. De plus je doute qu’il reste ici s’il peut s’en aller, répondit Ithgrim.
– Ça n’a peu d’importance. Je pense que Chester sera d’accord avec moi.
– Toujours mon frère, fait, je te suivrais même s’il faut que je me sacrifie.
– Bien, je vais nous ramener dans le château. Je vais vous adresser chacun une chambre. Il commence à se faire tard. Vous n’aurez qu’à appeler le maitre d’hôtel si vous voulez quoi que ce soit. »
Si depuis un an, des dizaines de nouvelles m’étaient parvenues, aucune ne me brisait autant de l’intérieur. Je ne savais pas quoi penser. J’étais à la fois effrayé, étourdit, enthousiaste et extrêmement joyeux.
Dans un grand château comme celui où l’on était, toutes les chambres donnaient sur le grand espace de verdure qui entourait la cité. Moi et Virginie avions la chance d’avoir l’une des plus grandes, avec un balcon qui surplombait le tout.
« C’est une manie chez toi décidément, fit Virginie qui entrait sur la terrasse.
– Non, je préfèrerais parler d’un rituel, l’un des seuls qui peut me libérer des angoisses ou de la colère que j’ai en trop.
– Alors, qu’est-ce que tu vas faire ?
– Je ne sais pas, que veux-tu que je fasse. Mon souhait le plus cher est de pouvoir le revoir un jour. Alors la simple idée de pouvoir le libérer me ravi au plus haut point.
– Pourtant, il y a quand même quelque chose qui te dérange.
– J’ai peur de ce qu’il me faut faire pour le sortir d’ici. Tu vois, maintenant que je sais où il se trouve, tant que je saurais qu’il est dedans ça me posera un problème. Et comme Chaz, je suis prêt à faire tous les sacrifices pour le libérer.
– Viens te coucher alors, j’arriverais surement à te détendre.
– Je te suis princesse »
Je n’arrivais plus à dormir. Si depuis quelques mois j’avais retrouvé le sommeil, cette nouvelle m’avait vraiment changé. Je suis retourné sur la terrasse, même s’il n’y faisait pas chaud. Tout ce que je cherchais c’était localiser sa prison, j’y ai repensé pendant plusieurs minutes puis lorsque j’ai rouvert les yeux, j’étais juste devant. Je m’en suis rapproché et j’ai posé mes mains sur l’une des parois. Mon cœur est remonté dans les tours. J’avais l’impression qu’il allait exploser. Je me suis reconcentré, mais sur le contenu cette fois-ci. Il me semblait y voir un être étrange s’agiter dans tous les sens au milieu d’un fourneau. Mais je ne pouvais pas distinguer quelque chose de réellement net. C’était beaucoup trop flou. Je n’apercevais que cet homme que la folie avait gagné, se débattre dans un enfer plus sombre et tyrannique que les plus profondes eaux du Styx. Je m’efforçais de placer toute mon attention à ce que cet enfer miniature contenait, mais plus je m’approchais de son contenu, plus mes visions se fragmentaient. Des souvenirs de l’époque avant que l’on nous supprime la mémoire me revenaient. Mon enfance, Chester et notre père.
« Même l’un des plus grand ne peut pas échapper à la folie Leo, fit la voix de Chester.
– Toi non plus tu ne peux pas dormir ? lui demandais-je en lâchant mes visions.
– Comment veux-tu ? Notre père est sous nos yeux et on n’a aucun moyen de le sortir d’ici.
– C’était lui qui te torturait depuis que nous sommes entrés ?
– Lui, mais pas seulement. Tu te souviens, il t’a dit que celui qui l’avait amené ici, tu l’avais tué depuis des années…
– C’était toi, je le sais. Une image du toi, du futur, le ligné.
– Je, je suis désolé. J’aurais dû me souvenir de l’endroit où je l’avais laissé.
– Tu n’as pas à l’être, ce fragment de toi je l’ai supprimé. C’est une portion du temps que j’ai effacée. Elle n’a jamais existé, plus jamais.
– Si complexe et si lucide à la fois… »
C’était moi que la folie gagnait désormais. Il me semblait que l’envie de le libérer devenait plus grande que quoi que ce soit, que la peur qui pouvait se former au fond de mon cœur s’effondrait pour faire monter une rage brûlante, me poussant à aller plus loin, avancer jusqu’au moment où je le débarrasserait de cet torture permanente. Je me suis énervé sur la cage, frappant les poings fermés sur la paroi. Une sorte d’onde électrique bleue a fui le long du mur pour s’estomper dans le vide.
« C’est moi qui vais finir par craquer Chaz. Pourquoi ? repris-je en me retournant et en me laissant glisser le long du mur.
– Le monde est plus dur pour ceux qui en valent la peine. Les plus grands souffrent pour aider les plus faibles. Mais ce qui fait leur vraie valeur c’est le fait qu’ils sachent cacher leurs douleurs.
– Comment crois-tu qu’ils peuvent m’aider pour le faire sortir ?
– Communiquer avec lui. Tu peux le faire grâce à tes visions, il ne te suffit que d’un moyen de les contrôler. Ce ne sont que des visions temporelles et spatiales.
– Mais oui, bien sûr. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt !
– Une révélation ?
– L’équilibre d’un monde qui chute. La stabilité d’un espace qui s’effondre chaque seconde. L’intégrité d’un espace qui fuit.
– Oh ! Je crois savoir de quoi tu parles. Si tu as effectivement raison, ça voudrais dire que, tu es le dernier.
– Toshiie était le dernier, mais il a été élevé. Peut-être est-ce pour ça qu’il m’aurait choisi ?
– Ça ne peut-être que ça frérot »
Nous avions passé la nuit à discuter dans cette cave, ne sortant qu’a neuf heures le lendemain pour retourner au château. Dimanche 8 septembre 2013, nous étions déjà en train de manger avec mon frère quand tous les habitants du château se sont retrouvés dans la même salle que moi.
« Vous devriez penser à dormir vous deux.
– Impossible ma chère. Impossible.
– Même lorsqu’il était petit il ne dormait jamais. Chaz passait la nuit à m’emmerder parce que moi je dormais, répondis-je en pensant à quelque chose qui me passait par la tête.
– Toi aussi tes souvenirs reviennent. Je me sens moins seul d’un coup.
– Tu n’as pas à te sentir seul Chaz, je suis là moi !
– Ce n’est pas ta compagnie qui va me rassurer.
– Chaz ! Faut que tu arrêtes d’être sérieux, ça ne te va vraiment pas !
– Tu crois, même pas de temps en temps ?
– Même pas. Ou alors très rarement », répondis-je en tournant mon regard vers lui.
On avait tous les deux la même idée en tête et on s’est mis à rire en même temps lorsque l’on est regardé. Virginie s’était installée à côté de moi. Ithgrim et son fils se sont assis en face de nous puis ont commencé à prendre leur petit déjeuner à leur tour.
« Vous savez ce qui vous attends ?
– Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
– Toute chose ne se fait sans sacrifice, tu en as conscience ?
– J’en ai fait assez jusqu’ici pour le savoir. J’en arrive même à me dire que je sais ce pourquoi vous me demandez.
– À quoi tu penses Adam ? demanda Virginie.
– Il existe une légende qui dit que toutes choses existante et contrôlable par un être vivant est régie par une entité, quelque chose de scientifiquement ou visuellement prouvable. Quelque chose qui existe réellement sans que ça ne soit une croyance ou une idée dans la tête de millier de personnes.
– Où veux-tu en venir ?
– L’homme rallie tout ce qu’il ne peut expliquer aux religions et aux Dieux qui peuvent s’y rattacher. Seulement, souvent tous ces phénomènes s’expliquent. Par exemple. Beaucoup m’ont pris pour un Dieu, ou un aliène, qui est d’ailleurs plus légitime. Tout ça uniquement parce que je voyageais dans le temps et à travers l’espace. Pourtant cette capacité s’explique par quelque chose de rationnel, quoique peu imaginable et quand même très bizarre.
– Restes-en là mon ami. Ne divulgue pas tout tant que nous ne sommes pas prêts », reprit Ithgrim.
Une fois notre repas fini, il nous a fait une mini visite du château pour nous amener dans une des colonnes circulaires visibles depuis l’extérieur. Il nous a fait entrer dans une salle toute blanche, avec plusieurs cuves proches des murs. Je me suis approché de la seule fenêtre qu’il y avait pour admirer la vue sur la cité.
« Laissez-moi quelque minutes pour remettre les machines en fonctionnement.
– Le fils de Meckanica.
– Adam ? Tout va bien ? demanda Virginie.
– Je me souviens de cette histoire que nous racontait notre père. Cet ange mécanique, sans visage, sans âme.
– Elle était la dernière des créatrices, la seule à se battre pour l’équilibre, répliqua Chester.
– Maintenant elle est le dernier cœur de la machine infernale. Au centre de l’univers, repris-je en me tournant vers les cuves.
– Mais de quoi vous parlez, vous deux ? demanda Virginie.
– Le dernier héritier, le dernier gardien, le dernier possesseur.
– Mais de quoi ?
– De la Grande Horloge ! »
Virginie qui me suivait encore s’est arrêtée d’un coup alors que je continuais à m’approcher de celle qui m’était destinée.
« Son nom est Novia Otresta Viestro Anceslo. Nova. Il est le dernier gardien de l’Horloge et c’est un ancestral.
– Tu es le seul espoir que nous avons de le sauver, mais il est aussi le seul espoir pour toi de libérer ton père.
– Mais… Quelque chose me dérange toujours… Pour que Nova existe, il lui faut sa représentation ? Exact ?
– Oui, mais en quoi cela te dérange-t-il ?
– Ce n’est pas ça qui me dérange, c’est ce qu’elle est »
Sa représentation était une sorte de Sieg pour lui. Une personne qui n’existait pas en tant qu’être vivant pourtant l’un ne vit pas sans l’autre. Dans son cas, cette image était une femme, une amazone, venue d’Aldor d’après les légendes, comme nous.
« Une minute, vous ne m’avez envoyé qu’une seule vision ! Il n’est jamais mort !
– Pas mort ?
– Ton fils ne m’a fait parvenir qu’une visions, toutes les autres n’appelaient pas Leo, mais Toshiie.
– Les deux mon ami, répliqua Kelaël, ta discussion avec ton frère n’était pas totalement idiote. Toshiie était le dernier gardien. Tu es le dernier héritier de l’horloge.
– Laisse-moi entrer là-dedans !
– Attends ! fit Virginie qui courrait vers moi. Je ne te laisserais pas faire ça tout seul. Qui est cette représentation ?
– Elle s’appelait Jessica. Bizarrement on ne sait rien sur elle, juste le fait qu’elle le collait comme Sieg avec moi. Paradoxe puisqu’il n’est pas là. Minute papillon, tu veux me dire que tu veux la prendre ?
– Tu penses qu’on a le choix ?
– Bon, que devons-nous faire ?
– Vous placer dans la cellule stationnaire à côté et me laisser faire.
– Je crois que je sais faire ça. C’est parti ! »
Je me suis retrouvé une fois de plus dans une cuve de stase, remplie de liquide. Mais cette fois-ci c’était un transfert d’âme et de corps. Tout s’était à priori bien déroulé, Virginie était sortie avant moi. Mais la fin de mon transfert fut un peu plus laborieuse. Il a vidé la cuve et m’a laissé sortir. J’étais presque inconscient, du moins je n’avais aucun contrôle sur mon corps. J’étais allongé sur le sol, ne pouvant pas agir sur ma personne, j’attendais que quelque chose se produise. J’entendais les autres autour de moi s’affoler, surtout Virginie qui m’avait pris la main. Elle s’est penchée sur moi en sanglotant, lorsque j’ai retrouvé possession de mon corps.
« Éloigne-toi…
– Quoi, qu’est-ce que ?
– Écarte-toi ! »
Mon cœur s’est mis à briller, charger une force plus puissante que celles que je n’aurais jamais pu voir. Puis il a déchargé toute cette puissance en un coup, un grand rayon me relevant. Cette décharge d’énergie avait fait apparaitre Nova jusqu’à ce que je me mette à planer et reprenne mon apparence normale. Mon cœur s’était mis à projeter des anneaux, les même que ceux qui volaient autour du chronosceptre de Toshiie. Sauf que ceux-ci, étaient métalliques et qu’ils se sont repliés dans l’anneau du cœur tout le long de ma descente. Ma première respiration fut plutôt étrange, j’ai expiré un air, légèrement blanchâtre, comme si il faisait froid et tous mes tatouages dégagèrent des particules bleues. Des particules d’Acron, des particules temporelles, les même qui coulaient dans les veines de Leo.
« Adam ?
– Apportez-moi mes habits. Je dois parler à quelqu’un.
– Une minute je… » fit Chester, stoppé par la vue d’une sphère bleue qui fit disparaître mes vêtements pour les matérialiser sur moi.
– Intéressant… repris-je regardant celle que j’avais dans les mains, j’ai même le droit aux chronosphères !
– Et maintenant ? Ils ne sont pas censés apparaitre ?
– Non, répondis-je en regardant Virginie, pas tant que son emprise sera si grande ! »
Je suis parti presque de suite, retourné devant la prison de mon père. Les autres m’avaient suivi, quelques secondes plus tard. J’ai posé mes mains sur une des parois. Je suis retourné dans mes visions, j’ai revu mon père qui naviguait à une vitesse folle dans cette salle. Plus je me concentrais sur lui, plus il ralentissait, pour finir par s’arrêter au milieu. Je voyais cette ombre flotter dans cet enfer de flammes, jusqu’à ce qu’il se rapproche de moi et se mit à poser ses mains au même endroit que les miennes. Sa voix résonnait dans ma tête. Un mot revenait à chaque fois « Leo » J’avais l’impression d’être devant lui, de pouvoir le voir. Il me semblait être un ange majestueux, le corps couvert d’inscriptions, semblables à celles qu’il y avait sur la grille de la cité. Les flammes qui résidaient dans cette prison avaient soudainement changées de couleur. Elles étaient devenues blanches. C’est à ce moment qu’il se mit à me parler.
« Mon fils, je suis tellement heureux de pouvoir te revoir.
– Je te croyais mort, tué par Akziel, je n’aurais jamais pensé pouvoir te retrouver.
– Tu n’y es pour rien, tout avait été fait pour.
– Personne ne devrait subir un tel supplice.
– Pourtant je l’ai mérité mon fils, mon acte devait être puni.
– Pas de cette manière. C’est une ordure, il est allé beaucoup trop loin et je suis ici pour faire changer ceci.
– Que comptes-tu faire ?
– Pour commencer, te sortir d’ici. Ensuite l’éliminer une fois pour toute.
– Tu veux réellement me faire sortir d’ici ?
– Pourquoi ? Tu doutes de ton propre fils ?
– Bien sûr que non.
– Comment dois-je m’y prendre ?
– Il faudrait geler la prison et que tu puisses ouvrir un portail lié à celui qui se tient derrière moi.
– Avec l’aide de Chester, ça sera un jeu d’enfant.
– Oh ! Tu as retrouvé ton frère. Finalement nous aurons peut-être notre vengeance.
– On l’aura, crois-moi. J’espère que l’on se reverra.
– Ne t’en fait pas pour ça. On se reverra »
Je suis sorti de ma vision, étourdi mais tellement heureux.
« Chaz, gèle moi cette cage !
– C’est comme si c’était fait ! » répondit-il en lançant un froid dans toute la grotte et gelant la prison.
J’ai regardé ma bague qui contrôlait mes portails, le premier était déjà actif, j’ai posé le second de l’autre côté de la prison, c’était le seul sur lequel il restait. Soudainement le sol se mit à vibrer et un grand flash bleu s’éclipsa de l’arrière de la cellule. C’était la première fois qu’un événement m’arrachait des larmes, j’avais retrouvé et libéré mon père. Je n’avais plus qu’une seule volonté, détruire cet enfer portatif avant qu’il ne me reprenne mon père.
« Arrête ! Mais tu es devenu dingue ! fit Chester juste après que j’ai posé le second portail devant moi.
– Tu veux vraiment qu’il y retourne ? demandais-je en me tournant vers lui.
– Fait. Juste, ne meurt pas là-dedans.
– J’y compte bien », répliquais-je en passant mon portail.
Tout était redevenu noir, même de cette manière cet enfer était effrayant. Je n’ai pas eu à attendre longtemps avant que l’on commence à s’attaquer à moi. Deux ennemis que je ne voyais même pas, tranchés par les deux lames. J’avais replié mes armes lorsque les flammes revinrent. Oppressantes et lourdes, seule leur présence suffisait pour m’obliger à plier, sous le poids d’une force semblable à la gravité, mais bien plus importante. Je me suis relevé avec effort, puis dans un élan de puissance, toutes les flammes vinrent sur moi. J’avais tout absorbé pour brûler les derniers arrivants. La puissance que j’avais déployée m’avait transformée en Leo. Puis la salle changeât d’apparence. Elle jouait avec les souvenir qu’elle avait emmagasinés de mon père. C’était un champ de bataille, celui de la grande guerre. C’était la dernière bataille qu’avais livrée mon père avant de s’exiler avec Akziel sur la Terre. Le plus étrange, c’était que j’avais la place de mon père. Je me suis alors élancé sur les vagues d’ennemis qui arrivaient, dégainant Rebellion et ses deux autres formes. Plus il en arrivait, plus j’en tuais. Mais je voyais aussi la manière dont cet événement c’était réellement passé. Toutes les unités que je tuais n’ont jamais étés éliminées par mon père. Elles étaient bien trop nombreuses et trop fortes. Il me fallait détruire cette étape aussi, j’ai alors changé pour la lance de Leo et ai lancé une immense vague électrique pour éradiquer toutes les menaces. Je suis alors revenu dans le noir, avec comme seul éclairage mes lunettes qui brillait. Elle m’a renvoyé dans une nouvelle époque. Cette fois-ci c’était la dernière fois que mon père s’était battu contre Akziel. Une fois de plus il ne l’avait jamais vaincu. Mais ce n’était que des cauchemars, fait pour détruire l’homme qui y était emprisonnés. Je me suis donc jeté sur lui, avec Leo, frappé d’un grand coup pour me laisser le temps de changer pour Toshiie et lui relancer un coup avec le chronosceptre.
« Tiens, je vois qu’on se rebelle.
– Ce n’est qu’un cauchemar Akziel, nous ne sommes pas ici, mais moi je suis dans ta tête.
– Le seul moyen serait que…
– J’ai libéré mon père. Bonne déduction. Prépare-toi ! fis-je en déployant mes lames volantes et mes deux épées, je vais te détruire de l’intérieur ! »
Il m’a fallu quatre coups pour le mettre à terre. Ce n’était qu’une ancienne version de lui, bien plus faible que celle qui m’avait tuée. Je me suis souvenu d’une chose, lorsqu’il avait terrassé l’armée Impériale, il s’était fait proclamer Empereur. Il avait alors obtenu l’arme du roi. Cette épée mystique aux pouvoirs inconnus que seul le roi contrôlait. Je me suis dit, pourquoi ne pas la récupérer ? J’ai alors pris une chronosphères que j’ai lancé sur Akziel qui était à genoux devant moi. J’ai été alors aspiré par le vortex que je venais de créer et je me retrouvais, à sa place devant le chef de l’armée. J’étais aussi à genoux, les mains levées lorsqu’il prononçait ces mots. « Cette arme est tienne Leo, tu es le chef de l’armée Impériale » Je me suis relevé et je me suis retrouvé en face d’Akziel. L’épée avait disparue de mes mains et Akziel en faisait autant. J’étais encore une fois revenu dans cette sinistre salle qui s’éclaircissait, un peu plus chaque fois. Des vagues de milliers de démons se sont alors jetées sur moi, toujours sous la forme de Toshiie. Plus il en arrivait, plus je les éliminais. Ils venaient toujours plus nombreux et partaient de plus en plus vite. L’aspect de la salle changeait tout seul, il prenait certaines fois, pendant quelques millisecondes, l’image d’une pièce rempli de mécanismes. Plus vite je détruisais mes adversaires, plus vite l’image interchangeait. J’avais moi aussi l’impression de me transformer en même temps que la chambre. Au bout d’environ dix minutes de combat, je sentais que quelque chose changeait, mon dernier coup, je l’avais porté avec une autre arme. La lame éclair. Cette rapière rapide et longue que m’avait construite Sieg. J’étais resté dans cette chambre mécanique, mais je n’y étais pas seul, Virginie était avec moi.
« Où sommes-nous ?
– La Grande Horloge. Je me demande encore pourquoi ?
– Nova ?
– Oh ! Plutôt ressemblant je dois dire ! » répondis-je en voyant mon reflet sur une paroi brillante.
Il était comme dans mes visions, grand, les cheveux gris, un grand kimono gris avec des bandes violettes par-dessus. Une armure dorée et bleue dessous. Une épaulière en tête de tigre sur l’épaule droite. Elle brillait constamment de la même lueur bleue qui résidant dans l’horloge.
« Pourquoi je ne te vois pas dans le reflet ?
– Tellement de vies, tellement de peur, dans un seul petit cœur.
– Adam ?
– Des milliers de vies, des milliers de chances et une seule pour toutes les absoudre.
– Adam !
– Parce que je n’existe pas ! répondis-je en me tournant vers elle. Comme toi.
– Quoi ?
– Nous n’existons plus, à notre mort, nous avons disparus de la ligne temporel, comme l’aspect ligné de Chester. La seule différence est que nous avons été recueillis par les ancestraux. Et non pas donné à l’horloge pour nourrir son cœur. Tout ceci parce que je savais que mon successeur était déjà né. Oh ! Et. Content de te revoir très chère !
– Je sens que je ne vais te supporter comme ça.
– Chouette. La prison me donne un dernier défi pour me permettre de sortir.
– Tu es toujours comme ça ?
– Ne prête pas attention à moi. Je suis, comment dire. Pas spécialement normalement simple à comprendre.
– Je crois que ça se voit.
– Viens avec moi. Je n’ai pas envie de t’oublier ici.
– Je n’ai pas très envie non plus. »
Nous nous sommes engouffrés dans les couloirs de cette immense structure, lien de stabilité de l’univers. Nous avons dû marcher pendant cinq bonnes minutes et mon esprit affluait de réflexions en tout genre, toujours plus. Tout ceci pour trouver qu’est-ce que la prison voulait me pousser à faire. Nous nous sommes rapprochés du la salle de contrôle et nous étions dans un long couloir avec plusieurs miroir tout le long lorsque mon cerveau se mit à bloquer.
« Une minute ! fis-je, stoppé par quelque chose que je venais de voir.
– Qu’est-ce qui se passe ? demanda ma compagne. »
J’étais figé sur me miroir. Puis je me suis retourné vers Virginie pour l’observer quelques secondes et me suis repenché sur le miroir.
« Pourquoi ?
– Pourquoi quoi ?
– Pourquoi c’est toi qui est là et pas Jessica ? Pourquoi je suis là et pas elle ? Pourquoi moi je me vois et pas toi ?
– Et bien…
– Mais oui ! Parce que toi tu es réellement morte ! répondis-je en me tournant vers elle.
– Quoi ?
– Viens, je vais te monter. »
Je l’ai amené dans la salle principale. Il y avait deux grandes parties excepté sa grande taille. Le panneau et la colonne de voyage.
« Six minutes.
– Pourquoi j’ai déjà entendu ces mots ?
– Lucy, ta petite sœur. Même technique, mais époque différente, enfin, y’a des chances.
– Et qu’est-ce que tu comptes faire ?
– Te ramener ! Attends-moi, je ne serais pas long, répondis-je en passant dans la colonne »
Je me suis retrouvé je ne sais où, devant moi. Un moi du futur.
« Ne fait pas ça ! fis-je en débarquant.
– Quoi ? Mais qui es-tu ?
– Toi du futur dans le passé, ou du passé dans le futur. Bref, ça n’a pas d’importance. Je te vole celui que tu veux aider. Je te le ramène dans six minutes ! » repris-je en me jetant sur lui avec mes deux crochets et nous retéléportant dans l’horloge.
« Qu’as-tu fait de Jessica ! repris-je en lui posant mes crochets sous la gorge.
– Quoi, qu’est-ce que tu veux dire ?
– Nova, dernier gardien de l’horloge ! Dit moi ce que tu as fait de ma femme !
– 1996, je peux t’y amener si tu veux.
– Pas la peine ! »
Si Nova pouvait vivre grâce à moi ce n’est seulement parce que je suis son successeur. Mais pourquoi Virginie ne pouvait pas utiliser Jessica ? Quelque chose clochait dans l’histoire. Il m’a amené dans l’hôpital où elle est nait, le jour de sa naissance. Seulement ce qui m’importait ce n’était pas elle, mais quelqu’un d’autre. Celle qui devait lui transmettre son héritage. Sa grand-mère qui lui donnerait ce dont elle avait besoin pour la maitriser. L’idiot que j’avais amené du futur avait envoyé un voleur d’âme. Je suis arrivé en trombe dans la salle d’attente ou elle était pour m’attaquer à ce fantôme. Je l’ai frappé d’abord avec un de mes crochet et achevé avec un coup chargé avec de la foudre avec ma lame éclair. Quelques secondes plus tard. Je suis retourné dans la chambre ou Virginie était, sa grand-mère lui offrait l’héritage des anges.
« Tu sais que ce n’est pas fini !
– C’est lui que je veux.
– Quoi ? Qui ?
– Laisse faire. Ça ne te regarde plus », répondis-je en nous retéléportant.
Je suis sorti en vitesse de mon portail, à l’époque de la mort de Jessica, avec une puissance telle que j’ai tué cet idiot, sa version du passé d’un coup. Mais je n’étais plus Nova, parce qu’il ne peut pas se retrouver face à lui-même. Je me suis relevé et ai extrait mon chronosceptre de son corps gisant.
« Mais, qui est-tu ?
– Toshiie Shin Zhao. Moi aussi je voyage dans le temps. Mais ne prête pas attention à moi. Je ne veux pas changer tout l’histoire du monde en une minute, répliqua-t-il en rattrapant l’idiot qui voulait s’échapper.
– Qu’est-ce que tu me veux, tu as eu tout ce que tu voulais !
– Tu n’existes plus, ça ne sert à rien de vouloir t’échapper, répondit-il en sortant un des pendentifs de Barabas, je vais te ramener à moi »
Il lui a posé cette machine qui faisait passer Akziel pour un seigneur. Puis il repartit dans le futur d’où il venait avec Nova.
« Je te le rends, un conseil, ne le laisse pas en vie !
– Mais ?
– À plus tard ! », répondit-il en repartant.
Je suis revenu dans l’horloge, plus prétentieux que jamais. Je suis sorti du portail, les bras croisés et me suis posé en douceur sur le sol. Je me suis retourné vers Virginie qui avait alors changée d’apparence. Elle ressemblait à une amazone, une tenue assez légère, colorée en beige clair avec des morceaux orange et marron. Elle portait des gants avec le pouce découvert, un tas de collier et un tatouage au bras gauche. Elle avait les cheveux blonds, très long. Ils étaient tressés plaqués sur le côté droit, laissant voir le petit tatouage qu’elle avait sous l’œil droit.
« Oh, Jessica. Tu es toujours…
– Aussi magnifique, assez pour attirer ton regard de déjanté mon cher Nova.
– Tu ne vas pas me dire que c’est compliqué non plus.
– Jamais. Je te demanderais juste d’essayer de nous ramener.
– Alors ne bouge pas, parce que l’on ne vas pas rester longtemps », répondit-il en enclenchant deux leviers.
J’avais redémarré le système principal de l’horloge et la prison m’avait alors ramené dans la salle, blanche maintenant. Kelaël était apparu devant moi. Il me montrait l’arme que j’avais à la main, l’épée que j’avais prise à Akziel.
« Ceci est l’épée des éléments. C’est une arme qu’a possédé ton père autrefois. Rebellion en est une copie, sans les pouvoirs de contrôle des éléments. Elle remplacera Rebellion et deviendra ton arme principale Adam.
– Elle est supposée fonctionner exactement pareil ?
– Elle possède les deux formes, Arbitrer qui utilise le feu par défaut et Osiris qui utilise la glace »
Je me sentais mal dans cette pièce qui ressemblait à un hôpital. Tellement que je pensais devenir fou, je m’étais mis à frapper avec ma lame éclair dans le vide, de plus en plus, comme si je voulais désépaissir le brouillard qui m’entourait. Plus vite je frappais, plus je rendais son aspect original à la salle. Les flammes de l’enfer qui donnait cet aspect oppressant à la cellule. Mais celui-ci me plaisait plus que le blanc. Je frappais toujours lorsque mes ennemis se mirent à devenir visibles et je ne comptais plus le nombre que j’avais éliminé. Agacé d’être encore là-dedans, j’ai frappé un grand coup pour supprimer les plus proches et ai planté ma lame dans le sol, créant une immense vague bleue, électrique qui figeât tous les démons sur place, puis je l’ai extraite, explosant le sol et toute mon onde électrique avec. La cage avait explosé, dans un immense flot de flammes rouges. Et je restais, fixe au milieu de ce chaos que je venais de provoquer. J’étais debout, regardant Jessica, quand d’un coup de je me suis affalé, comme une immense douleur qui me prenait la tête. J’étais repris d’une vision, beaucoup plus douloureuse que d’habitude. Cette fois j’avais vraiment l’impression d’être dans la vision. J’étais sous l’apparence de Nova, dans un paysage plutôt rural. Aucune idée de la position exacte. Il y avait quelqu’un avec moi aussi, mais je n’arrivais pas à la voir.
« Pourquoi tu dois faire ça ? dit-elle d’un ton menaçant.
– Parce que tu crois que j’ai le choix ? Si je l’avais je refuserais.
– Tu l’as le choix ! C’est toi qui t’entête à ne pas vouloir changer d’avis !
– Tu ne comprends pas… Tu ne comprends jamais, toi qui reste coincé dans tes idées brulées par tes déceptions successives. Si tu étais réellement à ma place tu me suivrais ! »
Pendant ma vision Jessica s’était jetée sur le dernier démon qui était derrière moi. Elle pensait que c’était la raison pour laquelle je m’étais baissé.
« Merci…
– Ça ne va pas Nova ?
– Non, excusez-moi », fis-je avant de m’envoler.
J’avais quelque peu réalisé ce que cette vision essayait de me dire, ce n’étais qu’un fragment, mais je pensais savoir ce qui m’attendait. J’ai traversé les couches de la planète pour atteindre la surface et je me suis envolé vers la Tour pour encore une fois, réfléchir, comme toujours. J’avais remarqué que Sieg m’avait vu revenir, mais qu’il ne venait pas de peur de me déranger. Chester et Nikki étaient revenus, ils étaient sur le plateau du bas à me regarder, alors que j’avais repris mon apparence. De mon côté j’écoutais ce qu’ils disaient lorsque Sieg les avaient rejoint.
« Qu’est-ce qu’il lui arrive ? Vous lui avez torturé la tête quand vous étiez là-dessous ? demanda Sieg.
– Non, mais je sais que quelque chose ne va pas quand même. Pourtant dans l’horloge avec Nova il allait très bien, répondit Virginie.
– Vous savez, répliqua Chester, on dit toujours que lorsque deux jumeaux naissent, un des deux est lus maléfique que l’autre. Si l’on peut penser que je suis ce jumeau, c’est faux. Le plus mauvais d’entre nous deux c’est lui. Il est plus puissant que moi parce que son côté démoniaque est plus développé. Puis il reste neutre dans tous les cas parce que son esprit, son caractère fait de lui une grande personne, quelqu’un d’inégalable. Nova savait que s’il laissait Leo découvrir qu’il était le nouveau maitre du temps, son côté maléfique grandirais, comme tous les gardiens avant lui.
– Qu’est-ce qu’on est supposé faire alors ?
– Rien, le laisser avancer et le stopper s’il tombe du mauvais côté.
– Ça n’arrivera jamais. Je refuse !
– Alors, aide-le à rester celui qu’il est aujourd’hui. Il compte sur toi bien plus que sur quiconque ici. Tu es la seule qui peut réellement l’aider. Prend soin de lui ! » dit-il en repartant.
Elle ne s’occupait plus de moi. Ce que lui avait dit Chester la dérangeait un peu, alors que je savais déjà ce qu’il lui avait dit. Je me suis alors téléporté devant elle, sur le second plateau.
« Qu’est-ce qu’il t’arrive Adam ?
– Mon futur me fait peur.
– A ce point ?
– À ce point oui, comme tu dis. J’ai eu une vision avant que je ne remonte. Et ce qu’elle m’annonce ne me plait pas.
– Oh ! Adam, fit-elle me prenant dans ces bras.
– Et il faut que ça arrive maintenant. Pas avant. Si seulement j’avais pu l’éviter.
– Qu’est-ce qui t’effraie tant ?
– Quelque chose dont je connais l’existence. Une chose qui arrivera dans tous les cas. Je sais que ça m’arrivera depuis que je suis tout petit. Je faisais déjà des rêves et des cauchemars sur ça lorsque j’étais enfant. Je l’avais oublié, mais depuis que j’ai revu mon père. Plus rien ne m’échappe. Tout ce qu’il m’avait caché est revenu. Et je me serais bien passé de retrouver ça.
– N’y pense plus. Tu as une idée de l’endroit où on devrait aller maintenant ?
– J’ai envie de me défouler. Un endroit où il y aura du démon à casser !
– À quoi tu penses ?
– Les États-Unis !
– T’es sérieux ? Avec qui on part ?
– Une armée ! Du moins celle que Kévin aura pu nous rameuter.
– Tout pour foutre le bordel en fait.
– Non. Le pays est reconnu pour ses films d’actions surdimensionnés où il ne se passe pas une seconde sans une fusillade ou un mort. On va juste respecter les traditions.
– Les traditions.
– Et je te promets que nos méthodes ne seront pas toujours orthodoxes !
– On va s’amuser donc ?
– Oh, ça oui, pour s’amuser on va s’amuser.
– Parti pour les États-Unis alors.
– Bon, ce n’est pas tout, mais je n’ai toujours pas dormi moi.
– Tu veux venir faire une petite sieste avec moi ?
– Pourquoi est-ce que tu arrives à dire ça comme ça ? Et que lorsque qu’on t’écoute ça passe comme une lettre à la poste ?
– L’expérience mon cher, l’expérience !
– Oui ça je le savais que tu en avais de l’expérience !
– Adam !
– Je plaisante. Va, je te suis princesse. »
Malgré que je sache ce qui m’attendait, j’arrivais à dormir. Elle était un véritable ange. C’est la seule qui savait me détendre. Je n’avais plus le poids de l’emprisonnement de mon père, plus rien ne me posait problème, ou presque. Seulement j’avais encore du temps, alors autant en profiter.
Vous pensez que ça peut exister ? Un monde idyllique, ou l’on pourrait faire ce que l’on veut ? Un endroit où on aurait une seconde chance, un moyen de se rattraper. Personnellement je n’y ai jamais cru. Les choses que l’on a commises nous rattrapent toujours un jour ou l’autre. Si on veut et peut fuir le passé, il nous rattrapera, parce que tout événement existant ou ayant existé influx sur ce qui nous arrivera. Nous n’avons pas le pouvoir de changer le temps, de modifier le passé, cette tâche trop risqué et dangereuse est réservée au contrôleur ou aux maîtres du temps. Et je vais enfin avoir l’honneur d’en rencontrer un.
Grey Van Buuren. 2012
Une terre de répit, là où l’on peut oublier ces erreurs et tout recommencer à zéro. Ça n’existe pas ! Certaines choses nous devons les subir, nous n’avons pas le choix. Par contre, il existe des moyens de changer radicalement sa vie. Beaucoup sur Terre, moi y compris, sont partis dans le Nouveau Monde. Les États-Unis pour tout refaire. C’était quelques temps après la mort de Nikki. J’étais un des dernier assassins de ce monde, seul, mais toujours aussi capable. J’ai pris part aux combats aux côtés de Washington, puis Lincoln et enfin Roosevelt. J’étais libre, seul avec Sieg, je m’étais alors libéré des soucis que je portais à cette époque.
J’avais choisis les États-Unis. Pourquoi ? Pour me changer les idées. Une guerre de force dans un pays connu pour ces films de brutes. Mercredi 11 septembre 2013, mauvais choix pour un départ aux États-Unis ? Je ne pense pas. Je m’étais laissé deux jours pour me reposer quelque peu. Ce matin je commençais par aller voir celui planifiait tout ce qu’on devait faire dans nos interventions, Sieg.
« Comment tu vas l’ami ?
– Content de voir que tu vas mieux Leo. Bien, enfin plutôt bien.
– Des problèmes ?
– Nous n’avons aucun moyen de remplacer les tours.
– Peut-être pas, mais je crois que ça ne saurais tarder, fis-je en voyant mon corps brillant, ne minute, je reviens, repris-je en me téléportant devant le conseil.
– Monsieur Kryssen, Je vois que vous avez reconnu notre appel.
– Et vous ne pouviez pas utiliser les visions ? Non ? Non ? Bon…
– Trop dangereux. Si je vous ai fait venir c’est parce que vous allez commencer votre œuvre de suppression et que vous n’avez pas les substitutifs à ces structures.
– Envoyez-les sur la tour. Pas besoin de me convoquer pour ceci.
– La convocation tient sur Nova, pas vous.
– Comment-ça ?
– Vous n’avez ni le temps ni la possibilité de protéger directement l’horloge des attaques. C’est pour cela que nous y posterons une armée capable de la défendre dans tous les cas.
– Et ? C’est tout ? Vous auriez pu éviter l’appel.
– Et faites attention avec l’épée élémentaire. N’allez pas me détruire la planète que vous essayez de protéger.
– Je crois que je vois où vous voulez en venir. Je pense comprendre pourquoi Vozan ne vous aime pas Gregor. À un autre jour !
– Attendez !
– Prêt à partir Sieg ! repris-je en revenant dans son labo.
– Merveilleux. Qui prends-tu ?
– Le crédo !
– Sérieusement ?
– Ouais, depuis le temps que je les entraîne, ils devraient être en forme ! sortit Kévin qui arrivait dans le labo.
– C’est tout ?
– Non, je vais prendre Alexia et Sia avec, j’aurais un aperçu de ce qu’elles valent, répondis-je.
– D’accord. Et ?
– Non, je n’oublie pas Virginie, tu devais te douter que je ne la laisserais jamais ici ?
– Bien sûr. Dès que vous êtes prêts, moi je le reste, toujours ! »
Je nous avais téléporté dans le centre opérationnel. J’étais devant une centaine d’hommes et de femmes, tous devenus assassins, assez courageux pour me suivre dans mon combat. La seule vue d’un aussi grand nombre d’hommes au nom d’un crédo me faisait chaud au cœur, car ça faisait des années qu’ils étaient tous tombés. Je n’étais pas resté longtemps, je nous avais renvoyés sur le nouveau pays que nous allions visiter. Les volontaires éparpillés autour de la ville. Moi et Kévin étions déjà dans la Maison Blanche.
« Et Virginie ?
– Au pentagone. Pour une question pratique…
– Quelque chose te dérange ?
– Ne bouge pas tant que je ne t’ai pas ouvert la porte ! », fis-je avant de passer la porte du bureau ovale avec deux portails.
Arrivé derrière, j’ai planté mes deux lames secrètes dans la gorge des deux premiers hommes et ai découpé les deux suivants avec mes lames.
« L’ami je crois que l’on un problème !
– Viens voir, il est pire que tu ne l’imagine », me fit le président devant la fenêtre.
Je l’ai rejoint et me suis mis à regarder ce qu’il observait. C’était une tour d’intervalle, le nom n’évoquait rien de ce qu’elle était pourtant, c’était celle que je redoutais le plus.
« Pourquoi Akziel a-t-il choisis mon pays pour poser celle-ci ?
– Première puissance mondiale ! répondis-je en tirant sur la serrure de la porte.
– À quoi doit-on s’attendre ?
– À ce que même si j’élimine la tour dessous, les limbes envahissent la ville.
– Tu doutes de ce que mes hommes peuvent faire Adam ? demanda Kévin.
– Pas le moins du monde, j’espérais juste ne pas avoir à utiliser la tour de récupération si vite. Bon, par où on commence ?
– Je te conseillerais une visite de l’édifice avant toute chose Leo, fit Sieg dans mon communicateur, tu prends Kévin et Nikki et une fois fait le tour tu m’appelle.
– Bon, c’est parti Kévin, au boulot. »
Nous sommes sortis et en dix minutes nous avions atteint la tour, où Virginie, Sia et Alexia nous attendaient.
« Mesdemoiselles. Prêtes à vous plonger dans ce monde de pouilleux ?
– On a le choix ? demanda Alexia.
– Non. Pas avec moi.
– Ne bouge pas Adam, je t’ouvre le portail, fit Sia.
– Si loin de la tour ?
– Tu vas t’en rapprocher. Fait-moi confiance. Bon voyage ! »
Une fois de l’autre côté, je me suis vu propulsé dans tour, au dernier étage. J’y suis arrivé en catastrophe, obligé de me freiner avec une lame plantée dans le sol. « Génial. Si seulement je pouvais entrer comme tout le monde ! » Elle avait un semblant de la dernière tour, avec un trou au milieu. J’ai attrapé une pierre qui trainée et l’ai lâchée dans le vide attendant le bruit d’un sol sur lequel il aurait atterris. Rien. Je me suis dit tant pis, j’aviserais s’il y a un problème. J’ai touché quelque chose au bout de dix minutes, j’étais dans le noir et le bruit résonnant de mon atterrissage en force. Ma nouvelle Rebellion s’était légèrement éclairée jusqu’à ce que je pose ma main sur le manche pour en faire une torche. Je me suis dirigé vers le seul couloir qu’il y avait. Une première fois j’ai vu une ombre me passer à côté, elle venait de derrière. Vers le fond du couloir, elle est repassée, tellement vite que j’ai eu du mal à la reconnaitre.
« Qu’est-ce qu’un coureur d’ombre fait ici ?
– Adam ? Où est-ce que tu es parti ?
– Je ne sais pas, j’ai pris le chemin du milieu.
– Dès que tu peux sortir, viens nous donner un coup de main.
– Avec plaisir princesse. Mais je sens que ça va être plus dur que prévu »
Pour la première fois je ne savais pas quoi ni comment faire. Je m’en remettais à mon seul instinct et ce que pouvais me dire Sieg. J’avais l’impression d’être dans une prison, avec un tas de cellules, certaines ouvertes, d’autres non. Mais toutes les cellules étaient vides, au mieux des cadavres, ou des squelettes.
« Pourquoi c’est si vide et si lugubre ?
– Lugubre parce que tu es dans les limbes Leo.
– Merci de la précision Sieg.
– Vide ? C’est étrange parce que, en vue du monde qui sera déployé par la suite.
– Je dois me faire des soucis ?
– Non, mais fait attention quand même.
– Je vais essayer. »
Je suis arrivé dans une salle plutôt étrange. J’avais l’impression d’être dans le mécanisme d’une horloge, mais je savais que je n’étais pas seul.
« Tu oses enfin pénétrer ces lieux.
– Oh, merde…
– La prophétie est en marche. Le dernier gardien tombera !
– Et si tu te montrais, que je puisse tomber un petit con comme toi.
– Ces lieux sont sacrés pour moi. Et maudis pour toi !
– Pas certain de ça ! répliquais-je en créant un flash avec Rebellion.
– Aucune utilité !
– Je ne serais pas si confiant à ta place », repris-je en créant un second flash, sautant pour frapper au sol avec une frappe de l’ours, éliminant tous ceux qui se tenaient autour du plateau tournant au centre.
« D’accord, je t’ai peut-être un peu négligé !
– Un peu ouais, je vais te monter ce qu’un peu veux dire chez moi ! fis-je en chargeant mon corps de la fumée qu’il restait et la laissant envahir toute la pièce d’un coup.
– Et maintenant, pistage ! »
Je l’entendais tousser à cause de toute cette brume noire remplie de milliers d’étincelles flottantes dans l’air. J’ai su où il était dès lors ou une d’entre elle le toucha. J’ai alors remarqué que je pouvais utiliser la cristallisation au milieu de ce brouillard pour me déplacer bien plus vite. Je suis arrivé derrière lui, ai dégainé mon tomahawk qui s’est mis à briller. Je l’ai frappé dans le dos, me jetant sur la plateforme avec lui. J’ai atterris un peu plus loin que lui, alors que lui ne se relevait que, j’étais déjà en train de dégainer Rebellion et de recharger la fumée dans mon arme. Je me tenais dos à lui, face au cadran de l’horloge.
« Mais qui est-tu ?
– Ton pire cauchemar ! » répliquais-je en me retournant pour le frapper avec mon épée, la transformant en lance ensuite. Je me suis lancé à ses pieds alors qu’il était à terre, plantant ma lance dans son torse pour la jeter sur une poutre devant moi.
« Il me semblais que les coureur d’ombres étaient plus solide ! À mon époque, repris-je en attrapant le reste liquide que son corps avait laissé au sol.
– Et moi que le grand Kryssen était moins naïf ! »
Cette chose commençait à me prendre le bras, puis tout le corps, je me suis tourné vers lui jusqu’à fermer les yeux, je sentais une chaleur sortir de mes narines.
« Kryssen à mon service. Je n’aurais jamais cru ça possible.
– AH ! fis-je dans un grand flash, lorsque mon cœur avait absorbé toute la matière, je te le répète une dernière fois. Je ne suis pas Leo Kryssen ! répliquais-je en ramenant ma lance et lui faisant un signe de la main. A plus l’ami ! Sieg ?
– Frappe la plateforme pour la faire descendre.
– Sérieusement ?
– Bien sûr. »
J’ai explosé le sol avec ma frappe. J’ai descendu une vingtaine de mètres avec le plateau jusqu’à retoucher le sol. Je me suis avancé dans le couloir, sans me soucier de ce qu’il y avait. J’ai marché une minute quand j’ai entendu un léger son venir de l’avant. Je savais ce que c’était et qui c’était, alors j’ai continué jusqu’à atteindre la pièce d’où venait le bruit et y passer devant sans y prêter attention.
« Sully.
– Oh, Kryssen ! répondit-il en achevant son ennemi, comment vas-tu mon ami ?
– Pas trop mal, que viens-tu faire dans ce ramassis bordélique ?
– La même chose que toi je présume.
– Comment ça ? répliquais-je en m’arrêtant net.
– J’ai croisé un coureur d’ombre venu se planquer ici. Mais…
– Cherche plus, je l’ai massacré.
– Ça ne m’étonne pas. Oh, j’y pense. Viens avec moi, j’ai quelque chose à te montrer. »
Il m’a guidé jusqu’à une grande pièce, c’était la salle de repos des détenus. Les murs étaient tapissés de dessins, de gravures, ou de graffitis. Tous me représentaient, ou parlaient de moi. Comme si tous ceux qui avaient pu être ici s’étaient déjà frottés à moi.
« Pourquoi moi ? Qu’ai-je pu leur faire ?
– Tu as changé la face du monde Leo.
– Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce que je ne ressens que leurs souffrances en voyant ça ?
– Parce que tu es craint !
– Quoi ?
– Tu leur fait peur, tu es le seul qui est capable de faire trembler tout un peuple, toute une civilisation simplement lorsque l’on prononce ton nom.
– Et j’ai l’impression de passer pour un monstre !
– Maintenant prend ça de l’autre côté, pense à tous ceux à qui ton nom inspire l’espoir, l’espoir de retrouver une vie normal, de se séparer de tous leurs problèmes.
– Pourquoi me parles-tu de ça ?
– Parce que j’ai l’impression que quelque chose a changé en toi depuis que tu as perdu Nikki et que le fait que tu aies retrouvé ton père n’a fait qu’empirer les choses.
– Qu’est-ce que tu as fait du vrai Sullivan ! Sort de ce corps Satan !
– Leo ! T’es complètement con ! J’ai juste repensé à ce que tu m’as dit l’ami. Tu te souviens des viädjö ?
– 1850, bien sûr que je m’en souviens, où veux-tu en venir ?
– Moi je me souviens particulièrement du fait qu’ils avaient tellement foi en toi, qu’ils avaient portés toute leur confiance et ressources pour que tu puisses les aider. Jamais tu ne les as déçus. Regarde, dit-il en me tendant une photo, je l’ai prise il y a quelques jours. »
Elle présentait une sculpture, une statue pour être précis, à mon effigie. C’était la première fois que je voyais le résultat de ce que j’avais pu faire, ce que mon passage avait provoqué dans la vie de ceux que j’avais rencontré. Sur le socle il y avait une inscription « À celui qui nous as offert la rédemption et la liberté. Au plus grand héro. À notre sauveur. Leo Kryssen » Ces mots avaient réveillé quelque chose en moi, une petite flamme que la mort de Nikki avait éteinte et que mon petit espoir voulait rallumer en me poussant à agir plus encore.
« Tu te souviens, juste avant notre dernière bataille, il neigeait. On était tous les deux face à toute une armée et cette petite fille qui est arrivée derrière nous et qui m’a pris la main.
– Trop sentimental !
– Tu me suis ? Je nous sorts de ce foutoir avant que l’on ait à se taper une horde de démons.
– Avec plaisir mon frère ! »
Je me suis jeté sur le mur, à travers le portail pour aller rejoindre les filles qui m’attendaient depuis quelques temps. Je me suis vu expulsé dehors, dégainant mon glaive et Lucifer. J’ai lancé mon glaive lumineux sur le coureur d’ombre qui s’attaquait à Virginie, le tirant vers moi autant que je me rapprochais de lui. Je lui ai posé quatre lames dans le torse en m’avançant toujours vers lui, lançant l’explosion des lames lorsque j’avais mon glaive dans les mains, après avoir atterris devant Virginie.
« Personne ne touche à ma femme ! fis-je en redéployant une série de lames autour de mon bras gauche.
– Oh, Adam ! C’est gentil d’être venu !
– Parce que tu crois que j’aurais pu aller plus vite, ou que tu aurais pu me laisser ta clé pour entrer avec vous Alexia ?
– Euh…
– Comme tu dis mademoiselle. Comment on casse cette saloperie ?
– Il faut supprimer le générateur principal, à la fois dans les limbes et dans le monde réel. Je me chargerais du réel, répondit Sully.
– Trouillard va !
– C’est ça, on se retrouve là-haut.
– Vous savez où il est, ou dois-je le trouver moi-même ?
– Viens avec nous, on doit pouvoir le retrouver. »
J’ai suivi les deux sœurs, accompagné de Virginie et Kévin. J’avais toujours quatre lames autour du bras pour me défendre au cas où quelqu’un s’en prendrait à nous. Rebellion toujours attaché dans le dos pour pouvoir changer de style à tout moment.
« Je le sens pas ce truc moi ! fit Kévin apeuré.
– Pourquoi ça, il n’y a pas de raison, enfin normalement. Je passe le premier, repris-je en avançant devant les deux sœurs et ouvrant la porte, quoi que. J’ai peut-être parlé un peu vite. Evitez de parler trop fort, tant que l’on ne le réveille pas, ça ira.
– Mais c’est quoi ce truc ? demanda Virginie.
– Un siluvien, c’est une race de monstre qui ne se trouve plus beaucoup. Il me semblait les avoir tous éradiqués. Aller vous cacher, je vais m’en occuper seul. Essayez de supprimer le générateur.
– Une idée où te faut-il mes conseils ?
– Je ne m’en plaindrais pas mon ami.
– Réveille-le. Oblige-le à te manger, je m’occuperais de lui à l’intérieur.
– Oh ! Je suis là saloperie ! Je t’offre de la viande fraiche.
– Mais tu es fou, tu vas te faire bouffer !
– Je l’espère bien ! »
À peine une minute plus tard, il m’avait remarqué et je me retrouvais à l’intérieur du géant.
« Plus dans les limbes ?
– Non, pas ici.
– Magnifique ! répondis-je en prenant sa forme, j’avais oublié que c’était si grand là-dedans. Par où commencer. Oh ! Oui, le palais ! reprit-il en plantant sa lance dans son palais, aller, c’est parti ! »
Je me suis lancé vers la gorge en s’accrochant à la glotte et tirant dessus pour la décrocher. J’ai chuté le long de l’œsophage jusqu’à atteindre l’estomac.
« Oh, c’est dégueulasse !
– Adam ? Tout va bien là-dedans ? Le gros commence à s’agiter ! fit Kévin par communicateur.
– C’est normal, c’est moi, j’ai commencé à le casser un peu.
– Donc, on attend que tu l’aie tombé ?
– Ça ne devrait tarder ! répondit-il en lançant des éclairs dans tous les sens avec sa lance, restez à l’abri. J’espère que tu n’es pas douillet mon coco, parce que je vais te pourrir d’un coup », dit-il en s’envolant vers son dos.
J’avais chargé ma lance tout le long, pour frapper avec une force immense sa colonne vertébrale. Un immense flot d’éclairs me suivaient, frappant un après l’autre sa colonne avec ma lance. Je l’entendais craquer de plus en plus jusqu’à ce qu’elle cède. J’ai traversé sa peau et ai suivi les os jusqu’à ce qu’elle se fracasse contre le sol. J’avais alors repris mon apparence, forcée par le retour dans les limbes.
« Et un de plus au compteur !
– Tu n’aurais pas pu éviter de le tuer en le faisant gicler comme ça ? demanda Alexia.
– Oh ! C’est un détail ça… fis-je stoppé par une grande explosion, je ne serais pas tombé sur le générateur ?
– C’était quoi ce bordel ? fit Sully avec le communicateur.
– C’est moi l’ami, j’ai dégommé le générateur, et pas qu’un peu. Élimine le tient, je vais te rejoindre, repris-je descendant de la colonne.
– Et tu veux nous laisser seul avec ce truc ? demanda Sia.
– Parce que tu crois vraiment qu’il va se réveiller ? Alexia ?
– Tient, pense à me la rendre !
– Pas besoin, répondis-je activant la clé pour garder le portail, je ne la garde pas avec moi. A tout à l’heure, on aura du boulot, repris-je en passant le portail. Bon, Sieg, j’ai quelque chose à poser ?
– Oui, installe-moi ce boîtier devant toi, pour pouvoir assurer l’installation de la tour, dit-il en me téléportant une boite dans les mains.
– De suite chef. A plus l’ami, je vais retrouver Sully. »
Je me suis envolé dans les hauteurs de la tour, cherchant la salle du générateur. Lorsque j’y suis arrivé j’ai entendu une voix qui disait : « Leo, attention ! » Je me suis retourné brusquement, apercevant la bombe qu’il avait posée. Je suis reparti aussi tôt, traversant les épaisseurs de murs, poussé par l’énergie de l’explosion qui me suivait. Je me suis de nouveau retourné vers elle une fois éloigné. Elle diffusait sur la ville une fumée violette et rouge qui faisait apparaitre des démons un peu partout. Dans ce brouillard montait la nouvelle tour, cylindrique celle-ci, aux murs en marbre blanc et aux lueurs bleues et dorées.
« Sully, je vais aller rendre une visite au président, tu m’attends ?
– Si tu me cherche, je surveillerais sur la tour.
– À toute, fis-je en me téléportant dans le bureau ovale, Monsieur.
– Cette fois-ci on est vraiment dans la merde.
– Mais non, ce n’est pas un milliard de démon qui va nous faire peur.
– Je ne parlais pas de ça, mais des coréen qui on envahit la Maison Blanche.
– Monsieur, Olympe est envahi !
– Tu me suis, je te sort d’ici et te laisse au bunker.
– Ça marche. »
Infiltré dans la Maison Blanche, je n’aurais jamais cru ça. Il fallait retraverser tout le bâtiment pour atteindre la zone sécurisée. J’ai cette fois, fait une mission infiltration avec uniquement Rebellion, sous une forme lumière qui me permettait des coups plus rapides et efficaces. Elle était courbée, bleue et scintillante, laissant tomber des petits fragments réfléchissant, comme des diamants. Nous avions la moitié du chemin quand quelque chose m’a arrêté.
« Leo, que ce passe-t-il ?
– Chut ! Je crois que le couloir d’accès est envahi et que l’ascenseur est bloqué en bas.
– Il faut le monter de l’intérieur.
– Je m’en charge, vous deux, fis-je aux gardes, protégez le président. Et surtout, ne parlez pas ! Je reviens », dis-je me téléportant.
Je suis arrivé dans la cabine, enclenchant sa montée. Toujours une petite musique dans les ascenseurs, mais une musique bien américaine. Un bon morceau de rock. Ils veulent toujours en faire plus ces américains. J’ai débarqué à leur étage, me téléportant le plus proche d’eux possible pour les attaquer vite. J’avais changé mon arme pour le mode de puissance, s’accordant avec la spécialité du porteur. Le style « fumée ». Elle n’avait qu’un côté tranchant comme la précédente, mais celle-ci était orange brillante et avait neuf anneaux sur l’autre côté. Eclair de Faucon. Ils étaient une vingtaine dans le corridor. Je n’en ai pas laissé un seul. Tout ce qui s’entendait c’est les explosions que créaient le contact des étincelles et des anneaux. Une fois terminé j’ai rangé mon épée dans le dos et me suis dirigé vers le bout du couloir. Seul le petit bruit des anneaux s’entendaient, raisonnant au loin. Je savais que les gardes et le président avaient peur que ce ne soit pas moi qui revienne. J’ai dépassé l’angle des deux chemins et me suis alors tourné vers eux.
« Quand vous voulez messieurs, fis-je en montrant le chemin, gardez la porte de l’ascenseur.
– Ils ne s’étaient pas trompés, me fit le président en passant, y’a quelque chose chez vous qui n’est pas normal. Allez nous sauver le monde, vous êtes mon espoir mon petit.
– Ne me prenez pas de haut mon cher, je suis et je reste plus vieux et plus expérimenté que vous. À plus tard », repris-je me téléportant.
Je suis monté sur la tour, Sully m’y attendait, il avait déjà éliminé deux ou trois démons à son sommet. Il scrutait le champ de bataille qui se déroulait au-dessous.
« On aurait pas pu éviter un tel massacre ?
– Combien de pertes ?
– Une centaine de civils, une vingtaine de soldats et un assassin.
– Je m’attendais à plus.
– Jusqu’ici, tous les déplorés sont en sécurité, me fit Sieg, vous pouvez continuer.
– Qu’est-ce qui se présente à nous ?
– Des milliers de démons, un peu partout, ils devraient vite disparaître. Une centaine de démons élites, je devrais pouvoir me les faire. Des baroudeurs et un maitre de golem.
– Un maitre de golem ?
– Oh, oui tu ne les connais pas. Un con invincible grâce à la puissance grandissante de ces monstres qui sont eux aussi indestructibles !
– Magnifique ! Ça va devenir distrayant ! fis-je en changeant d’apparence et montant sur la bordure, on se revoit quand on a fini. »
Je me suis laissé tomber du sommet, commençant mon vol qu’un fois avoir fait a moitié de la chute. J’ai avancé jusqu’à l’amas de monde qu’il y avait vers le milieu. Descendant au centre en piqué, éliminant tous les occupants d’un coup électrique puissant. Seuls mes alliés étaient encore debout.
« Bien ou bien ?
– Tient, Leo, enfin décidé à nous aider ? fit Alexia.
– À vous voulez de l’aide ? Hey bande de cons, ramassis de pourritures de démons, je me présente. Leo Kryssen. Je sais que vous voulez ma peau alors bougez vos culs et ramenez-vous que je vous dérouille comme tous les autres !
– Adam ! me fit Virginie, tu aurais pu être plus gentil avec eux chéri, reprit-elle en passant à Nikki.
– Quoi ? Je n’ai rien fait de mal ! Vous vouliez de l’aide, je vais les dézinguer moi, c’est un détail. »
Une partie m’avait déjà entendu et toute une troupe de démons blancs se jetaient sur nous. Il n’a fallu que quelques secondes à Sulivan pour qu’il se jette avec sa faux sur eux et à peine dix pour qu’il les éliminé tous.
« Tu vois, même lui il y arrive !
– Leo ! T’arrête de faire le con oui ! lui fit Nikki.
– Je te laisse le plaisir de te faire les golems. Eux seront à la valeur de ta puissance !
– Mais oui, c’est ça ! » fit-il en effectuant un back-flip pour esquiver l’ennemi et lui lancer sa lance électrifié dans le torse, le brisant en morceau.
Il s’était étalé au sol, mais un élément semblait vivre encore. Un sphère brillait et bougeait légèrement, puis elle créa des liens lumineux avec tous les fragments, pour reconstruire le golem, plus grand qu’avant.
« Oh, je crois que j’ai parlé trop vite ! dit-il se faisait emporter par le mastodonte, mais je vais pourtant pas me laisser faire ! » reprit-il voyant son bras gauche briller.
J’avais une idée en tête. J’ai activé le contrôle des esprits, je me liais à la sphère qui contrôlait le golem jusqu’à l’absorber. Tous ces fragments se mirent à tourner autour de moi et finirent par reconstruire le golem, avec moi au milieu.
« Pourquoi est-ce qu’il faut toujours que tu en fasses trop ? demanda Sully.
– Ce n’est pas toi qui m’a poussé à redevenir ce que je j’étais ? En attendant excuse-moi, j’ai d’autres golems à déchirer. »
Le reste de la troupe commençait à s’attaquer à moi. Ils avaient remarqués que je n’étais plus des leurs. Je m’en suis pris à eux au corps à corps, des fragments de mon golems se détachaient à chaque coup et ceux de l’autre aussi, mais je récupérais tous ceux qui pouvaient se détacher de nos corps. Jusqu’à ce qu’il soit assez petit pour passer dans ma main et que je puisse l’achever en l’écrasant au sol. Il en restait trois, ils courraient tous sur moi et étaient au moins trois fois plus grand que moi. Je me suis alors totalement décomposé pour aller chercher tous leurs fragments et les éliminer en même temps. Je sentais toutes les parties du golem se construire autour de moi, me soulevant, me faisant prendre une taille immense.
« Sieg, tu crois que je peux garder ce truc ?
– Je pense que je peux synthétiser ça dans ton cœur. »
J’ai continué à avancer vers mes alliés. Ils commençaient à avoir peur. Tous pensaient, qu’ils m’avaient tué et se préparaient à se battre. Seule Nikki avait vu que c’était moi. Ce n’est que lorsque je m’étais assez approché d’eux que Sieg me laissa récupérer tous les fragments qui faisait mon armure dans le cœur.
« Faut pas avoir peur de moi, je ne vais pas vous bouffer !
– Moi si ! fit un dernier homme qui s’approchait de nous, qui est-ce qui t’a permis de me voler mes golems ? Et qui t’es toi pour te croire si grand ?
– C’était tes golems ? fit-il en le regardant avec un léger sourire, Leo Kryssen, gardien de l’Ordre. À qui ais-je l’honneur ?
– Au premier qui va te casser la gueule !
– Un minimum de politesse ! J’ai fait l’effort de me présenter, j’aimerais bien que tu en fasses de même !
– Marris. Maitre de golems de classe trois, au service de sa seigneurie.
– Barabas. Comment il s’appelle son con de fils déjà ?
– Je ne te permettrais pas d’insulter un Dieu comme lui !
– Deux choses, ce n’est pas un Dieu, la preuve j’ai déchiré son pauvre père, trop gras d’ailleurs. Si tu oses m’attaquer, si tu as la chance de me tuer, tu perdras tes golems.
– Je n’en ai pas besoin, je frappe ailleurs. Comme sur ta catin de mère… »
Peu de chose arrivaient à m’atteindre, mais là, je ne supportais pas que l’on touche à ma famille, encore moins à ma mère. J’ai craqué, j’ai dégainé ma lance en me retournant vers lui. Ma colère commençait à monter.
« Là tu es allé trop loin !
– C’est toi qui es allé trop loin mon cher », fit-il au moment où je me lançais vers lui.
Il avait encore le contrôle des fragments des golems et les utilisait pour me posséder et m’empêcher d’avancer. Plus je forçais, plus la résistance devenait forte et puissante. Je me sentais enchainé par une force, pour une fois, plus puissante que moi-même. Il avait l’entière maitrise de mes actions et j’étais incapable de faire quoi que ce soit.
« Comme c’est triste, le grand Kryssen qui se fait avoir par ce qui aurait fait sa force. Tu sais, il ne faut pas toujours trouver quelque chose de bon à ce qui te plait !
– Je… »
Je ne suis pas resté longtemps, quelques secondes plus tard j’étais encore dans les visions. De nouveau dans le même paysage. Je ne savais pas si c’était un jardin, un parc, ou loin de la ville. J’étais avec la même personne, c’était la même voix. Je la connaissais d’ailleurs. Elle était dans mon lycée. On était assis par terre, tous les deux à discuter.
« Pourquoi tu m’as fait venir ici ?
– Pourquoi ? Parce que tu es plus spéciale que les autres.
– Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
– Que le monde ne t’offre pas la chance ou la valeur que tu mérites.
– Tu veux me faire rougir c’est ça ? Parce que si tu continues tu vas réussir.
– Non, juste, je ne vois pas le monde comme vous, comme les autres, je vois, j’aperçois des choses que vous ne verrez jamais.
– Du genre ?
– Que tu es une magnifique petite princesse.
– Arrête ! Tu sais que ce n’est pas vrai !
– Je veux juste que tu te sentes bien, je n’ai pas envie que tu aies peur de moi, ou de que ce que je vais faire.
– Alors c’est réussi… » répondit-elle timidement.
Cinq minutes, c’était le temps que j’avais passé ailleurs, dans un autre temps. Je ne savais toujours pas quand d’ailleurs.
« Toujours aussi prétentieux ? Tu te fais maitriser par une petite merde comme moi, qu’est-ce que ça va être contre Akziel ?
– Parce que tu penses que j’ai déjà abandonné ? dit-il avec un grand sourire, je n’ai même pas commencé, mon pauvre… »
Déjà reperdu dans mes visions. Je m’approchais à chaque fois un peu plus de la vérité. Encore le même endroit, encore les mêmes personnes.
« C’est ça, barre-toi ! Tous les même de toute façon !
– Si tu parles comme ça des démons qui passent leurs temps à vouloir me tuer, alors oui, je suis d’accord.
– Non, les mecs, y’en a pas un qui peux rattraper l’autre.
– Tu sais, tous les mecs ne sont pas des connards, y’a quelques exceptions.
– Je ne te crois pas, même toi qui… Qui tu es d’ailleurs ?
– Nova, dernier gardien de l’horloge.
– Mais, quelque chose m’échappe. Comment, alors que tu étais agonisant sur ce rocher tu peux être encore vivant ?
– Parce que tu crois que l’on peut tuer quelqu’un qui est déjà mort ?
– Déjà mort ?
– Je ne vis pas, je ne suis qu’une entité représentative. Je n’ai aucune raison de vivre puisque je ne suis même pas censé être ici.
– J’ai dû mal à comprendre…
– Quelqu’un d’autre devrait être ici à ma place, mais dans le cas présent, sa survie dépend de ma présence. Alors je suis là, avec toi. Et il va me falloir apprendre à te supporter.
– Adam… Mais pourquoi avoir besoin de moi, je suis rien pour toi, ni pour lui ?
– Ça c’est ce que tu penses. Beaucoup de gens ignorent leur véritable utilité dans ce monde. Beaucoup ignorent des tas de choses sur ce qu’ils côtoient tous les jours princesse. Et moi, je suis là pour te prouver ta véritable valeur. »
Second retour, mon adversaire était plus que confiant, trop peut-être ? Il était devant moi, le sourire aux lèvres, me regardant se disant qu’il m’avait vaincu, lui alors que les plus grand ne m’avaient tenus tête.
« Tu t’avoues vaincu ? Après ta mort suivra celle de tous tes alliés.
– Qui t’a dit que j’allais mourir, fit-il encore dans ses visions.
– Moi. Et tous les démons qui se trouvent derrière moi !
– Quelle belle armée. Tu n’as pas trouvé plus lâche pour me faire peur ?
– Je ne veux pas te faire peur, je veux t’éradiquer une bonne fois pour toute.
– Je ne serais pas si sûr à ta place… fit-il en se concentrant.
– Vas-y, débat toi, tu ne feras que te faire du mal. Pauvre petit démon.
– Tu néglige une chose mon cher… dit-il, le corps brillant.
– Et qu’est-ce donc ?
– Je ne suis pas qu’un démon, je ne suis pas comme toi ! » répondit-il, forçant sur son emprise en prenant la forme de Toshiie.
On aurait dit qu’il passait le mur du son. Il brisa ses liens, suivi par un immense flot d’énergie noire, fonçant sur le démon et l’attrapant à la gorge avec le bras gauche.
« Je n’ai rien à voir avec toi ! dit-il repliant ses lunettes.
– Quoi, non attends, qu’est-ce que tu fais ?
– Tu avais tords, tout ce qui me plait fait ma force. Comme ton âme ! »
Ce n’était qu’une de plus. Celle-ci me permettrait de contrôler les fragments des golems et d’en faire à peu près tout ce que je veux. J’avais jeté son corps loin de moi, regardant son armé devant moi. Quelque secondes plus tard, une seconde vague arriva pour la décimer. C’était les assassins de Kévin. J’ai fait comme eux, j’ai attrapé la capuche de mon costume et l’ai mise sur la tête.
« C’est censé être fini non ? demanda Kévin.
– Tu crois ? Je vais te prouver le contraire, dit-il se téléportant dans le bunker du président, des nouvelles ?
– Ah, Leo. Tu t’es déjà battu face à des coréens ?
– J’essaie de m’éviter ça, je n’ai pas envie de déclencher une guerre dans le monde. Pourquoi ?
– Ils sont teigneux, souvent insupportables et invivables.
– Ils feront toujours moins que moi.
– Je n’en doute pas. Tu penses que tu peux les éliminer ? Ils sont cinq cent mille.
– Bordel, ils m’ont envoyé la moitié de leur population !
– Tous au service d’Akziel !
– Bon, on va aller casser du traitre. Si vous ne me revoyez pas, bonne journée messieurs ! dit-il repartant sur le champ de bataille, parce qu’en plus ils ont des chars !
– Je crois que l’on a du boulot Leo ! fit Nikki sous la forme de Kristen.
– Alors c’est parti ! »
On s’est tous jetés sur la vague, éliminant le plus d’ennemis possible. Seulement, il y avait un problème. Chaque fois que l’on en tuait un, deux réapparaissaient de leurs dépouilles. On avait beau les éliminer eux aussi, mais le résultat était le même.
« Bon, tu penses que l’on peut les éliminer ? fit Kristen appuyant son dos contre le mien.
– Ecartez-vous, loin.
– Quoi ? Attends !
– LOIN !
– Vous l’avez entendu ? Dépêchez-vous !
– Que le diable en personne vienne m’emporter si je n’arrive pas à les éliminer, dit-il enfumant son corps avec les cristaux de son costume, car les damnés le feront à ma place ! AH ! »
L’aura sombre se propageât sur toute la ville, provoquant près des assaillants de grand flash blanc d’où sortait des milliers d’âmes, traversant leurs ennemis en les consumant de l’intérieur. Toutes celles des ennemis devenaient alors leurs alliés, pour éliminer les nouveaux. Cinq minutes plus tard, il ne restait plus personne, sauf un immense brouillard gris et lumineux. Seules mes âmes survivaient encore au chaos que j’avais créé. Il s’approchait moi, lentement, laissant mon corps léthargique, assimilant tous les esprits perdus au fond de mon âme. J’ai alors enlevé ma capuche, montrant que j’étais toujours debout.
« Pourquoi ai-je l’impression que c’était trop simple ?
– Peut-être parce que c’était la première ? répondit Sulivan.
– Non, il y a quelque chose d’autre. Mais je n’arrive pas à trouver… C’est comme s’il manquait quelqu’un qui n’avait jamais été avec nous…
– Je ne te comprends pas, de qui est-ce que tu parles ?
– Le Trésor des âges, dit-il dans une voix vibrante.
– Le Trésor des âges ? reprit Sia, mais ça fait des années qu’il est perdu !
– Pas autant que tu le penses, je commence à savoir ce que toutes mes visions veulent me dirent. Sully, tu peux les ramener, je vais aller voir quelqu’un avant de revenir.
– À tes ordres mon ami ! »
Il existait une salle dans la maison blanche, une pièce ou étaient réunis toutes les statues des plus grand présidents des États-Unis. Encore une fois c’est celle de Lincoln que je venais voir. J’avais repris mon apparence et avait prévenu le président actuel qu’ils étaient sortis d’affaire.
« Abe. Tu avais raison, tous nos vieux démons viennent toujours nous rejoindre un jour. Si seulement on savait ce qu’ils nous pousseraient à faire avant qu’on leur dise bonjour la première fois. Si seulement tu étais encore parmi nous pour entendre ça. Tu étais le seul, je n’en ai jamais parlé à personne. Je n’en suis pas fier non plus. J’avais pensé pouvoir l’oublier, jamais je n’aurais pensé que je devrais y faire face une fois de plus…
– Leo ? fit le président derrière moi, est-ce que ça va ?
– J’ai une question pour vous. Pensez-vous que tous ces grands hommes, qui ont façonnés l’histoire et le monde tel qu’il l’est aujourd’hui ont toujours agis dans le bon sens, sans jamais commettre d’erreur ?
– Non, tout le monde commet des erreurs, mais pourquoi parles-tu de ça ?
– J’espère que vous saurez me pardonner mon cher… dis-je en passant à côté de lui.
– Mais, attend, de quoi parles-tu ? »
Je n’ai pas répondu, j’ai juste fait un signe de la main avant de me téléporter.
Il y a toujours certaines choses que l’on regrette d’avoir fait. Ma plus grande erreur revenait me hanter. J’en avais toujours des remords, une envie de refaire cette action, différemment, dans l’autre camp. Mais qui sais si ma vie serait celle que j’ai aujourd’hui si je n’avais pas agis de la sorte. J’ai toujours opté pour la solution qui offrait la sécurité à la planète, quel que soit le prix qu’il faille payer pour l’obtenir.
J’étais dans ma chambre, seul pour une fois, devant un miroir. J’avais remarqué que toutes les cicatrices que portait Leo s’étaient dessinées sur mon corps. J’avais pourtant plus de facilité à supporter cette forme qui avait une apparence normale modifiée par la forme des augmentations à celle qui n’avait que les augmentations et presque plus aucune partie du corps humain.
« Pourquoi te caches-tu Adam ? me demanda Virginie qui entait.
– Une question. Est-ce que tu as toujours cet anneau que je t’avais donné la première fois que je t’avais rencontré ?
– Oh ! Oui, mais tu me fais peur à me le demander. Que veux-tu en faire ? demanda-t-elle en me le tendant.
– Rien de spécial, dis-je en le passant au doigt, enfin… repris-je en le regardant se faire aspirer par mon cœur.
– Je pensais que tu voulais oublier cette période Adam.
– Je l’ai fait, mais elle me rattrape. Malgré moi. »
C’était un anneau des templiers. Et oui, j’ai été un templier. Même si j’ai passé ma vie à les combattre, à les éliminer, j’ai été parmi eux durant une époque. Certains sacrifices sont parfois nécessaires.
« Je ne comprends pas, qu’est-ce qui te fait si peur dans ce que tu as commis à cette époque ?
– Imagine si l’une des plus grande armes de l’univers tombait dans les mains d’Akziel.
– Je crois que l’on n’irait pas loin, il nous aurait certainement déjà éliminés. Mais…
– Alors avant qu’il puisse la trouver, il faut qu’on se garantisse les moyens de nous sauver.
– Mais attends, tu ne veux pas me dire ce qui te tracasse ?
– Ça viendra, je n’ai pas envie de te préoccuper juste à cause de ça.
– Que comptes-tu faire alors ? Où veux-tu aller ?
– J’ai une petite idée. Qu’est-ce que tu dirais d’un petit voyage en Chine ?
– La Chine ? Mais qu’est-ce que tu veux aller chercher là-bas ?
– Notre salut !
– T’est sérieux ?
– Bah ouais, pourquoi pas ? fis-je en partant vers la fenêtre.
– Mais comment, avec quoi ?
– D’anciennes reliques, vestiges des dynasties des trois royaumes. C’est une idée de Leo, c’est le seul moyen de nous garantir la survie si on échoue face à Akziel.
– Tu as vraiment si peur qu’il la trouve ?
– Si je m’en souviens maintenant, ce n’est pas pour rien je pense. Rien n’arrive par hasard, plus maintenant. Si je dois le retrouver, je veux que vous puissiez survivre à ce que je pourrais commettre si je ne le contrôle pas moi-même.
– Alors toutes tes visions, c’est pour le trésor, que ça ?
– Apparemment, j’ai encore du mal à comprendre ce qu’elles veulent dire, pourtant j’ai l’impression que c’est ce à quoi elles veulent m’amener.
– Qu’est-ce que tu y vois ?
– À chaque fois, je me retrouve dans un jardin ou un parc, un endroit tout vert, avec une personne, une fille. Je sais que je la connais lorsque je suis dans mes visions, je sais même qui elle est. Seulement dès que j’en sors, je l’oubli.
– Qui est-ce que ça pourrait être ?
– Une “clé ”. Soit elle est celle qui me permettra d’ouvrir l’endroit où il est entreposé soit elle détient ce qui me l’ouvrira.
– Et j’imagine que ce n’est pas moi ?
– Non, malheureusement. Ça serait trop simple. Viens me voir princesse. J’ai quelque chose à te montrer, dis-je en la prenant dans mes bras et téléportant mes vêtements sur moi.
– Je te suis. »
Je nous avais emmenés dans la ville, Amidia. On se promenait tous les deux, sans chercher à aller en quelque part. Ce n’est qu’un peu plus loin, lorsque nous commencions à croiser des habitants qu’apparaissait ma découverte. Pour la première fois depuis le retour de Leo, les personnes que je croisais dans la rue me disaient bonjour, certains juste « bonjour », d’autres me disaient « Salut Leo », d’autres encore venaient me saluer en me serrant la main, la majorité repartaient en baisant la main de Virginie.
« Ben dit donc !
– Tu vois, ce n’est pas compliqué finalement.
– Je n’aurais jamais cru voir ça si vite.
– Tu sais, ça c’est la valeur de l’homme. Il sait être reconnaissant à ceux qui se battent pour eux. Tu n’as jamais eu la chance de voir ça avec moi, à chaque fois c’était avant ou après que l’on se soit rencontré. Cette fois je te promets que le monde que l’on est en train de construire, tu le verras avec moi.
– C’est ça alors que tu recherches, l’attention qu’ils le portent grâce à tes actions.
– Non, ce que je recherche c’est voir leur bonheur. Et s’ils me le montrent en me portant une certaine attention, alors ça me va.
– Je t’adore Adam, dit-elle en se serrant contre moi. »
On a continué notre ballade toute la journée, faisant le tour de la ville et continuant à saluer tous ceux qui nous disaient bonjour. Il était dix-neuf heures lorsque l’on est retourné à la Tour. Elle était déjà partie voir Sieg pour aller manger. Moi je suis sorti sur le plateau, j’avais vu que quelqu’un m’y attendait.
« Le grand Reydus Sullivan. Quel honneur tu me fais !
– Alors c’est ça ? La citadelle des Saory !
– Elle n’est pas belle ?
– Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit si magnifique. Et je la voyais plus petite.
– Je t’offre un cadeau si tu veux, pour te remercier de ce que tu as fait pour moi aujourd’hui, je t’offre une place dans cette ville.
– T’est sérieux là ?
– Toujours, au moins même si Akziel fait exploser la planète, tu seras en sécurité.
– Je suis obligé d’accepter ?
– Non, tu peux rester là où tu es, mais pense à ma proposition. Je te laisserai toujours ta place.
– J’y réfléchirais. Où comptes-tu partir maintenant ? Tu veux retrouver ton trésor prêt à faire sauter le monde ?
– Non, je ne sais même pas où il est.
– Alors, où est-ce que tu t’en vas ?
– En Chine. J’ai quelque chose à récupérer là-bas.
– Oh ! Comme la fameuse…
– Maison de mes parents, non, je l’ai déjà retrouvé. Elle était sur la montagne au-dessus des tombeaux de nos anges.
– Ils ne se sont pas cassé la tête au moins.
– La majore partie a été faite par le père de Ryan. Le reste par le père adoptif de Chester.
– Chester, ton frère bien aimé. Je me souviens m’être battu plus d’une fois contre lui. Un redoutable guerrier.
– Toutes nos capacités nous viennent de notre père. »
Pendant que l’on discutait de nous, de nos aventures passées et de tout ce que l’on avait pu faire tous les deux, une personne était passée derrière nous. Assez étrange, elle émettait une petite lueur, comme un reflet de lune.
« Qui est-ce ? Un phare quand tu pars explorer des grottes !
– Fous-toi de ma gueule. C’est la sœur de Nikki. Ariel. C’est un maitre dimensionnel.
– Ils existent vraiment ?
– La preuve. Je n’ai jamais vu de quoi elle était capable encore. Je pense que je ferais bien de la prendre avec moi en Chine.
– Combien de tour il reste encore à tomber ?
– Aucune idée. Pourquoi cette question ?
– Je pourrais en détruire une partie. Vous vous occupez de celle qui est spécialisée, moi je démonte toutes celles qui ne le sont pas. Vous gagnez du temps et moi je vous rends service.
– Tu sais que ce n’est pas une mauvaise idée.
– Je n’ai jamais de mauvaises idées l’ami.
– Non c’est vrai. Ça n’a jamais été une mauvaise de te catapulter au milieu d’un château rempli de démons classe vingt-sept. Tu étais déjà à moitié mort avant une fois écrasé au sol. Si je n’étais jamais venu tu serais mort mon petit.
– Mais non, je m’en serais bien sortit tout seul. Je me débrouille sans ton aide tu sais.
– C’est ça oui, tu es trop brute pour ça ! Tu fonçais toujours dans le tas sans jamais penser à ce qui t’attendais derrière.
– C’est vrai, tu n’as pas tort sur ce point-là.
– Je n’ai jamais tort, du moins pas sur ce qui concernes des choses que j’ai vu, qui appartiennent au temps.
– Bien, je te laisse. Si tu as besoin de mes services, n’hésite pas à m’appeler.
– J’y penserai, à plus l’ami. »
Je savais qu’Ariel n’était pas partie, elle attendait que Sully parte pour venir me voir.
« Alors comme ça tu veux que je vienne avec toi pour la prochaine tour ?
– Oh ! Ma jolie petite Rosie. Tu arrives à te faire à la présence d’Ariel.
– Je m’y suis fait, ce n’est pas non plus comme si j’avais le choix.
– Je te l’ai laissé. Tu as choisis de nous rejoindre mademoiselle.
– Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-elle lorsque je me suis tourné vers elle.
– Tu es adorable. Je sais ce qu’a vécu Ariel, et même si elle est à pris autant sa place que Leo chez moi, tu restes une petite fille innocente.
– Et alors, tu as quelque chose contre ça ?
– Non, au contraire. Reste comme tu es, l’écart que tu peux prendre du monde qui nous entoure pourra nous être un jour utile. Surtout à moi.
– Tu crois vraiment que je peux t’être utile ?
– Bien sûr. Toutes les personnes qui résident ici me sont ou me seront utiles un jour. Puis tu es la copine de mon frère, j’ai quand même une certaines attention à te porter.
– Je crois que je commence à comprendre…
– Quoi donc mademoiselle ?
– Pourquoi, aussi bien ma sœur que Sieg ou les autres t’apprécient autant. Tu es plutôt dérangeant au premier coup d’œil.
– Ben voyons !
– Arrogant, prétentieux. Ton style veux et dépasse ceux des autres et tu t’exclue d’une masse trop uniforme et conforme aux avancées du monde de notre société.
– Ah bon !
– Ta présence seule en déroute plus d’un. Et tes alliances qui ne te sont que plus profitables, rendent jaloux tous ceux qui voudraient êtres à ta place. Ce n’est pas un nom que tu as écris dans l’histoire, c’est un personnage, un homme, un être aux capacités exceptionnelles, qui a su se battre pour faire un monde plus sûr pour ses habitants et… Attends, comment j’en suis arrivé là moi ?
– Ariel princesse. Ils nous font faire des choses inimaginables. Mais rassure-toi. Tu t’y ferras. Allez, ne reste pas dehors, viens manger avec nous. »
Comme toujours, Sieg nous avait préparé un succulent repas. Une heure et demie plus tard, j’étais sorti pour digérer comme d’habitude.
« Alors, tu veux retrouver le Trésor des âges ?
– Non, c’est lui qui me retrouve Sieg ! répondis-je en riant, et j’ai l’impression qu’il m’en veut.
– Tes visions ne te dérangent pas trop ?
– Elles ne m’ont jamais mis en danger. Après, est-ce qu’elles arrivent juste avant ? Dans tous les cas, je sais que tu es là pour m’en sortir s’il le faut.
– Et pourquoi Nova ?
– J’ai, je ne pense pas que je sois sous l’apparence de Nova parce qu’il va m’offrir quelque chose. J’ai l’impression qu’il est là parce que je n’ai pas d’autres choix.
– Et pourquoi la Chine ?
– Tu te souviens des reliques du paon ?
– Les reliques du paon ? Elles sont perdues depuis des années ! Tu veux te casser la tête et les retrouver ?
– Non, je sais qu’elles sont dans les limbes. Akziel les avait retrouvées et je sais pas comment, mais j’ai réussi à les localiser. Elles sont dans la tour. Mais je ne sais pas de quel côté.
– C’est pour ça que tu amènes Ariel ?
– Non, je la prends parce que c’est le seul moyen de résoudre la tour. C’est un bordel organisé. Elle me permettra d’avancer dans les limbes.
– Tu recrute toujours les mêmes ?
– Je pense. Ça reste à voir. De toute façon on ne va pas partir tout de suite. Je pense que tu sais déjà pourquoi.
– Oui, je l’ai remarqué aussi. »
On a dû rester une ou deux heures à discuter tous les deux, principalement de quelque chose qui nous arriverait bientôt.
« Crois-tu que nous verrons le monde changer ? demanda Sieg.
– Je ne crois pas. Je le veux. Simplement parce que ma croyance en toutes choses ne dépassera jamais ma volonté d’obtenir quelque chose. Et que je mets tous mes efforts à réaliser ces dernières y compris celles de ceux qui me soutiennent. Alors quand tu me demande si je crois pouvoir voir un jour le monde changer. Ma volonté et votre aide me pousse à l’espoir. Celui de penser que oui. »
L’avez-vous déjà aperçue ? Cette petite lumière qui flotte dans l’ombre, lorsque la nuit est tombée ? Cette lueur qui guide le peuple dans la mort, qui apparait lorsque tout est perdu ? Si, vous la connaissez. Mais est-ce que vous savez qu’est-ce que c’est et pourquoi elle est là ? C’est étrange non, cette petite flamme qui flotte toujours devant vous. Je vais vous dire ce que c’est. Ce feu qui brule, cette flamme qui ondule. C’est l’espoir. La lueur d’espoir qui réside et qui vie dans tous les cœurs des hommes.
Hwoarang Sinj. 1534
Les mystères du monde commun. Toutes ces choses qui sont présentes dans la vie de tout le monde et que l’on n’a pourtant aucune envie de connaitre l’origine, ni de savoir pourquoi et comment elles ont fait pour être ici. C’est un petit peu comme moi, beaucoup veulent que je reste, que je continue à me battre pour eux, même s’ils ne savent pas d’où je viens et qu’ils sont pertinemment conscient que je ne suis pas un terrien.
Lundi 14 octobre 2013, pourquoi si loin ? Pas de vacances cette fois-ci. Pendant environ un moins nous avons dû faire face à des attaques incessantes de démons. Akziel, comme toujours. Enfin je ne pensais pas que ça vienne de lui, mais plutôt du fils du gros tas, Daryl Barabas. Akziel me paraissait trop caché, discret depuis quelque temps. C’était louche. Dans tous les cas, la ville était parsemée de cadavres de démons, enfin, du moins j’étais le seul à les voir. Ce matin-là, j’étais encore sur le plateau de la Tour. Les mains jointes, les coudes appuyés sur la rambarde.
« Oh ! Le grand assassin noir est de retour !
– Pourquoi ? Tu as peur que je m’attaque à toi Rosie ?
– Non, je te fais confiance. Mais je n’aurais jamais imaginé un costume aussi sophistiqué. Il est franchement beau et te va à ravir !
– C’est le costume de l’aigle. L’original, juste légèrement modifié par Sieg. C’est une armure puissante et souple, faite pour le combat.
– M’en faudrait un !
– Ô grande prêtresse des dimensions, tu ne crois pas que ta tenue trop abusée te suffit ?
– C’est vrai. Alors, quand est-ce qu’on part ?
– J’attends que Sieg nous rejoigne.
– Virginie ne vient pas avec nous ?
– Non, ils sont tous beaucoup trop fatigués.
– T’est sérieux ? Fatigués !
– Hey, toi tu ne crains pas, alors je t’en prie.
– Et toi alors ?
– Moi j’ai mon cœur, je ne fatigue pas, je ne m’épuise même pas. Je suis solide. Pas tout le monde.
– Prêt à partir ? fit Sieg derrière nous, et non, on n’a pas le choix Leo.
– Sieg. Ne restons pas ici. Nous avons du boulot. En route les amis ! »
Shanghai. C’était la ville que mon malheureux ennemi avait choisis. Je ne sais pas d’ailleurs pourquoi, il aurait pu choisir la capitale comme partout. Cette tour avait malgré tout une particularité. Celle d’être la prison des âmes du monde des limbes. D’où le bordel organisé dont je parlais. Dans le couloir où menait le portail d’entrée, sur les murs une inscription se répétait, avec à chaque fois une calligraphie différente. « Save Your Soul » scandaient les messages gravés sur le béton par les détenus. Ça pouvait en faire reculer plus d’un, mais ce n’est pas pour autant que nous avons reculés. Il n’y avait que moi et Ariel dans les limbes. Sieg était resté dans le monde réel pour nous aider à avancer. D’ailleurs je suis le seul à être capable de le faire changer de monde grâce à mes portails.
« Tu crois que si on les retrouves toutes on pourrait les sauver ?
– Trouver des corps à des âmes perdues. J’ai bien peur que les leurs ne soient plus.
– Les dépouilles des âmes perdues ne sont pas détruites. C’est impossible, me fit Sieg.
– Alors éclaire-moi de ta science parfaite mon cher. Où est-ce qu’on peut les trouver ?
– Dans une “morgue” dans la prison. Enfin, tu m’as compris.
– Ouais… Viens Ariel, on doit trouver un moyen de les libérer. »
Depuis que nous étions entrés, j’avais remarqué quelque chose d’anormal. Une sorte de présence, lourde et pensante. Lorsque nous sommes sortis du couloir où nous étions, ces mots en sont sortis à leurs tours « How old is your soul ? », ils sont revenus plusieurs fois durant notre avancée.
« Qu’est-ce que c’est ?
– Est-ce que ma petite Rosie aurait peur ?
– Non, je… Un peu…
– Tu n’as rien à craindre. Même si tu ne la maitrise pas bien, Ariel saura prendre place au bon moment. Et pour ça là, je pense que… »
Quelques secondes plus tard il s’attaquait à moi. Je l’ai arrêté d’un coup, plantant mes deux lames secrètes dans son estomac.
« Il va quand même pas s’attaquer à moi ?
– Voleur d’âme. Pourquoi tu m’attaque comme un traitre mon petit, viens tu me fais pas peur !
– Moi si Adam !
– Rosie, je… Non, pas toi, pas maintenant ! »
Il l’avait touché en plein cœur. Je n’ai pas tardé à attraper l’anneau du mien, le lui posant sur le torse. J’ai abusé de mon contrôle des esprits pour la placer sous mon emprise et la régénérer grâce à l’anneau de mon cœur. Je m’étais presque vidé totalement. J’étais à genoux, exténué, appuyé avec une main au sol. C’était la seconde fois que j’expirais des particules bleue, sans savoir leurs origines, mais cette fois-ci elles sortaient de tous mon corps.
« Hey Leo !
– Non, c’est bon, je vais bien. Enfin je crois.
– Vas-y doucement Adam, tu sais que tu ne peux pas te régénérer dans les limbes, dit Sieg.
– Je sais, mais je vais bien, je récupère, elle ne peut pas se réanimer.
– Tu m’as fait peur. Je n’ai pas envie que ma sœur te perde !
– Mais au moins j’ai réussis à ramener Ariel, Rosie. Ne restons pas ici, il va nous retrouver. »
Nous avons avancés pendant environ une demi-heure, à travers les couloirs, guidé par Sieg pour atteindre une salle à partir de laquelle on pourrait accéder à la prison. Il nous a mené à une pièce circulaire, avec une sorte de plateau au milieu, je n’arrivais d’ailleurs pas à comprendre comment il flottait.
« La sortie est là-haut ! me dit-elle en me montant un petit tunnel blanc loin de nous, tu penses pouvoir l’atteindre ?
– Ne me sous estimes pas ! Attends-moi. »
J’ai pris une seconde pour analyser la salle, puis je suis parti à toute vitesse vers l’endroit le plus proche pour grimper, m’aidant des moulures et de la structure des murs pour avancer. Quelques secondes plus tard j’étais en haut, posé sur la rambarde du balcon, en face du point que je devais atteindre. « Tu ne l’atteindra jamais » me disait Ariel. C’était sans compter sur mes talents d’assassin et surtout mon crochet caché dans la lame.
« Aller, aide-moi à avancer plutôt que de me critiquer.
– Ça va, si on a plus le droit de plaisanter. »
Elle flottait, suspendue dans l’espace dans sa bulle bleue. Des dizaines de débris tournants autour d’elle. À chaque pas que je faisais, le chemin se créait sous mes pieds. Le chemin était assez long et je m’étais encore une fois perdu dans mes pensées. Pas des visions, juste des souvenirs. Jusqu’à ce qu’Ariel m’arrête.
« Désolé, je peux pas te faire passer à travers la matière noire. Tu vas devoir me rejoindre seul.
– Va, j’arrive. »
J’ai avancé, toujours en train de penser. Il y avait quelque chose qui me triturait la tête. Et j’entendais encore le voleur d’âme répéter encore et encore « How old is your soul ? » Puis il dit une dernière fois cette phrase, passant alors devant moi sans rester.
« Adam ? Tout va bien ?
– Ouais, je crois avoir aperçu quelque chose sur lui, va falloir que je le déboite.
– Et que tu te dépêche aussi, ma construction ne va pas t’attendre.
– J’arrive ! »
Effectivement, le pont qu’elle m’avait avancé commençait à se désagréger. J’ai abusé de mes capacités, alternant entre cristallisation et envol de l’aigle pour me déplacer.
« Je crois qu’on n’est pas tout seul Adam, tu ne voudrais pas te dépêcher ?
– Une seconde ! »
Je me suis lancé en sprint, en créant moi-même le sol avec mon contrôle des objets. Je me suis élancé à travers la porte et forçant ma chute avec la rage de l’ours. Tous les ennemis restant alors avaient été projetés contre les murs de la pièce.
« How old is your soul?
– Plus vieille que la tienne connard. Montre-toi avant que je te trouve et t’arraches ton cœur !
– Qu’est-ce que tu as vu sur lui pour que lui porte un tel engouement ?
– Un oblitérateur cellulaire.
– Le genre de chose que l’on ne trouve pas partout. Ils sont normalement réservés aux soldats d’élite de l’armée Aldorienne, fit Sieg
– Le même que celui que tu avais ?
– Et qu’il a explosé à force de jouer avec. Hein Leo !
– C’est bon Sieg, pas besoin de me le rappeler. Je me demande surtout pourquoi il peut en avoir besoin ?
– Retrouvons-le, on le saura vite. »
Nous avons suivis le son de ces paroles qui répétaient toujours la même chose. J’avançais toujours de la même manière, grâce à ce que me construisait Ariel et mes talents. Nous avons dû avancer presque toute la journée. Il était environ dix-neuf heures lorsque nous avions atteint le dôme d’où provenaient les incessantes incantations. J’ai passé la porte le premier, au même moment le voleur d’âme me passa au-dessus de la tête. J’avais ressentis autre chose qui venait au même moment. Je me suis accroché avec les deux lames que j’avais dans les bras aux bords de l’arche ou se tenait la porte quand je me suis vu repartir dans mes visions. Toujours au même endroit. Toujours avec la même personne.
« Oh, désolé, je ne voulais pas… dit-elle, me surprenant torse nu.
– Ce n’est pas grave. Je ne vais pas taper une crise de jalousie parce que tu es en train de fantasmer sur moi.
– Fantasmer oui… T’est quand même bizarre, tu ne trouves pas ?
– Tu parles de mon corps à apparence cybernétique ? C’est une longue histoire, dis-je en m’asseyant dans l’herbe, viens, tu ne vas quand même pas passer la journée sans manger ?
– Non, j’ignorais que tu savais cuisiner.
– Tu vois, tous les hommes ne sont pas des connards qui obligent leurs femmes à leurs faire la cuisine.
– Arrête, ce que tu peux être con…
– Ouais, je sais, je ne suis pas normal. »
Ma vision s’est coupée à ce moment-là, me renvoyant à un autre passage, un peu plus tard.
« Qu’est-ce que tu as d’écris sur ton bras ?
– “From darkness to fear, the light will bring, the heart of humanity, in midst of the war”. Des ténèbres à la peur, la lumière amènera, le cœur de l’humanité, au milieu de la guerre.
– Qu’est-ce que ça veut dire ?
– C’est une sorte de désignation, il remonte à l’époque de la guerre blanche. Je me le suis fait faire peu après la disparition de de Nikki. C’était un moyen de me rappeler de toutes les convictions qu’elles m’avaient inculquée. Lorsque l’on veut supprimer une partie de nous, le meilleur moyen est souvent de ne jamais l’oublier.
– Attends, je ne comprends pas.
– Tu vois ce château ? dis-je en montrant l’édifice qui se tenait en face de nous.
– Oui, mais pourquoi lui ?
– Il est le théâtre de ma désolation. Et il va falloir que je m’y rende… dis-je en me tournant vers elle. »
J’en suis sorti assez brutalement, j’avais bien fait de m’attacher avant de partir.
« Encore tes visions Adam ?
– Je m’en rapproche, je le sens, fis-je en extrayant mes lames de la roche.
– Je t’attendais… fit une voix sèche tremblante.
– Je savais que ta voix me disait quelque chose. Ne reste pas dans le noir, je te trouverais quand même.
– Tu préfères la lumière Kryssen ? »
Il alluma une série de torche tout le long du mur circulaire. Il était nulle part dans la pièce, mais à plusieurs endroits sous forme d’ombre.
« Oh ! J’ai compris à quoi il te sert. Lâche va. Viens en face de moi plutôt que te cacher dans les murs.
– Tu aurais peur de me battre Kryssen ?
– Pour la dernière fois, pourquoi s’obstiner à m’appeler Kryssen ?
– Parce que c’est celui que tu es !
– Faux ! » répliquais-je en me jetant en cristallisation sur son ombre la plus proche.
Je me suis vu téléporté dans celle de l’autre côté du dôme, drainant avec ma main droite une partie de ses ténèbres.
« Oui ! fis-je en regardant ma main, je sais.
– Qu’as-tu découvert ? Que tu allais te faire absorber dans cet espace ?
– Sombre idiot ! Prépare-toi à souffrir. »
J’ai continué à lui rentrer dedans, ne laissant apparaitre qu’une ligne jaune remplie de petits morceaux de verres au milieu de la pièce, suivi d’un flot d’ombre, qui prenait peu à peu possession de moi. Dix minutes plus tard, je me retrouvais avec lui, dans un monde en deux dimensions, fait uniquement d’ombre.
« Bien joué, tu es tombé dans mon piège.
– C’est ça, tu veux ne pas non plus me tuer ? Comme ça, tu libère le monde du plus grand fléau qu’il ait jamais connu.
– À quoi est-ce que tu joues Adam ? demanda Ariel.
– À celui qui jouera au connard le plus longtemps, si mon adversaire veut bien se frotter à mes talents inégalés !
– C’est à toi que je vais me frotter !
– Chouette alors ! Ça va enfin devenir intéressant. »
J’ai ressorti Rebellion en forme lumière et lui ai fait subir mon plus long combo. Le dernier coup était une attaque circulaire expéditive de gauche à droite. J’ai dû mettre cinq secondes pour finir mon attaque et nous extraire de ce monde ténébreux.
« Adam Pearce ! Enchainé élémentaire, gardien du temps et sauveur de monde à temps perdu. Tu pensais vraiment que tu avais une chance ?
– C’est pour ça !
– Pour ça que je pine ? Je crois oui ! » répliquais-je, me lançant sur lui, mes lames cachés déployé.
J’ai roulé sur son dos en accrochant mon crochet dans son coup, tirant avec moi son âme. J’ai forcé pendant quelques secondes jusqu’à ce qu’il trouve le moyen de se déplacer devant moi et de m’attraper par le cou.
« Alors petit, tu fais moins le malin quand tu perds ! me fit-il, commençant à me prendre mon âme.
– Parce que tu penses que j’ai perdu ? répondis-je en repliant mes lunettes, je ne fais que commencer ! »
On était en train de se voler mutuellement nos âmes. La puissance du choc était tellement forte, qu’on en arrivait à détruire la salle dans laquelle on se tenait. On obligeait la pièce à osciller entre les deux mondes, on était plus dans les limbes, on échangeait entre les deux, arrivant presque à fissurer les deux univers. J’ai quand même réussi à prendre le dessus, brisant son emprise, à genoux devant sa dépouille, son âme essayant de fuir. Quelques secondes plus tard, elle finissait dans ma collection, lorsque mes lunettes se sont repliées d’elle-même. « Adam ? » fit Ariel s’approchant doucement, apeurée. Je me suis relevé, assez durement, lourdement. Mais avec une sensation de puissance supérieure à celle que je sentais avant.
« Adam, la prochaine fois qu’un voleur d’âme de prend la tienne, évite de t’opposer à lui en lui prenant la sienne.
– Merci du conseil Sieg, je m’en souviendrais !
– Bon, mademoiselle, par où on va ?
– Une minute. »
Elle se remit dans sa bulle, faisant pivoter le plateau sur lui-même. Au final, elle avait retourné tout le monde qui nous entourait pour me mettre en face de notre destination.
« Tu vois cet édifice en face de nous ?
– La prison, c’est ça ?
– Et on ne peut pas l’atteindre d’ici, dit-elle en regardant vers le haut, il nous faut retourner dans le monde réel avant de revenir ici.
– J’ai vraiment le choix ?
– D’après toi ?
– Laisse-moi une minute, j’arrive. »
Je me suis rendu sur le corps défunt de mon adversaire. J’ai pris l’oblitérateur, il ressemblait à une sorte de boucle de ceinture. Je l’ai attaché à la sangle qui passait sur mon torse. J’ai ensuite rejoins Ariel et nous sommes retournés dans le monde réel avec Sieg. J’avais passé la nuit assis sur un fauteuil de bureau, les jambes posées sur un autre. Sieg ne dormais pas, il ne dort jamais d’ailleurs. Et Ariel arrivait à voler en flottant dans les airs.
Mardi 15 octobre 2013, j’avais entendu Ariel entrer dans le bureau dans lequel j’étais, tout doucement pour ne pas faire de bruit et pour ne pas me réveiller.
« Bonjour mademoiselle. Que me vaux cette présence si matinale ?
– Matinale ? Et t’est sérieux, tu m’as entendu entrer ?
– Il est sept heures du matin. Et oui, ce n’est pas comme si t’était discrète Rosie.
– T’es pas drôle !
– Je sais, qu’est-ce qu’il te faut ? demandais-je, me relevant assez difficilement.
– Comment tu fais pour ne jamais avoir peur ?
– Tu crois que je ne crains pas la peur ?
– Je ne sais pas, je n’ai jamais l’impression que tu as peur de ce qui s’oppose à toi, quoi que ce soit.
– Ce n’est pas vrai. Moi aussi j’ai peur, comme tout le monde, j’essaie juste de ne pas la montrer. Certes ce n’est pas facile, mais certaines fois, il vaut mieux ne pas montrer ces faiblesses à l’ennemi.
– Alors même le voleur d’âme t’effrayait ?
– Quand même pas, je n’ai pas peur de ceux que j’ai déjà affronté.
– Tu es génial, je commence à comprendre l’admiration que te porte Virginie tu sais.
– Mon expérience m’a laissé acquérir des valeurs qui sont certainement différentes de celles des autres. C’est souvent ce que l’on apprécie chez moi, et c’est ce que ceux qui ne m’apprécient pas me reproche, avoir une vision du monde qui est à la fois lucide et insupportable.
– Il est parti dormir où Sieg ?
– Sieg ! Il ne dort pas, jamais.
– Sérieux ? Comment il fait ?
– Il n’est pas comme nous ! C’est un Onyx, ils sont un peu différent de nous.
– Assez différent pour vous demander de vous bouger un peu ? fit-il en passant la tête à travers la porte.
– On arrive, si mademoiselle veux bien, fis-je en montrant la porte.
– Galant en plus !
– J’essaie. J’essaie. Jusqu’où doit-on aller pour atteindre le portail ?
– Un peu plus loin, au fond du bâtiment.
– Y’a quelque chose qui me dérange dans ce bâtiment.
– Du genre, une prison d’âmes perdues dans les ténèbres ?
– Non, c’est plus, c’est autre chose, mais quoi ? fis-je en tournant la tête pour regarder dans une pièce sans m’arrêter. Une minute… »
Quelque chose m’avait interpellé. Quelque chose était venue interpeller mes sens, comme une menace qui ne voulait pas se dévoiler. J’ai fait signe à ceux qui m’accompagnaient de ne pas faire de bruit. Je me suis alors rapproché de la porte, collé au bord pour attendre ce qui s’y trouvait. Il est sorti quelques secondes plus tard. Je l’ai stoppé avec mon bras, glissant ma main sur son torse pour atteindre son cœur. J’ai planté mes doigts dans sa poitrine pour le dégager et l’écraser sous mes doigts. Il était attaché avec trois ligaments en haut et en bas. Je l’ai relâché, l’élan l’obligeant à tomber à la renverse.
« Qu’est-ce que tu nous cache mon petit ?
– Adam ?
– Une minute. Sa présence me trouble, dis-je en passant dans la pièce juste à côté, ah ! Je crois que je comprends. »
C’était un Sylruh, des chasseurs de prime qui s’attaquaient uniquement à des Aldoriens. Il avait un caisson de munition dans la salle où j’étais, debout appuyé contre le mur. Je l’ai ouvert en forçant la serrure. Elle ne contenait pas des munitions, mais une tenue. La mienne plus précisément. C’est un exosquelette Aldorien collé à la peau, ressemblant à une sorte de tunique en nylon, strié. C’est un peu comme la côte de maille du Moyen Age pour notre civilisation. Elle comportait un petit plastron renforcé sur la poitrine. Une veste par-dessus, en cuir noir, avec une ressemblance à la veste que je portais normalement, deux parties, la première s’arrêtant au niveau du nombril et le reste descendant jusqu’à la taille. Sur le plastron, il y avait une boucle, d’où partaient deux sortes de cordes s’attachant à l’oblitérateur sous sa forme tête de démon. Lui retenait l’épaulière de droite, recouverte par un bandeau de tissu. Attachée par une lanière qui faisait le tour du corps pour s’attacher au crochet. La deuxième était la même que celle du costume de Toshiie, avec la cape repliable. Au-dessous, une tassette assez commune aux tenues d’assassins en tissu. Une ceinture en cuir marron pour l’attacher et porter le tomahawk, les couteaux de lancés et mes deux pistolets. Un pantalon en tissus aussi et des jambières mi hautes en cuir noir. Le tout était orné de motifs en or, sur des éléments en tissus violets. Je retrouvais mes gantelets, avec les bracelets en cuir noir qui retenaient les lames, protégés par une plaque métallique pointue vers le haut du bras. La main droite couverte par une mitaine noire et la gauche par un gant complet violet. Pour finir la capuche, violette elle aussi, décorée par l’or comme le reste du costume. Je me suis décidé à le mettre et placer celui que j’avais avant sur le mode combat de l’oblitérateur. Il me permettait de changer de costume quand je me bats ou lorsque je dois me déplacer plus facilement. J’ai relevé la capuche, repensant à tout ce que j’avais pu vivre en portant ce costume. Je suis reparti, passant à travers le mur de la salle pour rejoindre le couloir, faisant signe à mes deux acolytes de repartir. Nous avions encore pas mal de distance à parcourir. Pendant ce temps, je me laissais aller, retournant dans mes pensées, mes souvenirs. Même les plus durs. C’était ce costume que je portais lorsque je me suis mis du côté de mes ennemis. Le plus dur n’était pas le fait d’avoir changé de camp, c’était les meurtres que j’avais dû commettre pour protéger le monde d’une arme qui aurait pu certainement l’amener à sa destruction. Avant de connaitre Nikki, j’avais rencontré une femme, dans mon crédo. Elle s’appelait Tara. J’ai tout fait pour l’épargner, mais je l’ai tuée de mes propres mains. J’avais cette image dans la tête, la tenant dans mes bras, sa main sanglante sur ma joue. Le fait de l’avoir perdue m’avait enragé au plus haut point, assez pour que je brise mon sermon avec les templiers pour voler le Trésor et partir loin avec. Pendant que je repensais encore à tout ça, Ariel avait déjà ouvert le portail. J’y suis passé sans broncher, me laissant changer de monde et chuter jusqu’à ce que je m’accroche avec mon glaive d’où je venais. Ariel me suivait sans s’apercevoir qu’il n’y avait rien en dessous. Je l’ai attrapée avec le seul bras libre qu’il me restait.
« Attention, je n’ai pas envie d’aller te chercher là-bas. Tu as une idée de comment atteindre la prison où je dois me démerder ?
– Et bien…
– On est d’accord, accroche-toi. »
J’ai lâché le seul lien qui me permettait de tenir pour lancer Rebellion sur le plateau pour le faire avancer et replanter mon glaive dessus pour le suivre. On est arrivé devant un immense portail, la devanture annonçait : « Ici viens votre mort », de quoi en décourager plus d’un. Cette grande porte rouillée donnait sur la cour du pénitencier. Une immense cour d’une centaine de mètres de long. Tous les murs gris étaient tintés par le ciel rouge qui flottait au-dessus. Même l’eau qui croupissait dans la cour était étrange. Elle était verte, presque radioactive.
« Tu penses trouver tes reliques ici ?
– Pourquoi, tu en doutes ?
– Leo, avant que tu n’ailles trop loin, je tiens à te dire quelque chose.
– Dit-moi Sieg, ça ne doit pas être si grave.
– Fait attention à toi.
– Pourquoi tes paroles ne m’inspirent pas mon cher…
– Moi c’est l’endroit, ce n’est pas que j’ai peur, mais bon… fit Ariel se rapprochant de moi.
– Oh ! Petit ange. Ne t’en fait pas, je te protège.
– C’est bien ce qui me fait peur !
– Merci du soutien, ça fait toujours plaisir.
– Je plaisante, ce que tu peux être susceptible.
– Ouais. Bon ! Il y a quelqu’un dans ce bordel ? »
Mes dernières paroles réveillèrent des murmures, sans savoir d’où ils provenaient. Je savais que cet endroit ne m’inspirait pas confiance. La traversée de la cour fut assez calme. Nous avons ensuite atteint le niveau des cellules. Cherchant où pouvait se trouver la salle qui retenait les âmes emprisonnées.
« Leo ? J’ai trouvé la salle de contrôle.
– Ah ! Magnifique ! Où est-elle ?
– De l’autre côté et protégée par des crieurs.
– Bon, je pars à gauche. Tu passes par la droite ?
– Comme tu veux Adam. »
Je ne m’attendais pas à trouver des hordes d’ennemis sur le chemin, à part les quelques qui gardaient le poste. Les seules choses qui m’interpellaient c’était les âmes, enfermées dans leurs cellules, voguant sans nulle part où aller. Elles étaient désespérées et désespérément seules. Alors je continuais à avancer, sans me soucier ce qui pouvait se passer.
« Adam, il y en a qui arrive par derrière, fit Ariel.
– Merci de m’avoir prévenu. On va s’en occuper. »
J’ai de suite dégainé ma hache pour stopper celui qui était derrière moi, l’attrapant à l’entre jambe et le reposant devant moi en le frappant au sol. J’entendais Ariel se défendre de son côté sans même savoir de quelle manière elle se battait. Pour ma part j’avais opté pour ma lance, me permettant d’éliminer la dizaine d’ennemis qui m’arrivait à chaque fois dessus. Puis un halo bleu pâle vint se glisser dans mon regard, il venait de l’autre côté. À de moment-là, j’ai planté une de mes lames cachées dans mon cœur pour le désactiver. Quelques secondes plus tard, un immense flash bleu illumina la prison, éliminant tous ceux qui s’en prenaient à nous. Je me suis relevé, sortant de ma cache, me trouvant en face d’elle.
« La prochaine fois, fis-je en glissant la lame dans son socle, préviens ! repris-je redémarrant mon cœur.
– Tu peux arrêter ton cœur ?
– Cinq minutes. Entre son arrêt et le mien, passe un ralentissement de ma respiration, qui devient de plus en plus difficile. Mauvaise irrigation, donc tout fonctionne mal. Et nécrose de la peau. Voilà à peu près tout ce qui peut m’arriver sans.
– Ce n’est pas joyeux.
– Crois-moi, vaux mieux ça plutôt que laisser mes pouvoirs me bouffer de l’intérieur.
– Certes. Comment comptes-tu tomber les crieurs ?
– Bonne question, je pense que… »
Nous étions déjà devant la porte de la salle lorsque l’un d’eux se mis à lancer un cri strident vers nous.
« Ils ne nous voient pas, c’est ça ?
– Ils nous entendent. Mais pas si on ne communique que par la pensée. Mais franchement je sèche.
– Tu les distrais et tu attaques ?
– Pas certain. Leo, qu’est-ce qu’ils craignent ?
– Frappe sonique. Un maintient les autres. Les autres ramènent le chef. Il te faudra les tuer en un coup. Je pense que tu pourrais les avoir avec une arme de type lumière.
– Bon, je m’en occupe. Tu veux bien me préparer une grosse frappe bien brutale si jamais ça rate Ariel ?
– J’ai le choix ?
– Non, fis-je en passant en mode cape de loup, je reviens. »
Ils me voyaient plus, me entendaient plus non plus d’ailleurs. Ils étaient cinq, alors je suis allé me placer au fond de la pièce, derrière eux. J’ai déployé mon glaive et Lucifer et me suis aperçu par ailleurs qu’eux aussi pouvaient prendre une forme élémentaire. J’ai utilisé l’appel dimensionnel pour faire quatre clones. Recouvrant presque tout le corps de chaque crieur des lames, devenues bleues brillantes, de Lucifer, le glaive dans le maitre. Je l’ai rappelé, éliminant mes ennemis dans un immense cri, protégé par le bouclier d’Ariel qui avait eu la merveilleuse idée de se rapprocher.
« Je te revaudrais ça ! Merci.
– Mais de rien, je ne pouvais pas te laisser seul.
– Allez. Comment on désactive cet engin…
– Adam ? Qu’est-ce que tu as vu ? »
Sur le panneau de contrôle devant moi, il y avait deux grands leviers, un qui désactivait le verrouillage des cellules, avec un écriteau qui signalait qu’il était aussi à l’étage noir. Le second, prétendait ouvrir l’accès à la briseuse d’âme. Son écriteau annonçait « À n’ouvrir qu’en cas d’urgence (Chute du Dieu contre Leo) » Ces mots m’avaient enragés. Parce que je savais qui était la briseuse d’âme. J’ai alors activé ce levier, partant vers la cour qui s’ouvrait en quatre pour laisser l’accès à l’étage inférieur.
« Adam ! Où est-ce que tu vas ?
– J’ai quelque chose à régler, dis-je montant sur la rambarde, si tu ne veux pas me suivre, ne le fait pas, je te retrouverais, repris-je me lançant dans le vide. »
J’ai lancé ma chute avec la rage de l’ours. J’avais l’impression qu’elle était bien plus chargée cette fois-ci que d’habitude. J’ai explosé une première fois, provoquant l’onde de choc habituelle, mais sans rester sur place et subir la force du choc. Relevé presque de suite, mon cœur s’est déployé, libérant les artéfacts du golem qui se sont ensuite placés autour de moi pour m’obliger à refrapper une seconde fois au sol avec ses poings. Il n’était qu’en demi-taille et mesurait environ cinq mètres.
« Content de voir que tu me suis Ariel, dis-je d’une voix grave et vibrante.
– Je ne cautionne pas, mais je ne veux pas que tu te fasses tuer.
– Tu ne penses tout de même pas que je veux me rebeller contre vous tous ?
– Non, mais je me méfie un peu tout de même.
– Tu ne devrais pas. Accroche-toi. Direction le dernier étage ! » repris-je en retapant le sol de tout mon corps.
Le seul poids de mon corps suffisait pour détruire le sol de tous les étages un à un. Je suis arrivé en bas, dans un fracas à réveiller les morts. Il y avait une grande marque sur le béton, un trou crée par le poids de ma chute. Je me suis alors relevé, partant en direction d’une grande porte métallique blindée. Je savais ce qu’ils cachaient derrière. Au fil de mes pas je repliais mon golem dans mon cœur. J’ai continué dans le couloir, m’approchant de la grille qu’il y avait sur le côté de la porte. Je me suis retourné vers Ariel, le dos contre le mur, à côté de la grille.
« Je ne me suis jamais pardonné ce que je t’ai fait…
– Leo… Leo ? C’est toi ? me fit cette voix brulante derrière moi.
– Si j’aurais imaginé rien qu’une seule seconde, pouvoir te retrouver et te dire tout ce que j’ai sur le cœur….
– Pourquoi ?
– Parce que je devais protéger le monde, éviter que cette arme tombe entre leurs mains, ils sont arrivé à m’enrôler, même si ce n’était que très peu. Assez pour que j’élimine la personne à qui je tenais le plus dans notre crédo… Oh ! Et aussi pour libérer tous ceux qui croupissent ici.
– Je crois que tu ne sais pas tout Leo…
– Comment ça ?
– J’étais un templier, envoyé pour vous espionner. Je devais te tuer ce jour-là…
– Tu n’aurais pas pu, tu n’aurais jamais pu m’éliminer… »
J’étais tourné vers Ariel qui me rendait mon regard. Je la voyais comme je l’avais toujours connue, une sorte de princesse qui brillait dans l’ombre, une lueur qui chassait le désespoir. Elle se tenait droite, les mains jointes au niveau de la taille, les jambes croisées. Ce qui me fascinait le plus chez elle c’était la manière dont elle était coiffée. Ses cheveux descendaient plus bas que ses épaules. Ils étaient noirs, avec d’étranges reflets bleus et des mèches de même couleur. Sa prestance majestueuse me rappelait celle de sa petite sœur.
« J’imagine que tu ne comptes pas me libérer ?
– Tu le seras comme toutes les autres.
– Ma cellule ne s’ouvre pas avec les autres.
– Et j’ai bien peur que je ne puisse pas casser cette porte… fis-je, glissant ma main sur la surface métallique, entrainant quelques particules dorées, Ariel, recule.
– Attends, mais qu’est-ce que…
– Recule ! repris-je posant mes mains sur la porte, Tara, reste le plus loin possible. Ça va faire mal ! »
J’étais en train de charger l’énergie Saory contenue dans la porte. Lorsque mon corps s’est mis à briller, j’ai rapidement dégainé Arbitrer, frappant d’une puissance phénoménale sur la porte, provoquant un immense rayon derrière moi. Il ne restait que des miettes de la porte. J’ai rangé mon arme dans mon dos, m’approchant de Tara qui s’empressa de se jeter dans mes bras.
« Tout va bien, je vais te sortir de là.
– Tu es sûr de pouvoir me sortir d’ici ?
– Certain. J’ai juste deux choses à régler.
– Tient, vous êtes ici. Leo, dans la salle il y a une porte secrète, avec un chemin qui t’amènera au dernier étage. Les reliques sont apparemment là-bas. Oh ! Tara. Content de te revoir !
– Que… Qui est-ce ?
– Sieg Wahrheit, tu ne l’as jamais vu, il est censé être invisible. Merci Sieg on s’en charge.
– Je passe la première ? demanda Ariel ouvrant le passage, je devrais pouvoir protéger tout le tunnel avec mon bouclier.
– Allez-y, j’ai une dernière chose à régler. »
Je me suis redirigé vers la cour, au centre du trou crée par la chute. Le levier se tenait encore debout. J’ai avancé vers lui, l’activant lorsque je suis passé à côté. Toutes les cellules de la vingtaine d’étages se sont ouvertes en même temps. Quelques-unes sont venues vers moi alors que je repartais avec les filles, puis une centaine, qui ont commencées à me freiner. Enfin vinrent toutes les autres. Leur assaut me stoppa net, agenouillé par la force qu’elles déployaient pour s’assimiler à moi. Je me retrouvais seul, au milieu d’un dôme blanc, naviguant entre les personnalités qui s’ajoutaient à moi. J’en suis sorti plus puissant, plus fort, avec toute l’énergie que j’avais perdue jusqu’ici. J’ai utilisé en masse mes pouvoirs pour les rejoindre le plus vite possible car la prison commençait à s’effondrer. Je n’avais utilisé qu’un centième de ce que j’aurais dû utiliser d’énergie pour les rejoindre.
« Mesdemoiselles.
– Ah ! Adam. Tu devrais faire attention, t’as des lucioles qui te suivent.
– Ce n’est pas des lucioles, dis-je prenant une grande respiration et expirant ces petites particules bleues, c’est moi qui les crée.
– Tu es certain que tu pourras me faire sortir Leo ?
– Bien sûr Tara. Il me faudra juste entrer dans ta tête.
– Quoi ?
– À ta place je ne ferais pas ça Adam.
– Parce que tu as une autre manière Ariel ?
– Euh…
– Bon, crois-moi que j’aurais voulu l’éviter.
– Je crois que l’on est arrivé. Adam ? Tu peux venir, même moi je n’y vois rien.
– Rien ? Sérieusement, fis-je passant à côté d’elle, je… »
J’ai été stoppé par quelque chose, comme si quelque chose m’appelait dans ma tête. Je suis resté quelques secondes sans bouger, puis mon sens s’est éveillé. J’avais aperçu quelque chose dans la vague multicolore qui avait traversé ma vision.
« Assez sombre pour que la vision d’aigle soit inefficace…
– Qu’est-ce que c’est ?
– Assez consistant pour que les étincelles restent en suspensions…
– Adam ? Tu commences à me faire peur…
– Pourtant je n’arrive pas à les voir… Suivez la trainée d’étincelles que je laisserai derrière-moi, mais n’en sortait jamais. »
J’ai enfumé tout mon corps, avançant au pas en suivant la vitesse de pulsation de l’instinct du loup qui utilisait la vision d’aigle pour terminer la nature de ce qui pouvait se trouver devant moi. J’avançais, dans le noir complet, m’approchant d’une lueur fluette. Je me suis accroupi, juste à côté, Ariel et Tara derrière moi. « N’aie pas peur, je ne te ferrais pas de mal », dis-je m’approchant de la lumière. La petite créature lumineuse s’est posée sur ma main, augmentant la lumière qu’elle produisait et allumant toutes les autres au passage.
« Qu’est-ce que c’est ?
– Des Nhys, ils habitaient la lune de Sirius avant qu’elle se crache sur Lybra. Ils sont plus vieux que les Saory d’après les légendes et sont éparpillés sur à peu près toutes les planètes qui ont des formes de vies, quelles qu’elles soient.
– Ils ne parlent pas ? demanda Tara.
– Non, repris-je me relevant, ce ne sont que des entités représentative. Chez l’homme, elles sont l’image de l’espoir. Je crois que je vais l’adopter.
– T’est sérieux ?
– Bah ouais, je les ai toujours trouvés trop chou.
– Bon, les reliques Adam ? demanda Ariel.
– Elles sont sur cet étage. Je me charge de les localiser et tu nous trouve le portail ?
– D’accord.
– Tu me suis Leo, je sais où elles sont.
– Comment tu sais de quoi on parlait Tara ?
– C’est compliqué…
– Explique-moi. Ce n’est pas comme si je ne pouvais pas comprendre.
– Je suis un enchainé. Voyante à travers le temps et l’espace.
– Oh ! Je commence à comprendre…
– Je ne pense pas…
– Je me présente. Adam Pearce, enchainé élémentaire. Contrôle des éléments et des esprits. Alors oui, je peux te comprendre princesse.
– Mais, je… Leo… dit-elle reculant, effrayée.
– Mort. Le 2 janvier 1952. J’ai utilisé la personne la plus compatible avec moi pour me réincarner. En l’occurrence, Adam.
– Euh, je…
– Tu ne pouvais pas le savoir je sais. Ne t’en fait pas. Continue, je te suis.
– Tu penses que tu pourrais retrouver ma petite fille ?
– Oula, je ne sais pas, pourquoi ?
– C’est une eran.
– Attends. T’est sérieuse quand tu dis ça ?
– Je te dis que je vois dans le temps, je sais ce qu’elle est, mais pas qui.
– Ma foi, je t’aiderais.
– Tient, les voilà, dit-elle me tendant un coffre en bois orné d’or, combien il doit en avoir ?
– Vingt-sept, dis-je en ouvrant la boite, elles y sont toutes. Sieg ?
– Tout de suite ! répondit-il en le passant dans son monde.
– Bon, on se sort d’ici ?
– Avec plaisir. »
Nous sommes repartis vers Ariel. J’appréhendais sur le chemin ce qui allait m’arriver lorsque je prendrais possession de l’esprit de Tara. Je me demandais qu’est-ce que j’allais voir, qu’est-ce que j’allais ressentir. Arrivé à côté d’elle, j’ai activé mon pouvoir et ai tourné ma main vers Tara. Ma vue s’est troublée tout de suite, puis mon ouïe c’est coupée, ne laissant que le bruit d’un battement de cœur effréné qui ralentissait peu à peu. Je m’étais mis à suffoquer, comme si c’était le mien qui s’arrêtait. Puis quelque chose se mit à me frapper, m’obligeant à couper la liaison. Je suis alors revenu, frappé par une vision. Je me suis écroulé, la tête entre mains. La première chose que j’ai vu c’est ce cœur, saignant. Puis tout est devenu noir, s’éclaircissant peu à peu, découvrant le son d’une personne sanglotante. C’était la nuit, j’étais de nouveau avec Nova, dans le même endroit. La fille était à côté du feu, perdu dans ses larmes et ses remords. Je suis alors parti la rejoindre, m’asseyant à ses côtés.
« Qu’est-ce qu’il t’arrive princesse ?
– Je suis nulle…
– Mais non voyons, pourquoi tu dis ça ?
– Regarde, ce matin je jetais encore mon petit ami, ça ne faisait même pas une semaine que j’étais avec lui.
– Ce n’est pour autant que tu dois te décourager.
– C’était la même chose avec tous les autres. J’ai toujours l’impression que quelque chose ne va pas chez moi.
– Ils sont juste trop bête pour essayer de voir le plus beau chez toi.
– Arrête, comme si toi tu pouvais le voir, tu n’es venu me voir que parce que je te faisais pitié.
– Non, je peux te montrer que tu es différente et que tous les idiots avec qui tu es sortie n’ont jamais vu ce que je sais de toi.
– Qu’est-ce que tu sais qui te permet de dire tout ça ?
– Je ne peux pas te le dire maintenant. Je te demande juste de me faire confiance.
– Je n’sais pas… »
Je suis revenu à moi-même, fracassé, meurtri, pourtant encore vivant, une seule chose me vint à l’esprit.
« Je sais qui est ta fille.
– Quoi ? Attends, quoi ?
– Je sais qui est ta fille, elle habite mes visions depuis pas mal de temps, dis-je me relevant difficilement, je commence à comprendre tout ce qui m’arrive.
– Attends, je ne te suis pas.
– Moi non plus. Sortons d’ici au plus vite, on verra après.
– Adam, trouves un moyen d’exploser ta tour et la mienne.
– Bon, Ariel, tu pars vite avec Tara, d’accord ? dis-je entrant dans sa tête.
– Non, attends, le lien en tiendra pas si tu…
– Vite !
– Tu l’as vu, résonnant dans ta tête, frappant chaque mesure plus forte encore.
– Je savais qu’il y avait quelque chose en plus, que tu ne m’avais pas tout dit.
– Tu t’en doutais ?
– Pourquoi m’aurais-tu choisi moi ? Pourquoi vouloir un être aussi puissant que moi ?
– Parce que tu es le seul qui peut le supporter.
– Je l’avais vu la première fois. Mes rêves avant ton apparition étaient tous vrais.
– Tu ne vas pas me dire que ça te fait peur maintenant ?
– Avec tout ce que j’ai vécu avec et grâce à toi ? Jamais. J’ai même hâte de voir ce que ça donne.
– Chaque chose en son temps mon ami, chaque chose en son temps… »
J’ai essayé de fissurer les deux mondes. Oui, pour être précis j’ai déployé toute mon énergie pour me forcer à passer à Toshiie sans succès. Je me suis bloqué dans un état de chaos ambulant. Tout dégénérait autour de moi, tous mes pouvoirs s’affolaient et détruisait absolument tout ce qui pouvait se trouver sous mes pieds ou au-dessus de ma tête. Je suis parti vers le portail, téléporté presque instantanément. Le chaos que j’avais trainé avec moi s’est condensé sur moi, forçant l’échange des personnages. L’arrivée de Toshiie créa une immense onde de choc qui explosa tout autour de moi, presque aussi puissant qu’une bombe nucléaire. J’étais en l’air, flottant, je me suis alors mis à descendre doucement, les débris que j’avais provoqués avec moi. J’avais des frissons dans tout le corps, comme si quelque chose s’était débloqué en moi. Tara s’empressait de se jeter sur moi. Serrée contre moi, dans ses bras. Je commençais à m’illuminer au moment où elle s’est collée contre moi. Elle m’a laissé partir, décollant vers les nuages. Quelques secondes, j’étais de nouveau dans la salle du conseil, à attendre leur arrivée.
« Tient, Vozan. Bien ou bien ?
– Comment dois-je répondre à ça ?
– Comme vous le souhaitez. Je suis seul ici ?
– Alors ça sera bien. Et oui, tu es le seul convoqué cette fois-ci.
– Que m’en vaut l’honneur ?
– Le tient.
– Le mien ? Attendez…
– Ton honneur t’a poussé à tuer une amie, pour sauver un monde. Trahir les tiens pour éviter sa destruction. Maintenant tu réussi à la trouver et tout te pousse à retrouver ton dû caché.
– Et ? J’ai du mal à saisir.
– Je veux que tu le récupère.
– Pour ?
– La Citadelle est impénétrable, il y sera en sécurité. Il ne servira que de protection, dans le cas ou Akziel vous élimine tous.
– Si je saisis bien, si on y reste tous, toute la planète s’envole avec nous ?
– C’est à peu près ça oui. Je présume que tu approuves.
– Vous présumez bien dîtes donc !
– Nous non plus ça ne nous enchante pas, je préfèrerais mettre ne place le protocole dix-sept avant si possible.
– Sauf que ce protocole oblige notre présence, moi et Chester.
– Tu as alors connaissance de cette particularité de ta personne. Intéressant.
– Dans quel sens ?
– Je vais l’étudier. Requiers-tu quelque chose de notre part ?
– Non, si ce n’est l’état des victimes.
– Toutes sur Aldor. Pour l’instant tout ce que nous avons mis en place à l’air de fonctionner correctement.
– Et Akziel ?
– Invisible, comme depuis le début. Pense-tu que ça pose problème ?
– Non, pas Akziel lui-même. Auriez-vous des informations sur un certain BioReign ?
– C’est un virus contaminateur de phase trois. Pourquoi cette question ?
– Comme ça… Encore besoin de moi ?
– Tu peux disposer.
– Au plaisir Vozan !
– Le conseil est terminé. »
Je me suis retrouvé catapulté sur Terre aussi vite que j’en étais parti. Sur le plateau de la Tour. Sieg se posa derrière moi quelques secondes plus tard, étouffant le bruit des réacteurs de son armure.
« Où est Tara ?
– Dans la citadelle, dans ton immeuble. Tu comptes donc retrouver sa petite fille ?
– Je sais qui est sa petite fille. Je veux juste qu’elle reste en sécurité jusqu’au moment venu.
– Soit ?
– Je ne sais pas. Mes visons ne m’ont jamais indiqué de dates.
– Donc tu veux continuer sans t’occuper d’elle ?
– Voilà. Mais où ?
– La moitié des tours simples ont été éliminées par la trouve de Kévin. Il se fait appeler Keith d’ailleurs.
– Tu n’en aurais pas une à me conseiller ?
– Le duo de force ?
– Tu voudrais nous envoyer où ?
– En Italie. Apparemment, il y aurait trois tours communicatrices et un monde assez étrange entre.
– Une sorte de triangle des Bermudes ?
– Dans le genre oui. Tu penses que tu t’en sortiras uniquement avec lui ?
– Si je savais ce qu’il s’y passait.
– Apparemment ce ne sont que des démons illusionnistes. Pas de quoi nous faire peur, fit Izidro, studieux à côté de moi.
– Si tu le dis, je te fais confiance.
– Je l’espère bien.
– Je pense que tu ne comptes pas partir demain ?
– Non, apparemment il aurait un débarquement à partir de demain. Je ne veux pas rater ça !
– Je n’en doute pas. Tiens-moi au courant quand tu voudras y aller.
– Sieg, je te laisse, je vais aller voir Virginie.
– Va, je ne te retiens pas. »
Mon appartement se trouvait dans l’aile droite de la Tour lorsqu’on la regardait de face. J’ai quitté le plateau en marchant, prenant mon temps pour atteindre la chambre. Je me suis posé, l’épaule appuyée au cadre de la porte. Je connaissais Nikki depuis presque six-cent ans. Sa beauté arrivait toujours à me surprendre.
« Adam, tu n’as jamais pensé à avoir un enfant ?
– Tu veux vraiment la vérité ?
– Non, juste que tu répondes à ma question.
– J’y ai pensé plusieurs fois. Aussi bien avec toi, ou avec d’autres…
– Tu parles de Tara ? Je commence à comprendre pourquoi tu t’en voulais autant pour sa mort.
– Pas seulement, d’autres, après toi.
– J’ai l’impression que j’ai encore beaucoup de chose à découvrir chez toi.
– Et moi donc.
– Attends, tu ne vas pas me dire que tu en a déjà un ?
– Non, par contre je ne suis pas capable de prouver que j’en ai sans les connaitre.
– Oh. La petite fille de Tara…
– Impossible. Je n’ai pas eu le temps de considérer Tara comme une de mes compagnes.
– Qui alors ?
– Aucune idée. Je n’ai jamais réellement considéré cette idée. Mais maintenant que j’ai retrouvé Tara, je commence à me poser cette question.
– Sieg doit le savoir alors, non ?
– S’il le savait il me l’aurait dit, dis-je me laissant tomber sur le lit.
– Ça ne te fait pas peur ?
– Comment ça ?
– Tu n’as pas peur de le ou la retrouver s’il en existe un. S’il ne veut pas de toi, s’il te déteste ou si tu ne veux pas de lui ?
– Ne commence pas à me parler de malheur.
– Mais tu penses réellement qu’il y en a un ?
– Je ne sais pas… »
Je m’étais posé trop souvent cette question pendant la disparition de Nikki. Même maintenant. Est-ce que depuis le début de ma présence sur Terre j’avais pu engendrer une progéniture.
Onze heures du soir. J’étais sorti, dans le froid, sans même m’être rhabillé. La discussion que j’avais eue avec Nikki me perturbait de plus en plus. Une demi-heure plus tard, Tara est venu me rejoindre.
« Quelque chose ne va pas Leo ?
– Je commence à me demander si depuis tant d’année, je n’avais pas un enfant dont je ne connaitrais pas l’existence.
– Tu te préoccupe de ça ?
– Surtout parce que Nikki m’a posé la question. Et que je pense qu’elle doit en vouloir un.
– Ce n’est pas le tient. Il est lié à ton sang. C’est l’enfant de Sieg.
– Quoi ?
– Tu la connais. C’est un messager…
– Elle s’appelle Émeline. Tu n’es pas sérieuse ?
– Totalement. Je ne me trompe jamais.
– Bordel… Si j’avais su que c’était sa fille…
– Ça à l’air de t’étonner.
– Oui, j’aurais dû le voir. C’est la fille d’un onyx. De plus c’est un messager et possède certainement le contrôle du temps.
– Tu veux lui en parler ?
– Il le sait déjà.
– Quoi ?
– Il sait tout. Rien ne lui échappe, ni ce que l’on a fait, ni ce que l’on fera. Il sait tout sur tout, tout le monde. Tous les temps, tous les mondes.
– Je te sens quand même mieux que tout à l’heure.
– Ça me rassure dans un sens.
– Alors moi aussi.
– Retournes te coucher, profites de la sécurité que je t’offre. Tant qu’elle existe encore.
– À plus tard. »
Je suis resté encore dix minutes ici, avant de retourner me coucher aussi. Même Leo ne savait pas que c’était sa fille. J’avais des remords en repensant à ce que je lui avais dit au tout début. Seulement, si j’avais su…
Le monde recèle de secrets, de surprises. De choses que l’on voudrait connaitre sans en avoir la capacité. De choses que l’on voudrait oublier et qui ressurgissent un jour. Je me pose tout de même cette question. Est-il encore possible de surprendre ces personnes qui ont tout vu ? En général, je ne pourrais que répondre non. Pourtant je sais que mon ami Leo a toujours eu plus d’expérience que moi et beaucoup de choses le surprennent encore. Mais peut-être est-ce parce que sa vision du monde est différente des nôtres ?
Izidro. 1621
Je devenais un guide. Une icône. La représentation d’un être qui voulait sortir le monde d’une situation en crise. Certains créaient des statues à mon image, d’autres des immeubles. Je n’aurais jamais pensé que ça prendrait autant d’ampleur. J’avais en quelque sorte réussi à convaincre la plus grande partie de la population que j’étais là pour les aider, seulement je ne pensais pas que je deviendrais presque un culte pour eux.
Dimanche 8 décembre 2013, six jours avant l’anniversaire de Sia. C’était l’hiver. La neige. Le monde tout blanc ! Enfin, presque. Après des jours et des jours à affronter les armées démoniaques. Même des tanks mutants. On était en Italie. Sieg, Izidro et moi. J’avais repris mon costume classique sachant que je pouvais changer presque instantanément. Les trois tours à détruire étaient toutes séparées, mais invisible. Rome, Turin et Milan. Nous, nous étions à Pise. Et le comble, c’est la tour si connue qui s’y trouve qui était droite !
« Vous êtes certains qu’il y a quelque chose d’anormal ici ? Je ne vois rien moi !
– Sérieusement ? Un jour il faudra que tu m’explique comme tu as fait pour survivre jusqu’ici sans réfléchir.
– Parce que je laisse les autres le faire à ma place Leo.
– Ça y’est ! Je me souviens pourquoi tu ne me manquais pas.
– Hey vous deux ? Comment je suis censé entrer dans les limbes ?
– Oh ! Emeline. Comment vas-tu ?
– Bien. Si je pouvais entrer.
– Si mademoiselle veux bien, fis-je ouvrant le portail.
– On se reverra.
– Pourquoi elle ne voit pas Sieg ? dit Izidro avant que Sieg passe le portail à son tour.
– Sieg attend !
– Je ne suis pas tout là.
– Je sens que ça va vite devenir bordélique. »
Nous sommes arrivés dans une ville assez étrange, sombre avec un éclairage jaune orange, comme s’il était encore fait avec le gaz. Toutes les rues étaient pavées.
« Où est-ce qu’on est partis ?
– Dvirel. C’est une de ces citées fantômes. Enfin presque.
– Comment ça, presque ?
– Elle est “supposée” être inhabitée. Je n’y crois pas du tout.
– Tu t’attends à quoi alors.
– Une ville qui veux nous tuer, dis-je montrant le sol devant sous s’effondrer.
– Magnifique !
– Comme tu dis ! »
Une ville finalement très atypique qui ne nous réservait pas de surprises en soi. Du moins pas en apparence. On avait perdu Sieg, sans se soucier des problèmes qui pouvait rencontrer ni de l’endroit où il était. Pour notre part, nous avons passé la nuit dans un hôtel, juste en face d’une salle de théâtre.
« Bon, on est supposé faire quoi ici ?
– Tomber les trois tours qui créent le monde dans lequel on est. Sauf ! Que sans Sieg, on va en chier !
– Bah ! Bonne nuit. On se revoit demain ! »
Lundi 9 décembre 2013, il était neuf heures du matin, j’étais levé depuis un peu plus d’une heure, sur le balcon en train de regarder le ciel. J’attendais que l’autre se réveille.
« Qu’est-ce qui te fait tant rire Leo ?
– Rien, je suis juste ne train de penser à quelqu’un.
– Qui intrigue ta pensée alors ?
– La fille de Tara.
– Quoi ? Attends, la fille de Tara ? La même Tara que tu as assassiné ?
– Oui. Je l’ai retrouvée dans la prison des âmes. Ils l’ont utilisée et gardé en vie pour m’anéantir un jour.
– Pas le bon jour apparemment. Qu’est-ce qu’on est supposé faire ?
– Je veux savoir où est Sieg, pour ça je vais utiliser Emeline. Apparemment elle doit rencontrer quelqu’un sur la place.
– Bon, qu’est-ce qu’on attend alors ?
– Toi, grosse feignasse !
– Oh ! Au temps pour moi. »
Nous n’avons pas tardés à quitter notre chambre et à parcourir les quelques mètres qui séparaient l’hôtel de la grand place. Nous nous sommes installés sur les rebords de la fontaine, observant quelqu’un de bien précis. Jusqu’à ce qu’elle fasse surface.
« Qui elle vient voir ?
– Sirus. C’est un démon reconverti. L’un des rare qui existe encore, qui ne se sont pas fait tués après avoir changé de côté.
– Et elle lui veut quoi alors ?
– Aucune idée et ça ne me regarde pas. »
Plus le temps passait, plus je me rattachais à ce qui faisait de ma vie ce qu’elle était à ce moment, et plus je portais d’attention à ceux qui tenait une place particulière dans mon cœur. J’avais les yeux rivés sur elle, fasciné par le reflet du soleil dans ses cheveux châtains aux reflets cuivrés.
« Tu aurais pu choisir une meilleure cache pour m’espionner Tanguy.
– Si j’avais voulu t’espionner. Je me serais vraiment caché.
– Que me vaux ta visite ?
– Toi.
– Quoi ?
– C’est une longue histoire…
– Adam. Je crois qu’on nous cherche. »
Une troupe de soldats de glace fit irruption quelques secondes après. J’ai aperçu une flamme s’envoler au moment où je me dirigeais vers Emeline. Puis vinrent les coups de fracas, d’explosions. Izidro avait éliminé les attaquant en moins d’une minute. Quelques secondes plus tard, une voix vibrante et grasse se fit entendre.
« Kryssen !
– Oh ! Non, pas lui !
– Comment ça ? Tu n’as pas l’air d’être heureux de me voir !
– Excuse-moi de ne pas aimer les ordures. Un on dirait un sac poubelle qui a mal vieilli, deux t’a l’odeur qui va bien avec aussi.
– Je sais pour qui tu es venu Leo.
– Sérieusement ? J’en doute vraiment.
– Alors laisse-moi m’occuper de celle que je suis venu chercher avant toi.
– Je t’interdis de la toucher Aëthfil.
– Oh ! Papa protège sa petite fille.
– Ce n’est pas mon père.
– Sieg… Je…
– C’est moi ton père… Non, attends ! fit-il essayant de la rattraper.
– Je savais que ça allait être une journée pourrie.
– Pas autant que tu le pense ! » fit Aëthfil me sautant dessus.
Son corps était tout blanc, avec des tatouages noirs. Il avait quatre tentacules blanches elles aussi dans le dos qu’il avait essayé de me planter dans le cœur. Mais il a réagi plus vite, provoquant une impulsion dans ses bras supplémentaires, leur obligeant le retrait de mon corps.
« Quoi ? Il est encore vivant ce con ?
– Sully ! Pas mécontent de te voir mon ami.
– Je serais partout où tu iras, enfin presque ! Bref, on a un mutant muté, comment on le dégomme ?
– BioReign ! fit Aëthfil penchant la tête vers la droite.
– Tu me laisse ce plaisir Sully ? répondis-je.
– Mais avec plaisir Leo. »
Je me suis retrouvé aussi vite devant lui que lui devant moi quelques minutes plus tôt. J’ai utilisé l’appel dimensionnel pour passer à travers lui, bloquant ses tentacules avec mes lames. J’étais un genou à terre, derrière lui, tirant le plus fort possible jusqu’à les faire céder. À ce moment, mon second double frappa son corps d’un puissant coup avec le katana pour lui passer à son tour à travers et me rejoindre.
« Tu pourrais pour une fois, essayer de tuer un démon sans qu’il n’explose ?
– Jamais Sully, dis-je regardant ses tentacules encore attachées à mes lames, je n’y trouverais aucun plaisir.
– Parce que là c’est vraiment dégoutant !
– Désolé ! dis-je alors que j’absorbais le contenu de ses bras.
– Bon, puisque apparemment on n’a pas besoin de moi, m’en vais. Si tu me cherches.
– Je penserais à toi. Ne t’en fait pas.
– On se décide Leo ? demanda Izidro me montrant une ruelle.
– Je te suis. »
L’apparence de cette ruelle ne me plaisait pas déjà de loin. Alors une fois dedans. J’ai commencé à me découper, puis mon corps se mit à vibrer de plus en plus. Comme si quelque chose voulais me séparer de mon corps. J’en suis assez vite sorti, surprenant Izidro.
« Vas-y, moi je ne peux pas.
– Pas de problème. On se revoit plus tard.
– Je commence à comprendre pour elle s’appelle ville fantôme », fis-je lançant une boule de fumée dans la ruelle, disparaissant presque aussi tôt.
Je suis parti me balader dans la ville, me dirigeant vers un parc, en face d’un restaurant où j’ai mangé vers midi. L’étendue verte donnait sur un lac, d’un bleu presque trop vrai pour être réel. Il était seize heures, alors que j’étais assis sur un banc après y avoir fait une sieste, lorsqu’Emeline est venue s’assoir à mes côtés.
« Tu le savais ?
– Comment dire…
– Et t’aurais pas pu me le dire ?
– Je le sais que depuis mon retour de Chine. Je n’ai pas l’impression que ça te fasse plaisir.
– Ce n’est pas ça. C’est juste que, voilà quoi.
– Que quoi ?
– Il m’a abandonné je te ferai remarquer.
– Déjà que j’ai du mal à conceptualiser comment ça a pu se produire.
– Ben tu sais, l’homme et la femme…
– Oui quand même. Je sais comment on fait ce genre de choses. J’ai quand même huit cent soixante-cinq ans de plus que toi. Non, ce qui me dérange c’est que tu as dix-sept ans. Née donc en 1996, soit la conception faite neuf mois plus tôt. Neuf mois plus tôt, époque pendant laquelle Sieg était encore en stase depuis 1962, date de ma mort. Comment, sans m’exposer la théorie du paradoxe universel, tu m’explique le simple fait que tu sois née à cette époque ?
– Oh ! Je n’avais pas pensé à ça. À quoi penses-tu alors ?
– Deux choix. Soit Tara s’est trompée. Inconcevable du simple fait que Sieg ait avoué être ton père. Alors qu’il le savait avant moi. Soit, il existe un autre paramètre persistant que je ne comprends pas ou que je ne connais pas.
– Et ton paradoxe universel ?
– C’est une théorie du temps qui admet que toute chose se passant dans un monde concret est provoqué par des éléments aléatoire tels qu’ils n’ont aucun lien avec tout ce qui peut graviter autour de l’évènement recherché.
– Mais…
– Elle n’est pas possible. Le temps est une chaine d’évènement à cause répartie. Chaque chose possède un lien, même infime avec tout ce qui est en relation avec. En d’autre termes, rien n’arrive sans causes ni effet et le pur hasard est irrationnel.
– Alors, comment ma vie est possible ?
– J’ai bien une idée, mais je ne peux pas affirmer qu’elle s’applique au cas présent. Pas sans en avoir une confirmation.
– Vous n’auriez pas pu rester chez vous ? Au lieu de venir nous emmerder avec vos histoires ?
– Si on n’était pas sur cette planète, la Terre n’existerait plus depuis des années. »
Nous sommes restés tous les deux sur le banc. J’ai dû m’assoupir pendant un long moment, puisque à mon réveil il était déjà dix-huit heures. Le soleil reflétait sur le lac, lui donnant une allure dorée et chaude. La ville avait repris les mêmes tons.
« Qu’est-ce qu’elle va devenir cette ville lorsque vous aurais supprimés les tours ?
– Normalement, elle finira détruite. Certainement en cendre, pourquoi ?
– Tu ne pourrais pas la conserver ?
– Je ne sais pas. Peut-être oui. Mais tu veux que je la mette où ?
– Dans les airs.
– T’es sérieuse ?
– Oui, tu pourrais la placer au-dessus d’Amidia, ou à côté.
– J’y réfléchirais », répondis-je me levant de ma place.
Je me suis tourné vers l’autre côté de la ville, où j’y ai aperçu une femme poursuivie par un muté noir. Au moment où il l’attrapa, Sieg est apparu, la détachant de ses liens et repartant avec elle. Le démon avait alors l’air dépité, il n’arrivait pas à comprendre ce qui s’était passé. Quelques secondes plus tard, Keiji sorti de la ruelle, enflammant au passage de sa lame le démon resté sans bouger. Il ne resta pas à ses côtés, il vint me rejoindre peu après.
« Il y a vraiment quelque chose de bizarre dans ce monde.
– Comme le fait que Sieg puisse utiliser ses pouvoirs temporels dans les limbes. Oui, je crois aussi.
– Quoi, tu l’a vu ? demanda Emeline.
– Ouais, je crois même que c’est ta mère qu’il a sauvé.
– Attends, t’est sérieux là ?
– Je me disais bien que la présence de Sirus n’était pas normale, dis-je au moment où mon instinct s’alerta.
– Je ne suis plus Adam.
– Moi non plus. »
Une armure semblable à celle de Sieg se posa au milieu du parc, c’était Alexia qui venait nous rejoindre.
« Tu m’explique comment tu es entrée ?
– Il y a un trou de verre au portais Arios qui menait ici.
– D’accord. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que cette histoire va me rendre dingue.
– Tu l’est déjà Adam. Apparemment certains enchaînés aurait passé du côté des mutés. C’est pour ça que je suis venu vous rejoindre.
– Donc, tout ça n’est pas normal. Ça me rassure.
– Un démon distorsionnel ça te rassure ?
– Quoi ?
– Oh ! Oui, j’en ai croisé tout une pelleté tout à l’heure. Je crois qu’ils te cherchent, fit Izidro.
– Bon ! fis-je me laissant tomber sur le banc, ça explique tout, mais ça ne me rassure pas du tout.
– Que comptes-tu faire ?
– Déjà sortir Emeline. Je n’ai pas envie que Sieg me fasse payer ta perte.
– Mais…
– Je t’envoie sur la Tour, dis-je ouvrant le portail, trouve Virginie et demande-lui de te garder en sécurité dans la citadelle. D’accord ?
– D’accord, répondit-elle passant le portail.
– Et maintenant ? demanda Alexia.
– Izidro, retourne à l’hôtel avec Alexia. Moi j’ai besoin de réfléchir. Je viendrais vous chercher dès que saurais quoi faire.
– À vos ordres. »
Je me suis installé sur le toit du théâtre, avec une vue sur le reste de la ville.
« Est-ce normal que je me sentes perdu comme ça Leo ?
– Dans le cas où je n’y comprends plus rien non plus. Je pense que oui.
– On dirait que tout ce qui se produit ici est provoqué par quelqu’un. Comme si on voulait réécrire le monde.
– Et tu penses que c’est impossible ?
– J’ai du mal à y croire. Ce n’est pas un évènement aléatoire puisque Emeline est bel et bien vivante.
– Qu’est-ce qui te perturbe le plus ?
– Le fait que la mère d’Emeline soit là et que Sieg la sauve.
– Concrètement c’est possible. Imagine que le démon souhaite te toucher. Il s’en prend à sa mère parce que tu es avec sa fille.
– Mais, si ! Le livre des vérités !
– Comment ça ?
– La connaissance parfaite. Sieg sait que tout ceci va se produire. Il met alors tout en place pour la sauver et ne pas briser la ligne temporelle. Dans ce cas-là, si la mère d’Emeline est celle de 1996, le fait qu’il soit son père s’explique concrètement.
– Qu’est-ce qu’on est supposé faire maintenant ?
– Tu l’as amené dans la citadelle ?
– Je ne peux pas me permettre sa perte Sieg, dis-je me retournant vers lui.
– Je vous laisserais vous battre. Lojin ne sais pas que je suis avec vous, il ne peut pas me voir.
– Alors une question. Pourquoi il m’en veut à moi ?
– Parce que tu es son demi-frère.
– Quoi ?
– Vous êtes tous les deux les « descendances » de Connor. Il prétend que c’est toi qui as pris le mauvais chemin. Oh ! Et il a la même apparence qu’Aëthfil.
– Génial.
– Qu’est-ce qui te fait peur ?
– Il est arrivé à s’en prendre à la mère d’Émeline. Imagine s’il en fait de même avec la petite fille de Tara.
– On a les reliques du paon.
– Je me serais donné autant de mal pour rien. Comment on tombe les tours ?
– Trois points stratégiques, on en prendra chacun un, sachant qu’une ne peut être détruite que par Izidro. Tu prendras Alexia avec toi, tu en auras besoin.
– Tu repars ?
– J’ai encore beaucoup de choses à régler. On se reverra une fois terminé. »
Je suis retourné à l’hôtel. Alexia avait pris le second lit de la chambre. J’ai passé ma nuit sur un fauteuil, mais je n’ai pas dormi. Tout ce qui accompagnait mon cœur me permettait de supprimer les effets de la fatigue en me régénérant instantanément. Mardi 10 décembre 2013, il était huit heures alors qu’Alexia se levait.
« Tu ne dors jamais ?
– Presque jamais. Sauf si j’en ai l’utilité.
– Et dans les autres cas ?
– Je passe la nuit à réfléchir. Y’a de quoi manger sur la table basse.
– Alors, dit-elle s’asseyant en face de moi, qu’est-ce qui te tracasse ?
– La fille de Tara. Je ne sais pas pourquoi elle m’obsède autant.
– Parce que tu la vois dans toutes tes visions.
– Et parce qu’elle est la seule qui me permettra de récupérer mon arme. Non, il y a autre chose.
– Autre chose. Comme s’il y avait quelque chose d’incomplet ?
– Où tu veux en venir ?
– Je te prends un exemple. Grey et Crimson. Respectivement chasseur de lumière et chasseur de l’ombre. Chacun doit vivre dans sa dimension. Soit les limbes et le monde oblitéré. La seule possibilité pour que leurs vie soit probable et sans danger dans le monde réel est celle qui les oblige à être tous les deux en même temps dans ce monde. Il en est de même avec moi et Sia.
– Et comment je suis censé prendre ça ?
– Là ça devient un peu plus compliqué. Il faut en revenir au concept de l’Aldorien sur Terre. Soit, le fait que Leo soit à la fois l’image des limbes et l’oblitérée de toi, et toi, son image du monde réel.
– Attends, tu voudrais me faire comprendre qu’Alix est une des images de Virginie et qu’il faut que je les fusionne ?
– Là encore c’est plus si simple. Elle est une image, mais parait être celle des limbes et du monde réel.
– Mais comment tu expliques le fait qu’elle soit découpée dans deux corps et qu’elle ait apparue ?
– Je ne sais pas trop, soit la mort, la manière dont elle a été tuée, soit des événements venant après. Sinon, et là je vais soit chercher trop loin, soit chercher dans la réalité. Le concept qu’il existe deux élus voudrait admettre que celui ou celle qui « offre » le gène dédié soit le même. Dans cette idée-là, on pourrait penser à ce que le père d’Alix soit aussi le père de Nikki.
– Et on en revient au paradoxe universel.
– Non, juste Lojin, sous-fifre de Barabas pendant la disparition de Leo.
– Je savais que j’aurais dû prendre Chester.
– Il le connaissait.
– Mais il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas, si tout ce que tu me dis est vrai. Alors ça voudrais dire que Tara est Aldorienne.
– Pas forcément. La différence avec votre peuple est que le mélange de deux civilisations différentes ne crée pas un croisé, mais l’enfant est Aldorien.
– Alors, soit son grand père est Aldorien, soit son père. Exact ?
– La mère de Nikki est aldorienne ?
– Oui, mais j’ai jamais connu son père.
– Moi je pense, je pense hein, prend pas ça pour une vérité, que son père est Aldorien et que c’est sa mère, la fille de Tara.
– Vous ne pouvez pas arrêter de jacasser vous-deux ? fit Izidro que l’on venait de réveiller.
– Lève-toi plutôt que de faire la feignasse. Je t’ai laissé les indications sur ta table de nuit. On y va mademoiselle ?
– C’est parti. »
Plus le temps passait, plus les trous de verre vers l’extérieur ou vers un autre endroit de la ville devenaient nombreux. Le nôtre nous a guidés dans une sorte de château fort. Dans un des donjons pour être précis. Je m’étais attaché au plafond avec mon glaive et descendu presque au fond la tête en bas.
« T’a vraiment que ça à faire Adam ?
– Ouais je sais, j’ai une araignée au plafond, répondis-je me décrochant.
– Alors, où est-ce que l’on va ?
– Je ne sais pas. Au talent. Comme d’hab.
– Ouais, mais ton talent ne t’attire que des ennuis mon ami. Même si t’es débrouillard. Je vous conseille de descendre dans la cour, éliminer le muté et de vous fier à ses traces. Après si Tu préfères ton talent. Fait, dit Sieg, apparaissant juste le temps de prononcer ces phrases.
– Il est toujours comme ça lui ?
– Ouais, il tient ça de moi.
– Kryssen…
– Pourquoi j’ai l’impression que je ne vais pas l’aimer lui. »
Il était à quelques centimètres de moi lorsque je me suis retourné. Il m’attrapa au ventre et me propulsa violemment dans la cour. Me tenant pas le cou et m’assaillant de coups, il se mit à gonfler en quelques secondes, devenant un mastodonte plus de deux mètres de haut. Alexia s’empressa de se rapprocher de moi et de se connecter à mon cœur. J’ai stoppé le dernier coup qu’il me portait, grâce au gain d’énergie d’Alexia, mon golem commençait à se former autour de moi alors que je le repoussais. Une fois assez important j’ai riposté d’un coup droit. Mon golem aussi était devenu élémentaire. Les fragments qui flottaient autour de moi étaient tous noirs, fumants et laissant tomber des étincelles. J’ai répété à mon adversaire les mêmes actions qu’il m’avait infligées, jusqu’à ce que je m’aperçoive qu’il y avait une cellule d’ouverte juste à côté. Je l’y ai enfermé à l’intérieur.
« La prochaine fois, attaque-toi à quelqu’un qui t’égale, pas une personne moins forte que toi, dis-je avec la voix grave qu’il me donnait.
– T’y a trouvé un petit nom à ton golem ?
– Mon nom est Knyro, écrit K-N-Y-R-O, seul le k ne se prononce pas.
– Parce qu’en plus il est réel ?
– Nous sommes tous réel. Les golems de reliques vivent par eux-mêmes. Ils leur suffit juste d’une âme pour les guider.
– Tu ne veux pas rétrécir, tu me fais peur.
– Oh ! dis-je repliant mes fragments dans le cœur, pauvre petite princesse.
– Tu sais, je commence à comprendre l’attrait que te portent les autres. En plus d’être un guerrier puissant, tu es un mec génial !
– Arrête, pas autant.
– Et modeste en plus !
– Si tu le dis, tu passes devant ?
– Et galant ! Je vais finir par devenir jalouse de Virginie.
– Il ne faut pas. Je ne suis pas si parfait que ça. J’admets que j’exagère un peu ma personnalité pas mal de fois, mais pas autant. »
Nous avions suivis les conseils de Sieg et suivis les traces du muté qui criait encore dans sa cage. J’ai failli me laisser distraire dans mes pensées dans ce couloir répétitif qui n’en finissait pas. Mais mon instinct était plus rapide. Au moment où un démon m’arriva par-dessus, j’ai utilisé la cristallisation pour esquiver en arrière puis ai dégainé Arbitrer pour le trancher en deux. Le choc avec le sol créa un immense bruit qui résonna dans tout le corridor.
« Fait attention, j’ai l’impression qu’on sait que nous sommes là.
– Toujours aucune vision ?
– Pas pour l’instant non, pourquoi ? Ça te parait étrange ?
– Non, au contraire. C’est logique.
– Parce que toi aussi tu penses qu’il s’en est pris à Alix ?
– Comment ça, moi aussi ?
– Je pense qu’un monstre capable de toucher la mère de la fille de Sieg peut vouloir s’attaquer à elle parce que j’ai besoin d’elle.
– Et moi je pense que tu devrais passer devant. On approche de la sortie. »
Quelques mètres plus loin, le tunnel donnait sur quelque chose d’étrange. Une sorte d’usine, un peu comme la ville d’Akziel. Une fabrique de démons mutés, tous plus puissant les uns que les autres et tous plus soumis les uns que les autres aux ordres de leur chef. Il y avait pourtant du gaz qui flottait dans l’air, l’odeur en devenait vite insupportable.
« Utilise le respirateur artificiel. Tu vas t’asphyxier sinon.
– Oh ! Comment on s’y prend ?
– J’avais envie de tout faire flamber. Mais ça serait trop facile. Lojin ne se montrera que si je fais assez de boucan pour me faire voir.
– Pourquoi il n’attaquerait pas Sieg ou Izidro ?
– Lojin ne voit pas Sieg et la tour d’Izidro et une tour de guet. Il ne va pas prêter attention à si peu.
– Donc, il ne reste que toi.
– Je n’ai pas l’impression qu’ils sentent le gaz, je me demande si je pourrais l’utiliser en augmentant assez sa quantité pour déployer la portée du contrôle d’esprit.
– Tu penses qu’on peut trouver encore des humains qui pourraient nous aider ?
– À toi de me le dire.
– Suis-moi alors, je pense que je peux en trouver. »
Elle m’a guidé jusqu’aux bureaux du bâtiment. Quelques humains y étaient encore, surveillés par des crackers.
« Ils vont nous voir.
– Impossible. Ils sont aveugles, par contre ils peuvent nous entendre. Si je leur arrive comme un barbare dessus ils vont me déchirer.
– Comment faire ? demanda Alexia.
– Sully, au lieu de chercher un moyen de leur bourriner la gueule, pourquoi, pour une fois, tu ne ferais pas dans la finesse ?
– T’est sérieux Leo ? Ouais, ce n’est pas comme si j’avais le choix.
– T’a cinq minutes, quoi que un peu moins.
– Hey saloperie ! dit-il se plaçant devant le couloir, viens, je t’attends ! »
J’ai coupé mon cœur aussitôt qu’ils se sont jetés sur lui, alors que Sully absorbait tout l’oxygène autour de nous, asphyxiant alors les démons qui rodaient. Il assimilait tellement d’oxygène que j’ai été obligé de le frapper dans le ventre pour évacuer l’air de son corps.
« Combien de temps ? demandais-je réactivant mon cœur.
– Un paquet d’années. Désolé pour le dérangement.
– C’est bon, vous pouvez sortir, fit Alexia dans les bureaux.
– Tu comptes vraiment les sauver tous ?
– Parce que tu comptais les laisser périr ici ? répliquais-je à Sully.
– C’est bon ! Je vous laisse, j’ai quelque chose à faire.
– Quelqu’un saurais où est la salle de commande. Du moins où je pourrais augmenter la quantité de gaz ?
– Vous comptez tous nous tuer en fait ?
– Non, j’aimerais utiliser le gaz pour éliminer le bâtiment. Vous serez épargnés avant.
– Au fond du couloir, il y a un escalier de service. Descendez jusqu’en bas. Vous la trouverez.
– Bien, dis-je démarrant le contrôle d’esprit, bon voyage et bon répit.
– Ils partent tous seuls ?
– Les Saory les transportent automatiquement s’ils ne me sont pas utiles.
– Comment ça, pas utile ?
– S’ils ne vont pas me permettre de détruire la tour, aider d’autres humains, ou me sortir des limbes, leurs survies est plus importante que mon plaisir, donc ils partent.
– Oh ! D’accord. »
Il ne nous avait fallu que quelques minutes pour descendre les étages. Je savais que beaucoup nous attendaient en bas, derrière la porte de service. J’ai dégainé ma lance chargée assez rapidement et l’ai envoyée à travers la pièce. J’ai passé la porte, sous les regards de ceux qui étaient encore en vie. J’ai rappelé mon arme regardant les autres se lancer sur moi alors qu’elle changeait d’apparence sur le trajet. Je l’ai attrapé de la main droite, me laissant emporter par l’élan que sa vitesse me donnait. J’avais les doigts appuyé sur une sorte de gâchette, qui faisait vibrer mon arme. J’ai terminé mon tour sur moi-même, ma lame enflammée, supprimant ceux qui s’étaient approchés de moi. Ma lame commençait à adopter sa nouvelle forme, mechanical.
« Bon ? Qu’est-ce qu’on fait ?
– Je ne sais pas, je commence à me demander ce que fait Lojin dans tout ça.
– Il vous isole. Vous êtes dans un conteneur, dans lequel lui se trouver et t’attends. Je n’arrive pas à comprendre comment il a créé ce truc, bref, une fois détruit tu te trouveras je ne sais où avec lui, et il n’est pas seul. Tu l’élimine et tu arriveras dans le monde réel.
– Merci Sieg. Je m’en charge.
– Quelque chose te dérange Adam ?
– Oui, même si j’augmente le gaz ici, qu’est-ce qui me prouves que ça marchera ?
– Remonte, il ne me faudra que quelques secondes pour remonter, dépondit Alexia.
– Comme tu voudras. »
Je commençais à trouver le temps long dans ce truc. Peut-être est-ce que je m’impatientais, ou je craignais qu’il s’ne prenne à Alix. Une fois en haut, je me suis placé au meilleur endroit pour observer ce qu’il allait se passer. Alors que mon respirateur artificiel augmentait en puissance avec la quantité de gaz, l’usine fonctionnait encore aussi bien, ils ne remarquaient pas le gaz. J’ai commencé à faire passer les liaisons du contrôle des esprits à travers le gaz. Lorsque j’ai pensé à ça, je n’aurais jamais réellement imaginé que ça pouvait fonctionner, pourtant grâce à mon élémentarité, j’arrivais à activer le contrôle des pauvres humains devenus mutés.
« Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi ils veulent sortir ?
– Je ne sais pas monsieur. J’ai l’impression qu’ils se rebellent.
– Alors arrêtez-les ! »
Je me suis demandé comment je pouvais ouvrir les cellules, le contrôleur était juste derrière moi. J’ai posé une sorte de sphère là où j’étais, pour conserver les liaisons avec les démons. Je suis ensuite rentré dans la salle, déjà presque attaqué par celui qui tenait les lieux.
« Qu’est-ce que… dit-il stoppé par mon contrôle.
– Il te faut l’utiliser pour désactiver les verrous, ils vont nous voir si tu le fait, fit Alexia qui arrivait dans la salle.
– Tu as entendu la demoiselle ?
– Tout de suite, dit-il, léthargique.
– Est-ce qu’il peut m’être utile ?
– Ce n’est qu’un démon après tout, répondit Alexia.
– Certes, mais ! Je vais quand même le laisser périr avec les autres, repris-je lui infligeant un overload mémoriel.
– Il ne reste qu’eux.
– On va s’amuser. Viens. »
J’ai repris ma petite sphère et les esprits par la même occasion, poussant les emprisonnés à ouvrir leurs cellules à la manière de zombies affamés. Ils avançaient vers le contrôleur au centre, qui commençait à s’affoler. Les zombies un peu trop près de lui, il s’empressa de les faire exploser, avec un système d’auto destruction intégré.
« D’accord. Il est où le con qui joue avec mes cobayes ?
– Ici ! répondis-je de mon point d’installe.
– Descend si tu n’as pas peur de m’affronter.
– Pas de t’affronter, juste de te faire sauter ta petite usine avec tout le gaz qui flotte dans l’air. Oh ! Attends, mais tu ne le sens pas toi ! Comme c’est bête.
– Alors je vais m’occuper de toi ! » répondit-il en s’envolant vers moi.
J’ai observé son regard tout au long de sa montée. Ses yeux, déterminés, colériques, devenus brusquement effrayés et perdus au moment j’ai laissé mon corps s’envahir d’étincelles. Tout s’est enflammé autour de nous alors qu’Alexia nous protégeait avec le bouclier intégré à sa combinaison. Quelques minutes plus tard, j’étais arrivé à observer le décor d’un alterstase à travers les hexagones bleutés qui formaient le bouclier.
« Heureux de te rencontrer Adam.
– Ambitieux l’alterstase.
– Si tu meurs, tu seras effacé de la ligne du temps.
– Et si l’inverse se produit, tu disparais, toi et tous ceux qui te connaissent t’oublierons, tu feras exploser avec son créateur et l’endroit dans lequel elle se trouve. J’opterais pour cette solution, je ne peux pas concevoir pas ma mort.
– Tu devrais pourtant, dit-il, poussant la fille qu’il cachait dans son dos.
– Je savais que tu t’en prendrais à elle.
– Alors sa mort ne devrait rien te faire mon frère. »
Si je ne montrais pas mes émotions, si je semblais froid au fait qu’il s’en prenne à Alix, au fond de moi j’étais effondré. J’avais espéré pour qu’il ne s’en prenne pas à elle, mais il ne pouvait s’empêcher de venir me chercher par les sentiments. « Ne me laissez pas avec lui… » me dit-elle me regardant dans les yeux.
C’était la plus belle des princesses.
Elle était plus petite que moi, aussi grande que Virginie. J’avais l’impression qu’elle avait une aura autour d’elle à chaque fois que je la voyais. Comme un ange, un guide parmi les perdus de ce monde. Elle n’était pas brune comme Virginie, mais blonde. Une fausse blonde pour être exact. Les cheveux légèrement plus longs que le niveau de ses épaules, ils étaient attachés, pas en queue de cheval comme les avaient Virginie la première fois que je l’ai vue, mais tous plaqués d’un côté, retombant le long de son cou, au-dessus de son épaule droite. Elle avait les yeux bleus, dans lesquels j’aurais pu me perdre pendant des heures. Elle me fascinait, sa beauté me captivait plus que celle de Nikki. Si j’avais trouvé une ressemblance entre elle et Virginie. C’est à Jessica que ressemblait Alix, en plus mince, plus fluette, une petite plume, un ange tombé des cieux.
Elle était la plus belle créature que je n’ai jamais rencontrée. Et c’était ma femme. Du moins une partie. J’en arrivais à me demander à me demander si les deux apparences allaient s’ajouter ou si l’une disparaitrait pour laisser place à l’autre.
« Alexia, je vais avoir besoin de toi.
– Ne t’en fait pas, je ne la lâche pas des yeux.
– Je te laisse le choix mon frère, soit tu nous rejoins, tu rejoins tes racines. Soit elle et tu en payeras le prix, dit Lojin.
– Je ne suis pas ton frère.
– Tu ne peux pas le nier Adam, nous tenons nos pouvoirs de la même personne.
– Tu veux jouer alors ? Qu’est-ce que tu as à dire si je te dis que… Je ne suis pas Adam !
– Quoi ? Qu’est-ce que ?
– Leo Kryssen. Gardien de l’horloge. Heureux d’avoir l’honneur de te détruire mon frère…
– D’accord ! Tu le regretteras ! »
Il attaqua Alix en lui jetant un couteau dans un poumon. Alexia qui avait prévu son attaque s’empressa vers elle, repliant son armure pour la déployer sur celle qu’elle partait sauver. Je l’avais suivie, pour la sauver alors que l’armure s’était mise à flotter grâce à ses réacteurs. « Oh ! Pauvre chou » Je me tenais alors dos à lui, mon épée apparaissait. Cette forme-là portait le nom de Drago Angelo. C’était la véritable apparence de la nouvelle Rebellion.
« Hey, mais c’est mon arme !
– Impossible, elle est gravée Adam Pearce, désolé ! répondis-je me tournant vers lui.
– Tu te résigne à rester contre nous alors ?
– Nuance. Déjà c’est toi qui est du mauvais côté. Les fragments d’Eden ont été créés pour fonder l’équilibre, pas la destruction. Ensuite, fis-je dégainant mon arme, je ne suis pas contre toi, c’est toi qui viens te mettre au milieu de mes affaires.
– Tu sais que tu n’as pas la capacité de me tuer.
– Pourquoi prétends-tu ceci ? Tu as peur que ce ne soit pas vrai ?
– Je suis distorsionnel, tu n’es qu’un pauvre élémentaire. »
Depuis que l’on discutait, je m’étais mis à tourner autour de lui, Alexia me suivait toujours de très près, comme si elle s’attendait à quelque chose.
« Pourquoi tu le suis, tu as peur que je te tue ?
– C’est toi qui devrais avoir peur de nous. Je sais que concrètement il ne peut pas te tuer. Mais n’oublie pas ça. Ce n’est pas ton frère.
– Arrêtez ! Vous allez me rendre dingue !
– Je n’ai pas envie d’être chiant, répondis-je, mais c’est un peu le but.
– NON ! Vous allez le payer !
– Comme tu voudras. »
Il s’est jeté violement sur nous, nous projetant au milieu de cette salle sans fin. Pendant une dizaine de minutes, j’ai parés tous ses coups, esquivant ou mettant mon épée entre moi et la sienne. Quelques fois j’essayais de lui assener des coups à mon tour, mais sans succès. En passe d’arme, lame contre lame, il se mit désespérer quelque peu.
« Plutôt coriace !
– Tu ne pensais vraiment pas que je sortirais d’ici mort Lojin ?
– Tu devrais !
– Il va te falloir faire preuve de plus de courage que ça. »
J’ai passé mon arme en mode fumée, pour le pousser et le forcer à lâcher sa garde. J’en ai alors profité pour le rouer d’attaques sans lui faire beaucoup de dégâts, il en avait pris autant que moi alors que je l’avais touché une centaine de fois plus.
« Alors, tu faiblit ?
– Non ! Je me demande si je ne peux pas trouver un moyen de te faire vraiment mal.
– Aucune chance Adam. Tu vas périr ici ! Même si tu ne le veux pas.
– Alors essaie. Je t’attends. »
Cette fois-ci c’est sur le torse qu’il m’attaquait, lançant une attaque piquée dans un de mes poumons pour m’éjecter le plus loin possible. A l’instant où son épée lâchait mon torse, j’ai essayé de me rattraper en prenant la main d’Alexia à côté de moi, mais sans succès, mon désespoir me guidait à regarder Alix dans l’armure. Elle l’avait régénérée, la visière ouverte. C’est son regard qui m’inspira une envie de m’en sortir. C’est Leo qui vint pour changer les choses. « L’héritage » Voilà la dernière parole que je pensais l’entendre prononcer alors que ma main lâchait celle d’Alexia. Un léger flot de particules dorées s’échappa de sa main pour atteindre la mienne. Provoquant quelque chose au fond de moi. J’ai touché le sol une fois, à cause de l’élan, reprenant mon équilibre et l’apparence de Leo au même moment. Je n’ai pas compris comment son apparence pouvait être possible, ni le fait que je sois encore en vie à ce moment. Je suis retombé à genoux, glissant jusqu’à m’arrêter et il me fit partir aussi tôt dans un flux sombre et ténébreux. Je me suis heurté à lui, avec une vitesse phénoménale. Je l’ai jeté encore plus loin qu’il n’aurait pu le faire. « Bordel ! Mais t’es qui ? » Je n’y ai pas répondu. Je l’ai regardé, esquissant un sourire démoniaque.
J’avais totalement changé d’apparence. Aucun trait de Leo ou de ma véritable image. Ma veste était devenue une peau, par-dessus une seconde semblable à celle des démons, mais plus cristalline, comme l’anneau éclair de Toshiie. La peau bleue tirant vers le gris, couverte par une partie noire. Mon cœur restait sur cette apparence, un point bleu au milieu de mon torse, fissuré autour de lui. La taille et les jambes étaient renforcées par des partie plus épaisses, gris foncé, des griffes aux bout des pieds. Mon bras gauche avait totalement changé de tête. Il était blanc, fissuré par la même énergie que mon cœur, les doigts lumineux et une pique au coude du même type mes doigts. Mon bras gauche avait une apparence à priori normale. À part le fait que sur le poignet, à l’emplacement ou se déploient mes lames, il y avait un fourreau, qui remontait plus haut que mon épaule, il gardait le katana que j’avais dans le dos dans le monde normal. Sur mes épaules et attachées au dos et au torse, deux sortes d’ailes, ressemblantes à celles de la Tour. Mon visage avait pris le même aspect. Les yeux dessinés par la forme de mes lunettes, lumineux comme mon cœur et mon bras, cachés par une sorte de capuche de la même couleur que ma seconde peau.
« Leo !
– Shh ! répondit-il à Alexia.
– Qu’est-ce qu’il me veut ce con ?
– Ta mort Lojin.
– Alors ça tu peux toujours rêver. »
Il m’en voulait toujours autant, même peut-être plus. Il se releva assez difficilement, mais s’attaqua au nouveau moi assez rapidement. J’étais étonné par laquelle je répondais à chacune de ces attaques. Stoppant tous ces coups avec mon bras gauche. Jusqu’à ce qu’il plante son épée dans la main.
« Lâche-moi bordel !
– Pourquoi autant de haine ? répondit-il avec ce sourire démoniaque. »
J’avais l’impression que rien ne pouvait l’arrêter. Sa lame était plantée dans ma main et je ne ressentais aucune douleur, aucun saignement. Je l’en ai sorti en le frappant avec le manche du katana qui dépassait de mon bras. Dès lors je sentais que ce que je lui infligeais lui faisait réellement mal et que son espoir de m’anéantir tombait à l’eau.
« Ah ! Je ne peux pas abandonner maintenant.
– Tu devrais pourtant, il va vraiment te tuer, répondit Alexia.
– C’est ce que tu crois !
– J’admire ton courage, pas ta force.
– Tu commences vraiment à m’énerver tu sais !
– Sérieusement ? »
Une forme d’arrogance m’animait, comme une conviction que ce combat ne pouvait être perdu. Une certitude de la terminaison de cet affrontement. Je passais mon temps à le narguer, le regarder avec ce sourire narquois, diabolique. Lui il bouillonnait de voir que tout ce qu’il tentait était à chaque fois vain, sans succès sur mon arrogance et mon corps.
« Déjà fatigué ?
– Non ! Je, euh…
– Déjà fatigué !
– Arrête ! Je n’en peux plus de toi ! Qui es-tu pour oser t’affronter à moi ?
– Déjà dit !
– Leo Kryssen, gardien du temps oui je sais ! Et alors ? Tu crois que ça peut me faire peur ?
– Ça devrait !
– Comment ça ?
– Leo ne peux pas être dans les limbes, du moins pas de lui-même. Tu devrais t’inquiéter du fait qu’il soit devant toi !
– Oh !
– J’opte pour la douleur !
– Quoi ? Mais, attends, je n’ai rien dit.
– Je n’t’ai pas demandé ! »
Mon glaive n’existait plus, c’était mon bras qui se projetait pour devenir extensible. Je l’ai attrapé par la tête, le tirant vers moi. J’ai stoppé son élan en le frappant avec le fourreau du katana, me retournant pour le dégainer et finissant mon tour en lui tranchant le torse à moitié. Je l’ai ensuite rattrapé au cou avec la main gauche.
« AH ! Lâche-moi !
– Aucun espoir ! répondit-il téléportant le katana dans son fourreau.
– Putain, mais comment tu fais pour vivre encore ?
– Celui de l’humanité ! »
Le manche du katana s’est soudainement transformé en une lame, je lui ai alors coupé la tête, attrapé le reste du corps avec l’extension de mon bras droit et écrasé sous mes doigts. Quelques secondes après sa mort, mon apparence s’en alla, s’envolant en fumée.
« Adam ? demanda Alexia.
– Ouais, je crois que c’est moi.
– Je peux m’approcher ou est-ce que tu vas de nouveau devenir tout bizarre et me martyriser comme l’autre ?
– Non, tu peux venir. Je me demande juste comment on peut sortir d’ici ?
– Je crois que je peux faire quelque chose… fit Alix, montrant un portail sous ses pieds.
– Mademoiselle, fis-je regardant Alexia.
– T’est bien redevenu toi-même. Contente de le voir !
– Je ne suis pas près de changer ! Sauf s’il revient.
– Prenez mes mains, dit Alix. »
La ville était en cendre. Enfin presque, sa représentation démoniaque avait atteint notre monde. La neige qui tombait à Pise le jour où on avait débarqué était devenue des cendres grises qui tombaient du ciel aujourd’hui. Elle ne représentait en fait qu’une infime partie de la zone que couvrait la dimension des trois tours. Alix était avec Alexia et moi, à Rome, au milieu des ruines du bâtiment qu’Akziel avait construit. J’admirais le désastre que j’avais causé et le poste des Saory se monter en attendant que mes deux autres alliés nous rejoignent. Quelques minutes plus tard, Sieg arrivait en trombes.
« On a un gros problème Leo !
– Dit-moi, je t’écoute.
– Nikki est partie aider Crimson et Grey attaqués par un muté dimensionnel.
– Je m’en charge »
Je me suis envolé aussitôt, changeant d’apparence au moment où mon chronosceptre me vint dans les mains. Quelques secondes plus tard, j’étais au-dessus du parc à côté du lycée, encore enneigé. J’ai atterris, le chronosceptre planté dans le sol, une des mâchoires autour du cou d’un des assaillants. L’appel des âmes changeât la neige en une brume noire épaisse, flottante au-dessus du sol. Les deux frères me rejoignirent quelques instants plus tard.
« Tiens, le grand Toshiie. Content de te voir, fit Crimson.
– J’aurais préféré l’éviter. Où est-ce qu’il est ?
– Supposé invisible. Juste pour nous narguer.
– Il est sérieux ? Il pense que je vais le laisser l’emmener comme ça ?
– Apparemment. Je suis désolé d’ailleurs, je n’aurais pas dû lui demander de venir nous aider.
– Ne t’en fait pas pour ça. Je te pardonne.
– Bon, ce n’est pas tout, mais il commence à me les briser l’autre.
– S’il était un minimum intelligent, il n’enverrait pas ses troupes d’où il se trouve ! »
Mon chronosceptre était ciblé. Il passait à travers tous ceux qui se trouvaient au travers du chemin en leur infligeant une puissant attaque électrique. Il arriva sur le torse de mon ennemi, pliant la seconde mâchoire en face de la première pour infliger une onde énergétique qui propulsa Ezira une dizaine de mètres plus loin. J’ai rappelé ma lance avec la main droite, le tenant derrière moi alors que je m’approchais de mon adversaire qui ne se relevait que. « On se reverra » me lança-t-il peinant à se tenir debout. Je me suis empressé de rejoindre Nikki allongée sur le sol, nous téléportant dans le labo de la Tour.
« Sieg !
– Pose-la sur le bloc, je m’en occupe tout de suite. »
Mardi 17 décembre 2013, sept jours. Voilà sept jours que qu’elle était dans le coma. Si le monde tournait plutôt bien à ce jour, moi j’avais l’impression de reculer et de tourner en rond. Je restais le plus souvent seul, à méditer ou à m’entrainer d’arrache-pied. A cette heure-ci, j’étais sur ma tour, dans la citadelle. Emeline était venue me rendre visite.
« Toujours rien ?
– Aucun changement. Elle n’est pas en danger, mais elle ne s’est toujours pas réveillée. Je commence à m’inquiéter de plus en plus.
– Et Alix ?
– Toujours au lycée. Elle ne sait pas ce qu’il se passe. Pour elle, elle est juste une victime comme une autre. Je n’ai pas envie de la préoccuper avec mes histoires tant qu’elle n’est pas prête.
– Je serais toujours là si tu as besoin de moi.
– Je te remercie, seulement c’est plutôt d’elle que j’ai besoin.
– Je te comprends.
– Tiens, tant que tu es là. Je t’offre Dvirel ! dis-je, montrant la ville que j’avais détruite, flottante dans son bouclier entre Anathema et Arios.
– T’es sérieux ?
– Fais-en ce que tu veux, elle est à toi. D’ailleurs ce n’est pas moi qui l’ai mise là. C’est Sieg. Tu devrais aller le voir.
– Ne te dérange pas, fit Sieg arrivant, je vais le faire.
– Vous préférez que je vous laisse ?
– Comme tu voudras, ça te concerne aussi dans un sens.
– Je voudrais juste essayer de comprendre… dit Emeline.
– Des points fixes, répondit Sieg, des points identiques ici, dans les limbes et dans le monde oblitéré. Le fait que je t’ai abandonné est simplement que je ne pensais pas que ta mère était enceinte.
– Mais, comment ça a pu se passer ? Tu étais endormi à cette époque.
– Adam et Leo l’ont très bien compris. Dans la cité, lorsque tu étais avec Adam, Lojin s’en est pris à ta mère pour le toucher en attaquant ses sentiments. Il s’est attaqué à ta mère, en prenant son image temporelle de 1996, celle du jour exact de ta conception. La chose que le Livre de mentionnait pas c’était qu’elle tomberait amoureuse de moi. Je suis resté trois jours avec elle, juste après que Adam m’ait vu la sauver sur Dvirel. S’en est suivi ce que le point temporel avait écrit, ta conception et neuf mois plus tard, ta naissance.
– Attends, je résume, je ne suis pas certaine d’avoir compris. Lojin s’est attaqué à ma mère en 1996.
– En passant ta mère dans les limbes de Dvirel.
– D’accord. Ton livre disait que tu la sauverais à cette époque, dans cette ville ?
– Exact.
– Donc tu l’as sauvée, et tu es restée avec elle ?
– Pour la protéger.
– Mais pourquoi tu ne l’as juste pas laissé et tu n’es pas reparti rejoindre Adam ?
– Les points fixes sont inchangeables, répondis-je, enfin presque. Oser changer un point fixe reviendrait à essayer de briser l’équilibre temporel, donc on ne le fait jamais. Ensuite pourquoi tu es un point fixe ? Tout simplement, tu es un messager, il n’en reste que peu dans le monde. Sachant qu’aucun gardien n’était vivant à cette époque, les Saory ont voulu te préserver en le créant ici. De plus, le temps s’écrit souvent assez étrangement, si le futur a voulu que Sieg soit ton père, c’est parce qu’une série d’événements l’a mené à s’écrire de cette manière. Après qui est le fautif, moi où Sieg, incapable de le dire.
– Euh, je…
– Je ne te demande pas de m’excuser, si tu ne veux pas de moi comme père, je l’accepterais, dit-il avant qu’elle ne se jette dans ses bras, ça te dérange de me laisser avec Leo ?
– Non, allez-y.
– À qui la faute l’ami ?
– Toi ! T’y crois, en forçant Connor à rentrer dans la confrérie plus tôt, tu sauves toute une famille, qui est celle d’Emeline.
– Non !
– Si ! Et tu fais de moi son père à ta place.
– Quoi ?
– Vraiment. Moi non plus je n’y croyais pas. Comme quoi, non actions ne sont pas sans impacts.
– Maintenant je comprends d’où viennent ses cheveux roux.
– Pas de moi, sa mère est rousse. Non, tu n’as juste fait que la rendre messager, lui débloquant ses capacités avec Toshiie.
– Mon Dieu.
– Comme tu dis. Encore désole pour Virginie. Même si je ne peux te dire qu’elle va mieux, je peux au moins te dire que dans on coma elle ne rêve que de toi.
– Merci Sieg.
– Ça ne fait que commencer Leo.
– Ce n’est que le début, je sais. »
Le rêve est une étrange chose de notre monde. Il nous pousse à faire des choses, à croire des choses, le plus souvent celles que l’on n’aurait jamais imaginé. Il nous laisse imaginer des choses qui n’arriveront jamais, espérer des mondes et merveilles inatteignables pour les pauvres mortels que nous sommes. Quant est-il de ces êtres qui surplombent le monde de leurs actes ? Rêvent-ils eux aussi ? Ont-ils le droit de vouloir un monde meilleur pour eux et pour nous ? Où n’est-ce qu’une façon de restreindre l’humanité à croire en ceux qui peuvent agir sur ce qui les dépasse ?
Crimson Nielsen. 2007
Si le temps m’avait inculquée quelque chose, c’est la patience. L’art de savoir attendre, se passer des choses qui nous manquent jusqu’à ce qu’elles reviennent, négliger ce qui nous énerve. J’usais, j’abusais même d’elle alors que j’attendais le réveil de Virginie.
Lundi 6 janvier 2014 ! C’est mon Anniversaire ! Ça me faisait dix-neuf ans, concrètement cinquante de plus, si on prend l’âge réel d’Adam. Je « négligeais » un peu Virginie, sachant sa sécurité assurée avec Sieg. Je m’intéressais à quelqu’un d’autre. Ezira, qui courrait encore, je lui en voulais et voulais surtout sa mort.
J’étais en train de discuter avec Chester lorsque Sieg est arrivé sur le plateau, d’un air assez calme.
« Ne le cherches plus, il ne devrait plus tarder à débarquer.
– T’est sérieux là ? répondis-je un peu dépité. Tu viens me dire qu’il m’arrive dessus calme et serein et il n’y a rien qui te dérange ?
– Jamais l’ami. Jamais. »
Et il avait raison. Environ cinq minutes plus tard, il atterrissait sur plateau, en face de nous trois.
« J’ai une revanche à prendre !
– Parce que tu penses que tu peux nous affronter tous les trois sans y rester ?
– J’en suis certain ! »
Il ne lui avait fallu que quelques secondes pour se trouver devant moi, une de ses tentacules autour de mon cœur et une autre autour du cou de Sieg. J’ai perdu connaissance quelques secondes plus tard. Lorsque je me suis réveillé, j’étais dans le hall du lycée, Sieg à côté de moi.
« Euh, je ne comprends pas là Sieg.
– Chester est à la Tour avec Virginie. Et non, ce monde n’est pas réel.
– C’est bien ce que je me disais, répondis-je regardant ma montre, toujours ma peau mécanique, toujours mon cœur, fis-je effleurant l’anneau qui dépassait, je suis entier, c’est déjà ça. »
Quelque chose n’allait pas dans cette histoire, comme le fait que ce soit les vacances scolaires et que tout le lycée soit en cours, le lundi 23 décembre 2013.
« Bon, je… ne peux pas me téléporter ?
– Moi non plus. J’ai l’impression que ça va être plus compliqué que prévu.
– Pourtant tout parait vrai, même les personnes. »
A ce moment, Alexia et deux de ses amies virent dans notre direction pour sortir du lycée. Je m’apprêtais à leurs dire bonjour lorsque qu’elles se sont misent à rire, puis Alexia fit « Quels nuls ! » après nous avoir dépassés.
« Ce monde est bien irréel.
– Comme tu l’as remarqué Leo ! Je te dis bon courage pour trouver tous les démons ! me fit Chester.
– Ne t’en fait pour moi Chaz, je saurais me débrouiller. Bon, Sieg, ça te dit d’aller en cours ?
– On a le choix ?
– Pas certain…
– Aller. Avant que ne change d’avis. »
Cela faisait un peu moins d’un an que j’avais lâché le lycée pour me consacrer à la vie que m’offrait Leo. Alors l’envie d’aller en cours, elle n’existait plus, mais plus du tout. J’en avais même oublié à quel point c’était long ! Je devais retrouver les démons occupant le monde et les détruire pour en sortir. Dix heures, la pause, je me suis rendu sur la « terrasse » qu’il y avait au niveau du labo de Grey.
« Pourquoi faut-il qu’ils soient aussi fainéant ? Tu peux me le dire ?
– Monsieur Van Buuren. J’imagine que ça concerne notre classe ?
– Bien vu Leo. Ils n’en font pas plus depuis que tu es parti !
– Alors toi aussi tu es coincé dans ce foutu monde ?
– Pas le choix. Je crois qu’il n’a pas aimé sa défaite en quelques secondes après ton arrivée. Combien de temps on doit y rester ?
– Jusqu’à ce que j’aie tué tous les démons qui gardent ce monde.
– Bon. Ma foi, bon courage.
– Je me demande juste comment il peut croire que je penserais que l’on est dans le monde réel.
– Il n’est pas très logique. S’il l’était vraiment, il n’aurait pas gardé Laïd alors qu’il est en congés.
– Pas faux. Aller, bon courage pour tes cours, moi je vais aller espionner un peu. »
J’ai passé les deux heures restantes à, d’abord m’apercevoir que je n’avais aucun de mes pouvoirs, sauf mes augmentations, ensuite que le monde était vraiment étrange. Certaines portes ne mènent nulle part, d’autres disparaissent ou renvoient à d’autres salles. Vers midi c’est Joffrey que j’ai croisé.
« Adam Jensen ! Que me vaut cet honneur ?
– Je pense que tu le sais déjà.
– Comment on est arrivé ici ?
– Pour ma part, un con avec des tentacules s’en est pris à mon cœur. Vous, je n’en ai aucune idée.
– Combien t’en a à tuer ?
– J’en sais rien, je n’ai même plus mes pouvoirs.
– À ouais, quand même.
– Je sens que ça va être long.
– Tu t’en fiche t’a ta copine.
– Tu crois ? Je ne pense pas qu’elle soit avec nous, elle est dans le coma.
– Merde, je…
– Ne t’en fait pas, je m’y suis fait. »
Une forme de désespoir se créait au fond de moi, comme lorsque j’étais certain de perdre une bataille. Mais là, je me demandais si j’arriverais à sortir de ce monde bordélique. J’essayais de reprendre une vie normale. Enfin presque. D’après le monde dans lequel on était, je détestais Emeline. Sauf qu’elle aussi était dans ce monde.
« Tiens, te revoilà.
– Vraiment ?
– Quoi ? Quelque chose te dérange ?
– Tu ne trouves pas que quelque chose ne va pas ? Tu étais bien dans la citadelle ?
– Oui, je me suis assoupie, je crois et je me suis retrouvée là. Mais pourquoi toutes ces questions ?
– Tu sais qu’à cette date, c’est les vacances scolaires ?
– Euh… T’est sérieux ?
– J’ai l’air de me foutre de toi ? Ce n’est pas le monde réel.
– Prouve le moi !
– Oublie Bruno et Joffrey, ils ont été emmenés avec nous.
– Oui, ensuite ?
– Tu ne trouves pas bizarre que ta meilleure amie s’étonne que tu me parles alors que l’on se détestait mutuellement, l’année dernière ?
– Non, je…
– Tu trouves normal qu’Alexia me prenne pour un nul ? Rosie aussi ?
– Euh…
– Et comment t’explique que ton père soit avec moi alors qu’il est invisible pour le monde !
– Merde…
– Comme tu dis.
– Bon, mettons que je te crois, comment on sort ?
– Des démons à tuer. Je ne sais toujours pas lesquels.
– Bon courage alors, moi je ne m’en occupe pas !
– Je m’en doutais… »
J’avais pris cette « première journée » un peu à la légère, pour étudier ce qui m’attendait. Il n’y avait plus de Tour, juste un monde trop étrange pour être concrètement réel. Quinze heures, alors que je voulais suivre les cours je rencontrais enfin les professeurs que j’aurais dû avoir cette année. Celui-ci ne me plaisait pas rien qu’au premier abord.
« Comment tu comptes faire sans la Tour Adam ?
– Tu sais Sieg, avant vous j’avais une vie normale. J’ai des parents, une chambre, tout ce qu’il faut pour que ça se passe normalement. Du moins en théorie.
– Comment ça, en théorie ?
– Tu le vois comme moi, ce truc n’est pas assez normal pour nous laisser vivre une vie normale.
– Attendez, qu’est-ce que vous faites là vous deux au fond ? demanda le prof.
– Mais ils ont toujours été là monsieur, répondit Emeline, vous les avez juste oubliés.
– Mouais… »
J’ai sentis quelque chose de mauvais dans sa voix, jusqu’à ce qu’il me lance son regard, déclenchant alors ma vision d’aigle et le laissant apparaitre sous une forme beaucoup moins valorisante.
« Trouvé.
– Bon, ça en fait déjà un. Maintenant trouves les autres.
– Ça va être une autre histoire. »
Je ne m’étais pas trompé sur le fonctionnement de l’endroit où on était. Lorsque j’ai passé la porte de la salle, tout est devenu noir et j’ai reperdu connaissance.
Mardi 24 décembre 2013, je me suis réveillé derrière la porte du lycée, mais toujours dans l’établissement. (Qui a dit que j’avais l’impression qu’il voulait m’obliger à y rester ?) Il me fallait attendre vendredi pour que je revoie le prof de hier, alors je devais trouver le moyen de m’occuper autrement. J’avais des amis dans le lycée, Kévin y était inclus. J’avais l’impression de ne pas exister à leurs yeux, je pouvais parler tout seul sans qu’ils ne s’en aperçoivent.
« Hey Leo ! J’ai trouvé le moyen de te faire parvenir mes pensées !
– Merci Chester, tu ne pensais pas que j’avais déjà l’impression d’être schizophrène ?
– Euh, si, mais là c’est moi, pas quelqu’un dans ta tête. Bref, j’ai quelques recherches sur ce dans quoi tu te trouves et apparemment il n’y aurait pas que les démons à tuer.
– Et quoi de plus ?
– Une sorte de cheminement. Comme si tu avais des objectifs à accomplir pour te permettre de te dégager.
– Une mission, mais à quoi bon ?
– C’est interactif, enfin je crois.
– Ce truc à un lien avec le monde parallèle, tu pourras en sortir si tu te colles à ce que tu as déjà écrit. Et Chester, utilise un hologramme plutôt que d’encombrer sa tête.
– Merci Sieg. Mais ça ne m’avance pas.
– Continue tes recherches, je me débrouillerais avec tes profs.
– Je t’en remercie l’ami ! »
Le temps me paraissait passer trop vite, où beaucoup trop lentement. D’un autre côté j’étais comme un fantôme pour certaines personnes. Ce n’est pas comme si ça me dérangeait vraiment. Vers onze heures, alors que j’étais toujours dans ma phase de recherche de ceux que je devais éliminer, je trainais encore dans les couloirs après avoir fait une petite sieste sous le préau. J’ai pris le long couloir qui menait vers presque toutes les salles de cours puis je me suis aperçu que quelqu’un me suivais. J’ai ralenti légèrement pour le laisser me rattraper lorsque mon instinct s’est affolé. Au moment où j’ai senti ses pas trop près je le suis arrêté brutalement, le coude vers l’arrière avec la lame déployée pour le toucher puis je me suis retourné plaçant ma lame vers l’avant pour lui trancher la gorge. Mais lorsque j’ai croisé son regard, je me suis aperçu que je m’affrontais à un golem de pierre avec une immense épée en cristal à la main. J’ai rapidement dégainé mes pistolets pour le distraire et me suis enfui en courant à toute allure. Je l’ai trouvé un peu idiot d’ailleurs parce que je ne me suis pas caché loin, j’avais juste descendu un étage et il était resté au-dessus. « Pas très intelligent celui-là. » fis-je en entendant ses pas repartir. L’étage que j’avais atteint n’était pas le plus grand. Seulement trois salles de cours. Pourtant quelque chose m’avait interpellé. Normalement comme à chaque étage il y avait un escalier pour les professeurs, mais là, alors que la porte était entre ouverte, ce qui se trouvait derrière avait plus des tons bleus, comme une salle des machines, avec l’odeur que dégageaient leurs ventilateurs. J’y suis entré, essayant de faire le moins de bruit possible. Je n’avais aucun de mes pouvoirs, même pas mes capacités d’enchainés. J’ai avancé, cherchant quelque chose, mais surtout quelqu’un, puis lorsque je traversais la salle des serveurs, mon frère vint m’interrompre.
« Je ne comprends pas, comment quelque chose qui est censé être concret peut utiliser des machines pour le contrôler ?
– Je ne sais pas, peut-être est-ce qu’il veut se foutre de notre gueule ? Où quelqu’un cherches à m’aider ?
– Pas bête, mais qui ?
– Sia, Kévin ou Ariel.
– Je vais essayer de trouver. En attendant, essaie de t’améliorer la vie, je n’ai pas envie que tu passes ta vie là-dedans.
– Rassure-toi, moi non plus ! »
Sortant de la salle celui qui devait s’occuper du système s’est trouvé devant moi, dos à moi. J’ai utilisé ma lame secrète pour lui arracher la colonne vertébrale.
« Foutu démon.
– Tu n’as jamais pensé à être moins violent Leo ?
– Jamais, pas avec eux. »
La première chose que j’ai faite c’est m’asseoir dans son fauteuil, mes jambes commençaient à ne plus supporter mes escapades à travers les étages. Étrange d’ailleurs puisque la maitrise physique devait me régénérer à chaque fois. Je me suis alors retrouvé devant un immense ordinateur, avec une trentaine d’écrans. Tous affichaient le contenu de cameras placées dans le lycée. Je trouvais cet endroit de plus en plus étrange. Quelques minutes plus tard, alors que j’essayais de trafiquer l’ordinateur, un des écrans se brouilla, puis l’image redevint nette. Une personne y est apparue, c’était Sia.
« Adam, si tu vois ce message, c’est que tu as trouvé la salle principale. Il faut que tu détruises l’ordinateur, c’est lui qui te bloque dans le lycée. Je manque de temps, tu dois trouver le moyen de récupérer tes pouvoirs, chaque action que tu effectueras te bloquera encore plus ou te redonnera certains pouvoirs. Je suis désolé, mais je ne pas rester, ils vont me retrouver…
– Non Sia attends ! Ah ! »
Je me suis énervé sur le bureau voyant que je ne pouvais pas lui parler. Seulement, quelque chose m’avait interpellé derrière lorsque je me suis penché dessus. Une sorte de plaque signalétique. Elle disait « Interface Virtuelle. 3 octobre 2012 » je me suis alors demandé si cette interface n’utilisait pas la date inscrite comme base et les personnalités qui existaient à cette chronologie. Je n’ai finalement pas tardé à anéantir la console de commande en y lançant le fauteuil sur lequel j’étais. J’ai ensuite refait le chemin à l’envers, alors que la sonnerie de midi retentait. J’ai fermé la porte derrière moi au moment ou celle en face de moi s’ouvrait. C’était la classe de Virginie. J’ai remarqué qu’elle me regardait lorsqu’elle est passée, avec ce regard timide qu’elle avait avec moi depuis la première fois. Seulement j’avais remarqué aussi celui que m’avait jeté Alexia qui était à la fin du groupe. Le sien était plus méchant, haineux presque. Comme si elle avait vu que je m’intéressais à Virginie, mais qu’elle ne le voulait pas. Mon corps se mit à frissonner après leur passage, réchauffant le torse avec mes étincelles et sentant que le port des armes dans le dos était de retour, mais sans mes armes. « On va pouvoir s’amuser » je me suis dit avant de remonter et de croiser Sieg au passage.
« Tient, toujours rien ?
– On n’est pas les seuls dans un monde étrange. Sia aussi, mais elle a la capacité de nous aider.
– Comment ça ?
– J’ai trouvé une salle de contrôle à l’étage en dessous, peu probable dans un monde supposé psychique. Elle nous obligeait à rester dans le lycée, perdant connaissance à chaque fois que l’on devait s’en extraire.
– Et qu’est-ce que ça nous apporte ?
– Nos pouvoirs, on sortira que si on les retrouve. En clair, on reverra ce con que lorsque la voix du schizophrène reviendra.
– Bon, continue, c’est bizarre, mais je commence à bien aimer les cours en fait.
– Tu changeras d’avis quand tu auras retrouvé Elidian l’ami.
– Je sais ! »
Ce n’était que le deuxième jour dans ce monde et je ne savais pas combien de temps ça me prendrais pour en sortir alors j’ai voulu jouer avec ma notoriété. J’ai d’abord voulu m’assurer que rien ne m’empêchait plus de sortir du lycée. Et effectivement, j’avais retrouvé une forme de liberté, parce que si je l’avais vraiment, j’utiliserais le vol pour me déplacer. J’avais dans l’idée d’exploiter l’oblitérateur pour me donner une seconde apparence. Au moment où j’arrivais près de la Tour qui n’existait pas, Chester m’arrêta.
« Leo, quelqu’un s’attaque à la Tour, tu peux t’en occuper ?
– Tu as de la chance, j’ai trouvé le moyen de sortir du lycée.
– Je ne te l’aurais pas demandé. Va avant qu’il ne la tombe. »
Celui qui m’attendait à l’endroit où la Tour était supposée être était une vieille connaissance. Romain. Tué deux fois au conteur par Leo, les deux d’une manière trop brutale. Il revenait, pour une dernière revanche, ressemblant à un zombie, un bâton à la main.
« Qu’est-ce que tu viens faire là ?
– Ezira m’offre la chance de te battre, tu n’as plus tes pouvoirs, tu n’as plus rien. Je vais t’écraser.
– Je n’ai pas besoin de mes pouvoirs, je sais toujours me battre. Ecarte-toi avant que je ne te démonte.
– Jamais ! Tu m’as humilié deux fois, DEUX FOIS !
– Si tu avais un minimum de bon sens, tu saurais que je le ferais aussi la troisième. Je te laisse la chance de vivre, part avant que je change d’avis.
– Je préfère mourir !
– Tant-pis pour toi. »
Il attaquait toujours le premier, il faisait toujours les même erreurs. Sa colère était tellement forte qu’il la laissait l’emporter et ne savais même plus ce qu’il faisait.
« Pourquoi tu t’épuises, tu sais que c’est déjà perdu.
– Je te ferrais payer ! »
Il s’est jeté sur moi, comme s’il savait que c’était déjà perdu, mais en ayant l’assurance de me détruire. Je l’ai stoppé, le frappant dans le ventre, puis déployant ma lame pour l’achever, puis l’extrayant en la pivotant sur mon bras lui coupant le reste du corps. J’ai récupéré le bâton qu’il avait à la main, qui appartenait à une époque à Sieg. Il s’appelait Nuage Ecarlate de sa traduction, Crimson Cloud. Une fois que j’avais l’arme en main, la porte de la Tour apparue.
« Oh ! Ma Tour !
– Je t’en prie Sieg.
– Merci !
– Une question, comment tu es arrivé si vite ?
– Téléportation. Je regrette la nouvelle Tour quand même.
– Ce n’est pas juste, toi tu récupère les pouvoirs dimensionnels.
– Et toi ton pouvoir élémentaire. Tu as plus de facilité pour te battre.
– Pas faux. Y’aurais pas quelque chose à manger ici ? Je commence à mourir de faim.
– Qu’est-ce que tu veux faire de mon ancien bâton Adam ?
– Le bidouiller, si tu veux bien m’offrir ton aide.
– Après avoir mangé ! répondit-il me montrant la cuisine avec des plats déjà prêts.
– Comment tu fais ça ?
– C’est ma Tour, elle fait tout ce que je lui demande. »
On a ensuite passé environ deux heures à modifier mon nouvel arsenal. Le bâton pouvait se détacher en trois parties, pour faire un nunchaku à trois têtes ou un bâton triple. Deux lames pouvaient se déployer aux pointes pour faire une javeline double. Comme seconde arme j’avais pris Lucifer, seulement les lames sans la tête de démon attachée à l’épaule, c’était la seule que je pouvais utiliser.
Pour le costume, j’ai essayé une forme de fusion entre la tenue de Leo lorsqu’il est apparu et le style vestimentaire de son père et celui que l’on avait en ce moment. Alors que Sieg travaillait sur l’oblitérateur pour me permettre de disparaitre lorsque je changeais d’apparence, moi je choisissais mes vêtements parmi ceux qu’il y avait dans les placards, utilisant la console de la Tour pour les modifier. La première couche était un body, en maille de cuir, il faisait partis du costume original d’Adam, une armure anti-balle. La partie qui couvrait le torse avait été recolorée en rouge. Le reste était bleue, assez pale, presque gris. Par-dessus, de longues jambières en cuirs noires, renforcées par des parties métalliques aux reflets bleutés. Elles tenaient serrées par des lanières en cuir marron, de la même couleur que les sacoches qui étaient sur les cuisses, vers l’extérieur. Pour ne pas changer, toujours les gantelets d’assassin avec les lames cachées, avec des gants qui couvraient que les deux doigts du milieu. Autour du cou, un keffieh noir. Je portais une sorte de masque, qui laissait apparaitre mon visage et mes cheveux. Il était bleu, un peu plus fort que celui du body. J’avais enfin tronqué les lunettes surréalistes d’Adam pour des lentilles, noires et qui laissaient apparaitre mon iris bleu brillant.
Ce nouveau personnage s’appelait Aiden, c’était le nom d’officier du père de Leo lors que la Guerre Aldorienne.
Une nouvelle apparence dans la collection, peu avant trois heures nous étions retournés au lycée, apprenant que le lendemain, c’était le cross du lycée. Je ne savais quoi faire de cette information, sachant déjà qu’il était normalement déjà passé, ensuite que ce n’est pas quelque chose qui allait m’apporter la solution pour sortir, enfin pas que je sache. Quelques minutes plus tard, la sonnerie retentit et tous les élèves virent s’agglutiner sous le préau et je restais comme toujours figé sur une silhouette.
« Dit moi tout Adam.
– Tu sais Sieg, elle me fascine, m’intrigue et me fait peur.
– Laisse-moi une seconde. Elle te fascine parce que tu es toujours aussi fou d’elle, elle t’intrigue parce que tu te demandes comment va s’effectuer la fusion.
– Bien, je vois que mon bon vieux Sieg remonte !
– Et elle te fait peur parce qu’elle est dans le coma dans le monde réel et que tu ne sais pas si elle va s’en sortir.
– Je…
– Je vais te dire, tu n’as pas à t’en faire pour elle, Chester s’en occupe et il la maintiendra dans un état stable. La fusion, je dirais un mélange, pas certain, mais c’est la solution la plus probable. Pour finir, je sais qu’elle t’obsède. Tu es fou d’elle, elle pareil et elle te manque.
– Oh ! Leo, t’étais pas à la Tour ?
– J’en viens Chaz, que te faut-il ?
– J’ai repéré un démon dans les parages, tu devrais le remarquer assez vite. Et oui, ta jolie femme va très bien.
– Merci Chester.
– Tu nous sors Aiden ?
– Avec plaisir Sieg. »
Mon adversaire avait pris une apparence humaine, comme toujours, mais là un genre de « beau gosse relou », le genre chiant qui fait chier son monde. Et il avait bien choisis sa cible, puisqu’il s’attaquait à Virginie. Il m’avait fallu exactement cinq secondes pour changer d’apparence. Pendant ce laps de temps, je me suis retrouvé dans une espace assez étrange, mais je le connaissais. C’était l’endroit d’où Sia m’avait envoyé son message. Elle y était, assise contre le mur, effrayée, fuyante. Elle ne me voyait pas, mais moi je la voyais. J’ai été rappellé là où j’étais par les paroles des deux personnes dans ma tête.
« Allez, j’ai juste envie que tu viennes avec moi, je ne te ferai pas de mal.
– Non ! Je ne veux pas, répondit-elle.
– Allez ! Ne m’oblige pas à t’y forcer. »
Entre temps je les avais rejoints, j’étais juste à côté de lui. Le masque que j’arborais m’aggravait légèrement la voix.
« Tu as entendu la demoiselle, elle ne veut pas.
– T’est qui toi ? Qu’est-ce tu me veux ?
– Lâche là. Attaque-toi à quelqu’un qui pourra rivaliser.
– Une merde comme toi. Vas-y, je vais te défoncer… »
Quelques secondes plus tard, il se retrouvait plaqué contre les casiers, les lames de Lucifer sous la gorge. Je me tenais juste en face de lui, le regardant d’un peu plus haut, mon bâton dans la deuxième main, derrière mon dos.
« Tu te crois toujours en position de force ?
– Euh, attends. Je pense qu’on peut s’arranger.
– Mais bien sûr, tu dégage vite et tu ne l’approche plus. En échange je te promets de plus m’affronter à toi.
– Ok ! OK, si tu insistes, dit-il partant.
– À qui ai-je l’honneur ? demanda Virginie.
– Aiden. Heureux d’avoir pu t’aider, répondis-je en la saluant. »
L’autre avait parcouru une partie du préau, comme s’il s’attendait à ce que je le rejoigne ou qu’il revienne me voir. À un moment, je l’ai entendu dire « Quelle connard celui-là » alors que j’étais encore avec elle.
« M’accordes-tu une seconde ?
– Bien sûr. »
Je me suis dirigé vers lui, suivant exactement les traces de ses pas, tracés grâce à la vision d’aigle. Je me suis vite rapproché de lui, à deux mètres à peine.
« Hey, si t’a quelque chose contre le connard, t’a qu’à le lui dire en face !
– Avec plaisir… »
J’avais lancé une attaque le temps qu’il se retourne, une vague électrique visant son cœur. Il m’a regardé, le regard perdu par le trou que j’avais laissé dans son torse, juste avant de s’effondrer dans la mare de sang qu’il avait perdu. J’ai fait demi-tour, partant vers la porte, jusqu’à arriver à l’endroit où se tenait Virginie.
« Qu’est-ce t’est ? Un genre de sauveur ? Un superhéros ?
– Non, plutôt un étranger excentrique. Au plaisir de vous servir, repris-je laissant tomber une carte à ma place. »
C’était une carte tout à fait normale, un as de pique, sauf qu’à la place du pique du milieu, c’était une fleur de Lys. Le dos portait une inscription en anglais « The Black Angel strikes where lies the beauty » Une citation qui se retrouvait souvent dans le passé de Leo. La carte disparaissait des doigts de celui ou celle qui l’avais ramassé lorsqu’il avait lu cette phrase.
«“L’ange Noir frappe là où la beauté réside” Tu ne crois pas que tu te la joue un peu Aiden ? me fit Sieg après que je sois sorti.
– Sieg ! Personne ne s’en souvient, à part nous deux.
– Lourd passé ?
– Bien sûr que non… C’est plutôt le brouillard qui commence à se faire lourd, tu ne trouves pas ?
– Trop vite, ce n’est pas normal.
– Retourne à l’intérieur, je m’en charge. »
Je m’attendais à voir un démon débarquer, au milieu de cette fumée, je n’y vois pas à deux mètres.
« Comme je suis content de te revoir mon ami !
– Derreck, toujours aussi, efféminé ?
– Toujours prêt à tuer un gardien de l’horloge !
– Et tu crois que ça me fait peur ?
– Ça devrait ! dit-il se mettant juste devant moi, à moins d’un mètre. Je suis adimensionnel, tu n’es qu’un contrôleur du temps…
– D’accord, alors déjà, tu sais que je t’ai dérouillé plus d’une fois !
– Pas la dernière fois !
– Tu t’es fait démonter par ma femme mon pauvre. Ce n’est pas plus crédible.
– Bon ! Je te l’accepte.
– Ensuite, je ne sais pas s’il a eu l’intelligence de te prévenir, mais le con qui t’a ramené ici, Ezira il m’a supprimé les pouvoirs en me confinant ici.
– Alors je n’aurais aucune difficulté à t’anéantir alors.
– Ouais, je sais toujours me battre et tu ne peux pas me mettre en position de faiblesse à cause de mes pouvoirs.
– Euh attends, je…
– Tu fuis ? Oui je m’en doutais, répondis-je alors qu’il s’enfuyait dans son brouillard, pourtant c’est une erreur. »
J’ai aspiré une partie du brouillard dans mon cœur, utilisant la cristallisation que je redécouvrais pour le rejoindre, plantant mes quatre lames dans son dos, au niveau de son cœur et j’ai réitéré la même attaque que précédemment pour lui supprimer son cœur.
« Un de plus éliminé, me fit Chester.
– Comment il en reste ?
– Aucune idée, je dirais entre un et cinq »
J’ai passé le reste de la journée à travailler mes coups, mes enchainements, ma force, mes capacités, Mais surtout à développer le style de combat d’Aiden. Je me suis basé sur le style du tigre de Leo, les coups, les parades, puis ai adapté la présence de mes deux armes avec, mon bâton qui pouvait se réduire dans ma main, lorsque je frappais, les lames que je pouvais poser en centaines sur un seul ennemi, qui n’explosaient que lorsque cette carte que j’avais laissé tomber repassait dans mes doigts. J’avais récupéré une bonne partie de mes capacités car même le contrôle énergétique était présent. Vers vingt-deux heures, j’ai stoppé mon entrainement pour me reposer sur le toit de la Tour de Verre.
« Tient, Chester, tu commences à faire comme moi.
– Je t’attendais.
– Pourquoi ? Quelque chose ne va pas ?
– Non tout va bien. Au contraire. J’ai entendu Virginie me parler tout à l’heure.
– Qu’est-ce qu’elle t’a dit.
– Déjà ça m’étonne un peu, mais elle sait que vous êtes dans un autre monde.
– Tu n’as pas pensé au fait que Sia aurait pu lui transmettre ses pensées, ou toi qui parles et elle qui t’entends ?
– Non, je n’y avais pas pensé à ça. Bref, elle est très fatigué et elle sait qu’elle manquera de force si elle est réveillée ou non lors de la fusion.
– Ce n’est pas plutôt Jessica que tu as entendu ?
– Je n’en sais rien, vous êtes tous schizophrènes ! Elle voudrait que tu récupère une partie de l’énergie du monde dans lequel tu es.
– Comment ?
– Ezira déploie une immense puissance à te bloquer toi et tes pouvoirs. Tout ça pour te prouver que ça aurait pu être différent, que ça aurait dû être différent. Elle voudrait que tu lui prouves que Virginie était bien amoureuse de toi. Ah ouais, c’était bien Jessica. En clair, elle veut que dans l’autre monde tu sortes aussi avec elle.
– Et, avec ça je récupèrerais cette énergie ?
– Pas toi, elle, mais oui, par contre, il y a un risque.
– Lequel ? Je le prendrais.
– On ne sait pas comment vous êtes entretenus dans ce monde, le risque c’est ce qu’il peut t’arriver à ta sortie. Ezira va certainement s’en prendre à toi.
– Pas grave, je prends ce risque.
– Content de te l’entendre dire frérot. »
Mercredi 25 décembre 2013, c’est Noël et on est en cours ! Alors oui, cette fois-ci ce n’est plus du tout crédible, mais je me devais prendre ce qu’il s’y passait au sérieux. Les deux premières heures avaient été tranquilles, je n’étais pas en cours, je m’ennuyais tout seul dans les couloirs. Lorsque nous sommes remontés à la pause de dix heures, j’ai cru apercevoir quelqu’un derrière moi en arrivant dans le couloir qui menait au préau. Sa vue m’effraya quelque peu, au point de me retrouver à l’autre bout du couloir. J’avais enfin retrouvé la téléportation et le mini ralentisseur de temps que m’apportait Toshiie avec. J’avais alors eu le temps que quelque chose allait arriver, une opportunité de commencer ma mission dans ce monde. Virginie avait trébuchée, laissant tomber son ordinateur de ses bras. J’ai alors usé de mes pouvoirs retrouvés pour la rejoindre et l’attraper avant même qu’il touche le sol.
« Tient, je crois que c’est à toi.
– Merci. Rapide dit-donc.
– Trop peut-être non ? Fais-y plus attention, je ne serais pas toujours là pour le rattraper.
– Dommage, répondit-elle s’en allant alors que j’étais encore fixée sur elle.
– Tu t’approches une autre fois d’elle et je te démonte ! me fit Alexia arrivant quelques secondes plus tard.
– Tu veux me frapper ? Vas-y, fait. Tu n’as pas à craindre que je te rende tes coups, je ne frappe pas les filles, encore moins les plus belles. »
Elle me jeta un regard déconcerté, sans trop savoir ce qu’elle devait faire, elle est repartie dans le même esprit.
« Tu vas vraiment finir par forcer quelqu’un au suicide Adam à force de jouer avec eux.
– Mais non Sieg, c’est une légende ça, lui répondis-je alors qu’il passait derrière moi, quoi que…
– Ceux qui tiennent à toi le supportent et c’est vraiment moins violent, c’est plus une sorte de folie incandescente.
– Leo ? Le “truc” que tu as vu tout à l’heure, je l’ai vu comme un des démons à éliminer.
– Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire pendant une journée alors ?
– Disparait pour mieux revenir !
– Sieg, faut que tu arrêtes franchement.
– Jamais !
– Je vais suivre ton conseil. Ça ne peut pas me faire de mal. »
Je ne croyais pas si bien dire. J’ai passé le jeudi dans la citadelle, bizarrement, Dvirel existait aussi ici. Je ne l’avais pas laissée flottante, mais posée au sol. Le lac qui l’accompagnait touchait à la fois Anathema, Amidia et Arios. Mis à part avoir visité toute la ville, m’être fait payé à manger par les habitants commerçants qui connaissait qui j’étais, je n’avais pas fait grand-chose, un bon moyen de se faire oublier et d’oublier l’endroit où je me trouvais.
Vendredi 27 décembre 2013, dernier jours de la semaine de cours et dernier jour potentiel de la semaine pour éliminer le démon, prénommé Shelby. Pas très commun comme nom quand même. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit vraiment difficile à battre, mais je ne le prenais pas à la légère pour autant. Ce matin-là, je partais de cette nouvelle ville, partant vers le lac à sept heures environ. Il était gelé, bleu azure. Tout le reste du paysage était gris, même la ville d’Akziel. Je suis arrivé dans le lycée, il était huit heures. J’ai passé la porte, entrant dans le bâtiment où flottait une atmosphère plutôt sinistre. Je suis resté quelques secondes la zone non éclairée pour observer ce qu’il se passait. Le démon se tenait au milieu, et tenait les autres en haleine. Personne n’osait bouger, je m’inquiétais de voir Joffrey et Bruno sans bouger avec les autres professeurs, auraient-ils peur de lui ? Moi en tout cas pas. J’ai commencé le changement d’apparence, toujours aussi long, un peu avant de passer dans la lumière. Je me suis de nouveau retrouvé devant Sia, dans la même position. Mais cette fois-ci elle me voyait, je l’ai entendu m’appeler Nova. Sur le coup j’ai regardé mes mains et effectivement c’était bien les siennes. Deuxième fois que je m’y rendais, je ne sais comment, deuxième fois que j’en sortais aussi tôt que ma transformation était finie. J’ai réapparu au moment où je passais dans la zone éclairée.
« Quelqu’un oserait-il s’opposer à moi ?
– Il est vrai que tu peux faire peur, surtout à de simples humains. Pourtant, je ne suis ni un humain et ce monde n’est pas réel. Alors si quelqu’un d’autre veux lui casser sa grande gueule ? »
Une grande partie du préau changeât de côté, pour s’agglutiner derrière moi.
« Bon, apparemment j’ai plus de succès que toi, j’ai même plus de fille que toi !
– Que viens-tu faire ici ?
– Sortir ! Tu es mon moyen de m’extirper de ce monde bordélique. Et oui je sais que ce n’est pas le monde réel, faut quand même pas me prendre pour un con.
– Je vais te faire sortir alors ! » dit-il se lançant sur moi.
J’avais déjà pensé le coup, j’avais placé un portail derrière moi, juste avant la foule et un second au-dessus de là où il était avant de me courir dessus. Je m’étais téléporté juste avant qu’il ne m’atteigne et sans portails, comme si tous les pouvoirs récupéré avaient étés augmentés en puissance.
« Alors, je vais te l’expliquer qu’une seule fois. Tu peux essayer de me tuer, t’a peu de chances d’y arriver. Je suis trop déterminer à rejoindre mon monde pour me laisser pourrir ici.
– Et qui t’est pour t’opposer au grand Shensei ?
– Shensei Shelby ? Quel nom de merde ! Aiden, au service de ces demoiselles !
– Arrête de faire ton beau.
– Je ne le fais pas, je le suis. Accepte la vérité l’ami.
– C’est ça ouais. »
Une seconde fois, cette précipitation allait le mettre en position d’infériorité. J’étais rapide, lui trop vieux. J’ai esquivé sa lancée, le couvrant de lames rouges.
« Tu comptes faire quoi avec ces lames ? Ça ne me fait même pas mal.
– C’est normal, pour l’instant » répondis-je laissant apparaitre ma carte entre mes doigts et lui calcinant le corps. « Du sang, t’aurais-je fait mal ?
– Arrête de faire le malin. Tu ne vaux pas mieux que ta mère !
– Personne ne touche à ma mère ! répondit Leo, à travers moi, sa main autour du cou de Shelby.
– Pauvre chou… dit-il avec une voix étouffée.
– Plus jamais ! » répondis-je le jetant et plantant sa tête dans mon bâton traversant le carrelage.
Sa tête était bloquée vers le bas du bâton, son corps était raide. Quelques secondes plus tard, Ezira fit son apparition devant moi. « Bravo tu l’a tué. Ce n’est pas pour autant que tu sortiras mon chou ! À plus tard ! » J’ai arraché mon bâton du sol, cassant le crâne de l’autre au passage. Je suis reparti, calme, comme si rien ne s’était passé. Virginie et Alexia me regardaient, l’une avec un regard effrayé ou admiratif, l’autre avec de la colère ou de la peur. Comme avec Leo, mes interventions laissaient une forte image impressionnante, puissante et effrayante de mes capacités. Pourtant je n’ai jamais recherché à savoir ce qu’ils pensaient de ce que je faisais. J’étais retourné vers le lac, mais dégelé grâce à sa mort, je me suis laissé flotter à sa surface, divaguant dans mes pensées. Le week-end a été plutôt calme, j’ai enfin pu retrouver une vie normale, à flâner dans la citadelle avec Sieg et sa fille.
Lundi 30 décembre 2013, j’avais définitivement abandonné les cours, complet et n’intervenais que lorsque je j’en sentais l’utilité ou que Grey ou Crimson faisait appel à moi.
« Dernière semaine Leo.
– Je sais Chaz. Tellement de choses à faire.
– J’ai l’impression que ce monde t’a fait découvrir pas mal de choses.
– Aussi bien sur moi que sur ce que je suis devenu. Les personnes qui m’accompagnent et tout ce qu’il me reste à faire.
– Alors va. Reviens, je commence à me faire chier tout seul.
– Je vais essayer, fis-je montant sur le rebord, a plus. »
Je me suis encore une fois jeté dans le vide, prenant mon envol juste avant de toucher le sol car oui, j’avais enfin retrouvé cette capacité aussi. Il était un peu plus de dix-heures lorsque je me suis rendu dans l’établissement, sous mon apparence. Il y avait presque personne, une dizaine à peine. Alexia est passée juste à côté de moi, me regardant assez méchamment, comme toujours, mais elle m’a plutôt ignoré. Au fond de la salle, Virginie était assise à une table, en sanglot. (Qui sait, Alexia s’est peut-être fait jetée ?) Je suis allé la rejoindre, m’asseyant à côté d’elle.
« Qu’est-ce qui t’arrive ?
– Je les déteste…
– Qui ? Dit-moi, je peux certainement faire quelque chose pour toi.
– Je sortais avec l’un d’eux, le blond. Le fait qu’il m’ait jeté ce n’est pas le problème. Le pire c’est que maintenant ils me traient de trainée, comme si c’était moi qui m’étais séparée de lui.
– Pourquoi est-ce qu’il t’a quitté ?
– Il trouvait que je passais trop de temps avec d’autres garçons, ou à en draguer certain.
– Moi par exemple ?
– Peut-être…
– Bien heureux qu’ils prêtent attention à moi.
– Pourquoi ça ?
– C’est une bande de cons, ils ne sont pas capables de traiter quelqu’un comme elle le mérite et je te dis ce que je pense, mais je suis certain que tu mérites mieux qu’eux.
– A ce point ?
– Bien sûr. Néglige-les, fait comme s’ils n’existaient pas. Et s’ils s’en prennent à toi, peut-être que ton ami Aiden resurgira pour t’aider.
– Toi aussi tu l’as vu ? Je ne l’ai pas rêvé. Tient, dit-elle me tendant un collier avec une sphère bleue en pendentif, si tu pouvais lui rendre ça.
– Oh ! Je… Je m’en chargerais. Au plaisir, repris-je quittant la table, et je sens qu’il va arriver plus vite que prévu, fis-je alors que les autres partaient. »
Je suis passé aux toilettes, juste avant qu’ils sortent, le temps de changer d’apparence pour ensuite me téléporter devant eux, dehors.
« Tient, qui voilà.
– Recule ! fit effrayé celui qui était devant.
– Oh, mais c’est qu’on a peur de moi ! Vous m’avez vu supprimer Shelby. Magnifique. Donc vous avez entendu tout ce que je lui ai dit et forcément ce pourquoi je suis là.
– A cause de l’autre salope ! » fit l’ex de Virginie.
Je me suis téléporté aussi tôt, plantant cet idiot en lui enfonçant mon bâton dans la gorge.
« Un volontaire pour essuyer ses acides gastriques de mon bâton ?
– NON ! répondirent-ils ensemble en fuyant.
– Mauviettes. »
J’ai nettoyé mon bâton en faisant gicler les liquides par terre, quand j’ai remarqué qu’ils avaient touchés autre chose au passage. J’ai alors attaché mon bâton dans mon dos, dégainé mes deux pistolets pour supprimer la tête de ce qui se tenait derrière moi. Je me suis ensuite retourné au moment où Chester fit son retour. « Plus qu’un ! » Chouette, un dernier et je sortais enfin de ce monde de merde. J’ai attendu midi et demi pour partir retrouver quelqu’un dans le lycée. Non pas Virginie, mais Alix. Le collier que m’avais donné Virginie lui appartenait, enfin du moins, elle l’avait dans mes visions. Alors lorsqu’elle était avec ses copines sous le préau, j’ai fait mon entrée, glorieuse et arrogante.
« Mesdemoiselles !
– Adam ! me répondit Alix.
– Parce que tu me connais en plus ?
– Autant que tu me connais. Tu le sais très bien.
– J’en doute quand même. »
J’étais à fond dans mon apparence puissante et pour m’assoir, j’ai pris une chaise la lançant vers la table, m’asseyant dessus juste avant qu’elle ne heurte.
« Si je te dis qu’après ce jour, ta vie va changer radicalement ?
– J’ai du mal à y croire. Pourquoi ça ?
– Déjà, pour ça ! fis-je lui montrant le collier.
– Vous pouvez nous laisser les filles s’il vous plait. Mais où est-ce que tu as trouvé ça ?
– Hey, toi aussi t’es coincé dans ce monde ?
– Oui ! Et alors !
– Fait-moi confiance, je vais nous en sortir, répondis-je lui mettant le collier dans les mains.
– C’est le collier de ma mère, je ne sais même pas quand est-ce que j’ai pu le perdre.
– Lorsque tu t’es fait kidnappée, répondis-je me levant.
– Mais…
– Fait-moi confiance, demain on devrait retrouver notre monde normal. »
J’ai passé le reste de la journée avec Grey qui ne faisait rien comme moi, lui aussi ce monde commençait à l’ennuyer.
« Tu viens au cross demain ?
– Forcément, demain, dernier démon au cross. On sera sorti quelque heure plus tard.
– Alors lorsque tu as fini le tient, viens me rejoindre, je pourrai avoir besoin de toi.
– Pour ?
– Aider ceux qui ont des problèmes. Personne ne doit savoir qui je suis sauf ceux qui le savent déjà.
– Arrête de déprimer. On va sortir. Ce n’est qu’une question d’heures.
– Je te fais confiance Adam. Enfin, je l’espère. »
Mardi 31 décembre 2013, dernier jours de l’année. Dernier jours dans ce trou à rat. Je devais sortir et je sortirais ! J’ai dormi depuis la nuit du trente et midi du trente et un, pourquoi ? Pour charger mon cœur. Une heure et demie, le parcours des terminales commençait, seulement les hommes. J’ai commencé doucement pour me chauffer et ensuite j’ai légèrement tourné l’anneau de mon cœur. J’ai distancé tout le monde, sans exceptions. Six kilomètres de cross, j’en avais fait quatre en moins de trois minutes, sans ralentir. Sauf au moment où dans une zone protégée de la forêt j’ai rencontré un gros truc. J’ai alors sorti mes lames, prêt à dégager cet idiot qui restait au milieu du chemin. J’y suis arrivé dessus à toute vitesse, l’embrochant avec mon bras droit au passage, le jetant dans un près quelques mètres plus loin. J’ai fini le parcours en cinq minutes, pas plus. Seul Crimson ne fut pas interpellé par ma performance.
« Tu es endurant dit-donc ! me fit Joffrey.
– Tu devrais le savoir pourtant ! Aller, je m’en vais, faut que je rejoigne ton frère.
– Et surtout, sors nous d’ici !
– Ne t’inquiète pas ! »
Je n’ai pas voulu gaspiller l’énergie de mon cœur alors j’ai opté pour la téléportation. Une vingtaine de minutes plus tard, le cortège des filles partait. Je m’étais installé avec Bruno sur un siège, une bière à la main.
« Je commence à comprendre pourquoi tu t’installes sur le parcours.
– Qu’est-ce que tu insinue Adam ?
– Tu le sais très bien. Ce n’est pas pour nous, c’est pour les filles.
– Arrête, l’alcool te fait dire des conneries.
– Impossible. Mon cœur me supprime tout effet psychotrope.
– Tu n’es pas sérieux ?
– Complètement.
– Monsieur ! fit une fille passant, derrière nous, Virginie c’est fait mal.
– On s’en occupe.
– J’y vais l’ami, fis-je partant aussi tôt. »
J’ai pris ma plus grande vitesse, parcourant le kilomètre qui nous séparait en dix secondes. Je me suis stoppé à côté d’elle, laissant une grande trace dans le chemin lors que mon freinage.
« Hey, princesse, est-ce que ça va ?
– Je crois que je me suis cassé la cheville.
– Bon, accroche-toi à moi, on va faire le chemin à l’envers.
– Combien à faire ? demanda-t-elle passant son bras autour de mon cou.
– Cinq-cents, sept-cents mètres ? Tu ne te sens pas de les faire ?
– Pas trop non.
– D’accord. Une seconde, fis-je détachant l’anneau de mon cœur. Tient.
– Tu veux que j’en fasse quoi ?
– Pose-le sur ton torse, où tu veux et laisse la magie s’opérer. »
J’ai parcouru la distance pour rejoindre les professeurs, je l’ai porté tout le long, sentant qu’elle était déjà mieux qu’avant.
« Joffrey. Je fais quoi des accidentés ?
– Oh ! Bon, euh, tu la ramène au lycée et tu l’envoie à l’infirmerie ?
– D’accord.
– Faut qu’on retourne au lycée ? demanda Virginie.
– Ouais. Tu ne te sens pas de faire le trajet ?
– Non toujours pas.
– Bon, laisse-moi juste nous placer là où ils nous ne verrons pas trop.
– D’ailleurs, d’où tu appelles les profs par leur prénom ?
– C’est une longue histoire. Je peux récupérer mon anneau.
– Oui tiens, mais qu’est-ce que tu comtes faire. Oh ! dit-elle alors que je la portais avec les deux bras.
– Je vais prendre un raccourci. »
Je me suis envolé, traversant la moitié de la ville pour rejoindre le lycée, me posant dans la cour, près de la porte de l’infirmerie. J’ai dû rester une demi-heure avec elle le temps qu’on lui fasse un plâtre et qu’on lui offre des béquilles. Lorsqu’on était dans la cour, elle m’arrêta vers le milieu.
« Il faut que tu m’explique.
– Tu, te souviens de ça ? fis-je en sortant ma carte.
– Oui, mais attends qu’est-ce que ? »
J’ai passé la carte devant mes yeux, changeant d’apparence immédiatement.
« Aiden !
– En personne. Ça t’étonne ?
– Non ça, oh !
– Si tu le permets, peut-on renter avant que tu ne me gueule dessus parce que mademoiselle à froid.
– D’accord. »
On s’est installés que les bancs bleus qu’il y avait à côté de la porte. Elle s’était assise sur mes genoux, la jambe tendue et j’avais repris mon apparence.
« Ben dit donc, tu ne perds pas de temps.
– Tu avais raison. Ils pensaient que je m’intéressais à toi.
– Et ? Est-ce vrai ou infondé ?
– Je te répondrais si tu m’explique qui tu es vraiment.
– Adam Pearce. Guerrier Elemental Enchainé. Porteur du Gardien de l’Ordre Leo Kryssen. Je suis le gardien de l’horloge, protecteur et contrôleur du temps. Qu’est-ce que je fais ici ? Je me suis fait attaquer par un démon dimensionnel, il m’a enfermé avec d’autres personnes comme moi dans ce monde qui n’est pas réel. Le seul moyen d’en sortir est d’éliminer les démons gardiens et d’effectuer une mission qu’il m’avait confiée. Il voulait me prouver que tout ce serait passé différemment sans Leo donc sans Nikki et sans que je ne trouve ma femme. Pour sortir je dois lui prouver que ma femme est bien amoureuse de moi, sans l’influence de celle de Leo dans son corps.
– Et qui est ta femme ?
– Toi.
– Moi ? Vraiment ?
– Ouais, tu vois, dans mon monde, la première fois que je t’ai vu je me suis demandé si vraiment je pouvais être un prétendant pour ton cœur. Quand j’ai su que tu portais l’âme de Nikki, je me suis dit, est-ce que mes sentiments pour elle ne seraient pas déjà influencés par Leo et est-ce que pour toi ce n’était pas la même chose. Leo s’est évertué à me prouver que non, tout était bien séparé. Lorsque Chester qui est dans l’autre monde m’a dit que ma mission était de lui prouver que nos sentiments étaient bien séparés de Leo et Nikki. J’ai vu une chance de me prouver ce que m’avait affirmé Leo et ai abandonné le côté jeu que je voulais donner à ce monde.
– Mais, si toi et tes amis sont dans ce monde, pourquoi pas elle ?
– Elle est dans le coma, attaquée par un démon, Ezira, celui qui nous a emmenés ici.
– Oh ! Désolé.
– Ne t’en fait pas, je sais qu’elle va bien.
– Donc, si j’ai bien compris, si je te dis que ses idées étaient infondées ou non, tu pourras sortir ?
– En théorie.
– Hey vous deux, vous m’arrêtez… »
Un surveillant était sorti de la vie scolaire pour nous dire d’arrêter notre comportement amoureux, même s’il n’y en avait pas. Presque pas. J’ai dégainé Ivory, pointant la tête de celui qui était venu nous déranger. Il est rentré aussi vite qu’il était sorti, bégayant un « Désolé, désolé ! » On s’était mis à rire en voyant la façon dont il était effrayé par mon arme.
« Tu veux que je te dise…
– Je ne sais pas, seulement si ça en vaut la peine… »
Elle m’a tout juste laissé finir ma phrase qu’elle était déjà en train de m’embrasser. « Moi aussi, la première fois où je t’ai vu, je t’ai tout de suite trouvé quelque chose de spécial » Dit-elle après m’avoir lâché. Tout autour de moi commençais à s’effacer, tout devenait noir, sombre.
« Ça commence.
– Tu t’en vas alors…
– Je ne pars pas. Je vais revenir. Je veux juste que tu ne m’oublie pas. Que tu penses à moi, que tu rêves de moi, jusqu’à ce que je te retrouve, dis-je lui tendant la bague de fiançailles que Leo avait depuis des années pour Nikki.
– Promis… »
Je suis sorti dans la cour, attendant que je parte.
« Es-tu sur de ce que tu as fait Adam ?
– Mais oui Leo, tu verras, lorsqu’elle reviendra, elle l’aura au doigt et je ferais la demande.
– Ambitieux.
– C’est toi qui m’a appris ça l’ami.
– Là-dessus tu as raison. »
J’ai ensuite disparu quelques minutes dans le noir, j’entendais Ezira dire « ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai ! » je me suis réveillé quelques secondes plus tard, dans une sorte le labo, suspendu par des liens énergétiques. Ezira c’est violemment approché de moi alors que les autres se détachaient. Il m’a lancé une sorte de couteau dans le torse, traversant le torse, cassant à la fois mes liens et mon cœur qui s’est détaché et est retombé devant moi en miettes.
« Leo ! me fit Sieg venant vers moi.
– Alors comme ça tu veux me les briser ? Viens ! Je vais te monter qui est plus chiant de nous deux ! dis-je passant à l’apparence de Nova.
– Tu n’as pas apprécié mon petit voyage.
– Non ! Et maintenant je ne supporte plus ta sale gueule ! » repris-je dégainant ma lame éclair.
Je n’ai même pas voulu lui laisser une chance. J’ai brisé sa garde, une première fois avec ma lame et ai reproduit la même attaque pour lui couper un bras. J’ai changé ma lame pour les deux crochets. Les plantant dans son torse, bloqué dans les côtes pour pouvoir lui ouvrir la cage thoracique. J’ai fini en changeant le second crochet pour mon canon de bras, plantant la lame qui était sous le canon dans la gorge pour le plaquer au sol et tirant alors que le canon était en face de sa tête.
J’étais enfin sorti, mais certain de ce qui allait se passer ensuite. Je n’avais plus de cœur et j’étais donc obligé de garder l’apparence de Nova pour rester en vie.
Tyrans, dictateurs, meurtriers, tous ces être que l’on qualifie de sans cœur à cause de leurs actes monstrueux. J’ai envie de voir le monde d’un autre côté. Peut-on croire que les hommes, les meilleurs de ce monde ne soient pas sans cœur eux aussi ? Même s’ils font preuve de courage, d’honneur, ou d’humanité pour sauver les autres. Comment devrait-on qualifier les actes meurtriers qu’ils font pour vous aider ? De magiques ? N’allons pas trop loin, eux aussi sont sans cœur pour leurs victimes. Alors, qu’est-ce qui sépare et différencie ces hommes bons des tyrans ? Simplement. Le choix de leurs victimes.
Feng. 1369
Plus de cœur, donc plus d’Adam, plus de Leo, plus d’Aiden ! Ils allaient me manquer. Alors pourquoi Nova est le seul qui me tient en vie ? Il est le seul qui ne requiers pas mon cœur sur vitaminé. Donc, il est ma seule solution pour rester en vie.
Lundi 20 janvier 2014, Virginie toujours dans le coma. Toujours dans le même état, je commençais à me dire que cette situation s’approchait de quelque chose qui devait m’arriver inévitablement. La seule chose que je me demandais aujourd’hui c’est comment ça allait m’arriver.
« Tu es censé te retrouvé, seul, avec cette fille, Alix, dans un endroit qui paraîtrait être une forêt.
– Oui.
– Tu ne crois pas que ça fait un peu, enfin, tu vois quoi.
– Chaz !
– Désolé, c’est juste une supposition. En attendant on n’a toujours pas retrouvé Sia.
– Sia, coincé dans une prison, cellule sombre aux tons bleus, elle veut échapper à quelqu’un, ou quelque chose… fis-je commençant à tourner en rond.
– Attends, où tu veux en venir ?
– Mais qu’est-ce qui pourrait retenir Sia ? Pas de démon, pas d’ange, elle n’est ni bloquée dans les limbes ni dans le monde oblitéré.
– Nova ?
– La ferme ! Pourquoi je n’arrive pas à trouver où elle est enfermée ?
– Tu n’as aucune indication sur ce que tu as vu ?
– Certaines dates ramenaient à la grande guerre, le début, la fin, la création…
– De ?
– Qui peut bien le chercher ?
– Peut-être le dernier survivant excepté ton père et toi, me fit Tara.
– Je ne le pensais pas encore vivant…
– Mais qui ? demanda Chaz.
– Alan, repris-je me mettant à flotter, tu ne le retrouveras pas…
– Nova !
– Désolé, il faut que j’y aille » repris-je m’envolant.
J’avais utilisé une sorte de divination pour le localiser, comme ce que j’avais lorsque je changeais entre Adam et Aiden. Je me suis alors envolé vers lui aussi vite que je l’avais trouvé. En quelques minutes je l’avais rejoint et envoyé au sol. « Mauvais choix » me fit une voix derrière moi. Je n’avais éliminé qu’un clone et c’est le vrai que j’avais à affronter maintenant. Il ne m’en a même pas laissé le temps, me bloquant en me prenant au cou au milieu des éclairs qui tournaient autour de ses mains. On a chuté d’une centaine de mètres, finissant par atterrir dans une voiture qui passait. J’ai essayé de sortir une arme dans la chute, mais sans succès. La frappe fut si forte que je ne savais pas où ni comment j’avais atterris. J’ai dû me réveiller que une ou deux heures après.
« Oh ! Merde ! fis-je voyant mon corps transpercé par la roche sur laquelle j’étais tombé. Elle va faire mal celle-là ! repris-je m’extrayant et voyant mon corps s’illuminer en bleu.
– Où est-ce qu’on est ? fit une voix éloignée.
– Et en plus on n’est pas seul. Magnifique. Viens Alan, je te promets de ne pas essayer de te tuer… Quoi que, c’est déjà fait, dis-je en voyant son corps transpercé par ma lame éclair, où est-ce que j’ai fini avec tout ça moi ? »
Lorsque j’ai commencé à regarder autour de moi, un flash est venu me troubler. C’était l’endroit où j’étais lors de mes visions. Mon instinct s’affola d’un coup, juste pour s’assurer que ceux que j’avais entendu allaient bien. Si mes pensées s’avariaient vraies, la voix de fille que j’avais aperçu tout à l’heure était celle d’Alix. Je suis alors parti dans la même direction qu’eux, au milieu de la forêt. J’en ai vu le bout vers dix heures, sortant en face d’une route, qui apparemment ne menait nulle part, du moins je n’en ai jamais vu le bout. Au loin se tenait un château, assez majestueux, ressemblant au manoir du père de Leo. Quelques mètres plus loin, il y avait un petit campement. Une cabane en bois exotique, une zone entourée de pierre pour l’emplacement du feu et quelques installations à l’extérieur. « Plus puissant que je l’imaginais ! » dis-je en l’apercevant. J’utilisais les capacités de l’horloge pour me faciliter la vie. Je crois que le seul problème que j’avais depuis le début, c’était de ne plus entendre ma voix ou celle de Leo, comme une forme de solitude, ou la paix, je ne savais pas trop. Je m’étais installé à la table, pensant en premier savoir ce qu’il se passait entre les deux autres personnes. Le temps que ça prenait m’a forcé à prendre quelque chose à manger, plutôt le faire apparaitre. D’un coup, mon corps se mit à frissonner et ma vue devint blanchâtre. J’étais entrée dans une de mes visions. En l’occurrence celle qui m’avais permit de savoir qu’Alix était la petite fille de Tara. Elle venait me rejoindre, jetant son copain qui repartait à pied. Je lui disais alors que j’étais Nova et que j’étais déjà mort.
« J’ai une question avant que l’on aille plus loin. Tu es toujours comme ça ? demanda Alix.
– Comment ça, comme ça ? » répondis-je, les pieds sur la table, assis sur une chaise, un café dans la main gauche et un chausson aux pommes dans l’autre.
« Aussi, arrogant, irrespectueux.
– Comment oses-tu ? Tu ne me connais pas et tu te permets de me juger ?
– Tu t’installes dans un campement, tu ne sais même pas s’il n’y a pas quelqu’un.
– C’est moi qui l’ai posé ce campement, je ne te permets pas de me traiter de voleur. Et si seulement tu avais réfléchi un tant soit peu, tu saurais qu’il n’y était pas quand tu y est passé à côté avec ton mec.
– Euh…
– Tu as de quoi manger dans la commode devant toi. Sert toi. On est là pour un moment encore.
– Euh, Nova…
– Oui ? Qu’y a-t-il ?
– Je suis désolé pour tout à l’heure, je n’aurais pas dû…
– Tu as raison, ma vocation première est de faire chier le monde. »
Ma cabane n’en était pas réellement une, c’était un pont de passage jusqu’à l’horloge.
« Tient, Nova.
– Sieg, toujours calme chez toi ?
– Ouaip. Et toi ?
– Tu savais que j’allais devoir me retaper mes visions ?
– Excuse-moi, je ne peux pas savoir ce qui arrive à Nova. Je suis que contrôleur du temps, pas gardien.
– En clair, je dois m’en sortir tout seul ?
– Exactement.
– Génial. Je te remercie de ton aide qui ne m’a servi à rien.
– Mais de rien mon cher.
– Bon, comment je vais m’en sortir…
– Hey ? Y’a quoi là-dedans ? demanda Alix derrière la porte.
– Entre, tu le verras par toi-même.
– Non ! C’est plus grand à l’intérieur.
– Faux ! On n’est pas dans la cabane, mais sur l’horloge.
– L’horloge ?
– Il y a un truc qui tourne et qui fait de la lumière dans l’espace. C’est la grande horloge, puissante montre maitresse du temps de tout et n’importe quoi. Sans elle tout tombe, est-ce que l’univers peut vraiment chuter physiquement comme un objet attiré par la gravité ?
– Euh…
– Elle se situe au centre de l’univers ! À quelques centaines de mètres près.
– T’es sérieux ?
– Ais-je l’air de me foutre de toi ? Peut-être que oui en fait.
– Tu es certain que ça va ? J’ai l’impression que tu es…
– Un peu trop déjanté ? Oui, trop même.
– T’est marrant. Tu es peut-être fou, mais ça te rend drôle.
– J’espère. Je te rappelle que je dois me coltiner une gamine jusqu’à qu’on puisse venir te chercher.
– Hey ! Puisque c’est comme ça, je m’en vais !
– Part pas trop loin, je n’ai pas envie de partir te chercher. »
Je n’arrivais pas à comprendre comment il fallait que je m’y prenne. Sachant que la personnalité de Nova m’empêchait de réfléchir correctement, ça devenait de plus en plus dur. Seize heures, je me suis décidé à sortir de l’univers pour retrouver la Terre, m’installant dans le canapé à l’ombre à côté de la cabane avec Alix.
« Qu’est-ce qui te préoccupe ?
– Ce qui vient de m’arriver.
– Tu t’es fait sortir de la voiture par un ami, Sieg, c’est pour ça que tu es encore vivante.
– Et ceux qui étaient avec moi dans la voiture…
– S’il vous a sauvé toi et ton copain, c’est parce qu’il devait y avoir une raison. Hey, qu’est-ce qu’il y a ? fis-je m’arrêtant en voyant ses yeux pleins de larmes.
– Ils me battaient…
– Attends, vraiment ?
– Ils ne m’aimaient pas. Ils me battaient, m’insultaient, j’ai toujours essayé de les éviter, mais ce n’était pas toujours facile.
– Comment tes parents pouvaient te faire ça ?
– Ce n’était pas mes parents. Mes vrais parents je ne les ai jamais connus…
– Oh, princesse, fis-je alors qu’elle posait sa tête sur mon épaule, que pourrais-tu me répondre si je te disais que je peux te faire retrouver tes parents, tes origines ?
– Tu, tu peux vraiment ?
– Bien sûr, tu n’imagines même pas tout ce que je peux faire.
– T’est génial. »
Ma première envie était de me rapprocher d’elle, tout faire pour qu’elle s’habitue à moi, qu’elle m’accepte et qu’elle me supporte. Plus tard dans la journée j’ai découvert que Nova avais des talents de cuisiniers, presque aussi bons que ceux de Sieg. J’avais fait des macarons, du café et un bon repas chaud pour elle. (C’est fou tout ce qu’on peut avoir avec une grande horloge) Je m’étais allongé sur le canapé pour faire une sieste, après avoir allumé le feu. Quelque chose m’avais réveillé environ une demi-heure plus tard. C’était Alix. Je me suis remis en mode vision, cette fois-ci, c’était celle où elle était à côté du feu en larmes, me disant qu’elle se trouvait nulle, moi j’y répondais en disant que les autres n’ont jamais vu ce que je savais d’elle.
« Repose-toi princesse, la fatigue ne t’aide pas. Entre dans la cabane, tu entreras dans une des chambres de l’horloge.
– Certain ?
– Si tu ne veux pas me faire confiance pour ce que je t’ai dit, fait-moi confiance au moins pour ça.
– D’accord. »
Moi, comme ma véritable forme dans les cas où j’étais trop perturbé ou pensif, je ne dormais, pas. Enfin, ce n’est pas le terme exact. Je dormais, mais je me mettais en stase, fixe et invincible. Le temps m’a paru n’être qu’une seconde.
Mardi 21 janvier 2014, il était dix heures lorsqu’elle s’est réveillée. Moi j’étais dehors, en train de profiter du soleil. Troisième vision, celle où elle me surprenait torse nu. Le moment où elle s’est coupée, j’étais en train de me perdre dans mes pensées, dans ses yeux, son visage. Sa beauté me fascinait toujours plus chaque jour. Puis vint la suite de la vision, lorsque je lui montrais le château en face de nous.
« J’ai quelques questions qui me dérangent depuis hier.
– Je t’écoute.
– Déjà, où est-ce qu’on est ?
– Si je me fie à l’humidité, l’ensoleillement assez faible, le paysage montagneux et couvert de forets ou de champs cultivables. Je dirais l’Irlande.
– Sérieux ?
– Oui je sais, on vient et on était en France. Aléas d’oser m’envoyer dans une voiture aussi. Ensuite ?
– Qu’est-ce que tu caches derrière ta folie ? Ton côté intenable ?
– Ma colère, elle me détruit depuis trop longtemps.
– Il ne faut pas la cacher, laisse la sortir, laisse la parler, elle peut devenir ta plus grande de force.
– Quoi d’autre ?
– Qu’est-ce que ce château enferme pour que tu y prête autant d’attention ?
– Quelque chose d’à la fois extrêmement dangereux et puissant, mais aussi de magique, merveilleux. Une arme si puissante qu’elle peut supprimer tout un peuple, toute une planète.
– Oh…
– Rassure-toi, si je suis ici c’est pour la récupérer, qu’elle reste dans des mains qui sauront en faire bon usage. Aller, mange au lieu de fantasmer sur ma personne.
– Arrête… »
Je me demandais à quel moment je pourrais lui dire ce pourquoi elle est vraiment ici, c’est plutôt délicat à la fois. Je ne savais même pas comment j’allais avoir besoin d’elle, ni comment on ferait la fusion. J’étais retourné dans l’horloge, pour retrouver Sieg.
« Comment tu la trouves ?
– Tu veux vraiment le fond de ma pensée ?
– Je m’en passerai. Tu la supporte ?
– Bien sûr. C’est autre chose qui me fait exploser la tête.
– Comment, pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle va faire ?
– Ô grand devin, éclair moi de ta lumière de sagesse !
– Espèce d’idiot. Elle sera ton billet de sortie. Comment ? Je ne sais pas, tout ce que je sais c’est que la définition voudrais que tu partes sans elle, elle te rejoindra après.
– Nikki…
– Apparemment, tu remercieras Alexia pour ses conseils.
– Sieg !
– Quoi ? dit-il énervé.
– Je vais te la ramener ta femme, ne t’en fait pas. »
Une perdue et une dont je ne savais pas comment elle devrait m’aider. Plus j’avançais, plus je me disais que ça allait être dur, compliqué et surtout chiant. Quatorze heures, je m’étais décidé à attendre le lendemain pour rejoindre mon destin et à passer le reste de la journée avec la demoiselle qui était avec moi. Le soleil était présent, pour une fois, on était tous les deux sur l’herbe, en train de regarder le lac que surplombait le château. Quatrième vison, cette fois-ci elle voulait savoir pourquoi je l’avais faite venir, je lui disais qu’elle était différente des autres.
« Tu disais que j’avais quelque chose de spécial. Tu parlais de quoi ?
– Tu n’as aucune connaissance de tes origines, qui sont tes parents ?
– Non…
– Bon, je pensais éviter ce passage-là. Le début est la question, pourquoi Lojin t’a kidnappée ? Simplement parce qu’il savait que j’aurais besoin de ton aide. Tellement que pour m’atteindre il s’en est pris à toi.
– Euh…
– Oui, moi Nova, Adam, Leo, Toshiie, tous les mêmes, juste un esprit différent. Si je te portais déjà un attrait c’est parce que quelqu’un que je connaissais depuis longtemps m’a demandé si je pouvais te retrouver. Elle s’appelle Tara et c’est ta grand-mère. Ça va jusque-là, pas trop d’info d’un coup ?
– Ça va.
– Ensuite, pourquoi est-ce que tu as été emmené avec moi lors de mon crash dans la voiture ? Tu es la seule qui pourra me sortir du château lorsque je j’aurais récupéré ce qu’il contient. Ne me demande pas comment, je n’en ai aucune idée.
– Mais pourquoi moi alors ?
– J’en viens à ce que tu es vraiment. Ta grand-mère est une Enchainé, comme Adam. Toi, tu es une eran, l’une des personnes les plus puissantes sur Terre, le type représentatif de la puissance Terrienne, tu viens d’une dimension parallèle même si tu es née sur Terre.
– Comment je dois prendre ça ?
– Comme tu en as envie. La suite, le plus dur. Je sens que tu vas m’en vouloir de te le dire. Une fois que je serais sorti, si je sors, je vais avoir besoin de toi, de ton collier pour autre chose.
– Dit, je verrais comment je le pendrais.
– Je devrais te faire disparaitre. Non, Alix attends ! dis-je alors qu’elle s’en allait. Oh ! Merde !
– Un coup de main peut-être ?
– Sully. Si je m’attendais à toi.
– Nova. Tu te décides à aller le chercher alors ?
– Venu chasser du démon ? Oui sinon je ne serais pas à ici à désespérer alors qu’elle me déteste.
– Ah, les femmes. Laisse-lui du temps.
– Sully…
– Désolé. Pas voulu. Mais c’est vrai, tu lui dit qu’elle va disparaitre. C’est quand même un peu dur de se dire que l’on va être effacé du monde.
– Presque. Heureusement que je suis déjà amoché, ça se verra pas si j’empire.
– Aller, bon courage l’ami.
– Merci. Je vais en avoir besoin. »
Le soir, dix-neuf heures environ, la dernière vision est arrivée. Sur celle-ci j’étais en train de préparer mes bagages pour partir. Je m’en suis voulu d’avoir été aussi méchant avec elle. Je suis alors reparti la voir dans sa chambre.
« Excuse-moi, je n’aurais pas dû te dire ça et peut-être j’aurais dû te dire la vérité dès le début.
– Pourquoi tu ne l’as pas fait ?
– Parce que je savais que tu le prendrais mal, pire que si tu n’étais pas habitué à moi, pire que si je n’étais qu’un inconnu à tes yeux, répondis-je m’asseyant en face d’elle.
– Tu penses que je devrais te pardonner ?
– Ne le fait pas si tu n’en a pas envie. Tout ce que je voulais c’est que tu te sentes bien, je ne sais même pas ce qui m’attends là-bas, ou après.
– Je me sens calme avec toi, dit-elle en me prenant mes mains.
– Comment ça ?
– Depuis des années, j’ai toujours l’impression qu’il me manque quelque chose, comme un vide au fond de moi qui est irrassasiable. Toi qui sais des tas de choses, tu ne pourrais pas m’aider ?
– T’est certaine que tu ne vas pas me jeter un couteau dans le cœur si je te le dis ?
– Tu as ma parole.
– Ce n’est pas un vide, c’est un manque d’une partie de toi. Enfin de toi. Pas exactement. Tu es une eran, portant une âme aldorienne. Celle de ma femme Nikki. Tu possèdes une partie de son âme, c’est ma copine qui possède l’autre.
– Oh ! Tu veux dire que, je suis comme toi avec Leo ?
– Exact. Seulement, il faut que je justifie quelque chose. Je t’ai dit qu’il fallait que je te fasse disparaître. Ce n’est pas exact. Ma copine est dans le coma, depuis quelques mois. Le seul moyen que je la sorte est que je lui donne la seconde partie de l’âme de Nikki.
– Tu veux me l’enlever ?
– Impossible. Si je faisais ça, je te tuerai. La seule technique que j’ai c’est la fusion.
– Moi et ta copine ?
– Tu ne vas pas encore m’envoyer dans un rocher ?
– Non ! Tu es bête…
– Ça te fait peur ? Tu te demandes comment ça va se passer, qu’est-ce que tu vas devenir ?
– Un peu…
– Je ne peux rien te garantir. Je me le demande moi-même.
– Ça te dérange de rester avec moi ? Je n’ai pas envie de dormir seule.
– D’accord. »
Mercredi 22 janvier, sept heures. L’heure de mon départ. Je me suis dit que je devais partir avant qu’elle ne se réveille, pour qu’elle ne me retienne pas. J’ai commencé à sillonner la route, dans l’air brumeux et humide de la rosée matinale. J’avais fait dix ou vingt mètres quand une voix vint m’arrêter. « Nova ! fit Alix derrière-moi. Pourquoi je n’essaierai pas avec toi ? » Je me suis retourné, elle était enveloppée dans le drap doré de son lit. J’ai commencé à me rapprocher d’elle. « C’est vrai, ça n’a jamais marché avec les autres, mais tu n’es pas comme les autres » Je n’avais toujours pas répondu, j’avançais, puis j’ai laissé tomber mon sac à deux mètres d’elle. « Nova… » fit-elle alors que je n’étais qu’à un pas d’elle. Je l’ai prise dans mes bras, regardant ses yeux apeurés, puis je l’ai embrassé. J’avais l’impression de revivre, comme si Adam et Leo voulaient revenir à ma place. Elle m’a regardé avec un petit sourire timide juste après, comme si c’était ce qu’elle voulait, mais qu’elle ne s’y attendait pas.
« Promet moi de m’attendre. Je reviendrais.
– Certain ?
– Certain princesse. À plus tard. »
J’ai opté pour la téléportation pour atteindre la dernière partie du chemin. La partie pavée qui rejoignait le château.
« Tiens, Sieg !
– Faudra que tu m’explique un jour.
– Que je t’explique quoi ? Pourquoi j’ai posé des canons anti aériens sur le château, dissuadant tous ceux qui veulent le voir d’en haut, pourquoi ce n’est pas moi qui l’ai construit ? Juste que je suis un guerrier, pas le temps pour m’amuser à ça. Sérieux, pas le temps, trop paradoxal.
– Non, comment tu fais pour que toutes les filles tombent amoureuses de toi.
– Pas toutes ! répondis-je me tournant vers lui.
– D’accord, pas toutes. Tu t’y enfonce seul ?
– Je me demande si Sully n’est pas dedans. Au pire.
– Bon, alors bon voyage et bon courage.
– Tu penses vraiment que j’en ai besoin ?
– Oui, cette fois-ci oui. »
Engouffré dans une structure qui me rappelait le tombeau des anges. Mêmes matériaux, même façon de construire. Je savais ce qui se trouvait au milieu du chemin, pas ce qui m’attendait à la fin ni au début. Après avoir fait quelques mètres dans un couloir trop droit et trop long, la voix de Sully vint perturber le silence mortuaire qui flottait.
« Te revoilà.
– Pourquoi je suis content de te voir ?
– Peut-être parce que ce couloir et un désespoir constant. Plus tu avances, plus il recule.
– Génial, s’il me faut devenir fou à lier, conseil, recule.
– Comme tu voudras.
– Tu as essayé les embranchements ?
– Ils sont pareils. Toujours plus long une fois dedans. Et c’est tous les même, si tu préfères, ce qui est entre le premier et la porte se colle après l’embranchement et le second sera aussi le premier.
– Bon, garde-moi mon sac. Tant que j’ai encore mes pouvoirs. Je vais nous sortir.
– Si tu le dit. »
Ce n’était qu’une question de vitesse. Le système a été étudié pour que je sois le seul à pouvoir y entrer. Vingt minutes à traverser les passages, menant toujours à un endroit différent du couloir, dix minutes pour activer tous les passages et désactiver leur superposition. Le dernier menait juste au-dessus de la porte au fond.
« C’est une question de temps. Mais ça te dépasse ça l’ami.
– Comme tu dis. Qu’est-ce qui nous attends derrière ?
– La disparition de mes pouvoirs temporels et spatiaux, une chimère, un gardien du feu et un cerbère.
– Ben voyons, tu n’as pas trouvé pire que ça comme défi à te donner ?
– Je ne me suis jamais donné les défis, ils les ont fait pour que je puisse les faire.
– Mais qui ils ?
– Aucune idée. Des gens bizarre, Saory certainement. »
Une arène, trois gardiens, trois portes. Sully avait choisis l’asphyxie pour les éliminer. Plutôt efficace.
« Tu respires encore ?
– Je ne sais pas si tu l’avais remarqué, mais je ne respire pas. A quoi bon respirer lorsque qu’on est mort.
– Perspicace l’ami. Quelle porte tu choisis ?
– Une sort, l’autre même au trésor, la troisième, aucune idée.
– Il est dit que les portes sont classées a chronologiquement, par rapport à ce qui se tient derrière.
– Par logique, la sortie et le trésor sont côte à côte. Mais comment savoir où se situe la dernière si on ne sait même pas où elle mène.
– Comment tu comptes t’y prendre ?
– Comme ça », dis-je dégainant mon épée et la lançant à travers la porte centrale. Elle me revint en sortant de la porte derrière nous. « Magnifique ! repris-je en la rattrapant au-dessus de ma tête. Une boucle temporelle. Toi, tu prends la première, tu sors et attend que j’en fasse ce même. Moi, je vais chercher de quoi faire péter la planète.
– Attends, tu me dis quand même pas de te laisser seul avec ce truc ? Si, au temps pour moi, désolé !
– Aller. Espérons que je ne me fasse pas tuer dans ce merdier. »
Lorsque j’ai passé la porte, je me suis retrouvé dans une grotte, un peu comme le tunnel qui menait chez les ancestraux. Assez sombre, mais pas humide. J’ai dû marcher une heure dedans jusqu’à entendre le bruit de l’eau qui résonnait dans la cavité. J’ai sauté de ce trou sur un pont en bois. J’ai fait quelques pas alors que j’étais dans le noir complet, quand un fantôme ou quelque chose du genre apparu devant moi.
« Présentez-vous.
– Parce qu’en plus elle ne me reconnaît pas !
– Présentez-vous.
– Nova, gardien de l’horloge.
– Erroné.
– Elle est sérieuse ? dis-je alors que le Nhys que j’avais adopté sortait de mon sac pour le poser sur mon épaule.
– Identifié. Leo Kryssen. Accès autorisé à la cave.
– Merci l’ami. »
Il n’y avait plus aucune lumière, sauf mon compagnon sur mon épaule, comme une mini-torche pour me guider. J’ai suivi le pont, sur une bonne centaine de mètres, puis la lumière arriva, d’abord derrière moi, puis arrivant à mes pieds, dans l’eau. Elle finit par faire apparaitre une immense structure cubique, retenant une sphère d’énergie bleue, comme une étoile chaude en train de s’éteindre. « Content de te revoir » fis-je tendant ma main alors qu’il se repliait comme bague le long de mon index. « Plutôt classe non ? Oh ! Oui c’est vrai tu ne parles pas. » Une question m’est alors venu à l’esprit, comment sortir ? La réponse est venue d’elle-même lorsque la structure dans laquelle j’étais s’effondrait. J’ai voulu l’empêcher en figeant le temps, mais voyant que c’était la seule technique, j’ai préféré me laisser tomber. Lorsque j’ai heurté le sol, le flot chronologique qui tournait autour de moi s’est effacé, comme impossible. « Super ! fis-je en commençant à regarder autour. On est dans la merde l’ami. » Étrangement j’avais l’impression de parler dans le vide, mais je savais que le petit bonhomme que j’avais sur l’épaule me comprenait, même s’il n’avait pas la capacité de me répondre. J’ai ensuite suivi le couloir devant moi qui faisait un N et qui terminait sur un mur gélatineux qui ondulait lorsqu’on le touchait. Je me suis décidé à passer à travers, me retrouvant dans une autre partie du couloir. Celle-ci menait sur un T, à droite, un escalier qui redescendait là où j’étais tombé, à gauche, juste un coude qui menait à un second T.
« Dans le genre labyrinthe à te filler des maux de crâne, je crois qu’il est champion.
– Ce n’est qu’une épreuve, faite par ailleurs pour toi.
– Ouais c’est… Attends, tu te décides à parler ?
– Nous ne parlons pas en général, nous ne sommes que des images aux yeux de beaucoup de peuples. Les mots nous sont alors inutiles, me répondit mon ami sur l’épaule, par ailleurs, je te conseil à gauche.
– D’accord, répondis-je me mettant en marche, mais pourquoi ?
– Des portes de l’autre côté, la clé est de ce côté.
– Comment tu sais ça toi ?
– Des inscriptions sur le mur, je parviens à les lire.
– Merveilleux, tu vas bien m’aider l’ami. »
J’ai suivi son conseil, pris ce chemin pour récupérer la clé, puis j’ai fait demi-tour pour prendre l’autre chemin. Au bout je me suis retrouvé face à trois portes. La clé ouvrait les trois, alors j’ai pris celle en face de moi, ne sachant laquelle me laisserait avancer. J’ai traversé le petit couloir où elle menait, sortant par la porte que j’avais pris. J’ai alors changé de chemin, empruntant la porte qui se tenait à ma gauche la première fois que je suis arrivé, sortant aussi tôt par celle d’en face. « D’accord ! fis-je passant par celle de droite. Voilà ! » repris-je partant alors dans la suite du labyrinthe. Il commençait à changer d’apparence. Il devenait un labyrinthe fait de reliques, ressemblant à celles que j’utilisais pour mon golem. Les murs changeaient d’aspect lorsque je glissais mes doigts à leurs surfaces. J’ai encore fini dans un T, un mur noir à droite et un mur normal à gauche, avec une petite ouverture.
« Laisse-moi y aller, je dois pouvoir te sortir d’ici.
– T’est certain ?
– Sinon on trouvera un autre moyen.
– Comme tu voudras. »
Je me suis assis contre le mur, dans une forme de dépression. J’avais laissé une jeune fille seule dehors, sans savoir ce qui pouvait s’y trouver. La simple idée qu’il lui arrive quelque chose me martyrisais l’esprit. Et même si elle était exceptionnelle, j’avais quand même peur, peur de la perdre, peur de perdre Virginie, Nikki et Jessica. Peur de perdre la seule personne qui m’avait fait vivre, qui m’avais soutenu dans toutes mes actions, qui m’avaient donné ces idéaux, trop parfait pour le sombre être que j’étais. "Quand tu veux" me fit mon Nhys à travers ses pensées. J’ai longuement hésité, mon état voulait me pousser à rester ici, mais quelque chose au fond de moi m’a convaincu du contraire. J’ai donc passé le portail, menant de nouveau dans le fond de la grotte qui s’effondrait encore. Ma chute fut lourde, mais apparemment celle de quelqu’un d’autre fut pire encore.
« T’est vraiment obligé de tout casser ?
– Excuse-moi, ça s’est effondré tout seul.
– Je sens que quelque chose ne va pas Nova. Dit-moi, je t’écoute.
– Comment se porte ma princesse dehors ?
– Tu lui manque, mais elle va bien, j’ai envoyé deux de mes alliés, ils sont supposés lui faire peur pour l’aider à se réveiller. Et, ben elle a disparu !
– T’est sérieux ?
– Je vais m’en assurer. Va j’arrive. »
Cette nouvelle ne me rassurait pas du tout. Je croyais perdre la tête, devenir totalement fou, je me disais que s’il lui arrivait quelque chose je ne serais pas capable de lui pardonner son erreur. J’ai quand même voulu avancer, sans savoir ce qui m’attendait moi. Les énigmes étaient encore de retour, celle-ci voulais me faire tuer l’ombre de la peur. Je ne me doutais pas de ce que c’était jusqu’à ce que je le croise, un immense monstre se dressa derrière-moi et j’arrivais dans une impasse. Sans mes pouvoirs, une seule de ses frappes pouvait m’annihiler. Je me suis demandé combien de temps j’allais rester là, à attendre l’aide de quelqu’un et quelques secondes plus tard, le mastodonte devant moi s’arrêta, puis commença à s’effondrer, laissant apparaître une silhouette qui ne m’étais pas inconnue.
« Nova ! dit-elle sautant dans les bras.
– Si je m’attendais à te voir ici, merci, je te regarderais cette aide. Comment tu es arrivée ici ?
– Aucune idée, deux hommes ont commencé à me poursuivre et j’ai apparu derrière lui.
– Oh ! Princesse, on va sortir d’ici.
– Oui, mais comment ?
– On trouvera. »
On a continué, droit devant nous, suivant le chemin que mon petit ami lumineux nous ouvrait. Et même si cet accès essayait de tuer l’intrus qui était avec moi, il trouvait toujours le moyen de nous tenir hors de danger. Après la dernière porte il ne restait qu’une corniche, où une seule personne pouvait tenir.
« Nova !
– Je ne tomberai pas, les reliques me pousseront pour me retenir.
– Nova, le dernier fragment t’attend au fond, me fit le Nhys.
– Merde. Bon, désolé princesse, je reviens.
– Attends ! »
J’ai fait une chute de près de cent mètres, atterrissant lourdement, mais en récupérant mes pouvoirs. Une voix résonna dans le trou où j’avais atterri. « Bienvenue Sur Strivia » Strivia était un monde parallèle, mon monde parallèle. Celui de la chute de Nova. Une planète des damnés où personne ne ressortait. Certain choisissaient l’exil, d’autre y étaient envoyés de force. Je n’avais pas eu le choix, envoyé de force, mais cette fois-ci j’avais une chance de changer les choses.
« Par définition tu ne peux pas changer ça. Une fois que tu es sur Strivia, tu ne peux pas t’échapper.
– Pense à ça l’ami. Lorsque je suis revenu, je n’étais pas mort, j’avais encore quelque chose en moi qui me tenait en vie. Personne ne pouvait le voir, mais moi je le savais. Je l’ai senti. Je me suis vu ici, quelque chose avait changé entre le moment où j’étais mort et celui où je me suis réveillé.
– Donc tu veux conserver ton futur.
– Exact. J’y compte bien. »
J’ai beaucoup appris sur la manière dont le monde qui m’entourait fonctionnait. Mon but était de confirmer le présent que j’avais et de récupérer la dernière pièce de mon arme. Je suis alors retourné dans le chanteau qui m’avait couté la vie, arrivant dans la salle du trône. La dernière pièce m’attendait sur un présentoir devant le siège. La voix du début était revenue, disant « Transfer linéaire en cours ». Je me suis retrouvé quelques secondes plus tard dans l’état où j’étais juste avant ma mort, mon costume presque totalement déchiré et face à une sorte de cerbère double face.
« Oh ! Merde. Ils n’auraient pas pu trouver plus facile comme défi.
– Ils auraient dû, je le conçois.
– Bon, on va essayer de lui faire sa fête. »
Je suis resté quelques minutes contre lui, jusqu’au moment où j’ai réussi à l’esquiver en passant sous ses pattes. Je me trouvais alors à une dizaine de mètres lorsque j’ai remarqué que l’objet métallique qui avait pris possession de mon doigt lâchait des petites particules violettes. À ce moment, j’ai figé mon assaillant le temps de me laisser le temps de l’observer puis j’ai agité ma main, réduisant mon assaillant à néant.
« Merde, j’avais oublié que c’était si puissant.
– OUVREZ ! OUVREZ !
– Merde, la garde royale. Oh ! Je sais. Ça va être drôle. »
J’ai eu une idée lumineuse. Je me suis découpé en deux, posant un double temporel de moi, plus jeune, à l’époque normale. Je l’ai laissé face à l’armée et j’en ai profité pour retourner avec Alix. La voix était encore de retour « Evasion de Strivia dans, cinq, quatre, trois, deux, un… » J’ai émergé de l’ombre, ameutant toutes les reliques nécessaires pour refermer le précipice.
« Whoa ! fit Sully atterrissant au sol. Merde, tu pourrais prévenir quand même.
– On s’en va. Dépêche-toi Sulivan, je ne vais pas t’attendre.
– Tu pourrais me dire merci, je t’ai retrouvée une personne qui t’appartient.
– Sia ne m’appartient pas, c’est la femme de Sieg, pas la mienne. »
Quelque chose venait de changer. Aussi bien en moi que sur moi. Je ne disais plus rien, comme si le Nova fou et dérangé avait disparu. Mais il était toujours là, ce changement était dû à autre chose. Depuis mon retour, j’avais une nouvelle voix qui m’assaillait la tête. Elle répétait constamment « Raise Me Up ! ».
« Qu’est-ce qu’il lui arrive ?
– Je crois qu’il a croisé ce qu’il voulait éviter, ce qui lui faisait tant peur. Maintenant ça le ronge.
– Ça me fait peur.
– Nova, tu comptes rester longtemps devant ce mur ou tu veux trouver un moyen de passer ?
– Désolé l’ami, me fit le Nhys se posant sur mon épaule, je ne peux pas te mener plus loin. »
Je n’ai pas cherché de moyen de sortir, juste, j’en ai forcé une en explosant tout ce qui se trouvait devant moi. J’ai alors isolé les deux qui me suivaient dans une bulle et me suis envolé avec eux, vers la Tour. En moins d’une minute j’avais rejoint Sieg dans son labo.
« Cinq minutes c’est ça ?
– S’il te faut plus je te l’offrirais.
– Non, juste un moyen de le démarrer, dit-il me posant mon nouveau cœur de Técéros Blanc.
– Je devrais pouvoir le faire, répondis-je en y envoyant une décharge électrique.
– Voilà, de nouveau sur vitaminé. Adam ? »
J’avais déjà disparu, parti sur mon point fétiche, l’endroit où j’étais pour penser. Des tas de choses me traversait la tête, mais c’était ce qui se passait en dessous qui m’intéressait. Alix, Chester et Sieg étaient en train de discuter, de moi en l’occurrence.
« Il ne descendra pas ? demanda-t-elle.
– Aucune chance. Il faut le laisser se libérer l’esprit, répondit Chester.
– Qu’est-ce qui le tracasse tant que ça ?
– Ce qu’il a fait, ce qu’il est. Personnellement j’ai peur de voir apparaitre un côté sombre dans sa personnalité, fit Sieg.
– Comment ça, voir apparaître ?
– C’est un ange, un guerrier en puissance.
– Il est avant tout maléfique, répondit Chester.
– Quoi ?
– C’est lui le plus démoniaque de nous deux, pas moi. Il a toujours tout fait pour le renier, mais souvent notre nature nous dépasse.
– Pourtant il est génial, gentil, attentionné. Même s’il est dérangé, moi je l’adore… D’accord.
– D’accord quoi ? reprit Sieg.
– J’accepte la fusion. Si je peux le voir revenir comme je l’ai vu là-bas, j’accepte.
– Après vous !
– Allez-y, je vais aller le voir, dit Chester. »
Mon esprit s’embrouillait. Ce qui me tracassait relevait du passé, mais c’était tout de même quelque chose que je regrettais.
« Chester, que me vaut cet honneur ?
– Celui qui me pousse à venir te voir. Raconte-moi. Je sais que cette fois-ci ce n’est plus Nikki.
– L’exil.
– Oh ! Je ne m’attendais pas à cette période.
– J’ai revu ce que j’ai fait et maintenant…
– Est-ce que tu crois que c’est changeable ?
– Pas de point fixe, pas d’incident brutal.
– Alors ? Pourquoi on ne le ferait pas ?
– Il me faudra encore du temps pour paramétrer la fusion, va si tu en a envie, me fit Sieg.
– D’accord. Chaz ?
– Parti ! »
L’exil, chronologiquement il se passait juste avant que j’ai fait cacher le Trésor des Ages. Pourquoi ? J’ai détruit tout un peuple. Je n’ai jamais su quel peuple c’était. À cette époque j’étais possédé par l’arme, j’ai anéantis la planète et leurs habitants. Alors cette fois-ci je suis arrivé, exactement au même moment, mais avec Chester. J’ai alors regardé ma main, mon bijou scintillait en violet, puis il s’est éteint, d’un coup.
« C’est déjà ça de fait.
– Qu’est-ce que tu dirais d’aller rendre visite au roi ?
– Qu’est-ce qui te dit qu’il y a un roi ?
– Le château devant là-bas.
– AH ! Désolé, je n’avais pas vu. »
On est parti vers le manoir, résidence du chef de la planète. Ils nous ont laissés entrer, comme si quelqu’un nous y attendait. On s’est alors rendu dans salle du trône, lieu de la représentation du pouvoir du résidant.
« Ah ! Leo Kryssen, c’est ça ? Je vous attendais.
– Et pourquoi ça ?
– Je me présente, Liron Monteiro…
– Quoi ? Monteiro ?
– Oui, mon nom vous choque-t-il ?
– Vous êtes Aldorien, c’est ça ? demanda Chester.
– Oui, mais, comment vous le savez ?
– C’est une longue histoire. Vous avez du temps, pour que l’on discute ?
– Bien sûr. Lily, est-ce que tu peux demander au chef qu’il nous prépare la table ?
– Comme tu voudras. »
On s’est installé autour d’un repas, à la table royale. Un festin de roi, mais j’avais une autre idée en tête. Me renseigner sur ce qui était en train de se passer.
« Je commence, si vous me permettez.
– Allez-y.
– Comment vous saviez que j’allais venir ?
– Ma femme, elle est voyante. Elle est humaine et est arrivé sur cette planète, envoyé par un démon.
– Lojin, c’est ça ?
– Comment vous savez ça ? me demanda-t-elle.
– On va dire que je voyage beaucoup. Votre mère s’appelle Tara ?
– Oui, vous me faites peur.
– Ne vous en fait pas, c’est une vieille amie à moi. Je commence à comprendre même si quelque chose m’échappe encore. On y viendra plus tard. Vous avez déjà eu une femme avant Lily ?
– Tu peux nous excuser ? demanda Liron. Où voulez-vous en venir ?
– Nikki et Ariel, ce sont vos deux filles ? Exact ?
– Oui, mais, leur mère est morte, je les ai perdu depuis des années, je…
– C’est vrai, elle est décédée deux ans après mon départ. Mais elles ne sont pas mortes, elles sont avec moi.
– Vraiment ?
– Vraiment. Mais avant que je n’aille plus loin, j’ai tout de même un problème. Vous avez eu une fille avec Lily ?
– Non, enfin…
– Lojin, il joue avec le temps, elle aura seize ans en 2014.
– Oh, c’est…
– Étrange ? Le temps apporte beaucoup de choses. Trop même. Je vais maintenant plus loin. Je vous donne rendez-vous, si vous le voulez bien, le mercredi 22 janvier 2014, sur Terre, sur La Tour des Anges. Choisissez l’heure dans l’après-midi, vous pourrez revoir vos filles.
– Les trois ?
– Ah ouais, c’est vrai que c’est plus compliqué ça. Pour faire simple. Je vous ai un peu menti en disant que vos filles sont vivantes. Concrètement elles sont toutes mortes, mais moi aussi.
– Comment ça ?
– Calmez-vous. Moi comme elles sommes revenus grâce à des corps capacitaires, capables de porter nos âmes. Si pour moi c’était simple, Ariel aussi, pour Nikki c’est légèrement différent.
– Je vous écoute.
– Toujours en forme raccourcie, Nikki n’est pas revenu dans un seul corps, mais dans deux. Le premier est une humaine, comme moi. Le second est celui de votre seconde fille, Alix.
– Alors, comment je vais les retrouver ?
– Nikki sera complète, si tout se passe bien, Alix étant une forme assez étrangement parallèle à celle du premier hôte de Nikki, elle se retrouvera fusionnée avec.
– Fusionné.
– Croyez-moi, les deux sont extrêmement proches.
– Par définition les élus sont choisis par affinité, fit Chester, tel que l’hôte à une ressemblance déjà très proche de celui qu’il porte. De plus, si l’on admet qu’il y ai deux hôtes, c’est que le second est du même sang que l’âme Aldorienne, mais aussi, par respect des conventions, que ce deuxième soit une copie presque parfaite du premier, au physique près.
– Euh…
– Chester, mon frère. Vous pouvez lui faire autant confiance qu’à moi.
– 22 janvier alors ?
– Si vous me faites cet honneur.
– Avec plaisir.
– Alors à bientôt.
– De même. »
Nous sommes donc sortis du château, puis lorsque l’on avait dépassé la porte, descendant les escaliers, quelque chose vint se heurter à moi. Comme un souffle venu d’ailleurs, comme si mon passé venait de me rattraper.
« Cette fois-ci t’a changé ton passé, peut-être ton futur aussi.
– Chaz.
– Je te remercie de me remercier !
– Arrête de faire le con, on a un invité qui nous attend.
– C’est parti. »
Quinze heures, j’étais dans le labo de Sieg, à côté de Virginie. Son teint était devenu blanc. Lorsque je lui ai pris ses mains, cette voix est revenue « Raise Me Up » comme si c’était elle qui me jetait cet appel.
« Tout le monde est prêt ?
– Sieg, t’est toujours certain de ce que tu fais ?
– Tu me fais confiance non ?
– Bien sûr.
– Alors oui ! Toujours.
– Alors fait, prend ton temps. Moi je vais voir Ariel.
– Comment elle va ?
– Viens avec moi, lui répondis-je en la menant dehors.
– Non, s’il te plait, ne me dit pas qu’elle est déjà partie ?
– Si c’était le cas je ne serais plus là.
– Comment ça ?
– Je serais déjà dans la salle tronche d’Akziel. Rassure-toi, elle va bien. C’est autre chose dont je voulais te parler.
– De la fille qui t’a donné ton nouveau bracelet ? »
Je ne savais depuis quand il était là, pas depuis mon retour d’Irlande en tout cas. C’était une chaine, qui faisait trois tours en se croisant. Il y avait d’attaché un médaillon avec le logo de la citadelle. Un second était une sorte de porte photo, avec un portait de ma mère dedans. Le troisième était une petite cage, en métal gris foncé.
« De qui ça peut venir ça ?
– Tu ne le sais pas ?
– Je l’ai depuis que je suis revenu de mon petit voyage avec Chaz… Pertinente comme question. Bref, j’ai quelque chose d’autre. Une surprise pour toi et Nikki, je n’ai pas le droit de te dire qui c’est puisque c’est une surprise.
– Je crois que Nova déteint sur toi ?
– Tu crois, un peu peut-être ouais. Ce que je peux te dire c’est que c’est un invité.
– Qui ? Dit-moi !
– Non, tu le sauras lorsqu’il viendra, s’il n’est pas déjà là.
– Tu n’es pas drôle !
– Je sais oui. Va, je veux m’assurer que tout ce passe bien. »
Sieg avait ressorti une vieille machine bien connue. Celle que j’avais utilisée pour me débarrasser de la différenciation entre moi et Adam, ou entre Adam et Adam, bref. Et celle que j’avais utilisée pour prendre Nova. Cette fois-ci il y avait trois cuves et le liquide qu’elles contenaient devait « dissoudre les deux personnes pour les reformer ». La fusion devait durer environ deux heures.
« Tu es certaine de vouloir le faire ?
– Certaine. Je commence à comprendre pourquoi tu l’aime autant.
– Tu sais que tu vas revenir ?
– Oui, mais même si ça ne se fait pas. Je t’adore Adam. Ne change jamais. Quand vous voulez. »
Pendant le transfert, Sieg m’avais apporté quelques modifications, comme un système de diffusion de musique avec deux oreillettes minuscules et un anti bruit équipé. Je me suis aussi questionné sur le bracelet qui m’était arrivé au poignet. Si j’arrivais à comprendre la signification de la photo d’Eva, j’avais du mal avec la cage et pourquoi le troisième était mon logo. C’était comme si il venait de quelqu’un à qui je portais une attention, ou qui me portait cette attention. Mais qui ?
Mis à part ce détail, je profitais du temps de fusion pour me concentrer sur la suite des opérations. Il ne restait plus beaucoup de tours, cinq pour être précis. Du moins cinq que l’armée ne pouvait pas tomber. La plus part des autres étaient tombées et je m’intéressais à celles du Japon et de l’Australie. Pourquoi celles-là ? Je ne savais pas trop. Une sorte d’instinct qui me disait de choisir celles-ci. Celle de l’Australie serait la première, parce que c’était celle où j’aurais besoin de Hwoarang.
Seize heures et demie, Sieg me rappelait de mon présentoir d’où je m’étais mis à observer les habitants, calme et détendu. Beaucoup avaient l’esprit préoccupé par ma personne, mais toujours en bien. Ça me donnait chaud au cœur, une sorte de satisfaction du travail que je faisais chaque jour pour eux. J’étais alors descendu sur le grand plateau, un peu à distance de l’entrée du labo, attendant ce qui devait arriver, à connaitre les personnes qui allaient m’approcher. J’avais changé d’apparence, Leo était celui qui supporterait l’assaut.
Elle est sortie de l’ombre, s’est violemment jetée sur moi. La première chose qui m’a marqué c’est sa voix, légèrement plus douce et cristalline. Sa taille n’avais pas été affectée, au final sa morphologie était la même, au milli détail près. C’est son visage qui avait été touché, les traits plus fins, les lèvres aussi, des yeux toujours marron, mais devenus bleu autour de la pupille, il s’étalait avec une sorte de tornade sur le reste de l’iris. Ses cheveux étaient toujours châtains, mais avec des mèches blondes, celles qu’avait Alix. Elle me serait dans ses bras et au même moment j’ai senti quelqu’un se posait derrière-moi.
« J’ai un cadeau pour toi princesse.
– Vraiment ? Dit-moi, je ne veux pas attendre !
– Regarde. »
Je me suis décalé, la laissant en face de son père. Je l’ai vu changer d’apparence pour retrouver celle de Nikki et verser une larme lorsqu’elle est partie vers elle. Ariel est sortie du labo quelque secondes plus tard avec Sieg, mais n’exprimait pas sa joie en se jetant sur l’autre.
« Leo !
– Désolé Sieg, je l’avais tué. Je n’ai fait que l’épargner.
– T’est sérieux là ? demanda-t-il d’un air étonné.
– Tu te souviens de l’exil. J’ai explosé une planète à cause de ce j’ai au doigt. Il en était le roi. Chester m’a conseillé de changer cette période que j’avais revu après la sortie de Strivia. Je l’ai fait et lui ai donné rendez-vous aujourd’hui.
– Pourquoi est-ce que je te reconnais bien là-dedans ?
– À penser aux autres avant moi ? Je sais, je devrais penser à moi certaines fois.
– Non, quand tu penses à ça, tu te prends la tête avec ton passé.
– Hey, tu n’as pas tort l’ami. Préfère rester là alors. »
Je suis resté sur le plateau, toujours à regarder comment les autres vivaient. Je n’ai pas prêté attention à ce qui se passait entre les membres de la famille en dessous. Concentré sur ce que pensais les autres.
Peu après vingt-et-une heures, alors qu’on finissait de manger, je suis ressorti pour prendre l’air. Liron est venu me voir.
« Toi aussi tu as plusieurs apparences ?
– C’est les aléas d’utiliser un hôte. Tous n’ont pas les mêmes capacités.
– J’ai deux petites questions pour toi.
– Je t’écoute.
– La première c’est qu’est-ce que je peux faire pour toi ?
– Rester en sécurité. Je sais ce que c’est de perdre ses parents, je n’ai que mon père et encore je ne sais pas où il est.
– Tu veux que je reste ici ?
– Sur votre planète ou dans la citadelle qui brille derrière nous.
– Anathema. Mes respects.
– Quand même pas. J’ai juste eu de la chance. La seconde ?
– La seconde quoi ? demanda Virginie qui venait nous rejoindre.
– La seconde question. C’est moi où un des bijoux qu’elle porte m’échappe ?
– Presque, répondis-je me tournant vers elle et me mettant à genoux.
– Adam…
– Ça faisait des années que je voulais le faire, et c’est dire si c’est longtemps. J’ai une question, même si j’imagine la réponse. Cet anneau je te l’ai donné lorsque j’étais dans le monde d’Ezira, alors que tu étais encore dans le coma. Est-ce que ma princesse veut bien m’accepter comme mari ?
– Bien sûr ! »
Certaines choses ne se commandent pas, elles se font, telles qu’elles, sans que l’on agisse sur notre envie, notre désir de les accomplir. Lorsque nous sommes enfant, c’est l’innocence, le simple fait que nous ne connaissons rien et que cette innocence nous pousse à découvrir le monde qui nous entoure. Plus tard, arrive l’expérience, acquise de ses expérimentations d’enfant, d’adolescent. Mais entre les deux, réside une manière d’appréhender les choses qui n’est pas d’après nos souvenirs, ou notre manque, mais plus quelque chose qui se fait naturellement, l’instinct. L’instinct qui nous pousse à agir pour survivre, ou défendre. Mais certaines fois, même cet instinct est changé par d’autres pensées, plus sombres, plus dures à accepter.
Raven. 1405
Tout ce reconstruit, mais ça prend du temps. Il faut du temps pour toutes les choses que l’on a connu nous reviennent telles qu’on les connaissait. De mon côté, tout était parfait, enfin presque, j’idéalisais un mode parfait qu’avec Akziel mort. J’avais retrouvé ma copine, fiancée maintenant, j’avais ressuscité son père, qu’est-ce que je pouvais vouloir de mieux ?
Mardi 4 février 2014, deux semaines environ pour laisser le temps à ma princesse pour se reposer, avec moi bien entendu. Sieg avait fait un mini jardin sur le grand plateau, de manière à ce que ce soit moins vide. Je m’étais installé avec Virginie, car Alix faisait plus partie de Nikki que d’elle, sur l’un des bancs qu’il avait installé. Puis quelques temps plus tard, Hwoarang nous as rejoint.
« Plus aucune visions ?
– Aucune l’ami, pour l’instant.
– Où tu veux en venir Adam ?
– Que si les précédentes m’amenaient à Alix et la seconde partie manquante de Nikki, les prochaines me parleront d’autre chose. Je doute qu’elles s’arrêtent maintenant.
– T’a une idée de ce qu’elles pourraient te vouloir ?
– Avais-je la moindre idée que je devais retrouver l’arme qui m’a obligée à faire exploser une planète, récupérer la seconde partie de ma femme ou mieux, libérer mon père ?
– Effectivement. Alors, Australie ?
– Australie, je vais avoir besoin de ton hypnose.
– Je n’ai pas l’impression…
– Pour moi, pour éviter que je finisse bouffé par ce qui me prend le doigt.
– Alors qu’est-ce qu’on attend ?
– Toi !
– Adam ! »
Sidney, ville la plus peuplée d’Australie. Connue pour son théâtre à l’architecture moderne et majestueuse. Et juste derrière, une tour spirale qui avait apparu avec mon ennemi de toujours. On s’est posé sur le toit, observant ce qui se trouvait autour de nous.
« Adam ? J’ai l’impression que ce que tu vois te pose un problème.
– Oui, dans le sens où il y a une grande probabilité, pour que notre dernier combat contre Akziel, supprime tout ce que cette civilisation a construit.
– Tu peux leur offrir un monde bien mieux, de nouvelles technologies, tout ce qu’ils n’ont pas la chance d’avoir.
– Je ne suis pas aussi certain que toi.
– Hey, venez, j’ai trouvé le portail, fit Hwoarang derrière nous.
– Mademoiselle…
– J’y vais. »
Le passage donnait sur une minuscule salle, avec deux portes. L’un donnait sur une sorte de parcours avec un chronomètre dans le fond. Je m’y serais bien attaqué, mais je ne suis pas si rapide sans mes pouvoirs temporels. C’est Virginie qui a pris ce chemin. Moi je suis parti avec Hwoarang dans le second. L’atmosphère qui y régnait me gênait, mais je n’avais pas d’autre choix. Le couloir fini par s’élargir quelques mètres plus loin, puis il nous mena dans une sorte de parc, pas aussi grand que Central Park, mais plus grand que le nôtre.
« Quelque chose me dérange là-dedans.
– Dans quoi ? Une zone censée signifier la vie dans les limbes ?
– Exactement l’ami.
– Tu vois le mal partout Adam.
– C’est ça ouais. On va juste dire que je commence à savoir comment le monde fonctionne.
– Alors tu t’attends à quoi ? Un assaut de démon dégénéré ?
– Et c’est quoi ça ? répondis-je montrant ce qui arrivait à droite.
– Bien joué. »
On n’a pas tardés à se lancer sur eux, mais lorsque j’étais dans le tas, j’ai senti quelque chose d’étrange. Je ne m’en suis pas préoccupé et quelques secondes plus tard, j’ai vu la faux de Hwoarang passer et me trancher la tête. Quelques secondes plus tard et un temps dans le noir, nous nous sommes retrouvés de nouveau devant le parc, la même discussion, les mêmes ennemis. Et de nouveau le même problème. Quelque chose ne tournait pas rond et même si on tournait en rond, la manière dont l’arrivée s’est faite me dérangeait déjà. Mais cette fois-ci.
« Une minute. Tu ne trouves pas quelque chose est étrange ?
– Du genre ?
– On est déjà passé ici.
– Mais non, c’est ton imagination qui te joue des tours, ou ta folie.
– Non, pas d’accord. »
Je me suis retourné violemment, lançant mon glaive jusqu’à atteindre ma cible, tirant de toutes mes forces pour le faire sortir de con camouflage puis dans l’élan, je me suis retrouvé face à lui, forçant Arbitrer sur son crâne pour briser son armure et le couper en deux.
« Illusionniste. Et après tu me traite de fou l’ami.
– Au temps pour moi. Je ne m’y attendais pas, dit-il regardant le parc se changer en ruines.
– Je te l’avais dit. Ça n’avait pas de sens. »
Le merveilleux endroit où régnait une vie prospère était devenu un désert, vide de tout, sauf de nous. Seul dans ce bac à sable trop grand pour en voir le bout. Je n’ai même pas osé regarder combien de temps on y avait passé, je m’y suis trop ennuyé pour ça. On a fini par sortir par un couloir, une petite porte au milieu de la salle dans laquelle apparemment on était. Juste au-dessus de nous, celui que traversait Virginie, je l’avais reconnue rien qu’à sa voix.
« J’ai une question quand même Adam.
– Je t’écoute, j’essaierai de te répondre.
– Qu’est-ce qu’on cherche ?
– Oh ben merde ! En voilà une bonne question.
– Tu veux qu’on suive le chemin ? On verra où il nous mène.
– Dans un trou à rat prêt à nous tuer ?
– Faut pas exagérer. Oh ! Le champ des damnés !
– Vraiment ? dis-je me stoppant dans ma marche.
– Quoi ? Tu ne vas pas me dire qu’il te faire peur en plus ?
– Non, mais tu sais comment il est fait ?
– Non plus.
– Alors va, tu le découvriras. »
Le champ des damnés, région montagneuse du royaume déchu de Yukon. Cette chose est intraversable sans en sortir détruit. Nous sommes donc sortis, puis quelques mètres plus loin, la première falaise.
« Bon. Je te porte ?
– Tu ne penses pas que je vais descendre sur ton dos Hwoarang ?
– Ben, tu vois une autre solution ?
– Bien sûr. Va, on se retrouve au bout.
– T’est certain que…
– Dégage ! Avant que je te jette moi-même !
– Ok ! C’est bon j’y vais ! »
Il est parti aussitôt. De mon côté, je savais que je pouvais le traverser, pour deux raisons. La première, c’était celle que j’ai utilisé pour passer le premier pic, abrupte, mais pas très long. L’élémentarité. J’ai tracé ma route au milieu du court d’eau qui descendait. Pas très dur jusqu’ici. La seconde, c’est une autre affaire. La Ville d’Arios était construite sur une lune, l’une des trois que possède Aldor. C’était une lune rocheuse, en l’occurrence, nommée le champ des damnés. Très peu en sont revenus, et je faisais partie de cet échantillon. Comment ? La première c’est le fait que j’y suis allé pour entraîner mon vol, découvert là-bas. La deuxième, avant que je ne débloque cette capacité, je planais entre les rochers, avec une Wing suit. Cette combinaison qui donne des « ailes » et permet de planer. Je l’ai alors retrouvé quelques mètres après le premier pic, me rappelant l’époque de mes quinze ans, enfin ceux de Leo, alors je jouais dans ce champ de mort, ou résidait un nombre encore inconnu de cadavres. « Oh ! Adam NON ! » me fit Hwoarang alors que je me jetais dans le vide. Quelques secondes plus tard, je m’envolais avec les ailes que je venais de gagner. « Espèce de malade ! » reprit-il descendant à son tour. Vingt-cinq minutes pour faire la descente, une fois en bas je me suis retourné en regardant le pic.
« Ce sont les vrais ou ce ne sont que des représentations ?
– J’ai du mal à croire qu’il soit arrivé à faire d’aussi grands ponts dans l’espace, je pencherais pour les images, répondis-je enfilant le dernier accessoire, mes bottes statiques.
– Prêt pour la suite ? dit-il s’engouffrant dans le couloir.
– C’est plutôt toi qui devrais te préparer.
– Comment ça ? demanda-t-il en riant avant que le corridor se retourne. Oh !
– Je te l’avais dit !
– C’était prévu hein ! Dit le que tu l’as fait exprès !
– Non ! J’y suis pour rien, j’ai juste anticipé ! »
J’avais la tête à l’envers, sans avoir pour autant l’effet de sang qui monte à la tête. Au milieu du chemin, une petite salle fermée par une vitre qui donnait sur un second couloir, différent du nôtre. Quelqu’un y passa, c’était Virginie. Mais quelque chose m’intrigua dans l’apparence qu’elle avait.
« Monsieur a vu un fantôme.
– Non, juste Nikki avec son apparence du futur.
– Alors pourquoi ça t’inquiète ?
– Elle ne devrait pas avoir cette apparence. Jure-moi de faire exploser cette tour si j’y deviens fou.
– Avec plaisir l’ami ! »
Le fait que nous ne soyons pas sur le même sol nous mena à emprunter un chemin différente par la suite. Je suis sorti dans une sorte de grenier, avec comme seule lumière celle qui arrivait par les escaliers. Il menait à la galerie des glaces. Long couloir de repos et suppression de l’âme qui était dans la maison des parents adoptifs de Leo. Un long chemin en miroir, où l’eau coulait en boucle. Je me suis rapproché d’un côté, glissant ma main dans le court d’eau, regardant mon reflet trembler de l’autre côté. Puis le bracelet que j’avais au bras gauche sorti de ma manche, la cage à soudainement changé de couleur alors que l’eau passait entre ses barreaux. Un second reflet est venu troubler mes pensées. Trop énigmatique pour que j’y prête attention instantanément, lorsque j’ai redirigé mon regard devant moi, celle qui venait me rendre visite m’a stoppé net, comme si tout s’arrêtait autour de moi. Eva, la mère de Leo au bout de ce couloir qui n’avait de fin que lorsque l’on souhaitait en sortir. Sa silhouette m’interpella et sa présence me fit peur. Comme si tout ce que j’avais appris de ce monde s’effondrait d’un coup.
« Maman…
– Leo. Suis-moi. »
Même si au fond j’avais une part de moi, Leo pour être précis, qui voulait croire qu’elle était bel et bien ici, l’autre partie, Adam donc, restait méfiante, déployant Drago Angelo prête à trancher le premier qui voulait s’en prendre à nous. De nouveau des escaliers après, arrivant cette fois-ci dans le manoir où j’avais grandis avec mes parents et Chester. Il m’a amené dans cette grande salle, avec un escalier qui menait au reste du bâtiment, c’est la salle d’accueil, de réception. Cette fois-ci il n’était pas en ruine comme lorsque j’y suis revenu pour Leo, il était en état, comme le jour où je l’avais quitté. Eva réapparu à côté de moi, alors que je laissais mes souvenirs m’inonder la tête.
« Qu’est-ce que je suis supposé faire ?
– Qu’est-ce que te dit ton instinct ?
– De ne pas te croire. Qu’est-ce qui me prouve que tu es réellement ma mère et non pas un tour d’un démon de plus qui ne cherche que ma chute.
– Ton hésitation est légitime mon fils. Choisis ta destination, cet endroit te caches encore quelques choses » dit-elle disparaissant devant l’escalier.
J’ai pris le même chemin que la fois-dernière, mais me dirigeant vers ma chambre. Hwoarang m’avais presque abandonné, sans trop se soucier de ce que je faisais, certainement trop occupé de son côté. La maison était sublime, classe. Un mélange entre les styles Aldoriens et Terriens. Baroque, moderne, mais pas futuriste, toujours très sobre. Lorsque je suis entré, quelque chose d’étrange s’est passé, je n’avais aucuns souvenirs de cette pièce. Je savais la situer, mais pas ce que j’y avais fait. A côté de mon lit, il y avait un nouveau portait, de moi et Chester lorsque l’on était jeunes. Instinctivement j’ai cherché à toucher celle que je gardais à l’intérieur de la veste, puis je me suis demandé, qu’est-ce que celui-ci pouvais m’apporter ? J’ai posé ma main sur le sceau, puis tous mes souvenirs resurgirent d’un coup. Je n’y suis pas resté longtemps, je suis vite revenu, devant le tableau, une nouvelle arme à la main. Une lame, que je tenais à l’envers, qui ne dépassait pas mon épaule. Elle était attachée à la chaine de mon glaive. Je l’avais à la main gauche, de l’autre côté, mon katana.
« La lame Kan, forme rapide de Drago Angelo, fit Eva qui était de retour, toujours aussi méfiant ?
– Moins, mais je n’ai pas la preuve de ta confiance.
– Que dois-je faire pour acquérir la tienne ?
– Comment es-tu entrée ici ?
– Un ange dans les limbes, c’est peu probable n’est-ce pas ? On m’y a forcé.
– Qui alors ? Et depuis combien de temps tu es ici.
– L’un des serviteurs d’Akziel, il a créé une réplique du manoir, avec ses habitants. Au début je ne me suis pas douté, j’ai cru que l’attaque était un cauchemar, mais j’ai compris quand les autres habitants n’ont pas vieillis. Je suis ici depuis ma mort, soit depuis l’attaque d’Akziel.
– Qu’as-tu fait des autres ?
– Morts, les trois.
– Tu n’as aucun moyen de t’enfuir ?
– Aucun, je n’ai jamais trouvé de sortie.
– Hwoarang, tu as un moyen d’accéder à mon étage ?
– Si j’arrive à me sortir de ce bordel ! répondit-il accompagné de bruits de fracas métalliques. Je dois pouvoir faire ça.
– Où est-ce que tu vas ?
– Attendre qu’on me fasse une sortie glorieuse de ce trou à rat morbide.
– Tu apprécies autant les démons que ton père à ce que je vois.
– Ils me pourrissent la vie depuis des années, je ne sais pas pourquoi je devrais leur faire de cadeaux.
– Toujours aussi impétueux et brillant. Ta bravoure n’a d’égal mon fils. »
J’avais pris le chemin pour redescendre dans la salle d’accueil, ses dernière paroles m’avais interpellées, alors que j’arrivais en bas du dernier escalier.
« Tu dois avoir faim, veux-tu que je te prépare quelque chose ?
– Si tu peux trouver mon plat préféré. »
Seuls trois personnes en avaient la connaissance, Sieg, Victor et ma mère. Elle est partie par le couloir à droite de l’escalier, pendant que je m’installais à l’une des tables. Elle est revenue quelques minutes plus tard, avec un grand plat de lasagnes. Je me suis mis à rire dès lors où j’avais la confirmation de ce que c’était.
« Qu’y a-t-il ?
– Celle-ci je te l’accorde. »
Elle avait trouvé ce que c’était, peut-être que ma méfiance était inutile. Il était treize heures dans le monde réel lorsque j’ai fini de manger. Je me suis posé devant l’une des fenêtres en haut de l’escalier.
« Tu n’as jamais essayé de sortir par une fenêtre ?
– Si, mais je suis bloquée, à chaque fois on me repousse à l’intérieur.
– Ils t’ont vraiment enfermé dans un enfer vivant.
– Toujours aussi rêveur ?
– Pourquoi cette question ?
– Devant la fenêtre, tu regardes dehors, tu regardes le ciel, tu cherches quelque chose qui n’existe pas encore, mais que tu veux avoir.
– Tu me rappelle quelqu’un.
– Qui donc ?
– Ma femme. Nikki.
– Souvent les hommes disent qu’ils cherchent un conjoint à l’image de leur parent.
– Tu voudrais dire que si elle est ma femme ce n’est que parce qu’elle te ressemble ?
– Tu admets que je suis bien ta mère ?
– J’admets que ma méfiance était peut-être trop importante.
– Alors permet-moi de me présenter. Je m’appelle Eva Kryssen. Ange d’Aldor Trois. Épouse d’Eddy Kryssen, démon d’Aldor Premier. J’ai vécu presque toute ma vie sur Terre comme lui et maintenant comme toi.
– Alors pourquoi tiens-tu tant à me convaincre que tu es réellement ma mère ?
– Parce que tu es le seul qui me reste Leo. Tu es le seul qui n’a pas subi les châtiments d’Akziel et le seul fils qui n’est pas tombé sans découvrir sa vraie nature.
– Viens avec moi. »
J’ai redescendu les marches, prenant place dans un fauteuil, celui que prenait toujours mon père. Elle s’est assise près de moi, dans le canapé.
« Je sais ce que tu as fait Leo, je sais qui tu es devenu, j’ai tout vu.
– J’ai déjà subi les châtiments d’Akziel, je suis déjà mort.
– Tu veux dire que tu es toi aussi bloquée ici ?
– Non. 1962, c’est mon dernier combat contre lui et le seul qui a annoncé ma mort. Si tu peux me voir ici c’est parce que j’ai retrouvé la vie grâce à un hôte, un humain.
– Mais…
– Si certains ont pu te dire certaines choses, d’autres se sont fondus dans l’ombre ou sont trop récentes pour que tu en ais connaissance. Ça ne fait qu’un an environ que j’ai retrouvé mes origines, cette maison, toi et Chester.
– Chester…
– Toujours vivant, enfin dans un hôte comme moi. C’est grâce à lui si je sais tout, c’est lui qui m’a montré mes origines, toute la vérité sur ce qui nous est arrivé. Mais ce n’est pas tout. Si notre père as été emprisonné par Akziel, j’ai su où et l’ai libéré. Je ne te dirais pas où il est parti, je n’en ai aucune idée.
– Leo…
– Le monde est en train de changer et j’en suis la cause, tout ce qu’il a construit, tout ce qu’il a mis en œuvre pour nous détruire s’effondre et je continuerais à tout faire pour l’anéantir.
– Oh ! Bordel ! »
Hwoarang venait de traverser le couloir d’entrée pour finir dans l’escalier, éjecté par je ne sais quoi. Je me suis aussitôt placé devant la sortie, ma lance dans la main.
« Kryssen, enchanté de te rencontrer.
– Pas certain que ce soit réciproque.
– Leo, ta voix… fit Eva.
– Je t’expliquerais plus tard.
– Le pauvre, il a retrouvé à mère, tu ne peux pas la faire sortir.
– Tu sais, je me demande encore combien vous êtes, mais j’ai éliminé deux fois ton gros de frère.
– Ouais, ben pas moi.
– Comme tu voudras. »
J’ai reculé d’un coup sec pour éviter son attaque, lançant juste après une frappe de l’aigle, le repoussant d’où il venait avec ma lance. Je l’ai suivie en m’attachant avec la lame Kan, échangeant aussi tôt sur lui pour Drago Angelo en forme fumée. Le coup qui l’acheva a résonné de l’autre côté, avec la fumée que j’avais provoqué. Je me suis retourné alors que Hwoarang arrivait à mes côtés, j’ai remarqué alors que ce que disait Barabas était vrai, je n’avais aucun moyen de la faire sortir. Je suis alors parti vers elle, sentant quelque chose bouger à mon poignet. À ce moment j’ai bougé mon bracelet, plaçant la petite cage au creux de ma main. Puis je me suis placé devant elle, lui tendant ma main, attendant qu’elle le donne la sienne.
« Leo…
– Je t’offre ton billet de sortie. Si ma mère veut bien venir avec moi ?
– Bien sûr que je veux ! » répondit-elle en posant sa main dans la mienne.
Elle est devenue minuscule et est rentrée dans la petite cage de mon bracelet. J’ai alors fait demi-tour, partant vers la sortie. Hwoarang était déjà la tête à l’envers. « Fait attention à toi » dit-il alors qu’il passait la lumière de sa salle. Mon couloir était beaucoup plus grand, trop même en vue du temps que j’y passais pour en faire un dixième. Pendant le trajet je me suis laissé prendre par une vision, plus un cauchemar. J’étais en haut de la Tour, regardant le monde devant moi, trop ressemblant à Aldor. La Terre était détruite, anéantie, mais pas à cause d’Akziel. Une voix est venue déranger mon chemin tranquille parsemé d’horreur alors que j’en revenais brutalement et douloureusement. C’était Virginie qui avait besoin de moi, je me suis pressé pour traverser le couloir et me retrouver dans une salle blanche, emplie de monde, mais pas comme je l’attendais.
« C’est normal Adam, parce qu’elle t’a demandé si ce n’étais pas un moyen reconstruire le monde, tu as cherché à savoir ce qui pourrait se passer. Et effectivement ce n’est pas beau à voir, vit la voix de Hwoarang dans la tête.
– Que ce passe-t-il Leo ? Tu as un problème ? demanda Eva qui sortait de sa pièce.
– Je sais qu’elle est ici.
– Nikki ? L’une de celle qui se trouve devant toi ?
– Faux. Toutes celles que tu peux voir on l’apparence de celle du futur.
– Comment-ça ?
– Reste ici, je t’expliquerais » répondis-je en passant à ma tenue d’assassin.
La première chose que j’ai faite c’est envoyer ma lance chargée au milieu de la masse. Voyant que ce que je tuais revenait quelques instants après. Seulement les morts dégageaient un flot de particules Saory. Lorsque j’ai vu ça je n’ai pas tardé à m’enfourner dans cette mélasse, éliminant le plus possible d’ennemis, sans compter ni savoir ce que je tuais. Tout ce qui m’intéressait c’était me charger. Cinq minutes plus tard, mon corps illuminait autant qu’un lampadaire au gaz, je suis reparti vers ma mère, lui demandant de me suivre pour éviter qu’elle subisse les dommages de ma frappe. J’ai repris ma lance, qui a pris la forme du chronosceptre et moi l’apparence de Leo dans son costume de combat. Pendu contre le mur, les deux mâchoires autour de son cœur, ma rage m’avais mené à l’assassiner en un coup, Virginie se tenait à ma droite alors qu’elle me prenait la main.
« Leo. Calme-toi je t’en prie.
– Je n’ai pas fini.
– Leo… »
Il n’était pas mort, il s’est jeté sur nous lorsqu’il a réussi à se libéré de l’emprise de ma lance. Il l’a stoppé en plantant ses doigts autour de son cœur, l’extrayant avec les artères encore attachées. Son cœur battait sous ses doigts, ralentissant doucement. Ses veines ont cédés lorsqu’il est tombé à la renverse. « Leo, s’il te plait… » Me fit Virginie qui commençait à perdre confiance et espoir en moi alors que je j’écrasais son cœur sous mes doigts. J’ai jeté le reste par terre ne gardant que ce qu’il y avant l’intérieur.
« Je crois qu’il est à toi, dit-il lui donnant le pendentif.
– Mais comment il est arrivé là ? demanda-t-elle alors que je le lui mettais autour du cou.
– Peut-être lorsque j’étais dans le château et qu’Alix était dehors.
– Tu m’as fait peur Leo. J’ai cru que tu voulais t’en prendre à moi.
– Parce que je suis plus démoniaque qu’ange ? demandais-je reprenant mon apparence. Je n’ai juste pas envie de te perdre une seconde fois princesse.
– T’es trop chou, mais je peux m’en sortir seule.
– Pas face à lui.
– Avec ça si.
– Fait attention à toi princesse, fis-je lorsqu’elle partait.
– L’arbre des mondes. Tu es arrivé sur la Terre avec, me fit Eva dans mon bracelet qui sortait.
– Je sais oui, je l’ai perdu une vingtaine d’années plus tard. Je m’en suis pas trop mal sorti sans.
– Oui sauf que tu crains les adimensionnels.
– Ouais, et alors ? Le seul qui m’a supprimé ne l’est pas !
– Ce n’est pas une raison Leo. Rien ne peut t’empêcher d’en avoir peur.
– Si. Mais je vais y arriver. On va faire un reboot. Le début c’est Sieg. Entité Onyx, fils de Victor Sanders, notre maitre d’hôtel.
– Il est toujours en vie ?
– Bien sûr ! Il garde le manoir en Chine. Je vais y revenir à ça. Sieg est mon hôte temporel, il a été choisis par son père comme représentation après que j’ai sauvé Sun Yukon, son entité originelle de son Fils, le grand et détesté Akziel. Entre temps, l’élévation a été accordée à Toshiie.
– Un ange…
– Je vais t’expliquer. Entre ça et ma mort, rien de passionnant. Après ma mort, j’ai pris un hôte, il s’appelle Adam. Ça fait bizarre de dire il pour moi, bref. Adam est un enchainé, un enfant des reliques d’Eden. Il est Elemental, maitrise les objets, la matière et les esprits.
– Intéressant.
– Sauf ! Que mes pouvoirs bouffaient la santé d’Adam. C’est vraiment bizarre de parler à la place de Leo. Pour l’aider, je l’ai envoyé dans le futur pour récupérer sa forme “avancée” avec le cœur que tu vois luire sur mon torse et les augmentations, fleurons de la technologie Terrienne. Là, ma quête était les Anges !
– Vraiment ? Tu as cherché à trouver les Anges ?
– Tu vois un autre moyen d’éliminer Akziel ? Je m’en doutais. J’ai rallié à moi tous ceux dont j’avais besoin pour ouvrir le tombeau, qui se trouve sous, dans la même montagne que le manoir, en Chine. Izidro, Amy, Hwoarang, Feng, Raven, Nikki, Sieg et Chester, rallié à moi quelques temps avant. On a tous récupéré nos entités respectives, Toshiie pour moi. Je ne te le montre pas, trop peur de fissurer les deux mondes.
– Si puissant…
– Effectivement. Une fois trouvé, j’ai rallié quelques personnes en plus, Sia, guide des limbes, Alexia, guide du monde d’en haut. Leurs pères, Crimson et Grey. Victor quelques temps plus tard et Ariel, petite sœur de Nikki. Je ne t’ai pas perdu ?
– Non, juste tes exploits m’épatent.
– Je sais, moi aussi.
– Je peux au moins savoir ce que tu cherches à courir comme ça ? »
Ses mots m’ont bloqué. Je me suis arrêté dans le couloir en me rappelant ce que l’on disait avec Hwoarang. Comment supprimer la tour ? Cette question n’était pas revenue depuis quelque temps et maintenant elle me dérangeait.
« Qu’y a-t-il ? On dirait que tu as vu un fantôme.
– Très drôle. Sans vouloir te vexer, tu es un fantôme.
– Très juste.
– Il me faudrait retrouver Hwoarang. Il doit savoir comment tomber celle-ci.
– Avec plaisir, mais la prochaine fois, essaie de ne pas aller plus vite que moi. Je te rejoindrais dans la salle devant toi.
– Est-ce que j’ai le choix ?
– Je ne pense pas Leo.
– Alors viens, on va trouver le moyen de s’occuper. »
Le jardin des Stèles, voilà où il m’avait mené. Tout me poussait à penser que quelque chose voulais me faire retrouver mes origines, ou les détruire. Je m’étais installé sur un banc, alors qu’Eva divaguait, fascinée par ce qui nous entourait.
« C’est comme si quelqu’un essayait de travailler tes souvenirs. Qu’est-ce que celui-ci te rappelle ?
– Ariel, la sœur de Nikki. C’est ici la dernière fois et le dernier endroit où je l’ai emmené, c’est ici qu’elle a été assassinée par Akziel sous les yeux de Chester.
– Oh, je…
– Tu ne pouvais pas le savoir. Ce n’est pas grave.
– J’ai l’impression que tu portes beaucoup d’espoir à la protection des humains. Pourquoi autant d’engouement ?
– Toi qui m’as connu petit, toujours plus faible que Chester. Toujours poussé par Victor. Tu vois ce que je suis aujourd’hui. Tout ceci grâce à eux. Je ne suis rien et ne serait rien sans eux, leurs enseignements, leur espoir.
– Mais sais-tu seulement pourquoi tu étais plus faible ?
– Qu’est-ce que tu veux dire par là ? demandais-je me levant et m’avançant vers elle.
– Ta force est grande mon fils, ce qu’il te manque c’est ta vraie nature.
– Attends une minute, repris-je reculant d’un pas, ça me plait pas ça ! » dis-je alors qu’elle posait sa main sur mon cœur.
J’ai ressenti un grand froid, le même que celui qui avait fait ressurgir Chester. Plus elle maintenait se souffle, plus j’avais l’impression que j’avais des ailes qui me poussaient dans le dos. Elle me regardait avec ses yeux blancs, qui dégageaient cet air froid qu’utilisait Chester. « Je t’offre le bras de l’Ange » Les plaques métalliques que j’avais sur les mains devinrent dorées et mon bras gauche prit des reflets blancs à travers la peau. Quelque chose est sortie de ma main, comme mon glaive dans l’autre main. C’était un arc avec une forme assez étrange. Deux flammes bleues attachaient la corde brillante. Lorsqu’elle a lâché mon torse, je me suis retrouvé vers l’endroit où mon instinct s’affolait. Virginie tombait du plafond, une sorte de coureur d’ombre derrière elle. J’ai fait apparaitre une flèche sous mes doigts et le temps s’est mis à ralentir, j’ai tiré sur celui qui la pourchassait et à l’impact, tout est redevenu normal. J’ai regardé ma main lorsqu’il s’est replié alors qu’elle se rapprochait de moi. Elle venait de casser la frontière entre moi et Leo. J’avais accès à Leo grâce à elle et elle venait de m’offrir ses pouvoirs dans les limbes.
« Arc Chronographique, larmes écarlates.
– Merci du coup de main Adam.
– Je t’en prie princesse.
– Leo, que fait…
– Chut ! »
Quelque chose m’avais intrigué chez elle. Elle avait changée, pas qu’en personnalité, mais aussi d’apparence. La première chose était son visage, si ses traits changées avec Alix étaient les mêmes, c’était autre chose. Sur son oreille droite, une série de piercing et une sorte de flamme derrière l’oreille attachée à ces derniers. Ce n’était pas la seule chose qui avait changée, elle portait une veste courte non fermée et une sorte de bustier en dessous. La veste tenait une sorte d’épaulière à droite avec une petite aile sur le côté. Une ceinture large en cuir marron serrée à la taille, un pantalon en cuir très moulant et de petites bottes à talons. Je n’ai rien dit lorsqu’elle est passée, mais je l’ai seulement admirée. Elle a remarqué mon regard posé sur elle quelques pas plus loin.
« Qu’est-ce qu’il y a Adam ? Je n’ai pas le droit de changer ? Tu l’as bien fait toi !
– Comment dois-je t’appeler ? Leo, Adam ?
– J’aime bien ! fis-je faisant apparaitre mon arc et regardant le gantelet-bouclier qui se plaçait en même temps sur mon bras.
– Tu m’écoutes Leo ?
– Choisis, je répondrais aux deux. Adam, Leo, Nova, Toshiie. Yukon. Laisse tes désirs te porter.
– Euh…
– Ouais, je suis exaspérant, je sais. Content devoir ta nouvelle tenue princesse. Je suis fan. Et rassure-toi, c’est mon image, non pas celle de Leo. Il est plus et plus violent. Moi je suis l’entre deux des deux temporels.
– Parce que tu veux me dire qu’il y en a un qui est plus fou que toi ?
– Nova ! Gardien de l’horloge. Si tu ne le supporte pas, je te le pardonnerais.
– C’est Hwoarang que l’on attend ? demanda Virginie.
– Toujours la star ! Effectivement ! dit-il sortant de la porte derrière nous. Faut pas rester là, on a encore beaucoup de boulot.
– Eva ? fis-je tendant ma main vers elle.
– S’il le faut. »
Encore des couloirs. À croire qu’elles sont toutes faites pour me faire perdre la tête. Celui-ci n’était pas très long, mais menait sur une grande zone. Une sorte de mer, avec des centaines de bateaux. On se trouvait le plus haut de notre côté, admirant la flotte ennemi.
« Et c’est là qu’on va devoir la faire exploser.
– Mais pourquoi ça Hwoarang ? Qui nous fait face ?
– Le fils du frère d’Akziel.
– Akziel n’a pas de frère !
– Oui, son “frère”, tu vois.
– Ouais. Je vois…
– Comment tu comptes t’en sortir ?
– Ça ne va pas être facile. Même si on est trois et qu’on est puissant Adam, me fit Virginie.
– Hwoarang.
– Oui, tu veux ?
– ChiBi !
– Quoi ? Mais t’est complètement dingue !
– Liu Bei et Sun Quan contre Cao Cao.
– Qu’est-ce que l’on doit faire ?
– Hwoarang, je vais avoir besoin de Losara pour me ramener les vents du nord. Virginie, tu te chargeras de relier tous les bateaux, ta vitesse te donnera un grand avantage.
– Et toi ? demanda-t-elle.
– Moi ? répondis-je montant sur la rambarde du bateau. Je vais aller enflammer ce bordel. Bonne chance ! »
J’ai traversé les lignes d’ennemis, avec ma lance et Lucifer. Il en venait toujours plus et j’en éliminais toujours plus. Seulement je devais attendre les vents et Virginie pour attaquer.
« Qu’est-ce qu’il y a ? L’autre fou vous as demandé de ne plus m’attaquer ? Trouillard ! fis-je laissant ma voix résonner jusqu’à lui.
– Losara tu l’as appelé Leo ? demanda Eva qui apparaissait derrière moi.
– L’ange de Hwoarang. Maitre des éléments.
– J’aime leur insouciance. Est-ce qu’ils savent ce que tu prépares ?
– Que je vais finir par les détruire tous ? Oui ça ils le savent depuis longtemps.
– Qu’est-ce qu’ils mijotent ? Pourquoi ils ne bougent pas ?
– Parce que vous n’attaquez pas bande d’idiots de démons.
– Les bateaux n’attendent que toi mon chéri. »
J’ai ressenti les glaciaux et puissants vents du nord m’arriver dans le dos quelques secondes plus tard, j’ai alors pris en main mon arc et Eva est rentrée dans mon bracelet. Téléporté aussi tôt en face d’un des bateaux de la flotte ennemie bien plus grande que la nôtre. L’attaque principale de mon arc utilisait mon élément, la fumée, une vague d’ombre portée par des étincelles pour enflammer un bois trop vieux. Attaché avec la chaine je me suis attiré vers elle, atterrissant en force sur le pont enflammé, au milieu de la panique que j’avais créé. C’était la forme fumée que j’avais dans les mains pour avancer à travers les ennemis découragés. Une âme sombre au cœur des flammes, je produisais autant de fumée que le bois qui burlait. J’avançais à mon rythme et je m’arrêtais parfois pour regarder les exploits des autres. Losara était toujours présent, éliminant en masse ses opposants avec son javelot. De l’autre côté, Virginie. Elle n’avait pas pris son Ange, mais elle faisait voler tous ses adversaires, en masses. Nous nous sommes retrouvés juste devant le dernier bateau, celui du « boss ».
« Comment on s’y prend Adam ?
– Princesse, tu passes. Sort et rejoins celui qui est derrière.
– T’est sérieux ? Y’en a un autre après ! répondit-elle
– On verra ça après. Losara, tu restes avec moi jusqu’à ce que tu te sentes plus utile. Rejoins là lorsque tu pars.
– Comme tu voudras.
– Adam ? T’est certain de ce que tu fais ?
– Princesse. Oh oui, n’hésite pas à sortir Kristen.
– Attends…
– On rigole plus maintenant. Je ne sais pas si l’un de vous deux pourra l’éliminer, j’ai peur que je sois le seul qu’il puisse craindre, mais essayez de l’occuper.
– D’accord… »
Même moi j’appréhendais ce dont il était capable. Le père, pas le fils. Le petit ne faisait pas peur, tant que j’avais Losara avec moi. On est arrivé tous les deux sur le haut du bateau, en face de l’autre qui regardait sa flotte flamber.
« J’espère que vous êtes fiers !
– Tellement !
– Tu te crois meilleur que tout le monde Kryssen, mais tu ne vaux pas mieux que les pourritures de ce monde.
– Tu pourrais au moins te présenter ? Même si j’ai l’impression de te sortir par les yeux, tu pourrais au moins être poli.
– Von Zerto. Liyan.
– Ben voilà. Ce n’est pas si compliqué.
– C’est ce qu’on va voir ! »
Il n’a pas tardé à m’attaquer, mais de lui-même. L’épée de général à la main, il faisait appel à des fantômes imprégnés d’éléments. Le premier était enflammé, mais Mon allié à côté avait été plus réactif que moi et l’avais stoppé. Une grande vague d’eau faisant face à sa troupe.
« Même pas capable de se défendre lui-même. Pitoyable.
– Il est plus réactif que moi. Pas facile de surpasser un Ange.
– C’est ce qu’on va voir. »
Deuxième vague, plus brutale. Une vingtaine de fantômes glacés, suivis par la même enflammée et la dernière faite de rochers. Comme je le disais, difficile de surpasser un Ange. Il a posé un mur de flamme pour surpasser les glacés et les nouveaux qui arrivaient, éteint avec une gigantesque vague pour souffler les enflammés et provoqua une centaine d’éclairs pour briser les rochers.
« On se retrouve là-haut Adam.
– Adam ?
– Faut attention à toi, répondis-je
– C’est quoi ce bordel ? Pourquoi il t’a appelé Adam ?
– J’en arrive à ma présentation maintenant que tu retrouves vers moi. Je me présente, Adam Pearce. Chasseur de pourriture. Et comme tu dois t’en douter je suis là pour toi et ton père.
– Pourquoi ?!
– Pourquoi pas Kryssen ? Je suis Leo Kryssen ! Et je suis schizophrène ! Effectivement.
– Tu as décimé mon armée et maintenant tu veux me tomber moi ? Tu as plus de force pour supprimer des soldats que des officiers !
– Plus prêt à décimer les démons comme toi.
– Qu’est-ce que tu veux ?
– Détruire la tour dans laquelle tu réside. Y’a une autre tête que je cherche.
– Faudra me passer dessus !
– Comme tu voudras. »
La forme lumière me permettait d’améliorer ma vitesse de déplacement avec la cristallisation, plus rapide est plus difficile à avoir, j’ai passé deux minutes à traverser de long en large sa plateforme en l’ascendant de coup avec mon épée et à jongler avec mon arc pour supprimer les maudis fantômes qu’il m’envoyait. J’ai fini par me tromper de cible et le planter dans le mat avec une flèche. Je me suis rapproché de lui, il me regardait avec un regard perdu.
« Achève-moi, dit-il alors que je prenais son épée, pitié.
– Je te le permets, parce que tu as l’honneur de me le demander. »
J’ai dégainé mon pistolet et lui ai tiré dans la tête. J’ai ensuite ramassé son arme comme une preuve de sa mort et ai pris le chemin des escaliers, ma lance dans la main droite.
Je m’intéressais à ce qui se passait en dessus, comment les autres s’en sortaient, s’ils arrivaient à quelque chose. Je savais qu’il était plus puissant qu’eux, du moins qu’il ne craignait aucun d’eux. Je sais qu’il se vantait d’être « supérieur » à eux. J’attendais de voir ce qu’il dirait lorsque moi je m’affronterais à lui.
« Vous n’avez pas mieux à me proposer, dit-il, vous n’avez rien dans le ventre !
– Comment on s’en sort nous ?
– On le retient tant qu’Adam n’est pas revenu, répondit Virginie, même si c’est dur ! »
Ils se sont attaqué tous les deux à lui au même moment, mais il les repoussait encore, les écartant de part et d’autre du toit de la tour.
« Vous me faites pitiés, je me demande si je ne ferais pas mieux de vous achever. Personne ne peut nous battre !
– Tu peux répéter je t’en prie ?
– Personne ne peut nous battre !
– Alors déjà je trouve prétentieux que tu oses traiter mes alliés comme ça. Ensuite tu as toujours eu plus de gueule que de force.
– Vous les humaines ne valaient rien ! Votre destruction sera votre plus beau gain !
– Je t’interdis de traiter les humains de la sorte. Ils m’ont tout apporté. Tout ce que je sais, tout ce dont je suis capable c’est grâce à eux, leur patience, leurs enseignements, leur valeur, leur espoir. Vous êtes juste trop bornés et con pour voir ce que j’ai su voir en eux.
– Montre-toi plutôt que te cacher comme un lâche.
– Je ne me cache pas, je ne suis pas un lâche ! répondis-je sortant de l’escalier. J’ai plus de valeur que tu ne pourras jamais en avoir !
– Kryssen !
– Oh et le “Personne ne peux nous battre”, désolé, mais ton minable fiston ne m’a pas résisté ! reprit-il prenant l’apparence de Toshiie.
– Non, pas lui.
– Ose-t’en prendre à moi et tu verras si personne ne peut te battre.
– Je vais te le faire payer !
– Avec plaisir. »
Il s’est lancé violement sur moi, stoppé par la mâchoire de mon chronosceptre autour du coup, éjecté quelques secondes après.
« Je ne me laisserais pas avoir !
– Pourquoi s’acharner… »
Il a sorti une petite épée, une sorte de rapière. Certes c’est une arme pas très efficace, mais il en est maitre, un peu trop. Il s’est relevé vite est m’a attaqué et je ne m’en suis même pas aperçu. J’ai aussi rapidement sorti mes lames volantes après qu’il m’a asséné ses coups, le frappant d’un revers, les lames raclant le sol et attrapant au passage l’arme de son fils. Elle volait collée à celle du milieu. « Intéressant » dit-il voyant qu’il pouvait faire apparaitre des doubles de sa personne.
« Traitre !
– Je t’en foutrai du traitre, dit-il dégainant sa double épée. Est-ce moi qui ais trahis mon père Eddy lors de la grande Guerre ? Est-ce moi qui ai failli le laissé mourant ?
– Parce que tu viens me reprocher ce que j’ai fait y’a des centaines d’années.
– Je te reproche ce que je temps à fait de toi.
– Parce que tu te crois mieux ? »
L’avantage de cinq lames maitrisées aux bouts des doigts, c’est qu’elles lui offraient un garde quasiment imbrisable. J’aurais pu rester des heures comme ça, je ne m’épuisais pas, mais il commencer à ne plus le supporter. « Assez ! » dit-il enragé pas ma nonchalance. Il fit apparaitre au-dessus de lui, attaché à son corps une sorte d’hydre, qui s’approchait de moi pour m’avaler. « Oh ! Merde ! » dit-il voyant sa gueule grande ouverte lui tomber dessus. J’ai à peine eu le temps d’entre les deux autres crier mon nom, ayant plus peur pour moi que moi ou celui que je contrôlais.
« C’est dégelasse là-dedans !
– Tu l’as dit mon frère.
– Sully ?
– Toujours là où il ne faut pas ! Et oui, moi aussi je me suis fait bouffer par ce con.
– Je vais nous sortir. »
Il a repris le chronosceptre pour ouvrir le ventre du monstre. Sully est parti rejoindre les autres alors que mon adversaire commençait à s’énerver sur place.
« Tu m’emmerde !
– Je suis là pour ça !
– Je ne me laisserais pas battre par une saloperie comme toi.
– Je ne te laisserai pas le choix. »
Il l’attaqua avec une armée d’animaux étranges, plutôt mythiques, des centaures, des minotaures, des choses du genre. Toshiie aussi commençait à en avoir assez. Pourtant une force plus puissante que celle que j’ai connue jusqu’ici l’obligeât à se replier sur lui à cause de la douleur. Hwoarang avait vu ce qu’il se passait et s’est rapproché de moi, laissant passer la brume de son hypnose entre ceux qui m’entouraient. Ces mots virent résonner dans ma tête. « Tu es plus fort que lui, reprend le dessus, tu peux le faire » Mon corps vacillait entre moi et Toshiie puis il finit par reprendre le dessus. « Fini de jouer ! » dit-il alors qu’il était sous le tas de monstres. La brume sombre des cristaux de son costume fit son apparition sous les pattes de certaines jusqu’à ce que le flot d’âmes blanches sorte du lot, éjectant alors tous ceux qui me recouvraient et les rongeant pour éviter qu’ils reviennent. Il s’est retrouvé, seul debout au milieu des cadavres, le corps enfumé, l’armée derrière lui, tourné vers son adversaire.
« Bordel…
– Tu m’épuise Leo.
– Tu n’aurais jamais dû me sauver !
– Je ne t’ai pas sauvé, tu as profité de mes capacités pour te sauver toi-même.
– Pourquoi tu me fais payer ça ? Chacun a le droit à sa rédemption.
– Je t’aurais laissé libre si seulement tu avais eu le courage de me le demander, mais refusé à savoir ce que tu allais faire de ta soit disant rédemption.
– Qu’est-ce que tu comptes faire ?
– T’éliminer. »
Il s’est doublé en une centaine de fantômes, tous dirigés vers mois, plus rapide que lui ou même moi. Il n’a pas cherché à se casser la tête avec eux, il a planté son chronosceptre en mode ralentissement dans le sol, fit un tour de sa personne avec ses lames volantes pour les supprimer assez rapidement, puis il reprit sa lance plantée de la main droite pour la bloquer autour du cou de son adversaire, changea de main pour l’éjecter ensuite. Il s’est rapproché de lui, reprenant sa lance alors que l’adversaire gisait sur le sol, il n’était pas mort. Son envie de parler et ses essais décidèrent de son sort. Il frappa un côté de sa lance au sol, la lâchant pour la laisser rebondir, laissant l’autre côté repartir derrière lui et se planter dans le torse puis un éclair vint frapper le chronosceptre pour achever celui qui était en dessous. Il rappela sa lance pour aller se placer au bord du toit du bâtiment. Il était environ dix-huit heures, le soleil était déjà couché.
« Leo, pourquoi tu…
– Je me suis attaché à lui pendant ma remontée des limbes Nikki. Il m’a trahi, il n’aurait pas dû, répondit-il se retournant vers eux.
– Tu vas le laisser comme ça ?
– Si vous permettez, j’ai une tour à supprimer. »
Il s’est jeté dans le vide à la renverse, rameutant à lui sa flopée d’âmes blanches. Quelques secondes plus tard, les deux autres ont suivis, alors que les damnées avaient attrapées celle de Leo. Elles l’ont dépassé dans sa chute, le laissant absorber la nouvelle. Il reprit son équilibre aussi tôt, illuminant ses âmes d’un bleu brillant. Il les amena à travers la tour dans une nuée d’éclairs. Il restait au milieu des cendres qui flottaient, comme s’il attendait quelque chose, alors que la tour Saory prenait sa place. Il m’a alors laissé la place, me lançant une vision, assez brutale et violente. C’était Akziel, avec un enfant, je n’arrivais pas à savoir qui, mais j’ai l’impression que c’est lui qui m’appelait. J’avais l’impression d’être le méchant dans ce qu’il s’y passait. Lorsque je suis revenu j’étais en train de chuter, Nikki était partie pour me rattraper, mais l’un de ceux qui était dans ma vision était derrière moi. Je me suis retourné brutalement, lançant mon javelot dans son torse et reprenant mon vol au même moment, laissant ma lance revenir à son rythme alors que je rentrais à la Tour.
Je me demandais ce qu’Akziel avait à voir dans cette histoire, pourquoi est-ce qu’il était là et pourquoi cet enfant m’a envoyé cette vision. Mon arrivée brutale et non accompagnée a surpris Chester qui est venu me voir aussi tôt.
« Tient, tu as trouvé quoi mettre une loupiotte pour ton bracelet.
– C’est un peu plus compliqué que ça… »
Eva est ressortie de sa cache, se plaçant devant lui alors que je lui tournais le dos.
« C’est, ce n’est pas possible…
– Moi non plus je n’ai pas voulu y croire.
– Elle est censée être morte !
– Morte peut-être, mais les anges gardent leurs âmes et une apparence avec, mon fils.
– Eva… »
Elle l’a prise dans ses bras, leurs retrouvailles étaient plus chaleureuses que les nôtres, sans que j’en vienne à me joindre à eux, sa présence me touchait et me faisait chaud au cœur.
« Viens te joindre à nous Leo.
– Excusez-moi, mais j’ai d’autres choses à penser.
– Qu’est-ce qu’il t’arrive mon fils ?
– Encore tes visions Adam ? demanda Chester.
– Toujours. Qu’est-ce que pourrait signifier une envoyée par un enfant aux côtés d’Akziel ?
– Une sorte de détresse ?
– Mais pourquoi m’avoir choisi moi ? A quoi bon s’il n’a aucun lien avec moi ?
– Il y a peut-être une explication Leo, reprit Eva.
– Comment ça ?
– Lorsque nous avons étés attaques votre père et moi par les troupes d’Akziel, j’étais enceinte. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait de lui, j’ai toujours eu peur qu’ils l’aient gardé.
– Adam ? À quoi ton cerveau torturé réfléchis ?
– Ils t’ont laissé en vie avant de le faire naitre ?
– Non, ils m’ont tués avant, me répondit-elle.
– Adam ? Laisse sortir ton idée avant qu’elle n’explose.
– Tu sais la provocation que m’a lancée Akziel ?
– Oublie-là ! répondit Chester.
– Je l’accepte.
– Quoi ?
– S’il veut jouer avec nous et garder notre frère, alors qu’il fasse, mais je veux me joindre à cette partie.
– Tu sais que tu vas ou tu vas nous faire tuer.
– Non, ce n’est pas un duel en face à face, juste une provocation, une sorte de duel, un combat d’échec quoi.
– C’est bien ce que je dis, on est foutu.
– Jamais, je sais comment je vais faire ça, ça va devenir le plus grand jeu du monde mon frère.
– Tu comptes vraiment le sauver ? demanda Eva.
– Tu comptes vraiment le laisser entre les mains de ce salaud ?
– Et bien…
– Nous sommes d’accord.
– Tu vas avoir besoin de moi j’imagine.
– Et de ton cerveau machiavéliquement puissant mon frère, bien sûr.
– As-tu la moindre idée de ce qu’il a derrière la tête Leo ? demanda Eva
– Non, mais lui non plus. Je pense que le simple fait que j’accepte son attaque doit le troubler.
– Tu m’as demandé ? fit Kévin qui arrivait sur le plateau.
– Je vais avoir besoin de toutes tes forces, il vous faudra défendre la ville et Dvirel, aucun de ses soldats ne doit y pénétrer et encore moins y rester, compris ?
– À tes ordres.
– Ça va devenir un carnage !
– C’est mon but Chester, il se pense toujours plus fort que moi, mais il verra lorsqu’il tombera de son piédestal, je n’ai pas prévu de lui faire de cadeaux, encore moins maintenant.
– Alors comment comptes-tu t’y prendre ?
– Je ne sais pas, tu me trouveras quelque chose à faire en fonction de ses mouvements, de l’autre côté, je vais prendre Feng avec moi pour me défendre, on va voir qui aura le courage d’aller le plus loin.
– Leo, est-ce que l’on peut ?
– Allez-y, je vais essayer de retrouver Virginie. »
Ils étaient revenus quelque peu après moi, sans rester avec nous. Je savais qu’elle serait là où nous sommes toujours, dans notre appartement. Je suis allé et me suis posé sur le côté de la porte, la regardant alors qu’elle travaillait dans la cuisine.
« Tu sais que tu es sublime princesse.
– Tu continues à fantasmer sur moi après tant d’années ?
– Tu sais, tu as toujours su me surprendre, quoi que tu fasses, d’abord Nikki, ensuite toi.
– Ce n’est pas comme si j’avais un mec génial comme petit copain, non, comme fiancé.
– Arrête, je ne serais jamais aussi bien que tu le prétends.
– Qu’est-ce que je ferais encore avec toi alors petit idiot ?
– Je ne sais pas, peut-être pour mon côté dérangé, ou parce que je suis très souvent trop fou ?
– Il n’y a pas que ça, dit-elle se rapprochant de moi, regarde, je suis toujours avec toi, même si j’ai arrêté de compter les années depuis que je te connais.
– T’est toujours aussi adorable princesse, je t’aime.
– T’es pas mal non plus dans ton genre tu sais, répondit-elle me touchant le nez avec ces doigts couverts de patte.
– Princesse !
– Moi aussi je t’adore, laisse-moi cinq minutes et je te montre à quel point.
– Oh ! Avec plaisir. »
Qu’est-ce qui nous rattache à ce monde ? L’envie de le protéger, de le secourir ? Ou notre esprit de combattant éternel qui nous pousse là où il nous faut nous battre ? J’ai une autre explication. Je pense que nous ne cherchons pas à nous battre, nous nous battons pour faire changer un monde, le nôtre, pour qu’un jour, un seul, nous puissions avoir une vie normale, comme les autres habitants de la planète sous notre protection. Nous accédons à tous les sacrifices, tous les combats pour transformer un monde dédié au combat contre ceux qui veulent nous détruire dans l’espoir qu’un jour notre vie puisse devenir celle que nous avons toujours rêvée.
Amy. 2012
Plus j’avançais, plus j’avais l’impression de reconstruire un monde, dans un autre totalement foutoire. C’est comme si tout ce que j’avais perdu revenais plus étrange qu’il ne l’était avant. Mon père emprisonné, ma mère dans les limbes et maintenant notre petit frère. J’en arrivais à me demander à quel point je connaissais le monde que je voulais sauver.
Mercredi 12 mars 2014, la date que nous avais posé Akziel pour son défi, apparemment reculée parce qu’il ne s’attendait pas à ce que je l’accepte.
« J’ai une question pertinente.
– Bonjour Feng, comment tu vas ? Pour ma part ça ne va pas trop mal. Je t’écoute…
– D’accord. Pourquoi avoir choisi le Japon ?
– Parce que c’est l’endroit que mes visions montrent. Une autre question ?
– Oui tient, pourquoi t’est si chiant ?
– Parce que tu n’es pas mieux !
– Eh… Je… Ouais.
– Voilà ! Content que tu l’admettes ! répondis-je en riant. Tu sais ce qu’on va y faire ?
– Euh…
– Bon, alors la prochaine fois que tu viens nous déranger, évite de le faire pendant que l’on mange ! fit Sieg à côté de moi. C’est très mal vu par le chef.
– Personne ne dérange la vie du chef.
– D’accord, compris.
– Bon, tant que t’es là, comme tu dois le savoir, on va tomber une nouvelle tour, celle-là je suis censé y trouver quelqu’un d’important, perdu depuis pas mal d’années et je vais avoir besoin de toi parce que c’est un défi entre moi et Akziel. Tu me serviras de garde du corps.
– Comme tu voudras Adam.
– Oh, j’ai fait une petite retouche à ton arme au doigt, il ne devrait plus avoir de problème, il ne s’attaquera plus à toi.
– T’est génial Sieg. Qu’est-ce que je ferais sans toi ?
– Tu serais encore dans l’armée, ou mort.
– Très réjouissant.
– Je t’en remercie. C’est quand vous voulez.
– Laisse-nous une minute. »
Il était neuf heures lorsque nous sommes partis en vol pour le Japon. Pékin, la tour se situait dans une zone presque désertique. Juste devant, un petit palais, enfin petit, vu de l’endroit où on était. J’ai regardé le haut de la tour, une personne nous y observait, mais ce n’était pas Akziel.
« Chaz, tu as une idée ?
– La première des choses serait de prouver que nous sommes ici à Akziel.
– Je m’en charge, fit le petit être de lumière qui sautait de mon épaule.
– Bon, nous avons un messager. Il nous suffit de l’attendre. »
Nous n’avons pas eu le temps. Une armée de soldats humains s’est jetée derrière nous, essayant de nous capturer.
« Ça sent pas bon ! fit Raven.
– Lâchez-moi ! fis-je me libérant de leurs bras et en m’envolant au-dessus d’eux.
– Allez-y, tirez ! fit l’un d’eux.
– Bordel ! » répondis-je regardant les missiles qui m’arrivaient au-dessus.
J’ai dû en recevoir plus d’une centaine, leur force me poussant vers le sol. « Leo ! » Cria Virginie lorsque les derniers m’arrivèrent dessus, alors que j’étais encore dans la fumée. Lorsqu’elle s’est estompée, j’étais à genoux, au sol, avec presque plus rien sur le dos. Je me suis jeté sur nous assaillants dans une trainée verte, les supprimant avec une frappe de l’Ours. Je me suis ensuite avancé vers ceux qui les commandaient, le corps brillant par la radioactivité que les bombes m’avaient infligée.
« Allez-y, tirez ! Faites sauter votre planète, supprimez les menaces et ceux qui veulent vous sauver ! Supprimer le dernier gardien de l’horloge et détruisez l’univers ! Je vous attends ! Vous n’osez pas ? Espèce de lâche… » fis-je voyant qu’Akziel les contrôlaient. Je me suis branché sur leurs esprits et ai téléporté les présidents dans leurs pays puis j’ai tranché la tête des cinq démons avec mon glaive. J’ai repris mes habits, me tournant vers la tour.
« Alors tu veux jouer à ça ! D’accord, fis-je allumant l’arme que j’avais au doigt et me créant un fauteuil. Je n’ai pas l’intention de te laisser gagner l’ami, repris-je construisant le château autour de nous.
– Très joli ! La seule règle établie est qu’il n’y en a aucune.
– Génial ! Tu ne t’imagine pas comme ça va devenir drôle.
– On tient le siège Adam ?
– Jusqu’à ce que l’on est récupéré notre frère princesse. Combien de temps il te faut Chaz pour nous faire un plan ?
– Aucune idée, le temps d’étudier la structure. Une bonne journée max.
– Alors prend le temps. Je veux être certain que ton plan fonctionnera.
– Sans problèmes.
– Qu’est-ce qu’on est censé faire pendant ce temps Adam ? demanda Feng.
– Très bonne question. Akziel est chaudement installé dans son château. Il n’en sortira que lorsque l’un des deux aura atteint son objectif. Chose qu’il va falloir fixer.
– Tu veux que j’y retourne ?
– Ma seule condition est la récupération de celui qui est détenu dans la tour. Demande-lui celle qui l’a poussé à m’envoyer ce défi. Euh…
– Je m’appelle Zinn si c’est ce que tu cherches. J’y vais.
– Je réitère, on fait quoi Adam ? demanda Feng
– Je ne peux m’attaquer à la tour ni le provoquer en duel, le premier serais insensé et le second il le refuserait. Commence à me demander si j’ai bien fait d’accepter…
– Nous n’avons pas d’armée, nous ne pouvons pas l’attaquer de front. Concrètement, la seule chose que je te conseillerais Adam c’est une diversion, pour que je puisse étudier ce qui nous attends. Sachant que je ne peux t’y envoyer ni m’y rendre, j’aurais fondu avant, je vais avoir besoin de Nikki.
– Comme tu voudras Chester, répondit-elle.
– D’accord, mais quel type de diversion ? Je n’ai pas envie d’aller toquer à sa porte et lui dire de rameuter ses troupes sur moi… Quoi que.
– Quelle idée saugrenue t’a sautée à la gorge ?
– Les champs de Drénor. En as-tu le souvenir Feng ? dis-je me levant de mon fauteuil.
– Si je m’en souviens, c’était le plus grand carnage de démons que l’on n’a jamais fait. Une journée, une nuit. Vingt-quatre heures, deux contre, j’avais arrêté de les compter à mille.
– T’est avec moi si je la refais ?
– Tellement.
– Alors suis-moi, on a une diversion à faire. »
Je suis parti, assez vite pour me placer juste devant la porte, aussi grande qu’on pont levis de son château. J’ai eu la merveilleuse idée de frapper, comme sur une porte classique pour qu’il vienne me voir.
« Tient, tient, qui voilà ?
– Toujours frileux l’ami ?
– Je n’ai pas envie de risquer ma vie, je préfère attendre d’être prêt à te tuer.
– Ben voyons. En attendant, moi je me sens prêt.
– Qu’est-ce que ça peut me faire ?
– Tu n’as pas une bande de con dans ton château, histoire de me dérouiller ?
– Imbécile sans cervelle. Tu ne penses qu’à te battre.
– Et alors ? Ça te dérange ?
– Allez-y, éliminer moi cet abomination.
– Je te la revaudrais celle-là ! »
Aussi tôt retourné pour rejoindre Feng, j’ai activé rapidement l’arme qui me prenait tout l’index. J’ai retraversé la distance entre les deux châteaux, puis je me suis mis en face du bâtiment ennemi, laissant émerger du sol ces terres de batailles légendaires, prenant au piège ceux qui me poursuivaient.
« On prend quel chemin ?
– Si je veux effectuer ce passage correctement, je vais avoir besoin d’une personne de plus. Commençons par la gauche pour atteindre le campement allié.
– Je te suis alors. »
Trois grandes parties se dessinaient sur la carte qui se trouvait dans notre base, une longue partie en bas, du camp allié à gauche au notre à droite. La fortification ennemi se trouvait en haut à gauche, et prenait un tiers de la carte, comme la première. La troisième partie était le dédale de fortifications à deux étages, une sorte de labyrinthe où ceux qui s’y engouffrent finissaient morts, les uns après les autres. Je savais comment notre ennemi prenait place sur le champ de bataille grâce aux informations que j’avais grâce à mes lunettes et Sieg. Ça nous a pris dix minutes pour rejoindre le camp, étrangement désert.
« À quoi tu penses ?
– Une embuscade. Trop pas assez préparée ! fis-je me retournant, Ebony et Ivory pointée vers celle qui allait nous attaquer.
– Leo Kryssen !
– Zafina. Content de te voir.
– Que reviens tu faire ici ?
– C’est plutôt toi qui reviens du passé. Madame.
– Comment ? Peu importe. Qui est celui qui t’accompagne ?
– Une boucle sans fin, intouchable et fragile…
– Qu’as-tu dit ?
– Rien. Feng, il est en quelque sorte mon garde du corps.
– Enchanté Feng, je suis Zafina. Princesse du royaume Zihlon.
– Je vais avoir besoin de toi Zafina.
– Pour ? Dit, je serais ce que tu me demanderas.
– Déjà pris. J’ai l’intention d’isoler le chef ennemi, pour cela il me faut quelqu’un qui fasse diversion dans la base en face le temps que nous attaquions ceux qui se trouvent en haut des remparts.
– Et tu veux que je m’y colle.
– Non, je te demande de rester là et de fuir quand le premier soldat arrive.
– Ce que tu peux être con !
– Juste un conseil, je vais avoir besoin de ta force, mais aussi de ton intelligence, alors fait attention à ce que tu fais. »
Nous sommes partis à pieds sur le sentier qui nous mènerait sur les remparts. Environ deux minutes pour y monter.
« À quoi tu pensais quand tu parlais de cette boucle sans fin ?
– Quelque chose que tu as déjà oublié. Déjà perdu. Tu me comprendras…
– Qu’est-ce qui ce passe ? Merde ! Zafina !
– Attends, elle devrait s’en sortir. »
J’étais parti dans une vision, voyant Zafina périr à ce moment, puis j’ai regardé au-dessous de nous et j’ai vu celui qui l’avais tuée et qui avait manqué son tir à cause de nos paroles.
« Adam ?
– Va t’occuper de l’autre truc là-bas, j’ai quelque chose à comprendre.
– Avec plaisir. »
Dans le cas où je voyage dans le temps, sa modification, sous certaines contraintes est possible et souvent nécessaire pour nous. Mais est-ce réellement possible de changer quelque chose du passé sur une reconstitution ?
« Dans le cas où un maitre, mieux, gardien du temps fait la reconstitution, concrètement il n’y a rien qui t’en empêche.
– Merci Sieg ! Vais pouvoir jouer.
– Ne m’attends pas Leo, j’arrive ! fit Feng qui s’était fait éjecter, mais qui repartait aussi tôt.
– En avant ! fis-je sautant des remparts.
– Sauvez-vous ! C’est Leo Kryssen.
– Je ne pensais pas être autant craint. »
La vitesse à laquelle j’ai commencé à me battre contre ceux qui osaient m’affronter m’avait fait prendre une nouvelle forme de Drago Angelo. Le style coureur de lumière, deux lames et le doubleur d’attaque de mon style élémentaire. J’ai retraversé le champ de bataille à une allure démesurée pour rejoindre Zafina. Feng est arrivé quelques secondes plus tard.
« Qu’est-ce qui suit ? demanda-t-elle.
– Jusqu’ici, tout se passe bien. Apparemment il est décidé à m’envoyer encore plus de démons. Bon, il va falloir les occuper dans la fortification. Je prends la partie basse, Feng, tu supprime les gardes des fortifications au-dessus.
– Et moi ?
– Suis-moi jusqu’à ce que je descende.
– Comme tu voudras. »
Il n’y avait personne sur cette partie du trajet, ça me dérangeait, il y avait forcément quelque chose qui n’allait pas. Pourquoi laisser ce chemin sans personne ? Au bout, il se découpait en deux parties. Une faites de pont et de casernes, l’autre qui menait au sous terrain.
« Toujours aussi inquiet ?
– Je trouve anormal ce vide.
– Mais non, c’est toi qui te fais des idées Leo. Regarde, dit-elle suivant le chemin, il n’y a personne…
– Zafina ! s’écria Feng en se jetant sur elle. »
Il y avait deux tours de guet, une avant le pont à côté de nous, une un peu après. Celui qui avait tiré la flèche tout à l’heure est descendu de la seconde pour assassiner Zafina, disparaissant aussitôt.
« Quelque chose m’échappe, fis-je une fois l’avoir rejoint.
– Pourquoi est-ce que je peux jamais les sauver ?
– Tu n’as pas à la sauver. On ne réécrit pas ce qui s’est passé, on anticipe pour le changer.
– Je ne veux pas qu’elle parte !
– Et je ne souhaite pas le laisser en vie. On reprend ça au début, rendez-vous dans moins soixante secondes »
J’ai remonté le temps jusqu’au moment où l’assassin a sauté, observant la manière dont l’action s’était déroulée et pour trouver l’élément qu’il me manquait. J’ai stoppé Feng lorsque qu’il a voulu la rejoindre avec ma lance. « J’y vais » fis-je alors que l’assassin était encore à côté de son corps. J’ai commencé à avancer vers lui alors qu’il ne m’avait pas vu, puis il s’est enfui prenant le même chemin que celui que je devais emprunter. Une seconde vision m’est apparue et dirigeait Zafina en bas de la descente. Quelque chose encré dans le mur et qui scintillait m’avait attiré l’œil. J’en suis sorti et m’y suis dirigé.
« Où est-ce que tu vas Adam ?
– Une minute Feng.
– On n’a pas le temps pour ça !
– C’est ce que tu crois. »
Trois armes en or y était plantées, deux lances et une épée. Lorsque je les ais prises, j’ai automatiquement pris l’apparence de Leo. « Deuxième retour Feng » dit-il revenant une seconde fois au même moment. Cette fois-ci il lança une chronosphère sur la tour pour empêcher sa descente et il a laissé Zafina descendre pour se mettre à sa place. Puis il s’est violemment retourné vers l’assaillant pour lui planter la lance dans sa main gauche dans le torse, puis lui coupa la tête avec la seconde.
« Tu vois, aucun danger ! fit Zafina.
– J’ai le droit de critiquer ? fit-il regardant Feng avec le sourire.
– Où est-ce que je vais donc ?
– Avec Feng. Je devrais m’en sortir seul. »
J’avançais au rythme que m’imposaient les deux autres au-dessus de moi, je n’avais pas l’intention de me faire repérer. Je supprimais tous ceux qui se trouvaient devant moi, avec une aisance déconcertante. Il était un peu plus d’onze heures lorsque nous sommes arrivés à la fin du dédale. Cette fois-ci ce n’était plus eux qui régissaient mon avancée, mais moi la leurs. Je me trouvais dans une longue allée, avec des démons à perte de vue devant moi. Je me suis armé de mes deux lances pour traverser les lignes de défenses. En même temps j’écoutais ce que Feng et Zafina disaient.
« Rien ne l’arrête. Qu’est-ce qui le rend si déterminé et acharné ?
– L’espoir. C’est la seule chose qui le porte, une valeur propre à l’humain qu’il a su développer cher lui. L’espoir que le monde change, l’espoir de retrouver une vie normale.
– Dans tous les cas, aucun ne lui résiste, il les décime tous les uns après les autres.
– Je peux en faire autant tu sais.
– J’aimerais bien voir ça ! »
Ils me faisaient rire les deux. J’étais en train de me démener pour éliminer tous les démons qui m’arrivaient dessus et eux ils discutaient, de moi en plus. Même si mes nouvelles armes me permettaient un combat plus efficace contre eux, il m’a fallu une heure pour tous les éliminer.
« Dix mille, m’attendais à en voir plus.
– Tu sais qu’il en reste encore Leo.
– Je sais, mais cette partie je te l’offre.
– Euh… comme tu voudras. On se rejoint devant le camp ?
– Ouais, j’arrive. »
Je me suis tourné vers la tour devant moi me demandant ce qu’il pouvait bien s’y passer, ce que Nikki pouvait bien y faire. Je n’ai pas trop tardé dans mes pensées, je savais que les deux autres m’attendaient. Je suis alors parti les rejoindre, mais je suis arrivé bien avant eux.
« Quoi ? me fit Feng arrivant avec Zafina.
– Rien. Tu nous ouvre la porte ?
– J’ai le choix ? »
J’étais dos à la porte quand il a sorti sa hallebarde à roue pour détruire la porte. Quelque chose m’a interpellé une seconde après, comme une présence, j’ai aussi tôt dégainé mes deux lances.
« Quelque chose ne va pas ?
– Il y a quelqu’un en trop ici. Mais qui ?
– Toi peut-être ?
– Tu trouves ça drôle ?
– Ouais un peu. C’est normal que ça soit si vide ?
– Toujours pas. Quelque chose ne tourne pas rond.
– Va falloir se méfier.
– Zafina, ne reste pas dehors. »
Quelque chose s’est jeté sur moi lorsque j’ai prononcés ces mots. C’était une araignée, trop grande pour sa taille, je l’ai empalée sur ma lance gauche puis achevé avec la droite une fois au sol.
« Qu’est-ce que c’était ? demanda Zafina.
– J’ai l’impression que ce n’est pas qu’une reconstitution.
– Si, mais pas que de cette bataille, dit-il regardant celui qui arrivait.
– Un cyclope. Ça commence bien. »
On s’est tous les deux jetés rapidement sur lui, j’en ai fait le tour, attendant que Feng le renverse, plantant la lame de sa hallebarde dans son ventre pour le rabaisser. J’ai sauté jusqu’à sa tête pour lui planter des deux lances dedans, aplatissant le colosse sur le sol dans un bruit assourdissant.
« Et ce n’est que le début.
– Qu’est-ce tu veux qu’il nous envoie d’autre. Une armée de centaure ?
– Leo ? fit Zafina me montrant ceux qu’il y avait devant nous.
– Bon, dit-il blasé, devrait pouvoir m’en charger. »
Il s’est mêlé à la troupe, les laissant l’entourer, puis il s’est arrêté, croisant les bras.
« Qu’est-ce qui te prend ? Tu as compris que tu allais te faire tuer ?
– J’ai compris quelque chose, mais pas que j’allais me faire tuer. En attendant, je passe ! »
Le premier éclair est parti de sa main gauche pour éliminer celui qui était devant. Puis il fit tourner une de ses lances au-dessus de sa tête pour supprimer les autres.
« Trop prétentieux.
– Tu ne crois pas que tu l’est toi aussi ?
– Non, je ne vois pas de quoi tu parles.
– C’est ça ouais. Qu’est-ce qui suit ?
– Euh, un, deux, trois cerbère. Il me sort tous les monstres de la mythologie. Et puis quoi encore, une araignée géante ?
– Leo, derrière.
– Oh ! fit-il se retournant. Merde ! »
Les trois qui étaient maintenant derrière moi m’attaquèrent en même temps, je les ai esquivés juste à temps en m’élevant dans les airs. Seulement j’avais négligé quelque chose, un phœnix qui m’a attaqué par derrière, me projetant contre le mur en face. Je me suis laissé retomber au sol alors que mes alliés pensaient que j’étais assommé.
« Comment je suis supposé m’en sortir ?
– S’ils s’attaquent tous à nous ils nous aurons à chaque fois.
– Alors il faut les isoler. Pourquoi est-ce je ne les exploiterais pas ?
– À quoi penses-tu ?
– Un animal qui renait de ses cendres a forcément des capacités différentes, un truc du genre le cœur du phœnix, si j’arrive à être assez rapide, je peux obtenir quelque chose de ces trois légendes.
– Comment comptes-tu t’y prendre ?
– Ça c’est mon problème, si tu me laisse le contrôle de ton corps.
– Fais-toi plaisir l’ami. »
Je me suis relevé très vite après mon dialogue, puis j’ai lancé mon glaive autour du cou du phœnix pour me hisser sur son dos. Je l’ai achevé une première fois pour éparpiller ses flammes et mettre feu au camp en bois. Il n’a pas attendu très longtemps pour se réveiller en enflammer ses alliés au passage, mais ils ne craignaient rien. Il me restait la seconde partie de mon plan à mettre en œuvre. Cette fois-ci c’est l’araignée que j’ai chevauchée en entrant dans ses pensées. Mon but était de faire un cocon autour des cerbères pour les stopper. Je l’ai forcée à tisser une toile géante au sol pour qu’ils s’y bloquent, la poussant ensuite à les emprisonner comme n’importe quelle proie. Elle se trouvait au-dessus d’eux alors qu’ils étaient attachés sous la toile. Je me suis alors mêlé au phœnix dont le corps de flamme n’était pas totalement refait pour le faire piquer sur les quatre cibles. J’en suis sorti, au milieu des flammes et des étincelles, le bras droit encore enflammé.
« Je crois qu’il n’y en a plus. On s’en va ?
– Quoi comme ça ? Mais, je…
– Tu viens avec nous Zafina. Je ne compte pas te laisser ici.
– Kryssen ! fit Akziel en haut des remparts.
– J’ai décimé ton armée, tu veux quoi d’autre ?
– Tu m’énerve ? Pourquoi il faut que tu les supprimes tous avant de t’attaquer à moi ?
– Parce que tu n’as pas ce qu’il faut pour t’attaquer à moi en premier. Tu préfères envoyer tes sous-fifres.
– Et alors ?
– Dégage avant que tu ne partes avec ce sur quoi t’es.
– On se reverra.
– J’espère bien. »
Il a redescendu la muraille pour retourner chez lui. J’ai alors supprimé le décor que j’avais posé, me retrouvant à nouveau sur le champ vide entre nos deux châteaux, mais avec Feng et Zafina. Je les ais laissés faire leur bout de chemin et je suis parti rejoindre Chester.
« Alors, comment on va dans ce truc ?
– Des tas de chemins, un seul dedans et un seul gros problème.
– Je prendrais la porte, suivrais le chemin. Quel est le problème ?
– Tu n’auras aucun pouvoir, même pas tes pouvoirs d’enchainé.
– Alors on ira tel l’assassin dans l’ombre. »
Je n’avais pas de plan, pas besoin. J’avais un talent, mon expertise d’infiltration d’ancien agent du F.B.I. et une force, mon style d’assassin. Je ne devais faire confiance qu’à ça car c’est la seule chose que j’aurais là-bas.
Jeudi 13 mars 2014, je n’avais qu’une idée en tête, retrouver mon frère. Quel que soit le prix qu’il devra payer, qu’ils devront payer pour l’avoir volé à notre famille. Il était huit heures lorsque les autres m’ont rejoint devant la porte, Feng et Nikki. J’étais là depuis une heure déjà.
« Déjà là, il te tracasse tant que ça ? demanda Virginie.
– Comme tu le vois.
– On n’a aucun de nos pouvoirs là-dedans c’est ça ? demanda Feng.
– Exact, seule notre force nous aidera. Allez, ne restons pas là, on a du boulot. »
J’avais pris ma tenue d’assassin pour y entrer, passant dans les limbes aussitôt la porte franchie. Je ne savais pas par ou passer, ni comment, je devais faire confiance à Chester et Virginie. Nous avons suivi le chemin principal pendant un long moment, jusqu’à arriver dans une grande salle remplie de bureaux.
« Combien t’en a compté princesse ?
– Dans le bâtiment, deux-cent. S’il n’y en a pas d’autres.
– Moteur de prédiction, me fit Chester, j’en verrais une dizaine ici, à l’affut depuis que vous avez parlé.
– Venez, on s’en va, fis-je commençant à partir.
– Mais tu n’es pas sérieux, tu ne vas pas… »
Aussi vite retourné, une balle dans le crâne de celui qui avait parlé, mes deux pistolets en face de ceux qui m’arrivaient à gauche et à droite.
« Debout. J’ai l’impression que ça va être plus simple que je ne l’imaginais. Vous n’êtes même pas armés. Rentrez chez vous avant que je vous supprime vous aussi.
– Laisse-moi tranquille je t’en prie, fit celui qui gardait la porte alors que je m’approchais.
– Je n’ai pas l’intention de te tuer. Laisse-moi passer.
– D’accord, comme tu voudras. »
Cette partie était déjà trop simple, pourquoi n’étaient-ils pas armés ? Je ne me suis pas creusé la tête longtemps, j’ai juste continué à avancer.
« Chaz, rassure-moi, aucune des personnes habitant ces lieux n’est humaine.
– Apparemment pas. Même si je n’en suis pas certain.
– On fera avec… »
On est arrivé à un embranchement, on devait prendre à gauche, mais le couloir était infesté de soldats. Je me suis replié en cache derrière le coin du mur.
« Qu’est-ce qui te prend Adam ? Tu aurais peur d’eux ?
– Peur de me prendre une balle dans la gueule ouais, je ne suis pas immortel. Comment je peux les supprimer ?
– T’a deux pistolets ?
– Pas assez de portée. Le sniper en haut me verrait arriver en planque, aucune chance de cacher les corps des deux soldats qui me tourne le dos.
– Tu peux porter trois armes à feux avec les augmentations Adam.
– Intéressant, fis-je me levant pour revenir sur mes pas.
– À quoi tu penses encore ?
– Me faire un chemin, répondis-je cassant la serrure de la porte avec ma lame secrète, oh ! Ça va enfin devenir intéressant.
– Qu’est-ce que tu as trouvé ?
– De quoi les dérouiller, dis-je sortant de la pièce, mitraillette à fléchettes blanches et balles perforantes, fusil d’assaut TX assaut, balles énergétiques, fléchettes tranquillisantes, ou balles de sniper et un arsenal de grenades et explosifs. Prenez-vous quelque chose si vous voulez rester en vie.
– On ne sait pas manier ce genre d’arme Adam ! répliqua Feng.
– Moi si ! fit Virginie sortant après moi.
– Arbalète, très bon choix princesse.
– Comment tu comptes t’y prendre ?
– Pourquoi un pont au milieu d’un couloir ? Ils cherchent à cacher quelque chose non ? demanda Feng.
– Je vais l’endormir, tu prendras ma place dès que les deux l’auront vu tomber.
– Ça marche. »
Je n’étais pas le stratège de ma famille, mais j’avais un sens tactique du combat soliste exceptionnel. Je me suis donc placé derrière l’autre coin du couloir, attrapé mon fusil pour endormir celui qui rodait sur le pont. Sa chute alerta les deux soldats qui gardaient la première partie du couloir, puis ils partirent le rejoindre. Je m’étais caché sous le pont pour qu’ils ne me voient pas lorsqu’ils y arriveraient et j’ai profité du temps qu’ils ont passé sur leurs corps pour passer la seconde partie du couloir. J’ai fit signe à Virginie d’attendre mon retour pour avancer.
« Chaz ?
– Pour les rejoindre, prend à gauche, les escaliers que tu trouveras encore à gauche y mènent directement. »
J’ai suivi son conseil. Les escaliers se trouvaient dans le noir. Les deux avaient choisis de continuer la garde en faisant des allers retours entre les escaliers et lui. J’ai sifflé pour attirer celui qui était le plus proche de moi. L’éliminant lorsqu’il est arrivé à mon niveau, cachant son cadavre dans les escaliers. J’ai profité de la pénombre pour étudier le trajet du second, partant au moment où il se retournait. Deuxième victime de ma lame cachée. Je suis retourné sur le pont pour faire signe à Virginie de monter par la droite.
« Qu’est-ce qu’on fait de lui ?
– Dès qu’il se lèvera, il s’étranglera. On n’a pas à s’en faire. On avance.
– Tu vas tout faire tour seul Adam ?
– Feng. Tu n’as pas tes armes, tu n’as que ta force. Affronte une armée de soldats armée jusqu’aux dents avec juste tes points et reviens en entier. Après en on reparle.
– T’a peut-être raison. Continue alors.
– Bien. Chaz, où est-ce qu’on va ?
– Pour avancer il va te falloir accéder à la salle de contrôle. Pour ça, le couloir de droite t’y mènera.
– Une question, pourquoi poster des soldats si tôt ?
– Tu comprendras quand tu verras la prochaine salle.
– Ma foi. »
Les soldats avaient pris place partout, il y avait une sorte de hangar devant, où ces soldats avez aussi pris place. Cette fois-ci ils étaient plus d’une trentaine, tous amassés devant nous, discutant entre eux.
« Comment le grand Adam Pearce va passer cette épreuve ? demanda Feng.
– J’ai bien une idée, mais ça va te déplaire !
– C’est ça, essaie pour voir !
– Je passe, ne me retenez surtout pas. »
J’ai couru à toute allure pour rejoindre l’autre cache, une mitraillette à la main, pour alerter les soldats et peut-être en tuer certains aussi.
« Qu’est-ce qui se passe ?
– C’est quoi ce bordel ? Qui est-ce qui tire ?
– Tuez-le ! Vite !
– Je ne les pensais pas si bêtes, ça va être facile. »
J’ai dégoupillé une grenade fumigène pour la lancer derrière moi. J’ai dégainé mon fusil avec la lunette antifumée. J’ai commencé par tomber les tueurs embusqués, les snipers, puis tous ceux qui se trouvaient au cœur du nuage de fumée. Cinq minutes à peine pour tous les supprimer. J’ai repris le chemin, faisant signe aux autres de suivre. « Hey ! Où tu… » J’ai attrapé une grenade, réglée sur une seconde et jetée à sa figure, supprimé aussi vite.
« Dit donc, plutôt efficace. Heureusement que tu es avec nous.
– Je serais contre vous, vous serez déjà en train de pendre au plafond, pris par derrière. Que tu ais une fierté d’accord Feng, mais au moins, accepte que Nikki qui sais se battre avec une arbalète s’occupe de tes arrière. Si tu te prends une balle dans la tête au moins tu arrêteras de te plaindre.
– Hey ! Tu te crois mieux peut-être ?
– Si tu veux je te laisse seul ici, tu te débrouille avec ta tête pour sortir. Qu’en penses-tu ?
– On va éviter.
– Bien, tu deviens raisonnable, fis-je me posant devant la console de commande, Chaz, qu’est-ce que je dois ouvrir ?
– Le corridor G7 et les portes de droite et en face pour avancer.
– Ça marche. On avance.
– On en a encore pour longtemps.
– Arrête de te plaindre Feng. Si tu ne voulais pas venir, fallait le dire.
– Ce n’est pas ça, c’est juste que je m’ennui, je n’ai rien à faire.
– À t’a rien à faire. Alors si tu veux t’occuper, occupe-toi des démons qui nous suivent depuis une demi-heure.
– T’est sérieux ? J’y cours !
– Enfin. J’avais oublié qu’il était si chiant.
– Pas fait pour ça, faut le comprendre.
– Primitif.
– Tu ne dois pas être loin. Avance petit monstre, on a quelqu’un à retrouver.
– A vos ordres princesse ! »
On a dû rester dix minutes dans ce corridor, bourré d’escalier. Je me suis demandé pourquoi il m’avait fait ouvrir celle de droite. Elle se trouvait juste en haut des escaliers, je me suis collé au mur, à côté de l’entrée, faisant signe à Virginie de ne pas faire de bruit. J’ai frappé trois fois contre le mur, mais plus aucun bruit. J’ai dégainé mon fusil, puis ai passé la porte. Je savais que j’avais entendu quelqu’un pourtant. Puis mon instinct s’est réveillé et celui qui se trouvait derrière moi s’est vu tranché par ma lame qui sortait du coude. « Qu’est-ce que tu essaie de protéger ? Intéressant. » Il y avait une cellule au fond de la salle, avec une porte en fer. Je m’en suis approché, mon fusil rattaché au dos. J’ai regardé entre les barreaux, utilisant la vision d’aigle pour chercher quelqu’un.
« C’est fermé.
– Ecarte-toi de la porte. Elle ne va pas rester. »
J’ai pris une ces cellules de C4 que j’avais récupéré puis je l’ai placée sur la porte. Je suis rentré dans la cellule, au milieu de la fumée. « Pas logique… » dit-elle alors que l’autre porte se fermait.
« Détail, que fais-tu ici ?
– Je te retourne la question.
– Je viens chercher quelqu’un.
– Ça ne doit pas être moi alors.
– Effectivement non, mais je suis ici alors viens, je n’ai pas envie que tu meurs par ma faute.
– Foutu démon…
– Je suis peut-être un démon, répliquais-je présentant Ivory devant sa tête, seulement je ne suis pas comme ceux qui t’ont enfermé ici même si je ne sais pas pourquoi ils te retiennent et je m’en fiche d’ailleurs. Je t’ai libéré alors ai au moins la gentillesse d’éprouver une minimum de gratitude.
– Comme si tu allais sortir d’ici.
– Pourquoi je sens que je ne vais pas la supporter. Hey ! Je passe devant, tu vas te faire tuer.
– Comme voudra, monsieur le chef. Oh, ben voyons, une salope et une brute. Quelle belle équipe !
– Je crois que je vais la buter ! fis-je m’appuyant contre la porte.
– Adam, je crois que tu as traversé la porte !
– Euh… fis-je reculant d’un pas. Effectivement.
– En plus il se découvre. Génial !
– Reste calme Leo, je sens sa présence, il n’est pas loin.
– Ma colère non plus n’est pas loin. Aller ! On bouge. »
J’avais désactivé mon système auditif, pour n’entendre que Virginie, Eva Chaz ou Sieg. La musique dans la tête pour me calmer. On a avancé avec l’autre peste pendant une demi-heure avant que l’on se retrouve une seconde fois dans un bureau. Il était midi et demie et j’avais faim. J’ai pris ce que j’y ai trouvé. Des pizzas, tacos, boissons, fruit, tout ce que je pouvais porter. Puis nous sommes arrivés au dernier endroit où les soldats résidaient.
« Kryssen ! Je t’attendais !
– Si j’avais pu t’éviter. »
C’était la présence que j’avais senti sur la diversion, le frère de celui qui voulait tuer Zafina. J’étais caché derrière le mur.
« Sort de ta cachette.
– Ce n’est pas une cachette puisque tu sais où je suis. Laisse-moi finir !
– Finir quoi ?
– Finir de manger. »
J’étais en train de manger une pomme pendant qu’il parlait avec moi.
« Il est sérieux ? Il est en train de manger ?
– Qu’est-ce que ça peut te faire ? Tant que je ne te fait pas un trou dans ta salle tronche ?
– Pourrais-tu être un minimum respectueux ?
– Pourrais-tu me laisser bouffer en paix ? Merde !
– Tu m’énerve Kryssen !
– OK, j’arrive. Tient, qu’est-ce que c’est ce truc ?
– Ce truc est un moteur de prévisions, il calcule les meilleures possibilités d’effectuer une action prédéfinie et réfléchie par ton cerveau. Il est basé sur tes capacités de visions, me fit Sieg.
– Intéressant. »
J’avais deux trajectoires, une pour lancer une grenade et faire diversion, la seconde pour me cacher et avancer. Ils étaient à peu près une centaine, j’en ai éliminé dix qui ne pouvaient pas me voir de ma position avec mon fusil. Puis j’ai pris les escaliers à ma gauche pour atteindre la première plate-forme. Caché derrière l’installation d’un de ceux que j’ai supprimé. Il y en avait vingt ici, vingt supprimés avec des fléchettes empoisonnées.
« Nikki, ramenez-vous sous les escaliers, j’avance.
– Fait attention à toi.
– Ne t’en fait pas pour moi. J’ai encore du boulot. »
J’ai atteint le troisième étage, il n’y avait que des bureaux. Je suis resté en partie dans l’escalier, utilisant la vision d’aigle pour voir où étaient mes ennemis. J’ai monté le reste des escaliers faisant signe à ceux d’en dessous de suivre. Une grenade aveuglante jetée au sol dès qu’ils m’ont aperçu pour que je disparaisse et eux juste après. J’ai avancé jusqu’à la porte en face de moi pour voir que derrière se tenait un soldat sur une tourelle. J’ai refermé la porte en vitesse, me cachant derrière.
« Dur, comment je peux passer sans prendre un autre chemin ?
– Une diversion ?
– Tient, tu te proposes ?
– Tu rêves ouais, je ne suis pas suicidaire.
– Dommage. Il lui faut forcément un moment pour recharger. Comment le forcer à vider son chargeur ? Hey ! fis-je regardant un cadavre. »
Je l’ai attrapé au col pour l’accrocher derrière la porte, utilisant un filtre de perception sur lui pour que le tireur le confonde avec moi. Une fois qu’il est arrêté je me suis précipité de l’autre côté, me cachant derrière un poteau, mes deux mitraillettes à la main. Je ne savais pas comment avancer sans me faire cribler de balles.
« Ose venir te battre contre moi, abandonne tes armes à feu pour te battre à main nue.
– Comme tu voudras. Tu vas le regretter.
– Je ne pense pas, dis-je sortant de ma cachette, je t’autorise une arme blanche, couteau, épée.
– Un couteau. Je vais te supprimer.
– Mais oui. »
J’ai esquivé deux de ses coups, parant le troisième avec ma lame puis lui tranchant la gorge avec la seconde.
« Dernier étage avant la mort. Vous suivez toujours ?
– Parce qu’on a le choix ?
– Si tu veux pourrir ici, alors fait, je ne te retiens pas, répondis-je montant les escaliers.
– Tu n’es qu’un idiot.
– Et tu ignores qui je suis. Fait attention à toi, je ne tues pas tout le monde, en général que les démons, mais pas toujours. »
J’ai atteint le dernier étage, infesté de soldats. J’y suis arrivé décontracté, sans me prendre la tête, comme si de rien n’était.
« Pour qui il se prend lui. Il arrive comme ça et il s’en fout.
– Pourquoi devrais-je prêter attention à vous, vous allez tous mourir.
– Mais oui, t’es bien confiant.
– Réaliste plutôt. Je vais vous laminer. »
Ils étaient une cinquantaine, j’en ai tué quatre avec deux balles tirées au hasard, puis j’ai décimé tous les autres avec mes deux lames, j’ai gardé l’officier de l’équipe sous ma lame, collé à un mur.
« Qu’est-ce que tu viens faire ici ?
– Il parait qu’il y a quelqu’un qui m’appartient ici. Je me trompe ?
– Si tu parles du seul fils de la catin, oui, il est bien au chaud en haut, mais tu devrais te préoccuper de quelqu’un d’autre. Sans cette personne il ne sortira jamais avec toi. »
Je lui ai planté ma lame dans la gorge, me retournant avec lui encore pendu, glissant alors que j’avançais vers le bas. Le troisième étage était décalé, pas en dessus du second, il y avait une fenêtre qui menait à l’étage précédent. J’ai tiré une balle dans le panneau de contrôle pour ouvrir la porte en dessous puis me suis jeté par la fenêtre, rattrapant celui qui m’avait précédé. J’ai réussis à dégainer mon arc alors que mes armes étaient en haut, abattant l’assaillant qui voulait s’en prendre à la fille insupportable qui nous suivait d’une flèche dans le crâne. J’ai atterris violemment derrière elle, se retournant, étonné par le bruit. J’avais déjà chargé une seconde flèche, dirigée vers sa tête.
« Tu prétends que les démons ne valent rien et tu ne défends même pas tes arrières. Toi qui tiens tant que ça à sortir.
– Et alors, qu’est-ce que ça peut faire ?
– La prochaine fois, ne comptes pas sur moi pour te sauver.
– Et bien, tu ne t’essaie même pas de t’affronter à moi, dit-elle alors que je partais vers la porte, tu n’es qu’une pauvre merde, trouillard ! »
Je me suis retourné vers elle violemment, commençant à me laisser envahir par une force sombre, ma colère me faisait changer d’apparence sans voir laquelle, je savais juste que tout devenait noir autour de moi. C’est Feng qui m’a stoppé, m’empêchant d’avancer. Elle m’a regardé d’un air étonné, puis elle s’est agenouillée.
« Oh Grand Roi. Je n’ai pas voulu vous offenser. Pardonnez mon erreur, je ne la commettrais plus !
– Relève-toi. On y va.
– T’abandonne tes armes ?
– Plus besoin là où on va. Faites-moi confiance. »
Première fois que je trouvais un ascenseur. On l’a emprunté pour monter au dernier étage de la tour. Quelqu’un m’y attendais là-bas, enfin, j’avais quelqu’un à trouver.
Nous sommes arrivés dans une grande salle ronde, les murs faits de vitres. Un se tenait en face de nous, dos à nous. La fille s’est empressée de le rejoindre une fois les portes ouvertes. Elle s’appelait Ciryis et elle devait avoir une bonne relation avec l’homme. Ce dernier arborait le nom de Zhao.
« Qui viens me déranger ?
– Adam Pearce, ici pour secourir sa majesté.
– Je sais qui tu es.
– J’en doute l’ami. Comment on sort ? On passe à travers les vitres ? »
À ce moment, on était plus dans les limbes, j’avais mes armes et surtout Leo.
« Pourquoi est-tu venu me chercher. Pour me torturer, comme l’idiot qui trône là-dessous.
– Question très pertinente, sais-tu qui s’est installé en face de l’idiot ?
– Un homme, ou un démon, assez fou pour oser s’en prendre à Akziel.
– Merci pour le fou, je ne pensais pas l’être autant. Sais-tu son nom alors ?
– Tu l’as dit toi-même, Adam Pearce. L’enchaîné qui se prétend plus fort qu’Akziel.
– Sais-tu pourquoi alors ?
– Parce que… »
Avant qu’il ne se retourne, Eva est sortie de mon bracelet pour se placer derrière moi. Il est empresser de s’approcher, mais je l’ai stoppé, ma lame bloquée sous sa gorge. « Pourquoi détiens-tu ma mère ? » Je n’ai pas répondu, j’ai juste pris l’apparence de Leo. Puis il s’est reculé, faisant apparaitre une lance dans sa main.
« J’ai entendu dire que le grand Leo Kryssen était un expert à la lance, prouve-le moi.
– Si tu insistes. »
On s’est lancé dans un duel acharné, il a du se passer trente minutes avant qu’il n’arrive à avoir le dessus sur moi pour la première fois. Il avait réussis à m’assener un coup, me projetant en arrière, rattrapé grâce à ma lance plantée dans le sol.
« Alors, tu faiblis ?
– Bon combattant. Ça faisait longtemps que j’en avais pas croisé des comme toi. D’accord. Tu veux jouer avec la téléportation.
– Que vas-tu tenter ?
– Ne jamais dévoiler ses intentions. Ni même faire voir ce qu’on veut faire. Aller, viens. »
Il a couru vers moi, disparaissant à deux mètres de moi, revenant à ma gauche. Je l’ai ralenti juste à côté, le décrochant de sa course avec le manche de ma lance puis le forçant au sol avec ma lance chargée. Il s’est relevé presque aussi tôt, un peu assommé, puis il s’est téléporté à ma droite, mais d’une façon assez étrange, comme si il y avait quelqu’un d’autre.
« Vaillant guerrier.
– Tu n’es pas mal non plus tu sais.
– Sauf que tu as perdu ! »
Une armé de lui m’est arrivé dessus, d’abord un qui me força à perdre ma lance puis tous les autres. Aucun de mes alliés de s’est inquiété, même quand j’ai tendu mon bras en l’air pour récupérer ma lance. Elle m’est revenue dans les mains et je l’ai plantée dans la le sol, supprimant les clones avec l’éclair qui m’offrait Toshiie. Je me suis pressé sur celui qui était devant moi, gorge coincée dans la mâchoire du chronosceptre. J’ai traversé une vitre suivi par mes âmes pour supprimer les clones qu’il s’efforçait à me lancer. J’ai forcé mon passage dans le château d’Akziel grâce au corps du traitre. Il était en sang, dans les décombres du bureau.
« Leo ! fit Zhao que j’avais retrouvé.
– Comment m’as-tu reconnu ?
– Les clones ne font pas partie des capacités de notre famille, répondit-il en l’achevant.
– Leo ? Qu’est-ce que tu fais ?
– Je mets fin à ce merdier ! fit-il défonçant la porte. Tient Akziel, j’imagine que tu n’as pas atteint ton objectif ?
– Euh, je… Qu’est-ce que tu fais là ?
– Moi j’ai fini le mien. Libre à toi de me tuer si l’envie t’en prend.
– On se retrouvera Kryssen !
– J’espère bien. Bon, ce n’est pas tout, mais on n’a pas fini encore.
– La prochaine fois que tu te jettes dans le vide pour tuer quelqu’un, préviens, qu’on sache s’il faut suivre ou non !
– Ciryis, où est-elle ? fit Zhao apeuré de ne pas la voir.
– J’y retourne ! » répondis-je m’envolant vers le haut de la Tour.
Dix secondes, c’est le temps que j’ai mis pour atteindre le haut, charger ma rage de l’Ours et supprimer les premiers assaillants. J’ai ensuite sorti la forme fumée de mon épée avec l’épée fantôme, une épée puissante et bleue qui me permettait de porter des coups à distance. Il m’a fallu à peine plus de temps pour supprimer tous les autres. J’ai atteint le bout de la pièce, à droite se tenait Ciryis. J’ai attaché mes deux armes au dos puis ai tendu ma main droite, portant l’anneau de contrôle du temps et celui des esprits vers elle.
« Je n’ai aucune intention de te faire de mal. Viens avec moi.
– Pourquoi m’avoir sauvé ?
– Tu m’as appelé Grand Roi. Pourquoi ?
– Le Grand Roi, le maitre du monde des démons, du royaume libre. J’ai vu, cet être habillé de violet et de rouge, ses vêtements, son costume si brillant, si classe, le tout orné d’or. Je l’ai vu, à travers ta rage, à travers ta colère, cette force ombrageuse, cet être de lumière.
– Je t’ai vu rejoindre Zhao, pourquoi ?
– C’est mon ami, enfin…
– Oui, je comprends. Tu peux descendre ou il faut que je te sauve de la bombe qui ne devrait pas tarder à faire tomber cette tour.
– Je ne sais pas voler.
– Alors accroche-toi, je t’emmène en sécurité. »
Je l’ai emmenée dans le jardin de la tour blanche, la tour de la citadelle avec mon logo flottant au-dessus. Je me suis installé sur un banc, elle à côté de moi.
« D’où est-ce que tu viens ?
– Aldor, je fais partie des quelques survivants du royaume du Roi. Et toi alors ?
– Aldorien, mon père est Aldorien, ma mère aussi. Mon père est un démon et ma mère un ange.
– Un nephilim ? Vraiment ?
– Moi, Leo Kryssen. Mon frère, Chester Kryssen et mon second frère cadet…
– Zhao Kryssen. Quelle éloge tu me fais à parler d’une tirade si brillante.
– J’ai l’honneur d’avoir le parler familiale. Bienvenu à Anathema, la citadelle des Saory.
– Pourquoi être venu me chercher ?
– Parce que j’ai retrouvé notre mère et qu’elle me l’a demandé. Tout simplement, tu étais une clé pour Akziel, un moyen de me faire plier s’il te gardait. Tu constituais une faille dans la guerre que je mène contre lui et je ne pouvais pas me le permettre. De plus, j’ai le sens de la famille, comme notre frère Chester.
– Tu dis que tu as récupéré notre mère…
– Je ne suis qu’un spectre, même pas élevée. Je ne suis presque plus rien pour vous mes fils.
– Je pourrais faire réunir le conseil, obtenir une audience et essayer de te le faire obtenir. Zhao n’a pas d’Ange, pourtant il m’en manque un dans cette liste.
– Les Anges ? demanda Zhao. N’est-ce pas qu’une légende raconté aux enfants pour dormir ?
– Celui que tu as vu tuer le clone est un Ange, Toshiie est celui qui m’est accordé.
– Comptes-tu vraiment obtenir une audience du conseil, ce n’est pas chose aisé tu sais mon fils.
– Je l’ai déjà fait, Victor peut me l’obtenir.
– Zhao, pourrais-je t’emprunter ton amie ?
– Avec plaisir mère. Que penses-tu qu’elle lui veut ?
– La même chose qu’à ma femme.
– Tu veux donc me trouver un Ange ? À qui penses-tu ?
– Lorsque nous étions dans la crypte, oh ! Et désolé si je perds le langage courant, souvent peu appréciable de nos jours. Dans cette crypte donc, Chester m’a parlé du dixième, Zwein, c’est celui que je n’ai jamais trouvé. S’il n’est pas revenu il te reviendra, sinon…
– Je resterais comme je suis. Je suis le plus puissant de la famille.
– Tu le serais si tu étais moins vantard. Ce n’est pas une grande qualité.
– Tu te crois plus modéré ?
– Je suis un produit de la folie mon père, comme Chester.
– Je suis le plus brillant, grand stratège, le plus modéré des deux. Je contrôle la glace et l’espace et je suis plus ange que démon, fit Chester qui arrivait derrière nous.
– Je suis plus puissant, grand guerrier, le plus audacieux des deux. Je contrôle l’électricité, le temps et l’espace et je suis plus démon qu’ange.
– Et moi, que suis-je alors ?
– Tu m’as l’air assez prétentieux, bon mélange de nous deux. Quelles sont tes spécialités à par le contrôle spatial ?
– Vous tenez vos pouvoirs de notre père, moi je suis quelque peu, différent ! dit-il s’envolant pour enfiler un vêtement noir.
– Un mage noir, pourquoi je n’y ai pas songé.
– Ton cerveau est trop lent Adam !
– Mais oui Chaz. Tes capacités vont m’intéresser. Je pense savoir où est-ce que tu vas me servir.
– À quoi penses-tu ? Quelle idée saugrenue t’est encore venue ?
– Vous le verrez, on n’a pas encore tout à fait fini. »
Il existe certains êtres qui sont différents par nature. Leur personnalité, leur façon d’être, de s’habiller. Leur capacité au combat ou autre. Mais il existe un type assez étrange chez l’homme. Ils les appellent les mystiques. Ils ont des pouvoirs innés, inimaginables, grand mages, sorciers ou voyants. D’autres sont devenus immortel en utilisant leurs sortilèges. Tous ont été des menaces pour le monde, un grand pouvoir mène à une utilisation correcte, mal utilisée par ces personnes. Seulement certains ont su en profiter, grand mages d’une époque perdue, certains renaissent, leurs ombres et leurs lumière avec.
Sia Williams. 2012
Vendredi 21 mars 2014, j’avais obtenu un conseil, mais j’y suis arrivé en retard, comme d’habitude. Le conseil avait déjà commencé que mes pas et ceux de Zhao résonnaient dans le couloir juste avant la salle. Je suis arrivé, sous l’œil désespéré de certain.
« Monsieur Kryssen, que me vaux cette visite ?
– Un service, même deux.
– Les étrangers ne sont pas admis au conseil.
– Je vous présente mon frère cadet. Zhao Kryssen. Prisonnier depuis ses premiers jours par Akziel.
– Qu’est-ce que ça peut nous faire ?
– Le dixième ange est toujours dans son corps original, désolé si c’était ce que tu souhaitais, repris Vozan.
– J’ai autre chose. Quelqu’un d’autre. Ma mère, fis-je alors qu’elle sortait.
– Par tous les Dieux, ce n’est pas possible !
– N’est-ce pas prétentieux que de jurer par vous-même messieurs ? dit-elle.
– J’aimerais que vous lui offriez grâce, après tout, j’ai débarrassé, avec mes alliés, presque toutes les troupes du traitre de la planète, vous pouvez m’accorder cette faveur.
– Je m’en chargerais.
– Mais vous êtes fou !
– Gregor…
– Vous voulez accorder l’élévation à une catin ?
– Ose traiter ma mère de la sorte une fois de plus et j’ose faire la pire chose qu’il existe dans ce monde ! fis-je, posé sur son bureau une flèche pointée vers sa tête.
– Leo je t’en prie. Je n’ai nul besoin de cela aujourd’hui. Certes c’est un idiot, mais je ne peux le remplacer.
– Alors je n’ai plus rien à faire ici, répondis-je en descendant.
– Tu possèdes un grand pouvoir, caché, fit l’un du côté sombre. Un héritage plus puissant que celui des Anges, un pouvoir dangereux. Lorsqu’il viendra ne le néglige pas, il peut te secourir comme te tuer.
– J’en tiendrais compte. »
Il ne restait plus que trois tours, une en Allemagne, une en Afrique et la dernière en Russie. On avait été convié à se rendre en Allemagne, Zhao avec pressenti quelque chose à propos de celui qui l’occupait. J’y suis parti avec lui et Raven. La tour était noire, avec des corbeaux et des vautours qui tournaient autour de son sommet. Nous avons passés la porte, qui s’est refermée presque aussitôt derrière nous. Nous sommes arrivés dans une grande salle, avec une sorte de trappe au milieu et un trône en face de nous.
« Lord Kryssen ! Quel honneur vous me faites !
– Oh ! Merde. Pourquoi il faut qu’il m’envoie les pires ordures de ce monde ?
– Peut-être parce que tu aurais dû me tuer il y a longtemps, dit-il en sortant de l’ombre de son siège.
– Vous vous connaissez ? demanda Raven.
– Effectivement. Zhao, Raven. Je vous présente Arwyn…
– Grand Mage et prêtre du nouveau monde.
– Ton nouveau monde n’existe toujours pas pauvre idiot.
– C’est à cause de toi !
– J’espère bien ouais. Bon, ramène-toi, qu’on en finisse !
– Tu ne penses tout de même pas que je vais me laisser faire. Non, c’est moi qui fixe les règles.
– Ben voyons !
– Première étape ! Question pour toi Leo, combien de fois portes-tu le nom de régicide ?
– Si je pouvais porter aussi celui de magicide, ça serait le rêve !
– Combien de gallons tu portes de ce titre ?
– Je ne sais plus, entre cinq et vingt. »
Il nous a transportés dans une salle du trône, dans un château. Je le connaissais, on y avait condamné un roi tyran qui torturait femmes et enfants. Cette fois-ci j’étais à sa place, dans le parloir, mes deux alliés dans deux autres. J’étais à genoux, les mains liées et attachées à mon emplacement. « Qu’est-ce que ça fait d’être à la place de celui qui perds Kryssen ? »
« Le sujet est condamné à mort ! fit le grand devant moi.
– Et tu comptes t’en sortir comment l’ami ?
– Faites-moi confiance. Il est négligeant, comme d’habitude. »
Ils nous ont menés sur une estrade à l’extérieur, attaché à des guillotines.
« Et maintenant ?
– Laisse-moi faire Zhao, je sais ce que je fais. »
Je devais être le premier, sauf que la lame de la guillotine a trouvé mon glaive en bas, dans un élan de force, j’ai brisé le bois qui m’attachait puis ais figé le temps pour détacher les deux autres à leurs tours. J’ai rapidement pris l’épée du roi qui nous condamnait avant que le temps ne redevienne normal puis je l’ai plantée dans son dos. Tout est redevenu normal et le régent est tombé en avant, laissant apparaitre ma silhouette.
« Montre-toi, tu ne gagneras pas avec de tel tours.
– Tu n’es pas drôle ! Je dois trouver plus dur encore. Je sais, bon voyage. »
Cette fois-ci c’était une époque bien connue, 14 juin 1307, c’était six mois avant que je ne supprime Tara, dernière fois que je la voyais avant que je ne reste aux côtés des templiers. On était sur le balcon du château de son père.
« Pourquoi les avoir rejoint, tu avais juré rester un assassin à jamais.
– Certaines choses n’évoluent pas comme je le voulais. Si je ne me rallie pas à eux, ils vont mettre ce monde en danger.
– Qu’est-ce qu’ils possèdent qui te fait si peur ?
– Imagine qu’il existe une arme assez puissante pour détruire le monde, forcer tout l’univers à recommencer depuis le début et que ces monstres l’ai en leurs possession.
– Tu veux la récupérer.
– Je dois la récupérer.
– Alors, qu’est-ce que ça te fait de ressasser tes vieux souvenirs ? dit-il me ramenant.
– Ne joue pas à ce jeu-là… »
Il m’a renvoyé dans un autre endroit, plus tard. Le jour de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, je me suis retrouvé sur la place depuis laquelle les meneurs avaient lancé l’attaque, ma troupe d’assassin dont j’étais le chef dans toute la ville. Le Paris de l’époque, rien n’était plus beau à mes yeux à cette époque.
« Dit-donc mais qui est cette dame, celle avec qui tu as trompé ta femme ?
– Amy Chang, la compagne d’Izidro. Il gardait l’autre partie de la ville, elle était ma nouvelle recrue, excellente, brillante. Ses capacités n’avaient d’égal, pas même moi. Que cherches-tu ?
– À te voir souffrir.
– Alors il en faudra plus.
– Comme tu voudras. Pendant que tu faisais ton tour, j’ai emprisonné des deux amis. Bon courage pour les retrouver. »
Je détestais cet homme, il était totalement fou et rien de ne l’arrêtait. Je le redoutais pour une chose, ce soit disant prêtre saurait me faire payer les crimes que j’avais fait, même si les récents évènements m’avaient aidé à me les pardonner. Il m’avait envoyé en haut de la tour, je n’avais d’autre choix que de descendre, si ce n’est fuir. Alors j’ai pris les escaliers, toujours alerté par le silence dans les deux premiers étages. Puis j’ai atteint le troisième, envahis par un vacarme assourdissant.
« Tient, tu n’es pas enfermé ?
– Tu ne penses tout de même pas qu’il allait me bloquer dans une cage. Avec des démons couverts d’eau ! Quel idiot.
– Tu m’épateras toujours Raven.
– Je sais, je suis là pour ça. Qu’est-ce qu’on doit faire ?
– Retrouver Zhao, je suppose avant qu’il ne nous retrouve.
– Je crois que le prochain étage est une mère de glace, je vais avoir besoin de toi. »
Je m’inquiétais pour Zhao, quel sort pouvait-il bien lui avoir réservé ? Nous avons atteint le prochain étage. Se tenait devant nous, une immense étendue, à perte de vue, uniquement de la glace et des montres qui rodaient au milieu.
« Comment il arrivent à bouger là-dedans ?
– Ils sont constitués de milliers de micro particules, chacune d’elle passe dans les espaces qu’il a entre les molécules d’eau. Tu penses pouvoir le dégeler ?
– Suffit d’y marcher dessus.
– Non, dit-il prenant un caillou à côté de lui, le lançant sur la glace qui se brisa aussi tôt.
– Bon, on va essayer. »
J’ai posé une main sur la glace, allumant mon cœur pour m’imprégner de la fumée. Je me suis senti d’un coup extrêmement puissant, comme si quelque chose d’autre voulait me donner son énergie pour me rendre plus fort. Toute l’étendu a pris une teinte orangée avec de fondre d’un coup.
« Et maintenant ?
– C’est un détail, dit-il chargeant son trident pour le lancer dans l’eau, je te fais un chemin ? reprit-il avant de séparer l’étendue en deux.
– Si je m’attendais à ça. J’imagine que j’y vais le premier ?
– T’imagine bien. Va, je te suis. »
Je n’ai pas compté la distance que l’on avait parcourue, ça me paraissait une éternité. Une heure plus tard, à mon avis, on atteignait l’autre rive et les escaliers pour descendre. Je m’y suis pressé pour y accéder, mais l’escalier menait à une falaise.
« Oh, on va y aller doucement.
– Rappelle-toi le message que l’Ordre porte au monde. “Leur vérité est un mensonge”
– OK, fis-je posant mes pieds dans le vide, alors que je me retrouvais dans le noir, Sakon ?
– Suis-moi, dit-il de sa voix grave, flottant devant moi.
– Avec joie. »
La seule chose qui nous éclairait était son pendule, une sorte de cristal vert dans une cage, attaché à une chaine qu’il tenait dans sa main. Je ne me suis pas préoccupé de ce qu’il y avait atour de nous, je l’ai juste suivi aveuglément pour pouvoir sortir.
« Ma lueur ne nous sauvera pas Adam.
– Toi aussi tu les as entendus ?
– Ils nous voient, ne nous entendent pas. Fait moi du bruit, ils n’iront pas loin.
– Ok chef. »
J’ai dégainé Arbitrer que j’ai collée à ce que je pensais être un mur pour faire faire une grande déflagration sonore. Sakon était un peu étrange comme Ange, personne n’avais jamais réellement su quelles étaient ses vraies capacités. Sur ce coup il utilisait la réverbération sonore pour localiser ces cibles. Quelques secondes plus tard, les quatre qui l’avaient attaqué se retrouvaient éventrés par sa lame croissant. Puis il a ressorti son pendule pour stopper les derniers. « Moi aussi je sais le faire » dis-je les voyants dans l’impossibilité de bouger. « Pas comme ça » répondit-il en les compressant sur eux-mêmes pour extraire leurs âmes. Il les envoya ensuite vers la sortie.
« Qu’est-tu vraiment Sakon ?
– Mes capacités commenceraient à t’étonner Adam ?
– Dans tous les cas je reste plus puissant que toi.
– Tu crois ! »
Il s’est retourné, déployant sa lame alors que j’avais déjà anticipé son attaque en sortant ma lance.
« Tu es certes puissant, mais tu manques de vitesse.
– Tu serais déjà mort sans moi ici.
– Je n’ai jamais dit que tu ne me servais à rien, juste que si tu devais t’opposer à moi, je gagnerais.
– Tu as toujours le dernier mot.
– Je suis entraîné pour ça, c’est normal. »
Nous avons continué notre chemin pour atteindre l’étage suivant. Une sorte de d’église, circulaire.
« Je me souviens de cet endroit.
– Dois-je me faire du souci ?
– Non, non je ne pense pas. Pourquoi vouloir me faire revenir ici ?
– Pourquoi ? Ceci est mon église mon cher Leo ! me fit Arwyn
– Et ? Je ne t’ai jamais tué, ni tué personne ici !
– Tu crois ? Laisse-moi te montrer. »
Il m’envoya dans une vision, plutôt apocalyptique. J’entrais dans cette pièce, au milieu des bancs, une centaine de personnes, même plus sur ces sièges. Tous étaient apeurés, comme si ma venue leur posaient un problème. Certains c’étaient levés pour s’opposer à moi et je les ais éliminés. Puis j’ai fini pas supprimer tous les autres. Dans le mode réel j’étais un peu différent, à genoux, la tête entre les mains, j’étais en train de souffrir de ma vision. À un moment j’ai senti quelque chose me lever, il me faisait flotter dans les airs, peut-être Sakon, et quelques minutes et beaucoup de bruit plus tard, on s’est déplacé. J’ai commencé à voir les choses d’un autre angle, jusqu’à ce que je bouge plus. J’avais retrouvé mon corps, enfin presque.
« Tient, un mort de plus !
– Qu’est-ce, qui es-tu ?
– Un de ceux qui ont été transformé en démons.
– Toutes vos âmes errent dans les limbes ?
– Ouais, jusqu’à ce que Leo supprime la tour, apparemment nous sommes transportés ailleurs après.
– Exact, avec vos corps humains. Ce qui qui me dérange c’est comment je suis arrivé ici ?
– Comme nous pardi.
– Tiens donc, comment expliques-tu que moi, Leo je sois mort comme toi ?
– Merde, si toi aussi t’est mort, comment on va sortir ?
– Si tu me suivais je pourrais de remettre en ordre Adam ! me fit une sorte de Sakon derrière moi.
– Qui, quoi…
– Forme fluidique. Tu crois que je suis si minable que ça Adam, je te l’ai dit, tu ne sais rien de ce que je suis capable de faire.
– D’accord, je l’admets, pardon, mais explique moi ce que je fais sous la forme d’un fantôme ?
– Je t’ai mis en “pause”, c’est une forme de stase pour t’éviter la souffrance des visions. Après le fait que tu sois un fantôme, me demande pas j’en sais rien, j’y suis pour rien. En attendant rejoins-moi si tu veux retrouver ton corps.
– Bon, je te laisse, faut que je vous sorte de là. »
Sakon avait une forme fluidique, un fantôme d’énergie duquel il tirait son énergie. Il était créé par son pendule et il le suivait partout. J’en faisais de même, j’ai rejoint sa forme humaine, avec mon corps qui flottait juste derrière. C’était le dernier étage avant la grande descente. Il était infesté de démons noirs, ces démons entourés de leur flot d’ombre.
« J’ai une question bête, si ça ne te dérange pas de me répondre pendant que tu te bats.
– Fait, j’écoute.
– Comment tu comptes de ramener ?
– Si je savais comment tu étais sorti.
– Parce que tu crois que je le sais ?
– J’en doute. Je reviens ! »
Son fantôme s’en alla pour rejoindre son pendule qu’il tenait entre ses deux mains. Il le transforma en un flux de particules qui suivait ses mains. Il le fit s’éparpiller à travers la cinquantaine d’ennemis, il agissait comme les âmes de Toshiie, sauf que les particules changeaient toute chose en leur forme. Il le manipulait avec un style de combat assez particulier, une sorte d’art martial peu commun, un peu comme mon style du tigre.
« Tient donc, l’âme d’un enchainé !
– Euh… fis-je me retournant à cause de la voix. Non, non, non. Je crois que ne préfère encore survivre.
– Personne ne résiste au grand chasseur d’âme Vantiag.
– Sakon. Je peux avoir ton aide ? Merde il ne m’entend pas.
– Comment tu comptes t’échapper ?
– Je ne m’échappe pas, je fuis ! »
J’ai détalé à toute vitesse de l’autre côté, vers Sakon. Il était en train de régénérer son fantôme. Entre moi et mon corps s’est interposée Eva, qui revenait du conseil, je me suis senti légèrement différent après l’avoir traversé. Quelques secondes plus tard, Sakon reprenait mon corps pour le jeter dans les airs pour que je passe à travers. J’en ai repris possession sans difficultés, juste en me posant violemment, Drago Angelo à la main. Je me suis relevé, mon épée sur l’épaule.
« Euh, je crois que je vais y aller.
– Je ne t’ai pas autorisé à fuir !
– Pourtant tu l’as bien fait !
– Oui, mais juste pour retrouver mon corps, répondis-je me tournant vers lui. Maintenant on échange les rôles ! »
Je suis parti vers lui, laissant ma lame toucher au sol, la gâchette de charge enfoncée. J’ai déployé trois clones derrière moi, puis l’ai frappé avec la pointe de ma lame en trois fois, avec la latence de mes clones pour lui briser sa garde et lui toucher le cœur. Je l’ai lancé dans la fosse, la seule sortie de cette pièce.
« Pourquoi il faut toujours que ce que tu fais soit spectaculaire ?
– Parce que c’est dans mes gènes ! dis-je me mettant devant la descente. Comment je peux supprimer des démons fluidiques ?
– Une bonne frappe d’énergie ça devait le faire. Seulement je ne survivrais pas à la chute.
– Je pense que si, dis-je regardant Eva, attends cinq secondes pour sauter après moi. Si tu me fais confiance tu ne craindras rien.
– J’ai le choix ?
– Pas tellement. On se retrouve en bas ! »
Comme toujours, je me suis lancé en piqué, la tête en bas. Il devait y avoir une centaine de mètres, je les ais parcourus en à peine une minute. À quelques mètres du sol, j’ai commencé à me retourner, j’ai utilisé mon arc pour ralentir le temps tout juste au niveau du sol puis j’ai attrapé la main d’Eva pour finir mon tour et utiliser son énergie Saory pour faire la plus puissante rage de l’Ours que j’ai faite. J’ai commencé à m’avancer dans le flot de particules alors que Sakon arrivait, ralenti dans sa chute.
« Où est-ce qu’on va ?
– Si il est logique, je n’y crois pas, mais bon, mon frère devrait se trouver juste au-dessus. Comme toi tu étais à l’avant dernier.
– Comment tu savais que je serais ralenti par ton truc là ?
– Contrôlé par l’esprit, si je veux que tu sois ralenti, tu le seras, sauf si on me tue avant bien sûr. Bon, toujours pas décidé à y aller ?
– C’est comme si quelqu’un nous suivait, tu sais, une sorte d’ange endormi.
– Bah si ils nous attaquent, on les détruira, content ? J’aimerais retrouver mon frère moi.
– OK, ça va, je suis. »
On est monté à l’étage, c’était un grand désert, avec un long chemin qui commençait en haut de l’escalier. Une sorte de brume flottait au-dessus du sol, plus de la fumée venant de nulle part.
« Je crois que ton frère est plus comique qu’il ne le parait.
– Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
– Un immense terrain vaste et vide dans une si petite tour !
– Et tu penses que le nôtre est mieux franchement ?
– Leo… fit une voix résonnante.
– Tu n’as rien entendu ?
– Non, rien d’anormal que toi qui devient barjo.
– Très drôle. Je ne plaisante pas…
– Leo ! refit cette même voix.
– Moi j’y vais, fait ce que veut l’ami. »
J’ai utilisé la brume et la cristallisation pour rejoindre la source. J’ai retrouvé Zhao commençant à flotter, puis il s’entoura d’une immense tornade d’énergie violette pour éliminer ses assaillants. « Contrôle ceux qui sont derrière ! » me fit Zhao dans con enfer de magie. J’ai commencé à faire comme lui, lâcher de quelques centimètres le sol pour me connecter aux personnes derrière. Il y avait aussi des humains, ces derniers ne sont pas restés sous mon contrôle. Zhao sorti de sa tornade, se tournant vers moi alors que j’avais les lunettes repliées et les yeux illuminés d’une couleur dorée.
« Que comptes-tu en faire ?
– Je vais avoir besoin d’eux pour avancer. Tu penses pouvoir les garder ?
– Bien sûr. Va je te suis.
– Ils ne vont pas partir ?
– Non, ils me suivent comme des petits chiens. Plus des zombies quand même. »
On avait rejoint le sentier et Sakon qui l’avait suivi. On s’est arrêté lorsque qu’on s’est trouvé en face d’une stèle placée au centre du chemin.
« Attendez une minute, fis-je posant ma sphère de contrôle et montant sur la stèle, je sens que ça va devenir intéressant.
– Pourquoi parce qu’il y a deux chemin ? Laisse ta folie nous guider dans le pire des deux, tu nous en sortiras bien.
– Très drôle Sakon. Ecoutez plutôt ça. “L’ange possède la voix de la raison, le démon celle de la destruction. Le plus courageux vous mènera aux enfers, le plus audacieux en arrière.” Qui je choisis, l’ange à gauche ou le mec un peu bizarre à droite.
– Gauche, fit Sakon.
– Droite, fit Zhao.
– Bon, tout droit !
– Tu n’es pas sérieux ?
– Bien sûr que non. Je prends la voie du démon.
– Génial, on va tous crevé !
– Tu ne veux pas être un peu plus optimiste Sakon, pourquoi tu ne veux pas me faire confiance ?
– Je n’ai pas envie d’accorder ma confiance à quelqu’un qui ne me fait pas confiance.
– Comment ça je ne te fait pas confiance ? Je t’ai massacré quand tu m’as rendu légume tout à l’heure ?
– Non.
– Bon, est-ce que j’ai pensé que tu ne m’aiderais pas à rentrer dans mon corps, toujours non. Je ne peux pas me permettre de m’allier à des personnes à qui je n’ai pas confiance Sakon.
– Sur ce point tu n’as pas tords. »
Nous avons avancé le long du chemin pendant peut-être une heure. Puis nous sommes arrivés sur un plateau de verdure, qui passait en descente vers une étendue d’eau. Nous avons traversé la partie plate alors qu’une chose est sortie de l’eau. Une sorte de géant, une immense statue de pierre, au cœur énergétique. Deux grandes épées à la main et des anneaux à moitié cassés qui lui volaient derrière le dos.
« Qu’est-ce que c’est ?
– Un géant ancestral. Comment il est arrivé là ?
– La question est comment le tomber ?
– Il faut rentrer dans son cœur. Pour ça, c’est toi Sakon qui pourra le supprimer. La seconde chose est que mon golem ne sera pas assez grand pour le combattre.
– Ta force seule ne suffira pas, je vais te donner quelque chose pour t’aider. »
Zhao se remit à flotter, changeant les tons du plateau pour ceux que l’on avait avant, une brume sur le sol, colorée par l’or que projetais le soleil au loin. Le sentier sur lequel nous étions pris un ton rouge et une longue ligne d’énergie en parti pour passer autour de Zhao et s’en aller vers le ciel. Des morceaux de roche commencèrent à apparaitre autour de lui pour remonter le long de cette colonne rouge. Petit à petit un amas se créa et pris la forme d’une pyramide retournée. Son cœur était rouge et une lueur bleue s’émanait d’une énergie qui flottait autour. Quant à Zhao, seule sa silhouette noire nous revenait, les deux points lumineux qui se trouvaient sur son torse projetaient une lumière bleutée dans un halo brumeux. Cette chose en pierre m’était destinée, elle devait augmenter mon golem pour détruire l’ancestral. Il la fit se déplacer pour qu’elle me tombe dessus. Au même moment je déployais mon golem pour assimiler toutes les nouvelles reliques. Mon golem était aussi grand que lui, j’ai alors descendu la pente en deux pas pour me trouver en face.
« Je suis le gardien de la porte des ténèbres, quiconque veut passer devra affronter mon épreuve.
– Je suis Knyro, golem de reliques et j’accepte ton épreuve.
– Qu’il en soit ainsi. Gagne celui qui élimine son adversaire en premier.
– Je sens que ça va devenir marrant. »
On se rendait coup pour coup, même si le combat n’était pas vraiment égal, il avait deux grandes épées et je n’avais que mes poings pour me défendre. J’ai bataillé dix minutes avec lui m’apercevant que si je ne le démunissais pas d’une partie de sa force je ne le vaincrais jamais. Je me suis décidé, je me suis rué sur lui, attrapant l’épée qu’il tenait dans sa main gauche et lui ai coupé une jambe dans mon élan.
« Tu n’aurais pas dû faire ça.
– Je savais bien que je ne t’aurais pas de cette manière, ce n’était pas mon but.
– Tu vas regretter ton action.
– Allez, attaque, je t’attends. »
Il décolla du sol et commença à charger une boule d’énergie devant son torse, entre ses mains. Il me l’envoya de toutes ces forces. J’ai réussi à le bloquer entre mes mains, la force de l’attaque me fit reculer d’une vingtaine de mètres. C’est les reliques de Zhao qui m’ont permis de supporter l’énergie sans faire fondre les miennes. J’ai ensuite absorbé cette énergie dans mon bras droit pour lui frapper le torse vidant cette énergie. Sakon a ensuite utilisé mon corps de géant pour atteindre son torse et lui passer à travers. Il utilisa je en sais quelle magie pour le détruire. J’ai ensuite repris ma force normale, me tournant vers Sakon qui s’amusait dans l’eau.
« Cette étendue d’eau n’a pas de fin.
– Donc ? Où est-ce que l’on va ?
– Dans l’eau.
– Génial. Et je parie que c’est moi qui guide ?
– Exact. »
J’ai utilisé la cristallisation pour me déplacer plus vite et trouver le chemin à emprunter. J’ai passé dix minutes sous l’eau pour trouver une sortie qui menait à l’étage suivant.
« Tout va bien Adam ?
– Ouais, je, je me sens vide c’est tout.
– Il savait que tu passerais par-là, il en a profité pour drainer ton énergie. Laisse-moi une seconde. »
Il leva son pendule et le fit pointer en ma direction, j’étais appuyé contre un mur quand j’ai senti cette force passer à travers mon collier et mon cœur.
« Merci l’ami.
– Est-ce que tu sais vraiment ce qu’il te veut ? C’est vrai, j’ai l’impression qu’il s’acharne sur toi depuis le début.
– J’ai détruit son monde idyllique, ce n’est qu’un hérétique aveuglé par sa foi trop naïve pour être vraie.
– Et en vrai ? demanda Zhao.
– J’ai supprimé sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, ses parents, quasiment toute sa famille, sauf lui.
– Pourquoi ?
– Crois-tu qu’il est bien de faire un monde érigé sur une foi mystique qui lui permet de contrôler tout le monde ?
– Vu comme ça.
– Dernier étage, fit Sakon.
– Regardez qui est de retour, c’est mon vieil ami.
– Prêt à te botter le cul, ramène toi.
– Pas tout de suite. J’ai encore quelque chose à te montrer. »
Nouvelle vision, c’était tous les souvenirs des assassinats de sa famille. Il avait touché quelque chose en moi. Il m’en sorti à ce moment et je me suis rapproché de lui, me plaçant derrière lui, face à mes alliés. J’étais presque inconscient, enfin c’est ce que je faisais croire.
« Vous voyez, il est avec moi, comme il aurait toujours dû l’être.
– Adam ! Réveille-toi, sort de cette vision »
Je n’ai pas répondu. J’ai juste fait un signe. À ce moment, Arwyn s’est mis ne tête qu’il pouvait ce qu’il voulait de moi. Il m’envoya une dernière fois dans une vision. Dans celle-ci, on était dans une étrange maison, dix-huitième siècle certainement. Il y avait trois personnes dans la pièce, un médecin, Nikki allongée sur le lit et un homme étrange. Nikki était en train d’accoucher d’un enfant apparemment de cet homme qui était Arwyn. « Et oui, ta femme m’a donné un fils, ça t’étonne hein ! » Une aura noire commença à s’émaner de mon corps. J’étais déjà sorti de sa vision cette fois-ci alors qu’Arwyn se tournait vers les deux autres. Ce mot me revint en tête lors qu’Arwyn le prononça, l’héritage. Cette forme de Leo qui était apparu la première fois, contre Lojin était revenue. Il planta alors ses doigts dans le dos de son adversaire, serrant la colonne vertébrale pour le lancer à l’autre bout de la pièce.
« Que, comment ? Comment as-tu pu sortir de la vision ?
– Aucun réalisme.
– Comment ça ?
– La période. Nikki était déjà morte ! Le réalisme, Nikki ne peut pas avoir d’enfant.
– Quoi, mais qu’est-ce que tu racontes ?
– Appareil génital défaillant.
– Ce n’est pas vrai !
– Je vous ais supprimés après sa mort. Tu ne la connais même pas. Et ça n’empêche que tu continues à te vider de ton sang.
– Je vais te faire payer tes meurtres !
– Déjà payé. Vais en finir avec toi.
– Écarte-toi ! Éloigne-toi de moi.
– Aucune chance. »
Je n’avais encore tout découvert de cette forme, il s’avança vers lui alors qu’il déployait une sorte de fouet en chaine qu’il replia pour former Drago Angelo. Violemment il se téléporta derrière lui dans un flot d’ombre et utilisa son élan pour couper une jambe à Arwyn.
« Mais tu es dingue !
– De quoi tu te plains ?
– Tu viens de me couper une jambe.
– Oh ! Au temps pour moi, dit-il se retournant et jetant sa lance sur la seconde jambe d’Arwyn, plus rien à critiquer.
– Je vais te le faire payer ! Crois-moi !
– Comment ? En courant vers moi ?
– Je n’ai pas besoin de mes jambes pour ça. »
Il essaya une nouvelle fois d’entrer dans ma tête. Il réussit dans pour autant me contrôler. Inconsciemment je me suis mis à regarder mon bras droit et son allure énergétique.
« Je ne te servirais à rien.
– Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ?
– Pas la peine de rentrer dans ma tête. Plus solide que mon corps cristallin.
– Mais, arrête ! »
Il s’est violemment téléporté vers lui, apparaissant au-dessus de ce qu’il restait de son corps. Il attrapa ses bras pour les lui arracher.
« Maintenant du arrêtera de me faire chier.
– Où est-ce que tu vas ? Je n’en ai pas encore fini avec toi !
– Moi si » répondit-il lançant quelque chose sus son corps alors qu’il partait.
Il lui avait posé une sorte de bombe, mais était parti très vite en volant. Les deux autres avaient certainement suivi pour rejoindre la Tour. Lui avait atteint sa tour dans la citadelle. Eva l’avait rejoint quelques minutes plus tard.
« J’ai l’impression de voir Eddy.
– Pourquoi est-ce qu’il revient ?
– A cause de ta colère, il est le fruit de ta puissance et elle sa source. Ce n’est pas la première fois qu’il apparait ?
– Non.
– Apprend à le canaliser. Sa force te sera utile, mais elle peut être dangereuse si tu ne le maitrise pas. Regarde-moi.
– Je…
– Il existe une autre part de toi qui reste enfouie et que tu dois découvrir. C’est celle-ci qui te permettra de contrôler celui que tu es en ce moment. En attendant si elle revient, je la ferrais disparaitre.
– Je te remercie.
– Je pensais que tu avais une certaine maitrise de ta colère mon fils.
– Oui, en général. Seulement il y a certains souvenirs du passés que j’aurais voulu éviter et refaire, je m’en veux toujours aujourd’hui.
– Quelle est celle qui te pose le plus problème ?
– La mort de Nikki. J’ai tout fait pour l’éviter jusqu’à ce jour et je n’ai pas pu la sauver.
– Tu ne peux pas tout changer, pourtant regarde-les, ils te suivent tous, ils ont confiance en toi. Tu es leur icone et si tu flanche alors eux en ferrons autant.
– Tu as raison, je n’ai pas le droit de me laisser aller.
– Tu sais, cette force, tu en auras besoin et arrivera un moment où elle se dévoilera comme elle le devra.
– Suis-je le seul à l’avoir ?
– Non, normalement Zhao et Chester aussi l’ont.
– Alors pourquoi il n’est jamais apparu ?
– Parce qu’ils n’ont jamais atteint le point de colère que tu as atteint. Tu veux que je te laisse ?
– S’il te plait oui. »
Comme d’habitude je me suis appuyé sur la rambarde de l’immense terrasse, j’admirais ce qui se passait dans la ville. Tous ces personnes heureuses, faisant leurs vie comme bon leur semblaient. J’ai même aperçu les parents adoptifs de Leo.
« J’ai l’impression que ton courage est en train de s’en aller Adam, que ce passe-t-il ?
– Je me sens de plus en plus touché par ce que tu as vécu, au début ça me laissé quelque peu indifférent, mais maintenant j’ai l’impression que c’est moi que ça touche.
– C’est tout à fait normal, plus le temps passe et plus nos âmes se rapprochent, pas au point de ne faire qu’un, mais assez pour que la différenciation entre nous deux soit plus faible.
– Mais je suis en train de perdre toute mon envie, tout ce que tu m’as appris, tout ce qui a fait que j’ai accepté de me battre avec toi.
– Tu as l’impression de te battre uniquement pour toi-même, c’est compréhensible, toutes tes actions ne te ramène aucun mérite, du moins à ce que j’en sais.
– Alors comment veux-tu que j’ai l’envie de retourner me battre ?
– Il suffirait que l’on te montre que nos actions on de la valeur, mais surtout qu’on porte plus de reconnaissance à toi qu’à moi.
– Sans toi je ne serais pas là.
– Sans toi je serais encore mort. L’un sans l’autre nous serions rien, mais mon nom n’est plus à faire, le tient si.
– Qu’est-ce que tu veux que je fasse alors ?
– Patiente.
– Rien de plus ?
– Non, c’est l’une de tes plus grandes vertus, exploite-là. »
Il avait réussis à me redonner un peu le moral, pourtant il y avait quand même un tas de question qui me trottaient dans la tête. Je n’ai pas voulu me torturer avec ça alors je suis parti me mettre sur un banc dans je parc, allongé, faisant uns sieste au soleil.
« Tient Leo, qu’est-ce que tu fais là ?
– Rien Zhao, j’avais besoin de me reposer.
– On m’a dit que tu dormais beaucoup.
– Qui t’a dit une connerie pareille ?
– Sieg.
– Ce n’est pas vrai. Mon cœur me permet de me passer du sommeil, ça devient un luxe pour moi et j’en profite certaines fois.
– Ton cœur ?
– Quand je suis parti dans le futur pour chercher Adam, j’ai eu un petit accident. J’ai traversé une vitre et fini dans un écran. Résultat, le corps couvert de verre et six mois dans le coma.
– Quand même, comment tu t’en es sorti ?
– À cette époque existe quelque chose que nous n’avons pas encore, une avancée technologique appelée augmentation. Ce sont des organes ou membres du corps remplacés par des machines, bioniques. Problème, elle nécessite une quantité d’énergie énorme. Pour me sauver Sieg m’a remplacé presque tous les éléments de mon corps, les bras, les jambes, les yeux, d’où les lunettes et le cœur. J’ai une machine mécanique qui fait tourner le sang et une source d’énergie, du Técéros bleu.
– Mais il ne te gêne pas ?
– Non, je ne le sens pas. Mes bras non plus, j’ai vraiment l’impression d’avoir mes vrai bras, pourtant ils sont bioniques.
– En tout cas je n’aurais jamais imaginé que tu étais si puissant et que tu te battais aussi bien.
– Ce n’est pas parce que tu m’as vu comme ceci que je suis forcément le plus puissant d’entre nous.
– Un peu quand même.
– J’en suis loin, même dès notre naissance, Chester m’a toujours dépassé, plus rapide, plus puissant, plus tactique.
– Mais maintenant c’est l’inverse.
– Ses capacités sont presque innées chez lui, si je suis puissant c’est grâce à mes entrainements acharnés et à Sieg.
– Mais de rien ! dit-il passant à côté.
– D’accord, repris-je en riant, j’ai encore énormément de boulot à faire encore.
– Comme quoi ?
– Maitriser ma colère, si dans majorité des cas jusqu’ici elle n’a fait que m’aider, réveillé Leo dans le corps d’Adam, puis Toshiie. Si je ne la contrôle pas elle peut devenir dangereuse, aussi bien pour moi que pour les autres.
– Assez parlé de toi. Quelle est cette ville sublime que tu nous as construite.
– Anathema. La citadelle des Saory, tu n’en as jamais entendu parler ?
– Je te rappelle que j’ai été enfermé depuis ma naissance.
– Effectivement. Pour faire court c’est un héritage, celui du premier peuple de la galaxie. Les Saory, c’est eux que l’on est allé voir pour l’élévation d’Eva. Ils sont à l’origine de beaucoup de choses dans le monde, les Anges que nous possédons, les reliques qui me donnent mes pouvoirs d’enchainés. On dit que ce cadeau aurait été fait par le conseil à ceux qui ont terrassés le seul qui a été capable de les anéantir.
– Celui contre qui on se bat ?
– Heureusement non, si c’est vrai il aurait été tué par Grey et Crimson et les clés auraient été données à leurs filles.
– Au final, à quoi elle te sert ?
– C’est l’affirmation de ma puissance. Lorsque j’ai tombé Barabas, le chef des medias véreux que contrôlait Akziel, j’ai découvert qu’il avait posé sa cité, la ville appartenant à son père, Yukon.
– Ciryis t’appelle Grand Roi, pourquoi ?
– Je ne sais pas, je ne sais pas qui c’est, juste qu’il est en moi.
– Combien de personnes tu possèdes en toi ?
– Fondamentalement, Adam, Leo, Toshiie, Yukon, Nova, Taigon. Si j’ignore les plus de mille âmes damnées que possède Toshiie.
– Tu n’entends pas des voix ?
– Non, sauf celle de Leo. Quand j’ai besoin de lui il intervient, généralement je suis plus présent que lui, nous sommes presque une seule personne au final.
– Et tu n’as aucun problème à te différencier de lui ?
– Non, on n’as pas la même voix, la même posture, la même image. Ni les mêmes armes ou pouvoirs.
– Arwyn, qu’est-ce qu’il utilisait dans ses visions pour te faire autant souffrir ?
– Certains passages de ma vie que je regrette encore aujourd’hui, comme les fois où j’ai été obligé de m’allier avec mon ennemi pour éviter la destruction du monde, les meurtres que j’ai été obligé de faire avec eux.
– Tu disais que Nikki ne pouvait pas lui avoir donné d’enfant, c’est vrai où c’était un moyen de le déstabiliser.
– C’est vrai, d’après toi, est-ce que j’aurais osé mentir sur ce coup-là ? Puis depuis le temps, tu ne penses pas que j’aurai déjà un fils ou une fille ?
– Mais, si ce n’est pas trop indiscret, si tu veux avoir des enfants, comment tu vas t’y prendre ?
– Est-ce que, comme on l’habitude dans la famille, tu as observé tous mes coéquipiers ? Si oui, quelle différence notable tu leur trouve ?
– Oui, ils ne sont pas tous pareils. Sieg est très étrange. Raven, et beaucoup d’autres sont dans une apparence différente, leurs tenues sont trop différentes de celles qu’ont les autres humains. La copine de Chester est un peu étrange aussi, Rosie je crois. Et toi et Virginie c’est ça ? Vous êtes les seuls qui ont gardés une apparence humaine. Je comprends maintenant pourquoi elle, mais pourquoi toi ?
– Je ne peux pas me supprimer, garder que Leo ou Adam m’est impossible, nous sommes trop différents pour qu’on soit qu’une seule personne.
– Mais, ton corps de va pas te poser de problèmes ?
– Non, cette partie n’a pas été touchée, enfin presque pas.
– Où est-ce qu’on va après ?
– En Afrique, mais je ne pense pas avoir besoin de toi. C’est Amy qui m’accompagnera, certainement avec Virginie. Je te recruterais pour la dernière tour.
– En attendant, qu’est-ce que je peux faire ?
– Au choix, sois tu te reposes, sois tu te bats contres ceux qui osent nous attaquer, il n’y en a pas tous les jours. Sois tu vas provoquer les troupes d’Akziel aux bords de sa cité pour t’amuser.
– Je trouverais bien quelque chose. Bon courage. »
Je me suis décidé à retourner sur la Tour. La première chose que j’ai faite c’est aller voir Ciryis, la copine de Zhao. Elle était installée sur la rambarde du grand plateau.
« Mademoiselle.
– Adam. Comment s’est passé cette mission ?
– Comme d’habitude, pas très compliqué.
– Un peu vantard non ?
– Tu demanderas à Zhao.
– Mouais.
– Une question, Tu m’as dit que tu venais du royaume déchu.
– Aldor six. Oui, pourquoi ?
– Tes parents en étaient originaires ?
– Oui, pourquoi ces questions ?
– Si je comprends bien, tu es un démon d’Aldor Six.
– Oui, ça te pose un problème ?
– Non, je me demande juste si tu as découvert tes capacités.
– Mes capacités ? Non, pas que je sache.
– Tout démon à une capacité attitrée, souvent héréditaire de ses parents, celui avec lequel il est le plus compatible.
– Tu crois que tu peux m’aider à les débloquer ?
– Tout seul non, pas trop le temps puis pas trop là pour ça. Va voir Sieg, il t’aidera beaucoup plus que moi.
– Dit, tu penses que je pourrais m’entendre avec ta copine ?
– Virginie ? Pourquoi, tu te sens seule ?
– Ben…
– Elle n’est pas la seule fille dans cette Tour, Ariel, la femme ce Chester. Alexia, Sia, les sœurs parallèles. Tara, une ancienne amie de longtemps, elle est humaine par contre. Zafina, arrivée y’a pas longtemps.
– Quand même pas très équilibré.
– Je sais, il y a plus d’homme que de femme, y suis-je pour quelque chose si certain sont incapables de garder une copine plus de deux semaines ?
– Uniquement de leur faute. Mais pour la tienne, parce que, vous êtes quand même trois frère et j’aimerais quand même bien m’entendre avec au moins vos femmes.
– Logique. Elle n’est pas chiante, je pense que tu t’entendras bien avec elle.
– Je te laisse, faut que j’essaie de retrouver Zhao.
– Dans son appartement. »
Je suis ensuite parti voir Sieg qui avait aménagé un coin avec des fauteuils dans son labo. Il y était avec sa fille.
« Tient donc, Emeline, que viens-tu faire ici ? fis-je prenant place dans un fauteuil.
– Je peux te retourner la question Leo.
– Je suis comme toi Sieg, rien n’est normal avec moi.
– Non, je serais toujours pire que toi là-dessus.
– Je suis venu pour toi Adam.
– Tient donc, et qui veux m’envoyer un message pour que tu sois ici ?
– Un certain Sinero. Ennemi apparemment.
– Qu’est-ce qu’il me veut ?
– Il te demande dans la tour en Afrique. Il dit qu’il a le moyen de te faire tomber définitivement.
– Il est vraiment aussi idiot ?
– Je ne sais pas, moi je ne fais que transporter son message.
– Qu’est-ce qu’il peut avoir en sa possession pour qu’il croie qu’il peut me tuer ?
– Pourquoi croire ?
– Tu penses vraiment qu’il le peut ?
– Ouais, tu as raison.
– Sieg, est-ce que tu pourrais me dire que cette tour contient ?
– Rien d’anormal, répondit-il, la tour me parait comme toutes les autres.
– Tu viendras avec nous Emeline, je sens que tu vas pouvoir m’être utile.
– Comme tu voudras.
– Sieg, je te conseil de lui donner une de tes armure, on sait jamais ce qu’il peut y avoir.
– J’y penserais. Qui prends-tu ?
– Amy. Je pense qu’elle me sera utile. D’un autre côté, est-ce que tu pourrais en savoir plus sur la tour de Russie.
– La dernière tour. D’accord, avec qui tu y vas ?
– Zhao et Chester.
– Familial, je vais m’en occuper.
– Merci l’ami. À plus tard.
J’ai abandonné la petite famille recomposée de Sieg pour rejoindre la mienne. Du moins Virginie dans mon appartement. Elle devant la fenêtre, en train de regarder la ville.
« Qui est-ce que tu regardes ?
– Tu sais, je me demande comment serait les choses sans nous. D’abord comment il serait sans les interventions de Leo.
– Inexistants. Le Trésor des Ages entre les mains des Templier la planète ne serait plus.
– Tu es très pessimiste sur ce coup-là.
– Non, plutôt réaliste, fis-je en sortant de la cuisine un verre à la main.
– Sans toi, sans nous. Où est-ce que je serais sans toi ?
– Je ne sais pas, répondis-je me mettant derrière elle, certainement encore dans le lycée. D’un autre côté ce n’est pas toi qui as choisis d’avoir Nikki, c’est elle qui t’a choisi.
– Tu veux en venir où ?
– Que dans tous les cas, il ne faut pas étudier où tu serais sans moi, mais où tu serais sans Nikki.
– Tu n’as pas totalement tords.
– Je me demande comment notre vie sera lorsque tout sera fini.
– Tu penses déjà à ça ?
– Je ne pense qu’à ça ! Je veux mettre fin à cette guerre interminable. C’est normal que j’imagine comment sera notre vie. Puis ça ne devrait plus trop tarder.
– Donc, comment tu imagines ça ?
– Je pense que je déserterais la Tour.
– Pourquoi ça ?
– Je préfèrerais une maison dans le genre de celle de mes parents, ou même là leurs, mais je la mettrais flottante, au-dessus de la citadelle ou de Dvirel.
– Une maison flottante ?
– Ouais, ça serait génial, puis bien fait ça pourrais avoir de la gueule.
– À voir.
– Mais il me manquerait encore quelque chose.
– Comme quoi ?
– Tu vois, on s’évertue à supprimer la menace sur la planète et la reconnaissance de ceux qu’on sauve est quand même très faible.
– Tu te plains de ne pas être célèbre ? Toi ?
– Non, pas être célèbre, juste voir que ce qu’on fait pour eux les touche. Tu vois, comme quand tu rends un service à quelqu’un et qu’en retour il te remercie. Ça me suffit largement, mais je ne le vois pas dans ce que l’on fait.
– Oui, je vois ce que tu veux dire. Un peu comme du respect pour ce que l’on fait. Au moins tu as le mien.
– Tu sais j’ai pensé à quelque chose. Je suis en train de me demander si je n’ai pas eu fils, il y a quelques années.
– Un fils…
– Rien ne me prouve qu’il soit encore de ce monde, il faudrait qu’il ait hérité de mes capacités.
– Pourquoi tu as réfléchis à ça ?
– Arwyn, celui qui était la dernière tour m’a fait voir une vision, tu lui donnais un fils, vu l’époque tu étais déjà partie.
– Et ?
– Et je me suis demandé si à cette époque il n’y avait pas une personne que j’aurais pu mettre enceinte, une américaine.
– Tient donc.
– Aucune jalousie ?
– Pourquoi ? Je n’étais plus de ce monde, tu étais certainement plutôt effondré. Je peux le comprendre.
– Vraiment ? Je savais que tu n’étais pas spécialement jalouse, mais pas à ce point.
– Pourquoi tu me parles de ça Adam ?
– Je me disais que j’en voulais un, je me suis dit ça quand ma mère m’a parlé de Zhao.
– Oh ! Tu veux qu’on essaie ?
– Je n’ai pas dit que je le voulais tout de suite princesse.
– Ça coûte rien d’essayer tu sais.
– Si, tu vas fatiguer mon cœur.
– Mais non, c’est ce que tu crois. Allez, viens.
– D’accord, comme tu voudras. Tu sais que tu es géniale princesse.
– Ouais, je sais. »
Les peuples de la galaxie ont chacun leurs valeurs. Certains sons de valeureux guerriers, d’autres des inventeurs. Chaque planète est connue pour une valeur qui leur est propre. Que ce soit de leur histoire ou de leur planète, leurs noms résonnent pour une raison. Il reste un peuple dont le nom est à faire, celui qui vit sur la planète sur laquelle nous sommes. La Terre et les humains. Si Leo a su voir l’espoir dans leurs âmes, il reste encore quelque chose à trouver dans leur cœur ou dans leur esprit. Seulement, ce peuple qui le fascine tant a réussis à débloquer quelque chose en lui, quelque chose qui n’est pas sensé exister.
Zhao Kryssen. 2014
Lundi 7 avril 2014, mon adversaire avait fait sa requête dans les règles de l’art, une demande par messager. Je trouvais juste prétentieux le fait qu’il ose prétendre qu’il pouvait m’anéantir. J’étais dans le labo de Sieg, j’attendais ceux qui devaient m’accompagner. Il avait la télévision d’allumée et quelque chose qui passait m’a interpellé.
« Flash spécial. Nos journalistes viennent tout juste d’arriver sur la zone pour nous communiquer l’information. Certains parlent d’émeute, d’autres de rassemblement. Un nombre encore inconnu de personne s’est étrangement rassemblé devant la tour qu’occupe les mystérieux étrangers venu d’une autre planète. Leur intention est encore inconnue. Veulent-ils qu’ils partent ou les remercier ? Nos journalistes sur le terrain vont nous en dire plus.
– Sieg ? Elle a raison ?
– Je ne pense pas qu’elle dise n’importe quoi, il y a effectivement un bon paquet de personne devant la Tour.
– Je vais voir ça moi-même. »
J’ai quitté le labo pour rejoindre le plateau principal, je me suis rapproché de la rambarde pour regarder en bas. Je n’ai pas pris le temps de compter, mais il devait y avoir plus d’un millier de personnes. Une masse qui apparemment attendait mon arrivait car lorsqu’ils m’ont aperçu, ils se sont mis à scander mon nom. Je n’ai pas voulu les snober, je me suis jeté dans le vide pour les rejoindre et je me suis mêlé à eux. Ils n’osaient pas m’approcher, je n’arrivais pas à savoir s’ils étaient effrayé ou impressionné.
« Quelqu’un de décidé pour faire un porte-parole des autres ?
– Euh, oui, moi.
– Je ne vais pas te manger, raconte-moi.
– Bon, on sait tous ce que vous avez faits pour nous, supprimer les tours autour de la planète, combattre et éliminer les démons qui nous attaquent. Nous vous en sommes extrêmement reconnaissants. Beaucoup d’entre nous te doivent gros, certains même leurs vies. Tu es notre sauveur Adam.
– Heureux de voir que mes actions vous plaisent.
– Quand est-ce que vous nous aurez débarrassés d’Akziel ?
– Ça ne se fait pas comme ça. Pour que je puisse l’atteindre il faut que je supprime toutes ces défenses, et ça, ça prend du temps. Mais ne vous inquiétez pas pour ça, ça mort est déjà planifiée. Désolé, mais je crois qu’on m’appelle ! » fis-je alors qu’on essayait de me téléporter.
Je me suis retrouvé dans une pièce assez sombre, dans les limbes. Emeline et Amy y étaient déjà.
« Qu’est-ce qu’on fait là Adam et où est-ce qu’on est ?
– Dans la tour d’Afrique et qu’est-ce qu’on y fait ? Apparemment Sinero est plus pressé que nous.
– Tu comptes l’affronter ? Sinon je m’en charge ! fit Amy.
– Attends, il est supposé avoir quelque chose pour m’éliminer, je ne pense pas qu’il se montre si facilement.
– Très bonne déduction Adam, dit-il en s’affichant sur un écran. Bienvenue dans ma tour.
– Quelle utilité de te cacher ?
– Pour me protéger. Je sais que je peux te vaincre, mais je sais aussi que tu as les capacités pour me tuer.
– Très pertinent. Tu ne vas quand même pas nous laisser moisir ici ?
– Non, je sais que tu finirais par sortir aussi. J’ai préparé une série de défis pour chacun d’entre vous. Bonne chance ! »
Il y avait une trappe sous mes pieds qui menait à une nouvelle pièce, encore plus sombre. J’entendais des pas s’approcher de moi, mais je ne les voyais pas.
« J’ai envie de te tester Adam. Je veux voir ce que tu vaux en combat.
– Tu ne vas pas être déçu.
– Je l’espère. »
Ils étaient cinq, j’ai éliminé les quatre premier avec Osiris en faisant un tour sur moi-même et le dernier avec Arbiter, en le tranchant en deux. D’autres sont arrivés après, j’ai utilisé les même armes pour les éliminer à leur tour.
« Plutôt coriace.
– Aller, je sais que t’en as d’autres, envoie-les !
– Comme tu voudras. »
La seconde vague je l’aie éliminée avec Drago Angelo et ses différentes formes, aucun de me résistait, sauf le dernier.
« Oh, on dirait que tu faiblis.
– Tu rêves oui. »
J’ai changé mon arme pour ma lance et l’ai supprimé en lui transperçant la tête. J’ai récupérée ma lance avant de le rappeler.
« Envoie la suite.
– Qu’est-ce que tu essaie de faire ?
– Je te retourne la question !
– Te supprimer voyons.
– Forcément. Aller, j’attends. »
À suite n’était pas guère plus glorieuse. J’ai gardé le style 1 pour les supprimer un à un, jonglant entre Lucifer et ma lame Kan.
« J’espère que tu comptais pas sur eux pour me supprimer ?
– Non voyons, j’ai bien mieux.
– J’attends.
– Ne t’en fait pas, ça viendra. »
Je me suis senti mal d’un coup, comme assommé par quelque chose que je ne pouvais voir ou sentir. Je me suis réveillé plus tard, environ deux heures après dans un immense champ de blés, couché sur un banc, au-dessous d’un cerisier en fleur. J’avais l’impression de connaitre cet endroit, comme si je l’avais déjà visité, mais impossible de savoir ni où ou quand. Je me suis levé assez durement, avec une migraine assez atroce qui n’a pas duré bien longtemps. J’étais assis et je me suis demandé par où je devais aller. Tous les horizons se ressemblaient, aucun chemin, sentier ou autre chose au loin pour me guider. Je me suis décidé à partir droit devant moi, au risque de ne rien trouvé. J’ai avancé comme ça pendant une bonne demi-heure, puis je me suis arrêté, comme si quelque chose me dérangeait.
« Attends, je connais cet endroit, ce banc. C’est au japon, c’est ici que j’ai rencontré Nikki.
– C’est vrai ! Comment j’ai pu oublier ça ?
– Tu perds la mémoire mon vieux.
– Hey, je ne suis pas plus vieux que toi !
– Un peu si. Pas grave, il doit bien y avoir une raison.
– Continue sur une vingtaine de mètres, il y a un bassin de koi.
– Qu’est-ce que je vais y trouver ?
– Plonges-y, il te mènera au niveau d’un lac. »
J’ai suivi son conseil, j’ai continué à avancer jusqu’au bassin et j’y ai piqué une tête. J’ai nagé jusqu’à trouver une sortie, le lac dont il me parlait.
« Pourquoi vouloir me faire venir ici ?
– C’est comme si il voulait nous montrer quelque chose.
– Reste plus qu’à découvrir quoi. »
Je n’ai pas voulu m’attarder ici, cet endroit ne me parlait pas comme le précédent. J’ai suivi le chemin dans la montagne, pendant un peu de temps. Je suis sorti de ce chemin au milieu d’une forêt, je me suis arrêté à côté de ce qui était un feu de camp.
« Qu’est-ce qui t’arrive Adam ?
– Je commence à fatiguer, je sais pas pourquoi.
– Ton cœur devrait te régénérer.
– Oui, si mon tatouage d’énergie n’était pas vide.
– Oh ! Effectivement. Qu’est-ce qui t’a vidé comme ça ?
– L’idiot qui m’a amené ici. »
J’ai rallumé le feu et ai chassé un sanglier pour manger avant de faire une sieste. J’ai dormi jusqu’à deux heures de l’après-midi, puis je suis reparti pour sortir de la forêt. Cette dernière menait sur un jardin, garni d’arbres aux feuilles rouges, j’ai avancé pour atteindre une zone plus vide puis je m’y suis arrêté.
« Encore un souvenir ?
– Je me suis entrainé ici, tu ne t’en souviens pas, c’était un jour de pluie. Sieg m’avait obligé à m’entrainer au bâton sans qu’une seule goutte d’eau ne le touche.
– Pourquoi c’est toi qui a mes souvenirs ? C’est comme si nos esprits s’échangeaient.
– Il y a quelque chose d’étrange ici. Vraiment.
– Continuons, on trouvera. »
Je suis sorti du jardin, j’ai rejoint pour la première fois une habitation. Je m’en suis approché, mais tous les murs étaient pleins, j’en ai fait le tour jusqu’à trouver une fenêtre. C’était la zone où était Amy, elle s’y battait contre des centaines de démons pourtant aucun ne lui résistait. Ses pouvoirs de la terre étaient impressionnants. Je savais qu’elle se battait bien, pas qu’elle était une aussi excellente guerrière. Ses attaques volaient à travers la pièce jusqu’à ce qu’un tyran arrive, puis deux et un troisième. J’ai vu son œil s’allumer pour réveiller Ranmaru, sa hallebarde en croix à la main. Elle se glissa derrière celui qui se trouvait devant elle et lui planta son arme dans le dos pour le trancher en deux, puis elle lança sa hallebarde pour tuer les deux autres. Elle déploya ensuite la lame de son gant pour supprimer les assaillants suivants. Je me suis alors retourné, le dos appuyé contre le mur et je me suis laissé glisser pour m’asseoir.
« Je n’arrive pas à voir ce qu’il veut, qu’est-ce qu’il cherche à faire ?
– Peut-être veux-t-il nous avoir de l’intérieur ?
– En nous décimant ou en nous tournant l’un contre l’autre ?
– Qui sait ?
– Bon, qu’est-ce que je fais ?
– Tu commences à perdre espoir.
– J’ai le droit non ? J’ai l’impression de devenir fou. Je ne sais pas ce qu’il m’arrive.
– Essaie de te reposer, ça ira certainement mieux après. »
Je me suis trouvé un coin tranquille pour dormir, j’ai dormi presque huit heures, c’était la nuit quand une voix dans ma tête m’a réveillé. « T’es-tu déjà demandé si ton ami te cachait certaines choses ? » dit-elle alors que j’ouvrais les yeux. Je suis parti en marchant lentement, je regardais ce qui se trouvait autour de moi. Des voix se firent entendre derrière moi, c’était celles de Virginie et Alix. Je me suis retourné et je les ai vues. Étrangement je n’avais pas confiance, je me suis mis à courir dans l’autre sens pour les fuir. Elles ont disparu au bout d’un certain temps et ont réapparus devant moi, sous la forme de chasseur de primes. J’ai utilisé la vision d’aigle pour trouver un moyen de m’échapper, j’ai quitté le chemin grâce à l’envol d’Ophion. Ils me suivaient encore, même si je courrais vite. Je n’avais aucun moyens de les fuir ni les combattre. Je me suis arrêté, pour qu’ils puissent me rattraper.
« Tu te décides à abandonner ?
– Il est moins courageux que je ne l’espérais.
– …
– Qu’est-ce qu’il y à, tu as perdu ta langue ?
– Il a peur de nous.
– C’est ça… dis-je doucement en ricanant.
– Qu’est-ce qu’il dit ?
– Aucune idée, je crois qu’il ne parle pas notre langue. »
Quelque chose m’avait dit ce que je devais faire, mais je ne savais pas quoi. Ils m’ont mis dos à eux, c’est à ce moment que j’ai dégainé mes pistolets pour leur tirer dans le pied le plus proche de moi. Je me suis retourné, prenant les deux épées du style coureur de lumière pour les attraper, les lames plantées dans le torse et les amener avec moi dans la chute de la falaise derrière eux. L’atterrissage se fit dans un grand vacarme, les oiseaux aux alentours s’envolèrent aussitôt. Je me suis relevé en extrayant mes deux lames des cadavres. Je me trouvais à côté d’une rivière, c’était la nuit, je me suis assis à côté et ai commencé à écouter le bruit qu’elle faisait, les yeux fermés pour me détendre. Au bout d’une dizaine de minutes quelque chose m’est venue à l’esprit.
« Ce qui nous arrive est assez bizarre, c’est comme si je devenais toi.
– Tu as une idée de ce la raison ? J’ai l’impression de me croire à ta place.
– On dirait que le contrôle d’esprit se mélange et prenait possession du tiens ou du miens.
– Pourquoi est-ce qu’il ferait ça ?
– Sinero. Tout à l’heure il m’a dit que tu pourrais me cacher certaines choses.
– Te cacher des choses ? Comme quoi ?
– Je ne sais pas, ça serait à toi de me le dire. Il doit y avoir un lien entre ce qu’il m’a dit et les lieux qu’il a voulus me montrer.
– Il peut effectivement y en avoir un.
– Dit moi.
– Avant, tu n’as jamais fait de rêve en me contrôlant ?
– Non, pourquoi ?
– Alors je vais devoir t’expliquer. Je ne t’ai pas tout dit ce que j’ai pu faire ou aurait pu faire.
– C’est-à-dire ?
– Pour commencer, l’entrainement dans la pluie. C’était l’un des moyens qu’avait trouvé Sieg pour me calmer, la fraicheur ralentissait mon corps pendant que je concentrais mon esprit à éviter les gouttes d’eau.
– Ensuite ?
– Le jardin, c’est ici que j’ai rencontré pour la première fois Nikki. Elle était blessée et je l’aie ramenée chez elle. La seconde fois que je me suis retrouvé ici c’est moi qui étais en sang, mais pas pour la même raison.
– Qu’est-ce que tu essayais de fuir ?
– Mon héritage. C’est quelque chose qui vit en moi, tu l’as vu de tes propres yeux, mais je ne peux le contenir, si mon apparence est puissante mon côté démoniaque me rend fragile et incontrôlable.
– Attends, j’ai dû mal à comprendre…
– Je sais que tu le maîtrise et il y a une raison. Ton esprit est plus solide, plus brave.
– Ce n’est pas possible.
– Tout ce que tu as fait jusque ici tu l’as fait parce que tu avais l’impression que je pourrais t’aider, parce que je t’offrais le courage que tu manquais. Tu maîtrisais ta colère et elle t’a rendu plus fort que moi, contre lui.
– Où est-ce que tu veux en venir ?
– Sieg m’a montré les première fois ce qui aurait pu se passer si je l’avais laissé sortir. J’y ai vu des choses comme des génocides, d’immenses zones de la planète réduites en cendres. Avec Nikki, il m’a fait croire que j’étais invincible, au point que je me suis vu presque mort dans ce combat. La dernière chose est un peu plus dure, et il faut que je te la fasse voir. Il faut imaginer le cas où tu n’aurais jamais été là après ma mort. »
Il m’a laissé dans une vision. C’était Leo que je voyais, sous cette forme dont me parlait sa mère que je ne connais pas trop. Il avait retrouvé tous ceux que j’ai ralliés à ma cause pour les anéantir et s’assurer qu’ils ne reviendront pas. Il les avait tous tué et Sieg était emprisonné dans la Tour qui se trouvait dans la citadelle d’Akziel. Je m’étais levé pendant la vision, j’étais dos à la rivière, lorsque j’en suis sorti, j’y suis tombé. Je me suis laissé emporter par le courant, elle se déversait dans un lac ou une mer, j’étais trop perdu dans mes pensées pour regarder si je pouvais apercevoir des rives. Le flot de l’eau me portait et me déplaçais, m’amenant je ne sais où. Je ne m’en préoccupais pas, je m’intéressais plus à ce qui me passais à travers la tête. Je venais de réaliser que j’avais sauvé déjà une fois le monde d’une grande menace, moi-même, enfin Leo, sous cette forme sombre. Ça me dérangeait, dans le sens que je l’avais sauvé de lui-même, mais aussi parce que je portais cet être démoniaque, encore plus le fait que je sois capable de le maitriser. Je me sentais étrange, comme perturbé, perdu, je ne savais pas quoi en penser, ni quoi faire. Alors je me laissais aller, au grès de l’eau, me laissant certaines fois submerger par les vagues. Au bout d’une demi-heure, et le soleil qui commençait à se lever, une nouvelle voix est venue envahir ma tête, c’était celle d’Emeline. Je me suis décidé à plonger dans l’eau, pour essayer de trouver un moyen de partir. J’ai longé les fonds marins, assez longtemps pour trouver une lumière et m’y diriger. Je suis sorti de l’eau, dans une zone assez étrange.
Mardi 8 avril 2014, j’étais dans un entrepôt, un peu comme celui où j’ai vaincu pour la première fois Barabas. J’ai changé d’apparence pour prendre mon costume d’assassin. Le chemin était à peu près droit, les cris venaient de devant. Je ne me suis pas pressé, mon instinct ne me disait pas qu’elle courrait un grand danger immédiatement. J’explorais les alentours, au cas où il y aurait du monde dans ces couloirs. Une fois arrivé à la dernière porte, une grande troupe d’ennemis arriva derrière moi.
« Hey, où est-ce que tu vas comme ça ?
– Je crois que vous détenez quelqu’un qui m’appartient ici.
– Ah ouais, est t’est venu la chercher dans ta tenue de gigolo c’est ça.
– Tu ne crois pas si bien dire »
J’ai dégainé rapidement mon arc, me retournant vers lui pour lui tirer une flèche en pleine tête. Le léger ralentissement qu’il me donnait m’a permis de le tuer sans que les autres aient le temps d’attaquer.
« Gigolo donc, qui pour prendre sa place ?
– C’est un coup de chance c’est tout, dit-il sortant son sabre comme les autres.
– C’est ce qu’on va voir. »
J’en ai fait de même, j’ai sorti Drago Angelo pour les affronter et les tomber un à un. Le dernier cri d’Emeline me rappela à l’ordre, j’ai donc rejoins la porte, passée discrètement pour supprimer les deux gardes qu’il y avait derrière. J’étais dans l’ombre alors qu’elle était devant moi, enchainée. Je savais qu’elle n’attendait que moi, qu’elle espérait mon arrivée même si les larmes dans ses yeux envisageaient que ne viennent jamais. J’ai pris la direction du premier étage pour m’assurer une certaine sécurité, en vue du manque d’énergie que j’avais. Alors qu’Emeline commençait à désespérer, elle se mit à chanter ces paroles.
“You reached your hand out and I was quick to take it
Like sunlight it just fades away
And now I’m holding onto nothing
I reached my heart out and you were quick to break it
Because I wasn’t enough
But you go, and you leave me with the shadows
Of all the things you didn’t want to keep
Now I know that you’ll forget me with the shadows
And in the dark I see that you’re not meant for me
I want to find out what it takes to reach you
When I’m close enough to hear you breathe
But you still keep your distance
In this dim light, it’s easy not to notice
Or I’m not strong enough
But you go, and you leave me with the shadows
Of all the things you didn’t want to keep
Now I know that you’ll forget me with the shadows
And in the dark I see that you’re not meant for me
I reach my hand out, it just fades to nothing
I’ll fade to nothing
And you won’t let me reach you
And in the dark I see
No, you won’t let me reach you
But you go, and you leave me with the shadows
Of all the things you didn’t want to keep
Now I know that you’ll forget me with the shadows
And in the dark I see that you’re not meant for me
Oh, don’t leave me in the shadows
In the dark I don’t see you”
Pendant que j’écoutais sa sublime voix, j’avançais vers ceux qui surveillaient l’étage, sa chanson me servait de diversion contre eux, aucun ne me remarquait. J’ai ai supprimé une vingtaine avec mes lames cachés, sans que ceux d’en bas s’en aperçoivent. Les autres se sont rapprochés d’elle alors qu’elle fondait en larmes. Le monde autour de moi commençait à changer de forme et l’étage sur lequel j’étais s’est éloigné de là où elle était. J’ai traversé jusqu’à la rejoindre, passant entre les personnes qui étaient apparues. Je me suis accroché au plafond et j’ai sauté derrière elle. J’ai dégainé mes deux pistolets en me relevant, les pointant sur ceux qui approchaient.
« Toujours là quand il faut.
– Qu’est-ce que tu fais ici, comment tu es rentré ?
– Si je te le disais ça n’aurais plus rien de drôle.
– Je savais que tu viendrais.
– Je viens toujours Emeline, suffit juste un peu de patience.
– A mort l’intrus ! »
L’un des soldats de garde tira sur Emeline, juste à côté du cœur, sa balle traversa pour rejoindre mon corps et le traverser aussi. Quelque chose d’étrange m’est arrivée avec cette balle, comme si j’avais récupéré toute mon énergie d’un coup, avec cette énergie Saory. Cette puissance s’exprima par une rage de l’Ours qui supprima tous les soldats.
« Emeline ! fis-je, me retournant vers elle, la détachant.
– Adam, laisse-moi, je vais te ralentir.
– Jamais, Sieg ne me le pardonnerais pas. Je vais te sauver.
– Comment ?
– Je… Je dois te sauver… »
Quelque chose d’étrange était en train de se dérouler, j’avais l’impression que Leo était en train de prendre sa place dans les limbes. Ma vue se troublait, se doublait. Les anneaux de régénérations autour de mon bras apparurent, puis autour du torse d’Emeline. Une fois régénérée, tout est redevenu normal.
« Adam ? J’ai l’impression que tu vas plus mal que moi.
– C’est bizarre, comment j’ai pu utiliser les pouvoirs de Leo ici ?
– Ça t’étonne ?
– Je ne peux pas utiliser ses pouvoirs dans les limbes, mais ce n’est pas la première chose étrange dans cette tour. J’ai aussi les souvenirs de Leo et lui ne les as plus.
– Je crois que je sais ce qu’il se passe.
– Comment ça ?
– Viens avec moi, sortons d’ici et je te raconterais. »
Je l’ai suivie sur quelques mètres, lorsque nous sommes sortis j’ai été interpellé une nouvelle fois par l’endroit où on était. C’était le toit d’un immeuble, mais pas n’importe quel immeuble. Celui où j’étais pour ma dernière mission au F.B.I.
« Cet endroit te rappelle quelque chose Adam ?
– C’est ici que s’est faite ma dernière mission au F.B.I. Pour comprendre il faut savoir pourquoi j’en ai été viré. C’était une mission de protection, une jeune fille témoin d’une série de meurtres orchestré par une seule et même personne et presque victime de ce monstre aussi. Son seul problème est que ce qu’elle avait vu la hantais. Elle m’avait permis de remonter jusqu’à lui, trouver son habitation. Ce jour-là, j’annonçais l’assaut de son appartement pour le capturer une bonne fois pour toute. Cette fille me servait d’appât pour accéder à ma cible. Lorsque j’ai attaqué l’appartement avec mon équipe, elle s’est échappée en montant sur le toit. J’ai laissé mon équipe prendre la cible pendant que je rejoignais ma protégée. Elle se trouvait sur le bord du toit lorsque je suis arrivé, prête à sauter, hantée par ces cauchemars. Je suis resté une dizaine de minutes avec elle pour la raisonner, elle était prête à me rejoindre lorsque mon équipe est montée à son tour, s’approchant rapidement d’elle pour l’attraper. Elle m’avait dit rester à distance ou elle sautait. Je les ais prévenus, mais ils ne m’écoutaient pas. Ils sont allés trop loin et elle a sauté, j’ai pourtant essayé de la rattraper, mais il était déjà trop tard. Elle s’appelait Clarisse, elle avait tous justes dix-sept ans. Je crois que de toutes les choses qui me hantent, entre les miennes et celles de Leo, c’est celle-là qui me fait le plus de mal, fis-je m’asseyant sur le rebord.
– Je peux comprendre, ça ne doit pas être facile de voir partir quelqu’un qu’on a tout fait pour protéger.
– Tu disais que tu savais ce qu’il se passait, tu peux me dire ce que tu sais ?
– Pendant que j’étais enfermé, j’ai entendu pas mal de personnes parler, ils disaient que Sinero voulait te battre en te détruisant de l’intérieur.
– C’est pour ça que tout est si anormal…
– Apparemment.
– Bien ! fit la voir de Sinero. Apparemment tout va comme je le voulais.
– Qu’est-ce que tu veux encore ?
– Tu ne me remets toujours pas ?
– Je ne vois pas de quoi tu parles.
– Bon. On va attendre encore un peu. »
Il a disparu et la pluie est venue nous rejoindre. Je suis resté un bon moment à discuter avec Emeline. Elle me rappelait Sieg, toujours prête à écouter les autres, même si elle était beaucoup plus calme que lui. On approchait de midi lorsque d’étranges signes et symboles apparurent sur le sol. Une sorte de stèle en sortit, avec huit pilonnes dont deux tenaient une porte lumineuse bleue et deux autre une porte rouge.
« Avant que tu n’aille plus loin, je te mets devant un choix, fit Sinero. Sort par la porte bleue et continue d’essayer de sauver tes protégés en vain. Les humains vivront en sursis, et à cause de ta violente arrogance, finiront par s’éteindre. Par contre, sort par la porte rouge et je laisserais les humains libres. Je leur donnerais l’amnistie et même un vaisseau de ma flotte qu’ils pourront utiliser à leur guise. Cependant en choisissant cette porte, tu acceptes ton exécution. C’est le moment de prouver que tu incarne le salut de l’humanité ou son absolue destruction.
– Dure décision, fis-je m’asseyant sur le banc au milieu »
Emeline vint s’asseoir à côté de moi puis il referma les murs de la stèle. C’était donc ça, il voulait me confronter à la plus grande question de mon existence. Qu’est-ce que je représente pour l’humanité ?
« D’un côté je retourne dans la tour, je sauve les autres, mais je mets en péril ceux que j’essaie de protéger. De l’autre, je m’assure leur protection et leur sureté, au prix de ma vie.
– Qu’est-ce que tu veux faire ?
– Je ne sais pas, je ne sais plus. Je dois choisir ce que j’incarne pour l’humanité, leur sauveur ou leur destructeur.
– Adam, regarde-moi. Tu connais déjà la réponse, elle est au fond de ton cœur. Elle existe depuis que tu es en vie. Même si Leo, ses erreurs et ses défauts te font penser le contraire de ce que tu dois faire, regarde au plus profond de toi. Tu trouveras la solution. »
J’ai cherché quelque chose dans mon reflet au fond de ses yeux. J’y ai revu Clarisse, cette jeune fille perdue, puis Nikki, la seule qui a su me contenir, et Virginie, pleine de vie, d’espoir, l’incarnation de ce que j’ai trouvé de plus beau chez les hommes. Je me suis levé alors qu’elle me tenait encore la main. J’avais les yeux fermés et je me suis tourné vers la porte bleue.
« C’est vraiment ce que tu veux ?
– Oui, fait-moi confiance. Je reviendrais te chercher, fis-je passant la porte.
– Mauvais choix, fit la voix de Sinero
– C’est ce qu’on va voir. »
C’était un portail de téléportation, je suis retourné sur le toit, à l’époque de l’Adam du futur. Cette fois-ci c’était le nouveau moi, j’ai utilisé la cristallisation pour rejoindre le bord et attraper le bras de Clarisse, accroché de l’autre côté pour ne pas tomber à mon tour. Je l’ai remontée avec moi.
« Adam, comment…
– Je ne peux pas t’expliquer, ça serait trop compliqué, fis-je regardant mon anneau de contrôle du temps.
– Adam ! »
Je m’écroulais, fatigué, mais pourtant en pleine forme. Tout est devenu sombre autour de moi. Je me suis relevé, une étrange vague lumineuse flottait devant moi, comme une âme, trop loin pour que je puisse l’atteindre. Elle disparue et l’ombre autour de moi avec. Je me suis retrouvé en plein milieu d’une rue qui s’effondrait. Je me suis empressé de partir dans l’autre sens, essayant d’échapper à la chute. J’étais toujours dans les limbes et j’utilisais Ophion pour me déplacer sans trop toucher le sol. Au bout de cinq minutes de course, j’ai enfin pu m’arrêter pour que cette ombre revienne et l’âme aussi. Cette fois-ci elle était un peu plus claire, on aurait dit Sieg. J’en suis sorti en sursaut, comme réveillé par un cauchemar. J’entendais des voix dans cette ville alors j’ai essayé de les rejoindre. Plus j’avançais, plus elles devenaient claires et d’autres sons venaient s’y mêler. Au bout d’une centaine de mètres, des bruits électriques apparurent. Puis la ville essaya une nouvelle vois de me faire tomber, j’ai couru tout droit vers une grande porte en bois ouverte. Tout était redevenu noir et l’âme est revenue. J’ai réussis à l’approcher, mais lorsque j’ai voulu la toucher, une sorte de trappe s’est ouverte sous mes pieds, m’obligeant une chute d’une cinquantaine de mètres. Je suis arrivé violemment sur le sol, mes jambes avaient assez souffert pour avoir du mal à me relever. Des soldats commençaient à s’approcher de moi. Puis quelque chose s’attaqua à ma tête, elle me faisait souffrir atrocement, assez pour que j’en vienne presque à m’évanouir. Puis cette douleur cessa, d’un seul coup pour illuminer mon corps. Doucement cette force m’éleva dans les airs, pour faire exploser cette lumière autour de moi. Je suis redescendu doucement, avec de nouveau le contrôle de mon corps. Je me suis relevé, le regard déterminé sur les soldats. J’ai dégainé Drago Angelo pour tous les supprimer, mais il y avait quelqu’un d’autre avec moi, derrière moi. Il attaquait aussi, les soldats qui voulaient ma peau. Lorsqu’il n’y avait plus personne, je me suis arrêté, il était derrière moi, dos à moi. Je me suis retourné pour voir qu’il avait l’apparence de Leo et qu’il agissait de la même manière que moi. Lorsque j’avais fini de jouer avec mon nouveau double, il s’est rapproché pour retourner dans mon corps. J’ai regardé autour de moi pour trouver la sortie et je l’ai rejoint. Au pas de la porte il y avait mon collier, je l’ai récupéré. Dans l’autre pièce il y avait un trône, j’entendais Emeline m’appeler derrière. Je suis parti m’asseoir, voulant changer d’apparence pour celle de Leo. Le changement ne s’est pas fait immédiatement, il est sorti de moi, me passant devant pour fusionner avec moi et prendre ma place. Les murs étaient faits de miroir, je me suis rapproché, j’avais remarqué avant qu’il ne prenne sa place que son costume avait changé.
Le style du costume me faisait penser à une tenue de la renaissance française. Classe, dans un style plutôt noble et sobre. Un gilet en cuir marron, attaché jusqu’à la moitié et replié sous la veste. L’autre face était blanche. Par-dessus une longue veste rouge sombre, comme l’ancienne, mais plus foncée, les épaules renforcées en cuir, de la même couleur que la veste. Le haut de la veste était retourné, et attachée de chaque côté par des sangles, comme l’originale. L’intérieur de la veste était marron, comme le gilet. Un pantalon en cuir noir, les coutures blanches. Des chaussures montantes en cuir, légèrement plus claire que le jean avec la partie montante en cuir rouge brodé de motifs. J’avais retrouvé les cheveux blonds, plus clair qu’avant avec des reflets blancs. Je n’avais plus Raging Dragon et l’une de mes deux lances jumelles avait été remplacée par le Chronosceptre de Toshiie
J’ai changé de direction, je suis parti vers le trône pour y prendre place, la tête appuyée sur mon bras posé sur l’accoudoir. Je suis resté quelques minutes posé, reposé, attendant que quelqu’un ou quelque chose me rejoigne. Je me suis presque endormi, puis je suis parti dans un rêve. J’y voyais mon père, en face de moi.
« Leo.
– Papa…
– Je pense que tu te demandes ce qui t’est arrivé.
– Pas seulement.
– Je ne t’apprendrais pas ce que tes pouvoirs peuvent te permettre. Tes actions ont une répercussion sur ce que tu es. Tu as changé l’histoire d’Adam et tu as engendré une modification au moment où tu as retrouvé tes origines.
– Pourquoi venir me parler maintenant ?
– Quelqu’un devait te montrer ce que tu étais vraiment. Cold Blooded »
Des pas ont commencés à retentir dans les salles aux alentours, accompagnés de l’écho d’une voix. Quelques minutes plus tard, cette voix débarquait dans la pièce où je me tenais.
« Qu’est-ce qui t’a amené ici ?
– Tu ne connais pas cet endroit ?
– Non, pourquoi ? Je devrais ?
– Le sanctuaire. Le premier jour que je suis arrivé sur Terre, quelqu’un m’a donné un objectif, c’était de libérer ce sanctuaire de l’emprise de son maitre. Alors je l’ai écouté, je l’ai parcouru, de long en large, puis je suis tombé dans cette salle. Elle était sombre, mais je me voyais quand même mon reflet sur les miroirs. Pourtant ce n’était pas mon reflet, j’avais les cheveux rouges, j’étais chétif et mes vêtements étaient vieux. C’est Sieg que j’ai trouvé ici, c’est ce jour-là que j’ai découvert qu’il était exécrable et que je devais passer le reste de ma vie avec lui.
– Alors pourquoi il t’a fait venir ici ?
– Il voulait me faire souffrir, tout mon passé est une source de souffrance, tous les souvenirs sont des sources de faiblesse contre moi et contre les hommes.
– Mais, qu’est-ce que tu veux faire ?
– Lui faire la même chose.
– Comment ça ?
– Il ne te veut aucun mal, tu vas me servir de cible. Je vais lui montrer à quel point ça peut faire mal. Je vais te laisser partir, toute seule. Je te rejoindrais dès que tu seras en danger, je ne les laisserais pas te faire de mal.
– Tu es certain de ce que tu vas faire ?
– Toujours. Repasse le portail, il te mènera dans une nouvelle partie de la tour, juste avant la salle où se trouve Sinero.
– Je te fais confiance.
– Tu dois. »
Je ne savais pas trop comment ça allait se passer et je redoutais une chose, l’arrivée de Sieg si Emeline se trouvait en danger. Je l’ai laissée partir et j’ai pris le second chemin de la pièce. Je me suis rapidement retrouvé à l’étage au-dessus d’elle. Il n’y avait personne de son côté, du mien non-plus. Je me suis ennuyé tout le long du trajet, jusqu’à ce que je me trouve dans une pièce sans aucune sortie.
« Comment oses-tu ?
– Sinero, que ce passe-t-il ?
– Tu ne devrais pas être là, tu devrais être fou ou mort ! dit-il apparaissant en hologramme devant moi.
– Alors tu as manqué quelque chose dans ton plan, je ne tomberais pas si facilement.
– Alors viens m’affronter !
– Dès que je suis sorti, sans problèmes. »
Je me suis demandé comment sortir, c’était une demi-sphère, aucune porte. Puis quelque chose est arrivée dans un flot de lumière. C’est un Crawler qui est arrivé, apparemment envoyé par Sinero.
« Un Crawler ? Je croyais qu’il n’y en avait plus.
– Je dois avoir le dernier et il va te supprimer.
– Bah voyons, essaie-donc pour voir ! »
Je n’en avais rencontré qu’un tout au long de ma vie et il m’avait presque terrassé. Je me suis dit que cette fois-ci je ne le laisserais pas le faire tomber. J’ai repris mon apparence pour utiliser Leo comme double. Avant même qu’il ne m’attaque, il se mit à me crier dessus. « Tu devrais penser à changer de chewing-gum mon grand » répliquais-je. Il avait une immense épée de lumière à la main, on aurait dit qu’elle était chargée de gaz, comme si il tenait un néon dans les mains. Il frappait vite, assez pour que j’aie du mal à esquiver sa première attaque. Il arrivait à m’assener des coups alors que moi je me sentais quelque peu démuni contre lui.
« Tu es mort ! dit-il avec sa voix grave. Tout comme le reste de ta famille.
– J’aimerais bien voir ça. »
Je me suis hâté sur lui, mais sans succès. Il m’a stoppé net dans sa main, presque aussi grande que moi et m’a projeté contre la paroi en face de lui. Je suis retombé, engourdi par mes douleurs et incapable de me régénérer. Ma colère commençait à monter, mais j’étais incapable de faire quoi que ce soit, même d’appeler Toshiie.
« Je me sens comme dans une impasse l’ami.
– Je dois t’avouer que je ne sais même pas comment l’achever.
– Qu’est-ce que je fais ?
– Essaie tout ce que tu peux, ça ne coute rien. »
Je l’ai écouté, j’ai tout tenté, toutes mes armes, mais pas mes pouvoirs, sans énergie je n’ai accès à aucun d’entre eux. Plus je m’attaquais à lui, plus ses réponses était violentes. Presque une heure plus tard, toujours bloqué avec lui. J’étais en sang, torse nu à cause de ses violentes attaques. J’étais à genoux à côté d’un mur pendant qu’il se moquait de moi. Je ne savais plus quoi faire. Je me sentais comme dans l’impossibilité de le vaincre. Rien ne marchait et je ne pouvais pas me régénérer. Puis j’ai repensé à tout ce qu’il m’avait fait voir depuis que j’étais dans sa tour. Nikki, Clarisse et Emeline. Je commençais à m’en vouloir de les avoir abandonnés puis quelque vint à moi. C’était la voix d’Emeline. D’un coup, quelque chose m’est venue. « Cette fois-ci c’est moi qui t’appelle ! » Mes lunettes se sont repliées et mes tatouages ont pris leur place. Mes yeux s’illuminèrent en blanc alors que mon corps s’entourait de fumée.
« Encore un de tes tour minable ?
– Pas si sûr… » dit-il alors qu’il avait pris sa place.
La forme ombre avait pris sa place, faisant face au mastodonte que j’avais devant moi. La première chose que j’ai faite c’est me téléporter sur lui pour l’éventrer, pour assez pour que ses boyaux sorte de lui.
« À quoi est-ce que tu joues ?
– Comme toi. Vengeance.
– Te venger de quoi ?
– Souffrance. »
Seconde fois que je me lançais sur lui, cette fois-ci pour lui couper une jambe et le déséquilibrer. Ça ne l’empêchait pas de marcher, juste d’aller moins vite.
« Tu vas me le payer.
– Essaie.
– Tu ne m’aurais jamais !
– Tu as quelque chose qui m’appartient.
– Quoi ?
– Ton cœur… » dit-il se tournant vers lui.
Mon nouvel objectif était son torse, je me suis lancé sur lui, ma lame a rencontré la sienne. Je me suis téléporté quelques secondes après le choc.
« Continue de te cacher, je te trouverais !
– Je suis la lumière au cœur de l’ombre, cherche-moi, tu ne me verras jamais.
– Je te supprimerais !
– Pas sûr… »
Quelque chose m’attirait vers son cœur, mais aucune idée de ce que ça pouvait être. « Tu n’es qu’un lâche ! » dit-il alors qu’il me cherchait encore. Je suis sorti de ma cachette pour m’avancer vers lui. Il essayait de m’assener des coups, mais je les esquivais tous, toujours en m’avançant vers lui. Il s’énervait de plus en plus alors que je restais stoïque, calme et sérieux. « Qu’est-ce que tu me veux ? » demanda-t-il désespérément. Je me suis téléporté en l’air, déployant ma veste sous forme d’ailles. « Ce qui me revient de droit ! » répliquais-je me lançant à toute allure sur lui. Je voulais attraper sa lame, c’était le seul moyen de briser son armure électromagnétique. J’ai utilisé bon bras extensible pour le déstabiliser et le faire lâcher son arme, l’attrapant en passant au-dessus de lui.
« Rend-moi ça !
– Pourquoi pensez-vous que l’on va vous obéir ?
– Parce que je suis supérieur à toi !
– Qu’en taille alors. »
Je me suis rué une dernière fois vers lui, plantant sa lame juste à côté de son cœur, que je suis allé chercher. Je le sentais encore battre sous mes doigts lorsque j’ai entendu la voix de mon père me dire « Cold Blooded » alors que j’absorbais son cœur. Je me sentais plus libre après comme si j’avais une entière possession de cette forme. J’ai ensuite repris mon corps pour utiliser l’énergie de son bouclier et me faire une sortie. J’ai suivi le couloir qu’il y avait derrière, je ne savais pas trop où je devais aller alors j’ai avancé, un peu à l’aveugle, ne me fiant qu’a la voix d’Emeline. J’ai mis cinq minutes pour redescendre au premier étage. Puis j’ai marché, jusqu’à apercevoir de la lumière. J’entendais quelqu’un arriver en trombes dans le bâtiment, c’est Emeline qu’il a appelé lorsqu’il est arrivé, c’était Sieg, comme je l’imaginais. Je me suis avancé pour la rejoindre, restant pourtant la dans la pénombre. Emeline se trouvait face à moi et avait aperçu la lueur de mon cœur. Elle continuait pourtant à m’appeler désespérément pour ne pas montrer que j’étais là. J’ai voulu rester cacher, j’ai absorbé toute la lumière qui était aux alentours ramenant l’ombre partout. J’ai pris Drago Angelo sous sa forme normale pour traverser la horde d’ennemi qui attaquait la fille de Sieg. Personne ne voyait rien, sauf moi qui voyais tous les ennemis et eux mon cœur qui traçait un chemin au milieu de ses ténèbres où résonnait le son de mon combat contre les soldats. J’ai rejoint Emeline, lui disant de ne pas faire de bruit, je voulais écouter ce qu’il se passait à côté.
« Tient donc, Leo est revenu.
– Revenu pour te supprimer sale monstre ! répondit Sieg.
– Tu crois ? Je ne pense pas que ton cher ami soit encore vivant.
– J’ai bien peur qu’il ait raison, fit Amy, il était bloqué avec un Crawler.
– Non, je… Je ne veux pas y croire.
– Pourquoi ? Tu as peur que ton amie ait raison ? Que ton grand ami soit enfin tombé ?
– Jamais ! »
Pendant ce temps j’étais à genoux, à côté d’Emeline qui était blessée. J’avais un petit sourire au coin des lèvres, ce que disait Sinero m’amusait, il ne savait pas du tout ce qu’il s’était passé.
« Prête mademoiselle ?
– Tu es vraiment venu me cherché…
– Ce n’est pas parce que tu aurais aimé avoir la place de Virginie que je dois t’abandonner contre eux. Je ne me le pardonnerais jamais, Sieg encore moins.
– Tu es adorable Adam !
– J’essaie ! répondis-je, la levant dans mes bras. Quand c’est possible. »
Je l’ai prise dans mes bras, pour la porter et rejoindre les autres. Sieg commençais à croire Sinero dans le fond pendant que j’avançais vers eux. Des pas lourds résonnaient, juste les miens appuyés par le point d’une fille qui ne pouvais plus marcher.
« Viens à moi Crawler, ramène-moi ton trophée.
– Tu ne vas pas être déçu ! » répondis-je prenant la voix de ma forme d’ombre.
D’étranges voix se firent entendre alors que j’approchais du trône de Sinero. Un chant lyrique, un cœur chantant une mélodie à une seule note. Je n’arrivais pas à savoir d’où ça venait, mais je ne m’en préoccupais même pas. J’avançais jusqu’à ce que je sorte de la lumière. Tous ceux qui se trouvaient dans la pièce s’étonnèrent de mon apparence, mais j’avançais toujours, j’ai rejoint Sieg pour déposer Emeline à ses pieds. Pendant ce temps une série de vibrations se firent ressentir. Je me suis retourné, cinq Crawler étaient apparus. J’ai commençais à avancer vers eux, mon apparence se troublait, je sentais Sieg perdu dans ce qu’il voyait. « Amy » fis-je alors que je faisais apparaitre Leo. Je demandais la stase de L’œil d’Amy, une sorte de bulle autour des ennemis qui les empêchait de bouger, les rendant inactifs pendant quelques secondes. Assez pour que je leur vole leur arme en leur coupant la main et que Leo la leur plante dans le torse.
« Bonjour, Leo Kryssen, à ton service !
– Trop prétentieux Adam !
– Je sais, mais j’adore ça ! Bon, sors de ta cage que j’en finisse une bonne fois pour toute !
– Attends, mais, non ce, quoi ? Non !
– Pas le temps de t’expliquer Sieg, je ferais ça une fois sorti.
– Tu sais que tu ne peux pas me tuer ! Pourquoi vouloir essayer ?
– Parce que je sais que tu te trompes. Et je vais te le prouver.
– Je t’écoute.
– Tu m’as amené ici pour me tuer, forcé à croire que tu en serais capable, faute de quoi tu n’aurais pas mis autant de moyens de ton côté. J’ai bien failli y croire, mais si je suis devant toi c’est bien que je n’ai pas réussis. Tu as commencé par me montrer de vieux souvenirs qui rappelaient Nikki, l’endroit où je l’ai rencontré, puis mon entrainement intensif sous la pluie avec Sieg. Tu as essayé de me faire croire que Leo qui est à côté de moi me cachait certaines choses. Tu mélangeais mes souvenirs avec les siens, comme si tu voulais nous perturber. Il m’avait effectivement caché quelque chose. Tu pensais que cette nouvelle pouvait m’anéantir ? Tu m’as sous-estimé ! J’ai rejoint Emeline après mon parcours sur l’eau. Encore une fois, tu as utilisé ses faiblesses pour essayer me m’attendrir, mais ce n’est pas la fille de Sieg pour rien. Je l’ai aidée pour qu’elle me montre ce qu’elle avait entendu de tes soldats minables. Tu m’as posé un dilemme, me sacrifier et sauver les humains ou essayer en vain de les sauver, malheureusement pour toi je ne suis pas suicidaire. Cependant tu avais pensé à ton coup, la porte bleue restait sur le même toit, mais cette fois au moment où je devais la sauver. Première erreur commise, j’ai quand même réussis à la sauver. C’est là que j’ai compris ce qu’il se passait. J’ai ensuite récupéré mon double Leo, et changé son apparence. Le sanctuaire, la stèle de confinement de mon cher ami, voilà ton dernier recours pour me supprimer mentalement. Grande erreur. Pour finir, tes Crawler, une blague contre le monstre qu’il me donne, fis-je montrant Leo.
– Tout ceci ne me dit pas comment tu comptes me tuer.
– J’y viens. Tu m’as demandé si je te remettais. Sur le coup non, mais maintenant oui. En tant que Leo, je t’ai vu qu’une fois, sur le chemin de la stèle, tu te battais contre un homme et une femme. Malgré ce souvenir je n’arrivais pas à savoir qui tu étais. C’est lorsque Emeline m’a rejoint dans la stèle que j’ai compris. Tes miroirs, comme tous les murs de cette pièce renvoient un portait, toujours le même. Amy ?
– À ton service.
– Le reflet qu’avait Emeline n’était pas le sien, pas à mes yeux. Comme toi c’est Jessica que j’ai vu. Ô grand malheur que sa perte pour toi. Tu la convoitais depuis des années, mais elle ne t’était pas destinée.
– Maudit Nova, j’aurais dû le tuer quand j’en avais l’occasion.
– Tu as essayé. J’ai même ramené Jessica à la vie, pour ça j’ai supprimé le soldat que tu avais envoyé pour tuer Nova, donc Jessica n’est pas morte à cette époque, pas par lui, mais à la même époque que Nova.
– Où est-ce qu’elle est ? Je veux… Non…
– Si je sais ça c’est parce que je l’ai récupéré ! fis-je prenant l’apparence de Nova. Je suis le seul qui ait le droit de me la faire ! Je suis allé un peu trop loin là. Et je suis le seul qui pourra de faire descendre de ton trône.
– Alors essaie.
– Ne t’en fait pas, mais pour ça je veux que tu regardes vers ton futur. Qu’est-ce que t’y vois ?
– Euh…
– Faux ! Tu sais que je sais que tu peux connaitre ton futur. Dit-moi ce que tu vois ! fis-je me téléportant devant sa cage et m’agrippant eux barreaux.
– Ma famille, ma femme, mon fils. Torturés, meurtris…
– Est-ce que tu ne vois pas l’erreur que tu aperçois ?
– Je n’ai jamais eu de famille ! À qui elle appartient ?
– Réveille-toi, je sais que tu es encore ici, je t’ai vu, je t’ai ressenti, il n’existe encore que parce que tu veux survivre. Je t’offre ma vie pour la tienne, je t’offre le salut, je t’en prie écoute-moi !
– Mais je n’en ai rien à foutre de toi !
– Ce n’est pas à toi que je parle pauvre idiot. Comment je peux le faire sortir…
– Tu fusionne avec qui tu veux Nova ?
– Presque, il me faut l’âme libre, comment je le fait sortir ?
– Tu le tue ?
– Quoi ? fit Sinero outré.
– Non, je vais tuer les deux. Me faudrait le vol, me faudrait Leo, ou Toshiie, ou Adam. Mais oui, pourquoi, je n’y ai pas pensé !
– Tu vas vraiment me tuer ?
– Fermes ta grande gueule. La question c’est ta cage.
– Mais, de quoi parles-tu ?
– Tu vas la fermer oui ? Je ne te parle pas. Bon… fis-je descendant les escaliers.
– Mais qu’est-ce qu’il fait ? Il est fou ?
– Un peu oui, mais fou pour la bonne cause.
– Reviens ici !
– Comme tu voudras ! » répondis-je.
Je me suis téléporté face à la porte de sa cage, le canon plaqué pour la détruire. Il a voulu s’enfuir presque aussi tôt, je l’ai rattrapé en attachant un de mes crochets à son col. « Lâche-moi » me dit-il se débattant comme une bête pour partir. J’ai tiré un coup puis me suis téléporté devant lui pour qu’il se retrouve sur son trône. Je me suis approché, le relevant par le col face à moi.
« Qu’est-ce que tu cherches ?
– Celui qui t’a réincarné, enfin celui qui fait que là t’es vivant devant moi quoi.
– Qu’est-ce que ça veut dire ?
– Tu vas le comprendre » répondis-je reprenant mon apparence.
J’ai replié mes lunettes pour prendre le contrôle de son âme, je n’en cherchais qu’une seule, celle d’un être que Nova avait connu, je ne sais pas ce qu’il voulait de lui, mais il devait avoir son importance. Une fois en moi, la tour se mit à s’effondrer, Sinero ne pouvait plus survivre sans lui. J’ai replié mes lunettes et ai commencé à redescendre les escaliers quand j’ai aperçu que cette nouvelle âme avait utilisé le clone pour me parler.
« Sortez d’ici ! fis-je utilisant mes pouvoirs pour retenir le dôme de la pièce dans lequel on était.
– Et toi ?
– Ne t’en fait pas pour moi Emeline, sors d’ici !
– Reviens-nous entier l’ami, fit Sieg avant de partir.
– Qu’est-ce que tu cherches à faire ? fit le double devant moi.
– Te raisonner, fis-je prenant l’apparence de Nova, écoute-moi je t’en prie !
– Impossible. Nova est mort ! Non !
– Leo, dépêche.
– Amy, tu ne peux pas m’aider à le raisonner ?
– Enchanté, Ranmaru. Laisse-moi une seconde. »
Elle fit apparaître son œil sur son front, quelque secondes plus tard son comportement changeait du tout au tout.
« Grande prêtresse des rêves, dit-il émerveillé et se mettant presque à genoux.
– Désolé, je ne peux plus t’aider.
– Pourquoi ? Pourquoi tu la reconnais elle et pas ton propre fils ?
– Quoi ?
– Écoute-moi ! dis-je prenant l’apparence de Toshiie.
– Toshiie, qu’est-ce que…
– Pas le temps de t’expliquer, fait-moi confiance !
– D’accord. »
J’ai repris possession de mon clone et j’ai changé pour Toshiie, pour pouvoir briser la tour sans qu’elle ne me bloque dans les limbes. Les autres étaient déjà repartis alors je me suis dirigé vers la citadelle. Je me suis posé sur la tour de Leo, regardant la population s’agiter dans la ville. J’attendais qu’il revienne, je le sentais effrayé par ce qu’il se passait.
« Explique-moi.
– Je me présente, Adam Pearce. Je suis l’hôte de l’élu de votre fils, Leo Kryssen. Pourquoi l’élu, parce que comme les autres Anges, comme Ranmaru que vous avez aperçu, ils sont morts, comme votre fils. Les maitres du conseil ou Dieux Saory ont donnés l’élévation à ces derniers, sans exceptions, ou presque. C’est grâce à Leo si Toshiie est vivant et grâce à moi si Leo l’est aussi.
– Mais pourquoi m’avoir pris avec vous ?
– Celui qui s’est décidé à vous faire revenir c’est Nova, votre grand et déluré ami, il a estimé que votre vie devait être épargnée comparée à celle qui vous maintenait en vie, c’est à dire Sinero. Pourquoi il a voulu vous laisser vivre, là est la grande question.
– Mais, Nova est mort, comme mon fils.
– Non. Je m’explique. Leo est un Aldorien, fils d’Eddy Kryssen. Il est l’héritier des capacités de Sun Yukon Kazakov, Onyx. Il lui a légué ses pouvoirs après que je me sois décidé à me battre contre son fils et venger sa mort. Juste avant ça, la chute de Toshiie en enfer, dont il est sorti, avec un millier d’âmes en plus avec lui. La dernière est celle de Yukon, qu’il a sauvé. Yukon a offert sa vie à Toshiie pour que les Dieux lui offre l’élévation. De ce jour, je suis l’héritier des pouvoirs de Yukon, de Toshiie parce je suis le seul à pouvoir accepter ces pouvoirs et Adam, est l’élu, celui qui acceptera ma vie, celle de Toshiie et Nova. Pour finir, Nova est le dernier gardien de l’horloge, je suis supposé être son successeur, mais je l’ai réveillé.
– C’est compliqué comme histoire.
– C’est peu dire.
– Mais une question, tu comptes me garder comme âme dans ton corps et entendre ma voix constamment ?
– Non, il faudra que je t’offre un corps, ou quelque chose qui me permette de me débarrasser un peu de toi.
– Sympa.
– Ce n’est pas que je veux dire, c’est juste que j’ai déjà Leo, pas Toshiie parce qu’il fait partie de Leo, et nova à gérer. Ce n’est pas forcément facile.
– Là je comprends. Je ne peux pas m’isoler ?
– T’as le choix de le mettre dans une cellule de stase, me fit Sieg qui arrivait sur la terrasse.
– Si monsieur accepte.
– Pourquoi pas.
– Je m’en occupe, laisse-moi une minute, ah non, c’est bon.
– Sieg…
– Quoi ? Je n’ai rien fait de mal ? Tu devrais plutôt m’expliquer comment tu arrives à avoir un clone Leo !
– Je ne saurais pas te dire ce qu’il s’est passé dans la trame de l’histoire, juste ce qui a changé. J’ai sauvé Clarisse, dans le futur d’Adam, de là et des mélanges de personnalités qu’a provoqué Sinero est apparu ce double de Leo et son changement d’apparence. L’apparence c’est au moment où j’ai retrouvés mes origines et le costume tient un peu de celui de mon père.
– Mais qu’est-ce qui s’est passé entre les deux, quel élément pouvait bouger à part ceux-là ?
– À toi de me le dire grand sage du savoir.
– Très drôle. Je vais chercher, il y a quelque chose d’étrange. Tu n’as pas ressenti quelque chose de nouveau, un changement majeur à part celui-là ?
– Non, pas spécialement.
– Je vais trouver, repasse me voir, je l’aurais d’ici là. »
Je me suis installé sur un banc, allongé, les yeux vers le ciel. J’ai même réussis à m’endormir. Mon rêve était étrange, j’étais sur une route, rien autour de moi, que des cendres. Une atmosphère très sombre, désastreuse. Je n’arrivais pas à me voir, j’étais entouré d’un épais voile noir. Devant moi, gravé sur le sol avec encore les flammes de ce qui avait laissé cette trace, le logo de Leo, imprimé dans le goudron. Je me suis un peu avancé puis j’ai regardé vers l’horizon. Une silhouette y est apparue, féminine apparemment. Elle avait les cheveux dorés, un manteau blanc. Une seconde plus tard je me réveillais, en sursaut.
– C’est peut-être bête, mais qui peut être le dixième ?
– Bonne question, quelqu’un sur cette planète logiquement. C’est le seul Ange qui n’a jamais été élevé, assez étrange d’ailleurs. D’après la légende il ne serait pas assez bon pour être élevé, mais aussi trop. Mais de là à savoir qui c’est, c’est une autre histoire.
– Tu penses que j’aurais pu déjà le croiser ?
– Sachant que ça fait un bon paquet d’années que tu es sur cette planète, si on considère qu’il ne l’a jamais quitté, j’imagine que oui. C’est tout à fait probable.
Chester & Leo Kryssen. 2014
Lundi 5 mai 2014, à ce jour il ne nous restait que deux cibles, un tour et la citée d’Akziel. Cette tour se situait en Russie et j’y avais un mauvais pressentiment, je savais d’avance que cette histoire allait tourner mal, mais aucune idée pour le prouver.
« Alors Sieg ?
– Aucun problème, tu t’en sors plutôt bien. C’est quand même étrange, comment alors que tu as été viré du F.B.I, tu as pu rejoindre la boite de Nikki ?
– J’ai démissionné ? Qui sait ?
– Toi, tu devrais le savoir. Et en quoi ça change l’héritage de Leo ?
– Toi qui sais tout tu devrais le savoir.
– Plus simple que vos prises de têtes, fit Chester qui entrait dans la pièce, Ilan lui a donné le collier qui porte le symbole de l’Ordre que tu portes maintenant, en plus de celui de Leo.
– C’est vrai ça, qu’est-ce que j’ai fait des autres ?
– Perdu la veille de cette rencontre.
– Ma foi, fis-je reprenant mes vêtements, tu n’aurais pas vu Zhao ?
– Avec ta femme dehors.
– Bon, inutile de s’attarder ici, j’ai une tour à supprimer.
– Bon courage l’ami. Je passerais si je sens que tu as besoin de moi.
– Pas besoin ! »
Elle se trouvait dans une des zones les plus froides du pays, l’extérieur était presque totalement gelé. J’étais le seul qui n’avait pas froid grâce aux améliorations d’Adam. On y est entré par une grande porte métallique, très rustique. Nous sommes arrivés dans une salle, trois portes se trouvaient devant nous. Quelqu’un était déjà passé avant nous, tous les gardes de cette salle étaient déjà au sol.
« Je pars à droite, fis-je commençant ma marche.
– Un raison particulière ? demanda Zhao.
– Je veux savoir qui est entré avant nous. Ne vous faites pas tuer, je n’ai pas confiance en cette tour.
– On va essayer. »
J’ai monté les marches voulant atteindre quelque chose que j’espérais être un étage. Je ne savais pas comment se présentaient les étages. Ni les miens, ni ceux des autres, mais j’avais quand même confiance en eux pour les retrouver quelque part. J’ai finalement atteint un étage, vide, totalement vide, mais sans sortie.
« Ouais, d’accord. Je casse tout ?
– Attends, fit Leo qui prenait son clone, il doit y avoir une autre solution.
– Pourquoi tu ne me laisse jamais m’amuser.
– Parce que je n’ai pas l’intention de risquer la vie de mon frère ou de ta femme.
– Pourquoi ma femme, après tout c’est toi qui as voulu faire la demande en mariage ?
– Oui, mais c’est toi qui l’a faite et c’est à toi qu’elle a dit oui. Ne me dit pas le contraire, je sais que tu et Virginie avez plus de place dans ce monde que moi.
– Ne sois pas si pessimiste.
– Une salle psychique, tu penses et ça apparait.
– Mouais… fis-je fermant les yeux. Oh !
– La salle de Barabas, je me souviens de la chute que tu lui as fait faire. Pourquoi avoir choisis cette salle ?
– Aucune idée, c’est la première qui m’est venu.
– Alors autre question, qui tu cherches ?
– Un inconnu, il est entré par ce côté, il est ici, mais je veux savoir qui il est.
– Pourquoi il t’intrigue, demanda-t-il me montrant la sortie.
– Qu’est-ce qu’il vient faire dans cette tour ? Pourquoi tuer les gardes de l’entrée ?
– Il cherche quelque chose dans cette tour.
– Mais il n’est pas dans le camp d’Akziel.
– Sully ?
– Non, Sully ne laisse jamais ses victimes sur le sol. Ah, quelqu’un en haut.
– Je me cache. »
J’atteignais le second étage alors qu’il y avait une personne qui trifouillait. Je suis arrivé dans la pièce quand j’ai aperçu Virginie de dos.
« Princesse, qu’est-ce que tu fais là ?
– Princesse ? fit la personne devant moi, bougeant la tête étrangement.
– OK… repris-je sortant Drago Angelo. »
J’ai contré son attaque piqué sur moi, ma lame devant mon torse. J’ai réussis à la repousser. Je me suis éloignée d’elle, pour prendre mes précautions.
« Pourquoi tu ne veux pas de moi ?
– Je n’ai pas envie de me faire tuer par un, je ne sais quoi d’ailleurs.
– Mais je suis ta femme, tu ne me reconnais pas ?
– Non, je ne veux pas te croire, tu n’es pas ma femme !
– Laisse-toi faire… »
Elle était en train d’entrer dans ma tête, je devenais fou, ma tête me faisait tellement mal que j’en ai fini à genoux, la tête entre les mains. Quelques secondes plus tard un homme avec une cape arriva devant moi, pointa son fusil sur sa tête pour la faire sauter. Il reposa son arme sur son épaule en se tournant vers moi.
« Un coup de main ?
– Ouais, merci… fis-je encore dans mes douleurs. À qui ai-je l’honneur ?
– Me présente, mi normal, mi pas trop. Zwein, enchanté.
– Attends, quoi ? Zwein ?
– Ouais, Zwein, pourquoi ? Ça te choque ?
– Le dixième, le dernier des Anges. Pourquoi tu n’apparais que maintenant ?
– Je ne te connais pas, jamais vu. Pourquoi tu parles des Anges, ils sont encore dans la crypte.
– Faux ! fit Toshiie alors que tout commençais à tomber. Désolé, je ne le garde pas, je vais détruire les limbes.
– J’imagine que les autres sont sortis. Bien, bien.
– Pourquoi est-ce que tu nous rejoins que maintenant ?
– Je ne fais pas parti de votre bande, je ne suis pas élevé.
– Et alors, ce n’est pas une raison.
– Reste-pas là, tu vas te faire tuer.
– Mais oui, c’est ça oui. »
Il était prétentieux, vantard, mais pire que moi. Rien que sa démarche me le laissait dire. Il était plutôt classe, une tenue en tissus qui datait de l’époque des samurais et une cape attachée autour du cou. Dans sa main droite, il tenait un fusil avec une baïonnette et il avait sa main gauche dans la poche. Nous avons marché pendant une dizaine de minutes, jusqu’à que l’on passe à côté d’un miroir, j’ai remarqué que Zwein avec deux images dans cette glace, celles de Crimson et de Grey. Je me suis mis à rire aussitôt que je l’ai vu.
« Qu’est-ce qui te fais marrer ?
– Toi, tu ne te souviens pas de moi, mais tes hôtes me connaissent.
– Mes… hôtes ?
– D’accord, tu ne le sais même pas. Tu es le protecteur de l’équilibre, mais tu n’es pas permanent, un ange qui n’a pas lieux d’exister puisque tu n’es pas élevé. De ce fait, deux personnes sont dédiées à garder l’équilibre lorsque tu n’es pas présent, Crimson et Grey. La question que je me pose est est-ce qu’ils meurent si tu meurs ?
– Logiquement non, ou sa mort provoque un foutoir aussi puissant que la mienne.
– Pas faux. Zwein ? Tu suis ?
– C’est étrange, j’ai l’impression de les sentir.
– Normal, en attendant, on a quelqu’un à trouver, je crois qu’il n’est pas loin.
– Pourquoi être venu ici ?
– Je ne sais plus, quelqu’un, loin, si proche.
– Bon, viens, on verra si ça te reviens. »
Nous avons avancé, quelques mètres plus loin, nous sommes tombés dans une pièce comme celle où j’ai rencontré Zwein. Sans rien, l’ombre à perte de vue. Une lumière est apparue est un homme ressemblant à Sieg est apparu.
« Je suis Reinhardt, bienvenu dans mon sanctuaire.
– C’est lui qu’on doit tuer ?
– J’en doute, laisse lui une chance.
– Laissez-moi vous faire la visite, dit-il changeant le décor pour un que j’avais l’impression de connaitre.
– Un Onyx, comment ça se fait ?
– À toi de me le dire.
– Je lui laisse une chance.
– Ceci est mon manoir, ceci est mon antre, j’en ai été chassé, par un officier de l’armée d’Akziel nommé Reaper. Depuis lors j’erre en ces lieux dans l’espoir que quelqu’un daigne y entrer pour m’en libérer. Je place l’espoir en toi jeune guerrier. Ne me déçois pas.
– OK, bon, qu’est-ce qu’on fait ?
– Où est-ce que nous sommes ? demanda Zwein.
– Apparemment un bâtiment appartenant à un Onyx, tu devrais connaitre cette technologie.
– Ouais, ça me reviens, doucement. Pourquoi je ne les ai jamais remarqués avant ?
– Bonne question. On essaie d’avancer ?
– Oui, mais où ?
– On ne devrait pas tarder à le savoir. »
Le décor a changé une fois de plus pour nous transporter dans une sorte de château japonais. On était déjà encerclés et je sentais qu’il y avait quelque chose qui n’allais pas, je m’affaiblissais, comme si quelque chose me bloquait. J’ai commencé à m’écrouler au sol puis Leo est venu pour essayer de me relever. Pendant ce temps, Zwein se battais comme un acharné pour nous défendre. Jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que ses attaques n’avaient presque aucun effet. « Bon, changeons de méthode » dit-il sortant sa main gauche de sa poche. Elle est lumineuse, comme celle de la forme d’ombre de Leo. Il la posa au sol et un flux de lumière suivi sa main, puis il s’est téléporté derrière un des ennemis et posa sa main sur son dos pour le pousser au millier des autres. Une centaine de rayons lumineux se dégagèrent de lui pour supprimer tous ceux qu’il y avait dans la pièce. J’ai doucement repris mon énergie une fois qu’ils avaient disparus. La puissance de Zwein m’avait impressionné, il les avait supprimés avec une aisance déconcertante.
« Tout va bien ? me demanda-t-il.
– Ouais, fis-je me relevant, ça devrait aller. On descend ? Je crois qu’il y en a encore en bas.
– Pourquoi il nous envoie ici ?
– Aucune idée, mais je n’ai pas l’impression que celui qui tienne ces lieux apprécie notre présence, fis-je prenant ma tenue d’assassin sans mettre la capuche.
– Tu vas vraiment avoir besoin de ça ?
– Tu comprendras, mais oui, sinon je ne le mettrais pas. Avance, je te suis.
– Je ne le voyais pas si puissant.
– Et moi donc, il est impressionnant et surtout très puissant. D’où il tire cette force ?
– Je ne sais pas trop, j’aurais dit de n’importe quelle forme d’énergie, c’est assez étrange d’ailleurs.
– Qu’il puisse maitriser l’énergie en sa forme première ?
– Exactement, c’est comme si il existait dans ce monde quelqu’un capable de contrôler les atomes, rien ne pourrait l’arrêter.
– Ouais, il doit bien avoir une faiblesse.
– Pas certain de ça, la preuve, il est toujours là. »
Les capacités de Zwein m’intriguais et m’effrayais à la fois, il pouvait être un allié parfait, mais un ennemi indestructible. Nous avons continué alors que je discutais toujours avec Leo, l’Onyx est réapparu en reprenant le même décor que la fois dernière.
« J’ai une question quand même, tu dis que c’est chez toi, c’est la tour qui t’appartient ?
– C’est ma tour, mais on me l’a volée, j’ai construite toutes les tours d’Akziel à l’image de celle-ci, contre mon grès. Forcé par le nouvel occupant de ces lieux.
– Tu es encore en vie ?
– Malheureusement non, cela fait longtemps que mon âme a quitté mon corps, je ne suis qu’une représentation faite pour trouver quelqu’un qui aura le courage de me libérer.
– J’ai l’impression de te connaitre, je t’ai déjà rencontré quelque part ?
– Non, mais tu connais l’histoire de la citadelle, cette dernière est mon œuvre, mon cadeau pour les Saory, pour protéger leurs peuple et les héros qu’ils ont créés.
– Quels héros ?
– Les Anges, la citadelle leur est due. C’est le symbole de leur puissance, de celle des Saory déchus. Dix anges, dont un fragmenté, la destinée disait qu’ils auraient deux filles, ces dernières sont les porteuses des clés. Pour la faire apparaitre il vous faut la Tour de Verre, sous sa forme angélique. C’est le cadeau que j’ai légué à celui qui a hérité des capacités d’un vieil ami.
– Yukon…
– Exact. Vous le connaissez ?
– Trop bien, comment je peux accéder à celui qui contrôle cette tour ?
– Il te faudra me libérer avant.
– D’accord.
– Bonne chance mon ami.
– J’ai deux filles ? fit Zwein.
– Toi ? Non, tes deux hôtes oui. Sia et Alexia.
– Leurs souvenirs me parviennent, c’est étrange…
– Ne te préoccupe pas de tes souvenirs, ils ne te dérangeront pas. Il vaut mieux avancer et trouver ce Reinhardt.
– Un Onyx, quelle génération ?
– Première, s’il connait Yukon. Sieg fait partie de la seconde et celle que tu appelles Rosie est de la troisième génération.
– Pourquoi veux-t-il nous aider ?
– Je pense qu’il veut se libérer avant de nous aider Adam.
– Pas faux. »
Zwein marchait toujours plus vite que nous, ce qui est normal puisque nous passions notre temps à discuter. Deux étages plus loin, il s’est soudainement arrêté pour nous attendre.
« La porte est verrouillée, aucun moyen de la détruire, je pense qu’il doit y avoir un mécanisme là-haut.
– Bon, attendez-moi, j’y vais. »
Mon agilité d’assassin me permettait d’accéder aux endroits perdus ou en hauteur avec plus de facilité. « Prend ton temps surtout » me fit Zwein qui s’impatientait. Je suis arrivé sur une plateforme, devant quelque chose qui ressemblait à un panneau de commande. On y voyait les retours des caméras de la tour. Le premier que j’ai aperçu c’est Zhao, qui avançais à travers les étages et les ennemis comme si de rien n’était, il m’épatait, sa puissance était incroyable et il était toujours sérieux, contrairement à moi. Je suis ensuite arrivé sur celui de Nikki, elle aussi m’étonnait, rien ne l’arrêtais, elle était concentrée sur ce qu’elle devait faire et rien ne la perturbais. « Bon, tu te bouges ? » me fit Zwein qui venait de perdre toute patience. Je n’ai pas trouvé de commandes pour la porte alors j’ai décidé de la détruire. Ça a marché tout aussi bien. Je les ais rejoins quelques secondes plus tard. Cette porte donnait sur une sorte de hangar ou une calle de bateau. L’obscurité qu’il y régnait ne me disait rien. La lumière est violemment revenue sur tout l’espace, laissant apparaitre une armée de soldats de tous types, tous ceux que j’ai pu rencontrer jusqu’ici.
« Bah voilà, enfin quelque chose pour m’amuser, fit Zwein, je passe dans le tas, occupe-toi de ceux qui veulent t’attaquer.
– Comme tu voudras.
– Tiens-donc, qui voilà, monsieur j’ai besoin de ma copine pour me sauver.
– Oh, non. Barbarigo. Attends une minute…
– Même pas en rêve, dit-il se jetant sur moi »
J’ai glissé sous ses jambes pour l’esquiver et je l’ai renversé en utilisant Osiris.
« Si tu es là, logiquement il y a un Anima. Parce que tu es mort, j’ai même absorbé ton cœur.
– Et ? Tout ceci te ferrait peur ?
– Non, pas tellement. Enfin…
– Hey, tu aurais dû m’appeler, tu n’as rien pour le tuer, me fit Zwein après lui avoir coupé la tête.
– Quelque chose cloche, pourquoi vouloir faire revenir mes vieux ennemis ?
– Te briser comme Sinero ?
– Bon, j’y retourne.
– Non, ça n’a pas de sens. Qu’est-ce qu’il cherche à faire…
– Bonne question, dit-il tranchant en deux celui qui s’approchait de moi.
– Je crois qu’on a un problème, fit Zwein qui m’avait rejoint quelques minutes plus tard, ils se régénèrent tous.
– Oh, non pas ça. Pas encore !
– Adam, non, attends ! »
J’ai vu un personnage étrange dans la foule, quelqu’un qui n’avait pas lieux d’être ici. Je me suis violemment précipité dessus pour l’atteindre avec mon style rapide. À la seconde où j’étais devant lui, il m’avait déjà projeté de l’autre côté de la pièce était empressé de me rejoindre. Il me retenait, sa main autour de mon cou.
« Je saurais te faire plier, rien ne peux m’empêcher de te tuer.
– Je n’en serais pas aussi certain ! »
En attendant, Zwein avait planté son mousquet dans le sol, créant une fracture dans le sol d’où il tirait l’énergie qu’il prenait dans sa main gauche. Il créa une onde d’énergie au sol qui rendit transforma tous les ennemis en particules de lumière. « On se reverra » dit mon assaillant me lâchant.
« Tout va bien Adam ?
– Ouais, je crois.
– Qu’est-ce qu’il te veut ?
– Bonne question, mais apparemment c’est moi qui ait fait quelque chose de mal, pas toi pour une fois.
– Il va falloir que je te sauve à chaque fois ? demanda Zwein ?
– Très drôle, non, je pourrais m’en sortir, normalement.
– Qu’est-ce qui t’a fait partir comme ça ?
– Toi, tu sais la mort de Nikki. Tu te souviens la veille, elle n’est pas morte sans raison, un Anima lui a échappé, c’est Barbarigo qui devait le mener à elle.
– Qu’est-ce que tu veux insinuer ?
– Que tu ne l’as jamais recherché et qu’il n’est pas mort. Il m’en veut de l’avoir réanimé, tout simplement.
– Tu crois qu’il veut se venger ?
– Non, j’en suis certain. J’ai tous tes souvenirs et en plus je réfléchis plus vite, que du bon.
– Bon, on avance, je ne pense pas qu’il nous laisse partir comme ça. Il va falloir le tuer.
– Ce n’est pas lui qui a volé la tour à Reinhardt, il ne s’aventurerais pas contre moi comme ça. Il doit être sous ses ordres. Il me faudrait retrouver Nikki, elle pourrait nous informer sur lui et ceux qui l’entoure.
– Pourquoi elle ? Tu n’en étais tellement pas capable que t’a délégué ta femme à le faire ?
– Oh le sexisme ! Moi pendant qu’elle investiguais sur celui qui l’a tuée, j’ai sauvé la planète d’un taré qui avait amené une arme nucléaire du futur !
– Ouais, à cause d’un con qui joue avec le temps.
– A cause d’un con qui a surchargé une roche ! Ce n’est pas moi qui ai toute l’énergie du monde dans mes mains !
– Oui, j’admets avoir fait une erreur, et alors ?
– Essaie de ne pas faire n’importe quoi, je sais bien que tes pouvoirs sont puissants, mais plus tu es puissant, plus tu deviens dangereux, pour toi et les autres.
– On y va ?
– Ouais, je te suis. »
Je discutais toujours avec Leo, je lui demandais ce qu’il savait des recherches de Nikki sur l’Anima que je venais de rencontrer. Le problème est qu’aucun de nous n’arrivait à trouver qu’est-ce qu’il me voulait. S’il s’en prenait à moi c’est qu’il avait une raison et je devais savoir laquelle. Nous avons avancé dans notre palais japonais jusqu’à ce qu’on se trouve dans une salle étrange, il ne restait plus que moi et un millier de démons. Une lueur au fond de la salle, à la forme de la silhouette j’aurais dit l’Anima. Sa voix me l’a confirmé.
« Tu ne m’échapperas pas. Tu vas mourir ici !
– Mais bien sûr.
– Tu ne crois pas si bien dire. Adieu, j’ai quelqu’un à récupérer
– Ne t’approche pas d’elle ! »
Il m’avait ignorait, je le comprenais, mais en attendant, j’avais une armée de démons à tuer seulement il avait bien prévu son coup, je n’avais plus mes pouvoirs, mais plus aucun, il ne me restait que mes capacités. Je me suis lancé dans le tas, avec comme seules armes celles que j’avais aux bras. J’en ai éliminé une dizaine lorsqu’ils ont réussis à me surpasser. Au début c’était léger, mais j’arrivais à les surpasser, puis j’en tuais d’autre et d’autres arrivaient. Plus j’en tuais plus ils arrivaient à m’atteindre. Au bout d’une heure ils m’avaient surpassé. J’étais au sol alors qu’ils continuaient de me frapper. J’étais déjà en sang et incapable de me régénérer puisque je n’avais plus d’énergie. J’ai eu l’idée de désactiver mon cœur, me faisant passer pour mort, pour qu’ils m’oublient. J’avais cinq minutes à attendre en espérant qu’ils partent tous. Mon espoir a été vain, à la limite des cinq minutes, ils étaient encore tous là et se sont retournés vers moi. J’ai crus une seconde que j’ai resterais jusqu’à ce qu’une grande lumière venu du ciel s’effondra sur la masse provoquant une immense vague d’énergie qui projeta tous les ennemis dans les coins de la pièce.
« Tu de devrais pas te mettre ne danger comme ça, dit-il me tendant la main.
– Est-ce que je pouvais savoir qu’il allait me vider mon énergie ?
– Non, mais je pense que tu te doutais que quelqu’un volerais à ton secours si tu te trouvais en danger.
– De quoi parles-tu ? Puis, tu t’es décidé à ne plus me détester ?
– Quelqu’un est entré dans la tour pendant que tu te battais. Et oui, je viens de prendre conscience de ce que mes deux hôtes ont pu vivre.
– Bon, on avance, cette tour commence vraiment à me faire peur.
– Ouais, allons-y. »
J’ai appris pas mal de choses sur lui, il tirait sa force inconsidérable de l’énergie, peu importe sa forme, son apparence. Sa puissance n’avait aucune limite, aucune faiblesse. C’est grâce à ça qu’il a survécu depuis l’ère des Anges. Nous sommes ensuite arrivés dans une pièce, on aurait dit une salle de cérémonie à la décoration. En face il y avait une sorte d’écran de fumé. J’ai voulu m’en rapprocher puis la fumée s’est estompée pour dévoiler Nikki et l’Anima. Je m’y suis violement précipité, voulant la rejoindre pour l’aider. Il a réussi à l’avoir, puis il l’a mise sur son épaule pour l’emporter, elle m’avait vu et elle voulait s’échapper de son emprise. J’ai voulu l’aider, j’ai voulu briser ce qui nous séparait, mais en vain.
« Désolé, je ne pense pas que tu puisses la rejoindre.
– Alors il le paiera de sa vie, fis-je remontant ma capuche alors que mon corps se couvrait de fumée.
– Calme-toi, ta colère ne te sert à rien.
– Tu crois… fis-je me dirigeant vers la porte.
La fumée et les étincelles volaient autour de mon corps et s’échappaient de ma capuche. On ne voyait plus mon visage, l’ombre l’avait remplacé. Dès lors c’est la colère qui me guidait, j’avançais aveuglement avec comme seul but la vengeance. On avait croisé du monde en chemin, mais Zwein n’avait plus besoin de se battre, ma colère surpassait tout désormais. Quelque chose de sombre s’en prenait à moi, comme s’il voulait m’envahir, me posséder. On aurait dit un cocon, comme un refuge ou tout était mieux, ou tout devenait facile. Je savais qu’il effrayait Zwein et il m’effrayait aussi, mais je savais que j’en avais besoin.
« Quel couloir tu choisis ?
– Où est parti celui qui est entré ?
– Il doit se trouver à gauche.
– Alors j’y vais. On se retrouve avec les autres, là-haut.
– Ça marche. »
J’étais toujours guidé par la même chose, ou personne, je ne savais pas trop comment le caractériser. Après tout ce n’était qu’une forme de Leo. J’étais parti retrouver le nouvel arrivant que je soupçonnais être Chester. J’ai continué jusqu’à ce que je rencontre une trainée de sang. Je l’ai suivie pour savoir son origine. Elle m’a fait descendre deux étages et croiser une centaine de cadavres pour retrouver son origine.
« Tu m’a l’air bien mal en point…
– Ah Leo, comment tu vas ?
– Bien, mais je te retourne la question.
– Ça va, ne t’en fait pas pour moi.
– Alors explique-moi cette trainée de sang, je ne t’aurais certainement pas retrouvé sans.
– Je n’arrive pas à le contenir, je ne sais pas comment tu fais, il est plus fort que moi et j’ai besoin de mes médicaments pour le calmer, dit-il buvant une fiole d’un liquide rouge d’un coup.
– Tu n’as aucun autre moyen de le stopper ?
– Aucun, à chaque fois il me surpasse.
– Qu’est-ce qu’il y a dans ta fiole.
– Un solution que je me suis faite, ça fait des années que je la fait. Si elle est de cette couleur c’est parce qu’elle contient du sang de démon. C’est affreux, ça m’affaiblis mais c’est le seul moyen de de contenir.
– On va trouver une autre solution. Je ne peux pas te laisser comme ça.
– Je te retourne la question, pourquoi toute cette fumée autour de toi ?
– Une longue histoire, un Anima qui a commandé la mort de Nikki et il s’en est pris à moi je ne sais pas pourquoi. Lorsque je l’ai retrouvé il a enlevé Nikki. Cette fumée, le produit de ma rage, rien que ça.
– L’Anima. Une seconde, Artiel je crois. Oui, il t’en veut, ça date de l’époque d’Adam. Il a dû voyager. Je crois que c’est son frère que tu as tué pour sauver Nikki avant que je vienne vous sauver comme un héros.
– Pas trop prétentieux ?
– Non ! Si, j’imagine que c’est ça, à toi de lui demander.
– Avant, faut qu’on retrouve Zwein plus haut.
– Zwein ? Sérieux ?
– Ouais, mais faut qu’on avance avant de le rejoindre, je sens qu’il va vouloir te tuer aussi. Va falloir qu’on casse tout ce qui se présente devant nous.
– Est-ce qu’on a vraiment le choix ?
– Non, pas trop non. »
A ma connaissance, il y avait une vingtaine d’étages pour rejoindre Zwein, mais on ne pouvait en traverser aucun, aucune porte pour passer. Ces derniers étaient accessibles uniquement par Nikki et Zhao.
« Tu penses qu’il vont les passer ?
– J’espère oui, sinon on ne remontera pas sans tout exploser.
– Tu voudrais éviter ?
– Je voudrais surtout éviter de m’énerver encore plus, j’espère juste que Zhao les passera tous.
– Ah c’est vrai, l’autre a emmené Nikki. C’est notre frère, je lui fais confiance.
– Moi aussi, mais on ne sait jamais. »
En attendant, pour Zhao, j’espérais que tout se passait bien.
« Combien est-ce qu’ils sont encore ?
– Des milliers, personne ne nous arrêtera !
– C’est ce qu’on va voir ! »
Il s’est battu pendant une dizaine de minutes, mais il y en avait toujours plus qui venaient, comme contre moi. Il commençait à se sentir submergé quand un mastodonte obligeât les soldats à dégager. Je sentais que quelque chose n’allait pas jusqu’à ce que j’aperçoive que c’était une lightform.
« Une lightform ?
– Un esprit de lumière qui contrôle un démon et là c’est un problème.
– Mais non, je m’en charge, je l’occuperais tant qu’il vous ouvrira la voie, dit-il s’envolant vers le plafond.
– Comme tu voudras. Chester, gel moi cette salle, il va falloir trouver la porte.
– Avec joie, mais ça ne t’aidera pas.
– Bien sûr que si, on va faire fondre les murs, tiens-toi, je risque te tout foutre en l’air. »
Leo était parti en vitesse rejoindre Zhao qui se trouverait vite en position de faiblesse. Il a traversé l’étage pour se trouver en face du mastodonte pour lui lancer le chronosceptre dans le torse.
« Merci du coup de main !
– Je n’allais pas te laisser te faire tuer. Ouvre la voir pour Adam, je vais le retenir.
– Mais tu n’as aucun moyen de le tuer ?
– C’est pour ça qu’il me faut Adam ! dit-il esquivant les attaques du monstre. Dépêche !
– OK, j’y vais ! »
C’était étrange, je savais ce que faisait Leo sans le vivre pour autant. Il se battait contre lui pour laisser du temps à Zhao, mais il l’attirait trop pour qu’il le retienne vraiment.
« Ce n’est pas toi que je veux.
– Ouais, mais c’est moi que tu vas devoir te coltiner.
– Même pas en rêve. »
Il fila vers Zhao pour l’attaquer. Il allait beaucoup plus vite que moi et même en vol j’avais du mal à la rattraper.
« Dépêche Zhao, il vient vers toi !
– J’essaie. Je ne peux pas aller plus vite.
– Part vers Adam, il ne devrait pas tarder. »
Pendant ce temps, on était avec Chester en train de détruire les murs de la salle dans laquelle on était. Quelques minutes après son gel intégral, les murs tombèrent en faisant trembler l’étage et alertant les démons qui s’y trouvaient.
« Va, je m’en occupe.
– Comme tu voudras, bon courage. »
Je me suis empressé de monter les escaliers, pour les rejoindre, j’entendais quelqu’un descendre, c’était Zhao qui fuyait poursuivis par le mastodonte. Je savais que Leo le suivait. J’ai croisé Zhao en y passant à côté et j’ai vu Leo passer devant le mastodonte grâce à la téléportation. Il m’est arrivé dessus en trombes, a fusionné avec moi pour laisser place à Nova. J’ai foncé sur son corps pour lui planter ma lame éclair dans le cœur.
« Je t’avais dit que tu devrais t’affronter à moi.
– Ce n’est pas toi que j’ai affronté !
– Moi, Leo, Adam, Toshiie, tous des schizophrènes dans un corps à différentes apparences, dans tous les cas je vais te démonter.
– Je veux ton frère !
– Tu devras me tuer avant ! Je te dis mon courage.
– Tu ne m’arrêteras pas !
– Arête toi ! fis-je attachant mon crochet à sa jambe. Tu ne vas nulle part !
– Pourquoi tu t’évertue à m’attaquer ?
– Parce que je sais que tu vas le tuer et, je ne peux pas te laisser faire. Hey, je n’avais jamais remarqué que j’avais pris les cheveux gris !
– Qu’est-ce qui te prends ?
– Lâche-moi ! Est-ce que je viens te déranger quand tu es tranquille chez toi ? Non ! Bon. Oh… »
J’ai changé de direction pour aller vers lui et lui tirer dans le ventre.
« Aller ! Ne me dis pas que tu ne peux pas faire plus que ça !
– Dégage ! dit-il projetant un immense flot de lumière dans la pièce.
– Non, inutile contre moi. Y’a que Zhao qui craint tes pouvoirs.
– Qu’est-ce que tu es ?
– Gardien du temps ! » dis-je ralentissant tout autour de moi. Je lui ai coupé entièrement une jambe pour le mettre à terre. « Maintenant passons aux choses sérieuses, qui t’emploie ?
– Va en Enfer.
– J’en viens déjà ! Réponds ou je te coupe l’horreur qui te sert à te reproduire.
– Ok ! Il s’appelle Artiel, il dit que c’est ta famille qui a réduit la sienne à néant.
– Quoi ? Comment ça ?
– Qu’est-ce que j’en sais, je ne suis là que pour tuer ton frère.
– Pourquoi est-ce que j’aurais décimé sa famille ? Je ne me souvenais même plus que c’était lui qui avait commandité la mort de ma femme. Ça n’a aucun sens.
– On aurait manqué quelque chose ? demanda Chester.
– Apparemment. Bon, qu’est-ce que je fais de toi ?
– Ta mort !
– Comme tu voudras, dis-je lui coupant la tête, bon, plus qu’à le retrouver et savoir ce qu’il nous veut.
– Il t’en veut personnellement, puisqu’il s’attaque à toi, il cherche à détruire aussi Zhao et certainement moi aussi et il kidnappe Nikki. Où il veut en venir ?
– Il veut me foutre en l’air ! Voilà. Mais, fis-je reprenant mon apparence couverte de fumée, je n’ai pas l’intention de le laisser faire comme ça, il va prendre cher.
– Comme tu voudras.
– Retrouvez Nikki, moi je vais rejoindre Zwein, on va avoir besoin de lui.
– T’es certain ? Tu ne préfères pas aller la chercher toi-même ? demanda Zhao.
– Non, parce que je sais qu’il me tend un piège, il pourra m’avoir, mais pas si c’est vous deux qui y allait.
– A ton grand plaisir mon frère, répondit Chester.
– Comment Zwein va pouvoir t’aider ?
– Un mécanisme énergétique qui s’est arrêté quand j’ai gelé le temps, j’ai l’impression que c’est lui qui bloque Reinhardt.
– Certainement, mais pourquoi Zwein ?
– Je me si quelque chose qui contient autant d’énergie peut l’over loader. Ça pourrait être intéressant.
– Un être énergétique en sur puissance, pourquoi pas. Après tout tu y es déjà depuis un moment.
– Mais je doute que mes pouvoirs seuls suffisent contre Artiel.
– Pas faux, tient, je crois que c’est lui. »
Une boule de lumière tombait du ciel lorsque je suis entré dans une sorte d’escalier en colimaçon gigantesque. Il est tombé du point le plus haut pour atteindre l’endroit où j’étais.
« Tiens donc, Adam, heureux de te retrouver. Que je vaux cet honneur ?
– Je vais avoir besoin de tes capacités pour libérer Reinhardt.
– L’Onyx de la tour ? Tu ne cherchais pas tuer un Anima ?
– Si, mais avant je voudrais le trouver. Sieg, tu aurais quelque chose pour accueillir un Onyx ? fis-je commençant à monter les escaliers en suivant Zwein.
– Ça dépend, avec ou sans corps ?
– Bonne question, je suppose sans.
– Oui, dans les deux cas, je dois pouvoir trouver un humanoïde dans la citadelle, peut-être même son corps déjà inhumé, je te cherche ça et je te rappelle.
– Toujours aussi bon assassin Adam ?
– Pourquoi cette question ? dis-je en ricanant.
– Voilà pourquoi ? dit-il me montrant une salle remplie de personnes. Il y en a un qui est humain et tu te doutes que je ne veux pas risquer la vie des autres juste pour accéder à une porte.
– Je peux comprendre oui, je dois trouver tout seul ou j’ai droit à des indices ?
– Je ne sais pas à quoi il ressemble, à toi de jouer. »
Je me suis mêlé à la foule, je n’avais que deux moyens de le localier, ma vision d’aigle et s’il fuyait lorsqu’il me verrait. J’ai parcouru une grande partie de la salle lorsque m’est parvenue une onde plus chaude que les autres. Je m’en suis doucement rapproché, puis il m’a aperçu et s’est mis à fuir. J’ai crié à Zwein d’essayé de me suivre comme il le pouvait alors que je lançais une boule de fumée par-dessus la foule pour l’utiliser comme moyen de transport pour la traverser plus vite. Je me suis mis à sa poursuite, utilisant mon agilité à travers les couloirs pour le rattraper. À une centaine de mètres de la salle qu’il allait atteindre, deux ennemis se sont interposés à moi. J’ai mis à terre le premier avec le tomahawk en le plantant dans sa jambe et le second en lui coupant la gorge au passage. J’ai sauté pour accéder à la salle en atterrissant, une lame dans le crâne du dernier assaillant en bas.
« Rapide dit-donc !
– Merci Zwein, je te l’offre ton ami !
– Non merci, je te laisse ce plaisir.
– Ne cherches pas à t’échapper, tu ne sortiras pas.
– Attend, dit-il, je sais qui tu es ! Tu es le copain de l’autre catin ! A l’heure qu’il est Artiel doit-être en train de la démonter.
– Mais non, mais pourquoi t’as dit ça ? Ben voilà, t’a réussis à me l’énervé. Vas-y doucement Adam quand même, fit Zwein.
– Calme-toi, je n’ai rien fait, je n’ai rien fait !
– Qu’est-ce que tu sais d’Artiel ? dit-il le plaquant contre le mur, le tenant par le cou.
– Tu crois que je vais le dire ?
– Si tu comptes mourir… répondit-il serrant sa gorge.
– OK ! OK, c’est un trouillard, une lopette dans une armure de courage. Déclenche sa peur et tu as gagné.
– Merci du conseil, dit-il le laissant tomber au sol.
– Et ma porte ? demanda Zwein.
– Voilà ! répondis-je lui tirant dans la tête, content ? On peut aller supprimer ce générateur ?
– Ouais ! Pas besoin d’être de mauvais poil.
– Désolé, c’était déjà très chiant avec ma mère alors maintenant s’ils commencent à faire pareil avec Nikki je ne vais pas y arriver.
– Je comprends, essaie de te calmer, on va finir par te confondre avec le brouillard.
– Très drôle Zwein, vraiment.
– Oh, c’est bon, si on a plus le droit de plaisanter.
– J’ai une question quand même, maintenant que tu es redevenu un peu normal, qu’est-ce que tu as venu chercher ?
– L’Éternelle. Elle est ici et est apparemment en danger, sinon je n’y serais pas.
– L’Éternelle ? Tu m’éclaire ?
– Ça te suffit ? demanda-t-il allumant sa main gauche.
– Sérieusement !
– Bon, c’est bon. L’Éternelle est l’être de la création, celle qui est là depuis bien plus longtemps que les dieux Saory. Elle se mêle à travers le monde, à travers les âges, personne ne sais à quoi elle ressemble, à par celui qui a réussis à se marier avec.
– Qui ?
– Bonne question. C’est un mystère vivant, pire que nous. Comment imaginer qu’il puisse y avoir un seul être vivant lors que la création de l’univers ?
– Nous sommes bien là.
– Certes, mais nous sommes arrivés bien plus tard, des milliards d’années plus tard. Elle est présente depuis le jour de l’apparition de l’univers connu. Alors je ne doute pas qu’il puisse y avoir un être qui se soit créé au moment où tout a commencé, mais j’ai quand même dû mal à y croire.
– Qui sait, je la connais peut-être, je ne me doutais même pas que vous étiez toi.
– Ouais, ce n’est pas faux.
– Mais pourquoi vouloir libérer cet Onyx ?
– Je ne veux pas laisser “mourir” quelqu’un parce qu’Artiel l’a chassé de sa tour. Puis qui sait, il pourrait nous aider.
– Un Onyx ? Nous aider ?
– Sieg est un Onyx, il a toujours été là pour moi.
– Parce qu’il n’a pas le choix oui.
– Comment tu peux en être aussi certain ?
– Je ne sais pas, peut-être parce que j’ai côtoyé des Onyx.
– Pas les même apparemment, bon t’avance ou je dois le faire à ta place ?
– Je ne te savais pas si chiant.
– Maintenant si, par-là, fis-je prenant à droite.
– Que suis-je supposé… Ouais, ce n’est pas une petite machine quand même. Qu’est-ce que je dois faire ?
– Un overload ?
– Avec ça ? Mais je vais y rester… dit-il s’approchant de la machine.
– C’est ce qui a derrière qui m’intéresse, la prison statique.
– Et pourquoi l’overload ?
– Pour supprimer celui qui s’attaque à l’Éternelle ?
– Ouais, pas bête. Recule, je n’ai pas envie de te faire mal.
– Laisse-moi rire.
– Bon, c’est parti ! »
Il a posé ses mains sur le générateur de champ, attirant l’énergie qu’il créait pour l’absorber. Une minute plus tard, il était devenu fluorescent, alors que l’âme de Reinhardt se présentait devant moi.
« Tu m’a libéré. Je t’en remercie.
– Tu me l’as demandé, je ne pouvais pas refuser.
– Que dois-je faire ?
– Sort d’ici, dirige-toi vers la Tour en forme d’ailes, un Onyx au nom de Sieg t’accueillera et te permettra de retrouver un corps.
– Comme tu voudras. Au plaisir.
– Comment tu me trouves ? demanda Zwein.
– Y’aura qu’à suivre la lumière ! Ça va, c’était facile.
– Je te comprends, mais pas un peu trop lumineux.
– Si, mais on fera avec, on y va ?
– Adam, si tu pouvais te ramener, on va avoir besoin de toi.
– Après toi.
– A travers le mur ?
– Au moins on montre qu’on n’a pas l’intention de se faire chier avec lui.
– Vendu, dit-il explosant le mur, c’est parti ! »
Zwein avançait, essayant de rejoindre Zhao et Chester de la manière la plus rapide possible. Je le suivais en utilisant les débris qu’il laissait et mon agilité. Au bout d’une dizaine de minutes nous avons atteint la salle ou se trouvaient mes deux frères.
« Alors ? Qu’est-ce qu’il se passe.
– Tient donc, comme on se retrouve.
– Dégage, fis-je lui tirant dans la tête. Où est Nikki ?
– En bas, avec Artiel.
– Attendez-moi, je n’en ai pas pour longtemps. »
Je me suis jeté dans la fosse, ne cherchant même pas à savoir la distance qu’elle faisait ni ce qui se trouvait en bas. Au bout de quelques secondes j’atterrissais violemment en bas, en face d’Artiel qui retenait Nikki. Il la tenait le bras autour du cou et elle était à moitié dénudée.
« Lâche-la, fis-je d’un ton calme.
– Comme tu voudras, dit-il desserrant son bras et la poussant vers moi.
– Tu n’aurais jamais dû. »
Violemment propulsé vers lui, j’ai voulu lui assener des coups directs, mais aucun n’avaient d’effets.
« Ça ne sert à rien, dit-il me soulevant en me tenant à la gorge, je neutralise tous vos pouvoirs.
– Tu crois ?, fis-je juste avant qu’il ne me lance contre le mur.
– Tu ne m’importe peu, c’est ton frère que je voulais de toute manière, dit-il s’envolant vers la salle précédente.
– Adam ! Ça va ?
– C’est plutôt à toi que je devrais demander ça princesse, fis-je me relevant.
– Je…
– Il ne t’a rien fait que je puisse lui faire regretter, fis-je lui posant ma veste sur les épaules.
– Non, mais je t’en prie ne le laisse pas en vie.
– Je peux prendre ta place, mais je vais te prendre dix pourcent de ton énergie.
– Pas grave, fait ce que tu as à faire, dis-je prenant Nikki dans mes bras. »
Il ne lui a fallu que quelques secondes pour atteindre le sommet et déposer Nikki, puis pour s’interposer entre Artiel et Chester.
« Zwein, je crois que je vais avoir besoin de toi.
– Comme tu voudras, dit-il se lançant à l’assaut d’Artiel pour l’expédier de l’autre côté de la salle. Artiel ! Je me disais bien que je connaissais cette signature. Content de pouvoir de te botter le cul une fois de plus.
– Zwein ! Si je m’attendais à te voir ici. J’aurais supprimé ces vauriens avant.
– Ouais, mais je suis là, alors si tu veux t’affronter à eux c’est moi que tu vas devoir battre avant.
– Ça ne devrait pas être si compliqué.
– C’est ce qu’on va voir. »
Pendant que les deux anciennes connaissances apparemment livraient leur combat, j’ai commencé à m’entretenir avec Chester.
« Pourquoi toi ?
– Pourquoi moi ? Il a capacité de tout stopper et de prendre parti des pouvoirs du dernier qu’il a touché.
– En bref, ça va devenir le bordel, ouais, d’accord.
– J’ai peur qu’on ne puisse pas le tuer, j’espère juste que Zwein le pourra.
– J’ai une autre solution au pire.
– Non ! Tu ne crois qu’il a fait assez de mal comme ça !
– Tu te crois mieux à nier son existence Chester ?
– …
– Zwein ?
– T’inquiète, je m’en sors !
– Pas pour longtemps ! » fit Artiel se dirigeant vers Chester.
Il utilisa la grande vitesse que lui avait offerte Nikki pour se diriger vers Chester. Il lui passa à côté en l’effleurant pour ensuite rejoindre Zwein et figer tout autour de lui. Plus rien ne bougeait, même pas moi. Pourtant je voyais tout ce qu’il se passait. Il a avancé vers le dos de Zwein pour le poignarder s’en éloigner quelques secondes plus tard, ayant pris une certaine distance avant que l’espace reprenne son état normal.
« Zwein ! fis-je me précipitant vers lui.
– Adam, content de t’avoir connu tu sais.
– Non, tu ne peux pas partir maintenant, j’ai besoin de toi. Je…
– Tu n’as plus assez d’énergie pour me régénérer, laisse-moi va.
– Non, non !
– Tu n’as pas trop le choix, promet-moi une seule chose.
– Dit moi, répondis-je alors que ma fumée envahissait toute la pièce.
– Je veux que tu la trouves, protège-là, elle seule pourra nous sauver de cet enfer.
– Qui ?
– L’éternelle, dit-il avant de s’éteindre.
– Oh, bouh ! Un pauvre minable en moins sur cette planète. Plus que 8 milliards, fit Artiel.
– Je te le promets, fis-je lui fermant les yeux. »
Le brouillard que mon corps libérait avait commencé à dessiner une silhouette derrière moi, je sentais que Zhao et Chester n’appréciaient guère l’apparence qu’elle avait. « Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? » fit Artiel. Je me suis souvenu ce que m’avais dit Alix, de laisser ma colère me dépasser. Je me suis rapidement lancé sur Artiel pour le plaquer contre le mur et le projeter de l’autre côté.
« Qu’est-ce qui t’arrive, tu veux jouer, alors jouons !
– You can’t see beyond…
– Je crois que tu perds la tête mon pauvre ami.
– Dans ta tête… » fis-je alors que la fumée avait entièrement recouvert mon corps pour ensuite exploser pour me cacher.
« Inutile de te cacher, je te retrouverais.
– Je ne me cache pas » dis-je sortant de mon nuage sous une nouvelle image, mon épée à la main.
– Tu n’iras pas plus loin ! dit-il essayant de tout figer comme pour tuer Zwein. Quoi ? Pourquoi ça ne marche pas ?
– Parce que tu es stupide. Regarde plus loin que ton pauvre petit monde.
– Alors tu comptes me battre, bien, bien. J’espère qu’au moins tu vaudras le coup.
– Je ne compte pas te battre, je compte te faire souffrir, tout comme tu les as fait souffrir.
– Alors essaie. »
Pour la seconde fois c’est moi qui le contrôlais totalement. J’ai fait toucher ma lame sur le sol pour faire quelques étincelles et charger mon épée puis j’ai lancé une vague vers Artiel pour enflammer tout ce qu’il y avait autour de nous. J’avais réussis à le toucher en le brûlant. Ma lame avait changée de tête pour une grande faucille, plus grande que moi.
« Dans ta tête, dis-je d’un ton narquois.
– Ah ! Tu vas me le payer ! fit-il se jetant sur moi.
– Pourquoi tant de haine ? dis-je le bloquant avec mon bras gauche.
– Lâche-moi ! »
Il a commencé à m’assener une série de coups avec son épée, de plus en plus violents, je les arrêtais tous avec ma faux, c’était une arme lourde, mais je la maniais avec une facilité déconcertante.
« Pourquoi ? Pourquoi je n’arrive pas te toucher ?
– Parce que tu n’en vaux pas la peine.
– Quoi ? Je dois vous tuer, je dois tous vous supprimer, vous êtes la plus grande menace de ce monde ! Ce peuple est faible et bientôt il deviendra la rédemption du grand maitre !
– Ton grand maitre tombera comme toi, comme tous les autres.
– Tu ne sais pas de quoi il est capable.
– Bien plus que toi. »
Je me suis téléporté devant lui, prenant sa tête avec ma main gauche que l’électricité commençait à envahir. Il se débattait sans relâche, mais il n’arrivait pas à se libérer. J’ai fait plusieurs tours sur moi-même pour le découper en morceaux, puis j’ai réutilisé ma main gauche pour bruler ce qu’il restait de son corps.
« Où est-ce que tu te caches ?
– Adam… fit Nikki qui voulait s’approcher de moi. »
Je me suis téléporté juste après avoir tourné mon regard sur elle. Je me suis retrouvé dans une forêt, sombre, un tapis de feuilles mortes rouges au sol.
« Je te retrouverais, je t’ai déjà traqué une fois, mais cette fois-ci tu n’auras pas la chance de survivre. »
J’ai découvert une chose aujourd’hui, que même les personnes que l’on connait depuis des années peuvent encore nous surprendre ou nous effrayer. J’ai fait mon possible pour l’aider à le cacher et voilà qu’il devient le seul moyen de nous sauver. J’ai l’impression d’avoir tout fait pour rien, mais je me demande comment il le vit. Il est supposé avoir un effet néfaste sur Leo, mais on dirait qu’Adam le contrôle. Qu’est-ce que je dois en penser ? Qu’est-ce qu’on doit en penser ? J’ai peur qu’il se soit retourné contre nous, mais aussi qu’il ait retourné sa colère pour me protéger.
Nikki Monteiro. 2014
Comment je ressentais ce que je vivais ? D’une manière plutôt étrange. C’est comme si j’avais une puissance infinie au fond de moi. Qu’est-ce qu’il m’attendait ? Bonne question, à part la mort de celui que je traquais dans cette tour depuis le début. Est-ce qu’il me faisait peur ? Non, pourquoi avoir peur de quelque chose qui nous fait nous sentir mieux. Qui je traquais ? Ça, ça ne regarde que moi.
J’avais déjà passé une nuit à errer dans cette forêt pour essayer de me repérer. Mardi 6 mai 2014, je me demandais où étaient les autres et ce qu’ils pensaient. Ce n’est pas pour autant que je me détournais de mon objectif. Je n’avais qu’une idée en tête, sa mort.
Il était environ dix heures lorsque j’ai trouvé une cabane dans cette forêt. Je m’y suis rendu. Je me suis placé devant le miroir qu’il y avait et j’ai commencé à observer ma nouvelle apparence jusqu’à ce que Leo se réveille.
« Si je m’attendais à ça…
– Que tu ais cette forme ? Que j’ai réussis à le pousser pour tout craquer ?
– Que j’ai autant la classe !
– Ça va les chevilles ?
– Ça va merci.
– Bon, faudrait y trouver un nom ? Non ?
– Encore ? Tu n’as pas l’impression de te sentir schizophrène avec tous les noms que tu portes ?
– J’ai connu pire.
– Pourquoi juste ne pas l’appeler Phœnix ?
– Pourquoi Phœnix ?
– Parce qu’il est la résurrection d’une race perdue. Une partie caché car jugée trop destructrice. Tu es l’un des premiers à le maitriser.
– La question maintenant c’est, qu’est-ce qu’il est au juste.
– Ça je te laisserais le découvrir.
– Bon, on a un idiot à chasser.
– Si j’avais su qu’on en viendrait là je l’aurais tué la première fois.
– Trop sentimental Leo.
– Ça doit être ça. Pourquoi cette forêt d’ailleurs ?
– La forêt des âmes perdues. La légende dit, qu’aucun de ceux qui en sont entrés n’en sont sortis, sauf toi et l’autre idiot.
– Et les feuilles sont rouges à cause de leurs sang, je m’en souviens maintenant. Ça n’empêche que je ne sais pas pourquoi il a choisis cet endroit.
– Qui sait ? Il a peut-être l’intention de nous faire peur ! Ça serait une grosse blague quand même. »
J’ai continué mes recherches, je traquais toujours la même personne et au fond de moi je me demandais ce qu’il pouvait arriver aux autres. J’ai avancé pendant une dizaine de minutes lorsque des bruits étranges ont commencés à m’atteindre.
« Qu’est-ce que ça peut-être ?
– A mon humble avis, je dirais des zombies, ou quelque chose dans le genre.
– Bien déduit Leo, fit une voix qui venait de loin, mais pas n’importe lesquels. Souviens-toi de ce que tu vas voir.
– Pourquoi ça ne me dit rien qui vaille ?
– Ils te feraient peur ?
– Et puis quoi encore ? C’est ce que ce con raconte qui m’inquiète.
– Ils s’approchent.
– Je sais. Mais ça ne va pas durer. »
J’ai stoppé le premier avec mon bras extensible, puis j’ai supprimé ceux qui me sautaient dessus avec ma faucille. Mais il y avait un problème, ce n’était pas les zombies que j’avais tranché, mais leurs tentacules.
« Ouais, j’ai déjà vu ça en quelque part.
– Steven, il avait quelque chose qui ressemblait ça.
– Ce n’est pas pour autant qu’on ne va pas réussir à les supprimer.
– Une seconde. »
J’ai posé ma main sur mes yeux une seconde, lorsque j’ai rouvert les yeux, ma main gauche s’était chargée en électricité. J’ai envoyé une vague autour de moi, faisant tomber la foudre sur ceux qui était autour de nous.
« Bien joué !
– Désolé si je te maitrise plus que tu ne te maitrise.
– Frimeur.
– Je sais. Attends, fis-je alors que j’avais entendu une voix, je connais cette voix, mais qui est-ce ?
– Sia.
– Je peux voler avec ce truc ?
– Ce truc ! Bien sûr.
– Alors c’est parti. »
D’immenses ailes noires se sont dépliées dans mon dos avant que je prenne mon envol. J’ai volé au-dessus de la forêt pendant une minute puis j’ai atteint une zone ou les zombies, si je peux les appeler comme ça car ils n’en ont pas tant l’apparence que ça. Lorsque je me suis posé, et que j’ai replié mes ailes, ils se sont tournés vers moi.
« Je vous attends !
– Arrr…
– Pas très causant. »
Le plus proche m’a attaqué avec son bras transformé en épée. Je l’ai stoppé avec mon bras droit. Elle était plantée, mais je ne saignais pas. Je l’ai repoussé avant de lui couper la tête avec le revers de ma faucille. J’ai avancé en supprimant ceux qui se trouvaient entre moi et la fille qui était en danger. Lorsque je l’ai atteint, je lui ai tendu mon bras gauche.
« Mademoiselle.
– Je… Qui êtes-vous ? demanda-t-elle acceptant mon assistance.
– Je me présente, Leo Kryssen.
– Leo ? Non, Non ! Je ne te croirais pas !
– Il faudra Sia. Je ne sais pas comment tu t’es retrouvé ici, mais il ne faut pas que je t’y laisse.
– Où est-ce qu’on est ?
– Dans la tour d’EnMas, c’est la seule tour qui utilise les dimensions de ce monde.
– Alors je veux rester avec toi. Je t’aiderais.
– Tu ne ferais que me ralentir et me gêner.
– Hey ! Ce n’est pas gentil ce que tu me dis.
– Je n’ai jamais eu l’intention d’être gentil ! fis-je alors que je supprimais celui essayait de m’attaquer par derrière. J’ai déjà assez d’ennuis comme ça. Viens avec moi.
– J’ai le choix ?
– Pas trop non. »
J’avançais à l’aveugle, sans trop savoir où aller. Dur de se repérer dans une forêt ou tout se ressemble à la perfection. J’étais devant, je marchais vite et Sia avait du mal à suivre le rythme que je lui imposais.
« Qu’est-ce qui t’est arrivé ?
– Comment ça ?
– Ben, ça ! Ce n’est pas toi, enfin peut-être si, mais non.
– Ta sœur l’a vu avant toi. Rien d’important.
– Si quand même !
– Pourquoi ? répondis-je me tournant vers elle. Parce que je vous fais peur ? Parce que vous avez l’impression que je vais vous supprimer vous aussi ?
– Un peu oui. Et ça ne te dérange pas plus que ça ? dit-elle alors que je repartais.
– Tant que je n’en viens pas à vous faire du mal j’accepte ce qu’il m’arrive.
– Pourquoi ?
– Parce que c’est ma vraie nature. Et que je ne peux pas la nier. »
Nous avons marchés pendant cinq, dix minutes devant nous jusqu’à nous trouver en haut d’une falaise. J’apercevais une sorte de château en face. Je me suis retourné, prêt à me jeter dans le vide quand Sia me lança un regard plutôt glacial.
« C’est vrai que tu ne vole pas.
– Comment tu veux faire ?
– Saute.
– Quoi ? Tu veux que je me suicide ?
– Saute. Et si je ne rattrape pas tu auras le droit de me hanter jusqu’à ma mort.
– T’a pensé à Sieg ?
– Arrête d’avoir peur de moi et lance toi, je ne vais pas t’attendre. »
Je me suis laissé tomber sur le dos, déployant mes ailes quelques secondes plus tard pour attraper Sia et l’emmener avec moi devant le château.
« Tu vois, aucune raison d’avoir peur. Viens, on va rejoindre les autres. »
Elle me suivait, mais toujours avec un peu de retard, comme si elle avait peur de moi. Je suis rentré dans le bâtiment et en ai vite fait le tour, il n’y avait personne. Je suis ressorti, arrêté devant la porte et regardant aux alentours.
« Qu’est-ce qu’il se passe ?
– Ils ne sont plus ici.
– Ça te pose un problème ?
– Où est-ce qu’ils sont partis ? Ils n’ont pas pu aller bien loin.
– Ça te dérangerais de m’écouter ?
– Un peu oui. J’aimerais essayer de comprendre.
– Ça ne te ressemble pas Leo. Qu’est-ce qu’il se passe ?
– Attends ! Quelque chose approche. Cache-toi. »
Quelque chose d’assez gros est passée juste à côté de nous, à quelques centimètres. Je m’étais caché dans une crevasse d’un rocher et elle était venue se blottir contre moi.
« Qu’est-ce c’était ?
– Un dragon. Et pas n’importe lequel.
– Un dragon ? Mais ça n’existe pas !
– Si, mais pas dans notre dimension. Viens, il faut qu’on le rattrape.
– Tu es fou, il va nous tuer !
– Non, fait-moi confiance. »
Je me suis mis à sa poursuite, Sia toujours à la traine derrière moi. Il m’avait mené dans une carrière, on aurait dit du marbre ou quelque chose dans le genre. Je m’étais mis à distance pour l’observer.
« J’ai quand même une question, comment tu comptes me faire sortir d’ici ?
– Avec lui.
– Quoi ?
– Il s’appelle Ashal-Zar. C’est un dragon qui sort de du monde oblitéré.
– Tu y es déjà allé ?
– Jamais, mais je sais qu’il peut voyager entre les trois dimensions. Alors, peu importe où nous sommes, il te ramènera. Attends-moi ici s’il te fait peur.
– C’est plutôt pour toi que je devrais avoir peur.
– Laisse-moi rire. »
J’ai descendu les niveaux pour atteindre le plus bas, j’ai replié mon arme pour éviter qu’il sente le danger. J’ai essayé de m’en approcher doucement, mais il a senti ma présence avant. Il s’est retourné violement et m’a craché ses flammes pour me supprimer. J’en suis sorti indemne, lui faisant toujours face.
« Leo !
– Tu ne me reconnais pas c’est ça ? J’ai trop changé pour toi.
– Vas-t-en Leo ! fit Sia alors que le dragon illuminait son torse.
– Même pas ma voix ? Souviens-toi. Je sais qu’elle ne t’est pas inconnue, je t’en prie. J’ai besoin de toi, fis-je m’approchant doucement de lui, c’est moi, Leo ! J’ai juste changé d’apparence, je ne te veux pas de mal. »
J’ai continué mon avancée doucement, alors qu’il inclinait sa tête au grès de mes pas. Arrivé juste devant lui, j’ai posé ma main sur son museau et il s’est allongé, plaçant ses pates sous son torse.
« Merci, j’ai bien cru que tu ne te souvenais plus de moi. Qu’est-ce que tu fais ici ?
– Parce qu’il parle en plus ? demanda Sia qui venait de me rejoindre.
– Non, mais j’entends ses pensées, depuis le premier jour où je l’ai rencontré. Tu crois que tu pourrais la faire sortir d’ici ?
– Tu as vraiment confiance en lui ?
– Toujours, il te ferra sortir d’ici, sans problèmes. Reviens après, j’aurais besoin de toi. Mademoiselle ?
– Je…
– N’aie pas peur, tiens-toi juste à la sangle, pour ne pas tomber. Retrouves Sieg, amène-là où il se trouve.
– Reviens en vie.
– Ne t’en fait pas pour moi. »
Je ne me suis même pas demandé pourquoi il pouvait y avoir une carrière ici, après tout c’est une forêt, la question c’est quelle forêt. J’ai continué ma marche, même si je ne savais toujours pas où j’allais. Je sentais la présence de quelqu’un d’autre, un autre semblable à moi. C’est comme si nous étions différents, alors je me suis dirigé vers lui. Je n’avais aucune notion du temps, quelle heure, quel jour ? Seul quelqu’un qui n’était pas dans ma tête pouvais me le dire. Je me suis rapproché de la cabane que j’avais croisée au début de mon arrivée ici, sauf qu’il faisait beaucoup plus froid. La neige commença à tomber jusqu’à ce qu’une grande vague de neige et de glace vienne recouvrir tout autour de moi. « Chester ? » me suis-je demandé en voyant ça. Je me suis approché doucement, me méfiant de ce qu’il pouvait se trouver à l’intérieur.
« Qu’est-ce qu’il s’est passé ici ?
– Je crois que je me suis opposé à plus fort que moi. Oh, Leo, comment on va ?
– Mieux que toi apparemment.
– Merde ! Comment j’ai fini comme ça ?
– Tu t’es décidé à arrêter ta potion magique ?
– Non, j’aurais dû en prendre plus.
– Pour finir encore plus mal ? Comment tu es arrivé ici ?
– Je ne sais pas trop, quelqu’un nous as attaqué, tous les trois et Zhao et moi, on a essayé de le bloquer, apparemment il en voulait à ta femme alors on s’est lancé sur lui, mais aucun résultat, il a fait un grand flash et j’ai atterris dans le ciel, puis ici.
– OK, je sens qu’il va nous causer des ennuis. Mais pourquoi en vouloir à Nikki ? C’est moi qui l’ai toujours emmerdé jusqu’ici.
– Qui sait, la motivation de certains me dépasse souvent. Où comptes-tu aller ?
– La carrière est à l’ouest. J’aurais voulu attendre mon dragon pour qu’il fasse le repérage, mais je ne sais pas où il est.
– Tu avances à l’aveugle depuis que tu es ici quoi ?
– Ouais, cet endroit a beaucoup changé depuis la dernière fois où j’y étais.
– Mais qui c’est au final ?
– Le fils d’Akziel.
– Carrément ! Bon, s’il faut le faire.
– Avec Zhao.
– Quoi ?
– On a besoin de Zhao pour le tuer.
– Alors retrouvons Zhao. Si encore c’est possible.
– J’ai vu un autre météore comme toi tomber plus au nord. On devrait y aller.
– Bonne idée. Je te suis. »
Il ne me ressemblait pas, son corps était blanc, entouré d’une légère fumée grisâtre, comme de la neige qui tombait indéfiniment. Il n’avait pas de peau, juste la chair blanche, fragmentée par endroit. Ses épaules étaient marquées par deux griffes, qui se répétaient un peu partout sur le corps. Il gelait tout ce qui se trouvait sous ses pieds ou autour. Comme si son pouvoir dépassait ses propres capacités. On a avancé pendant une bonne heure, alors que je perdais dans mes pensées. Zwein était venu pour l’Éternelle, pourtant personne le n’avait vue, même pas moi. On s’est retrouvé en face du crash du météore, là encore en haut d’une falaise. Je me suis assis au bord, regardant au loin.
« Je vais peut-être paraitre chiant, mais pourquoi toi le premier ? Pourquoi moi ensuite ? Et surtout, pourquoi maintenant ?
– J’ai deux possibilités. Celle qui pourrait impliquer que je sois le premier c’est Alix. Elle a réussis à changer quelque chose chez Nova. Ça pourrait venir d’ici. Ensuite, pourquoi toi ensuite, je pense qu’il y a quelque chose qui nous pousse à devenir comme ça. Ou quelqu’un. Et pourquoi maintenant ? Peut-être parce que l’on sait qu’on approche de la fin.
– M’attendait pas à ça. J’ai quand même une autre question. Qui est-ce qui te contrôle ?
– Aucune idée. Je dirais Leo, ce n’est pas comme les autres où tous agissent en même temps, là c’est comme si il n’y en avait qu’un seul, différent.
– Il te manque encore quelque chose ?
– Oui, je voudrais juste savoir quoi.
– Je crois qu’il y a quelqu’un là-bas. On ferait bien d’aller y voir.
– J’ai l’impression de le connaitre.
– Vraiment ?
– Ouais, mais je ne sais pas qui il est, ni pourquoi je le connais.
– On verra. Ça te reviendra quand tu le verras de plus près. »
J’ai dévalé la falaise comme à mon habitude, en sautant dans le vide et atterrissant lourdement. Chester a choisis de se diriger vers Zhao, enfin ce qui devait être Zhao. J’ai rejoint celui qui rodait autour du point. J’ai approché de l’homme, il s’est retourné me regardant dans les yeux. J’ai pris peur, d’un coup, je me suis effondré, reculant à ne vitesse affolante, je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. Mon adversaire est par contre parti aussitôt.
« Hey ! Leo, qu’est-ce qu’il se passe ? fit Chester qui revenait.
– Je ne sais pas, j’ai eu peur de lui, mais je ne maitrisais pas ce que je faisais.
– Toi peur ! Ça m’étonnerait.
– Pourtant si, qu’est-ce qu’il m’arrive ?
– Tu commences à perdre espoir ?
– Ne parles pas de malheur, fis-je me relevant, pas de Zhao ?
– Non, juste une sorte de capsule vide.
– Une capsule vide ? Qui pourrait bien voyager avec ce genre d’appareil ?
– Quelqu’un qui ne saurait pas voler.
– Laisse-moi aller voir. »
Je me suis rendu sur place. La capsule était ronde, avec la moitié vitrée. Elle était ouverte, mais rien n’indiquait le chemin pris par son occupant. Cette technologie me paraissait connue, mais j’avais du mal à me remémorer. J’ai approché ma main de l’engin, il s’est mis à vibrer, comme une ombre flottante.
« Chester !
– Qu’est-ce qu’il y a ?
– Regarde » fis-je approchant ma main une fois de plus, plus près, alors que ma main commençait à laisser jaillir des petites particules bleues.
« OK, d’où ce truc à un rapport avec Nova ?
– Qu’est-ce que j’en sais ? J’entends qu’Adam, pas Nova pour l’instant.
– Ok. L’idée serait de remonter les souvenirs de Nova. Peut-être que l’on trouverait quelque chose.
– Si je pouvais y accéder. »
Nous avons passés le reste de notre journée à chercher Zhao, sans succès. On s’est arrêté toujours dans notre foret lorsque la nuit est tombée. J’ai réussis à dormir, contre toute attente. Je me suis laissé porter dans mes rêves, pas si certains que ce n’était que des rêves. « Qu’est-ce que, où est-ce que je suis… Paris… » Je me suis retrouvé une fois de plus sur ce toit, à vouloir sauver Clarisse. J’ai regardé autour de moi, il y avait une présence en plus cette fois-ci.
« Il y a quelque chose qui ne va pas Adam ?
– Taigon ? Comment ?
– Qu’est-ce qui te fait le plus peur Adam ?
– Je… Virginie…
– Tu as peur de la perdre, n’est-ce pas ? Pourtant tu sais qu’elle est forte, que peu de choses peuvent l’arrêter.
– Qu’est-ce que tu veux me faire comprendre ?
– Tu dois chercher d’où vient cette douleur pour la guérir. Elle t’affaiblit, mais je suis là pour t’aider mon ami.
– Pourquoi cet endroit ?
– Je ne sais pas, un bon endroit pour éveiller ta peur.
– Mais ce moment a été réécrit !
– Alors ne manque pas à le garder comme il est, dit-il disparaissant. »
Je me suis précipité sur elle, la sauvant comme la fois dernière, puis tout s’est effacé. Je suis revenu quelques instants plus tard, sous l’apparence de Leo, dans la salle où j’ai trouvé Sieg la première fois.
« Et maintenant, qu’est-ce qui fait peur au grand Kryssen ?
– Sieg, mon plus vieil ami. Si je le perds, je meurs avec lui.
– Tu ne penses vraiment qu’à toi !
– C’est mon côté démoniaque qui veux me sauver avant les autres.
– Et ta jolie femme ?
– Comme Adam, Nikki est puissante, pourquoi aurais-je peur de la perdre, sauf en cas d’urgence.
– Pourtant c’est déjà arrivé. N’est-ce pas ?
– C’est du passé, si elle a pu se laisser avoir c’est parce qu’il manquait une partie de son âme.
– Pourquoi tu essaie de l’éviter ?
– Eviter quoi ?
– Qui plutôt. Mais ce n’est pas important, apparemment, c’est plus encré que ce que je pouvais l’imaginer.
– Qu’est-ce que tu essaie de me faire voir ?
– Une seconde.
– Puis, pourquoi ma rencontre avec Sieg, ça n’a aucun sens ce n’est pas une peur… »
Il s’est violement retourné, le chronosceptre à la main pour le lancer sur celui qui s’approchait. Je suis reparti une fois de plus. Avec Toshiie cette fois-ci. Tout brulait autour de moi, j’ai levé les yeux vers le ciel, j’ai vu l’immense colonne de lave du Styx.
« Un sauve, l’autre protège. Un s’épuise, l’autre martyrise.
– Qu’est-ce que tu cherches ?
– À comprendre. Je suis dans le même cas que toi. Je n’y comprends rien, j’ai juste la conviction que je peux t’aider.
– Adam est meilleur que moi. Il épargne les vies pour les sauver. Je me sens obligé d’en supprimer pour sauver les autres.
– Intéressant. Toi alors, quelle est ta peur ?
– Que l’enflure qui se tient au-dessus détruise le monde.
– Bien, voilà quelque chose qui peut te faire réfléchir. Tu te sens mauvais, mais au fond Toshiie n’est qu’une parfaite fusion d’Adam et Leo.
– Tu insinuerais quoi ?
– Que même si Leo est mauvais dans le fond, Toshiie est quand même dominant sur les deux. Chacun tire sa nouvelle puissance de lui. Au final, aucun n’est bon ni mauvais parce que Toshiie fait que l’un avec l’autre vous êtres équilibrés.
– C’est bon, où faut que j’attende que mon histoire change entièrement.
– Tu peux, je t’en prie. »
Il s’est envolé, traversant toute la longueur du Styx pour rejoindre la sortie. Encore une fois j’ai disparu lorsque je me suis attaqué à Akziel.
« Ça ne sert plus à rien, on a déjà fait le… Nova.
– Ah ! Voilà, là on arrive à quelque chose d’étrange.
– Je vais t’en foutre de l’étrange, ça va pas te plaire.
– Tu veux bien arrêter de bouger ?
– Pourquoi tu ne m’as pas mis devant une de mes peurs ? Ça ne fait aucun sens !
– C’est toi qui n’a aucun sens mon ami, mais si tu le souhaite.
– Quoi ? Alix ? Tu n’aurais pas pu trouver mieux que ça ? Y’en a des bien pires !
– Oui, mais si je te les mets devant les yeux, ça n’a aucun intérêt. Déjà, pourquoi est-ce qu’Alix te faisait peur.
– Pas Alix, le fait qu’elle ne veuille pas me laisser récupérer Nikki. Alix ne sert tellement à rien.
– Je n’aurais pas vu les choses comme ça, apparemment, quelque chose échappe au grand Nova.
– Je me souviens de la mort de Jessica. J’avais une semaine pour trouver un moyen de me mettre en stase. Quelqu’un était venu tuer celui qui devait tuer Jessica, mais il ne l’avait pas sauvée. Il s’appelait Toshiie. Je n’ai jamais compris pourquoi le tuer lui et pas sauver Jessica. On était sur une autre planète, Onyx je crois. Je me suis enfui, cherchant un moyen de quitter la planète sans dangers. J’ai trouvé cette capsule ouverte, personne pour la diriger et j’ai volé jusqu’à la Terre. Je suis arrivé dans cette forêt, j’ai marché pendant un moment sans savoir où aller, je cherchais une brèche dans la terre pour rejoindre les ancestraux. Puis je suis tombé sur un homme, une personne assez étrange. Il a voulu m’affronter, alors j’ai accepté son défi. J’étais persuadé de pouvoir le tuer, mais c’est lui qui a presque réussis à me tuer. J’ai réussis à fuir, je ne sais même pas comment. Je n’ai aucun souvenir entre ce moment et le jour où on m’a ramené.
– Alors c’est ça. C’est Nova qui provoque cette faiblesse.
– Si je meurs, l’univers va sombrer dans le chaos, c’est normal que ma mort me fasse peur.
– Mais à ce point. Et c’est lui que tu as rencontré dans la forêt. Bien. Le Nova fragile.
– Tu m’énerves, répondis-je le regardant droit dans les yeux.
– Je sais. Mais tant que je ne saurais pas comment m’assurer que ça ne reviennes pas tu vas devoir me supporter.
– Ben voyons.
– Je vais te libérer, tu le sauras quand j’aurais trouvé le moyen de faire craquer ta petite âme. Au plaisir. »
Je me suis réveillé en sursaut, comme d’un cauchemar. Chester était déjà réveillé. Il avait trouvé quelque chose à manger et l’avait préparé en attendant que je me réveille.
« Tu sais que tu me fait peur à dormir comme ça.
– Vraiment ? Faut pas. Je suis comme tout le monde, je crois.
– Non, je ne pense pas. Bon, pendant que tu n’en finis pas de bouffer, on part toujours chercher Zhao ?
– Tu vas chercher Zhao, j’ai quelque chose de plus personnel à faire.
– Du genre ? Supprimer le seul mec qui te fout une trouille bleue ? dit-il en riant.
– Très drôle Chaz. En attendant, j’y vais, on se retrouve quand tu as trouvé Zhao.
– Comme tu voudras. »
Le soleil venait tout juste de se lever. Ses rayons donnaient l’impression que la forêt brulait. Je suivais mon instinct pour le retrouver. J’ai marché pendant deux heures peut-être quand j’ai atteint une sorte de camp, légèrement en dessous de ma position. J’ai changé d’apparence soudainement pour retrouver celle d’Adam. Je suis descendu jusqu’aux maisons, essayant de ne pas trop faire de bruit. Il y avait de l’agitation dans la zone, mais aucun moyen de savoir quoi. Je me suis avancé doucement, me cachant derrière les bâtisses pour observer. En premier j’ai aperçu une horde de zombies suivant un homme avec une veste noire. Ensuite j’ai pu voir que c’était celui que je cherchais. « OK Nova, c’est pas le moment de faiblir, on peut se le faire. » Je me suis retourné vers lui, mais il était déjà parti. « Merde ! » fis-je au moment où je me suis décidé à le suivre. Je filais ses alliés puisqu’ils le suivaient à la trace. Je me suis demandé qu’est-ce qu’il recherchait, mais à vrai dire, sa mort m’intéressait plus que son objectif. Lorsque je suis sorti du camp, j’ai commencé à m’attaquer à la troupe qui suivait mal, pour éviter qu’elle alerte les autres si elle me voyait. J’ai supprimé le dernier en lui plantant ma lame dans la tête, avec l’avoir couché en lui frappant les pieds. J’ai repris mon élan et j’ai commencé à courir pour m’attaquer à une chose que je voyais comme un chef de meute. J’ai de nouveau changé d’apparence pour celle de Leo. Il s’est rapproché de lui, lui tapant sur l’épaule pour qu’il se retourne. Il s’est aussitôt téléporté devant lui, attendant qu’il le regarde puis l’a frappé dans la tête pour le sonner. Il l’a pris par le col, du moins ce qu’il en restait pour le relever.
« Qui est ton chef ?
– Qu’est-ce que ça peut te faire ?
– Parce qu’en plus ça parles ? Qu’est-ce qu’il veut ?
– Il cherche une personne qui était avec toi dans la tour.
– Zhao ?
– Qu’est-ce que j’en sais, je suis juste là pour tuer ceux qui s’opposent à nous. Troupe !
– Décimée ta troupe. Pourquoi est-ce qu’il la recherche ?
– Une grande menace pour notre capitaine.
– Bah voyons, dit-il le laissant tomber.
– Tu ne le vaincras jamais.
– Si tu le pense. »
Toujours avec la même cible, j’avançais tranquillement même si je me demandais comment Taigon réussirait à briser la peur de Nova. Je n’avais pas spécialement prêté attention au visage de mon ennemi, trop préoccupé par la violente peur que m’avait infligé Nova. Je trouvais étrange le simple fait que ce soit son approche de la mort qui l’effraie. Il devait y avoir plus que ça. Je continuais mon chemin, supprimant toujours plus d’infectés pour réduire sa défense. Au bout de dix minutes de marche et une centaine de zombies à terre, un nouveau météore vint se crasher et gelât tout autour de lui.
« Chester ! dit-il alors que ma cible fuyait.
– Désolé, je n’y suis pour rien.
– Essaie de me suivre, mais loin ! »
J’ai pris en chasse ma cible qui fuyait comme un lâche après l’arrivée brutale de Chaz. Je sentais que Leo voulait partir, j’avais du mal à avancer droit et à voir correctement. Je l’ai poursuivi, jusqu’à ce qui semblait être sa base. J’étais caché derrière un arbre, essoufflé de ma course et me demandant comment j’allais entrer et si Taigon n’allait pas tout me changer d’un coup. Je me suis décidé à passer par le portail et faire ça comme une brute. Je m’y suis avancé, mon chronosceptre à la main. J’ai éliminé les deux gardes en un coup de foudre et ai continué mon chemin. Je sentais que je déchantais, j’avais de plus en plus de mal à savoir que je faisais. J’ai réussis à supprimer une grande partie de ceux qui se trouvaient dans la base avant qu’il ne se décide à sortir de sa garnison. Il s’était équipé d’une armure sous sa veste noire, comme s’il avait peur de Chester peut-être. « Pas maintenant ! » dit-il alors que l’autre prenait la fuite. Je l’ai poursuivi jusqu’au camp d’entrainement de la base, il s’y est stationné en plein milieu. J’étais devant la porte, toujours fébrile sans même savoir pourquoi. Mes apparences se confondaient, comme si aucun n’avait le contrôle des autres. « Ta fin est proche ! » fit mon adversaire qui s’amusait de voir ce qu’il se passait.
« Pas maintenant Nova !
– Faut que je me calme ! »
J’ai été pris par une vision, j’y voyais une fille blonde, entourée de zombies. Je n’y suis resté que quelques secondes, je suis revenu sous la forme de Nova, plus calme que jamais.
« Qu’est-ce que tu protège ici ?
– Tu t’es décidé à agir ? Bien.
– Je sais que tu caches quelqu’un ici, dit-moi ou je te promets de faire souffrir.
– Et puis quoi encore ? Me tuer ! dit-il essayant de m’attaquer à distance. Quoi ?
– Il te reste dix secondes, neuf, huit…
– Ça te ne regarde pas ! répondit-il continuant de m’attaquer.
– Sept, six…
– Ok ! Ok. On fait des expériences sur les humains, on avait besoin de cobayes alors on a pris ceux qui voulaient bien s’y prêter.
– Pourquoi les enfermer avec des infectés ?
– Pour savoir s’ils sont capables de transmettre leur infection.
– Ça fait du sens.
– Recule !
– Mais oui ! dis-je le propulsant contre le mur avec mon canon. Bon, je te laisse le choix, sois je te laisse souffrir tout de suite, sois j’abrège tes souffrances.
– Achève-moi.
– Tu rêves oui. Au plaisir.
– Il va te faire souffrir, tu vas mourir ce soir Nova.
– Faudra m’affronter en premier, fit Chester qui vint l’achever.
– Tu aurais dû le laisser payer, au moins il aurait compris.
– Qu’est-ce que tu cherches ?
– Il a caché quelqu’un ici, une humaine, non infectée, il faut que je la sauve.
– Nova le sauveur de ses dames, coureur de jupons.
– Tu te fous de moi ?
– Tu sais bien que non, tes conquêtes ne se comptent même plus.
– Je parlais des soldats, tu les as déjà tous supprimés ?
– Oh ! Ouais, c’est fou ce qu’un coup de froid peut faire comme dégâts.
– Il y a quelqu’un ? fis-je entrant dans le bâtiment.
– Oui, venez m’aider je vous en prie. »
Je me suis téléporté aussi tôt dans la salle, supprimant tous les infectés après les avoir ralentis. Au milieu, une demoiselle, blonde avec un tuyau métallique dans les mains.
« Alix ? Mais qu’est-ce que…
– Nova ! fit Chaz qui entrait dans la pièce. Génial on est revenu au point de départ.
– Je vais le lui faire payer ! dit-il alors que Phoenix était revenu.
– Nova, qu’est-ce que je fais ici ?
– La question est plutôt, qu’est-ce que tu fais dé fusionné de Virginie ?
– Comment c’est possible d’ailleurs ? demanda Chaz.
– Je ne crois pas que ça le soit.
– Tu n’as pas trop le choix de le croire Leo, fit Sieg dans ma tête.
– Chaz, retrouves Zhao, Alix viens avec moi.
– Nova ! Qu’est-ce qu’il se passe ?
– Bon ! dit-il posant sa tête contre le mur. Le fils d’Akziel réside dans cette forêt, il cherche comme tous les autres à me tuer. D’un côté, il a réussis à débloquer ça ! Toute ma rage en une apparence. Ensuite, il a eu la chance de trouver le moyen de supprimer la fusion des êtres, voilà pourquoi tu es ici. Maintenant Virginie se retrouve certainement en quelque part dans cet endroit, vulnérable car incapable d’utiliser Nikki.
– Mais…
– Toi non plus, et je n’ai aucun moyen de vous faire fusionner à nouveau.
– Tu veux dire que tu vas perdre ta femme, à nouveau ?
– Mais oui, c’est brillant comme idée ça Nova ! Mademoiselle, je te prierais de me suivre, j’ai une demoiselle perdu quelque part dans les parages. »
Lorsque Phoenix est revenu, j’ai ressenti une énergie assez étrange. J’ai voulu y aller, je n’avais pas grand-chose à craindre de ça après tout.
« Une minute, dit-il arrêtant Alix.
– Tu veux que je te dise quelque chose Nova ?
– Ça à l’air assez important, alors oui, vas-y.
– J’ai passé pas mal de temps dans la tête de ta copine, même à sa place, je n’avais pas l’impression d’être à part d’elle. Mais, j’ai remarqué l’attention qu’elle te porte. C’est vraiment étrange, on a l’impression qu’elle donne plus d’intérêt à ta vie qu’a la sienne. C’est comme si sa mort ne lui faisait pas peur…
– Elle a toujours eu plus de courage que moi, elle a toujours porté plus d’espoir en moi que je ne pouvais le faire. Elle comme Sieg sont ceux qui ont fait que je suis ce que je suis et où je suis.
– Et moi aussi je t’aime, même si je n’ai pas trop la possibilité de te le montrer.
– Je me demande si tu changes quelque chose à la personnalité de Virginie ?
– Si tu savais…
– Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
– Comment tu comptes nous fusionner à nouveau ?
– Jessica, mais n’essaie pas de changer de sujet.
– Tu as remarqué une différence dans sa personnalité ?
– Non… Pourquoi ?
– Si j’arrive à me connecter avec elle je pourrais supprimer le côté trop fragile de Virginie.
– Hum…
– Ça n’a pas l’air de t’intéresser.
– À vrai dire non, c’est plutôt le côté fragile de Nikki qui est apparu après son retour qui me déplait.
– Je dois pouvoir le faire, mais ça prendra du temps.
– Prend le temps qu’il te faudra. En attendant il faut sauver Virginie.
– Tu veux que je reste ici ?
– Non, viens avec moi. J’aurais besoin de toi. »
J’avais une sorte de frayeur, j’avais peur que quelqu’un s’en prenne à elle. Je continuais toujours ma marche, vers cette source d’énergie qui m’attirait violemment. Nous sommes arrivés dans une zone où tous les arbres avaient été couchés, par une force mystérieuse. Au centre se tenait une fille apeurée, mais qui arrivait à tenir en haleine la vingtaine d’infectés qui lui tournait autour. J’ai fait signe à Alix me m’attendre ici tant que la menace était présente, puis j’ai avancé jusqu’à eux, tranchant en deux celui qui se trouvait juste devant elle. Elle ouvrit ses bras qu’elle avait mis devant ses yeux pour ne pas assister à sa mort pour me voir. J’avais du mal à savoir si c’était de la peur ou de la fascination que je voyais dans ses yeux. J’ai regardé à l’opposé, commençant à libérer ma fumée pour effrayer ceux qui restaient. J’ai retourné mon regard vers elle, m’imposant au milieu de ce brouillard, ma faucille dans la main droite, prêt à me défendre contre tout assaillant. Quelque secondes plus tard, elle jetait dans mes bras, je la tenais avec le seul bras de libre.
« Ne me laisse plus jamais toute seule.
– Comment tu as fait pour les retenir ?
– Je ne sais pas, peut-être Nikki ?
– Impossible, tu as été dé fusionné d’Alix.
– Quoi ?
– Tu n’as aucun moyen de te défendre, Nikki est inactive tant qu’elle n’aura pas retrouvé son autre moitié.
– Je…
– Je dois vous fusionner à nouveau, mais cette fois-ci Sieg ne pourra pas le faire.
– Qu’est-ce que tu veux dire par là ? demanda Alix.
– Je peux vous faire fusionner, mais cette-fois ci il faut qu’une des deux disparaisse à jamais. C’est une sorte de sort que Jessica avait donné à Nova pour qu’il puisse donner son héritage s’il devait mourir. Elle marchera pour vous parce que Virginie la porte.
– Oh…
– Laquelle tu choisirais d’entre nous ? demanda Virginie.
– Je ne peux pas choisir, seul le sort peut choisir. »
J’ai hésité quelques instants, je me demandais si ça valait vraiment le coup de faire cette fusion. Puis mon dragon est arrivé et m’a indiqué l’emplacement le tour, ainsi que celle de Zhao et Chester.
« J’accepte, fit Virginie, même si Alix doit prendre ma place, j’accepte de faire la fusion.
– Mais…
– Moi aussi, je suis d’accord. »
Je me suis tourné vers mon dragon, il me fit un signe de la tête, comme pour me confirmer que je devais le faire et m’affirmant qu’il les ramènerait à la tour pour qu’elles soient en sécurité pendant la fusion. J’ai sorti l’écrin dans lequel i y avait deux gélule, que j’ai donné aux deux filles. J’ai fermé les yeux une secondes et Ashal-Zar les avait déjà emportées. Eva est apparu devait moi quelque secondes plus tard.
« Eva ? Mais, qu’est-ce que tu viens faire ici ?
– Je t’avais dit que je reviendrais.
– Pourquoi maintenant ?
– Tu as réussis à combattre la peur de Nova, à surpasser la tienne, il est temps de te montrer ce que tu es vraiment. »
Elle fit renaitre tous ceux que j’avais que j’avais tué depuis le retour de Leo. J’ai senti quelque chose d’immense grandir en moi. Une force qui arrivait à faire frissonner ma peau rocailleuse.
« Tu ressens la peur qu’il ont, la crainte que tu leur inflige ? La voilà ta vraie force, tu es l’image de la peur elle-même, la représentation de leur peur grâce à ta rage. Un seul visage qui incite la peur du monde, une puissance démesurée à la condition que tu sois avec tes frères.
– Mes frères ?
– Chester est l’âme froide, il a le contrôle de tout autour de lui. Zhao est la voie des esprits, il est invincible et ne crains rien. Mais attention, si ces formes ont une puissance exceptionnelle, elles n’apparaissent que dans des cas exceptionnels.
– Si je pouvais avoir Akziel sous la main.
– Plus tard, pour l’instant quelqu’un d’autre doit faire face à vous.
– Pourquoi est-ce que je suis aussi calme ? dit-il alors qu’il jouait avec des particules entre ses doigts.
– Parce que tu n’as aucune raison d’être en colère, ta rage est ton apparence.
– Il faut que j’y aille, répondit-il après avoir posé un portail, je ne veux pas qu’il devienne une menace.
– Alors va, que l’espoir de l’humanité guide tes pas. »
J’ai rejoint mes deux frères qui se tenaient devant le château. Zhao avait perdu ses pieds, il était devenu une sorte de corps énergétique. Des roches formaient les contours de son corps, mais tout s’arrêtait à sa taille.
« Vous êtes certain que c’est ici ?
– Sauf si ton dragon s’est trompé, répondit Chester.
– Alors on y va !
– Attends ! Tu ne nous explique même pas pourquoi on est comme ça ? Ni ce qu’on fait ici ? fit Zhao.
– Bien. Vous êtes ici à cause de Nova. Si je comprends tout, avant sa “mort”, il aurait programmé l’horloge pour qu’on soit comme ça. Tout ça à cause de celui qui réside ici. C’est le fils d’Akziel, personne ne connait vraiment son nom. Vous êtes comme ça parce que ce sont les seules formes capables de supprimer ce monstre. Il aurait dû être l’héritier des pouvoirs de Nova. Ça vous va ? C’est assez pour qu’on puisse le démonter ?
– Moi ça me conviens.
– Qu’est-ce qu’on attend alors ? » demanda Chester.
Nous nous sommes engouffrés dans ce manoir, il n’y avait pas grand-chose à l’intérieur, à part une grande arène et un trône devant nous.
« Bienvenue chez vous mes amis. Bienvenue dans votre tombeau. Je me présente, je suis Sônan. Fils du grand Akziel.
– Grand ouais, dit-il alors qu’il faisait le tour de l’arène.
– Leo ! Je savais que tu reviendrais. Tu as changé dit donc.
– Toi par contre, tu es toujours aussi laid qu’avant.
– C’est vexant ça ! Je pourrais le prendre mal tu sais.
– Alors prend le mal, qu’on en finisse.
– Oh, j’aimerais tester tes acolytes si tu me le permets.
– Fais-toi plaisir. »
Chester était le premier visé, attaqué par une dizaine d’infectés. En une seule seconde, il avait gelé ses adversaires et une zone autour de lui. Il s’est appuyé contre l’un deux, regardant Sônan d’un air narquois.
« T’as pas mieux ?
– Bon, puisque vous avez l’air de vous amuser. Voyons ce que les autres valent. »
Il en envoya vingt de plus sur Zhao, ils lui passèrent tous à travers, sans même qu’il ne bouge. Il les fit léviter pour en faire sortir une étrange vague bleue qui vint rejoindre son corps.
« Bon, puisque vous le prenez comme ça, c’est moi qui vais vous supprimer moi-même.
– Tu me néglige ? Même tu me teste ?
– A quoi bon ? Je sais que tu vas perdre. Essayez de m’attraper, si vous en avez le courage ! dit-il explosant la porte pour fuir.
– Je le rattrape, fit Zhao, retrouvez-moi là-bas.
– Tu penses pouvoir le pister ?
– Forcément.
– Il faut que tu lui brise son cœur, sinon jamais je n’arriverais à le toucher.
– Alors suis Zhao du mieux que tu peux, tu aurais cinq secondes après que je l’ai atteint pour l’endommager.
– C’est parti ! »
J’ai décollé aussitôt, suivant au mieux le trajet que suivait Zhao. Même en volant je ne pouvais pas en rattraper un seul, ils étaient beaucoup trop rapides pour moi. J’ai survolé la forêt en quête de mon frère, pendant une dizaine de minutes, puis mon dragon est venu me rejoindre. Je suis monté sur son dos pour profiter de sa vitesse supérieure. On a volé encore une bonne demi-heure avant que Zhao ne me signale sa position. J’ai entendu la téléportation de Chester et le choc entre lui et Sônan. J’ai entamé ma chute dans cette fumée noire qui me suivait presque tout le temps. Ma main gauche a été la première à le toucher pour arrêter ma chute. Je voyais son armure se craqueler sous mes doigts qui s’y enfonçaient. Sa peau commençait à blanchir alors que le soleil se couchait derrière moi.
« Je n’en vaux pas la peine c’est ça ?
– Je me doutais que tu essaierais de me retrouver.
– Et ? Qu’est-ce que tu vas faire ? Essayer de me tuer ?
– Mon père ! Il saura te faire regretter ma mort, sois en sûr !
– Je n’ai pas peur de lui, pas plus que de toi ou des autres qu’il a pu envoyer me tuer. Je mettrais fin à cette guerre interminable.
– Mais tu ne te doute de rien. C’est super.
– De quoi est-ce tu parles ?
– De la fin ! La lune noire annoncera la fin !
– Tu deviens dingue mon pauvre.
– Tu crois ? Alors tu te perces de désillusions, c’est beau, le plus grand ennemi qui ne sait rien !
– Qu’est-ce que tu racontes ?
– Rien, mais tu verras, dit-il alors qu’il ne lui restait presque plus de vitalité, et tu le regretteras !
– Tu c’est que tu ne survivras pas !
– Pas besoin, tout est déjà fait ! L’aube ne se lèvera plus jamais ! »
J’ai continué à planter mes doigts dans sa poitrine alors que le corps de Zhao absorbait le corps translucide qui en est sorti. J’ai lâché son corps au sol, puis Chester est venu nous rejoindre.
« Combien de temps on va rester comme ça ?
– Ça ne devrait pas rester très longtemps.
– Qu’est-ce qu’il voulait dire avec sa lune ? demanda Zhao.
– Qu’est-ce que j’en sais ?
– Ça ne me plait pas, tu le sais ?
– Pourquoi il disait “l’aube ne se lèvera plus jamais” ? Qu’est-ce que ça veut dire ?
– Quelque chose de mauvais pour nous ?
– Forcément, sinon il aurait oublié ce sourire narquois.
– Ah ! Je me sens mieux, je vous laisse, maintenant que j’ai retrouvé ma forme, fit Chester.
– Je me souviens d’une gravure qu’Akziel laissait souvent derrière lui, elle disait “Cruelle lune, apporte la fin. L’aube ne s’élèvera plus jamais”. Je n’ai jamais réussi à comprendre pourquoi il disait ça.
– Ça a forcément un sens, ça t’était destiné ?
– Je le voyais uniquement quand il me forçait à attaquer, pas ailleurs.
– Alors ça n’annonce rien de bon.
– C’est bon, je crois que c’est fini.
– J’y vais, je crois que j’ai mérité mon repos.
– Vas-y, on se verra plus tard. »
J’ai regardé quelques secondes autour de moi, mon dragon s’est approché pour réclamer de l’attention. Puis il s’est envolé et j’en ai fait de même pour rejoindre la Tour. Je voulais retrouver Virginie ou Alix, celle qui était encore là, mais le premier que j’ai trouvé c’était Sieg.
« Oh, Leo. Comment on se porte ?
– On essaie, tu n’aurais pas vu Virginie, Alix, Nikki ?
– Si, Virginie et Alix.
– Où est-ce qu’elles sont ? Toi à toujours répondre sans dire ce qu’on veut.
– Ouais, je sais. Elles sont parties toutes seules dans la nouvelle tour de Paris.
– Quoi ? Mais tu n’aurais pas pu me le dire plus tôt ?
– Je ne pensais pas que c’était si important. Je ne pense pas qu’elles craignent grand-chose.
– Pourquoi tu les as laissées partir ?
– Elles voulaient te prouver que tu peux avoir confiance en elle, qu’elles peuvent faire quelque chose sans toi.
– Alors qu’elles n’ont aucun moyen de se défendre, c’est comme lancer au suicide.
– J’aurais dû les retenir ?
– Oui, bon, où elle est cette tour ?
– Tu ne pourras pas les rejoindre.
– Quoi ? Tu n’es pas sérieux ?
– Si, la tour n’accepte que deux personnes extérieures. Personne ne pourra y enter à part elles.
– Même si elles fusionnent, il n’y en aurait plus qu’une ?
– Deux seront rentrées quand même. Désolé.
– Merde ! Pourquoi il faut toujours qu’elles en fassent qu’à leurs têtes ? fis-je alors que je le dirigeais vers la rambarde.
– Elles pensaient bien faire, je pense.
– Je ne peux pas me permettre de les laisser comme ça. Je n’ai pas envie de les perdre. Aucune des deux.
– Leo fragile !
– Fous-toi de moi Sieg. Tu serais content si j’avais laissé Sia mourir ?
– Je t’aurais massacré !
– Alors comprend moi, je t’en prie. Ce n’est pas que Virginie que je perds, aussi Nikki, Jessica, Alix…
– Je vais chercher un moyen de rentrer sans tout exploser.
– Tu penses vraiment trouver un moyen ?
– Ouais, ça ne devrait pas être trop dur.
– Merci. Je te revaudrais ça. »
J’ai commencé à tanguer, j’avais du mal à tenir debout. Ma vue s’est troublée, mes anneaux Chronographique sont apparus autours de mes bras pendant une dizaine de secondes.
« Est-ce que ça va ? demanda Sieg.
– Ouais, ouais ça va. Je…
– Leo ?
– En fait, non… » fis-je alors que je m’évanouissais.
Certaines fois, on porte tellement de confiance en une personne que penser une seconde qu’on peut la décevoir est une torture. J’étais dans ce cas-là. J’avais rencontré la personne la plus adorable de la Terre. Je ne pouvais rien y reprocher, à part le fait qu’il m’aimait. Je pensais que l’attirance que j’avais pour lui, l’amour que j’avais pour lui était un problème. Pire, un fardeau. Alors j’ai voulu lui prouver qu’il avait raison de m’aimer en retour, mais est-ce que ça en valait la peine ? Est-ce que ça valait la peine que je me mette en danger pour lui ?
Alix. 2014
Mercredi 7 mai 2014, où est-ce que j’étais ? Bonne question, la seule chose dont je me souvenais c’est ces anneaux autour de mes bras. Ensuite, plus rien, le vide. Quand je me réveille, si je me réveille, je n’y vois strictement rien. Pourtant je sais que je suis en vie, j’arrive à en vouloir aux filles d’être parties sans moi. Pertinent non ?
Je n’y comprenais rien, j’étais dans une stase, certainement dans le labo de Sieg et je me sentais vide, comme si toute mon énergie était partie. Pire, comme si toute mes âmes m’avaient quitté. C’était une étrange sensation que j’avais et je ne savais pas quoi faire, puisque je ne pouvais strictement rien faire.
« Ah, te voilà. Bon retour parmi nous Adam.
– Qu’est-ce que, pourquoi ?
– Dans mon labo, dans une stase. Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Apparemment Akziel à trouve le moyen de modifier la genèse des hommes. Une sorte de créature chronophage, peut-être polymorphe aussi.
– Qu’est-ce que tu me raconte ?
– Akziel a posé une nouvelle tour, à Paris. Il l’a annoncé comme le plus grand challenge du monde et a invité tous ceux qui voulaient le tuer à y rentrer. S’il y’a une logique, il a mis dans ce truc, un truc, qui serait capable de contrer tous les pouvoirs. Tu me suis ?
– Comment veux-tu ?
– Exactement. Dans un sens, deux filles sans pouvoirs, qui savent se battre, tu penses qu’elles s’en sortent ?
– Laisse-moi sortir !
– Tu rêves. Pas tant que tu es dans cet état. Je voudrais débloquer Phoenix, il pourrait te remettre en état.
– Tu ne pourras pas.
– Ouais je sais, mais je n’abandonne jamais. Désolé, mais je crois que tu vas te faire chier encore un moment.
– Endors-moi.
– Quoi ? Désolé je ne t’écoutais pas.
– Ne me laisse pas comme ça, endors-moi, que j’arrête de souffrir.
– Mais j’ai besoin de toi éveillé pour tester Phoenix !
– Rien à foutre.
– Bon, à vos ordres. Monsieur le chiant ! »
Je m’épargnais la douleur, mentale et physique. Je suis resté quelques secondes dans le noir, puis mes yeux se sont éclaircis. Je n’étais plus dans le labo, mais dans une pièce remplie de lumière. Un style futuriste, un peu comme la citadelle. Je ne voyais pas mon corps, mais j’arrivais quand même à me déplacer.
« Qu’est-ce que c’est ? Où est-ce qu’on est ?
– Pas la citadelle, ça se saurait. La nouvelle tour ?
– Alors comment on a atterri ici ?
– Qu’est-ce que j’en sais moi ?
– Attends, ça ne serait Alix là-bas ?
– Si, mais tu as une idée de comment les rejoindre ?
– Essaie de traverser les murs, on a l’air d’être un fantôme. »
J’ai avancé, passé les murs qui me séparaient d’Alix. J’ai essayé de lui parler, mais elle ne m’entendait pas. Je l’ai suivie, une ou deux minutes puis j’ai changé d’environnement. J’étais sur une sorte de place qui surplombait une rue où la population affluait. Je regardais les gens passer et repasser. Au bout d’un moment, j’avais l’impression que tout le monde se ressemblait. Pourtant je n’arrivais pas à déterminer qui étaient ces personnes. Je changeais d’état assez souvent. Je me réveillais toutes les dix minutes à peu près, j’entrevoyais Sieg trainer dans son labo, puis je repartais, toujours aux côté d’Alix.
« On est vraiment dans un sale état.
– Je ne te le fait pas dire. Mais toi encore tu n’as pas le côté mauvaise gueule de bois.
– Non, bien heureusement.
– T’es un salaud en fait !
– Ça t’étonne tant que ça ?
– Pas vraiment non. Tu crois que j’ai quand même le pouvoir d’agir ?
– Aucune idée, pourquoi cette question ?
– Si Alix se trouve en danger. Je sais que Virginie sais se battre, mais pas elle.
– Ça pourrait devenir un problème effectivement. »
Je suis revenu une fois de plus sur cette place. Les passants m’obsédaient. Je voulais savoir qui c’était, mais, c’était impossible, comme si je ne pouvais plus acceder à ma mémoire. Quelques minutes plus tard, j’entendais Sieg qui voulait me réveiller. Un peu après j’étais dehors avec Emeline.
« T’es obligé de sortir à moitié nu ?
– Je ne décide pas d’être comme ça dans la stase. Pourquoi, ça te pose un problème ?
– Non, c’est juste que… Tu sais ce que je pense de toi, puis avec cette peau… »
J’avais le teint pâle, gris même. Ma peau se nécrosait par endroit. J’approchais de la mort, si tenté qu’elle existe.
« Ce n’est pas très beau à voir je sais. Pourquoi as-tu demandé à me voir ?
– J’ai l’impression qu’il m’attire vers lui, comme s’il avait besoin de moi.
– Akziel ?
– Qu’est-ce qu’il me veut ?
– Besoin de toi n’est pas le mot. Quelque chose que tu n’as pas encore.
– Comme ?
– Tu es la fille de Sieg après tout. Dans un sens, sans Sieg je suis mort, d’un autre, ton hérédité doit te donner des capacités qu’il convoite peut-être.
– Ça me fait peur.
– Faut pas, dis-je m’approchant d’elle pour la serrer dans mes bras.
– Tu es froid Adam.
– Je crois que même mon cœur ne me sauvera pas cette fois.
– Je n’ai pas envie de te perdre, je ne veux pas que tu partes.
– Je ne partirais pas, Sieg ne me laissera jamais comme ça. »
Chez elle aussi, il a y toujours quelque chose qui me fascinait dans son apparence. Je ne sais pas si c’est ces cheveux aux reflets rouges, son teint pâle, ou le tout. Elle faisait partie de ces quelques personnes que j’admirais physiquement, parce que j’ai toujours porté un certain attrait au physique des femmes.
« Je peux y retourner ? Ce n’est pas que je n’aime pas être avec toi, au contraire. Mais si tu ne veux pas que je parte…
– Oui, vas-y. Je peux faire quelque chose pour toi ? En attendant que tu ailles mieux ?
– Si tu peux envoyer un message à Alix, lui dire de faire attention à elle.
– Ça sera avec plaisir. »
La stase, de nouveau. Les mêmes états, encore et encore. Je suis retourné dans la tour avec Alix, je n’avais toujours pas croisé Virginie. Je me suis assis sur un banc, Alix en a fait de même quelques minutes plus tard. Elle commençait à désespérer, puis elle disparaissait. Virginie aussi normalement.
« Je crois que le pire c’est qu’elle ne m’entend pas…
– Tu voudrais la réconforter ?
– J’aimerais tellement, tu me comprends. Elle est à côté de moi, toujours aussi magnifique et moi, je suis incapable d’agir.
– Je te comprends, je crois même que je ressens tes sentiments.
– Alors tu vois à quel point je suis dans le mal. Pas vrai ?
– Faut y croire, Sieg va nous sortir de là.
– Il faut que j’y laisse un message. Tu penses qu’elle a les souvenirs de Nikki ?
– Je l’espère pour toi. »
J’ai enfumé mes poings, puis j’ai commencé à écrire quelque chose sur le sol, aucune idée de que j’y gravais.
« Pas très efficace.
– Tu as une meilleure idée ?
– Peut-être que je peux t’aider ? fit Alexia qui apparaissait devant moi.
– Comment tu arrives à nous voir ?
– Pourquoi j’arrive à te parler et pas à elle ?
– Parce qu’elle est dans le monde réel. Nous sommes dans le monde parallèle.
– Mais comment on est arrivé ici ?
– A cause de la stase.
– Tu pourrais m’allumer ça dans le monde réel ? fis-je lui montrant ma marque au sol.
– Je peux. »
Alix s’est levé au moment où elle l’alluma. Elle est restée devant quelques secondes puis est partie déterminée. J’ai relevé la tête au moment où quelque chose commença à me bruler la poitrine.
« Tout va bien Adam ?
– Alix ! fis-je, me retrouvant et voyant Alix disparaitre.
– Et merde ! »
Malgré la douleur persistante, j’avançais tout droit, sentant la brulure augmenter au fil de mes pas. Je me précipitais, je savais que la fusion venait de terminer, mais qu’il fallait du temps avant que Nikki puisse se réveiller.
« Derrière ce mur Adam !
– C’est facile à dire pour toi, tu vole !
– Laisse Leo ici, je le ferais sortir.
– Je crois que je n’ai pas trop le choix ! »
J’ai traversé le mur, je me suis violemment retrouvé dans le labo de Sieg. Puissant et en pleine forme.
« Laisse-moi sortir !
– Attends, ne casse pas… Bon.
– Dépêche, fis-je faisant apparaitre mes vêtements sur moi, je vais avoir besoin de toi.
– Où est-ce qu’on va ?
– Sur la tour de Paris.
– À vos désirs ! »
Sieg avait ressorti sa mécha armure. Je me suis accroché à l’avion pour le suivre. En à peine cinq minutes on avait atteint Paris. Je me suis propulsé dans le bâtiment, forçant mon entrée, au milieu d’une troupe de soldats avec Lucifer et mon glaive à la main.
« Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que tu fais là ?
– Je n’ai pas le temps pour ça. »
Durant on voyage, Leo avait retrouvé Virginie, ou Alix. Je voyais ce qu’il se passait et je savais qu’elle était en danger. J’abusais de mes armes pour éliminer au plus vite ceux qui étaient à mon étage. Je frappais coup sur coup, le plus d’ennemis possible à la fois. En une minute j’en avais décimé une centaine. Je sentais ma rage monter, aussi la peur qu’elle soit en danger. Leo me faisait parvenir ce qu’il voyait en fractions de visions. Quelque chose me consumait, quelque chose de puissant, d’invincible.
« Hey Adam, content de te voir encore debout.
– Content de te savoir toujours dans ma tête Sieg.
– J’ai apporté quelques améliorations à ton arsenal d’augmenté. Comme des capteurs magnétiques et thermiques. Ils te permettront de voir plus facilement venir les infectés furtifs. J’ai modifié ton bras gauche pour qu’il puisse contenir une charge d’énergie. Comme une grenade de fumée.
– Intéressant. Je peux ou tu vas continuer à casser ma furtivité ?
– Je te laisse, amuse-toi bien.
– C’est ça ouais. »
J’avançais rapidement, abusant de la furtivité de la cape de loup, j’avais déjà croisé plus d’un millier de soldats armés en montant que cinq étages. Pourquoi vouloir défendre cette tour puis, comment Alix et Virginie ont pu s’en sortir ?
J’atteignais enfin l’étage où se trouvait l’une des filles et Leo. Deux options s’offraient à moi, monter à l’étage et attaquer comme une brute ou prendre le couloir en face de moi et y passer furtivement pour étudier la prochaine salle. J’ai opté pour la furtive. J’avais abandonné la cape, trop facile puis trop gourmande en énergie. J’ai supprimé les deux premiers avec mes lames, mais celui de devant m’a entendu. Je me suis caché derrière la porte ouverte pour l’attendre et l’assassiner. Je lui ai volé sa cigarette, puis j’ai avancé vers la grande salle. J’ai tiré une latte au moment où il commençait à me voir.
« Je ne devrais pas me mettre à fumer, fis-je jetant la cigarette par terre.
– Elimination des toxines, fit la voix des augmentations. »
J’ai aspiré le peu de fumée et d’étincelle que le mégot rejetait pour récupérer mon énergie et j’ai repris la cape pour passer au milieu des infectés et des soldats. J’ai surchargé ma fumée pour brûler les infectés et j’ai commencé une chaine avec mes lames pour faire les soldats un par un. « Leo… Nikki ! » J’ai décroché une seconde pour prendre la vision de Leo. J’y voyais une fille bloquée dans un coin, suivie par un gros monstre. J’ai replié tout mon arsenal pour me concentrer sur mes lames et mon nouveau canon pour traverser tous ceux qui se trouvaient sur mon chemin. Ma rage me guidait toujours, aucun de ceux qui s’opposaient à moi ne survivaient, c’était une boucherie. Mes visions continuaient, cette fois-ci il avait capturé la fille, la tenant au-dessus du vide. J’ai accéléré mon avance, toujours plus effréné. Je suis arrivé en force dans la salle, la porte réduite en morceau. Il l’avait déjà lâché et Alexia avait déjà commencé à faire changer Leo de monde.
« Ose m’affronter !
– Otes-toi de monde chemin ! répondis-je »
J’ai lancé les lames sur son torse, les aies utilisées comme support pour la cristallisation et pour passer derrière lui. Une fois avoir touché le sol, j’ai dégainé le canon que Sieg m’avait installé pour le supprimer. Je suis reparti aussi tôt, passant à travers Leo pour le récupérer. Je me suis ensuite jeté dans le vide à mon tour, m’appuyant sur le plus de choses possibles pour gagner en vitesse et rattraper la fille qui était en train de tomber. Lorsque j’ai aperçu sa voix, plus forte et plus criarde m’appeler, j’ai redéployé mon glaive pour m’attirer vers le sol encore plus vite. À dix mètre du sol, elle cria de désespoir une dernière fois. La même technique que celui qui l’avait jeté ici, les lames de Lucifer m’avaient permises de me téléporter à son niveau, avant qu’elle ne touche le sol. Je l’ai prise dans mes bras, juste avant de me fracasser sur le sol dans un bruit assourdissant. Je l’ai déposée par terre, la recouvrant de ma veste et prenant une des cigarettes qui y trainaient.
« Adam…
– Reste ici. Je vais m’occuper de ce salaud. »
Je suis sorti de cette colonne vide qui menait à cet endroit rempli de personnes. J’ai pris ma cigarette, tiré une latte alors qu’elle s’allumait toute seule. « Je n’en ai pas fini avec toi Daryl. » Je me suis alors mêlé à la foule, avançant doucement, cherchant la trace de Daryl.
« J’ai quelque chose à te montrer mon ami. Qu’est-ce que serait le futur sans toi ?
– N’y pense même pas.
– On peut toujours essayer. »
Il m’a transporté dans une ville aux tons gris, tristes. Quelque chose m’indiquait de suivre le bus qui venait de me passer à côté. Je l’ai suivi jusqu’à son arrêt. Une personne coiffée d’une capuche jaune en est sorti, m’a regardé une seconde avant de partir dans la direction opposée. Je me suis hâté pour le suivre, bousculant la foule pour passer. La voix de Leo recommençait à résonner dans ma tête. « Je croyais pouvoir changer le monde. Mais regardez autour de vous… » J’avançais toujours, suivant la même cible, avec cette voix fantôme dans ma tête. « Parfois, il faut savoir lâcher prise, et accepter ce que l’on est. » Toute la population nous dévisageait, moi comme celui que je suivais. Qu’est-ce qu’on avait de si différent ? « Le monde est différent maintenant. Les anciennes règles ne s’appliquent pas. » L’homme à la capuche se tourna un peu vers moi, pour accélérer. Quelques secondes plus tard, le bus dont il était descendu explosait au milieu de la rue. « Des innocents sont morts pendant qu’ils jouaient à leur jeu. Tant de douleur, tant de mensonge. » Je me suis approché d’un des morts. La compassion m’est remontée violemment lorsque j’ai voulu lui prendre la main. « Les ténèbres doivent s’arrêter. Je ne laisserais jamais cela se produire. » J’ai repris ma poursuite, mais d’une autre manière. Cette fois-ci dans le but de bloquer celui qui voulait m’échapper. Quelques minutes plus tard, il venait se bloquer dans la ruelle où je me trouvais.
« Tu pensais pouvoir fuir Daryl ?
– Bien, j’ai l’impression que t’es meilleur que moi pour le traçage.
– Ne fait pas ta lopette, viens te battre.
– Avec tes vieilles augmentations ? Tu crois que tu peux me battre ? Pour qui tu te prends. Puis tant que mon cœur tourne, Leo est mort.
– Mais pas moi. Alors approche. »
En deux coups je l’avais repoussé et envoyé à travers le bâtiment. Désuet mes augmentations, je ne pense pas.
« Cette cause devrait être la tienne aussi mon frère !
– Je n’ai rien à voir avec toi.
– Pourtant tu es comme moi.
– Je ne crois pas ! »
Je l’ai attaqué du bras gauche, lame sortie, mais il a bloqué mon coup puis riposté avec le sien pour le faire reculer. « L’ère de ton règne s’arrête maintenant ! » J’avais à peine eu le temps de me relever qu’il me tirait déjà dessus, avec une balle qui s’éclatât en milliers de petites autres. J’ai mis mon bras droit pour me protéger le visage, mais je savais que j’allais souffrir sur ce coup-là. Puis une sorte de bouclier jaune apparu devant moi, repoussant les balles d’un coup. Je me suis relevé et j’ai regardé à ma gauche. Elle se tenait à côté de moi. Elle me fit un signe de la tête et je suis reparti, mon épée à la main pour le frapper avec un coup en piqué. Je me suis cristallisé devant lui, Ivory à la main.
« Je crois que c’est fini pour toi.
– Comment tu as réussi… Tu n’as même pas Leo !
– Je n’ai pas besoin de Leo. La différence avec toi, fis-je alors qu’elle sortait de l’ombre, c’est que je n’ose pas me prétendre surpuissant seul. »
Je l’ai achevé d’une balle dans la tête. J’ai rangé mon pistolet, puis j’ai tendu le bras droit quand elle m’a dit « Tient, je crois qu’il est à toi » pour attraper mon manteau. Je l’ai enfilé puis me suis retourné vers elle. Elle était juste devant moi, toujours aussi petite, mais encore plus belle. Elle était devenue blonde, entièrement cette fois-ci.
« Je me sens mal tu sais.
– Pourquoi ? Parce que je suis partie en t’abandonnant ?
– Parce que j’hésite, comment oser dire qui tu es sans me planter ?
– Qui voudrais-tu que je sois ?
– Peu importe, je suis heureux que tu sois encore en vie.
– Essaie, ça ne te coute rien, je t’en voudrais pas pour ça, dit-elle avec son joli sourire.
– À l’apparence, je dirais Alix ?
– Ce n’est pas totalement faux, mais si tu préfères que je garde ce nom, ça me va.
– Pourquoi vous êtes venus dans cette tour ? Toutes seules en plus.
– Je crois qu’on voulait que tu aies confiance en nous, on voulait te montrer qu’on pouvait mériter ton cœur.
– Je n’en ai jamais demandé autant, vous le saviez.
– Ouais, mais, l’important c’est que je sois en vie.
– T’as bien raison, fis-je la serrant dans mes bras. Bon, comment je détruis cette tour maintenant.
– Je crois que j’ai une idée, dit-elle allant chercher le cœur de Daryl, le père, le fils. Décidément tu as une dent contre cette famille Adam, dit-elle me le tendant.
– C’est eux qui s’en prennent à moi, fis-je le brisant sous mes doigts, va-t’en, je te retrouverais à la Tour. »
Toute l’énergie de Leo, Toshiie et Nova se réveilla d’un coup. Une immense onde de choc émana de mon corps. La tour n’était plus et j’avais pris l’apparence de Phoenix. Je me suis détendu quelques secondes pour retrouver mon corps et je suis parti vers la Tour, dans le labo de Sieg.
« Tient, Adam. Content de voir que tu vas mieux.
– Tu as vu Alix ?
– Alix ? Je ne m’attendais pas à ce que ça soit elle.
– Ce n’est pas Alix, enfin, elle a juste voulu garder son nom.
– Bien, bien.
– Comment ça avance de l’autre côté ?
– Akziel a ouvert les portes de sa citadelle. C’est la fin cette fois-ci Leo.
– Je l’espère, lui aussi à l’air décidé à en finir.
– Si tu n’avais pas détruit toutes ces tours.
– Tu aurais préféré que je les laisse debout ?
– Jamais de la vie. Je sais qu’on a fait le bon choix.
– Bon, je vais retrouver Alix.
– Au plaisir Adam, et n’oublie pas qu’on va avoir beaucoup de boulot.
– Ne t’inquiète pas pour ça. »
J’ai arpenté les couloirs menant à ma chambre, saluant tous ceux que je croisais. Au bout de quelques minutes, je me suis fait happé dans ma chambre, la porte fermée aussi tôt que j’étais entré.
« Je sais que la prochaine fois, on va s’affronter à Akziel alors, j’ai pensé que…
– Que quoi ? Je pouvais disparaitre ? Ou même toi et que je ne serais plus là pour te satisfaire ?
– Quelque chose comme ça, dit-elle avant de commencer à me déshabiller et m’embrasser. C’est plutôt que je me dis que si tu meurs, tu n’aurais même pas de descendant.
– Je ne m’attendais pas à ce que tu me le présente comme ça.
– Tu sais, y’a quand même des chances que ça ne marches pas.
– Alors tu t’es dit, autant mettre toutes les chances de notre côté et commencer maintenant. Moi ça me va. »
Certaines fois, on pense savoir comment les choses vont finir. Elles sont prévues depuis si longtemps que l’on ne les imagine pas autrement que selon nos pensées. Pourtant rien n’est écrit, tout peut changer d’un coup, sans qu’on s’y attende. Si mon expérience m’a bien appris une chose, c’est de ne jamais croire que nos actions vont se dérouler exactement comme prévu. Notre histoire n’est pas écrite, c’est à nous de le faire. Ne laissez pas vos espoirs vous manger, plus vous espérez, plus vous idéalisez et plus vous serez déçu du moment où ça arrivera car tout sera différent de ce que vous attendiez.
Aiden. 2015
Lundi 12 mai 2014, cette date, devrait être celle de la fin d’une ère. L’ère où régnait Akziel. J’étais levé tôt, aussi tôt que Sieg. Sept heures du matin, j’arrivais dans son laboratoire.
« Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
– Je crois qu’on va avoir un problème.
– Plus aucun moyen de se battre ? C’est un détail.
– Non, j’ai consulté le livre, cinq survivants.
– Chez eux ?
– Chez nous.
– Oh ! T’es sur de ça ?
– Regarde par toi-même, dit-il me le faisant apparaitre devant les yeux.
– Une idée des dénommés ?
– Aucune. Ça ne me dit rien qui vaille.
– Du genre, tu t’attendrais à ce que ça ne soit pas la fin ? dit-je en souriant.
– J’en ai peur.
– Il ne faut pas, je suis certain qu’on peut le battre. Il nous attend de toute façon.
– Tu sais où tu veux faire le combat ?
– Dans sa cité. Trop dangereux ailleurs. Appelle les autres, on se rejoint sur le plateau dans maximum une heure. »
Quelques minutes plus tard, on était tous parti vers Arios, entamer notre combat final. Les portes se sont refermées juste après notre entrée.
« Cette citée…
– Toujours autant de rancœur Adam ? demanda Sieg.
– Toujours. Bon, Chester et Amy, la tour treize.
– C’est parti ! répondit Chester.
– Sieg et Izidro, la tour blanche à votre gauche.
– À ton plaisir ! me fit Sieg.
– Feng, Raven et Hwoarang, l’immense tour qui se tient devant vous.
– Considère ça comme déjà fait ! dit Raven.
– Z… C’est parti.
– Quelque chose te dérange Adam ? demanda Alix.
– Zwein, mais on aura le temps d’en reparler. Viens. »
Nous nous sommes dirigés vers notre tour, accédant à la première salle, entièrement en verre. Dehors, les armées s’entretuaient, la mienne, guidée par Kévin et les soldats d’Akziel. Personne n’avait vraiment le dessus sur l’autre.
« Pourquoi Zwein te tracasse ?
– Il aurait dû être avec nous. Puis cette éternelle, qui ça peut-être ?
– Je pense qu’on le découvrira uniquement quand on ne s’y attendra pas.
– Comme si c’était différent de l’habitude. »
Au fur et à mesure que les autres avançaient, on avançait à notre tour. Chaque pièce, les unes après les autres. Le problème n’était pas de les attendre, mais le fait qu’elles étaient toutes vides pour nous. Arrivé dans une salle en pierre, je me suis rapproché du bord, j’ai accolé mon dos au mur et me suis laissé descendre pour m’asseoir.
« Cinq survivants.
– Comment ça ?
– Seulement cinq d’entre nous survivrons à ce combat, d’après le livre de Sieg.
– C’est un problème.
– Surtout si le pressentiment de Sieg s’avère vrai.
– C’est-à-dire ?
– Si ce n’est pas la fin. »
Toujours la même routine, attendre pour avancer. Jusqu’à ce que nous arrivions dans une salle en pierre, les murs gravés et une sorte d’amas de boule lumineuse au centre. Je n’y avais pas prêté attention, mais Alix si.
« C’est magnifique !
– Tu ne voudrais pas te dépêcher un peu ?
– Tu as changé Adam.
– Ce n’est pas contre toi. C’est juste que…
– Que ?
– Tout ceci me rend dingue. J’ai peur que tu fasses parti de ceux qui ne survivent pas.
– J’en ferrai parti, ne t’en fait pas. »
Quelques salles encore et nous accédions à une salle avec un trône au fond, sombre, mais qui ne l’est pas restée longtemps.
« Enfin tu te montres Akziel.
– Bien, vous avez réussis le premier défi, laissez-moi lancer la suite ! »
Il disparut et nous fit apparaitre sur une grande place, tous avec nos Anges. Sept adversaire en face de nous, tous chronophage. Les autres se sont rués dessus pendant que moi et Sieg attendions, incapable de les aider. Ils se battaient tous tellement bien, même si des hordes de soldats venaient les attaquer aussi. Au bout d’un moment ils finirent par les terrasser et Toshiie revint enfin. Les soldats continuèrent d’affluer alors nous nous sommes jetés dans la masse pour les éliminer. Trente minute plus tard, il y en avait toujours plus qui venaient. « Assez ! » fit-il déployant les âmes damnées pour les éradiquer une bonne fois pour toute. Je me suis dirigé vers le bord de la place qui surplombait presque toute la ville. Il n’y restait plus personne. Ils étaient tous à terre.
« Pourquoi tant de sacrifice ?
– Parce qu’ils le méritent ! » fit Akziel descendant avec son trône.
Son arrivée sur le sol provoqua une puissante onde d’énergie. Elle frappa tout le monde, mais seuls certains étaient encore debout. Les autres essayèrent de se relever, mais Akziel décida de les achever d’un coup. On était plus que quatre debout. Sieg, Chester, Nikki et moi. Zhao fit son apparition quelques secondes plus tard.
« Et Ariel ?
– Au conseil pour préserver l’intégrité du monde. Tu n’as pas à t’en faire pour elle Chester.
– Dommage, moi qui voulait jouer avec elle.
– Tu ne crois pas que tu as détruit assez de vies comme ça ?
– Non, plus j’en aurais, plus je serais puissant. Alors laisse-toi mourir, ta force me sera grandement utile.
– Tu peux toujours rêver.
– Ce n’est pas toi qui disait c’est beau de rêver. C’est le rêve qui nous mène à ce que l’on veut vraiment. Et je veux ta mort !
– Tu ne l’aura pas ! »
Je me suis attaqué à lui directement, mais il réussit à parer tous mes coups. Chester essaya de le geler, mais il en sorti une seconde plus tard. Même me fantôme de Kristen n’arrivait pas à prendre possession de son corps.
« Je vous l’ai dit, vous n’avez aucune chance. Plus minable les uns que le autres. Ma puissance augmente à chaque seconde et ceci grâce à vous !
– Tu ne t’en sortiras pas comme ça ! »
J’étais dans son dos. Je l’ai attaqué avec mes lames volantes, chargées en électricité. Il bloqua mon coup une nouvelle fois et renvoya mon attaque dix fois plus vite que je n’aurais pu le faire sur Nikki. « Alix ! » Je me suis téléporté aussitôt. Je l’ai rattrapé avant qu’elle ne touche le sol.
« Non je t’en prie pas maintenant ! dit-il alors que les larmes montaient.
– Je crois que je devais faire partie de ceux qui devaient disparaitre.
– Non, je…
– Plus d’énergie. Oui, je l’ai volée quand tu m’as attaqué, fit Akziel.
– Promet-moi… dit-elle posant sa main sur la joue.
– Alix…
– Promet-moi que tu vas t’en sortir. Promet-moi que ma mort t’aura au moins servi à survivre…
– Je te le promets…
– Oh ! Comme c’est mignon. En attendant tu sais que le reste de la planète est attaqué ? Et ! Que personne ne survivra ! »
Je crois que c’était la première fois que je pleurais, ma folie, ma peur, ma colère, envolée pour laisser place à la tristesse. Je me sentais détruit, effondré. Plus rien n’avait d’importance, même plus Akziel. J’avais définitivement perdu tout ce qui était cher à mon cœur. Puis quelque chose résonna dans ma tête. C’était Nikki, à l’époque de l’Adam du futur. « Ne laisse personne te barrer la route. Tu es capable de tout, même sans moi. Tout ce que tu fais c’est pour moi, et pour le petit que j’attends. » Pour la première fois je prenais le dessus sur Toshiie, comme avec Phoenix. « C’est ça que je voulais ! Laisse ma rage t’enflammer, laisse la peur de Nova te guider. » Violemment mes larmes s’évaporèrent et la fumée de Phoenix envahissait la place.
« Qu’est-ce qu’il se passe ?
– Je crois que c’est ta fin cette-fois ci ! dit Zhao se transformant et l’attaquent de toutes ces forces.
– Comment c’est possible ! fit Akziel après s’être relevé.
– Quelque chose de plus grand et plus puissant que toi s’éveille, et tu ne l’arrêteras pas ! fit Chester l’attaquant à son tour.
– Non, NON !
– J’ai toujours su que tu étais un idiot, mais pas comme ça. As-tu déjà oublié ta vraie nature mon fils…
– Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ?
– Nous sommes Aldoriens et ceci est notre véritable pouvoir.
– Je ne te laisserai me supprimer ! »
Il m’a attaqua de front. Zhao et Chester on en fait de même contre lui puis j’ai suivi le mouvement. Je me suis lancé en piqué sur lui, l’impact de ma lame a provoqué un immense flash blanc. J’ai retrouvé la vue quelque secondes plus tard. Je n’étais plus au même endroit. J’avais l’apparence d’Adam, sur une zone de la planète qui m’était totalement inconnu. C’était la nuit. J’ai relevé la tête vers le ciel et j’ai aperçu une lune verte et un lot de constellations totalement inconnu.
« Qu’est-ce qu’il m’est arrivé ? »